La question concerne l ensemble des territoires ultramarins des États de l Union européens. Ces territoires possèdent deux statuts distincts : - les régions ultrapériphériques (RUP) : Açores, Madère (Portugal), Canaries (Espagne), Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint- Martin, Saint Barthélemy (France). Elles font partie intégrante du territoire de l Union européenne et bénéficient des moyens et des aides de natures diverses de la part de l UE : Fonds social européen (FSE), FEDER, programme Interreg ; - les pays et territoires d Outre-mer (PTOM) : une vingtaine de territoires qui relèvent de quatre Etats : France (Polynésie française, Saint-Pierre et Miquelon, Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna, Terres antarctiques et australes françaises ) ; Royaume Uni (Anguilla, Montserrat, Falkland, Bermudes, Pitcairn, Caïman, Sainte-Hélène ) ; Danemark (Groenland) ; Pays-Bas (Aruba, Antilles néerlandaises). Ces territoires ne font pas partie intégrante du territoire de l Union européenne, mais leurs habitants sont des citoyens européens. Les PTOM ont un statut d association avec l UE et reçoivent des aides du Fonds européen de développement (FED), instrument principal de l aide communautaire à la coopération et au développement. Ils bénéficient aussi de l aide de la Banque européenne d investissement (BEI) et participent à certains programmes communautaires (éducation, environnement, santé, transports Schéma : les espaces ultramarins des Etats de l UE : statuts et relations avec l UE Problématiques - Comment les territoires ultramarins des États de l UE gèrent-ils les effets de la distance, de la discontinuité géographique et de l insularité? - Quels types de relations s établissent entre les territoires ultramarins et l Union européenne? - Quel est le positionnement des territoires ultramarins des États de l UE dans leur «aire régionale»? Etude de cas : Une région ultrapériphérique de l'ue : la Guadeloupe (livre p. 210 à p. 213) Un archipel soumis aux aléas et marqué par des difficultés structurelles Un archipel de l Atlantique soumis aux caprices de la Terre La Guadeloupe fait partie des Petites Antilles. Elle se situe dans la mer des Caraïbes, c'est-à-dire à l'est de l'amérique centrale, dans l'océan Atlantique. Elle se trouve à 7 000 km de la métropole. La Guadeloupe est un archipel composé de deux îles principales, Grande-Terre et Basse-Terre, reliées par deux ponts qui permettent de franchir un étroit bras de mer (la 1
Rivière Salée), et de trois autres îles appelées dépendances : les Saintes, la Désirade et Marie-Galante. L'île est confrontée à plusieurs difficultés : - la discontinuité avec le reste du territoire métropolitain marquée par son éloignement, - l'insularité qui renforce son isolement, - la fragmentation territoriale liée à son caractère archipélagique - d'importants aléas : o climatiques : de climat tropical, la Guadeloupe se trouve sur la trajectoire des cyclones. L'opposition entre côte au vent et sous le vent des alizés structure le territoire : les principaux ports ne sont pas côte au vent mais à l'abri, il en va de même des littoraux touristiques qui vont de Saint François à Pointe-à-Pitre, la cote sud et NO de Basse-terre et le Sud de Marie-Galante, le SE de la Désirade et le NO des Saintes. Les alizés viennent de l'atlantique direction NE/SO. o Telluriques : Le volcanisme actif de La Soufrière (1467m) situé sur Basse terre représente un autre aléa dont les guadeloupéens doivent tenir compte. La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demi. Aucun mort n'a été déploré, mais des dégâts matériels. C'est l un des neuf volcans actifs des Antilles. Les séismes sont aussi très nombreux : au XIX ème siècle, plusieurs séismes de magnitude 8 furent enregistrés, notamment celui qui détruisit Pointe-à-Pitre en 1843. L île semble avoir été plus épargnée par les séismes au XX ème siècle. Un archipel marqué par les difficultés structurelles À ces difficultés s'ajoutent les faiblesses structurelles de son économie dont le système productif est surtout fondé sur l'agriculture d'exportation (monoculture de la banane, au cours très dépendant des marchés mondiaux) avec une faible diversification des marchés et sur le tourisme, soumis aux aléas et à la concurrence des îles voisines. La Guadeloupe est donc confrontée à un taux de