INTRODUCTION: Mondialisation & Globalisation Définition Globalisation : ECONOMIE INTERNATIONAL Désigne un mouvement complexe d ouverture des frontières économiques et de déréglementation, qui permet aux activités économiques capitalistes d étendre leur champ d action à l ensemble de la planète Concept apparu au milieu des années 1980 dans les écoles de management américaines Nouvelle phase de globalisation au cours des dernières 20 années N est pas un phénomène nouveau La globalisation n est pas une obligation, c est un choix (protectionnisme / libre échange) Définition Etat-Nation : Entité géographique, politique et coercitive, stabilisée, regroupant des individus par un sentiment d unité. 1.) L histoire des échanges internationaux Développement des relations dès l Antiquité : Les relations s étendent : Les cités maritimes de Grèce établissent des réseaux d échanges à travers la Méditerranée Echanges de céréales, de métaux, de produits artisanaux et d esclaves Les villes prédominent au sein de ces échanges et influencent les flux commerciaux (Athènes, Rome) A partir de la formation des Etats-Nations : 15/16 ième siècle Les échanges internationaux se développent suite à la découverte du nouveau monde 16 ième siècle, débute avec le commerce triangulaire : échanges Europe / Afrique / Amérique avec des esclaves et produits d Afrique en échange des produits européens, esclave sont débarqués en Amérique pour alimenter en main d œuvre les plantations 17 ième siècle : Constitution des propres empires coloniaux de Hollande, Angleterre et France Ils se spécialisent dans les échanges océaniques dont les flux proviennent de plus en plus des colonies Les Etats européens vont dominer les échanges internationaux jusqu à la Première Guerre Mondiale L essor du commerce international au 19 ième siècle : Porté par les révolutions industrielles Les révolutions industrielles sont favorisés par les grandes innovations consécutives (Machine à vapeur ), baisse des coûts de production et des coûts de transport, la croissance économique et la croissance démographique (population), la croissance de l investissement et du niveau de vie des populations, la diffusion des thèses libérales et libre-échangistes La croissance du commerce international apparaît plus rapide que celle de la production mondiale La période 1892-1913 placée sous le signe du protectionnisme La protection demeure la règle Mise en œuvre du tarif Méline en France 1892 Les taxes sur les produits agricoles augmentent en réponse à la concurrence accrue par les pays neufs (USA, Australie, Argentine )
La moyenne des tarifs douanières s établit Très forte contradiction du commerce mondial pendant la période 1913-1945 La croissance est quasi nulle et en dessous de celle de la production La place de l Europe dans le commerce mondial décline (extérieur et intra-européen), et ce déclin profite aux Etats-Unis quoi monte dans le commerce international Période des Trente Glorieuses 1945-1973 Développement sans précédent des échanges internationaux, croissance économique historique La croissance du commerce international est supérieur à celle de la production La fin de cet âge d or au début des années 1970 Remise en cause de la croissance et ralentissement des échanges internationaux (stagnation du commerce mondial) Néo-protectionnisme : Retour en protectionnisme qui a pris la forme de barrières non-tarifaires (cachée, sans droits de douane et tarifs) Causes : Deux chocs pétroliers 1974 et 1979, montée des déséquilibres macroéconomiques (inflation, chômage, déficits des paiements), dislocation du Système Monétaire Internationale dont les bases ont été jeté lors de la conférence de Bretton Woods 1944 Conférence de Bretton Woods : création des deux institutions internationales le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale (objectif d'assurer la reconstruction et le développement économiques du monde après la guerre, le dollar devient la monnaie de référence) Causes : De nouveaux concurrents: NPI (Nouveaux Pays Industriels, comme Tigres, Dragons, BRIC) Augmentation du commerce mondial au cours des années 1990 et 2000 Le commerce mondial a augmenté plus rapidement que la production mondiale 2.) La mondialisation actuelle Ouverture croissante de nos systèmes productifs aux échanges internationaux Quelques spécificités liées à la globalisation actuelle : Evolution de la structure et de la nature des échanges mondiaux et l apparition de nouveaux éléments Les nouveaux éléments sont considérés par certains acteurs comme la source de la nouvelle crise des échanges internationaux et de la fin annoncée de la dernière phase de globalisation (recul actuel des exportations) Interdépendance accrue entre les marchés des biens et des services à l échelle internationale Exacerbation de la concurrence internationale avec l émergence de nouveaux concurrents (BRIC) Révolution des NTIC qui a bouleversé les systèmes productifs La mondialisation des firmes et des industries (IDE, stratégie de délocalisation, accords de coopération, alliances internationales) La globalisation financière
