Rapport. Sur la campagne d échantillonnage. De l eau des lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez. Juillet et août 2005



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Rapport Sur la campagne d échantillonnage De l eau des lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez Juillet et août 2005 On n'hérite pas la terre de ses ancêtres, on l'emprunte à ses enfants Antoine de Saint-Exupery Marie-Pierre Thibeault M. Env. Préposée à l environnement

Table des matières INTRODUCTION... 3 1. CONTEXTE... 4 1.1 LE NIVEAU TROPHIQUE D UN LAC... 4 1.1.1 Lac oligotrophe... 4 1.1.2 Lac eutrophe... 4 1.1.3 Lac mésotrophe... 5 2. MÉTHODOLOGIE... 6 3. RÉSULTATS... 7 3.1 RÉSULTATS POUR L AZOTE TOTAL... 7 3.2 RÉSULTATS POUR LE PHOSPHORE TOTAL... 8 3.3 RÉSULTATS POUR LES COLIFORMES FÉCAUX... 9 3.4 RÉSULTATS POUR LE PH... 10 3.5 RÉSULTATS POUR LA TURBIDITÉ... 11 3.6 SYNTHÈSE DES RÉSULTATS... 12 4. CONTRÔLE DE QUALITÉ... 15 5. DISCUSSION... 16 5.1 LACS OLIGOTROPHES... 16 5.2 LACS MÉSOTROPHES... 16 5.3 LAC EUTROPHE... 17 6. RECOMMANDATIONS... 19 ANNEXE 1 : DONNÉES BRUTES..21 ANNEXE 2 : CARTE DES STATIONS... 24 Liste des tableaux et des graphiques Tableau 1.1 : État trophique d un lac... 5 Tableau 3.1 : Moyennes des paramètres mesurés dans les lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez... 13 Graphique 3.1 : Concentrations moyennes en azote total obtenues dans les différents lacs... 8 Graphique 3.2 : Concentrations moyennes en phosphore total obtenues dans les différents lacs... 9 Graphique 3.3 : Concentrations moyennes en coliformes fécaux dans les différents lacs... 10 Graphique 3.4 : Évaluation du ph de l'eau dans les différents lacs... 11 Graphique 3.5 : Évaluation de la transparence de l eau, en mètre, à l aide du disque de Secchi dans chacun des lacs.12 2

INTRODUCTION Durant les dernières décennies, nos bords de lacs ont subi un déboisement excessif et une détérioration de leurs caractéristiques naturelles, entraînant l eutrophisation accélérée de nos plans d eau. L organisation de coopération et de développement économique, l OCDE définit l eutrophisation comme suit : «L enrichissement des eaux en matière nutritive qui entraîne une série de changements symptomatiques tels que l accroissement de la production des algues et de macrophytes, la dégradation de la qualité de l eau et autres changements symptomatiques considérés comme indésirables et néfastes aux divers usages de l eau. Dans un processus naturel cette transformation s opère sur une période qui couvre plusieurs centaines d années.» De façon naturelle, le processus d eutrophisation diffère d un lac à l autre. En effet, le vieillissement d un lac dépend des caractéristiques de son bassin versant comme la végétation, le peuplement forestier, la pente, la composition géologique, la surface drainée, le climat, les précipitations, les vents et les sources phréatiques. Tous ces facteurs interviennent sur l approvisionnement en matières azotées et phosphorées qui serviront de nutriments au plancton et aux diverses espèces de plantes aquatiques. Les nutriments sont nécessaires pour l écosystème aquatique, puisqu ils supportent la croissance des plantes et le reste de la chaîne alimentaire. Par contre, une disponibilité excessive de nutriments cause des problèmes d eutrophisation, notamment une réduction de la clarté de l eau, une diminution des concentrations d oxygène dissous dans l eau. De plus, les conditions pour la baignade deviennent désagréables et les embarcations ont des difficultés à circuler. Afin de connaître la santé des lacs de la municipalité de Saint-Alphonse-Rodriguez, une campagne d échantillonnage de l eau a été entreprise pendant les mois de juillet et août 2005. L objectif de cette campagne est principalement d accroître les connaissances de base sur la qualité de l eau de 21 lacs. Pour atteindre cet objectif, des données physico-chimiques, telles l azote total, le phosphore total, les coliformes fécaux et le ph ont été récoltés à différentes stations de mesure situées sur les lacs. De plus, la mesure de la transparence de l eau et de la température ont été notées. Ce document présente en premier lieu une mise en contexte sur l état trophique d un lac. En deuxième lieu, on retrouve la méthodologie qui a été suivie pour récolter les échantillons. Ensuite, les résultats sont présentés, sous forme de tableaux et d histogrammes qui résument les résultats obtenus et permettent de comparer les valeurs entre les lacs. Enfin, une discussion et des recommandations complètent ce document. 3

