CHAP 1 LES SOURCES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE 1.1 LA CROISSANCE ECONOMIQUE EST-ELLE FACILEMENT MESURABLE? Introduction : En 1820, le milliard d hommes qui peuplait alors la planète produisait, du fait de son activité économique, pour un peu plus de 720 milliards de dollars de biens et de services évalués aux prix internationaux de 2011. En 2011, les 7 milliards d hommes en ont produit...80 000 milliards de dollars. Miracle des exponentielles, car cette multiplication par cent-onze correspond en fait à un rythme annuel moyen de croissance de 2,5%. Un chiffre bien faible en apparence, mais qui répété année après année durant cent quatre-vingt onze ans a bouleversé le mode de vie de très nombreuses personnes. Et a sans doute rompu bien des équilibres sociaux et environnementaux que les sociétés humaines avaient bâtis au fil des siècles. Une fois retirée de l augmentation de la population, la production par tête a été multipliée par seize, soit un rythme annuel moyen de 1,5%. Cet enrichissement rapide de la population s accompagne d un certain nombre de questions. Comment a-t-on pu mesurer la richesse produite dans le monde en sachant que les biens et les services produits sont de nature différente (des produits alimentaires, des produits industriels, des services éducatifs, des services de transport, des services bancaires ) et en sachant que leurs prix évoluent dans le temps et dans l espace? Les méthodes choisies par les comptables nationaux pour évaluer la production sont-elles fiables? Prennentelles en compte la totalité des richesses produites? Mesurent-elles correctement la quantité de biens et de services disponibles pour la population? Enfin, cet enrichissement de la population s est-il traduit par une amélioration de la qualité de vie? A La notion de croissance économique 1. La croissance correspond à une augmentation durable et à long terme du volume de la production. Cette définition implique un certain nombre de précision : La production est l activité socialement organisée de fabrication de biens et de mise à disposition d autrui de services, qui contribuent à satisfaire des besoins individuels ou collectifs. Les biens sont des objets matériels et stockables, pour lesquels il existe une demande, qui sont possédés initialement par leurs producteurs et qui peuvent être vendus à des clients par une transaction sur un marché (Automobile, ordinateur, tonne de cuivre, machine-outil...). Les services consistent en une prestation immatérielle et non stockable fournie au client. Le service rendu au client a lieu uniquement au moment de sa production, même si ce service permet l obtention d un bien matériel ou d une connaissance utilisable ultérieurement (Le service d'un commerçant qui met à votre disposition une marchandise, le service éducatif d'un enseignant..). La Comptabilité nationale limite la production à l activité économique socialement organisée consistant à créer des biens et des services s échangeant habituellement sur le marché et/ou obtenus à partir de facteurs de production s échangeant sur le marché. En conséquence, la valeur de la production mesurée par la Comptabilité nationale est la somme de la valeur de la production marchande et de la valeur de la production non marchande. La production marchande désigne la production «écoulée ou destinée à être écoulée sur le marché». Elle est évaluée aux prix de marché. Elle comprend notamment tous les biens et services vendus à des prix supérieurs à 50% des coûts de production (il existe donc des productions marchandes non rentables). La production vendue correspond au chiffre d affaires du producteur. La production qui n est pas immédiatement vendue est stockée.en conséquence : o o Si le chiffres d affaires est inférieur à la production totale, le producteur a dû stocker une partie de sa production ; Si le chiffre d affaires est supérieur à la production totale, le producteur a dû puiser dans ses stocks pour répondre à la demande. Il a déstocké. La production non marchande est évaluée aux coûts de production (salaires, coût du capital ) car elle n a pas de prix de marché. Elle est fournie gratuitement ou à un prix inférieur à 50% du coût de production par les administrations publiques, les associations sans buts lucratifs (ISBLM) et les ménages (L éclairage public, le service éducatif de l éducation nationale l éducation nationale, les paniers repas des Resto du cœur, la production des jardins des ménages ).
