Contribution de la Mutualité Française Centre à la Stratégie Nationale de Santé. Tours



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Transcription:

Contribution de la Mutualité Française Centre à la Stratégie Nationale de Santé Tours Débat régional du 13 février 2014

Chantier n 1 du programme Gaspar : développer les conventionnements tiers payant avec le médecin traitant I - Parmi les trois propositions issues des travaux de la plateforme "Santé 2012" pour favoriser l accès aux soins des adhérents, la Mutualité Française a choisi de renforcer le rôle du médecin traitant afin de lui donner les moyens d assurer pleinement son rôle pivot dans le parcours de soins. Dans ce cadre, une des actions proposées consiste à garantir la dispense d avance de frais aux adhérents pour les soins assurés par le médecin traitant, ceci spécialement pour les structures organisées de médecine de proximité (centres de santé, maisons et pôles de santé). L accès aux soins de premier recours devra donc s effectuer à terme en tiers payant pour : le médecin traitant ; l équipe de professionnels paramédicaux associée, appelée "équipe soignante", (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, ). Cet objectif a été réaffirmé par les mutuelles en octobre 2012 lors du congrès de Nice. Le tiers payant généralisé visera le secteur à tarif opposable et portera sur la part remboursée par l assurance maladie obligatoire et sur la part complémentaire limité au ticket modérateur et pourra être, selon le choix des mutuelles, associé à une convention métier. Ce service proposé à l ensemble des adhérents : confortera le rôle du médecin traitant dans la vie sanitaire (85% des Français ont déclaré un médecin traitant en 2009) ; rendra moins attractif le recours aux urgences hospitalières pour des soins mineurs si les déserts médicaux sont supprimés et la permanence des soins assurée, facilitera pour les adhérents le recours aux soins de premier recours. II - Enjeux pour les mutuelles Dans ce contexte, la Mutualité Française souhaite faciliter l accès aux soins de premiers recours par un déploiement étendu du conventionnement tiers payant pour le médecin traitant et son équipe soignante et répondre, à travers la mise en œuvre d un dispositif conventionnel et des outils associés, à plusieurs enjeux complémentaires : accompagner la mise en œuvre de nouveaux modes de rémunération favorisant une logique de parcours de santé et d organisation du 1 er recours ; inciter la coopération entre professionnels et l émergence de nouvelles pratiques médicales ;

renforcer le positionnement des mutuelles par rapport à la concurrence externe au mouvement ; garantir des relations conventionnelles directes entre les mutuelles et les partenaires de santé ; préserver les choix de prises en charge des mutuelles au regard de ceux de l assurance maladie obligatoire ; soutenir la mise en place de nouveaux services pour les adhérents et les partenaires de santé ; simplifier la relation avec les partenaires de santé en développant avec les mutuelles des outils et des services limitant les tâches administratives. Dès lors, le Plan d actions pour les SPR 2013-2015 a choisi de s axer sur deux actions jugées prioritaires : Définir le ou les dispositifs conventionnels adaptés Expérimenter le ou les dispositifs et les solutions associées

Chantier n 2 du programme Gaspar : développer le conventionnement qualité de la prise en charge pour les centres, maisons et pôles de santé L organisation des soins primaires est en pleine mutation, du fait des nouvelles aspirations des jeunes médecins, de la pénurie de médecins généralistes dans certaines zones et du développement des pathologies chroniques. A cet égard, les structures d exercice regroupé (centres de santé médicaux, maisons de santé et pôles de santé) offrent de nouvelles perspectives en termes de qualité des soins notamment à travers la coopération et la coordination de la prise en charge des patients, tout en participant à la maitrise des restes à charge pour les patients et en pratiquant fréquemment le tiers payant. Enjeux pour les mutuelles La Mutualité Française soutient les modes d exercices coordonnés. Pour encourager ces nouvelles pratiques, développer la coordination et la coopération inter professionnelle, le plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de s axer sur trois actions jugées prioritaires : Définir un dispositif conventionnel qualité / prix avec les centres de santé, les maisons de santé et les pôles de santé, Sensibiliser le mouvement et les professionnels de santé au dispositif conventionnel, Expérimenter le dispositif conventionnel choisi.

