ASSOCIATION DE DEVELOPPEMENT POUR L INTERET SOCIAL ETUDE DE BASE AFIN DE DETERMINER LES INDICATEURS A SUBVENTIONNER DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA POLITIQUE DE FINANCEMENT BASE SUR LES PERFORMANCES EN MILIEU SCOLAIRE DANS LA PROVINCE DE BUBANZA RAPPORT DEFINITIF Août 2013 SEBEREGE Pierre-Claver Sociologue Consultant, B.P. 536 Bujumbura, pcseberege@yahoo.fr
Table des matières SIGLES ET ABREVIATIONS... 3 LISTE DES TABLEAUX, GRAPHIQUES ET FIGURES... 4 REMERCIEMENTS... 5 I. INTRODUCTION... 6 II. CONTEXTE GENERAL DE L ETUDE... 6 III. BREVE PRESENTATION DE «ADIS».... 7 IV. METHODOLOGIE DE L ETUDE... 8 V. RESULTATS DE L ETUDE... 9 5.1. Brève présentation de la province de Bubanza... 9 5.1.1. Situation géographique... 9 5.1.2. Organisation administrative... 9 5.1.3. Démographie de la province Bubanza.... 10 5.2.État des lieux de la situation actuelle de l enseignement à Bubanza...11 5.3. Etat des lieux de la scolarisation des filles et des vulnérables en province Bubanza...17 5.3.1. Etat des lieux de la scolarisation des filles à Bubanza... 17 5.3.2. Etat des lieux de la scolarisation des enfants Batwas en province Bubanza... 18 5.4 État des relations enseignants-enseignés, écoles-parents...19 5.5 Priorités pour améliorer la qualité de l enseignement à Bubanza...20 5.5.1. Les facteurs causant la non réussite des écoliers en général et la non réussite des ceux de la 6 ème année en particulier dans la province Bubanza... 20 5.5.2. Solutions proposées pour remédier aux facteurs d échec des écoliers dans la province Bubanza... 22 5.5.3. La valeur ajoutée du PBF dans le domaine de l Education à Bubanza... 27 VI. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS... 28 6.1. Conclusion...29 6.2. Recommandations...31 VII. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES... 32 2
SIGLES ET ABREVIATIONS ADIS CGE CORDAID DPE EP LP PBF TBS TNS : Association de Développement pour l Intérêt Social : Comité de gestion de l Ecole : Catholic Organisation for Relief and Development Aid : Direction Provinciale de l Enseignement : École Primaire : Lycée Pédagogique : Financement basée sur les performances : Taux Brut de Scolarisation : Taux Net de Scolarisation 3
LISTE DES TABLEAUX, GRAPHIQUES ET FIGURES Tableau 1 : Découpage administratif de la province Bubanza Tableau 2 : Population de Bubanza d après le recensement de 2008 Tableau 3 : Quelques données statistiques au 2 ème trimestre de l A/S 2012-2013 Tableau 4 : Quelques ratios Tableau 5 : Taux de réussite en général par commune au 2 ème trimestre 2012-2013) Tableau 6 : Effectif des abandons par sexe et par commune Tableau 7 : Évolution du nombre de grossesses au primaire et au secondaire par commune Tableau 8 : Effectifs des élèves Batwa en province Bubanza Figure 1 Graphique 1 : Carte de découpage administratif de la province Bubanza : Répartition des écoles secondaires dans les provinces du Burundi 4
REMERCIEMENTS Nos remerciements sont d abord adressés à la représentation de l ONG ADIS, en particulier à son Représentant Légal et au Secrétaire du Comité Exécutif, qui nous ont accompagnés du début à la fin de l étude en nous assurant un appui technique d une très grande utilité. Cette étude n aurait pas réussi sans la bonne collaboration des autorités administratives locales, qui nous ont fourni toutes les informations nécessaires pour la réalisation de cette étude. Nous leur adressons notre grande reconnaissance. Nos remerciements sont particulièrement adressés aux différents responsables scolaires et aux autres personnalités de ces localités sans lesquelles l évaluation aurait été impossible. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont permis la réalisation de cette étude. Leurs contributions vont, nous l espérons, influencer l amélioration de la scolarisation dans la province de Bubanza. SEBEREGE Pierre-Claver Sociologue Consultant 5
I. INTRODUCTION Ce rapport présente les résultats de l étude de base afin de déterminer les indicateurs à subventionner dans la mise en œuvre de la politique de financement basé sur les performances en milieu scolaire. Nous présentons en premier lieu le contexte général de l étude, ses objectifs ainsi que la méthodologie utilisée pour mener à bon port ce travail. Une présentation sommaire de l Association de Développement pour l Intérêt Social (ADIS) sera esquissée afin de bien cadrer cette étude parmi les autres opérations qu ADIS a déjà réalisées. Ensuite, nous présentons les résultats de l analyse documentaire et des entretiens qui ont été réalisés auprès des personnes ressources dans le domaine de l Education et dans la zone concernée par l étude. Ces résultats seront regroupés sous 5 thèmes principaux à savoir : (1) une brève présentation de la province de Bubanza; (2) l état des lieux de la situation actuelle de l enseignement à Bubanza; (3) l état de scolarisation des filles et des vulnérables; (4) l état des relations enseignants-enseignés, école-parents; (5) les priorités pour améliorer la qualité de l enseignement à Bubanza en élucidant la valeur ajoutée du PBF. Enfin, une conclusion est tirée à partir des résultats obtenus et des recommandations sont dégagées. II. CONTEXTE GENERAL DE L ETUDE Cette étude est faite dans le but d établir une base constituant une référence afin de déterminer les indicateurs à subventionner dans la mise en œuvre de la politique de financement basé sur les performances en milieu scolaire dans la province Bubanza. Les résultats attendus de cette étude sont principalement un état des lieux sur la situation actuelle de l enseignement à Bubanza. Cet état des lieux doit mettre en exergue l état de scolarisation des filles et des vulnérables, montrer l état des relations écoles-parents et enseignants-enseignés, montrer les priorités pour améliorer la qualité de l enseignement à Bubanza en élucidant la valeur ajoutée du PBF, avant d en déduire les recommandations. 6
