Précautions Standard et Précautions Complémentaires FORMATION DES REFERENTS HYGIENE DES E.M.S. 2014 INTRODUCTION Le terme «Isolement» a disparu (en 2009) au profit du terme «Précautions complémentaires» Parce que les mesures d isolement viennent compléter les précautions standard qui s appliquent déjà! 2 LES PRECAUTIONS STANDARD Circulaire DGS/DH n 98/249 du 20 avril 1998 relative à la prévention de la transmission d agents infectieux, véhiculés par le sang ou les liquides biologiques lors des soins dans les établissements de santé. Consensus formalisé d experts - SFHH avril 2009. Ces règles de bases sont appliquées tous les jours, par tous les professionnels, pour tous les patients, les résidents, lors de tout soin. «TOUS LES PATIENTS SONT POTENTIELLEMENT A RISQUE» Diminution du risque de transmission croisée 3 1
Précautions «standard» 1/ Hygiène des mains Friction hydro alcoolique des mains avant et après chaque soin et acte technique Lavage uniquement recommandé quand les mains sont souillées 4 Recommandation 13 Il est fortement recommandé, en présence de souillure visible des mains, d effectuer un lavage simple des mains suivi d une FHA sur mains correctement séchées. (AF) 5 LES PRECAUTIONS STANDARD L HYGIENE DES MAINS La main est le principal mode de transmission des micro-organismes. 75 à 90 % des infections nosocomiales sont d origine manuportée selon certains auteurs. 6 2
7 HISTORIQUE En 1847 Semmelweis faisait afficher: «Tous les étudiants ou médecin qui pénètrent dans la salle pour pratiquer les examens, devront se laver les mains consciencieusement dans la solution chlorée contenue dans les cuvettes qu ils trouveront à l entrée. Cette désinfection est jugée nécessaire pour tous les examens. Après chaque examen, ils se relaveront les mains à l eau et au savon». 8 9 3
10 11 Recommandations générales Points d eau propres et équipés Tolérance «ZERO bijoux aux mains» Pas de bagues, alliance, bracelets ou montre... La tenue doit être à manches courtes Ongles courts (< 1 mm) sans vernis (même incolore ou durcisseur) Absence de faux ongles et de piercing 12 4
LAVAGE SIMPLE : METHODE 1 - Mouiller les mains et les poignets 2 - Verser quelques ml de savon liquide au creux de la mains 3 - Frotter les mains 30 secondes au minimum 4 -Rincer abondamment et soigneusement 5 -Sécher les mains par tamponnement avec un essuie-mains 6 - Refermer le robinet à l aide d un essuie-mains 13 Friction HydroAlcoolique technique normalisée 7 étapes Temps recommandé par la fabricant = au moins 30 secondes 14 Efficacité Avis du CTIN du 5 décembre 2001 «l efficacité des solutions hydro-alcooliques en terme d élimination de la flore transitoire et résidente portée sur les mains est, dans des conditions recommandées, au moins équivalente et souvent supérieure à celle du lavage des mains effectué avec un savon doux ou même un savon antiseptique» 15 5
Tests bactériologiques effectués au Centre Hospitalier d Argenteuil 16 Culture de bijoux Service de gestion du risque infectieux- CHRU Lille 17 Culture de bijoux : la montre photo: Service de gestion du risque infectieux- CHRU Lille 18 6
LA FRICTION HYDROALCOOLIQUE Contre-Indications Lorsque les mains sont : souillées, mouillées, poudrées. Et en cas : d infection à Clostridium difficile ou de gale 19 Les dérives!!! Les produits hydro-alcooliques ne doivent pas être utilisés pour la désinfection : du petit matériel (stéthoscope, garrot, gants ) des surfaces, ( mobilier, appareils ) des muqueuses, de la peau. 20 Conclusion Les5Avantagesdelafrictionhydroalcoolique: Plus grande efficacité Action plus rapide Meilleure tolérance Grande accessibilité Facilité d utilisation. Frictionnons sans modération!! 21 7
2/ Port de gants Port de gants dans les situations de risque de contact avec un liquide biologique, les muqueuses ou la peau lésée du patient, pour toute manipulation d OPCT Précautions «standard» 22 Précautions «standard» Port de gant pour tout soignant porteur de lésion cutanée des mains 23 Recommandations Dans le cadre des précautions STANDARD, il est fortement recommandé de : Réaliser une hygiène des mains avant et après le port des gants Changer de gants entre chaque résident et chaque soin 1 soin = 1 paire de gants Retirer les gants dès la fin du soin avant de toucher l environnement Proscrire le port des gants lors des contacts avec la peau saine la friction et le lavage des gants les gants de soins dans les poches 24 8