Chantier n 3 du programme Gaspar : déployer l'accord cadre LII LIII pour le conventionnement des centres dentaires mutualistes La stratégie de conventionnement des mutuelles se développe notamment dans les secteurs de l offre de soins où la prise en charge des frais leur incombe de manière majoritaire (dentaire, audioprothèse, optique), secteurs pour lesquels leur capacité à négocier au bénéfice de leurs adhérents se trouve ainsi confortée. Si le domaine de l optique peut aujourd hui bénéficier d une approche qualité/prix de la part des mutuelles, ce n est pas encore pleinement le cas du secteur dentaire qui représente cependant 14,7% des dépenses des mutuelles soit le 4ème poste en 2011. Le désengagement progressif de l Assurance Maladie Obligatoire (qui ne rembourse plus que 33% des dépenses dentaires contre plus de la moitié en 1980 et seulement 18% des soins prothétiques) a entraîné une augmentation du reste à charge des ménages avec pour corollaire une difficulté d accès aux soins dentaires. Ce mouvement est concomitant à un risque de "sur-traitement" et de mauvais suivis engendré par le déséquilibre du système de rémunération des professionnels qui les conduit à des choix thérapeutiques invasifs (prothèses, implants) au détriment des soins et de la prévention en parodontie notamment. Dans ce contexte, et étant donné les liens forts existant entre les organismes mutualistes relevant du livre II et du livre III du code de la mutualité, la Mutualité Française a souhaité accompagner le Réseau National des Centres de Santé Mutualistes, afin de développer une politique conventionnelle commune entre les gestionnaires de centres de santé dentaires et les mutuelles LII. Les enjeux pour les mutuelles Dans le cadre de cette politique conventionnelle, les mutuelles et le Réseau National des Centres Mutualistes ont élaboré une convention cadre ainsi qu un accord d application métier dentaire, avec des engagements à respecter pour chacune des parties. Les enjeux de la Mutualité Française sont les suivants : Faciliter l accès des patients aux soins dentaires d une part par la mise en œuvre du tiers payant tant sur la partie obligatoire que sur la partie complémentaire relevant de la mutuelle signataire de la convention. Plus précisément, elle souhaite garantir au patient la dispense d avance de frais dans les centres de santé, sécuriser la gestion des prises en charges, et travailler à l allègement de ces dispositifs notamment en promouvant les possibilités de dématérialisation des échanges de flux entre le gestionnaire de centres de santé dentaire et la mutuelle LII. D autre part, elle

souhaite faciliter cet accès par le respect d une politique tarifaire limitant les restes à charge. Mettre en œuvre une politique de démarche qualité au niveau des centres de santé dentaires afin de garantir un accueil, et une prise en charge la mieux adaptée aux besoins de chaque patient. Promouvoir de nouveaux modes de prise en charge en matière de prévention notamment bucco-dentaire, et en assurer le suivi en associant dans une démarche innovante, les centres de santé et les professionnels de santé y exerçant, les mutuelles signataires et les adhérents de la mutuelle signataire, (information des patients sur l intérêt médical des visites régulières de prévention) Enfin, il s agira de favoriser une stratégie de connexion entre le Réseau et la mutuelle LII signataire de la convention en vue de mettre au point des prestations complémentaires ou des actions spécifiques à destination des patients adhérents de la mutuelle signataire, ainsi que de mettre en œuvre une politique de santé publique responsabilisant professionnels de santé et usagers, et favorisant en particulier le développement des soins, de prévention, ainsi que les actes hors nomenclature contribuant à une intention reconnue de santé publique. Dès lors, le plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de s axer sur quatre actions jugées prioritaires pour déployer l'accord cadre LII LIII pour le conventionnement des centres de santé dentaires mutualistes : Mettre en place un dispositif opératoire de demande de prise en charge et de facturation LII / centres dentaires. Mettre en œuvre une plateforme d échange électronique favorisant la circulation des informations. Définir les critères dérogatoires aux tarifs plafonds pour certains actes. Suivre les engagements des partenaires via la création d une commission paritaire