III. BREVE PRESENTATION DE «ADIS». L association de Développement pour l Intérêt Social «ADIS» est une organisation locale qui a été agréée le 01/04/2010 par l ordonnance ministérielle N 530/580. Elle a son siège au centre de BUBANZA. Son objectif principal est de promouvoir le Développement des secteurs sociaux par la mise en œuvre de la politique nationale du financement basé sur la performance. Cette politique a été initiée et appliquée au Ministère de la Santé Publique et de la lutte contre le sida par l ONG CORDAID (Catholic Organisation for Relief and Development Aid: Organisation catholique d aide au développement) à travers les Agences d Achat des Performances. Compte tenu des bienfaits de cette politique, l ADIS compte l instaurer dans d autres secteurs sociaux pour satisfaire sa mission qui est de : - Éclairer la population sur l importance du financement basé sur la performance dans la vie communautaire; - Assurer la vérification, par des professionnels en la matière, du niveau des performances des services sociaux opérant dans toute la Province de BUBANZA ; - Mener l enquête de vérification des prestations des services sociaux, par des personnes physiques ou morales ; - Assurer la validation des résultats de cette vérification, ensemble avec les principaux partenaires en la matière, en l occurrence l Administration ; - Mener la mobilisation des financements auprès des partenaires techniques et financiers ; - Faire le plaidoyer en faveur de l investissement dans les secteurs sociaux et dans d autres domaines à identifier. 7
IV. METHODOLOGIE DE L ETUDE La méthodologie pour cette étude de base afin de déterminer les indicateurs à subventionner dans la mise en œuvre de la politique de financement basé sur les performances dans le milieu scolaire est essentiellement basée sur l analyse documentaire et sur les débats avec les parties prenantes du domaine lors d un atelier organisé pour la présentation du rapport provisoire de l étude. Les étapes qui ont été suivies pour tout le travail sont les suivantes : Une méthodologie adaptée à l étude a été élaborée avant de prendre contact avec les responsables d ADIS pour en discuter et orienter le travail. Après quoi, les documents relatant la situation éducative dans la province de Bubanza ont été recherchés et analysés. Un rapport provisoire a été élaboré à partir de ces premières données. Ce rapport a été ensuite présenté aux acteurs clés de l Éducation dans la Province de Bubanza qui sont les administratifs au niveau provincial et communal, les cadres de la Direction Provinciale et communale de l Enseignement, les personnes ressources pour leur expérience dans ce domaine, les syndicalistes ainsi que la coordination de l Association ADIS. A partir des débats fructueux enregistrés à lors de cette rencontre, le rapport provisoire a été amélioré pour aboutir au rapport définitif. Certains éléments ont été ajoutés selon les souhaits de participants et pour rendre le rapport plus complet. En ce qui concerne les difficultés rencontrées dans cette étude, nous pouvons signaler les problèmes dans la collecte des données. Il n y avait pas de financement prévu par ADIS pour les investigations de terrain. Comme c était incontournable, nous avons essayé d avoir des données de terrain par nos propres moyens. Cela n a pas été facile et a ralenti le rythme de travail. Néanmoins, un rapport a pu être élaboré, présentant l état des lieux et les recommandations pour améliorer la scolarisation dans la province de Bubanza. 8
V. RESULTATS DE L ETUDE 5.1. Brève présentation de la province de Bubanza 5.1.1. Situation géographique Située au Nord-Ouest du Burundi, la province de Bubanza est limitée au Nord par la province de Cibitoke, à l Ouest par la République Démocratique du Congo, au Sud par la province de Bujumbura et à l Est par les provinces de Kayanza et de Muramvya. Elle a une superficie de 1.089,04 km² représentant 3,9 % de la superficie nationale. Ce qui lui confère la 13 ème position sur le plan national. Elle s étend sur trois régions naturelles à savoir : Mugamba, Mumirwa et Imbo. 5.1.2. Organisation administrative La province de Bubanza, dont le chef-lieu porte le même nom, est découpée en 5 communes à savoir Bubanza, Gihanga, Mpanda, Musigati et Rugazi. Ces Communes sont subdivisées en 15 zones. Ces dernières sont subdivisées à leur tour en 90 collines de recensement. Tableau n 1 : Découpage administratif de la province Bubanza Communes Superficie (en km²) Nombre de Nombre de collines zones Bubanza 224,82 4 23 Gihanga 287,32 2 14 Mpanda 125,50 2 15 Musigati 293,82 4 24 Rugazi 157,58 3 14 Province 1.089,04 15 90 Il ressort de ce tableau que la commune Musigati est la plus grande au point de vue superficie, suivie respectivement par Gihanga et Bubanza. Mpanda est la plus petite commune avec une superficie inférieure à 150 km 2. 9
Figure1 : Carte de découpage administratif de la province Bubanza 5.1.3. Démographie de la province Bubanza. Le recensement général de la population de 2008 nous donne l effectif de 348 188 habitants de la Province Bubanza dans les proportions suivantes : 10
