VACCINATIONS DES AGENTS DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE

Documents pareils
LA VACCINATION PROFESSIONNELLE

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

Les vaccinations en milieu professionnel

Vaccinations et milieu professionnel

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Infection par le VIH/sida et travail

B MIS À JOUR EN MARS 2013

Hépatite. ses causes ses conséquences sa prévention

INFORMATIONS pour le médecin qui contrôle et complète le formulaire

Prévenir... par la vaccination

Chapitre III Le phénotype immunitaire au cours de la vie

Protégeons-nous ensemble!

Vaccination des voyageurs dont la sérologie VIH est positive.

SANTE AU TRAVAIL DANS LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE


Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

Chapitre 4 : cohabiter avec les micro-organismes. Contrat-élève 3 ème

+ Questions et réponses

La vaccination, une bonne protection

Savez-vous ce qu'est exactement un vaccin à part un produit qu'on injecte et qui protège contre une maladie?

Guide des vaccinations Édition Direction générale de la santé Comité technique des vaccinations

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

cdg68@calixo.net -

Vaccination contre la grippe saisonnière

Le VIH et votre foie

Gestion de la crise sanitaire grippe A

Évolution des pratiques vaccinales : 3. vaccination après la grossesse

Nathalie Colin de Verdière Centre de vaccinations internationales Hôpital Saint-Louis

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

Rougeole, Oreillons Rubéole et Coqueluche

Mme BORGHI Monique Infirmière ETP Mme ALEXIS Françoise Hopital Archet I Infectiologie/Virologie Clinique

Parasites externes du chat et du chien

Signalement et gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et des gastroentérites aiguës (GEA) 19 juin 2014

Don de moelle osseuse. pour. la vie. Agence relevant du ministère de la santé. Agence relevant du ministère de la santé

Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer

Diabète de type 1 de l enfant et de l adolescent

Le don de moelle osseuse

Comment ça va? Quand ça ne va pas. 4 comment ça va?

Maladies neuromusculaires

Chapitre VI : Gestion des risques épidémiques

Le VIH-sida, qu est-ce que c est?

Mise en place de référents grippe au sein d un centre hospitalier

Vaccination et tuberculose en Gériatrie. Unité de Prévention et de Dépistage: Centre de vaccination et centre de lutte anti tuberculeuse CH Montauban

SANTÉ ET PRÉVOYANCE DES AGENTS TERRITORIAUX

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

PARTAGER NOTRE PASSION. Livret de présentation de la vaccination et de nos vaccins

Devenir des soignants non-répondeurs à la vaccination anti-vhb. Dominique Abiteboul - GERES Jean-François Gehanno Michel Branger

Du 20 au 27 avril 2013 Semaine européenne de la vaccination

Les enfants non vaccinés sont en bonne santé!

Conduite à tenir devant une morsure de chien (213b) Professeur Jacques LEBEAU Novembre 2003 (Mise à jour mars 2005)

assurance collective Denis Gobeille, M.Sc. R.I., CRHA Conseiller en assurance collective

TEST DE DÉPISTAGE DE L IMMUNITÉ CONTRE LE

Fiche 6 Le cas des accidents de service, des maladies professionnelles et des maladies contractées dans l exercice des fonctions.

Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2015 PROTÉGEONS-NOUS, VACCINONS-NOUS.

Hépatite B. Le virus Structure et caractéristiques 07/02/2013

Sommaire de la séquence 7

LES ACCIDENTS D EXPOSITION AU RISQUE VIRAL Prise en charge & Prévention

CONSEILS AUX VOYAGEURS

LA PERITONITE INFECTIEUSE FELINE

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

LE GRAND LIVRE Du. Pr Jean-Jacques Altman Dr Roxane Ducloux Dr Laurence Lévy-Dutel. Prévenir les complications. et surveiller la maladie

Hépatite C une maladie silencieuse..

Les parasites externes du chien

Vaccinations pour les professionnels : actualités

Questionnaire santé et soins médicaux pour les moins de 16 ans

Droits des patients et indemnisation des accidents médicaux

Droits des patients et indemnisation des accidents médicaux

Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière. Une priorité de santé publique

Le don de moelle osseuse :

Le Livre des Infections Sexuellement Transmissibles

TEST DE DÉTECTION DE LA PRODUCTION D INTERFÉRON γ POUR LE DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TUBERCULEUSES

L APS ET LE DIABETE. Le diabète se caractérise par un taux de glucose ( sucre ) trop élevé dans le sang : c est l hyperglycémie.