PARTIE 1 : Pourquoi les pays échangent-ils? Approches traditionnelles : dans le cadre de l ancienne Division Internationale du Travail (DIT) Approches contemporaines : nouvelle DIT Définition Division Internationale du Travail : Désigne le fait que les pays se sont spécialisés pour produire certains biens économiques : ils ne travaillent pas tous sur les mêmes produits et, de ce fait, échangent entre eux leur production. 1. L explication de l échange international par la productivité de travail (théorie classique) Adam Smith et la loi des avantages absolus En général : Père fondateur du libéralisme économique (analyse classique), s oppose aux Mercantilistes Partisants du protectionnisme, exporte au maximum, importer au minimum Le commerce international n était qu un jeu à nulle 3 grands arguments qui visent à montrer les bienfaits du libre commerce entre les nations 1. Permet d écouler les excédents et d obtenir en échange des produits utiles pour lesquels ils existe une demande 2. Stimule la division du travail, permet d élever la productivité du travail (rapport entre production et les facteures nécessaires à son obtention : production / travail), accroît la masse totale des richesses produites 3. Stimule la croissance économique Contenu : Spécialisation internationale qui se repose sur le principe de comparaison de pays à pays des niveaux absolus des coûts de production Chaque pays se spécialise en développant les activités productives pour lesquelles il dispose d un avantage absolu en termes de coût Se spécialisent dans les activités où le coût par unité produite est inférieur à ce qu il est à l étranger et qu il abandonne celles où les coûts sont plus élevés Exemple : Coût unitaire de chaque bien en Angleterre Portugal heures de travail Vin 100 80 Draps 20 40 Vin : 100>80, Draps 20<40 Problème Angleterre a une avantage absolu (est plus efficiente dans la production) sur les draps Angleterre a tout intérêt à se spécialiser dans la fabrication des draps et à importer le vin du Portugal Un pays dont les coûts de production seraient plus élevés qu à l étranger dans toutes les domaines serait automatiquement exclu de l échange international et condamné à l autarcie (=vivre seulement de leurs propres ressources)
David Ricardo et la loi des avantages comparatifs En général : La théorie des avantages comparatifs (coûts comparatifs) représente le pilier à partir duquel a été réalisé la plupart des formulations théorétiques ultérieures 6 hypothèses sur lesquels est basée la théorie : 1. A l intérieur de chaque pays, les facteurs de production (travail, capital) et les marchandises sont parfaitement mobiles (il n existe aucune entrave à leur déplacement) 2. Au niveau international, les marchandises se déplacent librement, mais les facteurs de production sont immobiles d un pays à l autre 3. La concurrence pur est parfaite (homogénéité de produits, information parfaite des acteurs, liberté d entrée et de sortie du marché à tout instant ) régit dans chaque pays, les marchés des biens et les facteurs de production 4. A l intérieur de chaque pays, les marchandises s échangent en proportion des quantités de travail nécessaires à leur fabrication (ex. 1 drap pour 2 vin, parce que 2 coût de production) 5. La production des marchandises est supposée mise en œuvre par des proportions bien précises de facteurs (travail, capital, ressources naturelles), la production s effectue «à coéfficients fixes» (les facteurs de production ne sont pas substituables) 6. Dans chaque pays, les facteurs de production s effectue «à coûts ou à rendements d échelle constants» (pas d avantage à produire en grandes series, prix de revient reste le même) Contenu : Toutes les nations ont intérêt à se spécialiser et à participer à l échange international en exportant les produits pour la fabrication desquels elles ont le désavantage le moins grand Démontre la supériorité du libre-échange sur l autarcie Les pays sont gagnants à l échange s ils se spécialisent dans la production du bien qui supporte le coût de production relatif le plus faible Exemple Coût unitaire de chaque bien en Angleterre Portugal heures de travail Vin 120 80 Draps 100 90 Rapport autarcique d échange 1,2 (120/100) 0,88 (80/90) L intérêt va conduire le Portugal à se spécialiser dans le vin et l Angleterre dans les draps Limites Angleterre est moins désavantagée pour les draps que pour le vin, Portugal dispose d un avantage comparatif plus grand pour le vin En autarcie, Portugal reçoit 0,88 draps pour 1 unité de vin, en Angleterre 1,2 draps En vendant leur vin en Angleterre, le Portugal peut obtenir 1,2 draps au lieu de 0,88 chez eux, et Angleterre peut obtenir une unité de vin pour moins de 1,2 draps (0,88) Les rapports d échange internes sont différents d un pays à l autre Facteurs capital et travail ne sont pas immobiles d un pays à l autre (migration des travailleurs, IDE, ) Différence dans les techniques de production Le prix relatif des échanges n est pas précisément déterminé Les moyens de production ne sont pas mobiles d un pays à l autre Les produits ne sont pas homogènes d un pays à l autre