Tableau 2 : La population de la province Bubanza d après le recensement de 2008 Communes Ménages ordinaires Effectifs masculins Effectifs féminins Population totale Taille moyenne/ Rapport de masculinité en % ménage Bubanza 18 685 43 754 42 126 85 880 4.6 103.9 Gihanga 10 929 26 882 26 340 53 222 4.9 102.1 Mpanda 12 837 34 176 32 019 66 195 5.2 106.7 Musigati 16 407 42 225 42 006 84 231 5.1 100.5 Rugazi 11 804 31 100 27 560 58 660 5.0 112.8 5.2.État des lieux de la situation actuelle de l enseignement à Bubanza Avant de relater la situation qui prévaut à Bubanza en matière d éducation, nous tenons à brosser le contexte général du système éducatif au niveau national. Tout d abord, concernant les budgets, les dépenses publiques de l État en 2011 étaient de 700,4 milliards de FBU. 23,7% de ce budget était alloué au Secteur Éducation. La part de préscolaire par rapport aux dépenses total en Éducation était de 0,06%. Elle était de 53,8% pour le primaire, 29,9%pour le secondaire et 16,1% pour le supérieur. La synthèse de la situation scolaire à la fin de l année scolaire 2011-2012 montre un effectif total de 73 692 élèves répartis dans 209 écoles primaires et 16 560 élèves dans 48 écoles secondaires. Au début de cette année, les effectifs étaient de 80694 élèves. Au début de l année scolaire 2012-2013, nous retrouvons un effectif 77445 dont 38829 garçons et 39116 filles. Nous constatons que cet effectif de début d année a diminué par rapport à l année précédente. Par contre la scolarisation des filles a connu des progrès car au primaire, le nombre de filles est supérieur à celui des garçons. 11
Le nombre total d enseignants est de 2 585 dont 1900 à l école primaire et 685 au secondaire. Les Directions scolaires sont à 111 pour le niveau primaire et 48 pour le niveau secondaire. 16 directeurs sont de sexe féminin, conte 95 de sexe masculin. En ce qui concerne la répartition des écoles secondaires, la Province de Bubanza est dans la moyenne des autres provinces comme le montre ce graphique qui suit (graphique 1). Les écoles publiques communales prédominent par rapport aux écoles publiques étatiques qui sont restés stables depuis quelques années. En effet, seules les communes construisent des structures d enseignement secondaire. Ces écoles communales avoisinent la quarantaine, la moyenne dans toutes les autres provinces, à part, Bururi, Gitega, Makamba et Bujumbura Mairie qui doublent ou même triplent cette moyenne. Quant aux écoles secondaires privées, elles sont rares ou même inexistantes partout à l exception de la Bujumbura Mairie, Gitega et Bururi qui en ont respectivement 102, 15 et 14. A Bubanza, il n y en a que 2. Graphique 1 : Répartition des écoles secondaires dans les provinces du Burundi Concernant les effectifs d enseignants qualifiés au niveau de l école primaire, la province de Bubanza comptait 1 713 enseignants qualifiés sur un total de 1 832 enseignants reconnus par le 12
Ministère, soit 93,5 % d enseignants qualifiés. Ces enseignants étaient répartis comme suit :1398 étaient de niveau D6, 332 étaient de niveau D7, 6 étaient de niveau A2, 47 étaient de niveau D4 et 27 de niveau A3. Nous constatons qu il y avait plus de femmes (1003) que d hommes (897). Les 90 restants étaient des qualifications qui n existent plus ou qui tendent à disparaitre (ES6, ES4, ES3, ES2, A4, EMPP, 6PP, 5PP, 4PP, 3PP, 2PP, CAP). Parmi ces enseignants, nous retrouvons deux nationalités étrangères à savoir les rwandais (2 enseignants) et les congolais (7 enseignants). Tableau 3 : Quelques données statistiques au deuxième trimestre de l année scolaire 2012-2013. Commune scolaire Nombre Directions de Nombre d'écoles primaires Nombre de salles de classes Nombre d enseignants enseignants BUBANZA GIHANGA MPANDA MUSIGATI RUGAZI Total Provincial 41 66 356 551 18 24 148 238 21 34 192 324 34 59 381 495 25 45 257 357 139 228 1.334 1.965 Le ratio élèves/enseignant était de 43 sur une moyenne nationale de 45. Quant à la ration élève/enseignants qualifiés, elle est aussi légèrement inférieure à la moyenne nationale, c est à- dire 46 à Bubanza contre 48 de moyenne nationale. Le ratio élèves/salle de classe publique s est amélioré petit à petit. Pour exemple, nous avons la période de 2007 à 2011 qui a évolué comme suit : 77 en 2007, 76 en 2008, 75 en 2009, 70 en 2010 et 64 en 2011. Cet indicateur mérite d être encouragé, car l évolution est positive. 13
Voici la synthèse de quelques ratios relevés au deuxième trimestre de l année 2012-2013. Tableau 4. Quelques ratios Commune scolaire Ecoliers/ Maître Ecoliers/ salles de classe Enseignant/salles de classe Parité filles /Garçons Ecoliers/ bancs pupitres BUBANZA 43 70 2 1 4 GIHANGA 40 65 2 1 4 MPANDA 46 83 2 1 3 MUSIGATI 44 54 1 1 4 RUGAZI 38 38 1 1 3 MOYENNE 42,2 62 1,6 1 3,6 PROVINCIAL En ce qui concerne les taux de scolarisation dans la province Bubanza, le rapport annuel de la DPE pour l année 2011-2012 montre un taux brut de scolarisation de 124,8 (124,1 pour les filles et 125,5 pour les garçons) et un taux net de scolarisation de 94,8 (95,4 pour les filles et 93,9 pour les garçons). Bubanza vient donc en 12ème position pour le taux brut de scolarisation et en 6 ème position pour le taux net de scolarisation. La première place est occupée par la Province de Makamba, que ce soit pour le taux brut (159,6) ou le taux net (118,4) de scolarisation, suivi de près par la Province Bururi (TBS : 156,0 et TNS : 114,4). La dernière place est occupée par la province Karuzi (TBS : 110,3, TNS : 77,4%). Signalons que le taux brut de scolarisation est de 133,5 au niveau national tandis que le taux net de scolarisation est de 94,5%. Quant aux abandons scolaires, une moyenne de 6,3% d élèves abandonne l école dans la province Bubanza tandis que le taux d abandon au niveau national est de 8,5%. Bubanza vient donc en 8 ème position après Karuzi (16,0%), Kirundo (15%), Ngozi (14%), Muyinga (13%), Kayanza (11,6%), Ruyigi (12,6%), Cankuzo (11,3%) et Rutana (7,8%). En 2011-20012, l effectif des abandons au primaire s élevait à 4 907 dont 2 161 de sexe féminin et 2746 de sexe masculin. Pour la première année primaire, il y a eu en 2011-2012, 10% d abandons pour les filles, 10,5 pour les garçons et en moyenne 10,3 d abandon pour cette 14