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

La prise en charge de votre cardiopathie valvulaire

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

REHABILITATION DE LA FRICHE INDUSTRIELLE DE L ESTAQUE. Surveillance médico-professionnelle des entreprises intervenantes

IFAP ROCKEFELLER 4 avenue Rockefeller LYON CEDEX 08

Stelara (ustekinumab)

Les maladies ou infections sexuellement transmissibles (MST)

Références et partenaires :

Item 127 : Transplantation d'organes

Coris Groupe APRIL. Association d assurance SARL Membre de la KD Groupe. Seule la version Française est juridiquement contraignante

LES AIDES DU FONDS POUR L INSERTION DES PERSONNES HANDICAPEES DANS LA FONCTION PUBLIQUE (FIPHFP)

QU EST-CE QUE LA TUBERCULOSE?

LE COMPTE EPARGNE-TEMPS

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

Etablissement Français du Sang

Quelles sont les maladies hautement contagieuses susceptibles d être hospitalisées en réanimation en France?

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

1 ère manche Questions fermées

Tuberculose bovine. Situation actuelle

Formation d Auxiliaire ambulancier

Etes-vous vacciné? La rougeole oblige à rester à la maison.

Exposé sur la Transfusion Sanguine

Nous avons tous un don qui peut sauver une vie. D e v e n i r. donneur de moelle. osseuse

C. difficile. Réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le. à l Hôpital général juif HÔPITAL GÉNÉRAL JUIF SIR MORTIMER B.

QUESTIONS FREQUEMMENT POSEES AUX EXPERTS DU SERVICE TELEPHONE VERT SIDA ( ) ISTITUTO SUPERIORE DI SANITA

Transcription:

Circulaire n 43/2008 Cl. C 44 Colmar, le 3 novembre 2008 Màj. septembre 2013 C E N T R E d e G E S T I O N d u H A U T - R H I N F O N C T I O N P U B L I Q U E T E R R I T O R I A L E 2 2, rue Wi l s o n - 6 8 0 2 7 C OLMAR CEDEX 03 89 20 36 00-03 89 20 36 29 - cdg68@calixo.net - www.cdg68.fr VACCINATIONS DES AGENTS DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE En France, les vaccinations obligatoires et recommandées sont établies par un calendrier vaccinal, mis à jour annuellement, par le Comité technique des vaccinations, sur avis du Haut Conseil de la santé publique. Dans la Fonction Publique Territoriale, seules les professions en contact avec les enfants, les agents travaillant dans les établissements de soins et les sapeurs-pompiers sont soumis à une obligation vaccinale. Les autres (agents techniques, agents d entretien, policiers, etc.) ne sont soumis à aucune obligation vaccinale. Mais des vaccinations peuvent être jugées indispensables par le médecin de prévention après une étude du poste de travail et après évaluation des risques professionnels par l administration. LA VACCINATION : UN ACTE DE PRÉVENTION La vaccination doit faire partie d'une démarche globale de prévention. Elle doit intervenir après qu'aient été effectuées : - l'analyse du risque et son évaluation, - l'information des agents quant à ce risque et aux moyens de s'en prémunir, - la mise en place une protection collective efficace. La vaccination contre une maladie permet d induire une réaction immunitaire contre l agent infectieux de cette maladie sans la contracter. La vaccination reste un des meilleurs outils de prévention des maladies infectieuses et de protection individuelle des agents face à certains risques biologiques. À ce titre, elle doit être proposée chaque fois que la protection technique collective ne permet pas de circonscrire le risque ou que son efficacité permet d'améliorer le niveau de protection. Le fait qu un vaccin soit recommandé et non obligatoire n enlève rien à la qualité de ce vaccin, ni à son caractère indispensable pour une bonne prévention des maladies infectieuses de la population. Le refus d une vaccination à un poste à risque peut être la cause d une restriction d aptitude à ce poste de travail. LE RÔLE DU SERVICE DE MÉDECINE PRÉVENTIVE Le médecin de prévention, après avoir participé à l'évaluation des risques et conseillé sur les moyens de prévention, se doit de donner une information claire et précise à l'employeur, aux agents exposés et aux représentants du personnel, sur les avantages et les risques éventuels de chaque vaccination. Le médecin de prévention peut pratiquer lui-même, sous certaines conditions, ces vaccinations. L agent conserve, dans tous les cas, le libre choix du médecin vaccinateur. Aucune vaccination ne peut être pratiquée sans l accord explicite de l agent. Lorsque les vaccinations sont pratiquées par le médecin de prévention, ce dernier doit avoir obtenu l'accord de principe préalable de l employeur, ceci afin d'éviter un litige ultérieur en cas d'accident post-vaccinal, lequel pourrait être éventuellement considéré, hors du cadre des dispositions relevant de l'application de l'article L 3111-4 ou de l'article L 3112-1 du Code de santé publique (l'état est responsable des accidents liés directement aux vaccinations obligatoires), comme un accident de travail.