Situations générales Exemples de situations Si le soignant porte des lésions aux mains Port de Type de Contact avec la peau lésée du patient Avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou la peau lésée Contact peau saine 25 Situations générales Exemples de situations Si le soignant porte des lésions aux mains Port de Oui Type de Non stérile Contact avec la peau lésée du patient Avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou la peau lésée Contact peau saine 26 Situations générales Exemples de situations Si le soignant porte des lésions aux mains Port de Oui Type de Non stérile Contact avec la peau lésée du patient Oui Non stérile Avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou la peau lésée Contact peau saine 27 9
Situations générales Exemples de situations Si le soignant porte des lésions aux mains Port de Oui Type de Non stérile Contact avec la peau lésée du patient Oui Non stérile Avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou la peau lésée Contact peau saine Oui Non stérile 28 Situations générales Exemples de situations Si le soignant porte des lésions aux mains Port de Oui Type de Non stérile Contact avec la peau lésée du patient Oui Non stérile Avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou la peau lésée Oui Non stérile Contact peau saine Non - 29 Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Manipulation du linge souillé Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Réfection de lit 30 10
Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Oui Ménage ou Non stérile Manipulation du linge souillé Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Réfection de lit 31 Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Oui Ménage ou Non stérile Manipulation du linge souillé Oui Non stérile Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Réfection de lit 32 Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Oui Ménage ou Non stérile Manipulation du linge souillé Oui Non stérile Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Non - Réfection de lit 33 11
Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Oui Ménage ou Non stérile Manipulation du linge souillé Oui Non stérile Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Non Non - - Réfection de lit 34 Environnement Exemples de situations Port de Type de Entretien des locaux Oui Ménage ou Non stérile Manipulation du linge souillé Oui Non stérile Manipulation du linge propre Manipulation des sacs fermés DAOM ou DASRI Non Non - - Réfection de lit Non - 35 Précautions «standard» 3/ Protection de sa tenue Port d un tablier plastique à usage unique ou d'une surblouse dans les situations de soins - souillants, - mouillants, - exposant au sang ou aux liquides biologiques. 36 12
Précautions «standard» 3/ Protection de ses muqueuses Port d un masque antiprojection avec lunettes de sécurité ou masque-visière dans les situations avec risque de projection de sang ou de liquide biologique 37 Recommandations - Ne pas toucher son masque au cours du soin - Bien recouvrir le nez, la bouche et le menton - Modeler la barrette nasale afin de limiter le risque de fuite et éviter la formation de buée sur les lunettes - Réaliser une hygiène des mains après avoir retiré le masque - Le masque n est pas un collier, ne pas le baisser au niveau du cou Masque enlevé = Masque jeté 38 Anticipez le port du masque! 39 13
4/ OPCTS Ne jamais recapuchonner une aiguille Précautions «standard» Ne jamais désadapter une aiguille à la main 40 4/ OPCTS Précautions «standard» Dépôt des OPCTS dans un conteneur situé au plus près du soin et dont le niveau maximal de remplissage est vérifié 41 Précautions «standard» 4/ Dispositifs médicaux réutilisables Prédésinfection immédiate des dispositifs médicaux réutilisables 42 14
Précautions «standard» 5/ Transport protégé Transport des liquides biologiques, du linge sale et des déchets dans des emballages étanches et fermés 43 Précautions «standard» 6/ Ramassage des salissures spéciales Décontamination immédiate des surfaces et sols souillés par du sang ou des liquides biologiques 44 CONDUITE A TENIR EN CAS D AES 1 - Immédiatement, je me soigne 2 - je consulte 3 - je déclare 4 - je me fais suivre 45 15