classe. Dans les autres classes, il y a eu un peu moins d abandons. Ainsi donc, c est dans les deux premières années que nous trouvons un grand nombre d abandons scolaires. Cela est dû au fait que c est au premier degré qu il y a des grands effectifs par rapport aux deuxième et troisième degrés. Aussi, parmi ces enfants se trouvent beaucoup d écoliers qui ne comprennent pas l importance de continuer les études. Pour l année scolaire 2012-2013, les écoles ont enregistré 3.198 abandons en un seul trimestre. En effet, à la rentrée, l effectif était de 84 417 et à la fin du premier trimestre, on comptait seulement 81 219. Le taux de réussite global dans la province Bubanza était de 67,54 % en 2011-2012. En considérant chaque classe, nous avons 66,1% en 1 ère année, 82,5 % en 2 ème, 69,6% en 3 ème, 76,6% en 4 ème, 68,9% en 5 ème et 66,53% en 6 ème année pour l année scolaire 2011-2012. Quant à l année scolaire 2012-2103, voici les détails du 2 ème trimestre dans le tableau suivant : Tableau 5 : Taux de réussite en général par commune Scolaire (2ème trimestre 2013) Commune Scolaire 1ères Années 2èmes années 3èmes années 4èmes années 5èmes années 6èmes années Moyenne BUBANZA 74,5 74,5 74,8 72,1 61,4 58,1 69,2 GIHANGA 74,6 64 70,7 60,2 69,4 61,2 66,6 MPANDA 70 73,3 70,1 74,9 63 64,1 69,2 MUSIGATI 72,1 71,5 74,1 71,2 70,9 71,5 71,8 RUGAZI 73,1 75,1 73,2 73 60 55,5 68,3 Moyenne Provinciale 72,8 71,6 72,5 70,2 64,9 62,08 69,07 Il y a une petite amélioration du taux global en 2013 par rapport à 2012. Pour cet indicateur, les écarts sont très grands. Certaines écoles ont un taux relativement élevé et très bas pour d autres. Nous pouvons citer l EP Marahura en commune Mpanda avec un taux de réussite de 51%, l EP Giseza de la commune Rugazi avec 53,7%, l EP Higiro en commune Musigati avec 53,7%, l EP Rugazi II avec 55%, l EP Rundo en commune Bubanza avec 57% (données de l année 20121_2012). Les facteurs à base de ce taux sont les mauvaises conditions dans lesquelles les écoliers apprennent et le manque ou insuffisance du matériel didactique. 15
Concernant la classe de 6ème année primaire, le nombre de lauréats au concours National édition 2012 dans la province de Bubanza était de 8.457 dont 4 155 filles et 4 302 garçons. Les taux de participation à ce concours étaient respectivement de 95,5 % et 96,1% avec un taux moyen de 95,9 dans tout le pays. Nous relevons donc un taux légèrement inférieur à la moyenne nationale pour les filles à Bubanza. Les points au concours national pour l année 2011-2012 étaient de 52,36% en moyenne à Bubanza. A ce niveau, Rugazi venait en tête avec une moyenne de 60,36 %. Mpanda figurait en dernière position avec 42,06% de moyenne. Le taux de réussite au concours national est très bas à cause de plusieurs facteurs dont les plus saillants sont : - Les effectifs très élevés qui ne facilitent pas un bon encadrement pédagogique; - Le manque criant des supports pédagogiques; - Le manque d initiative et de créativité chez certains enseignants. Pour le taux d admission en 7ème année de l enseignement secondaire, Bubanza occupait la 8 ème place parmi les autres provinces du Burundi, avec un taux de 51,7% contre un taux de 51,5% au niveau national. La première place revenait Makamba avec un taux de 64,8% et la dernière place était occupée par la province de Muramvya avec un taux de 44,8%. Pour le secondaire, les filières d enseignement général et pédagogique occupent la grande majorité des effectifs. A la rentrée de l année scolaire 2012-2013, le nombre total des élèves du secondaire général et pédagogique et ceux des techniques était de 2013 élèves. Les abandons pour cette année là étaient de 736 soit un taux de 4,3% comme le montre ce tableau. Tableau 6 : Effectif des abandons par sexe et par commune Commune Nombre de Garçons Nombre de Filles Total Taux d'abandon BUBANZA 109 60 169 3,2 GIHANGA 77 56 133 4,9 MUSIGATI 66 35 101 2,7 MPANDA 179 74 283 11,4 RUGAZI 29 21 50 1,8 TOTAL 460 246 736 4,3 16
A voir ces chiffres, les garçons qui ont abandonné l école secondaire sont en nombre élevé par rapport aux filles. Les causes sont généralement la pauvreté des ménages, les grossesses, le déménagement, etc. 5.3. Etat des lieux de la scolarisation des filles et des vulnérables en province Bubanza 5.3.1. Etat des lieux de la scolarisation des filles à Bubanza Pour l année 2012-2013, le taux de scolarisation des filles en province Bubanza était de 50,7 % contre un taux de 49,3% pour les garçons. Ce taux est réparti équitablement dans toutes les communes de Bubanza. Sur 73 692 écoliers, 36 226 étaient des garçons et 37 466 étaient des filles. Nous pouvons affirmer que la scolarisation de la jeune fille a connu des progrès car le nombre de filles est supérieur à celui des garçons à l école primaire. Cependant, il reste quelques parents qui n ont pas encore compris le bien fondé de la scolarisation de la fille. Les filles candidates au concours national en province Bubanza étaient de 4.155 contre 4.302 garçons en 2012. Mais la participation effective des filles à ce concours était plus élevée que chez les garçons, soit 96,8% contre 95,5%respectivement. Quant à l admission en 7eme année de l école secondaire en 2011-2012, le taux était de 45,0% chez les filles alors qu il était de 58,2% pour les garçons à Bubanza. Le taux d admission chez les filles était donc inférieur à la moyenne nationale qui est de 51,5%. En ce qui concerne les abandons scolaires au niveau de l école primaire, on remarque une certaine assiduité chez les filles plus que chez les garçons. En effet, le taux d abandon est inférieur chez les filles à celui des garçons dans toutes les classes de la 1 ère année à la 5 ème année. Aussi le taux moyen d abandon chez les filles (5,3%) est légèrement inférieur au taux moyen de la province (6,3%). Au niveau National, le taux d abandon scolaire chez les filles est de 5,3% donc le même que chez les filles de Bubanza. Les causes de ces abandons scolaires sont la pauvreté, les mariages précoces, les activités génératrices de revenus. Le nombre de grossesses à l école primaire et secondaire n a pas cessé d augmenter en Province Bubanza au primaire comme au secondaire. Les chiffres des 4 dernières années sont parlants : 54 grossesses pour l année scolaire 2009-2010, 95 grossesses pour l année 2010-2011, 120 pour l année 2011-2012, et enfin 221 pour l année scolaire 2012-2013. 17