LE RÔLE DE LA COLLECTIVITÉ C'est l'employeur qui, lorsqu une vaccination est obligatoire, a vocation à vérifier la preuve vaccinale, le médecin de prévention n'agissant éventuellement que par délégation de l'employeur. Cette délégation portant sur l'acte de vaccination et non sur l'état immunitaire, le médecin de prévention constatera donc que l agent répond ou ne répond pas aux obligations légales de vaccination. Cette réponse à une obligation réglementaire peut être différente de l'avis d'aptitude médicale prononcé par le médecin de prévention. L'avis d'aptitude déterminé par le médecin de prévention prend en compte l'importance du risque, les moyens de prévention collective et individuelle mis en place, l'état de santé de l agent, son état immunitaire. LA PRISE EN CHARGE Même si certains vaccins sont remboursés par la sécurité sociale (DTP, HB) et d autres non, la prise en charge devrait être faite par l employeur dès lors que les vaccinations ont un lien direct avec l'exposition professionnelle. La vaccination est un acte individuel et peut être acceptée ou refusée par l agent à qui elle est proposée. Toutefois, en cas de refus et s il y a exposition professionnelle au risque, l agent pourrait avoir une restriction d aptitude au poste de travail. LE TÉTANOS Le tétanos est une infection aigüe, grave et potentiellement mortelle, due à une toxine produite par le bacille tétanique. Son éradication est impossible. Le bacille pénètre dans l organisme via une plaie. Il produit alors une toxine qui va paralyser le système nerveux. - 3 injections à 1 mois d intervalle ; - rappel à 1 an puis tous les 5 ans jusqu à 18 ans, puis tous les 10 ans toute la vie. Il n y a aucune contre-indication à cette vaccination. L a v a c c i n a t i o n e s t o b l i g a t o i r e : - pour les sapeurs-pompiers LA POLIOMYÉLITE C est un virus humain se transmettant par contact direct ou indirect (objets souillés) avec les selles ou les sécrétions pharyngées d une personne infectée. Le virus attaque le système neuromusculaire entraînant une paralysie localisée ou généralisée. Il peut être mortel ou laisser un lourd handicap. - 3 injections à 1 mois d intervalle ; - rappel à 1 an puis tous les 5 ans jusqu à 18 ans puis tous les 10 ans toute la vie.

L a v a c c i n a t i o n e s t o b l i g a t o i r e : - pour les sapeurs-pompiers LA DIPHTÉRIE La diphtérie est une maladie touchant les voies respiratoires. Elle ressemble à une angine qui peut obstruer le larynx, «le croup». - 3 injections à 1 mois d intervalle, - rappel à 1 an puis tous les 5 ans jusqu à 18 ans puis tous les 10 ans toute la vie. La v a c c i n a t i o n e s t o b l i g a t o i r e : - pour les sapeurs-pompiers... P o u r c e s t r o i s m a l a d i e s, l e s v a c c i n s à u t i l i s e r s o n t l e s s u i v a n t s : - REVAXIS pour les adultes ; - DTP pour les enfants ; - REPEVAX pour les adultes si on associe la vaccination contre la coqueluche. L'HÉPATITE B L'hépatite B est une hépatite virale due à une infection par le virus de l'hépatite B (VHB) et entraînant une inflammation du foie. La transmission de ce virus humain se fait par contact avec le sang (ou produits/objets souillés par le sang) et par voie sexuelle. Le mode de transmission est inconnu dans 30 % des cas. Cette vaccination a suscité une polémique non fondée scientifiquement qui la mettait en cause dans le développement de maladies neurologiques et auto-immunes. Aucune publication scientifique sérieuse n a pu prouver cette relation. Toute autre allégation n est pas fondée scientifiquement. L a v a c c i n a t i o n e s t o b l i g a t o i r e : - pour toute personne qui, dans un établissement privé ou public de prévention de soins ou hébergeant des personnes âgées, exerce une activité professionnelle l exposant à des risques de contamination (par exemple : agent des crèches, hôpitaux, maison de retraite, enfants d âge préscolaire, ) ; - pour les sapeurs-pompiers ; - et autres Elle est conseillée pour les policiers, les agents ramassant les ordures, ceux travaillant dans des stations d épuration, les femmes de ménage. - 2 injections à 1 mois d intervalle, - 1 rappel à 6 mois.