chômage plus élevé qu'en métropole (supérieur à 20 % alors qu'il est inférieur à 10 % en métropole) et à des prix plus élevés qu'en métropole, d'où est importée une grande partie des produits de consommation courante (vie chère). Le coût des produits de grande consommation a fait l'objet des revendications lors des manifestations de février 2010. La Guadeloupe essaie de dépasser son insularité grâce à la modernisation de ses infrastructures de communication, en particulier de son port à conteneurs, afin de pouvoir multiplier les échanges avec la métropole et avec ses voisins. Guadeloupe et Union Européenne Un statut particulier dans le territoire français La Guadeloupe et la Martinique ont un statut juridique différent de leurs voisins caribéens. Départements et régions d'outre-mer (DROM), elles sont complètement intégrées au territoire français même si elles disposent, dans le cadre de la politique de décentralisation, d'une certaine souplesse pour adapter la loi aux spécificités locales. Une intégration variable dans l espace caribéen Il existe aussi une différence de niveau de vie entre les deux DROM et les îles voisines, dont la plupart sont moins développées. Donc elle représente un territoire attractif pour les 2
émigrants des îles voisines et en particulier de Haïti qui fait partie des PMA dont l IDH est de 0,54 alors que la réunion a un IDH est proche de 0,9, même si les disparités à l intérieur de l île sont importantes. La Guadeloupe est faiblement intégrée dans l aire Caraïbe pour des raisons économiques (écart de richesse, politique française protectionniste...), culturelle (les îles voisines sont pour la plupart anglophones ou hispanophones), mais aussi à cause de la faiblesse des infrastructures de transport qui ne permettent pas d'importants échanges entre les îles de cet espace. Les quelques infrastructures portuaires existantes sont surtout liée au tourisme. L'UE tente de faciliter l'intégration de la Guadeloupe dans l'espace caribéen en finançant des projets de coopération qui apportent des solutions aux problèmes communs à l'ensemble de la région comme, par exemple, la gestion des risques naturels dans une zone fortement exposée à de multiples aléas : cyclones, séismes, volcanisme... Un réseau de sismographe a par exemple été installé par l institut de physique du globe de Paris couvrant la Guadeloupe, la Martinique et les îles voisines anglaises, afin d avoir une cohérence de réponse en termes de volcanisme. En revanche, les programmes communs en termes de gestion du risque sismique restent rares. Les constructions en Guadeloupe et sur l ensemble des îles de l arc des Antilles ne correspondent généralement pas aux normes parasismiques. Un archipel qui s intègre parfaitement dans les programmes d aide aux PTOM européens La Guadeloupe bénéficie de nombreuses aides financières venant de l'ue dans le cadre de différents fonds comme le FEDER ou le FEOGA. Ces aides visent à favoriser le développement de l'île, en particulier en finançant des projets pour réduire les effets de l'éloignement et de l'insularité et valoriser les spécificités locales. La promotion de la banane guadeloupéenne, co-financée par l'ue, ou encore le développement d'un parc éolien à la Désirade ou à Marie Galante illustrent cette logique aux dimensions tant économique que sociale, environnementale et culturelle. I. Les territoires ultramarins : une Europe originale et lointaine A. Des territoires dispersés sur la planète Une soixante de territoires composent les territoires ultramarins de l UE, appartenant à la France, l Espagne, le Portugal, le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni (voir liste en introduction) : des restes des empires coloniaux qui agrandissent aujourd hui la ZEE 1 de leur Etat. Pour la France, cela concerne 9,6 millions de km². Ces territoires sont éloignés de leur métropole et de l UE (Groenland à 3000 km du Danemark et la Nouvelle-Calédonie à 16 700 km de la France), d où des temps de trajet longs (12 heures pour un vol Paris-St Denis de la Réunion) et coûteux (entre 500 et 1500 euros pour un vol Paris-Pointe à Pitre). Dans les archipels, des îles souvent minuscules et éloignées composent l ensemble de l archipel (comme en Polynésie). Cependant, l ensemble de ces territoires ont aussi des potentialités : - une image idéalisée de paradis tropical (Bora Bora) et des réserves de biodiversité, qui sont un atout pour le tourisme ; - des potentialités agricoles, notamment les produits tropicaux comme la production de banane en Guadeloupe. 1 Zone économique exclusive soit une distance de 200 000 milles marin au-delà des côtes dans lequel chaque pays peut exploiter les ressources sans avoir de compte à rendre aux autres pays. 3