Valeur de la production marchande = Quantités produites x prix unitaire hors taxe Chiffres d affaires = Quantités vendues x prix unitaire hors taxe Valeur de la production marchande = Chiffres d affaires +/- stocks Valeur de la production non marchande = Quantités produites x Coût unitaire de production Valeur de la production = Production marchande + Production non marchande Cependant, la valeur de la production ne mesure pas ce qu'a réellement créé le producteur car une partie des biens et services intermédiaires n'ont pas été produit par lui mais acheté à d autres producteurs. Pour mesurer la richesse produite par chaque agent, on calcule la valeur ajoutée brute qui est la valeur que chaque agent ajoute à la valeur des consommations intermédiaires qu il a achetées (biens et services, achetés par l entreprise, détruits ou transformés dans le processus de production). Elle mesure la richesse créée par chaque agent économique. La valeur ajoutée est brute parce que l on n a pas encore retiré les amortissements qui servent à maintenir constant le stock de capital fixe (équipements durables et bâtiments). Valeur Ajoutée (VA) = Production Consommations intermédiaires (CI) = CA +/- Stocks - CI 2. La croissance est phénomène quantitatif que l on peut mesurer. On retient en général le Produit Intérieur Brut (PIB) comme agrégat pour mesurer les quantités produites. Ce PIB doit être calculé en volume ou à prix constants pour éliminer la hausse des prix courants et pouvoir comparer les quantités produites évalués avec les mêmes prix de référence, les prix constants (voir TD et fiche méthode). Le Produit intérieur brut correspond donc à la richesse créée en une année par les agents économiques sur le territoire national (les résidents). Le produit est «intérieur» car il ne retient que la VA des unités résidentes quelque soit leur nationalité. Un résident est un agent économique qui réside au moins un an sur le territoire. On ajoute les impôts sur les produits (TVA + TIPP + Droits de douane) parce qu ils augmentent le prix du marché (TIPP = taxe intérieure sur les produits pétroliers). On retire les subventions parce qu elles permettent de diminuer le prix du marché. Le PIB (critère de la territorialité) = PIB marchand = Somme des VA + TVA + Droits de douane Subventions + PIB non marchand = Somme des services non marchands évalués aux coûts des facteurs PIB PIB Marchand PIB non-marchand Le PNB (critère de la nationalité) = PIB + Revenus des facteurs versés par les non-résidents Revenus des facteurs versés à des non-résidents Le PNB mesure la richesse disponible pour les résidents avant amortissement alors que le PIB mesure la richesse créée sur le territoire national.
3. La croissance est un phénomène de long terme (plus de 5 ans) alors que l expansion correspond à une augmentation de la production à court ou moyen terme, qui s inscrit dans un cycle. Le trend de croissance correspond à la pente ou à la tendance à long terme de la croissance. Entre 1960 et 2011, le PIB français a été multiplié par 4,5 soit une hausse de 350% (4,5 1 x 100) ou une hausse de 2,99% par an en moyenne ( 1 x 100). Tendances longues de la croissance en France (PIB en euros constants 2005) 1960-1974 + 5,2%/an 1974-1994 + 2,2%/an 1994-2011 + 1,5%/an On peut observer deux grandes tendances pour la croissance française que l on retrouve dans la plupart des pays avancés : La croissance baisse au cours du temps, ce qui ne veut pas dire que le PIB baisse mais qu il augmente de moins en moins rapidement : 5,2% par an en moyenne pendant la période 1960-1974, + 2,2% par an en moyenne pour les vingt années suivantes et + 1,5% par an en moyenne pour la période 1994-2011. Taux de croissance du PIB français en volume Expansion Ralentissement Récession La croissance du PIB varie à court terme de façon plus ou moins cycliques avec des phases : D'expansion : phase du cycle caractérisée par une accélération du rythme de la croissance qui se traduit par une hausse du taux de croissance. La production augmente de plus en plus vite (exemple : + 4,5% en 1961, + 6,9% en 1962) et dépasse le sentier de croissance (trend). De ralentissement : le rythme de croissance décélère et le taux de croissance diminue. La production continue d augmenter mais de moins en moins vite (exemple : + 4% en 1978, + 3,2% en 1979, + 1,8% en 1980 en France). Il y a une baisse de la croissance mais pas de la production. De récession qui se définit par une contraction de la production d'un pays pendant au moins deux trimestres consécutifs (exemple : en 1974, en 1993 et en 2009 en France). Le taux de croissance est négatif et la production recule. La dépression suppose une chute de la production forte et durable (la crise de 1929 par exemple) qui s accompagne d une déflation (baisse des prix et des salaires).