Tableau 7: Évolution du nombre de grossesses dans la province Bubanza pendant les 4 dernières années Communes A/S 2009-2010 A/S 2010-2011 A/S 2011-2012 A/S 2012-2013 PRIM SEC PRIM SEC PRIM SEC. PRIM SEC. BUBANZA 6 16 12 22 18 13 13 36 GIHANGA 1 4 12 3 4 7 17 14 MPANDA 1 4 3 3 9 7 13 14 MUSIGATI 4 12 3 26 5 37 12 75 RUGAZI 1 5 5 6 10 10 16 21 Total 13 41 35 60 46 74 71 150 Ces données peuvent expliquer en partie les abandons scolaires au 3 ème degré du niveau primaire. En outre, elles sont également des indicateurs des violences sexuelles chez les élèves. NB : Ces données ne concernent que les seuls cas qui ont été portés à la connaissance du Ministère, ce qui signifie qu il y a beaucoup d autres qui n ont pas été signalés aux responsables scolaires. 5.3.2. Etat des lieux de la scolarisation des enfants Batwas en province Bubanza Les seules données disponibles sur la scolarisation des enfants vulnérables concernent les enfants Batwas. Toutefois, les administrateurs communaux délivrent des attestations d indigence qui ne sont enregistrées nulle part. Le tableau qui suit montre les effectifs des élèves Batwas dans les différentes communes de la province de Bubanza. 18
Tableau 8: Effectif des élèves Batwa. Commune Nombre d écoles Nombre d élèves Batwa M F T Bubanza 30 87 77 164 Gihanga 15 15 31 46 Mpanda 20 70 73 143 Musigati 28 163 142 309 Rugazi 18 154 160 314 Total 111 402 371 790 5.4. Relations enseignants-enseignés, écoles-parents Les quelques données objectives que nous avons, relatives à la relation enseignants-enseignés concerne le ratio élève/enseignant qui est de 43 en province Bubanza. Dans l ensemble, la relation enseignant-enseignées est bonne. Les élèves respectent les enseignants. Seulement la plupart des enseignants se plaignent de leur statut de fonctionnaire quand ils considèrent leurs rémunérations. D autres enseignants accusent des retards au service à cause des distances qu ils doivent parcourir pour arriver à l école. En effet, peu d écoles ont des homes et même là où cela existe tout le monde ne peut pas être servi. D autres qui ont des familles rentrent chez eux chaque jour, quelques fois dans une autre province, souvent à Bujumbura. Quant à la relation école/parents, beaucoup de parents ne suivent pas ce qui se passe dans les écoles sauf quelques rares parents instruits ou membres des associations qui participent aux réunions des parents et sont élus membres dans des comités de gestion de ces écoles. 19
5.5 Priorités pour améliorer la qualité de l enseignement à Bubanza Avant de pouvoir mettre en évidence les priorités pour améliorer la qualité de l enseignement à Bubanza, il faudrait d abord relater les différents facteurs à la base du non réussite des écoliers en général et de ceux de la 6ème année en particulier. 5.5.1. Les facteurs causant la non réussite des écoliers en général et la non réussite des ceux de la 6 ème année en particulier dans la province Bubanza Ces facteurs ont été classés en plusieurs catégories à savoir : les facteurs relatifs aux enseignants, ceux relatifs aux Directeurs d écoles, ceux relatifs aux parents, aux élèves eux-mêmes et enfin il y a d autres facteurs qui sont fonctionnels et qui ne peuvent pas être classés parmi les précédents. a) Les facteurs d échecs causés par les enseignants sont : Manque de conscience professionnelle et d esprit d initiative (absence des préparations mentales et écrites) - Incompétence et faible niveau de certains enseignants - Retards et absences - Insuffisance des travaux donnés aux élèves - Longue distance parcourue pour arriver à l école - Salaire démotivant (ils sont physiquement en classe et moralement ailleurs) - Manque d amour envers les élèves (absence des conseils motivants) - Manque de collaboration entre les enseignants (échange d expérience) et les parents des élèves - Solidarité négative des enseignants - Programmes non achevés - Beaucoup de dames à l école (leurs congés de maternité prolongés et le manque de bonnes occasionnant leur présence à l école avec des bébés) - Méconduite de quelques enseignants envers les élèves et la population environnante b) Les facteurs d échecs causés par les Directeurs d écoles sont les suivants: - Incompétence et manque d expérience pour certains - Encadrement administratif et pédagogique insuffisant - Irrégularité et non ponctualité au service 20
- Incapacité de tenir les séances d animation pédagogique et de donner des leçons modèles - Obligation à l attribution arbitraire des points aux élèves pour rehausser les taux de réussite - Manque de collaboration étroite entre les Directeurs (échanges d expériences), les enseignants et les parents - Favoritisme envers quelques enseignants - Mauvaise affectation des enseignants dans les classes - Solidarité négative entre le directeur et certains enseignants - Le non suppléance dans les classes sans titulaires c) Les facteurs d échecs inhérents aux parents des élèves eux -mêmes : - Manque de suivi et d encadrement des élèves par leurs parents en dehors de l école - Ignorance de l importance ou intérêt de l école - Manque de collaboration entre les parents, les Directeurs et les enseignants - Refus de donner le matériel scolaire à leurs enfants à cause de la pauvreté ou non - Complicité des parents dans l absentéisme des élèves en faveur des travaux générateurs de revenus - Ignorance des missions des comités des parents - Copinage et mariage précoces soutenus par les parents profitant les dots - Mépris des enseignants par les parents car ils ignorent leur métier d) Les facteurs inhérents aux élèves eux mêmes : - Indiscipline des écoliers - Absences et retards à l école - Fréquentation des maisons de projection des films pendant et en dehors des heures de cours - Activités commerciales et champêtres en dehors des vacances - Quotient intellectuel très bas - Absence d un fonctionnaire de référence dans le milieu à part les commerçants 21
