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Great French Concertos 1948-1956 Desenclos - Tomasi - Jolivet - Chaynes All tracks (*): Orchestre de l Opéra National de Paris Marius Constant (*) track 13 : Orchestre Lyrique Avignon Provence François-Xavier Bilger Digital Recording : Berthier Opera Hall, April 18th to 23rd 1988 (tracks 1 to 12) Recording engineer : Michel Pierre Le Thor auditorium in Avignon in May 1995 (track 13) Re-mastering : Digipro Studio (Paris) and BC Digital by Bertrand Cazé in 2006 Artworks : Cécile Guedy Photos Aubier : Benoit d Hau et Patrice Millet English translation : Virginia Olivier Special thanks to Les amis d André Jolivet Association www.jolivet.asso.fr Henri Tomasi Association - www.henri-tomasi.asso.fr Mr Basile Chrichton, Alphonse Leduc Publishing www.indesens.fr www.musicware.fr www.ericaubier.com livret.indd 2 2/10/06 13:17:54
Orchestre de l Opéra national de Paris conductor: Marius Constant Alfred Désenclos (1912-1971) Incantation, Thrène et Danse (1953) 1 - Incantation 2 45 2 - Thrène 5 03 3 - Danse 7 56 André Jolivet (1905 1974) Second concerto pour trompette et orchestre (1954) 4 -Mesto - Concitato 5 01 5 - Grave 3 41 6 - Giocoso Piu Mosso 4 11 Henri Tomasi (1901 1971) Concerto pour trompette et orchestre (1948) 7- Allegro 7 52 8 - Nocturne (andantino) 5 29 9 - Final (allegro) 3 06 Charles Chaynes (1925 - ) Concerto n 1 pour trompette et orchestre (1956) 10 - Moderato - Presto 4 13 11 - Adagio 5 14 12 -Final (allegro giocoso) 3 00 Orchestre lyrique régional Avignon Provence conductor: François-Xavier Bilger André Jolivet (1905 1974) 13 - Concertino pour trompette, piano et cordes (1948) 9 23 livret.indd 3 2/10/06 13:17:54
Foreword Is it politically correct to compose tonal music, with romantic classical inspirations, often impressionist, in the second part of the 20th century? at a time when avant-garde composers proclaim to whoever might listen to them, that they only, embody modernity. At this very beginning of the 21st century, young composers from all over, are coming back more and more to tonal music composing. Why is that so? My wish is that this album, will bring at last, highlight and the attention that these four composers, all Grand Prix de Rome laureates, deserve. They had the courage, at times when the politician, cultural and media elites did not stand out for them, to continue having faith in an art which addresses itself to the heart and soul before all, without therefore renouncing to a modern way of expression. Eric Aubier Benoit d Hau Eric Aubier, accompanied by Marius Constant put in, nearly twenty years ago now, all their will and sincerity, to give us the full emotion of Tomasi s, Désenclos s, Jolivet s and Chaynes s music. The very top of their expressivity, doubtless sign of romantism, flourishes in the slow movements of these concertos, and maybe mostly in Tomasi s Nocturne or Déenclos s Thrène. When Alfred Désenclos, in 1956 was questioned on how he would qualify his art, answered : I am not a revolutionary, I do not deny the past in order to create future. I belong to the 20th century, and use the modern language... My inspiration is mainly romantic... Music must conjure up emotion, expansion. When I compose, I do so without goals. I do not appreciate the avant-garde trend. Translation Virginia Olivier livret.indd 4 2/10/06 13:17:56
Avant-propos Etait-il politiquement correct d écrire de la musique tonale, d inspirations romantique ou classique, souvent impressionniste, dans la seconde partie du 20ème siècle? à l heure ou sérialistes et dodécaphonistes, revendiquaient à tous ceux qui voulaient bien le croire, qu ils pourraient détenir le monopole de la modernité. En ce début de 21ème siècle, les jeunes compositeurs sont partout de plus en plus nombreux à revenir à une écriture tonale. Pourquoi? J espère que cet album, loin de vouloir trancher la question, apportera (enfin) l éclairage et l attention que méritent ces quatre compositeurs, tous Premier Grand Prix de Rome. Ils ont eu le courage, en des temps où ils n étaient pas soutenus par les élites, politiques, culturelles, et médiatiques, de continuer de croire en la conception d un art qui s adresse à l âme et au cœur, avant tout autre but, sans toutefois renoncer à un langage moderne. Eric Aubier, accompagné par Marius Constant ont mis, il y a bientôt 20 ans, leur engagement et leur sincérité pour nous transmettre toute la puissance des émotions qui nous transportent irrésistiblement dans la musique de Tomasi, Désenclos, Jolivet ou Chaynes. Le sommet de leur expressivité, signe incontestable d une forme de romantisme, prend tout son sens dans les mouvements lents de ces concertos, et peut-être tout particulièrement à travers le Nocturne de Tomasi et le Thrène de Désenclos. Alfred Désenclos, s exprimait en ses termes en 1956, quand l on lui demanda de qualifier son art : «je ne suis pas un révolutionnaire ; je ne renie pas le passé sous prétexte de créer l avenir. Je suis du 20ème siècle et j emploie le langage moderne mon inspiration est essentiellement romantique La musique doit être émotion, expansion. Quand je compose je ne me définis pas un but par avance. Je n apprécie nullement les tendances dodécaphoniques et sérielles». Benoit d Hau livret.indd 5 2/10/06 13:17:56