B Une croissance inégale dans le temps et dans l espace 1. Pour analyser la croissance du PIB à long terme, il faut calculer le taux de croissance annuel moyen (cf.td n 1) à partir de la formule suivante (voir TD sur la mesure de la croissance et fiche méthode) : n A (1 g) D A = Valeur d'arrivée D = Valeur de départ n = Nombre d'années g = taux de croissance annuel moyen A g ( ) D 1x100 A/ D 1x100 Ainsi, le PIB mondial, selon les calculs d'angus Maddison, est passé de 385 milliards de dollars PPA 2011 à 720 milliards entre 1700 et 1820. Il a donc été multiplié par 1,87 (A/D) en 120 ans (n), ce qui se traduit par une augmentation moyenne du PIB mondial de 0,52% par an en moyenne ( 1 x 100). On remarque que des taux de croissance annuels moyens présentant de faibles différences aboutissent à des écarts très importants de PIB au bout de deux siècles (près du double sur 100 ans pour 0,5 pt de croissance d'écart!). 2 Taux de croissance annuel moyen du PIB en volume par grande zone (en %) 1700-1820 1820-1870 1870-1913 1913-1950 1950-1973 1973-2011 Pays avancés 0,56 1,8 2,6 3,4 4,9 2,5 Pays en développement 0,50 0,4 1,6 1,0 5,3 5,0 - Afrique 0,20 0,5 1,4 2,7 4,8 3,5 - Amérique latine 1,1 0,8 4,0 4,0 5,6 3,1 - Asie (hors Japon) 0,55 0,1 1,1 1,6 4,7 6,7 Total Monde 0,52 0,9 2,1 2,6 5,0 3,5 (Source : Angus Maddison, Economie mondiale, une perspective millénaire, Ocde, 2001 actualisé 2012) soit 2. Lorsque l on observe les PIB et les taux de croissance annuels moyens du monde et des ses différentes régions depuis le XVIIIe siècle, on s aperçoit que la croissance est : Un phénomène récent : Avant le XIXe siècle, la production mondiale augmentait très faiblement (Autour de 0,5% par an en moyenne) et de façon très irrégulière, l'expansion étant suivie de profondes crises liées aux mauvaises récoltes. Au début du XIXe siècle la production réelle n augmentait que de 1,8% par an en moyenne dans les pays avancés, ceux de de la Première révolution industrielle. Puis la croissance s accélère. Il faut de moins en moins de temps pour que le PIB mondial double : 120 ans entre 1700 et 1820, 60 ans entre 1820 et 1880, 33 ans entre 1880 et 1913, 15 ans entre 1850 et 1965 et 12 ans entre 1998 et 2010. Ce taux a atteint les 5% par an en moyenne pendant les Trente glorieuses (1945-1975) dans les pays avancés et, de nos jours, des pays émergents, comme la Chine, peuvent dépasser les 10% l an. Un phénomène irrégulier : On peut établir plusieurs périodes. La Deuxième Révolution industrielle (1870-1913) a connu une croissance mondiale près de 3 fois supérieure à celle de la Première (1820-1870). Cette accélération a été interrompue par les deux guerres mondiales et la crise de 1929 pour les pays occidentaux. La production mondiale n'augmente en moyenne que de 2,6% par an en moyenne entre 1913 et 1950. De même, les 30 glorieuses ont pris fin avec la «crise» des «20 piteuses» (1975-1995) qui s est traduite par un fort ralentissement de la croissance. Entre 1973 et 2011, on observe une perte de 1,5 point de croissance par apport à la période précédente. De nos jours, la croissance mondiale est tirée par le dynamisme des pays émergents (Chine, Inde, Brésil ). 1 Evolution des PIB mondial et régionaux (en milliards de dollars PPA de 2011) 1700 1820 1870 1913 1950 1973 2011 Etats-Unis 0 13 102 537 2 264 5 500 14 988 Japon 16 22 26 74 266 2 050 4 590 Europe occidentale 85 170 356 835 2 424 7 275 16 098 Royaume Uni 11 38 104 233 594 1 153 2 398 Allemagne 14 40 74 246 434 1 655 3 212 France 22 62 75 150 360 1 113 2 310 Total des pays avancés 105 206 500 1 516 5 265 15 749 40 200 Europe de l'est et Asie centrale 28 63 134 367 264 724 3 938 Afrique 25 32 42 76 201 587 2 190 Moyen-Orient 13 20 23 37 140 900 2 974 Amérique-Latine 4 15 23 126 544 1 900 6 060 Total Asie (hors Japon) 210 405 421 685 728 2 100 24 400 Chine 86 238 197 250 224 676 12 770 Inde 94 115 140 212 241 537 4 632 Total des pays en développement 280 514 643 1 291 1 877 6 211 39 562 PIB Mondial 385 720 1 143 2 807 7 142 21 960 79 762 (Source : Angus Maddison, Economie mondiale, une perspective millénaire, Ocde, 2001 actualisé 2012) 1 n n