1. Contexte Les nutriments sont nécessaires pour l écosystème aquatique, puisqu ils supportent la croissance des plantes et le reste de la chaîne alimentaire. Par contre, une disponibilité excessive de nutriments, causée entre autres par l activité humaine, entraîne un changement de l état trophique d un lac. L état trophique réfère au niveau global de nutriments supportant la croissance des plantes et des algues (production primaire) dans le système, ainsi que la relation entre la production primaire et la croissance animale (production secondaire). 1.1 Le niveau trophique d un lac Les lacs se classent dans l un ou l autre des trois niveaux trophiques suivants : - Oligotrophe - Eutrophe - Mésotrophe 1.1.1 Lac oligotrophe Un lac oligotrophe est un lac que l on dit jeune et peu enrichi. Ces lacs sont plutôt profonds, les eaux y sont claires, offrant une transparence de plus de 4 mètres en été, des niveaux de phosphore de moins de 0,01 mg/l. La croissance végétale se situe à différentes profondeurs et non uniquement près de la surface. On y trouve donc une eau de bonne qualité, généralement peu de plantes aquatiques nuisibles et pas de problèmes d algues microscopiques. L été, ces lacs ont des teneurs en oxygène dissous élevées en profondeur, là où l eau reste froide au grand bonheur des truites, corégones et autres espèces appréciées des pêcheurs. La présence d oxygène dans la couche profonde du lac fait en sorte que la matière organique biodégradable (algues mortes), qui est produite dans la couche de surface, ne s accumule pas en profondeur, parce qu elle peut y être recyclée par les bactéries. 1.1.2 Lac eutrophe En règle générale, les lacs eutrophes sont peu profonds, présentent une eau chaude, trouble et de faible transparence. La teneur en oxygène dissous tend à diminuer en profondeur, rendant le milieu peu hospitalier pour des poissons comme la truite. Les espèces dominantes seront des espèces 4

d eau chaude comme l achigan, la carpe et la barbotte plus tolérantes aux températures plus chaudes et à une eau moins bien oxygénée. La grande capacité des lacs eutrophes à produire des algues et des plantes aquatiques, combinée à l absence d oxygène dans leur couche profonde, fait en sorte que cette matière organique produite en abondance dépasse largement la capacité d autoépuration de ces lacs. L incapacité du lac à recycler ou à assimiler cette matière biodégradable résulte en une accumulation de débris au fond du lac ce qui réduit encore plus ses réserves d oxygène. 1.1.3 Lac mésotrophe Les lacs mésotrophes pour leur part occupent une place intermédiaire entre les deux extrêmes décrits précédemment. Cette catégorie englobe tous les lacs dont les teneurs en matières nutritives, la profondeur, la transparence et l oxygène dissous se situent entre celles des lacs oligotrophes et des lacs eutrophes (phosphore entre 0,01 et 0,02 mg/l, transparence entre 2 et 4 mètres). La perchaude est une espèce caractéristique des lacs mésotrophes, comme beaucoup d autres espèces d ailleurs. En guise de synthèse, voici un tableau qui résume les caractéristiques chimiques et physiques selon le niveau trophique. Tableau 1.1 : État trophique d un lac État trophique Azote total (mg/l) Phosphore total (mg/l) Profondeur avec disque de Secchi (m) Oligotrophe < 0,35 < 0,01 > 4 Mésotrophe 0,35 0,65 0,01 0,02 2-4 Eutrophe 0,65 1,20 0,02 0,10 1-2 5