Concertos français pour trompette 1948-1956 Ces quatre œuvres, toutes apparues depuis 1948, sont représentatives du remarquable répertoire pour trompette de l Ecole Française du 20ème siècle, dont les heureux prémisses avaient été, au siècle précédent, le Septuor pour trompette, piano et cordes de Saint- Saens et les sonates avec piano de Ropartz (Andante et Allegro), et la célèbrissime Légende de Georges Enesco. L arrivée décisive du jazz qui réhabilita les Vents solistes. La trompette bénéficia alors de nombreuses pages et souvent rayonnantes de musique de chambre avec piano, dont la Sonate de Hubeau, Rapsodie de Sancan, la Fantaisie de Tournemire, la Sonatine de Français, Intrada d Honegger, Rustiques de Bozza, les Variations de Bitsch, Sarabande et Finale de Gallois-Montbrun, Imprommptu d Ibert Ils auront devancé la littérature concertante, légèrement décalée par rapport à celle d autres instruments à vent comme le saxophone ou la flûte. Ce qui revient à dire que les concertos de trompette, comme ceux qui figurent ici, remontent, eux, aux lendemains de la dernière guerre, y compris la tardive Suite de Florent Schmitt. Claude Delvincourt fut le commanditaire de nombre de ces concertos, sonates et morceaux de concours du CNSM. Rien de plus dissemblables que les deux concertos pour trompette d André Jolivet. Le premier, de 1948, était à l origine avec piano solo, destiné aux concours du Conservatoire. Le second, daté de 1954, optera, au lieu des cordes et du piano, pour une harmonie de chambre limitée à huit vents solistes, et que renforceront un piano, une harpe, une contrebasse à cordes et un dispositif conséquent de percussions, illustrant l expression incantatoire bien caractéristique du compositeur. La nomenclature rappelle certaines formations de jazz. En cela la disposition «vents/percussions» se distinguent des modèles symphoniques adoptés par tant d ouvrages concertants qui le précèdent, et notamment du Concerto de piano de Stravinsky, du Concerto de violon de Kurt Weill ou du Premier Concerto de violoncelle de Martinu tous datés de 1924. Eric Aubier Benoit d Hau Henri Tomasi Association Henri Tomasi livret.indd 6 2/10/06 13:17:57
L écriture du Concerto pour trompette d Henri Tomasi est de la même veine que ses meilleurs opéras (Don Juan de Manara, Sampiero Corso, L Atlantide). Récompense suprême pour un compositeur, le Premier Grand Prix de Rome avait été attribuée à Tomasi en 1927. Né à Marseille, et d origine corse, il a toute sa vie puisé son inspiration dans la contemplation de la Méditerranée. Œuvre maîtresse de son répertoire, ce Concerto pour trompette valorise le soliste, que ce soit par l emploi des différentes sourdines comme par le recours à d ingénieuses combinaisons orchestrales soulignant certaines de ses interventions. A titre d exemple : le halo de la caisse claire qui enrobe la cadence terminale du premier tempo ou encore l association de la harpe, de la cymbale (roulée) et d un violoncelle solo au début du poétique Nocturne central doit se dérouler, comme l indique l auteur sur la partition «comme un improvisation». Le Final retiendra, lui, l attention par sa remarquable continuité rythmique. Composé en 1948, ce concerto fut créé le 7 avril 1949 par son dédicataire Ludovic Vaillant et l orchestre National placé sous la direction de l auteur. Ce chef d œuvre de la musique française est considéré comme le «concerto de Ravel» des trompettistes. Dédiées toutes deux aux professeurs du CNSM Raymond Sabarich et Eugène Foveau, les œuvres de Charles Chaynes et Alfred Désenclos ont figuré aux concours du Conservatoire, mais seul le Concerto de Charles Chaynes a été spécialement écrit à leur attention. Issu d une famille de musiciens, Charles Chaynes commença ses études au Conservatoire de Toulouse ou il avait vu le jour avant de les parfaire au Conservatoire de Paris, avec, pour couronnement, le Premier Prix de Rome obtenu en 1951 dans la classe de Darius Milhaud. Charles Chaynes sera ensuite lauréat des concours de composition musicale du Prince Rainier de Monaco (1960) et de la ville de Paris (1965) avant de se voir décerner quatre prix de l Académie du Disque Français et celui de l Académie Charles Cros pour son opéra Erzsebet, livret.indd 7 2/10/06 13:18:00
