III BULLETIN DE L ASSOCIATION BUREAU NATIONAL 8 février 2014 Rédaction du compte rendu : Philippe BLANC. Présents : Édouard Aujaleu, Philippe Blanc, Jean-Pierre Carlet, Stéphane Clerjaud, Éric Delassus, Henri Dilberman, Nicolas Franck, Jean-Louis Lanher, Marie Perret, Simon Perrier, André Simha, Gérard Schmitt, Patricia Verdeau. Excusés : Didier Carsin, Charles Coutel, Guy Desbiens, Frédéric Dupin, Bernard Fischer, Bertrand Nouailles. Le premier point abordé concernait l organisation future de l APPEP. Simon Perrier annonce sa décision de se retirer de la Présidence au terme de ce sixième mandat. Gérard Schmitt fait part également de son souhait de passer la main pour la prise en charge du secrétariat de la revue, compte tenu de la charge importante et quasi-permanente de travail que cette fonction nécessite. Concernant la trésorerie, Simon Perrier rappelle le souhait de Bernard Fischer d être remplacé. On procède ensuite au choix des attributions des postes statutaires : Marie Perret propose de prendre en charge les relations avec les autres associations, en particulier dans le cadre de la Conférence des Présidents, Stéphane Clerjaud quant à lui prend en charge les relations avec les Régionales. Le deuxième point concernait les actions de l APPEP. Pour Simon Perrier, l APPEP doit manifester son souci de l état de l enseignement de la philosophie en intervenant comme force de proposition en ce qui concerne les programmes et les épreuves. Il informe à ce propos les membres du bureau que le ministère a nommé un IG pour «faire un bilan de la réforme des lycées» ; on peut penser que si de ce point de vue aucune nouvelle réforme n est envisagée, il convient de s impliquer en particulier sur la question des conditions actuelles de l enseignement, comme l APPEP vient de le faire sur les dédoublements en classes
84 BUREAU NATIONAL DU 8 FÉVRIER 2014 technologiques au cours de la réunion au ministère du 6 février (compte rendu complet en fin de bureau). André Simha sur ce point fait état d une rencontre avec l IPR de Nice : une réflexion pour une réforme des programmes serait en cours. Concernant les séries technologiques, une étude montrerait que l épreuve de philosophie au baccalauréat n apporterait rien en termes quantitatifs. Il regrette l absence de doctrine sur l enseignement philosophique au sein de l Inspection, due entre autres à des désaccords assez fondamentaux (par exemple sur le point de vue qui consiste à penser que c est sur la base de problématiques préalablement constituées que la découverte du problème doit s effectuer). Pour Simon Perrier, c est sur ce type de questions qu il faut être prêt à prendre position. J.-L. Lanher évoque le problème des sujets qui oscillent entre un excès de détermination ou une trop grande ouverture ; il nous informe à ce propos d une réunion du SNES sur le concept de «culture commune». Marie Perret ajoute que ce concept est repris dans la feuille de route adressée au CSP. Celui-ci doit faire une proposition au mois de mars et des groupes d experts devraient être constitués. Pour Simon Perrier il conviendrait de proposer des aménagements comme par exemple le couplage des notions. Gérard Schmitt est également favorable au couplage des notions, car, dans la mesure où le programme sert à élaborer les sujets d examen, cela ne remettrait pas forcément en cause la liberté pédagogique des professeurs. Sur cette question J.-P. Carlet rappelle le programme Beyssade qui était un bon compromis entre notions et déterminations ; par ailleurs il fait remarquer que la tâche du CSP consiste à entériner l évolution de l enseignement en termes de compétences et que l enseignement de la philosophie serait aussi censé rentrer dans ce cadre. Il fait état des positions de l ACIREPh, exposées dans le CR du colloque d Amiens selon laquelle il y aurait d autant plus de liberté que le programme serait déterminé. De plus, il conviendrait que les programmes et l enseignement soient en quelque sorte «ordonnés» à l examen. Ceci permettrait, pour Édouard Aujaleu, de répondre aux demandes de la société pour qui l enseignement doit avoir pour rôle de «préparer aux examens». Pour J.-P. Carlet il convient de mener le combat sur cette spécificité de l enseignement philosophique de pouvoir, en ce sens, «enseigner autrement». Simon Perrier ajoute que son invitation à participer à une journée de formation continue à Versailles sera l occasion de défendre cette spécificité, en particulier défendre un programme de notions, véritable justification pédagogique de la «progressivité» en philosophie et de faire des propositions. Gérard Schmitt rappelle à ce propos que l ACIREPh voudrait substituer au programme de notions, un programme de «problèmes» (à l origine proposition du GREPH). Si les notions permettent de constituer des problèmes, il est alors inévitable que le couplage des notions évacuerait certaines problématiques (quid, s interroge Gérard Schmitt, de la question de la liberté politique dans le cadre d un couplage liberté-déterminisme?). J.