Arrêt du tabac: comment aider les fumeurs? Jean-Pierre Zellweger Villars-sur-Glâne
Arrêt du tabac: les faits TOUS les fumeurs savent que le tabac est nocif LA PLUPART des fumeurs savent que l arrêt du tabac diminue les risques pour la santé LA MOITIE des fumeurs (au moins) souhaite arrêter de fumer Un QUART faut une tentative d arrêt chaque année L arrêt survient en moyenne après 3-4 tentatives L arrêt du tabac est la meilleure prévention du cancer pulmonaire (et autres)
chez les 15-25 ans
Nouveau document de référence pour médecins praticiens
Nouvelle édition 2015 Algorithme 2015 Nouveaux chapitres Varenicline Remboursement de la varenicline et du bupropion par les assurances Spray buccal de nicotine Traitements combinés E-cigarette Réduction et cessation graduelle Populations spéficiques Adolescents, petits fumeurs, grossesse, fumeurs et chirurgie, fumeurs avec co-morbidité psychique Recommendations 12
Ce que l on sait depuis longtemps
Le traitement pharmacologique augmente les chances d arrêt (facteur 1.6 à 2.5)
Les principes classiques de la désaccoutumance
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L aide pharmacologique
Aide pharmacologique: les nouveautés Substituts nicotiniques: En principe toujours sous forme de traitement combiné (patch + forme rapide) Spray buccal de nicotine: aussi efficace que le spray nasal (retiré) et bien toléré. Attention à l utilisation correcte (exactement le contraire d un spray anti-asthmatique!!!)
Aide pharmacologique: les nouveautés Varenicline: La meilleure efficacité parmi les traitements disponibles. Considérée comme traitement de 1 ère ligne avec les substituts nicotiniques et le bupropion Effets indésirables psychiatriques possibles (identiques à ceux du sevrage tabagique!) Combinaison possible avec les NRT (au début ou à la fin du traitement)
Aide pharmacologique: les nouveautés
Réduction du tabagisme N offre pas de bénéfice pour la santé (même une consommation de 1-4 cigarettes/j est nocive, les risques sont surtout liés à la durée du tabagisme) Permet d augmenter la motivation à l arrêt des fumeurs indécis et de ceux qui souffrent d une comorbidité liée au tabac Une réduction progressive avant l arrêt (avec ou sans adjonction de substituts nicotiniques) peut être proposée à certains fumeurs très dépendants
Situations spéciales: adolescents L impact du tabagisme est d autant plus important que la consommation débute tôt, à une période où la maturation des centres nerveux n est pas terminée La moitié des adolescents fumeurs souhaite arrêter L efficacité des substituts nicotiniques n est pas prouvée. Le bupropion et la varenicline ne sont pas indiqués chez les adolescents
Situations spéciales: grossesse et allaitement L impact du tabagisme sur la santé du fœtus est important (réduction de la circulation placentaire, effet toxique du CO, effet de la nicotine sur le SNC du fœtus) L arrêt du tabagisme est souvent difficile à obtenir en cours de grossesse (modification du métabolisme de la nicotine avec augmentation de la dépendance) Seuls les substituts nicotiniques à action rapide sont recommandés pour le traitement de la dépendance en cours de grossesse et pendant l allaitement
Situations spéciales: co-morbidité psychique Les patients dépressifs sont plus souvent fumeurs et les fumeurs sont plus souvent dépressifs que la moyenne. Le risque de rechute après l arrêt est plus élevé chez les fumeurs dépressifs L arrêt du tabac peut aggraver la tendance dépressive En cas d anamnèse de dépression sévère, une prise en charge spécialisée peut être indiqué avant une tentative d arrêt Le bupropion et les substituts nicotiniques diminuent le risque de dépression lors de l arrêt La varenicline n est pas indiquée en première intention chez les fumeurs dépressifs