Chantier n 4 du programme Gaspar : expérimenter le conventionnement "panier de services et de prestations" du pharmacien Le médicament constitue le premier poste de dépense des mutuelles et les pharmaciens, professionnels de santé de proximité, sont le dernier rempart entre le patient et le médicament, d un point de vue physique et économique. Les mutuelles ont développé des relations avec les pharmaciens au travers de la gestion du tiers payant. Néanmoins elles ont aujourd hui peu de relations structurées avec eux concernant leur cœur de métier à savoir la distribution, le service, la délivrance des prescriptions. La progression des maladies chroniques, conjuguée à la désertification médicale, a fait émerger des besoins en offre de soins de proximité. Les pharmaciens sont des professionnels de santé de proximité dont les missions ont été élargies par les articles 36 et 38 de loi n 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST) : ainsi ils peuvent désormais concourir à l offre de soins de premier recours, participer à l éducation thérapeutique et aux actions d accompagnement des patients, proposer des conseils et prestations destinés à favoriser l amélioration ou le maintien de l état de santé des personnes. Face à ce nouveau contexte, les relations entre les pharmaciens et les mutuelles sont appelées à ne plus se limiter à la délégation de paiement et la construction d un nouveau cadre structuré de collaboration s impose dans la perspective d une amélioration de la prise en charge des adhérents. Enjeux pour les mutuelles Le 17 septembre 2009, le Conseil des mutuelles santé a donné mandat à la FNMF pour lancer une réflexion sur la mise en place de nouvelles modalités innovantes de partenariat entre les mutuelles et les pharmaciens pour améliorer la prise en charge des adhérents et l efficience du parcours de soins par une utilisation plus optimale des compétences du pharmacien. Un groupe de travail réunissant plusieurs mutuelles et les représentants des pharmacies mutualistes a rédigé un projet d accord-cadre organisé autour de prestations de services proposés à l adhérent par le pharmacien. Selon la prestation de service, une rémunération du pharmacien peut être envisagée ou une prise en charge peut être prévue dans les garanties des mutuelles. Cet accord- cadre prévoit également la mise en place des modalités techniques de délégation de paiement.

Les syndicats de pharmaciens ont été associés aux travaux et le projet a été présenté à l Ordre des pharmaciens. L accord cadre est un document politique de cadrage qui a vocation à se décliner en conventions d application entre mutuelles et pharmacies selon des termes convenus par les parties. Les mutuelles disposent d une vraie opportunité de différenciation. Ce dispositif propose aux adhérents une offre de services et prestations à l officine - offre structurée, organisée et validée par des experts. Il permettrait une prise en charge innovante et de qualité et à des prix négociés et des restes à charge maîtrisés. Dès lors, le plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a défini trois actions jugées prioritaires pour expérimenter le conventionnement "panier de services et de prestations" rendus par le pharmacien : Définir les conditions d engagement des mutuelles dans l expérimentation. Expérimenter des modules de l'accord-cadre dans les pharmacies mutualistes et libérales. Tirer les enseignements et évaluer sur le plan médico-économique ces expérimentations.

Chantier n 5 du programme Gaspar : encourager l'éducation thérapeutique du patient Selon l OMS, l éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. L ETP fait partie de la prise en charge thérapeutique, intégrée aux soins, et est fondée sur une approche personnalisée et pluridisciplinaire. Elle vise à rendre les patients ayant une maladie chronique acteurs de leur santé en les aidant à comprendre la maladie et le traitement, à connaître les mesures préventives, à réagir en cas d aggravation et à résoudre les difficultés du quotidien en lien avec la maladie. Pour ce faire, et selon la Haute Autorité de Santé, l ETP conduit à l acquisition et le maintien par le patient de compétences d autosoins et à la mobilisation ou l acquisition de compétences d adaptation ; celles-ci permettant d améliorer sa santé mais aussi sa qualité de vie (et celle de son entourage). L article 84 de la loi HPST a donné un fondement légal et un cadre réglementaire précis à l ETP. Avec plus de 1800 programmes d ETP validés par les ARS en 2011, une nouvelle dynamique est à l œuvre. Néanmoins, ce développement a principalement lieu à l hôpital et concerne peu la médecine de ville. De plus, l incertitude demeure encore tant du point de vue du financement de l ETP que des modalités d évaluation des programmes lancés. Enjeux pour les mutuelles Le mouvement s implique concrètement et de plus en plus dans la prise en charge des maladies chroniques dont l ETP fait partie. Le mouvement a expérimenté son propre programme d ETP pour l hypertension artérielle, TensioForme, dans plusieurs services de soins et d accompagnement mutualistes. Par ailleurs et dans le cadre des expérimentations de nouveaux modes de rémunération des professionnels de santé, les mutuelles volontaires financent 20% du forfait rémunérant les programmes d ETP pour l ensemble des bénéficiaires (mutualistes ou non, en ALD ou non). Pour les mutuelles, il s agit de développer de nouvelles relations avec les adhérents et les professionnels de santé, pas uniquement fondées sur le financement de prestations, et de favoriser également de nouvelles relations avec les acteurs de soins de premiers recours en soutenant l émergence d alternatives au tout curatif. Pour ce faire, le Plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de s axer sur deux actions jugées prioritaires : promouvoir l ETP auprès des adhérents des mutuelles, élaborer des préconisations sur l évaluation des actions.