-P. Carlet se demande par quoi remplacer les notions, si on les trouve trop indéterminées : par des arguments, des questions contemporaines, des problèmes historiquement déterminés? Ne s agit-il pas au fond de vouloir par-là «destituer le maître», de mettre fin à la figure du professeur-penseur, professeur-philosophe «auteur de son cours». Pour Stéphane Clerjaud il conviendrait toutefois de réduire le nombre de notions, en particulier en série scientifique. Nicolas Franck intervient pour informer le bureau et en particulier Simon Perrier que les invitations pour la journée de formation à Versailles n ont pas été envoyées à tous les collègues de l Académie et que celles-ci ne font aucune mention de L enseignement philosophique 64 année Numéro 3
BUREAU NATIONAL DU 8 FÉVRIER 2014 85 l intervention du président de l APPEP. Il conviendrait de prendre d urgence contact avec M me Szpirglas, IPR en charge de cette programmation 1. Nicolas Franck profite de son intervention pour exprimer le souhait que l APPEP réfléchisse à ses rapports avec la nouvelle Inspection, en particulier depuis qu un nouvel IG a été nommé (Franck Burbage) ; il rappelle que l Inspection dispose de pouvoirs importants, en particulier dans la constitution des jurys de concours et la nomination en classes préparatoires. Pour André Simha il convient que les positions de l APPEP soient fortement communiquées à l Inspection, car elle devient de fait un contre-pouvoir réel. Pour Gérard Schmitt si l Inspection représentait naguère «les attentes des professeurs», son rôle consiste désormais à appliquer une politique. Patricia Verdeau demande si les rencontres avec l Inspection sont fréquentes, à quoi Simon Perrier répond que si des rencontres existent, la question reste que l Inspection n y affirme jamais clairement ses positions ou ses intentions. Nicolas Franck rappelle que selon la loi Jospin, une consultation était prévue sur les programmes avant publication (il lui semble que ces dispositions ont été abrogées depuis). Pour Simon Perrier, un type de discours prédomine depuis peu chez les adversaires d un programme de notions, à savoir qu il existe un ennemi des progrès dans l enseignement de la philosophie, des forces occultes résistant aux réformes et voulant en tout maintenir le statu quo, voire ennemies de la démocratisation. Cela suffit à justifier toute réforme alors qu aucune proposition précise n est publiée et aucune consultation des professeurs engagée. Édouard Aujaleu considère que ce type de propos relève de stratégie de communication visant à stigmatiser tous ceux qui s opposeraient à «l innovation». J.-P. Carlet ajoute que ce qui apparaît comme «l ennemi» c est le professeur spécialiste. Sur ce point, il faut, dit Marie Perret, critiquer publiquement les propos caricaturaux qui utilisent le sentiment légitime de bien des collègues, les plus jeunes d abord, être désemparés dans certaines situations. Pour Nicolas Franck il convient donc de faire connaître l APPEP, ses positions et ses propositions. Il serait bon de présenter un historique de l association, en faire un abrégé sur le site dans la rubrique «qui sommes-nous?». Contacté, Michel Fichant, qui est d accord pour traiter la question du programme. Ceci fera l objet d une publication électronique et papier (gratuite pour les stagiaires). Frédéric Dupin est d accord pour traiter de la question : comment mettre les élèves au travail? On pourrait citer des extraits de copies d élèves pour les commenter et montrer que ce que l on entend par dissertation n est pas l exercice sclérosé et formalisé que croient nos adversaires ; republier aussi l excellent article d Alain Champseix sur l autorité. Nicolas Franck propose également la création d une rubrique «pédagogie» et/ou «didactique» sur le site pour proposer des exemples de cours ou d analyses à nos jeunes collègues. En puisant dans la revue dans un premier temps, en s adressant à nos collègues les plus chevronnés, ensuite. On pourrait aussi mettre en avant les articles de la revue qui correspondent au thème et/ou auteurs de l année pour les différents concours (recrutement et grandes écoles). Sur ce point, il faudrait pour cela, propose Patricia Verdeau, s adosser en tant qu association à une maison d édition. Nicolas Franck évoque son rendez-vous avec le PDG d Albin Michel, qui s est certes soldé par un échec, mais qui montre la crédibilité du projet (chaque volume de la collection projeté étant estimé à 2 000 exemplaires). 1. M me Szpirglas et M. Le Coquil, IPR, ont depuis informé les professeurs de Versailles et d Orléans-Tours.