2. Méthodologie La collecte des données sur le terrain s est faite du 21 juillet 2005 au 9 août 2005. Au total, ce sont 21 lacs qui ont été visités pour connaître leur qualité. Des données concernant l azote total, le phosphore total, les coliformes fécaux et de ph ont été recueillies. Des mesures sur la turbidité et la température de l eau ont également été prises. Ces analyses ont été faites en prélevant des échantillons d eau dans des bouteilles spécifiques, aux stations déterminées. Voir carte des stations. Pour chaque analyse, on a descendu une bouteille jusqu à une profondeur de 30 cm, en prenant bien soin de ne pas toucher le fond, et on a remonté la bouteille rapidement jusqu à la surface, afin d obtenir un échantillon représentatif de la colonne d eau. Tous les prélèvements ont été conservés à 4 C pour ensuite être acheminés dans les 6 heures dans un laboratoire accrédité. En ce qui a trait à la mesure de la turbidité, un disque de Secchi a été utilisé. Ce disque, d un diamètre de 30 cm, est divisé en quatre pointes : deux noires et deux blanches. Le disque suspendu à une corde graduée permet de mesurer à partir de la surface la longueur de fil à laquelle le disque disparaît de la vue, ce qui correspond à la transparence des eaux. La température de l eau a été prise aux différentes stations à l aide d un thermomètre que l on a immergé pendant la lecture afin d éviter l influence de la température ambiante. Ce sont ainsi 62 emplacements dans 21 lacs qui ont été testés pour leur qualité. Soulignons en terminant que les conditions météo pendant l échantillonnage ont été excellentes, puisqu il n y a pas eu de précipitations importantes. Entre le 21 juillet et le 9 août, on a mesuré un total de 48,2 mm de précipitations. 6

3. Résultats L objectif de la campagne est d accroître les connaissances de base sur la qualité de l eau de 21 lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez. Pour atteindre cet objectif, plusieurs paramètres physico-chimiques ont été mesurés. Les sections suivantes présentent donc les résultats obtenus pour chacun des paramètres. Ces résultats présentés sous forme d histogrammes permettent de comparer les valeurs obtenues entre les lacs. De plus, ces graphiques permettent d évaluer le niveau trophique d un lac, un paramètre à la fois. Il est toutefois important de souligner que l estimation de la cote trophique doit prendre en considération les résultats obtenus pour l ensemble des paramètres. L analyse de la cote finale est faite en section 3.6 de ce document. 3.1 Résultats pour l azote total L azote total représente la somme de l azote présent sous toutes ses formes. L'azote et ses composés sont très communs dans la biosphère. La plupart des végétaux et des animaux, ainsi que les matières organiques en décomposition, contiennent des composés azotés. L'azote peut se présenter sous un certain nombre de formes chimiques importantes telles que : l'azote organique, l'azote ammoniacal, les nitrates et les nitrites. Toutes ces formes se retrouvent en quantité plus ou moins importante dans les effluents industriels et municipaux ainsi que dans les eaux de ruissellement des terres agricoles. Voir résultats au graphique 3.1 de la page suivante. 7

0,9 0,6 0,3 0 Long Pins Rouge Français Joly Pinatel Dontigny Bleu Cloutier Louise Patrick Stevens Pierre Vert Fromentière Loyer Marchand Bastien Lachapelle Lucien Isabelle Azote total (mg N/L) Graphique 3.1 : Concentrations moyennes en azote total obtenues dans les différents lacs Les lacs ayant des concentrations d azote total supérieures à 0,65 mg/l sont qualifiés de lacs eutrophes, comme le lac Isabelle. Les lacs mésotrophes sont caractérisés par des concentrations d azote variant entre 0,35 et 0,65 mg/l, tel le lac Louise. Les lacs peu enrichis ou dit oligotrophes ont des concentrations inférieures à 0,35 mg/l, comme le lac Cloutier. 3.2 Résultats pour le phosphore total Tant dans les eaux de surface que dans les eaux usées, le phosphore se retrouve principalement sous la forme de phosphates. Il est dissous ou associé à des particules. Le phosphore présent dans les eaux de surface provient principalement des effluents municipaux, du lessivage et du ruissellement des terres. Le phosphore est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes. Toutefois, au-dessus d une certaine concentration et lorsque les conditions sont favorables (faible courant, transparence adéquate, etc.), il peut provoquer une croissance excessive d algues et de plantes aquatiques. Voir résultats au graphique 3.2 de la page suivante. 8