Chantier n 6 du programme Gaspar : développer des actions de prévention mutualistes auprès des patients dans des structures d'exercice regroupé La prise en compte de la prévention et de la promotion de la santé est relativement récente en France, le système de santé français ayant été construit autour d une démarche essentiellement curative. Progressivement, une vision globale de la santé se développe, intégrant la prévention comme les soins curatifs : la loi du 9 août 2004 a fait entrer la prévention dans le champ de la santé publique et la loi HPST du 21 juillet 2009 a donné un cadre d actions et un pilote - les Agences Régionales de Santé - pour le déploiement de la prévention. Lors de la clôture du dernier Congrès de la Mutualité, le président de la République a annoncé la présentation en 2013 d une loi de santé publique fortement axée sur la prévention, rappelant les retards de la France dans ce domaine. Avec le développement des maladies chroniques et le vieillissement de la population, la prévention devient en effet de plus en plus nécessaire et les bénéfices attendus sur le plan économique et en termes de santé publique sont importants. A ce stade, le développement de la prévention est toutefois freiné par les contraintes de financement de ces actions et les difficultés méthodologiques d évaluation de l impact des actions menées sur les comportements et la santé des bénéficiaires. L implication du mouvement Au sein du mouvement mutualiste, les actions de prévention et promotion de la santé sont portées par : le réseau prévention promotion de la santé des Unions Régionales, certaines mutuelles ayant développé en propre une activité prévention promotion de la santé, les Unions Territoriales qui mettent parfois en œuvre des actions dans les SSAM, les têtes de réseau qui incitent leurs structures adhérentes à mettre en œuvre des actions de prévention et promotion de la santé. Les actions menées par les équipes prévention promotion de la santé des Unions Régionales sont en partie fiancées par le Fonds National de Prévention. Les Unions Régionales passent une convention triennale d objectifs et moyens (CTOM) avec la FNMF dans le cadre de leur activité prévention et promotion de la santé, dans laquelle est définie une programmation qui tient compte des orientations nationales en prévention et promotion de la santé, des priorités régionales de santé (ARS) et des attentes des mutuelles au niveau régional.

Les actions menées par les Unions Régionales et éligibles au FNP sont à destination du grand public (dont les adhérents mutualistes) et ne peuvent être menées au bénéficie exclusif des adhérents d une seule mutuelle. Aujourd hui, les actions de prévention des Unions Régionales concernant les soins de premier recours sont menées en priorité avec les SSAM. La Fédération encourage d ailleurs les Unions Régionales à développer des liens avec les SSAM et prend en compte ce critère dans l attribution des subventions du FNP. Plusieurs Unions Régionales mettent aussi en œuvre des actions de prévention et promotion de la santé dans les maisons de santé. De plus, le Conseil d Administration du 29 mars 2012, qui a validé le plan d action "Maisons et Pôles de santé" a, ce faisant, acté l intégration d actions de prévention au sein des maisons et pôles de santé. Enjeux pour les mutuelles La prévention est un sujet important pour les mutuelles LII qui y voient un moyen : d apporter plus de services aux adhérents dans une logique de différenciation, de limiter les dépenses de santé à long terme et dans une logique prospective qui fait parfois débat, d être reconnues comme un véritable acteur de santé publique, dans une logique de gestion du risque, et pas seulement comme un financeur "aveugle" des dépenses de santé. Les structures d exercice regroupé (centres de santé, maisons de santé et pôles de santé) constituent des "réceptacles" intéressants pour la mise en œuvre d actions mutualistes de prévention et de promotion de la santé. Elles permettent en effet de toucher tout type de population et particulièrement des populations fragilisées qui ont difficilement accès aux messages et aux actions de prévention et de promotion de la santé ; elles font de plus partie intégrante du parcours de soins. Le Plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de s axer sur trois actions jugées prioritaires : réaliser un état des lieux des actions de prévention et de promotion de la santé menées actuellement avec les équipes de soins de premiers recours sensibiliser les équipes de prévention aux opportunités de collaborer avec les structures regroupées organiser des actions de prévention auprès des patients dans les centres, maisons et pôles de santé.