- Différences d âges dans une même classe - Distraction des élèves par le port à l école des téléphones mobiles - Copinages et mariages précoces e) D autres facteurs de non réussite : - Effectifs très élevés des élèves dans une même classe - Manque de locaux, matériel didactique et bancs pupitres - Manque du personnel enseignant en suffisance - Temps insuffisant des cours - Programmes non réaménagés (pas de suite logique) - Recrutement tardif des enseignants - Mauvaise affectation des enseignants - Manque de recyclage des directeurs et des enseignants - Ambiguïté et mauvaise interprétation de l ordonnance ministérielle fixant la simple vacation - Lenteur dans le traitement des dossiers par la fonction publique occasionnant les absences des enseignants au service - Non implication active des natifs et de l administration locale dans le développement des écoles - Impunité des cas de viol et autres infractions causées par les éducateurs et les éduqués 5.5.2. Solutions proposées pour remédier aux facteurs d échec des écoliers dans la province Bubanza a) Solutions pour résoudre les problèmes inhérents aux enseignants : - Privilégier le recrutement des natifs, accorder la mutation et affecter les enseignants tout près de leurs - Suppression des Lycées pédagogiques en faveur de la section Normale familles - Retour au respect de la loi et la faire - Formation et autoformation continue respecter des enseignants - Construction des homes pour les non résidents - Révision du barème salarial 22
- Rappeler les notions de civisme lors des réunions administratives ou pédagogiques pour relever le niveau patriotique des enseignants - Sensibiliser à l entraide mutuelle entre parents et enseignants (l enseignant informe le parent des fautes de l élève pour envisager des corrections ensemble) - Eviter des solidarités négatives - Suivi régulier des directeurs et inspecteurs - Equilibrer le genre dans les affectations - Sensibiliser l esprit d initiative si la grossesse n est pas menaçant pour sa santé - Rappeler la déontologie professionnelle de l enseignant b) Solutions pour résoudre les problèmes inhérents aux Directeurs - Nomination des directeurs expérimentés et compétents ayant enseigné la 5ème et la 6ème année - Suivi rigoureux et régulier du chef hiérarchique - Respect de la loi - Se ressourcer auprès des anciens directeurs ou enseignants - Sensibiliser à l entraide mutuelle Directeurs/enseignants/parents - Multiplier les réunions et favoriser les échanges - Sensibiliser à l équité de tous les enseignants - Les directions scolaires sont invitées à organiser des séances à l endroit de ces comités pour le rappel de leurs missions dans l encadrement des écoliers. - Equilibrer les affectations en tenant compte de l expérience, compétence et genre - Rappeler aux directeurs qu un bon dirigeant doit être impartial et juste - Réduire le travail de bureau en faveur des classes sans titulaires - Sensibiliser les élèves et les enseignants à doubler les efforts pour avoir des résultats meilleurs et mérités - Interdire et punir les contrevenants dans le copinage des élèves 23
c) Solutions pour résoudre les problèmes inhérents aux parents - Sensibiliser les parents à suivre de près leurs enfants à la maison (les forcer /aider à faire les D à D) et à l école (vérifier leurs présences et leurs résultats) - L administration, les comités des parents et les confessions religieuses sont appelés à conscientiser les parents sur l utilité de l école pour l avenir de leurs enfants - Sensibiliser les parents à passer régulièrement à l école pour - s informer auprès du directeur et de l enseignant du comportement de l élève et prendre une solution appropriée au problème constaté d) Solutions pour résoudre les problèmes inhérents à l administration - L administration doit envisager des mesures sanctionnant les parents qui ont refusé de donner le matériel scolaire à temps, - L administration doit prendre en mains les indigents en leur achetant du matériel scolaire nécessaire, - L administration doit envisager des mesures punissant les parents qui sont à l origine des abandons scolaires et de l absentéisme - L administration en collaboration avec les forces de l ordre doit envisager des mesures interdisant et punissant tout parent ayant participé à l abandon scolaire de l élève par un mariage précoce. - L administration en collaboration avec les directions scolaires sont invitées de signifier aux parents la place combien importante de l enseignant dans l éducation de leurs enfants. 24
e) Solutions pour résoudre les problèmes inhérents aux élèves - Les directeurs, les enseignants et les parents doivent donner des conseils de redressement et décider ensemble les punitions à infliger aux élèves récalcitrants - Les directeurs, les enseignants et les parents doivent donner des conseils amenant les enfants à aimer l école plus que l argent malgré la pauvreté de leurs ménages - Quant à l administration, il faut interdire à toute personne d utiliser ces écoliers dans toute activité génératrice de revenus en dehors des vacances - Les directeurs, les enseignants et les parents doivent donner des conseils de redressement à l aide des exemples motivant les élèves à poursuivre les études avec intérêt - Les directeurs, les enseignants et les parents doivent identifier les élèves âgés plus que les autres et leur adresser des conseils les aidant à éviter des complexes - Les directions des écoles doivent interdire le port des téléphones mobiles à l école et aviser cette mesure aux parents - Les parents doivent s impliquer à l application de cette mesure - Les directions des écoles doivent interdire les copinages et mariages précoces, conscientiser les élèves sur les conséquences fâcheuses y relatives - Les directions scolaires aidées par les enseignants doivent identifier ces élèves dans le but de les orienter là où ils peuvent bénéficier d une formation répondant à leurs capacités intellectuelles. f) Autres solutions proposées - L administration doit plaider auprès des intervenants et sensibiliser la population locale à construire les salles de classe en fonction des effectifs 25