CONDUITE A TENIR EN CAS D AES LAVER IMMEDIATEMENT la plaie : eau du robinet et savon NE PAS FAIRE SAIGNER RINCER puis TREMPER pendant au moins 5 minutes dans soluté de Dakin ou eau de Javel diluée au 1/10 (un volume de javel pour 9 volumes d eau) ou 5 minutes dans la Bétadine dermique pure. Pansement maintenu sur la plaie en cas de blessure EN CAS DE PROJECTION SUR LES MUQUEUSES OU LES YEUX : rincer immédiatement au moins 5 minutes avec du sérum physiologique ou de l eau du robinet 46 PRECAUTIONS COMPLEMENTAIRES Objectif : faire barrière à la diffusion de l agent infectieux à partir du patient et de son environnement immédiat. 47 LES PRECAUTIONS COMPLEMENTAIRES A mettre en oeuvre dès la suspicion d une infection, en fonction des signes cliniques, elles visent à prévenir la transmission d agents infectieux par : 1. Contact inter-humain ou par du matériel souillé (transmission par contact), 2. Les sécrétions oro-trachéo-bronchiques (transmission par gouttelettes), 3. Voie aérienne (transmission par air). 48 16
Recommandation 89 Lorsque la mise en œuvre des précautions complémentaires de type contact est envisagée, il est fortement recommandé chez les patients en SSR/SLD/EHPAD de les moduler en tenant compte du retentissement psychique et social qu'elles peuvent engendrer. (AF) 49 RECOMMANDATIONS GENERALES chambre individuelle de préférence ou regroupement des patients atteints de la même infection, signalisation apposée sur la porte 50 Signalisation VISITES LIMITÉES VOIR L INFIRMIÈRE 51 17
Les outils pour prévenir la transmission croisée Choisir les bonnes «barrières» contre la diffusion des microorganismes Les placer au bon moment Les placer au bon endroit Recommandations SFHH 2009 et 2010 52 TRANSMISSION PAR CONTACT Elle concerne : les infections cutanéo-muqueuses (herpès, zona, impétigo, gale,conjonctivite ), les écoulements de plaies, les diarrhées infectieuses: clostridium difficile, rotavirus... les infections à bactéries multi-résistantes (B.M.R.) 53 Recommandations Ces mesures viennent en complément des précautions d hygiène standard. Si contact direct avec le patient et son environnement : Tablier plastique à usage unique Gants à usage unique Réaliser une hygiène des mains autant de fois que nécessaire Déposer le linge dans un sac étanche et l évacuer rapidement (selon les organisations utilisation de sacs hydrosolubles) Eliminer les déchets au fur et à mesure (filière DASRI) 54 18
Nettoyer la chambre avec le détergent désinfectant habituel. En cas de clostridium difficile, laver avec du détergent, rincer puis javelliser (1 litre de Javel à 2,6% de chlore actif dilué dans 4 litres d eau) A la sortie de la chambre, le personnel et les visiteurs doivent systématiquement réaliser une hygiène des mains par friction hydro alcoolique. En cas de clostridium ou de gale, réaliser un lavage simple des mains plus une friction hydro-alcoolique Ne pas confiner systématiquement le résident dans sa chambre ; le site d infection doit être isolé (pansement clos, changes anatomiques propres, sachet collecteur urines vidangé,..) ; lui faire réaliser plusieurs fois par jour une friction hydro alcoolique des mains 55 Les Précautions complémentaires Air et Gouttelettes 56 Définition des modes de transmission Transmission par voie aérienne (Air) fines particules < 5µ (droplet nuclei) véhiculées par des flux d air sur de longues distances et inhalées par l hôte. lieu de contamination serait l alvéole pulmonaire. Transmission par les sécrétions oro-trachéobronchiques sous forme de gouttelettes (particules > 5µ) qui sédimentent immédiatement après l émission lors de la parole, la respiration, les éternuements ou la toux et se déposent sur les conjonctives, les muqueuses. contamination : soit directement de muqueuse à muqueuse faciale (nasale, buccale, conjonctives) soit indirectement via les mains du sujet réceptif, contaminées au contact de sécrétions ORL ou de l environnement 57 19
Recommandations «Air» R1 : Le personnel et le visiteur en contact avec un patient suspect ou atteint de pathologie à transmission respiratoire «Air» portent un appareil de protection respiratoire (avant l entrée dans la chambre). A Commentaires : Un masque FFP2 est recommandé dans les situations d exposition à des agents pathogènes transmissibles par voie air. L APR est porté avant l entrée dans la chambre, y compris en l absence du patient L APR est ôté après la sortie de la chambre, une fois la porte refermée L APR est à usage unique Une friction hydro-alcoolique des mains est réalisée après avoir éliminé le masque. L APR peut être maintenu en place dans le cas de soins à plusieurs patients nécessitant des précautions complémentaires «Air» (chambres successives), à condition de ne pas le mobiliser. 