Chantier n 7 du programme Gaspar : favoriser l'émergence d'innovations sur la place de l'équipe de soins de premier recours dans les SSAM A l heure où le nombre de personnes en perte d autonomie ne cesse d augmenter, un des enjeux majeurs de l organisation des soins est de garantir la continuité et la cohérence des soins et des accompagnements apportés à ces personnes, que ce soit pour les personnes âgées dépendantes, les personnes en situation de handicap ou celles atteintes de maladies chroniques invalidantes. Cet enjeu vise en priorité le décloisonnement actuel des acteurs, marqué par une fragmentation de l offre (hôpital, médecine de ville et institutions médico-sociales) et des discontinuités de parcours de santé, notamment à la sortie de l hôpital, génératrices de surcoûts. Une meilleure coordination des soins et des accompagnements, dans le cadre des parcours de santé, est indispensable pour améliorer la qualité et l efficience des prises en charge, tout en apportant aux patients une meilleure lisibilité de leur suivi médical : "le bon soin, au bon endroit, et au juste coût". C est pourquoi la coordination est au cœur des politiques de santé publique avec la mise en place des ARS et l apparition des Projets Régionaux de Santé. Le PLFSS 2013 réaffirme aussi cet objectif. L équipe de soins de premier recours a un rôle essentiel à jouer dans cette coordination des acteurs autour du patient. C est pourquoi la Mutualité Française souhaite encourager les initiatives locales innovantes des équipes de soins de premier recours qui favorisent la coordination entre les acteurs du sanitaire et du médico-social, le parcours de soins des patients, notamment avec les possibilités offertes par la télémédecine (exemple du PAERPA en Indre-et-Loire). Enjeux pour les mutuelles La coordination constitue d abord un enjeu médical stratégique pour les mutuelles LIII engagées dans tous les niveaux de la prise en charge (premier recours, établissements de santé ) et dont l objectif serait d intégrer et d organiser l ensemble de la trajectoire du patient sur un mode "filière". Les mutuelles LII sont également en train de se questionner sur ce sujet qui pourrait permettre d améliorer le rapport qualité/prix des prises en charge.

Chantier n 8 du programme Gaspar : sensibiliser et former aux structures d'exercice regroupé Notre société connait, depuis maintenant de nombreuses années, une «transition épidémiologique» avec le développement considérable des maladies chroniques. La qualité des soins ne peut plus seulement s apprécier à travers les actes isolés, et la prise en charge des personnes doit s organiser dans le cadre d un parcours de santé global et coordonné. Dans ce contexte, l organisation des soins dits de premiers recours appelle des mutations pour répondre aux aspirations des patients et des équipes soignantes. La coordination des soins, l exercice médical organisé collectivement et pluridisciplinaire sont des évolutions nécessaires, face aux problèmes de la pénurie de médecins généralistes dans certaines zones, à la nécessité de limiter le recours aux soins hospitaliers et à la prise en charge de personnes atteintes de pathologies chroniques ou en situation de handicap ou de perte d autonomie. Le soutien au développement des structures d exercice regroupé et coordonné de premier recours participent à l amélioration de l organisation et de la qualité de l offre de soins de premier recours requise par ces mutations, tout en répondant aux attentes des professionnels de santé. Enjeux pour les mutuelles Le Conseil d Administration du 29 mars 2012 a affirmé la volonté de la Mutualité Française de s investir dans le développement d une offre de soins de premier recours à la fois organisée de manière collective, pluridisciplinaire et accessible financièrement à tous. Le mouvement mutualiste est d ailleurs sollicité à la fois par les professionnels de santé, les collectivités, les partenaires institutionnels et l assurance maladie pour contribuer à ces évolutions dont les enjeux touchent tant la qualité et la coordination des soins que l accessibilité des patients à ces soins et notamment la maitrise des restes à charge. Les structures d exercice regroupé et coordonné peuvent prendre plusieurs formes : centres de santé, maisons de santé et pôles de santé. Pour soutenir son implication dans le développement de structures d exercice regroupé financièrement équilibrées, le Plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de s axer sur trois chantiers jugés prioritaires : Concevoir et mettre en œuvre des journées de formations/information auprès des acteurs et décideurs concernés: UT, UR, représentants auprès des ARS et des instances fédérales, Réaliser un plan de communication interne,