en 1979 cinq ans après avoir été lauréat de la Tribune Internationale des Compositeurs de l UNESCO. Un tel palmarès pouvait légitimer l accession de Charles Chaynes à la direction de France-Musique (de 1965 à 1974) avant qu il ne devienne chef du service de la création musicale à Radio-France. Daté de 1956, son Concerto de trompette met, naturellement en relief les différentes possibilités de l instrument aussi bien techniques qu expressives. L orchestration, limitée aux cordes renforcées seulement par le piano et la percussion, rend plus particulièrement incisif le dialogue du soliste et de l orchestre. Elle répond à souhait au souci de clarté dont témoignent les trois mouvements de ce concerto. C est à un véritable concerto que s apparente le triptyque Incantation, Thrène et Danse d Alfred Désenclos, dont Raymond Tournesac aura été - comme pour le Second Concerto de Jolivet le premier interprète (en 1953) au Festival de Vichy l orchestre étant, là encore, dirigé par Louis de Froment. Né dans le pas de Calais à Le Portel (il s éteindra en 1971 la même année qu Henri Tomasi), Alfred Désenclos devait être admis en 1933, âgé de vingt et un ans, au Conservatoire de Roubaix de 1943 à 1950, il deviendra l assistant de Simone Plé-Caussade au conservatoire de Paris et le conseiller musical des Editions Durand. Désenclos André Jolivet les amis d André Jolivet Henri Tomasi Association Henri Tomasi livret.indd 8 2/10/06 13:18:01
s est montré un auto-censeur sévère comme tant d autres musiciens français dont le nom commence par un D (D comme difficile!) : Delage, Dukas, Duparc, Duruflé, et Dutilleux Son catalogue ne débute vraiment qu après son Premier Grand Prix de Rome, et le nombre volontairement limité de ses productions, Désenclos l explique par l attention, le soin et la qualité qu il attachait à ses ouvrages. Le plus ancien est le Quintette pour piano et cordes, et le dernier sa Messe de Requiem. Sa littérature concertante se résume à un concerto pour violon et ce triptyque pour trompette. De forme classique, Incantation, Thrène et Danse use toutefois du procédé cyclique avec des thèmes exposés on pourrait dire clamés comme des appels! - par la trompette dans le premier volet et repris ou développés au cours des suivants. La deuxième partie du Prélude, de caractère tourmenté, contraste avec le Thrène, une émouvante lamentation énoncée par la trompette en sourdine et discrètement soulignée par les cordes. Après un bref dialogue entre le soliste et l orchestre, la Danse finale débute par une cadence il est fait appel aux registres extrêmes de l instrument. Puis un 5/8, de tempo modéré, exposé par l orchestre, annonce cette Danse, proprement dite qui commence rythmée, sans rigueur, voire alanguie, et véritablement sensuelle. Pour finir et dans un mouvement plus animé, des staccati, plus incisifs, débouchent sur un ultime rappel du thème initial s achevant sur de périlleux contre-ut dièse ponctués fortissimo et avec autorité par le soliste. Benoit d Hau Eric Aubier livret.indd 9 2/10/06 13:18:01
Great French trumpet Concerto 1948-1956 These four works, all dated after 1948, are representative of the remarkable trumpet repertory of the French school in the 20th century, of which auspicious signs in the 19th century had been Saint-Saens Septuor for trumpet, piano and strings and the major examination pie- ces with piano accommpaniment (rather than chamber group) written for the Paris Conservatory (Ropartz s Andante et Allegro, Enesco s Legende). Since the decisive irruption of jazz, which rehabilitated the trumpet along with other solo wind instruments has resulted in further chamber works such as the Hubeau s Sonata, Rapsodie from Sancan, la Fantaisie from Tournemire, Sonatine from Françaix, Intrada from Honegger, Rustiques from Bozza, the Variations from Bitsch, Sarabande et Finale from Gallois-Montbrun, or the Ibert s Imprommptu The concerto literature came slightly later than concertos for other wind instruments such as flute and saxophone. Trumpet concerto, like those on this record, are basically a post-war phenomenon, as is the late Suite from Florent Schmidt. The two André Jolivets trumpet concertos are the opposite one from the other. The Concertino was originally written for piano accompaniment, being intended for the Conservatory competition. The second concerto, dating from 1954, instead of piano and strings, is orchestrated for chamber wind band of eight solo winds, piano, harp, double bass and especially a large percussion section to bring out the incantatory feeling so characteristic of the Jolivet. In other words : an ensemble similar to certain jazz bands, and different from the wind and percussion sections in the symphony orchestra used in so many works since Stravinsky s Piano Concerto, Kurt Weill s Violin Concerto and Martinu s First Cello Concerto all of which date from 1924. Jolivet s Second Trumpet Concerto, written for Roger Delmotte, was recorded by him before being performed on stage. It was premiered invichy (France) on the September 5th 1956, with Raymond Tournesac as soloist and Louis de Froment as conductor. Named Marines, Georges Skibine adapted it into a ballet, of which the principal dancers were Claire Motte and Atilio Labis. «After a