Un phénomène inégalement réparti : Le Royaume-Uni (vers 1780) et la France (vers 1840) démarrent les premiers dans le cadre de la Première Révolution industrielle (Charbon, Acier, Textile). Ces 2 pays représentent 15,6% de la production mondiale en 1870 et près de la moitié de la production industrielle mondiale. Les pays non occidentaux, qui représentaient plus de 72,7% de la production mondiale en 1700 ne suivent pas à cette époque le train de la croissance. Entre 1820 et 1870, leur croissance est 4,5 fois moins forte que celle des pays avancés. Cependant, à cette époque, la Chine est toujours la première économie mondiale, et de très loin. Elle réalise à elle-seule 33% du PIB mondial. L'Inde qui l'a longtemps égalée aligne un PIB deux fois inférieur. Les Etats-Unis, l'allemagne et le Japon démarrent au moment de la deuxième Révolution industrielle (Electricité, Pétrole, Chimie, Automobile), dans les années 1870, et rattrapent assez vite le Royaume-Uni et la France. Entre 1870 et 1913, la part du Royaume-Uni dans la production industrielle mondiale passe du tiers au sixième et celle des Etats-Unis du quart au tiers. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les Etats-Unis réalisent près du tiers de la production mondiale contre 19,4% pour l'allemagne, la France et le Royaume-Uni réunis et 3,7% pour le Japon. Pendant les Trente glorieuses (1945-1975), les pays Européens et le Japon rattrapent progressivement le niveau de vie américain au moment où triomphent les industries liées au Fordisme (Automobile, équipement ménager ). La croissance du Japon dépasse les 9% par an en moyenne durant cette période et celle de l'europe occidentale approche les 5% par an. Dans le sillage des pays «développés», les «nouveaux pays industrialisés» (NPI : Corée du sud, Taïwan ) amorcent leur démarrage à un rythme élevé (plus de 6% l'an en moyenne). Le ralentissement qui affecte l économie mondiale depuis le milieu des années 1970 affecte davantage les pays d Europe et le Japon que les Etats-Unis. Le rattrapage européen et japonais est interrompu. Les «pays émergents» profitent de la crise pour rattraper leur retard. Mais, ce sont les NPI d'asie, la Chine et l'inde qui tirent cette croissance. Pour les pays d'amérique Latine et pour l'afrique, il s'agit de décennies perdues qu elles essayent de rattraper depuis les années 2000. La récession des années 2009-2010, qui touche essentiellement les pays occidentaux alors que les pays asiatiques continuent sur leur lancée, accentue le rattrapage des pays émergents et le "basculement de la richesse" vers les pays du Sud. En 1973, les pays avancés réalisaient 71,7% de la production mondiale et les pays en développement 28,3%. De nos jours, la production des premiers ne représentent plus que 50,4% du PIB mondial et celle des pays en développement 49,6%. La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale! On assiste donc à un nouveau «basculement» du monde. Répartition du PIB mondial par grands pays 1960-2012 (en % du PIB PPA mondial)
C Les limites du PIB comme indicateur de croissance des richesses par habitant a) L évaluation du volume de la production se heurte à certains obstacles méthodologiques 1. Élaboré aux États-Unis pendant la «Grande Dépression», le Produit intérieur brut (PIB) est devenu un indicateur de référence pour évaluer et comparer les performances économiques des différents pays du monde, voire le bien-être de leurs citoyens. Pourtant, en 2008, le Président Nicolas Sarkozy a mis en place une commission présidée par le prix Nobel d économie américain Joseph Stiglitz pour réfléchir sur la pertinence de cet indicateur et sur la nécessité d en développer d autres qui prennent mieux en compte les conditions réelles et la qualité de la vie des citoyens. Le PIB mesure-t-il parfaitement la richesse créée dans un pays? L augmentation de la quantité de biens et de services correspond-t-elle à une amélioration du bienêtre? L utilisation du PIB pose, en effet, une série de problèmes : 2. 1 er problème : le calcul du volume de la production prend difficilement en compte l amélioration de la qualité des produits (voir le TD sur la mesure de la croissance). La comparaison dans le temps des PIB suppose un système de prix commun, les prix constants. En effet, on ne peut pas additionner des quantités de voitures avec des heures d enseignement ou avec services de télécommunications. On ne peut additionner que des valeurs c est à dire des quantités multipliées par leur prix unitaire du moment, le prix courant. Valeur de la production = Quantités produites x Prix courant unitaire Cependant, d une année sur l autre, le prix courant d un bien évolue. Il devient donc impossible de comparer des productions d années différentes car les quantités n ont pas été évaluées avec les mêmes prix. On est donc obligé de «déflater» la production en multipliant les quantités de chaque année par un système de prix commun, celui d une année de référence. On obtient ainsi le PIB réel ou en volume ou à prix constant qui sert pour les calculs de la croissance. Volume de la production = Cependant, le calcul du volume de la production repose sur un indice des prix qui a du mal à évaluer l amélioration de la qualité des produits. En effet, les statisticiens enlèvent une partie de la hausse des prix qu ils constatent parce que cette hausse reflète une amélioration de la qualité du produit. Ils veulent raisonner à qualité constante. Ce faisant, ils peuvent sous-évaluer la hausse des prix et gonfler le PIB constant ou l inverse ce qui va fausser les calculs de la croissance. Aux États-Unis, la Commission Boskin a ainsi conclu, en 1996, que l inflation avait été surévaluée de 1,1 point de %, la croissance réelle étant, par conséquent, sous-évaluée dans la même proportion. Enfin, le calcul se complique avec les services commerciaux car le prix ne rend aucunement compte de la qualité du service rendu comme l'accessibilité du magasin ou le niveau des prestations fournies par le personnel, qui peut évoluer dans le temps ou différer d'un magasin à un autre 3. 