Patients porteurs de BMR en EHPAD



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Transcription:

Patients porteurs de BMR en EHPAD Formation hygiène en Gériatrie ARLIN Lorraine arlin@chu-nancy.fr

La colonisation par les BMR (bactéries multirésistantes aux antibiotiques) Simple portage Aucun symptôme d infection Mais risques: pour la collectivité (diffusion du microorganisme) pour le patient si microorganisme en en situation de pathogénicité Microorganismes les plus fréquents: -S. aureus résistant à la méticilline (SARM) -Entérobactéries secrétant une béta-lactamase à spectre étendu (EBLSE) -ERG (Entérocoque résistant aux Glycopeptide

Risques liés à la présence de BMR en EHPAD Risques: pour la collectivité (diffusion du microorganisme) pour le patient si microorganisme est en situation de pathogénicité

Risque de dissémination Portage sain : colonisation (présence) d un site anatomique, sans signe clinique d infectiond Présence au niveau d un site anatomique lésé ou infecté, correctement isolé de l environnement Le risque de dissémination est très bas. Patient infecté symptomatique avec site difficile à isoler (exs : diarrhée à BMR, Pneumopathie à SARM ) Le risque de dissémination peut être élevé

Mesures si le risque de dissémination reste faible Le résident peut quitter sa chambre Vêtements non souillés Le résident peut se rendre dans les lieux de vie en collectivité Ses mains sont désinfectées (lavage, SHA) Avant de manger Avant toute activité collective Avant de quitter sa chambre Provisoirement, il ne côtoiera pas un résident sous antibiotiques

Mesures si le risque de dissémination reste faible La signalisation sur la porte Un plus Mais à proscrire si mal vécue Évaluer : la nécessité de sa mise en place les alternatives à l information des professionnels extérieurs à l établissement (ambulanciers, visites, ) Sont indispensables: La signalisation dans le dossier, sur le planning mural infirmier La transmission d information Le respect absolue des précautions standard lors des soins et examens (FHA, gants, tablier à UU ) La désinfection +++ de l environnement du résident

Isolement géographique = Contraintes Psychologiques quantitative et qualitative des contacts sociaux : personnel soignant famille autres pensionnaires Dépersonnalisation de l acte de soins Une situation iatrogène en puissance incompréhension, plaintes, tristesse, colère dépression glissement perte d autonomie Qualité de vie?

Stratégie pour la maîtrise de la diffusion des BMR en LS/Ehpad Equilibre précaire Optimiser les précautions «standard» Repenser Isoler le germe concept et non d isolement patient

Mesures si le risque de dissémination augmente (en général de façon momentanée) : Précautions complémentaires CONTACT Chambre seule indispensable ou hospitalisation Éviter l utilisation des sanitaires collectifs, sinon bio nettoyage immédiatement après Limiter autant que possible ses déplacements Restreindre l accès aux lieux de vie en collectivité En cas d impossibilité : Vêtements non souillés Ses mains sont désinfectées (lavage, SHA) Avant de manger Avant de quitter sa chambre Lors de tout contact direct avec le résident ou son environnement proche (lit ) porter tablier à UU, gants (si ERG, Clostridium)

Mesures si le risque de dissémination augmente (en général de façon momentanée) : GOUTELETTES Précautions complémentaires Port de masque de type chirurgical (2R) en cas de contact directe avec le patient Si le résident sort de sa chambre, si possibilité, lui faire porter un masque Sans oublier les mesures de type contact

La cas du patient déambulant Le massage des mains du résident par tout soignant* est réalisé «sans compter», lors de chaque rencontre. Avec une dose de SHA!!! Le flacon de SHA est en permanence dans la poche des soignants!!! * Soignants = médecin, IDE, AS, AMP,psy, stagiaires,