Vue d ensemble de l industrie La lutte antiparasitaire et les plantes ornementales L industrie horticole compte pour plus de 15 p. 100 (5 milliards de dollars) des recettes monétaires agricoles au Canada. Les plantes ornementales constituent le plus grand secteur de cette industrie et rapportent des recettes de 1,8 milliard de dollars. Ce secteur est dominé par les pépinières de vente en gros, l industrie de l aménagement paysager urbain et les centres de jardinage au détail, dont les revenus sont évalués comme suit : Les ventes de produits verts sont estimées à 119 $ par personne, ce qui porte le total des ventes canadiennes à environ 3,57 milliards de dollars (Statistique Canada). La valeur à la production agricole (ventes en gros des producteurs) pour 2003 s élevait à 544 millions de dollars. Pourcentage de la production canadienne par province : Ontario : 48 % Colombie-Britannique : 25 % Québec : 15 % Prairies : 11 % Atlantique : 1 % Enjeux liés à la réduction des risques et à l adoption de la lutte intégrée Perte de productivité et de compétitivité attribuable au manque d accès aux nouveaux pesticides écologiques utilisés par les concurrents : Les grands concurrents américains ont accès à un plus vaste éventail de pesticides améliorés, dont les nouveaux pesticides «à risque réduit» et les produits à base biologique. L absence de nouveaux pesticides homologués limite la capacité des pépiniéristes canadiens à supprimer les parasites et à gérer le développement de la résistance aux parasites. Cela les place en situation de concurrence défavorable, particulièrement si les processus de réévaluation font diminuer le nombre de produits disponibles. Grande diversité des cultures et pesticides à usage limité : Étant donné la grande diversité des cultures produites par le secteur, les pesticides qui ne peuvent être utilisés que pour un nombre très limité de cultures ne répondent pas de façon satisfaisante aux besoins. L industrie a besoin de pesticides homologués pour de multiples plantes ou groupes de plantes ornementales.
Biologie et gestion des parasites exotiques ou en émergence : Le pullulement de parasites en émergence ou de parasites exotiques d origine étrangère peut avoir une incidence importante sur le commerce en raison des quarantaines. Il doit y avoir des pesticides de remplacement efficaces homologués ou pouvant l être en cas d urgence pour faire face à ces situations. L industrie doit appuyer les efforts de recherche sur la biologie et le contrôle des parasites exotiques d origine étrangère et des parasites en émergence qui risquent de causer des dommages sur le plan économique et de restreindre le commerce en raison des quarantaines. Les parasites préoccupants comprennent le longicorne asiatique, l encre des chênes rouges, l agrile du frêne, les vers blancs dont le scarabée japonais, la rouille de l hémérocalle, le virus de la sharka du prunier et la tipule des prairies. Défis associés à la recherche sur les parasites des plantes ornementales et à l adoption de la lutte intégrée au Canada : Au cours des années 1990, le gouvernement fédéral a réorienté ses activités de recherche vers les principaux produits agricoles, ce qui a entraîné une réduction des activités de recherche du secteur public dans le secteur des plantes ornementales. Quoique les efforts de recherche se poursuivent au cas par cas, les résultats des études entreprises au Canada et à l échelle internationale ne sont pas toujours communiqués de façon efficace aux producteurs. Il faut poursuivre la recherche de solutions afin d assurer l adoption de stratégies de lutte intégrée essentielles à la productivité à long terme du secteur. Il faut améliorer les communications aux producteurs en ce qui concerne les solutions de lutte intégrée. Le public exerce des pressions accrues pour qu on réduise l utilisation des pesticides en milieu urbain : Plusieurs municipalités canadiennes ont récemment adopté des règlements restreignant l utilisation des pesticides sur les terres publiques et privées. Le secteur des plantes ornementales est bien placé pour réduire volontairement l utilisation des pesticides et déterminé à répondre ainsi aux préoccupations du public. Le manque d outils et de programmes fiables et efficaces de lutte intégrée compromet la capacité des producteurs à donner le bon exemple en matière de gestion des terres.