86 BUREAU NATIONAL DU 8 FÉVRIER 2014 Simon Perrier intervient alors pour faire le compte rendu de l audience au ministère le 6 février 2014 concernant le rétablissement des heures dédoublées en séries technologiques. Tout d abord il faut remarquer un point essentiel : c est l ensemble de la profession qui était représentée dans cette importante délégation tant sur le plan associatif que syndical (APPEP, ACIREPh, SO.P.PHI, SNES, SNALC, SUD, CGT, SNFOLC) ; en soi une telle unité est déjà une réussite ; de plus le front commun a été sans failles face aux tentatives de diversion du ministère qui aurait souhaité que d autres sujets soient abordés ; ainsi la délégation a refusé d aborder la question de l expérimentation en Première et Seconde ou la réforme des épreuves en classes technologiques, non qu elle les refuse nécessairement, mais parce qu elle juge le problème des dédoublements incomparable et condition première d une démocratisation. Devant des interlocuteurs certes soucieux de «notre ressenti», mais peu au fait de la réalité de la situation et des démarches déjà engagées depuis plusieurs années, et sans réel pouvoir de décision, la délégation a rappelé le courrier de M. Pichard, chef de cabinet du ministre adressé à l APPEP et demandant à la DGESCO de trouver «une solution» à la question exprimée de manière forte, réitérée et unanime d une réponse rapide. Demande a donc été faite d un retour des dédoublements et que d ici leur rétablissement une recommandation soit faite auprès des chefs d établissements d être particulièrement attentifs à la mise en œuvre des dispositions qui les rendraient actuellement possibles. Sur ce point, Marie Perret fait observer que certains proviseurs sont tentés d utiliser le volant d heures à effectif réduit mis à leur disposition pour les classes technologiques comme variable d ajustement horaire dans d autres séries. Enfin a été abordée la question des ÉSPÉ et des masters d enseignement. Sur cette question Jean-Pierre Carlet a voulu souligner la nouveauté de la situation à partir de septembre 2014 : les lauréats des concours, titulaires d un master recherche auront un service à temps complet et non un service allégé de «stagiaire», réservé à ceux qui se trouvent en deuxième année du master enseignement. Ces professeurs à temps complet qui, n ayant jamais auparavant exercé de responsabilité d enseignement, néanmoins titulaires d un concours et du master recherche, mais n ayant pas le statut d étudiant-stagiaire conféré par le master 2 enseignement, pourront-ils bénéficier d un accompagnement pédagogique? Par ailleurs, Stéphane Clerjaud nous apprend que l ÉSPÉ de Strasbourg compte imposer une évaluation «finale» du travail des étudiants qui serait prise en charge par un jury nondisciplinaire ; ce qui pourrait se traduire par des formes de péréquation harmonisant artificiellement les résultats entre les disciplines et donc conduire à une soumission du travail des étudiants à des critères étrangers aux exigences philosophiques. L ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 17 heures. L enseignement philosophique 64 année Numéro 3
BUREAU NATIONAL DU 8 FÉVRIER 2014 87 COMMUNIQUÉ Une délégation, composée de représentants des associations professionnelles ACIREPh, APPEP et SOP.P.PHI et des organisations syndicales CGT Educ action, SNALC, SNES-FSU, SN-FO-LC et SUD Éducation, a été reçue le 6 février 2014 par des représentants du cabinet du ministre et de la direction générale de l enseignement scolaire au ministère de l Éducation nationale. La délégation a exigé une nouvelle fois le rétablissement du dédoublement d une heure en philosophie (dans le cadre d un horaire national) dans toutes les séries technologiques et dans tous les établissements. Le ministère a dit «comprendre le ressenti et les difficultés» qui existent à enseigner sans dédoublement la philosophie en série technologique. Le ministère face à l unité et à la détermination des associations professionnelles et des organisations syndicales s est engagé à donner une réponse dans un délai rapide. Les organisations syndicales et associations professionnelles ACIREPh, APPEP, SOP.P.PHI, CGT Educ action, SNALC, SNES-FSU, SN-FO-LC et SUD Éducation seront très vigilantes quant au respect de cet engagement. Paris le 6 février 2014