2 ème problème : la comparaison internationale des PIB suppose que les consommateurs ont le même type de consommation. Lorsque l on veut comparer les niveaux de production de pays différents, on se heurte à une série d obstacles (voir fiche méthode sur le calcul en PPA) : Le prix courant d un produit n est pas le même d un pays à l autre, ce qui augmente artificiellement la production du pays qui a le niveau des prix le plus élevé. La structure des prix, c est-à-dire les prix relatifs d un produit par rapport aux autres est également différente d un pays à l autre («effet de structure»). Ainsi, si en GB un produit C permet d acheter 2 produits A alors qu aux Etats-Unis, un produit C équivaut à un produit A. La GB, qui produit beaucoup de A et peu de C est donc défavorisée par rapport aux Etats-Unis. Les taux de change courants sont soumis à de fortes variations depuis la fin du régime de fixité des changes (1973). Toute variation de change modifie artificiellement les écarts entre PIB. La méthode du calcul des PIB en parité de pouvoir d achat (PPA) élimine le problème de la variation des taux de change courant et des différences de prix entre pays en calculant un taux de change réel exprimant le même pouvoir d achat d un pays à l autre. Pour cela, on calcule la valeur, en monnaie locale, d un panier du consommateur identique dans chaque pays. On fait ensuite le rapport entre les différentes valeurs de ces paniers pour avoir les taux de change réels. On calcule ensuite les prix moyens internationaux à partir du taux de change en parité de pouvoir d achat et on multiplie les quantités produites dans chaque pays. Cette méthode modifie sensiblement les écarts entre les pays du Nord et les pays du Sud comme le montre ce tableau suivant :
PIB 2010 Montant des PIB par pays en valeur et en parité de pouvoir d'achat en milliards de $ courants rang en milliards de $ PPA Etats-Unis 14 624 1 14 624 1 Chine 5 745 2 10 084 2 Japon 5 390 3 4 309 3 Allemagne 3 306 4 2 932 5 France 2 555 5 2 146 9 Royaume-Uni 2 258 6 2 181 8 Italie 2 037 7 1 771 10 Brésil 2 023 8 2 182 7 Russie 1 477 10 2 919 6 Inde 1 205 11 4 001 4 (Source : FMI 2011) Cette méthode est cependant critiquable car elle suppose que le panier du consommateur soit identique d un pays à l autre ce qui est loin d être le cas. Les biens composant le panier sont essentiellement des produits américains que l on peut retrouver dans tous les pays de la planète. b) Le PIB ne prend pas en compte la totalité des richesses produites 4. 3 ème limite : Le PIB prend mal en compte les activités de l'économie souterraine : l'économie souterraine ou économie informelle, regroupe toutes les activités productrices qui échappent aux regards de l'etat et à la comptabilité nationale. Au sens strict de l Eurostat, cette économie comprend : Les activités productrices licites mais non déclarées : fraude ou évasion fiscale d entreprises déclarées, travail au noir ou production non déclarée d entreprises n ayant pas d existence légale. Les activités illicites telles que le trafic de drogue, la prostitution... Les comptables nationaux essaient d évaluer ces activités à partir d enquêtes. Ainsi, la production de l'italie fait l'objet d'un redressement égal à 17% de son PIB déclaré. Celle de la France de 4%. Mais, il restera toujours une partie de la production qui échappera aux statistiques particulièrement dans les pays en développement. Au sens large, pour les économistes Schneider et Enste, il faudrait y inclure le troc de biens et de services, les compléments en nature, la production domestique, etc. rang 5. 4 ème limite : le PIB sous-évalue les activités non marchandes : le PIB privilégie les activités marchandes même s il prend en compte la production des services collectifs non marchands des administrations publiques et privées évalués à leurs coûts de production. En conséquence : Il sous-évalue l autoconsommation des ménages (production des jardins, construction du logement, élaboration des vêtements ) qui représente souvent une grosse partie de la production dans les pays les moins avancés.