58 Recommandations «Air» R2 : Le patient suspect ou atteint de pathologie à transmission respiratoire «Air» doit être en chambre individuelle porte fermée. C Commentaires : Il est recommandé de limiter le nombre de visiteurs. Les sorties du patient de la chambre sont limitées au strict nécessaire. La chambre est de préférence en pression d air négative (dépression). L aération de la chambre doit être suffisante (>6 vol/h). Le bionettoyage est réalisé selon la procédure habituelle avec port d un APR. 59 Recommandations «Air» R3 : Le patient suspect ou atteint de pathologie à transmission respiratoire «Air» porte un masque chirurgical (dès l entrée à l hôpital, au service des urgences, en consultation et lorsqu il sort de sa chambre).a Commentaires : Tout patient doit recevoir une information sur le rôle du masque, son utilisation. Le patient doit pouvoir accéder aux plateaux médico-techniques sans perte de chance sous réserve d une organisation ad hoc Le patient porte un masque type chirurgical lors de son déplacement Les situations d attente sont à éviter 60 20
Recommandations «Gouttelettes» R4 : Le personnel et le visiteur en contact avec un patient suspect ou atteint de pathologie à transmission respiratoire de type «Gouttelettes» portent un masque chirurgical dès l entrée dans la chambre. A Commentaires : Le masque chirurgical peut être maintenu en place dans le cas de soins à plusieurs patients nécessitant des précautions complémentaires «Gouttelettes» (chambres successives), à condition de ne pas le mobiliser et de réaliser une FHA entre 2 patients. Il est recommandé de limiter le nombre de visiteurs. Attention: la distance «contaminante» est controversée : de 1 à 6 m selon les références 61 Recommandations «Gouttelettes» R6 : Le patient suspect ou atteint de pathologie à transmission respiratoire «Gouttelettes» porte un masque chirurgical (lorsqu il sort de sa chambre).a 62 Enfin Les BMR et les bactéries «émergentes» sont notre quotidien et le seront encore pendant quelques années L observance des précautions standard s impose de plus en plus comme une évidence incontournable! 63 21
Les référentiels 64 `xüv wx äéàüx tààxçà ÉÇ Cas concret Monsieur Brad PITT, 49 ans, marié, 3 enfants, a eu un accident de la voie publique en novembre 2013. Il a été hospitalisé pour une fracture du tibia, jambe gauche. Son intervention a consisté en la mise en place d une plaque vissée et d un plâtre, que Monsieur PITT a conservé un mois. Il revient en chirurgie le 10 Juin 2014 pour l ablation de son matériel. Ce jour, 16 juin, Monsieur PITT signale à l aide-soignante qui effectue la réfection de son lit, que sa jambe le fait souffrir : il explique cette douleur sous le terme d élancement. De plus, lorsque vous relevez le thermomètre, vous constatez une hyperthermie à 38 9. Quelles mesures vont être mises en place, sur prescription médicale et en collaboration avec l équipe? 66 22
Chambre individuelle Signalisation Port de surblouse ou tablier pour les soins Information patient / famille Port de gants UU pour les soins / FHA Matériel UU à privilégier Linge dans sac hydrosoluble selon l organisation Déchets filière DASRI Si mouvement du patient : pansement étanche +FHA 67 Cas concret A la suite d un examen annuel de Médecine du travail, on a décelé chez Monsieur Robert PATTINSON, 27 ans, une image suspecte à la radiologie pulmonaire. Hospitalisé en pneumologie pour des examens complémentaires, c est l examen des crachats qui permet de faire le diagnostic de tuberculose pulmonaire. L équipe soignante prend immédiatement la décision de placer Monsieur PATTINSON en précautions complémentaires. En quoi cela va-t-il consister? 68 Chambre individuelle Signalisation Pression négative Aération Information patient/résident/famille APR pour les soignants et visiteurs Si mouvement du patient/résident : port d un masque chirurgical 69 23
Cas concret Dans un service de soins de suite et de réadaptation, plusieurs résidents ont contracté la grippe saisonnière, malgré la vaccination. Quelles mesures particulières seront respectées lors de la prise en charge de ces personnes? Quelles répercussions cette épidémie peut elle engendrer sur l organisation du service? 70 PC «Gouttelettes» Regroupement des patients/résidents atteints Signalisation Information résidents /familles Port d un masque chirurgical pour les soins de proximité 71 24