Max = 0.1 mg/l Phosphore total (mg P/L) 0.07 0.06 0.05 0.04 0.03 0.02 0.01 0 Français Bastien Long Loyer Vert Pins Joly Lachapelle Lucien Marchand Patrick Stevens Isabelle Pinatel Rouge Dontigny Pierre Louise Fromentière Bleu Cloutier Graphique 3.2 : Concentrations moyennes en phosphore total obtenues dans les différents lacs Les lacs ayant des concentrations de phosphore supérieures à 0,02 mg/l, comme le lac Rouge sont qualifiés de lacs eutrophes. Les lacs mésotrophes sont caractérisés par des concentrations de phosphore variant entre 0,01 et 0,02 mg/l, comme le lac Stevens. Les lacs peu enrichis ou dit oligotrophes ont des concentrations inférieures à 0,01 mg/l. De plus, le critère de protection de la vie aquatique pour le phosphore est de 0,03 mg/l. Ce critère vise à limiter la croissance excessive d algues et de plantes aquatiques dans les milieux aquatiques. Ainsi, pour limiter les effets chroniques de l eutrophisation, les concentrations de phosphore doivent se situer en dessous de cette valeur. Le phosphore est l élément clé permettant de déterminer l enrichissement d un lac, puisqu il est l élément limitant la croissance des plantes et des algues dans la nature. Dans des conditions naturelles, la disponibilité du phosphore est limitée, ce qui fait obstacle à la croissance des plantes aquatiques et des algues. 3.3 Résultats pour les coliformes fécaux En raison des difficultés que pose la détection des bactéries et des virus pathogènes, on détermine qu une eau est exempte de micro-organismes pathogènes par des méthodes indirectes. On utilise des bactéries intestinales non pathogènes, soit les coliformes fécaux, comme indicateurs de pollution fécale, donc de la présence potentielle de bactéries et virus pathogènes. Les coliformes fécaux proviennent des matières fécales produites par 9

les humains et les animaux à sang chaud et ils peuvent être facilement identifiés et comptés. 40 30 Coliformes fécaux (UFC / 100 ml) 20 10 0 Vert Pierre Rouge Pins Fromentière Lachapelle Lucien Pinatel Français Long Stevens Cloutier Louise Isabelle Bleu Loyer Patrick Joly Bastien Dontigny Marchand Graphique 3.3 : Concentrations moyennes en coliformes fécaux dans les différents lacs Tous les résultats d analyses inférieurs à 100 coliformes par 100 mililitres d eau, dans un lac, sont associés à des eaux d excellente qualité. Par contre, si le nombre de coliforme est supérieur à 100 par 100 mililitres d eau, il y a de fortes chances que l eau analysée contienne des bactéries coliformes d origine humaine ou fécale. Tous les lacs échantillonnés sont donc d excellente qualité. 3.4 Résultats pour le ph Le ph indique l équilibre entre les acides et les bases d un plan d eau et est une mesure de la concentration des ions hydrogène en solution. Le ph se mesure sur une échelle de 0 à 14. Un ph de 7 indique une eau neutre; les valeurs inférieures à 7 indiquent des conditions acides, et les valeurs supérieures à 7 sont caractéristiques de conditions alcalines. Plus spécifiquement, un lac est qualifié d acide lorsque son ph est de 5,5 et moins. Enfin, on parle d un lac de transition lorsque son ph est compris entre 5,5 et 6. 10

Le ph influence la toxicité de plusieurs éléments en régissant un grand nombre de réactions chimiques. Dans les eaux naturelles peu soumises aux activités humaines, le ph dépend de l origine de ces eaux et de la nature géologique du sous-sol. 8.5 8 7.5 ph 7 6.5 6 5.5 Pinatel Stevens Marchand Patrick Fromentière Bleu Louise Rouge Dontigny Long Joly Français Bastien Cloutier Pins Isabelle Pierre Vert Lucien Lachapelle Loyer Graphique 3.4 : Évaluation du ph de l eau dans les différents lacs Les lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez qui ont fait l objet d une analyse montrent tous un excellent ph. Les valeurs obtenues varient entre 6,6 et 8,2. De plus, les résultats concernant l alcalinité des lacs, c est-à-dire le pouvoir tampon de l eau, montre que les lacs ont la capacité de neutraliser les acides, comme les pluies acides. 3.5 Résultats pour la turbidité La turbidité est la mesure du caractère trouble de l eau. Elle est causée par les matières en suspension, telles que l'argile, le limon, les particules organiques, le plancton et les autres organismes microscopiques. Une turbidité trop élevée empêche la pénétration de la lumière dans la colonne d eau et peut ainsi diminuer la croissance des algues et des plantes aquatiques. Voici les résultats obtenus dans les lacs où la profondeur était assez élevée pour mesurer la transparence de l eau (voir graphique 3.5 de la page suivante). 11

6 Transparence (m) 4 2 0 Bastien Marchand Dontigny Joly Fromentière Loyer Louise Pins Vert Long Pierre Stevens Cloutier Rouge Graphique 3.5 : Évaluation de la transparence de l eau, en mètre, à l aide du disque de Secchi dans chacun des lacs. Selon le graphique, on constate que plus la transparence est élevée, plus la lumière pénètre profondément dans l eau. Par exemple, au lac Rouge, il est possible de voir dans l eau jusqu à une distance de 5,9 mètres en moyenne. À l opposé, le lac Bastien, la visibilité dans l eau est nulle à une profondeur de 1,1 mètre. 3.6 Synthèse des résultats Cette section présente les résultats sous forme de tableau synthèse. On y retrouve les moyennes des valeurs obtenues dans les lacs au cours de l été 2005. 12