- Le Ministère ayant l enseignement de base dans ses attributions doit prévoir et rendre disponible les locaux, le matériel didactique et bancs pupitres - Ministère ayant l enseignement de base dans ses attributions doit octroyer le quota compte tenu des besoins exprimés - Ministère ayant l enseignement de base dans ses attributions doit organiser un forum pour réviser le programme - La DPE BUBANZA doit prendre des stratégies visant l équilibre en nombre et en genre des enseignants - Ministère ayant l enseignement de base dans ses attributions doit budgétiser la rubrique de la formation continue et le recyclage des enseignants - Ministère ayant l enseignement de base dans ses attributions doit ressortir une autre ordonnance plus claire sur la simple vacation et l horaire à appliquer si l enseignant retourne avec le même groupe pédagogique - La DPE et la Fonction publique doivent doubler d efforts dans le traitement rapide des dossiers (respecter une période de trois mois pour que le nouveau fonctionnaire reçoive son numéro matricule) - Les représentants des natifs doivent, lors des réunions, sensibiliser tous les natifs à s intéresser l éducation de leurs enfants et au développement des écoles, ne jamais passer à côté de l école sans prendre connaissance de sa situation administrative, pédagogique et financière - L administration scolaire doit appliquer la loi en ce qui concerne les sanctions disciplinaires - La justice doit traiter les dossiers rapidement et punir les fautes commises selon la loi 26
5.5.3. La valeur ajoutée du PBF dans le domaine de l Éducation à Bubanza Le financement basé sur la performance (PBF) a pour objectif de s'assurer que les décisions de financement reposent sur une évaluation transparente des résultats par rapport aux cibles assorties de délai. En tant que méthode de financement, le financement basé sur la performance encourage la responsabilisation et incite les bénéficiaires à utiliser les fonds de manière efficace afin d'obtenir des résultats. L'idée du financement basé sur la performance a vu le jour dans les années 1970 dans le secteur de l'éducation tertiaire aux États-Unis ; il a été développé dans le but d'améliorer la qualité de l'éducation en finançant les résultats académiques obtenus plutôt qu'en se basant sur la taille de l'institution ou les procédures budgétaires standards. Aujourd'hui, le modèle de financement basé sur la performance est utilisé par un certain nombre d'organisations et d'initiatives pour le développement dans le but de s'assurer de la responsabilisation, de l'efficacité et de la rentabilité des programmes financés. Dans les pays en développement, le financement basé sur les performances a déjà fait ses preuves dans le domaine de l Education. Au Congo une étude a été effectuée afin de voir la valeur ajoutée du financement basée sur les performances et est arrivée à la conclusion suivante :«il est possible d appliquer le PBF au secteur de l éducation dans un pays fragile....les gains pourraient se situer au niveau de la scolarisation des filles, de la qualité de l enseignement et de la réussite de l examen de fin de cycle. Ceci laisse penser que le PBF est une stratégie dont la pertinence va au delà du seul secteur de la santé et pourrait dès lors contribuer à l atteinte d objectifs du millénaire pour le développement non spécifiques à la santé». (Mushalagusa et al, 2012) Au Burundi, le financement basé sur les performances a été appliqué dans le domaine de la santé et serait donc possible dans le secteur de l Education. Après analyse des lacunes existantes dans ce domaine, les grands axes à prendre en compte dans le PBF seraient : Le renforcement des capacités dans la planification et la gestion L amélioration des infrastructures scolaires. Assurer l accès à la scolarisation des enfants vulnérables 27
Partant du constat que le métier d enseignant exige beaucoup de qualités dont l abnégation, la disponibilité et l amour de ses élèves, les idées suivantes peuvent servir d indicateurs : - Nombres de visites de classe des directeurs de 50 au moins par trimestre; - Préparation des leçons; - Régularité des rapports; - Gestion des finances de l école; - Gestion des infrastructures et équipement scolaire; - Retards et absences à l école; - L hébergement des enseignants; - Acceptation et recrutement des enfants indigents. La conclusion et les recommandations qui vont suivre appuient ces idées. 28
VI. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 6.1. Conclusion A la lumière des données figurant dans ce rapport, nous pouvons tirer quelques conclusions. L état des lieux du système éducatif à Bubanza laisse voir des chiffres qui ne sont pas éloignés de ceux constatés au niveau national. Pour l année 2011-2012, le taux de scolarisation est de 94,8% à Bubanza contre 94,5% au niveau National; le taux d abandons est de 6,3% à Bubanza alors qu il est de 8,5 au niveau national; le taux d admission en 7 ème est 51,7% en province Bubanza, contre 51,5 % au niveau national. En outre, nous avons constaté que la scolarisation des filles a connu des progrès puisque la parité filles/garçons est de pratiquement 1. Dans certaines classes, on retrouve plus de filles que de garçons. En ce qui concerne les vulnérables, les données manquent. Il n est mentionné que les données sur les enfants Batwas. Pourtant d autres enfants vulnérables existent, par exemple les enfants orphelins, les enfants indigents, les enfants vivant avec le VIH/SIDA, etc. Pour pouvoir les aider et les intégrer effectivement dans le système scolaire, il faudra les identifier d abord, ce qui n est pas encore fait. En analysant les données des années scolaires 2011-2012 puis de 2012-2013 il ressort que les grandes difficultés auxquelles fait face le système éducatif à Bubanza sont relatives en grande partie aux éléments suivants : 1 Les effectifs scolaires sont très grands et ne permettent pas l encadrement correct des élèves. La ratio élèves /maitre cache des disparités énormes. Certaines écoles des centres urbains regorgent d enseignants qualifiés alors qu il y a un manque criant d enseignants, même non qualifiés dans certaines autres écoles reculées dans les campagnes et donc éloignées des centres. 