- des ressources maritimes : immenses ZEE (zone économique exclusive de 200 000 milles nautiques, soit environ 370 km), les territoires ultramarins permettent à l UE de contrôler une ZEE de 25 millions de km 2 dont 10 millions pour la France, 2 ème ZEE mondiale. - des passages stratégiques (ex : îles Eparses et Mayotte dans le canal du Mozambique). B. Une majorité d îles volcaniques tropicales La majorité de ces territoires ultramarins sont des îles ou archipels volcaniques situés en zone tropicale ou océanique (Açores, Canaries, Martinique, Réunion ), d où une exposition aux aléas naturels (éruptions, cyclones, coulées de boue ). Des paysages de carte postale, exploités dans le cadre de la mise en tourisme de ces territoires. Les risques auxquels doivent faire face les territoires ultramarins sont donc nombreux : - risques d inondations en saison des pluies - forte érosion accentuée par la déforestation ou la destruction des mangroves - risques cycloniques - risques volcaniques et sismiques : volcans actifs comme le Piton de la Fournaise à la Réunion ou la Soufrière à la Guadeloupe. Les exceptions au modèle de l île volcanique tropicale sont : - La Guyane, seul territoire ultramarin continental en zone équatoriale - quelques îles ou archipels en zone polaire ou subpolaire (Saint-Pierre et Miquelon, Groenland, Kerguelen, Terre Adélie ) : les terres les moins peuplées (quelques chercheurs dans des bases scientifiques). C. Des statuts administratifs variés Les territoires ultramarins sont composés de sept RUP : Açores, Madère, Canaries, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane. Des territoires intégrés à l UE, où le droit communautaire s applique et qui perçoivent des aides du FEDER au nom des handicaps structurels. Ils comprennent également une cinquantaine de PTOM : des territoires membres des pays de l UE mais avec un statut d autonomie (roi à Wallis et Futuna) donc non intégrés à l UE (hors zone euro) mais qui peuvent recevoir certaines aides. II. Des liens étroits avec l Europe pour soutenir le développement A. Un développement fragile et déséquilibré Le niveau de développement est toujours inférieur à celui de l UE : IDH des RUP légèrement inférieur à la moyenne de l UE (sauf pour Les Canaries) ; PIB par habitant inférieur à la moyenne de l UE (surtout aux Açores, à la Réunion et en Guyane), doublé d un taux de chômage souvent supérieur à celui de l UE (surtout dans les RUP françaises, où le mode de calcul est différent de celui utilisé ailleurs). Des inégalités socio-spatiales souvent marquées apparaissent dans les territoires ultramarins de l UE : - entre les groupes sociaux : les métis sont les plus pauvres ce qui cause des tensions - entre les territoires eux-mêmes : les territoires proches de l UE s en sortent globalement mieux (impact du tourisme du fait de la proximité européenne) Les sociétés sont le plus souvent héritières de l histoire coloniale, multiculturelles, mêlant populations autochtones (dans le Pacifique Kanaks de la Nouvelle Calédonie par ex. - ou à Mayotte), descendants de colons européens (békés en Martinique ou caldoches en Nouvelle Calédonie), descendants d esclaves africains (base du peuplement des Antilles) et migrants d origine diverse (souvent Indiens ou Chinois). Le métissage y est important. Des contacts 4
entre les colons européens et les esclaves africains naissent les sociétés créoles des Antilles ou de la Réunion. Population (milliers d habitants) Densité (hab/km 2 ) PIB par habitant (base 100 UE) Taux de chômage (%) Programmation UE 2007-2013 (millions d euros) Canari es Açores Madère Guadeloupe Martinique Guyane française La Réunion 1973 243 246 436 397 209 783 265 104 296 256 352 3 313 94 67 95 71 76 51 60 10,4 4, 3 6,8 25 22,1 21 25,2 1289 1430 620 865 615 479 1850 Des poids démographiques contrastés (voir tableau ci-dessus) ; des sociétés connaissant souvent une croissance démographique supérieure à la métropole, mais un fort ralentissement