Le PIB sous-évalue les services collectifs non marchands produits par les administrations. En effet, ces derniers sont évalués à leurs coûts de production puisqu'ils n'ont pas de prix. Or, un certain nombre de ces services (santé, éducation...) peuvent être offerts par le marché. Si on comptabilisait une heure de cours offerte par le service public d éducation au prix d une heure de cours dans un établissement privé, la production du service public d éducation serait bien supérieure.un pays, qui privilégie les services publics, voit donc sa production être sous-évaluée (le prix du marché est toujours supérieur au coût) par rapport au pays qui privilégie les services du marché pour une même production. Enfin, l amélioration de la qualité du service rendu n est pas prise en compte dans la valeur produite alors qu elle l est dans le prix d un produit vendu sur le marché. Evaluation des services publics Prix de vente Marge Evaluation des mêmes services fournis par le privé Coût moyen de production Coût moyen de production Le PIB ne prend pas en compte la production non marchande, réalisée par la femme ou l homme au foyer (travail domestique), le mari bricoleur, le bénévole ou l'entraide de voisinage, qui représente pourtant une fraction importante non négligeable de l'activité hors-marché. Or, ces activités sont génératrices de bien-être, soit à travers les biens et services qui sont ainsi autoconsommés, soit directement dans le cas du loisir. La commission estime la production domestique à 35 % du PIB dans le cas de la France, mais les comptables nationaux ne disposent pas toujours de données suffisamment précises pour tenir compte de cette production dans leurs agrégats. Des études plus précises sur le temps de travail domestique sont donc indispensables pour affiner l'évaluation de cette production. La monétarisation de ces activités fait augmenter le PIB sans croissance véritable de la richesse produite. Ainsi, le fait de faire laver son linge dans un pressing au lieu de le laver soi-même augmente le PIB sans que la richesse créée ait véritablement augmenté. Inversement, comme le soulignait Alfred Sauvy, «épousez votre femme de ménage et vous ferez baisser le PIB» ; de même, alors que le temps consacré aux déplacements, notamment domicile-travail, est implicitement traité comme du loisir, les dépenses qu ils engendrent augmentent le PIB : plus on consomme de carburants, plus il y a d embouteillages, plus il y a aussi d accidents automobiles et plus la croissance est forte. c) Le PIB mesure mal le niveau de vie des populations 6. 5 ème limite : le PIB ne nous dit rien sur sa répartition. Bien que la plupart des commentateurs se concentrent sur l évolution du PIB, c est celle du PIB par tête qui importe pour comparer les niveaux de vie : cela permet de tenir compte des facteurs démographiques. PIB par habitant ou PIB par tête = PIB/Nombre d habitants Ainsi, si la croissance de la population est supérieure à la croissance de la production, la croissance ne se traduira pas par une amélioration du niveau de vie des populations. Le PIB par tête diminuera en effet dans ce cas. Ainsi, en Afrique, le niveau de vie a très peu augmenté en un demi-siècle car la croissance de la population a été à peu près égale à celle du PIB. Croissance du PIB > Croissance de la population => Hausse du niveau de vie Croissance du PIB < Croissance de la population => Baisse du niveau de vie De plus, cette moyenne est toujours susceptible de masquer de grandes disparités dans sa répartition : son augmentation peut ainsi aller de pair avec une amplification des inégalités mettant en cause la cohésion sociale et génératrice de coûts sociaux liés à l insécurité ou au stress. Si les richesses créées sont accaparées par une toute petite minorité de la population, on peut s interroger sur l utilité de la croissance. Ainsi, le coefficient de Gini est un des indices couramment utilisés pour mesurer l'inégalité des revenus dans un pays. Il varie de 0 (égalité parfaite des revenus) à 1 (inégalité maximale). Du milieu des années 1980 au milieu des années 2000, les inégalités ressortent alors comme les plus élevées aux États-Unis et les plus faibles en France et en Allemagne. En évolution, les inégalités n'ont diminué qu'en France et à l'inverse elles se sont accentuées au Royaume-Uni et aux États-Unis. La commission Stiglitz propose d utiliser le revenu disponible médian, qui sépare la population en deux groupes égaux, 50% au dessus et 50% au dessous plutôt que le revenu moyen.