La vaccination est efficace dans 90 % des cas. Pour les personnes de plus de 25 ans, il est recommandé de vérifier le taux d anticorps 5 ans après et de faire un éventuel rappel. Pour les moins de 25 ans, il n y a pas besoin de rappel, la protection est à vie. L HÉPATITE A Le virus se transmet par voie alimentaire d aliments souillés par les selles ou l urine humaine mais aussi lors de la manipulation de déchets contaminés, si on ne se lave pas les mains. Dans 0,2 à 0,4 % des cas, il peut exister une hépatite fulminante qui nécessite une greffe du foie pour rester en vie. Dans 80 % des cas, elle se manifeste par un ictère (jaunisse). La convalescence peut durer plusieurs mois. - 2 injections entre 6 mois et 1 an, - rappel tous les 10 ans. La vaccination est conseillée chez les agents ramassant des ordures, ceux travaillant dans les stations d épuration mais aussi les personnels migrants, le personnel réalisant des soins aux personnes (crèches, maisons de retraite), les femmes de ménage lors des travaux de nettoyage des toilettes. Son efficacité est de 98 à 100 %. Il n existe aucune polémique ni rumeur à son sujet et quasiment aucun effet secondaire majeur. LA LEPTOSPIROSE C est une maladie d origine animale transmise à l homme par contact cutané ou muqueux avec des animaux infectés, dans un environnement humide ou une eau douce souillée par des urines d animaux excréteurs (rongeurs). La forme grave de la maladie (leptospirose ictéro-hémorragiques) se caractérise par un syndrome pseudo grippal avec hémorragie, méningite mais aussi atteintes du foie et des reins. A côté de cette forme majeure, il peut exister des formes moins graves. La létalité varie entre 2 et 10 %. Les personnels exposés dans les collectivités sont : ceux ramassant les ordures souillées par les rongeurs, les agents des stations d épuration, les activités de curage, nettoyages des rivières et autres étendues d eau. - 2 injections à 15 jours d'intervalle, - 1 rappel à 6 mois et tous les deux ans. LA RUBÉOLE Cette maladie, contractée par une femme enceinte peut donner des malformations fœtales irréversibles. Toute femme en âge de procréer au contact du risque (agent des écoles, hospitaliers) doit avoir des anticorps contre cette maladie (après vaccination ou la maladie). La vaccination contient un virus vivant atténué et doit être réalisée sous contraception efficace. - Pour la vaccination d un adulte : 1 injection unique.

LA TYPHOÏDE C est une maladie bactérienne d origine humaine transmise par les selles ou objets souillés. Elle donne une fièvre avec troubles digestifs et peut se compliquer de troubles neurologiques, cardiaques. La vaccination est recommandée pour les personnes travaillant au contact des égouts et des ordures. - 1 injection tous les trois ans. L'ENCÉPHALITE À TIQUES C est une maladie virale transmise par les tiques, qui n est pas la maladie de Lyme (maladie bactérienne n ayant pas de vaccin). Elle donne de la fièvre, des troubles neurologiques. La vaccination est recommandée pour le personnel travaillant souvent en forêt. - 2 injections à 1 mois d'intervalle, - un rappel à six mois puis tous les trois ans. AUTRES VACCINATIONS - Méningite à Méningocoque A et C : en cas d épidémie. - Grippe : elle peut être proposée à toute personne, quel que soit son âge. Elle ne protège que contre la grippe et non pas les syndromes pseudo-grippaux (rhumes, rhinites, angines). Le service «Prévention des risques professionnels» se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Signé Le Président du Comité technique paritaire, Président du Centre de gestion FPT du Haut-Rhin Sources : - Lettre circulaire MS/EG n o 0097 du 26 avril 1998 relative à la pratique des vaccinations en milieu de travail par les médecins du travail. - Dr Sylvain PEREAUX Médecin du travail S.I.S.T. de Colmar et sa Région.