2 Le manque de matériel scolaire aussi est un grand problème puisque les enseignés et les enseignants manquent de supports pédagogiques, et de bancs pupitres en suffisance. 29
3 Il existe aussi des problèmes liés au manque d initiative, de créativité et de motivation des enseignants. Certains sont accusés d aimer leur travail seulement au moment où ils ont perçu leur salaire et que quelques jours après, ils se démotivent et font sans entrain leur boulot. Dans ce cas, la supervision du Directeur de l école est importante pour les remettre à l ordre. Mais souvent, il a été constaté que ces Directeurs ne jouent pas suffisamment leur rôle car étant inexpérimentés. Ils sont recrutés pour la plupart au sortir de l école et n ont aucune expérience de supervision ou d encadrement. 4 Le manque de volonté d étudier assidument pour les élèves est aussi flagrant. Ces derniers ont une part importante dans les échecs constatés au niveau primaire comme au niveau secondaire. Ils sont motivés à s occuper plus des loisirs que de leurs études. Les films projetés dans les alentours des écoles les attirent et certains font l école buissonnière pour pouvoir y assister. Les relations de copinage qui aboutissent souvent aux grossesses et/ou aux mariages précoces constituent un problème sérieux surtout pour les filles qui abandonnent l école dans ces cas. A part la pauvreté, qui joue un rôle de catalyseur dans tous ces problèmes, nous pouvons aussi pointer du doigt l encadrement des parents qui est défaillant. A part les quelques parents qui font partie des comités de gestion de l école, les autres ignorent complètement ce qui se fait dans les écoles. Dans le pire des cas, ils ignorent l importance de l école, ce qui augmente les cas d abandons par manque d encouragement et de suivi. Le rapport 2011-2012 a relevé aussi des problèmes financiers dans les écoles, surtout les écoles à régime d internats, et des rapports financiers non équilibrés. Une supervision de ce côté s avère nécessaire non seulement pour éviter des malversations, mais aussi pour faire en sorte que les budgets soient équitablement répartis. Enfin, tous les acteurs, les partenaires et intervenants dans le secteur de l Éducation devraient collaborer pour relever le niveau c est à dire améliorer les performances dans ce domaine que ce soit pour les élèves, les enseignants et les Directeurs. La faiblesse du niveau des élèves et par conséquent les échecs ne pouvant être expliqués que par diverses raisons évoquées, il est nécessaire de voir à chaque niveau ce que l on peut faire, et de procéder à cela dans les meilleurs délais. A notre niveau, nous formulons les recommandations qui suivent. 30
6.2. Recommandations Vu les résultats de cette étude et en considérant les différents rapports qui ont servi de référence à la présente, nous pouvons formuler des recommandations adressées principalement aux Directeurs d école, aux professeurs, aux parents, aux élèves et aux administratifs du système éducatif, chacun à son niveau. - Conscientiser tous les acteurs, de tous les niveaux, à l amour du travail, au devoir civique, à la déontologie professionnelle et à l obligation de rendre compte. - Assurer le suivi régulier du travail de chacun par les personnes qui doivent assurer la supervision - Assurer la promotion des Directeurs compétents - Assurer le bon recrutement des enseignants, sans oublier les suppléants - Assurer de bonnes relations entre les Directeurs, les enseignants, les parents et les élèves. - Impliquer les natifs de la province de Bubanza dans la résolution des problèmes au niveau scolaire. - Améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants et des directeurs. - Prévoir et appliquer les sanctions à tous les contrevenants au règlement scolaire et à toute personne qui piétinerait les droits humains dans les milieux scolaires - Assurer les bonnes conditions de travail aux élèves à savoir des locaux suffisants et assez spacieux, du matériel scolaire en suffisance, des cantines scolaires - Prendre en compte les élèves vulnérables et améliorer leurs conditions de vie (les cas sociaux, les Batwa, les orphelins, et autres); Nous ne pouvons pas terminer ce rapport sans parler de la difficulté de faire un travail pareil, exigeant la confrontation des différents rapports et documents écrits. En effet, souvent les chiffres sont incohérents ou ne sont pas concordants de part la diversité des sources. Nous recommandons fortement à ceux qui confectionnent les rapports d être le plus complet et le plus précis possible, afin d éviter des biais donnant lieu à de mauvaises interprétations. 31
7. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. Rapport annuel 2011-2012, DPE Bubanza. 2. Rapport annuel 2012-2013, DPE Bubanza 3. Synthèse de la réunion des différents acteurs de l Éducation et de l administration, tenue le 5 Novembre 2012. 4. Mushalagusa P. et al, Le financement basé sur la performance dans le secteur de l Education : Expérience pilote de Shabunda Sud Kivu en RDC, PBF CoP working Paper seris, February 2012 5. Système éducatif burundais, document de travail de la Banque Mondiale, No 109, 2007 32