auj. et une explosion urbaine. Les principales métropoles sont le reflet de sociétés très inégalitaires et subsistent (ou même s agrandissent) des quartiers d habitat précaire (quartier de Kawéni au nord de Mamoudzou, peuplé de migrants récents comoriens). -Des caractéristiques socio-économiques spécifiques : Un fort taux de chômage : + de 25% à la Réunion (moyenne européenne de 9,6%) mais une situation en revanche plus favorable aux Açores (4,3%) ou à Madère ; Un coût de la vie élevé (importations en provenance de la métropole) et des inégalités fortes entre les salaires relativement élevés des emplois «protégés» (administration) et les emplois précaires, ainsi qu avec la métropole, d où un malaise social. De très importants mouvements sociaux aux Antilles françaises de janvier à mars 2009 : ils débutent en Guadeloupe par un appel à la grève générale par le «comité contre l exploitation outrancière» ou LKP. Les revendications principales portent sur une baisse des prix, notamment des carburants et de l alimentation, et sur une revalorisation des bas salaires. Le mouvement se propage à la Réunion. Des négociations portant surtout sur la baisse des prix de produits de consommation de base mettent fin aux conflits. Des économies fragiles et dépendantes: - Hypertrophie du secteur tertiaire- dans lequel l emploi public occupe un poids prépondérant-, l agriculture est en crise (concurrence de pays producteurs, parfois de l espace régional, à des coûts nettement inférieurs) et l industrie quasiment pas développée. La dépendance vis-à-vis de la métropole est donc forte, y compris pour les produits énergétiques ou alimentaires de base (exception de la Nouvelle Calédonie, exportatrice de nickel). - Le développement du tourisme apparaît comme vital, en s appuyant sur l image de paradis insulaires préservés, mais les handicaps existent (éloignement- forte concurrence dans l espace régional avec des coûts moindres, par ex. aux Antilles- impossibilité de développer un tourisme de masse dans des environnements fragiles- écotourisme à privilégier mais faibles recettes). - Quelques territoires misent sur un statut de paradis fiscal (PTOM britanniques et néerlandais des Antilles) 5
Mais les territoires ultramarines sont aussi pour la France ceux qui connaissent la croissance la plus rapide et Françoise Rivière (dans L Outre-mer français : où en sommes-nous?) conclue ainsi sa réflexion sur le coût et la dépendance de l Outremer : «la comparaison souvent effectuée en référence à un ensemble «métropole», ou la France entière, se révèle délicate. En effet, il n y a pas de données sur les échanges entre le Limousin et le reste de la France». Malgré leurs difficultés, les territoires ultramarins de l UE représentent dans leur espace régional des îlots de prospérité relative. B. Des liens toujours étroits avec la métropole Les territoires ultramarins ont une économie centrée sur un ou deux secteurs (plantations tropicales et tourisme), assez peu compétitive, d où la nécessité d aides économiques de la part de la métropole (notamment sur le coût du transport). Cela a un double effet pervers, baptisé le «syndrome hollandais» par Jean-Christophe Gay (géographe spécialiste des DROM) avec un essor des secteurs protégés (services publics, BTP, énergie, télécoms ) et une certaine atonie manque de développement et de dynamisme des secteurs non protégés (tourisme, agriculture, extraction minière ). C. Le soutien apporté par l Union européenne Des aides sont apportées aux RUP par l UE au titre des «handicaps structurels» définis par le traité d Amsterdam (1997), repris par le traité de Lisbonne (2007). Le but est de compenser les handicaps (éloignement, isolement, risques, dépendance économique ) afin de soutenir ou protéger certains secteurs économiques et de financer des aménagements (route des Tamarins à La Réunion) Des financements moins importants sont octroyés pour les PTOM dans la mesure où ils ne font pas partie de l UE (d où le choix de Mayotte de devenir un DROM donc une RUP). III. Une intégration difficile et inégale dans la mondialisation A. Des îlots de prospérité dans un environnement plus pauvre Où qu ils soient, les RUP et les PTOM ont un IDH supérieur à Etats et territoires qui les entourent : dans les Caraïbes, les RUP et les PTOM français, britanniques et néerlandais ont un IDH supérieur à 