2. L explication du commerce international par la domination des nations (conception marxiste) La conception marxiste s inscrit en opposition totale avec les approches classique / néo-classiques Conception marxiste : par essence conflictuelles et relèvent d un combat permanent Conception classique : rapports de paix et d harmonie La conception marxiste envisage des rapports de domination et d exploitation La théorie de l impérialisme En général : Vise à expliquer pourquoi et comment le capitalisme est contraint à de développer et à s étendre, pour finalement dominer des régions du monde de plus en plus nombreuses Lénine, 1870-1924 Contenu : L impérialisme exprime les contradictions de l accumulation capitaliste et est une réponse à la baisse tendancielle du taux de profit (grâce à la BTTP, les capitalistes trouvent un moyen à le ralentir) Explique que l impérialisme est la réponse à la principale entrave au développement du capitalisme, c est-à-dire la baisse tendancielle du taux de profit et que cette entrave impose la mondialisation de production capitaliste Le recours aux marchés extérieurs par le commerce international s impose alors comme une nécessité 3 fonctions essentielles que l échange international remplit au delà de la réponse à la BTTP: 1. Permet d élargir l espace de circulation des marchandises, d améliorer les méthodes et les moyens de production et d étendre la division internationale du travail 2. Permet d imposer les rapports sociaux capitalistes dans les pays 3. Le recours aux marchés extérieurs permet de remédier aux déséquilibres de la croissance entre les activités industrielles et les activités agricoles R. Luxembourg 1871-1919 Contenu : Question des débouchés Pour chaque entrepreneur capitaliste, les salaires versés représentent un coût qui limite les profits, il est donc rationnel de chercher à en limiter l accroissement L insuffisante consommation ouvrière freine des débouchés du secteur qui produit les biens de consommation (secteur 2 / agricole) Cela dissuade les investissements et réduit les débouchés du secteur qui produit les biens de production (secteur 1 / industrie) Il en résulte des crises et la remise en cause de la croissance et de l accumulation du capital Conclusion : La production capitaliste est condamnée à conquérir hors de son sein les débouchés qui lui sont indispensables Le capitalisme ne peut trouver en lui-même l extension nécessaire des débouchés des biens de consommation Limites : Cette logique est vouée à l échec Le capitalisme se prive progressivement des sphères d accumulation, lorsque la domination est devenue universelle, l essor des débouchés n est plus possible et ne peut plus s étendre
Les travaux de l école de la dépendance (fin des années 1960) Contenu : Existence de nations dominantes (pays du Nord=centre) et de nations dominées (pays du Sud=périphérie) Les échanges internationaux sont régis par un mécanisme bipolaire Le constate est que le capital dominant est lié à des intérêts nationaux et que l etat-nation des sociétés dominantes intervient pour réguler l accumulation capitaliste A pour effet de reproduire la polarisation entre sociétés dominantes et sociétés dominées Conclusion : La mondialisation du capitalisme accentue la polarisation entre centre et périphérie et les échanges internationaux nourrissent leur dépendance et leur désarticulation Arghiri Emmanuel 1969 Points de départ 1. La production d un bien engage des capitaux constants (machines, bâtiments, ) et des capitaux variables (travailleurs) 2. Le profit est réalisé grâce à l exploitation du capital variable par les propriétaires du capital constant 3. Les propriétaires des capitaux constants cherchent toujours à maximiser leur profit Hypothèses 1. Au sein d une nation il existe une mobilité parfaite des capitaux constants et des capitaux variables 2. Les branches d activité 1 et 2 se différencient par leur part de capitaux 3. Il existe des taux de profit différents dans les branches d activité Contenu : La mobilité internationale n a pas pour contrepartie une mobilité internationale de la force du travail (mais mobilité marginale à cause de l immigration contrôlée) L accumulation du capital se traduit donc par des écarts importants dans les niveaux de rémunération de la force de travail Centre : Plus de capitaux constants (machines, bâtiments, ), salaires élevés Périphérie : Plus de capitaux variables (travailleurs abondants, peu qualifiés), salaires basses Cette distorsion entraîne une péréquation des taux de profit au détriment de la périphérie qui reçoit les capitaux étrangers et transfère une partie importante de la plus-value qu elle réalise par la surexploitation des travailleurs locaux La péréquation du taux de profit existe mais il n y a pas de mobilité du capital variable Il y a un transfert de la valeur vers le centre qui vient de l exploitation des travailleurs de la périphérie Conclusion : L augmentation des salaires du centre est due à l exploitation de la périphérie La périphérie doit augmenter ses salaires pour arrêter l exploitation