Tableau 3.1 : Moyennes des paramètres mesurés dans les lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez Nombre de stations Température C Transparence Secchi (m) ph Azote total mg/l Phosphore total mg/l Coliformes fécaux UFC/100 ml Niveau trophique * Nom du lac Lac des Français 1 26 non disponible 7.6 0.28 0.010 2 O Lac Long 4 25 4.67 7.4 0.22 0.010 3 O Lac Stevens 2 23 4.70 7.0 ** 0.43 0.017 4 M-O Lac Rouge 4 27 5.90 7.3 0.28 0.028 2 M-O Lac Vert 4 24 4.05 7.8 0.44 0.010 1 M-O Lac Pinatel 2 26 non disponible 6.6 0.32 0.020 2 M Lac Marchand 4 24 1.20 7.1 0.50 0.014 34 M Lac Cloutier 8 25 5.30 7.7 0.34 0.101 4 M Lac Loyer 3 24 2.40 8.2 0.45 0.010 9 M Lac Pierre 4 24 4.70 7.8 0.44 0.034 2 M Lac des Pins 4 25 3.31 7.7 0.27 0.010 2 M Lac Louise 3 26 3.25 7.3 0.37 0.045 5 M Lac Patrick 2 26 non disponible 7.1 0.41 0.015 9 M Lac Joly 2 26 2.30 7.5 0.31 0.010 9 M Lac Bastien 4 24 1.10 7.7 0.57 0.010 13 M Lac Lucien 1 24 non disponible 7.9 0.58 0.010 2 M Lac Lachapelle 2 27 non disponible 8 0.59 0.010 2 M Lac Isabelle 1 28 non disponible 7.7 0.74 0.020 7 M-E Lac Bleu 1 26 non disponible 7.3 0.33 0.066 8 M-E Lac Fromentière 3 24 2.30 7.2 0.44 0.060 2 M-E Lac Dontigny 3 25 1.75 7.3 0.32 0.033 17 E 62 * Niveau trophique : O : Oligotrophe M : Mésotrophe E : Eutrophe M-O : Mésotrophe-Oligotrophe M-E : Mésotrophe-Eutrophe ** Les carrés gris indiquent les valeurs où il y a un enrichissement du milieu. 13

Dans le tableau 3.1 de la page précédente, on retrouve en première colonne la liste des lacs étudiés dans cette campagne d échantillonnage. Ensuite, la deuxième colonne du tableau renseigne sur le nombre de stations d échantillonnage qui ont été alloués par lac. Par exemple au lac Louise, des échantillons ont été collectés à trois emplacements dans le lac. La troisième colonne indique la température moyenne à la surface de l eau des lacs. La quatrième colonne renseigne sur la profondeur moyenne à laquelle il est possible de voir dans l eau. La colonne ph indique l acidité du lac. Ensuite les colonnes suivantes indiquent les concentrations moyennes d azote total, de phosphore total et de coliformes fécaux mesurées dans les lacs. La dernière colonne indique le niveau trophique résultant de ces données. Le niveau trophique a été déduit en considérant trois paramètres, soit la transparence de l eau, l azote total et le phosphore total. Un lac a été classifié d oligotrophe, de mésotrophe ou d eutrophe lorsque la majorité de ses caractéristiques chimiques et physiques montre des valeurs déterminant cet état trophique (voir tableau 1.1). Par exemple, au lac Marchand, la transparence est de 1,2 mètre, ce qui correspond à une caractéristique d un lac eutrophe. Par contre, les concentrations d azote total (0,50 mg/l) et de phosphore (0,014 mg/l) montrent les caractéristiques d un lac mésotrophe. Le lac Marchand a donc été classé comme étant mésotrophe, puisque deux paramètres sur trois indiquent un état mésotrophe. Au lac Rouge, la transparence de l eau atteint 5,9 mètres et les concentrations d azote total tendent à indiquer que ce lac est oligotrophe. Par contre, les fortes concentrations en phosphore total (0,028 mg/l) ne peuvent être ignorées. En effet, le phosphore est l élément clé permettant de déterminer l enrichissement d un lac, puisqu il est l élément limitant la croissance des plantes et des algues dans la nature. Par conséquent, ce lac est classé comme étant intermédiaire entre l état oligotrophe et mésotrophe. 14

