GUIDE CONCERNANT L USAGE DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES DURANT LA GROSSESSE



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Transcription:

GUIDE CONCERNANT L USAGE DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES DURANT LA GROSSESSE DOSSIER DE PRESSE

POURQUOI CET OUVRAGE? Les risques encourus par l usage de substances psychoactives chez la femme enceinte sont aujourd hui connus. Qu il s agisse de l alcoolisation fœtale 1, du tabagisme actif ou passif au cours de la grossesse, de l usage de cannabis ou de la combinaison de ces substances, ces usages peuvent affecter la santé de la mère, sa grossesse et le bien-être du futur bébé. La consommation d alcool des femmes enceintes constitue un sujet particulièrement sensible. En cas d excès occasionnels ou chroniques durant la grossesse, l enfant peut subir de nombreuses agressions susceptibles de provoquer un handicap durable. Selon le stade de développement de l embryon ou du fœtus, une exposition excessive à l alcool peut entraîner des lésions organiques et neurologiques 2. Aux usages de tabac sont associées un grand nombre de complications de grossesse et néonatales (NICE, 2008a, 2008b) dont un risque de fausse couche, de grossesse extra-utérine, de décollement placentaire, de mortinatalité, de retard de croissance intra-utérin, de syndrome de mort subite du nourrisson. L injection et une consommation irrégulière de drogues pendant la grossesse sont associées à des risques accrus pour la femme et le bébé : risque de mort intra-utero suite à une surdose de drogues, la contamination par des virus transmissibles par voie sanguine (VIH, hépatite C et B), états d intoxication et de sevrage, complications associées à de mauvaises pratiques d injection et aux contaminants contenus dans les drogues non préparées selon les standards pharmaceutiques En procédant à un repérage précoce des conduites à risques, le personnel médical et paramédical peut contribuer significativement à la sensibilisation et à la réduction de ces risques. Or, il manquait en France un support de référence qui puisse, sans jugement ni discrimination, rassembler connaissances et compétences et participer à une meilleure prévention et prise en charge des conduites addictives chez la femme enceinte et en âge de procréer. UN NOUVEL OUTIL PRAGMATIQUE ET NON DISCRIMINANT Ce guide, issu de la traduction française du livre «Guide to Problem Substance Use During Pregnancy» d Anne Whittaker paru en 2011 et publié par l association britannique Drugscope, a été enrichi de contributions d experts en addictologie et en périnatalité francophones. Destiné à une diffusion gratuite, il entend fournir aux professionnels engagés dans la prise en charge et le suivi des femmes usagères de drogues un support de référence avant, pendant et après la grossesse. Il fait état des recommandations de bonnes pratiques concernant le suivi et la prise en charge des femmes et de leurs enfants, et dresse un état des lieux des ressources disponibles en France, en termes de services hospitaliers, associations et réseaux existants. 1 Ce terme se rapporte à un tableau clinique caractéristique de dégâts organiques, neurologiques et psychosociaux affectant un nouveau né liés à une consommation d alcool excessive et/ou chronique pendant la grossesse. Les effets de cette consommation peuvent être constatés depuis la naissance jusqu à l adolescence et l âge adulte. 2 Inserm. Exposition prénatale à l alcool : données épidémiologiques. In alcool. Effets sur la santé, Paris : Les éditions INSERM, coll. Expertise collective, 2001 : p 143-163 http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/168/?sequence=13 2

Transdisciplinaire et collaboratif, fruit de deux années de travail, cet ouvrage entend refléter la diversité des approches et la complexité des facteurs médicaux, sociaux, environnementaux, psychologiques et législatifs qui sous-tendent la consommation problématique de substances psychoactives chez la femme enceinte. HOMMES ET FEMMES INEGAUX EN MATIERE D ADDICTION Il existe une différence entre les hommes et les femmes en termes de consommations de substances psychoactives, de facteurs de risques et de conséquences de l usage. La physiologie, la surdétermination de certaines formes de souffrance psychologique et/ou certaines conditions de vie rendent les femmes plus vulnérables à l usage de psychotropes. D autre part, l étude des traitements spécifiques montre que les femmes devraient pouvoir bénéficier de réponses adaptées, dans le cadre de dispositifs de première ligne ou d accompagnement et de soins. D après une revue récente de la littérature 3, les femmes sont moins nombreuses à consommer, tous produits confondus, à l exception des médicaments psychotropes. Les hommes et les femmes ont une perception différente du risque lié à leur consommation. Par ailleurs, une vulnérabilité physiologique plus importante a été observée chez la femme. Les femmes consommatrices de substances ont été plus souvent exposées à des violences notamment sexuelles et à des traumatismes durant l enfance. Les enquêtes ANRS-Coquelicot 4 et ENa-CAARUD 5 ont mis en évidence le recours plus fréquent des femmes en situation de grande précarité à des comportements à risques dont la prostitution, d où une double exposition au VIH et au VHC, liée au contexte de leur consommation de drogues et à l exercice de leur sexualité. Enfin, dans beaucoup de pays, les femmes se voient parfois refuser un accès aux soins ou rencontrent des obstacles pour intégrer des programmes de soin par crainte des conséquences juridiques, absence de couverture sociale, absence de garde pour les enfants, méconnaissance des dispositifs 3 Revue de la littérature réalisée par l Institut d anthropologie clinique de Toulouse en 2012 sur un échantillon de 385 études internationales, disponible sur www.federationaddiction.fr 4 Enquête ANRS-Coquelicot, Jauffret-Roustide et al, 2008, INSVS 5 Enquête ENa-CAARUD, OFDT, 2010 3

LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES DES FEMMES ENCEINTES EN QUELQUES CHIFFRES L enquête Baromètre de santé de l INPES a mesuré les niveaux de consommations de substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis) des femmes au cours de la grossesse. Parmi les données observées, il apparait que 24% des femmes enceintes déclarent fumer quotidiennement dont 20 % après le premier trimestre et 3% de façon occasionnelle. Cette proportion est inférieure à celle des femmes qui ne sont pas enceintes, qui comptent 37% de fumeuses quotidiennes et 6% de fumeuses occasionnelles. La proportion de fumeuses de plus de dix cigarettes par jour est de 8% parmi les femmes enceintes (6% après le premier trimestre). La France est par ailleurs le pays d Europe présentant la plus forte prévalence tabagique des femmes enceintes. En ce qui concerne la consommation de cannabis, 3 % des femmes enceintes déclarent en avoir fumé au cours des douze derniers mois. Si la consommation d alcool se révèle également moindre parmi les femmes enceintes, 32% d entre elles consomment de l alcool occasionnellement, 3 % d entre elles déclarent boire toutes les semaines et 29 % moins fréquemment. 60 % des femmes enceintes cessent de consommer de l alcool au démarrage de leur grossesse contre 74% passé le premier trimestre de la grossesse. Enfin 2% d entre elles ont déclaré un ou plusieurs épisodes d alcoolisation ponctuelle importante (API). LES MISSIONS DU RESPADD Le Réseau des Établissements de Santé pour la Prévention des ADDictions (RESPADD) est une association à but non lucratif constituée par près de 850 établissements de santé (hôpitaux, cliniques, EHPAD, établissements médico-sociaux...) résolument engagés dans la prévention et la prise en charge des addictions, que ce soit des actions à destination des patients, des professionnels ou de la population générale et soucieux de garantir une prise en charge de qualité pour chaque patient. C est en 2008 que le RESPADD a pris, en effet, le relai du Réseau Hôpital sans tabac pour être en accord avec les politiques de santé nationales. L'association s'est donné trois buts illustrés chaque année par plusieurs actions : informer et sensibiliser les établissements pour prévenir les pratiques addictives et leurs complications, les accompagner dans l'organisation de la prise en charge des personnes concernées selon les normes et recommandations en vigueur et les exigences règlementaires liées à la législation et promouvoir une dynamique de réseau par l information et le partage de connaissances. Pour nous contacter : contact@respadd.org www.respadd.org 4

LES MISSIONS DE LA FEDERATION ADDICTION La Fédération Addiction, issue de la fusion de l Anitea et de la F3A, a pour but de constituer un réseau au service des professionnels accompagnant les usagers dans une approche médico-psycho-sociale et transdisciplinaire des addictions. Pour former un réseau national représentatif de l addictologie, l association fédère des dispositifs et des professionnels du soin, de l éducation, de la prévention, de l accompagnement et de la réduction des risques. Pour la Fédération Addiction, les conduites addictives font partie de la vie : elles résultent de la rencontre d une personne, d un produit et d un contexte particulier. La société doit élaborer des réponses adaptées, car les phénomènes d addiction ne peuvent être isolés du contexte social, culturel, politique et économique dans lequel ils s inscrivent. La Fédération vise à décloisonner les approches, les pratiques et les structures. Elle met l accent sur les dimensions plurielles de l expérience addictive plutôt que la lutte contre les produits et privilégie la promotion de l usager, sa reconnaissance en tant que citoyen, l amélioration de sa qualité de vie et de son environnement, en lui proposant une offre globale de soins et d accompagnement. La Fédération Addiction a donc pour orientations de : - Bâtir une expertise pour interpeller la société - Reconnaître la place prépondérante des usagers - Renouveler le regard et les pratiques des professionnels - Privilégier la construction collective des réponses Pour nous contacter : infos@federationaddiction.fr www.federationaddiction.fr LE EST DISPONIBLE SUR SIMPLE DEMANDE AUPRES DU RESPADD OU DE LA FEDERATION ADDICTION. RESPADD 96 rue Didot 75014 PARIS 01 40 44 50 26 Fédération Addiction 9 rue des Bluets 75011 PARIS 01 42 28 83 20 Contacts presse : Respadd : Anne-Cécile Cornibert. Anne-cecile.cornibert@respadd.org / 01 40 44 50 26 Fédération Addiction : Cécile Bettendorff. C.bettendorff@federationaddiction.fr / 01 42 28 83 20 5