Patients opérés ou à opérer Le taux de complications péri-opératoires est 2 à 4 fois plus élevé chez les fumeurs que chez les nonfumeurs L arrêt du tabac si possible avant une intervention prévue diminue de manière significative le risque de complications L hospitalisation est une occasion d engager le dialogue avec le fumeur sur les possibilités et les avantages de la désaccoutumance
Petits fumeurs Les risques pour la santé des petits fumeurs réguliers sont significatifs (l augmentation du risque d affection cardio-vasculaire n est pas proportionnelle à la quantité fumée mais augmente dès la consommation d une cigarette) Les petits fumeurs devraient recevoir une information correcte et une offre de traitement adaptés à leur degré de dépendance
Cigarette électronique L impact sur la santé des cigarettes électroniques est plus faible que celui des cigarettes Il n existe aucune preuve que les cigarettes électroniques aident à la désaccoutumance (contrairement aux affirmations de l industrie!) La majorité des vapoteurs sont aussi des fumeurs Il est probable que certains adolescents passent du vapotage au tabagisme (effet porte d entrée) La cigarette électronique ne doit pas être proposée comme alternative crédible à un traitement pharmacologique
L arrêt non planifié (ou arrêt en catastrophe) La moitié des anciens fumeurs disent avoir arrêté sans avoir prévu ni préparé l arrêt Les fumeurs qui arrêtent sans avoir préparé l arrêt semblent rester plus souvent abstinents à 6 mois que ceux qui se préparent Les fumeurs qui arrêtent sans préparation semblent avoir un plus haut degré de motivation préalable et réagissent à un stimulus fortuit par une décision d arrêt West R, BMJ 2006; 332:458
L arrêt spontané (ou sans aide extérieure) La majorité des fumeurs qui arrêtent le font sans aide extérieure (apparente) Le plus souvent, ils intègrent un jour les messages reçus antérieurement par leur entourage Le conseil médical et le soutien de l entourage peuvent préparer une telle décision «spontanée»
La proportion d anciens fumeurs augmente avec l âge:
Arrêt du tabac: l avenir Définition des caractéristiques biologiques individuelles du fumeur et prédiction de la réponse aux différents traitements
Abstinence selon la vitesse de métabolisme de la nicotine Lerman C, Lancet Respir Med 2015
Conclusions L aide à l arrêt du tabac est une activité importante du médecin de premier recours Dans la discussion avec le fumeur, le médecin doit discuter ouvertement les obstacles à l arrêt ou les causes de rechute antérieures, p.ex: Crainte de prise de poids Dépression Manque de soutien de l entourage Situations à risque de rechute
Conclusions (2) L aide à l arrêt du tabac est utile en terme de santé publique, efficace sur le plan individuel et peut être améliorée par un traitement pharmacologique approprié La majorité des fumeurs, même motivés, ne cessent pas de fumer immédiatement ou rechutent après un essai. Ce n est pas la faute du médecin ni une raison de se décourager! Une grande partie d entre eux finissent par arrêter. Qu ils arrêtent spontanément ou sous traitement importe peu, pourvu qu ils arrêtent!
Arrêt du tabac: thèmes Rappel des faits Les recommandations actuelles pour l arrêt du tabac Les traitements Catégories spéciales: Adolescents Femmes enceintes Petits fumeurs Fumeurs atteints de maladie chronique (p.ex. BPCO) Fumeurs atteints de maladie psychiatrique (p.ex dépression) Les arrêts spontanés / arrêts en catastrophe Conclusions
31.6%, contre 29.1% en 2013, 30.0% en 2012 et 29.6% en 2011. La part de fumeurs/ses quotidiens/nes 18.8% en 2014 apparaît relativement stable sur la période 2011-2014, alors que la part de fumeurs/ses occasionnels/les est en sensible augmentation : 12.8% en 2014 contre 10.7% en 2011 par exemple. En 2014, 36.2% des hommes de 15-25 ans fumaient, contre 26.8% des femmes ; en 2012 ces proportions étaient respectivement de 32.0% (hommes) et 27.9% (femmes). 59.9% des fumeurs/ses quotidiens/nes et 36.9% des occasionnels/les de 15 à 25 ans disaient souhaiter arrêter de fumer ; au total 50.2% des fumeurs/ses, en légère augmentation par rapport à 2012 (47.9%).