4. Contrôle de qualité Prélever un échantillon d eau semble a priori très simple. Il faut cependant s assurer qu il soit représentatif, qu il ne subisse aucune contamination et qu il conserve son intégrité jusqu au moment de l analyse. Le contrôle de qualité constitue un outil essentiel afin d obtenir des données fiables. C est ainsi que quatre échantillons ont été alloués pour le contrôle de la qualité, afin de s assurer de la qualité des données obtenues. Premièrement, deux échantillons témoins ont été collectés pour vérifier l absence de contamination des bouteilles ou pour déceler une contamination qui serait apparue entre le moment du prélèvement et celui de l analyse. Il a suffit de remplir les bouteilles avec de l eau déminéralisée ultra-propre, sur le terrain, au début de l échantillonnage et d expédier ces témoins au laboratoire avec les autres échantillons. Les résultats des témoins montrent qu il n y a pas eu de contamination entre le moment du prélèvement et celui de l analyse. Un contrôle de qualité adéquat requiert également l utilisation de duplicata. Deux échantillons ont été obtenus en fractionnant en deux un échantillon prélevé en une seule fois dans un contenant propre de fort volume. Ils ont été expédiés au laboratoire avec les autres échantillons. Cela a permis d évaluer la variabilité et la précision des résultats d analyse. Les résultats des duplicatas montrent que la variabilité et la précision des résultats sont excellentes. 15

5. Discussion Cette discussion permettra de faire ressortir les conclusions de cette campagne d échantillonnage. Cette étude a été réalisée en collectant 62 échantillons dans 21 lacs, une seule fois pendant le mois de juillet ou d août. Les résultats recueillis sont donc ponctuels, c està-dire qu ils représentent l état des lacs à un moment de l année et à un endroit précis. Ceux-ci ne peuvent ni être extrapolés à l ensemble d un lac ni à l ensemble de l année. Une étude effectuée à plusieures reprises pendant l année permettrait d obtenir des résultats davantage représentatifs. Voici donc les résultats : 5.1 Lacs oligotrophes Parmi les 21 lacs étudiés, deux lacs ont présenté une transparence supérieure à 4 mètres tout en affichant une concentration de phosphore total inférieure à 0,01 mg/l. Ce sont les lacs Long et des Français. Par contre, étant donné la grandeur et la profondeur de certains lacs, comme le lac Cloutier, le lac Rouge, le lac Vert, le lac Stevens ou le lac Pierre, ont aurait pu s attendre à ce que ces lacs soient aussi oligotrophes. Trois lacs sont cependant à la limite entre un lac oligotrophe et mésotrophe. Ce sont les lacs Stevens, Vert et Rouge. En effet, leur transparence est élevée, ce qui correspond à un lac oligotrophe, mais leurs concentrations en phosphore ou en azote les classent plutôt dans la catégorie mésotrophe. Par conséquent, ils sont entre les deux classes. 5.2 Lacs mésotrophes La majorité des 21 lacs échantillonnés peut être caractérisée comme étant mésotrophe. Ces lacs sont donc intermédiaires entre un lac jeune ayant une faible productivité biologique et un lac riche où l on retrouve une grande productivité. Certaines raisons peuvent expliquer l état mésotrophe des lacs Marchand, Bastien, Joly, Lachapelle, Lucien et Patrick. Premièrement, la faible profondeur des eaux ne pose pas de limite à la pénétration de la lumière. Ainsi, les plantes aquatiques et les algues sont bien alimentées en lumière et prolifèrent partout dans le lac. On se retrouve donc avec un surplus de matières organiques qui ne peut être complètement auto-épuré à l automne. Ainsi, les sédiments s accumulent au fil des ans, remplissant le lac progressivement. 16