sombre, tragic introduction, muffled and hammer-wrought,» wrote Jean Hamon, «the trumpet rises as though from out of an abyss. A chaotic dance follows of marked violence and lasciviousness, in which the melancholy trumpet sings a long,shrouded melody. The work ends with a kind of primitive triumphal dance of explosive richness, dynamic as much as rhythmic». Henri Tomasi s Trumpet Concerto, dedicated to Ludovic Vaillant, solo trumpet for the «Orchestre national» is the same top standard as his best operas ( Don Juan de Manara, Sampiero Corso, the Atlantis). This is not surprising since he won the best award : the Prix de Rome in 1927, in Marseilles, his hometown. This trumpet concerto, real masterpiece in his repertory, sets off the soloist to full advantage : The different mutes used as well as the ingenious orchestral combinations, enhance the solo passages. For example the side-drum halo that wraps the last cadence of the first movement, or the association of the harp, sued-cymbal and cello solo at the beginning of the poetic main Nocturne, which must be played like an improvisation, to quote thecomposer s own words. The Final is remarkable for its impressive rhythmic continuity. Written in 1948, this concerto was first performed on April 7th 1949, by Ludovic Vaillant and the Orchestre National, conducted by the composer. livret.indd 10 2/10/06 13:18:02
André Jolivet les amis d André Jolivet Both dedicated to professors Sabrich and Foveau, the works of Charles Chaynes and Alfred Desenclos figure among the competition pieces for the Paris Conservatory, but only Chayne s concerto was specially written for them. Born in a family of musicians, Charles Chaynes, began his studies at the conservatory of his home town Toulouse, and completed them at the Paris Conservatory. They ended with the Prix de Rome, that he won in 1951, when he was in Darius Milhaud s class. Charles Chaynes was later laureate of the musical composition competition of Prince Rainier of Monaco ( 1960) and of the City of Paris (1965), and has so far received four awards of the French Record Academy together with one from the Charles Cros Academy for his opera Erzsebet in 1979, five years after having been laureate of the UNESCO International Rostrum of composers. All these awards explain undoubtedly his appointment as director of France Musique (the French public radio channel) from 1965 to 1974, before being appointed to the musical creation department of Radio France. Written in 1956, his Trumpet Concerto, throws into relief all the technical and expressive characteristics of the instrument. The orchestration, limited to strings, piano and percussions, enhance the sharp dialogue between soloist and orchestra. This fits perfectly with the sense of limpidity throughout the three movements. Alfred Desenclos s triptych Incantation, Thrène and Danse, is close to a concerto. Raymond Tournesac was, as for Jolivet s second Concerto the first soloist in 1953 at the Vichy Festival- the orchestra was conducted by Louis de Froment. Born in Le Portel, North France ( he will die in 1971 the same year as Henri Tomasi), Alfred Desenclos was admitted in 1933, at the age of 21, to the Roubaix Conservatory. From 1943 to 1950, he was Simone Plé-Caussade s assistante at the Paris Conservatory as well as musical advisor for the Durand Publications. Desenclos became a severe auto-critic, just like so many other French musicians who s names start with D ( D for difficult!) : Delage, Dukas, Duparc, Duruflé and Dutilleux... he only has credit for the pieces composed after his first Grand Prix de Rome, and the number of productions are, therefore limited. Desenclos explains this by the extra special attention he gave to his pieces, of which the oldest is Quintet for piano and strings and the last one composed is Requiem Mass. He only composed two concertos : A concerto for violin and this tryptich for trumpet. Although structured in a classical way, Incatation, Thrène and Danse has, nevertheless a cyclic approach with exposed themes- as they were proclaimed by the trumpet in the first section and then repeated and developed in the following sections. The second part of the Incantation, which is tormented, contrasts with the Thrène, a moving lament set forth by the muted trumpet discreetly accompanied by the strings. After a short dialogue between soloist and orchestra, the final Danse starts off with a cadenza exploiting the instrument s extreme registers. Follows a 5/8 passage, moderato tempo, from the orchestra, which introduces as to say this Danse, which starts off rhythmically yet without emphasis almost languid and full of sensuality. To conclude in a livelier tempo, sharp staccatos lead to the final reminder of the initial theme, ending with perilous double high C sharps accentuated decisively and fortissimo by the soloist. livret.indd 11 2/10/06 13:18:03
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