Coefficient de Gini (après impôts et transferts) Au-delà même de la distribution des revenus et des patrimoines, le PIB ne tient pas compte des inégalités dans l accès aux services publics, à l éducation, à la culture, à la santé, qui peuvent entraver l obtention d une croissance forte et régulière sur le long terme, précisément parce que ses concepteurs étaient convaincus qu elles régresseraient spontanément avec au fur et à mesure du développement. Il n est affecté par ces disparités que lorsqu elles se traduisent par des réductions de la consommation globale. 7. 6 ème limite : Le PIB par tête est un indicateur trop grossier pour mesurer le niveau de vie. Le niveau de vie correspond à la quantité et à la qualité de biens et de services dont dispose, en moyenne, un ménage ou un individu. Il mesure le niveau de consommation et ne doit pas être confondu avec le pouvoir d achat du revenu disponible qui est la quantité de biens et de services que le revenu permet potentiellement de se procurer. L Insee le calcule à partir du revenu disponible par unité de consommation. Dans un ménage, un certain nombre de biens et services sont consommés collectivement (automobile, logement ). L arrivée d une personne supplémentaire dans la famille n entraînera donc pas une diminution du niveau de vie par personne d une unité supplémentaire. C est la raison pour laquelle, les économistes attribuent des coefficients à chaque membre du ménage : Coefficient 1 pour le premier adulte ; Coefficient 0,5 pour les autres adultes et les enfants de 15 ans et plus ; Coefficient 0,3 pour les enfants de moins de 15 ans. Ainsi, avec un revenu annuel de 40 000, une famille composée d un couple et d un enfant de 10 ans aura un niveau de vie par individu de (40 000/1,8) 22 222 alors qu avec le même revenu une famille de deux enfants de plus de 15 ans et d un enfant de moins de 15 ans disposera de (40 000/2,8) 14 285 par individu. Or : Le PIB par tête ne correspond pas au revenu disponible national net (RDNB) par ménage ou par individu pour plusieurs raisons : D une part, une partie du PIB est consacrée à remplacer les équipements fixes qui se sont usés ou sont devenus obsolètes (dépassés) au cours de la production. L amortissement du capital fixe (Stock de biens d équipements durables, de bâtiments et de logiciels) est absolument nécessaire pour maintenir constante les capacités productives du pays. On doit donc l enlever au PIB pour avoir le Produit intérieur net (PIN) qui nous donne la valeur des biens et des services réellement disponibles pour les agents économiques. PIN = PIB consommation du capital fixe (Ou amortissement) D autre part, le PIN n est pas entièrement disponible pour les résidents (agents qui résident plus d un an sur le territoire national). En effet, une partie des revenus générés par le PIB vont être distribués à des non résidents (profits rapatriés par une firme multinationale installée sur le territoire, dividende versé à un actionnaire résident à l étranger ). Mais, en sens inverse, les résidents sur le territoire national vont recevoir des revenus provenant des PIB étrangers. Le revenu national disponible net est donc égal au PIN auquel on ajoute le résultat de la différence (le solde) entre les revenus en provenance des non-résidents et ceux que les résidents leur versent. RDNN = PIN Revenus versés par les résidents à des non résidents + Revenus versés par des non résidents aux résidents. Ainsi, le revenu disponible national net du Japon en 2008 ne représentait que 82% de son PIB alors que celui du Royaume-Uni était égal à 100% du PIB et celui des Etats-Unis à 98% de son PIB.