Défis spécifiques associés à la lutte antiparasitaire Mauvaises herbes Le désherbage se classe encore parmi les priorités de lutte antiparasitaire des pépinières, particulièrement pour les plants en conteneur et les plantes vivaces herbacées. Il faut d autres herbicides, représentant différents modes d action, pour assurer une rotation efficace et gérer ainsi la résistance des mauvaises herbes. Les besoins de l industrie sont les suivants : désherbage de prélevée à large spectre d efficacité désherbage de postlevée à large spectre d efficacité homologation élargie des herbicides existants contre l amande de terre et d autres mauvaises herbes sur l étiquette produit contre l hépatique et la prêle Maladies Pourridié des racines Causé par le pythium, le phytophthora et le fusarium, il tue habituellement les jeunes plantes. En 2003, le programme IR-4 des États-Unis a fait de la lutte contre le pourridié phytophthorien et le mildiou aérien un projet prioritaire pour les plantes ornementales peut-être dans le cadre d une homologation conjointe. Rouilles, y compris celle de l hémérocalle et la rouille gymnosporangium Ces champignons hautement spécialisés aux cycles de vie complexes altèrent la forme des plantes qu ils infestent et causent chaque année d importantes pertes à l industrie. La rouille de l hémérocalle est un parasite en émergence qui s étend rapidement et cause d importantes pertes; on craint qu elle ne finisse par menacer les hôtes intermédiaires Patrinia spp. et Hosta spp. Au Canada, aucun fongicide n est homologué contre la rouille de l hémérocalle. Brûlure bactérienne et feu bactérien Il n y a aucun produit à risque réduit homologué contre la brûlure bactérienne. Cette maladie cause d importantes pertes aux cultures en conteneur. Aucun produit n est homologué contre le feu bactérien chez les plantes ornementales (pommiers ornementaux et non productifs, pommiers sauvages, poiriers).
Mildiou et oïdium Ces maladies sont courantes mais moins dommageables que celles notées plus haut. Les problèmes de résistance découlent d un manque de produits à risque réduit, lesquels permettraient la rotation des fongicides. Des fongicides à usage limité sont disponibles contre le mildiou des plantes ornementales extérieures. Insectes et acariens Vers blancs (scarabée japonais, hanneton, hanneton européen) Les pertes associées aux plantes ornementales ligneuses peuvent atteindre 40 p. 100 dans certaines fermes. Aucun produit n est actuellement homologué contre les vers blancs des plantes ornementales en pépinière. La gamme d hôtes des vers blancs est en expansion. Le scarabée japonais fait l objet d une quarantaine phytosanitaire au Canada et aux États-Unis. Charançon des racines (adultes et larves) Ces parasites peuvent passer inaperçus jusqu à ce qu ils causent des dommages. Les nématodes sont efficaces contre les larves chez les végétaux en conteneur mais non dans les cultures de plein champ. Acariens (tétranyque à deux points et tétranyque de l épinette) En l absence de traitement, les populations d acariens augmenteront rapidement et causeront d importants dommages. Un seul acaricide est homologué pour les plantes ornementales; il faut de nouveaux produits à risque réduit pour gérer la résistance et protéger les acariens prédateurs indigènes, qui apportent une importante contribution à la lutte contre les acariens parasites. Cécidomyie du rosier, cécidomyie de l hémérocalle Il suffit d une ou deux larves par point de végétation pour défigurer la pousse et poursuivre la réinfestation; les infestations graves de cécidomyie du rosier interrompent complètement le cycle de floraison. D autres administrations ont recours à de multiples applications d insecticides chimiques afin d assurer un contrôle intégral; au Canada cependant, aucun insecticide n est homologué contre la cécidomyie du rosier. Des enjeux semblables existent pour un parasite en émergence : la cécidomyie de l hémérocalle.
Grand hylésine des pins, scolyte de l orme, perceuse à bois Le grand hylésine des pins est un parasite sous quarantaine (comme la sésie du frêne et le longicorne asiatique, qui appartient à cette catégorie), dont la présence prévient l expédition du produit infesté. Il n existe actuellement aucun produit homologué contre ces parasites, à l exception des pesticides OP et OC homologués contre le scolyte de l orme. Ces produits pourraient être proscrits après réévaluation sans qu on puisse les remplacer, notamment par des produits convenant à la lutte intégrée et des produits à risque réduit.