Samir Amin 1970 Contenu : Le contrôle du centre Le centre affiche un développement autocentré : Les sociétés du centre se caractérisent par la maîtrise du procès de production Les sociétés de la périphérie ne maîtrisent pas l accumulation locale du capital Par conséquent la croissance de la périphérie est extravertie, c est-à-dire dépendante et désarticulée Les PVD sont alors victimes d inégalités dans les échanges internationaux Sont incité à importer du centre des marchandises, des capitaux et des technologies La désarticulation se traduit par l existence de plusieurs mode de production mais toujours sous la domination du capitalisme, les différents secteurs ne sont pas complémentaires ni interdépendants et sont liés aux exigences de l accumulation mondiale Limites Elle a souvent entraîné des politiques qui ont échoué dans les années 70 (politiques structuralistes) Le principe de péréquation du taux de profit ne peut être réalisé que sous la condition d une mobilité parfaite des capitaux Elle ne permet pas de comprendre la nature exacte des échanges internationaux ni les bienfaits que ces échanges ont pu apporter(qui ont pu se vérifier dans certains pays comme Malaisie, Corée du sud) 3.) L explication de l échange international par les dotations factorielles (théorie néo-classique) Différentes hypothèses des dotations factorielles (néo-classique) comparé au classique : La prise en compte de la nation L origine de l avantage comparatif (technologie et ressources) Classique La nation est un ensemble composé des classes sociales aux intérêts antagoniques La spécialisation résulte des différences technologiques à l intérieur de chaque secteur La production se réalise à coefficients fixes (les facteurs ne peuvent être employés que dans des proportions strictement définies) L origine de la valeur Ce qui prime c est la valeur travail : Les prix des marchandises s établissent en proportion de la dépense en quantité de travail Ce sont les conditions d offre qui sont déterminantes dans les rapports d échange Néo-classique La nation est une seule entité collective qui est à la fois producteur et consommateur Un centre de décision unique sans dimension sociale et nonconflictuelle Les conditions de productions sont identiques de pays à pays L économie internationale est homogène au plan technologique Les facteurs sont substituables : chaque bien peut être produit avec des doses différentes de travail et de capital (K/L) La nation est un bloc de dotations factorielles Les conditions de la demande sont déterminantes La valeur des marchandises résulte de leur utilité (degré de satisfaction des besoins) Une marchandise a un prix non parce qu elle coûte, mais parce qu elle est demandée
La loi de proportion des facteurs (E. Heckscher et B. Ohlin) Hypothèses différents de la théorie classique: 1. Une nation est un ensemble homogène 2. La production est le résultat de facteurs de production (travail, capital) substituables 3. La valeur des produits est liée à leur rareté (demande) Hypothèses communs avec théorie classique: 1. L immobilité des capitaux au niveau international 2. L homogénéité des produits 3. S appuie toujours sur le principe des avantages comparatifs Contenu : En économie ouverte, chaque pays tend à se spécialiser dans la production des biens dont la fabrication nécessite relativement le plus, les facteurs dont il est relativement le mieux doté. La répartition des ressources n est pas identique entre les nations : Non-uniformité dans la distribution internationale des ressources qui explique la disparité des prix relatifs des produits dont dépendent les avantages comparatifs nationaux Pour déterminer la spécialisation il faut donc tenir compte 1. Des dotations factorielles de chaque pays (ses disponibilités en facteurs de production 2. Des quantités de facteurs qui sont nécessaires pour chaque type de production (capital intensive / labour intensive) (Volkswirtschaften mit relativ viel Kapital auf die Produktion werden sich auf kapitalintensive Güter spezialisieren, während Staaten mit relativ vielen Arbeitskräften sich auf die Herstellung arbeitsintensiver Güter spezialisieren werden. Ein Land exportiert daher jene Güter, in deren Produktion der relativ reichlich vorhandene Faktor vergleichsweise intensiv eingesetzt wird.) Le principe de l égalisation des prix des facteurs Contenu : Malgré l immobilité internationale des facteurs de production, leurs rémunérations (salaires, profits) tendent à s égaliser dans tous les pays sous l influence du commerce international des marchandises sans que cette égalisation des rémunérations des facteurs ne soit toutefois totale L influence du commerce extérieur sur la répartition du revenu Lorsqu un pays se spécialise dans la production d une marchandise au prix initialement bas qui fait appel au facteur le plus abondant, chaque pays intensifie l utilisation de ce facteur ce qui en élève le prix ou la rémunération Tandis que les importations se substituant à la production domestique réduisent l emploi du facteur rare à prix initial élevé, ce qui entraîne une baisse de son prix Le développement des échanges internationaux réduit les différences de rareté relative (rend moins abondant le facteur abondant et diminue la pénurie relative du facteur rare) Limite : Ohlin n a pas précisé jusqu oú ce mouvement de convergence pouvait se poursuivre (mais sera levé par Samuelsen avec le HOS modèle)