D autres raisons expliquent l état mésotrophe de ces mêmes lacs. En effet, dans un lac qui était à l origine une rivière que l on a élargie à l aide d un barrage, ou encore un lac que l on a creusé mécaniquement, on peut s attendre à retrouver, au départ, des concentrations supérieures en phosphore dans l eau. Ce surplus de phosphore provient du sol inondé. En effet, le sol contient naturellement du phosphore et lorsqu il est lessivé ou inondé, il relâche une certaine quantité de phosphore qui devient ensuite disponible pour la croissance des plantes. Une certaine quantité sera donc assimilée par les plantes durant l été pour ensuite être relâchée à l automne. Enfin, d autres facteurs comme la stagnation de l eau dans certains lacs favorise l enrichissement de l eau en éléments nutritifs. Tous ces facteurs font en sorte que ces lacs ne pourront pas devenir clairs et sans plantes aquatiques. Il est donc inutile de fournir des efforts pour enrayer les plantes aquatiques ou les algues, puisqu elles reviendront toujours coloniser ce milieu propice à leur établissement. Les lacs Loyer et des Pins affichent une transparence moyenne de l eau tout en montrant de faibles concentrations en phosphore total. Normalement, les faibles concentrations en phosphore sont associées à une grande transparence de l eau. Cette contradiction peut s expliquer par le fait que l eau de certains lacs est naturellement colorée. La coloration légèrement jaunâtre ou brunâtre peut parfois réduire la transparence. Ces lacs sont donc mésotrophes de façon naturelle. Pour le lac Pinatel, la transparence de l eau n a pu être mesurée avec le disque de Secchi. Par contre, les concentrations en phosphore dans l eau indiquent l état mésotrophe. Pour d autres lacs, l état mésotrophe signale une possible dégradation du milieu. Ces lacs sont le lac Pierre, le lac Cloutier et le lac Louise. En effet, ces lacs qui sont relativement grands et profonds (sauf le lac Louise), ne devraient pas avoir des concentrations aussi élevées en phosphore. Par exemple, au lac Pierre et au lac Louise, les concentrations sont supérieures à 0,03 mg/l. Au lac Cloutier, des records sont atteints, avec des concentrations moyennes de phosphore de 0,10 mg/l. La circulation excessive des bateaux qui soulève les sédiments au fond du lac peut en partie expliquer cette valeur extrême. Certains lacs se situent à la limite d un lac mésotrophe-eutrophe. C est le cas des lacs Bleu, Fromentière et Isabelle. En effet, leurs concentrations en phosphore sont élevées, ce qui permettra la croissance excessive d algues et de plantes aquatiques dans le milieu. 5.3 Lac eutrophe Un seul lac est classé dans la catégorie eutrophe, il s agit du lac Dontigny, c est-à-dire qu il est enrichi par les matières nutritives qui favorisent la croissance des algues en surface. 17

En résumé, 13 lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez sont en train de s enrichir en matières nutritives de façon plus rapide que ne l aurait fait la nature. Cet enrichissement se fait de façon plus marquée dans les lacs peu profonds : Marchand, Bastien, Joly, Lachapelle, Lucien, Patrick, Dontigny, Fromentière, Isabelle et Bleu. L enrichissement se fait de façon plus sournoise dans les lacs Pierre, Cloutier et Louise. Pour remédier à la situation, la section suivante fait état de certaines recommandations. 18

6. Recommandations À la lumière des résultats obtenus, on constate que 13 lacs doivent faire l objet d une attention particulière pour freiner le processus d eutrophisation. Comme cette conclusion est tirée du présent rapport, il faut cependant préciser qu elle pourrait différer si des échantillons étaient pris à différents moments de l année. Donc la première recommandation est : Effectuer l échantillonnage de l eau à plusieurs reprises pendant une année pour obtenir des résultats davantage représentatifs. Une campagne d échantillonnage effectuée à tous les 2 ans dans les lacs plus problématiques suffirait pour voir si ces derniers sont sensibles aux changements en apport nutritif. Si tel est le cas, les lacs aujourd hui mésotrophes pourraient se transformer rapidement en des lacs eutrophes. Donc la deuxième recommandation est : Mener une campagne d échantillonnage à tous les 2 ans dans les lacs problématiques. Un portrait plus détaillé de l état de chaque lac pourrait être produit pour connaître l état des zones littorales et riveraines, ainsi que les caractéristiques physiques (profondeur, bathymétrie, superficie du lac et du bassin versant, etc.) du lac. La mise en commun de ces informations avec les données sur la qualité de l eau donnerait un meilleur aperçu de l état des lacs. Donc la troisième recommandation est : Produire un portrait détaillé de l état de chaque lac pour corroborer les résultats de l échantillonnage de l eau. Mêmes si ces trois premières recommandations semblent décisives, soulignons que connaître l état trophique des lacs de Saint-Alphonse-Rodriguez ne mettra pas un frein au processus d eutrophisation accéléré. La prochaine recommandation doit être prioritaire. Pour agir concrètement afin d améliorer la santé des lacs : Il est primordial de renaturaliser les rives Les végétaux diminuent considérablement l érosion des rives, ce qui diminue l apport en nutriments dans les lacs. De plus, les racines enchevêtrées de la végétation riveraine formeront un véritable filet qui filtrera les eaux de ruissellement avant qu elles atteignent le littoral du lac. Autrement dit, les pelouses doivent être aménagées derrière la rive, c'est-à-dire à 10 ou 15 mètres de la ligne du rivage. En effet, en bordure des lacs, les pelouses n'ajoutent rien, elles soustraient. En se substituant à la forêt, elles remplacent un milieu riche et diversifié par un milieu pauvre, quasi désertique. Les lacs peuvent difficilement les supporter, 19