Chantier n 9 du programme Gaspar : soutenir la création de centres de santé Les centres de santé contribuent à l amélioration de l organisation et de la qualité de l offre de soins de premier recours, avec des objectifs sanitaires ambitieux en termes de prise en charge globale et coordonnée et des possibilités de prises en charge innovantes fondées sur la coopération des professionnels de santé. Ils sont une réponse d avenir pour l organisation des soins de premier recours, sous condition d un modèle économique pérenne : ils proposent des tarifs de secteur 1, pratiquent le tiers-payant et sont attractifs pour les professionnels de santé souhaitant exercer sous forme salariée. Les pouvoirs publics se sont emparés de ce sujet ; le Ministère vient en effet de missionner l IGAS afin de définir un modèle économique équilibré et pérenne pour ces structures de soins. Dans le même temps, plusieurs ARS ont annoncé récemment la mise en place de nouveaux travaux d accompagnement pour encourager la création et la pérennisation de telles structures. Il existe aujourd hui environ 1.500 centres de santé en fonctionnement sur le territoire national, dont 350 centres de santé polyvalents. Enjeux pour les mutuelles La Mutualité Française dénombre 46 centres de santé médicaux et polyvalents, 26 centres infirmiers et 440 centres dentaires, qui sont regroupés sous l égide du Réseau National des Centres de Santé Mutualistes. La FNMF et le Réseau National des Centres de Santé Mutualistes, convaincus de la nécessité de maintenir et développer l offre de soins de premier recours coordonnés et accessibles apportée par les centres de santé, se sont engagés, depuis le Conseil National du 1er avril 2011, à approfondir la question de la viabilité économique de ces structures. Ils ont ainsi conjointement construit dès 2011 un concept de centre de santé équilibré qu ils souhaitent désormais valoriser et accompagner dans son appropriation et son déploiement. Ce travail permet aujourd hui d affirmer que les centres de santé peuvent être économiquement viables en mixant certaines activités. Dans la continuité de ces travaux, le Plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 a choisi de se concentrer sur deux actions jugées prioritaires pour soutenir la création de centres de santé : Elargir le modèle de "Centre de santé équilibré" en y intégrant tous les professionnels de santé de premier recours, Accompagner les groupements volontaires dans la création d'un centre de santé.

Chantier n 10.1 du programme Gaspar : explorer de nouveaux modèles d'exercice regroupé et pluriprofessionnel Les maisons et les pôles de santé contribuent à l amélioration de l organisation et de la qualité de l offre de soins de premier recours, avec des objectifs sanitaires ambitieux en termes de prise en charge globale et coordonnée. Les maisons et les pôles de santé sont ainsi l une des réponses aux difficultés d accès aux soins primaires, de fait privilégiée par les professionnels de santé exerçant sous forme libérale. La gestion quotidienne d une maison de santé est consommatrice de temps du fait même de sa nature, comme le nécessite un centre de santé. Les professionnels de santé libéraux exerçant dans une maison de santé rechignent à consacrer du temps à cette gestion et il est souhaitable qu ils se concentrent sur l exercice d une activité de soins pour laquelle ils ont été formés. Enjeux pour les mutuelles Sollicitée par les professionnels de santé, les collectivités, les partenaires institutionnels et l assurance maladie, la Mutualité Française a choisi de soutenir le développement de maisons et pôles de santé. Cette décision a été actée par le Conseil d Administration du 29 mars 2012. La Mutualité Française, forte de son expérience de gestionnaire de structures de soins telles que les centres de santé, pourrait se positionner, en fonction du contexte local et des besoins des professionnels de santé, pour assurer la gestion d une maison de santé. Dès lors, le Plan d actions pour les soins de premier recours 2013-2015 est axé sur deux actions jugées prioritaires: Réaliser un retour d expérience des expérimentations menées au sein du mouvement Effectuer une étude d opportunité et le cas échéant établir des recommandations d implication dans des projets.