0,9, ce qui n est pas le cas d Haïti (0,54) ou de la République dominicaine (0,77). Ces territoires ultramarins constituent donc de mini-interfaces Nord-Sud, mettant en contact des territoires développés appartenant aux pays du Nord et des territoires en développement appartenant aux pays du Sud. Le cas de Mayotte est dans ce cas particulièrement saisissant. Mayotte apparaît dans son environnement régional comme un îlot de prospérité relative : son PIB/hab est plus de 10 fois supérieur à celui de Madagascar et 6 fois supérieur à celui des Comores voisines, dont 70 km seulement la sépare (distance Mayotte-Anjouan, l île de l archipel la plus proche). Mozambique, Comores et Madagascar sont des PMA, et seules Maurice et les Seychelles sont des pays développés. Cette relative prospérité explique l attractivité de Mayotte pour les habitants des autres îles de l archipel et l importance des migrations illégales, en provenance d Anjouan (70 km), après l instauration d un visa obligatoire en 1993. La question est d autant plus complexe que pour l Union des Comores, Mayotte est un territoire comorien, représenté aujourd hui sur le drapeau comorien par une des 4 étoiles et la couleur blanche. Rappelons que lors du référendum sur l indépendance des Comores en 1974, Mayotte est la seule des 4 îles à se prononcer pour un maintien dans la République française. Ce problème explique en grande partie que Mayotte soit faiblement intégrée dans les institutions régionales : ainsi elle n appartient pas à la COI (Commission de l Océan Indien), créée en 1984 et qui 6
comprend les Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et la Réunion ou encore au COMESA (marché commun de l Afrique orientale et australe). La coopération régionale existe cependant : le Fond de Coopération Régionale de Mayotte, créé en 2001 et alimenté par des crédits d état,, finance des projets réalisés notamment aux Comores et à Madagascar. Mais les fonds restent très modestes eu égard aux besoins (environ 350 000 euros en 2009). Schéma : Mayotte, territoire ultramarin, entre domination régionale et aide de l UE 1) Un territoire lointain et isolé Eloignement (distance et temps) Insularité 2) Un îlot de prospérité relative dans un espace peu intégré et marqué par des tensions Niveau de développement très élevé Niveau de développement élevé Niveau de développement moyen Niveau de développement très faible Une forte attractivité migratoire Tensions (revendication territoriale des Comores et lutte contre les migrations illégales) Expulsions de migrants illégaux 3) Une économie fragile et dépendante Métropole hypertrophiée Espaces ruraux de plus en plus marginalisés Un environnement fragilisé Flux de capitaux (aides et investissements de la métropole et de l UE) et de marchandises Une émigration croissante (étudiants, travail) B. Des territoires qui attirent des touristes et les immigrés Un différentiel de richesse et de développement qui suscite l attraction d immigrés (souvent clandestins), venus chercher des conditions de vie meilleures (Les Canaries, seconde 7
porte d entrée de l immigration clandestine dans l UE, du fait de leur proximité avec les côtes marocaines). Ces territoires sont aussi marqués par une forte attraction touristique : des touristes essentiellement européens (d abord des nationaux) puis quelques touristes venant des Etats développés proches (touristes venus des Etats-Unis dans les RUP et les PTOM des Caraïbes). C. Une faible intégration régionale Les liens restent cependant assez faibles avec les Etats et territoires aux alentours. Plusieurs éléments permettent de mettre ceci en valeur : - les échanges commerciaux sont minoritaires dans l aire régionale (des Etats souvent peu solvables et produisant à moindre coût) - les territoires ultramarins ne sont pas intégrés aux organisations régionales (les RUP et les PTOM sont des territoires relevant directement ou indirectement de l UE) car ils relèvent de l organisation régionale de leur métropole, à savoir l UE. Dans tous les cas, les liens restent forts et importants avec l UE et la métropole : la métropole est systématiquement le partenaire commercial privilégié pour les échanges (60% des importations martiniquaises et 79% des exportations martiniquaises), viennent ensuite les Etats européens car les échanges ne comportent pas de taxes douanières. 8