puisqu avec elles, viennent les engrais, les eaux chaudes, les coups d'eau, l'érosion et les déserts biologiques. Il existe d innombrables avantages à conserver la bonne santé des lacs de Saint- Alphonse-Rodriguez. Les avantages directs sont : la navigation de plaisance l observation d'oiseaux l observation de la faune la randonnée pédestre et la pêche Les avantages indirects sont : la rétention des éléments nutritifs la filtration de l'eau la prévention des inondations la protection des rives l alimentation des nappes souterraines le soutien des écosystèmes externes la stabilisation du microclimat la lutte contre l'érosion. Enfin, certains avantages reliés à l existence même de ces milieux sont : la présence d une riche biodiversité l existence de la culture, du patrimoine et de la valeur de legs. Aux citoyens et au Conseil de Saint-Alphonse-Rodriguez, à vous de devenir des citoyens responsables à l égard de l environnement et de renaturaliser les rives pour garantir la santé des lacs. On n'hérite pas la terre de ses ancêtres, on l'emprunte à ses enfants Antoine de Saint-Exupery 20

ANNEXE 1 : DONNÉES BRUTES 21

Données brutes Lacs Station ph Azote (mg N/L) Phosphore (mg P/L) Coliformes (UFC / 100 ml) Long 1 7.4 0.22 0.010 2 2 7.4 0.12 0.010 5 3 7.4 0.27 0.010 3 4 7.4 0.27 0.010 2 Français 1 7.6 0.28 0.010 2 Pinatel Dontigny Fromentière Joly Pierre Stevens 1 6.6 0.31 0.020 2 2 6.6 0.33 0.010 2 1 7.2 0.43 0.032 42 2 7.5 0.43 0.022 2 3 7.3 0.10 0.045 7 1 7.1 0.46 0.020 2 2 7.3 0.42 0.140 2 3 7.3 0.45 0.020 2 1 7.6 0.47 0.010 2 2 7.5 0.15 0.010 16 1 7.7 0.43 0.027 3 2 7.8 0.50 0.040 2 3 8.1 0.42 0.027 3 4 7.7 0.41 0.042 2 1 7.2 0.51 0.019 2 2 6.9 0.34 0.014 5 Isabelle 1 7.7 0.74 0.020 7 Patrick Cloutier 1 7.1 0.42 0.019 5 2 7.2 0.41 0.010 13 1 7.7 0.47 0.030 13 2 7.6 0.38 0.010 2 3 7.5 0.33 0.190 2 4 7.6 0.30 0.040 2 5 7.7 0.34 0.150 2 6 7.7 0.35 0.300 2 7 7.7 0.43 0.050 2 8 7.8 0.46 0.040 5 22

Données brutes Lacs Station ph Azote (mg N/L) Phosphore (mg P/L) Coliformes (UFC / 100 ml) Lachapelle 1 8.0 0.64 0.010 2 2 8.0 0.55 0.010 2 Bleu 1 7.3 0.33 0.066 8 Rouge Louise Loyer Vert Bastien Pins Marchand 1 7.2 0.31 0.024 2 2 7.2 0.31 0.041 2 3 7.3 0.27 0.017 2 4 7.3 0.24 0.029 2 1 7.3 0.33 0.022 2 2 7.3 0.41 0.092 11 3 7.2 0.37 0.020 3 1 8.2 1.34 0.010 11 2 7.7 0.45 0.010 18 3 8.4 0.46 0.010 3 4 8.4 0.44 0.010 2 1 7.7 0.35 0.010 1 2 7.6 0.35 0.010 1 3 7.9 0.46 0.010 1 4 8 0.60 0.010 2 1 7.9 0.60 0.010 2 2 7.8 0.47 0.010 7 3 7.7 0.63 0.010 13 4 7.4 0.59 0.010 28 1 7.7 0.29 0.029 2 2 7.6 0.26 0.010 2 3 7.6 0.29 0.010 2 4 7.7 0.26 0.010 2 1 7.3 0.52 0.010 25 2 7.2 0.44 0.010 26 3 7.0 0.46 0.017 46 4 7.2 0.59 0.019 38 Lucien 1 7.9 0.58 0.010 2 23

ANNEXE 2 : CARTE DES STATIONS 24