Revenu disponible national net en % du PIB Enfin, le revenu national disponible net par habitant oublie un certain nombre de services collectifs nonmarchand offerts gratuitement aux ménages (soins remboursés par la sécurité sociale, cours gratuits dans les établissements publics ) dont l importance est inégale d un pays à l autre. Il faut donc les ajouter pour avoir le revenu national net disponible ajusté par habitant. Le revenu disponible net n est pas suffisant pour avoir une bonne mesure du niveau de vie des personnes. En effet, avec un même revenu disponible, on peut acheter une proportion plus ou moins importante de biens et de services. Ainsi, avec 3 000 de revenu disponible par mois, un ménage peut acheter 2000 de biens et de services (il épargne donc 33,3% de son revenu disponible) alors qu un autre ménage préférera consacrer 2700 à sa consommation (soit 90% de son revenu disponible). Le niveau de vie dépend donc de la consommation finale effective du ménage. Ainsi, si on prend le PIB par tête, le niveau de vie d un japonais est inférieur de 26% au niveau de vie d un américain. Cet écart passe à 33% si on prend en compte le revenu disponible net par habitant (les flux de revenus avec l extérieur sont négatifs), à près de 40% si on prend le revenu disponible net ajusté (les services collectifs offerts aux japonais sont inférieurs à ceux offerts aux américains) et à 45% si la consommation finale effective est retenue (les japonais ont un taux d épargne élevé pour garantir leur retraite). Niveau de vie relatif d un certain nombre de pays (en % du niveau de vie américain)
d) Le PIB par habitant mesure mal la qualité de la vie et le développement humain 8. 7 ème limite : le PIB par tête n est pas un indicateur suffisant le degré de satisfaction des besoins fondamentaux d une population. En effet, la croissance des richesses matérielles n entraîne pas automatiquement le développement économique des pays et le développement humain des populations. Le développement économique correspond à l ensemble des transformations structurelles (économiques, sociales, politiques) qui accompagnent et entretiennent la croissance économique. Ces mutations sont structurelles (industrialisation, urbanisation, salarisation, tertiarisation ) et qualitatives (transformations des comportements, amélioration de la santé, allongement de l espérance de vie, progrès des connaissances ). Elles rendent la croissance irréversible. Le concept de développement intègre l idée de progrès social (amélioration des conditions de vie de la population, réduction des inégalités et de la pauvreté ). Le développement est donc un phénomène qualitatif alors que la croissance économique est un phénomène quantitatif. Le développement humain est une notion apparue en 1990 sous l'impulsion des économistes Mahbub ul Haq et Amartya Sen. Le développement humain est défini comme un processus «d élargissement du choix des gens», mettant en avant la liberté de jouir d une bonne santé, d être éduqué et de profiter d un niveau de vie décent. On s intéresse donc à la satisfaction des besoins fondamentaux des individus. Cette notion souligne également que le développement humain et le bien-être vont bien au-delà de ces trois dimensions pour englober une gamme plus large de capacités ou capabilités incluant les libertés politiques, les droits de l Homme et, reprenant Adam Smith, «la capacité d apparaître en public sans avoir honte». 9. Le PIB par tête étant trop réducteur pour mesurer le développement, les économistes du PNUD (organisme de l ONU pour le développement) ont élaboré en 1990 l'indicateur de développement humain (IDH) dont le calcul a été modifié en 2010 pour tenir compte d'un certain nombre de critiques. Il s agit d un indicateur composite qui cherche à mesurer le développement humain, situation dans laquelle une population aurait couvert la totalité de ses besoins fondamentaux. IDH RNB par tête en PPA Niveau d instruction Espérance de vie Durée moyenne de scolarisation Durée attendue de scolarisation L'IDH est un indice composite, sans unité, compris entre 0 (absence de développement humain) et 1 (Développement humain réalisé), calculé par la moyenne géométrique de trois indicateurs quantifiant respectivement : Le niveau de vie est donné par le logarithme du revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d'achat (PIB par tête moins les revenus primaires à payer à des unités non-résidentes, plus les revenus primaires à recevoir des unités non-résidentes), afin d'englober les éléments de la quantité de biens et services disponible par habitant pour leur consommation. Autrement dit, la hausse du niveau de vie se traduit par une élévation de plus en plus faible de l IDH. La santé/longévité (mesurées par l'espérance de vie à la naissance, c'est à dire le nombre d années qu un nouveau-né devrait vivre si les règles générales de mortalité au moment de sa naissance devaient rester les mêmes tout au long de sa vie), qui permet de mesurer indirectement la satisfaction des besoins matériels essentiels tels que l'accès à une alimentation saine, à l'eau potable, à un logement décent, à une bonne hygiène et aux soins médicaux. Le savoir ou niveau d'éducation. Il est mesuré par la durée moyenne de scolarisation (Moyenne du nombre d années d'éducation dispensées à des adultes de 25 ans ou plus au cours de leur vie) et la durée attendue de scolarisation (Nombre d'années de scolarisation dont un enfant d âge d entrée à l école peut espérer bénéficier si les taux de scolarisation par âge devaient demeurer inchangés tout au long de la vie de l'enfant). L'éducation a tout d'abord des effets directs sur le revenu et la productivité de chacun. Elle traduit la satisfaction des besoins immatériels tels que la capacité à participer aux prises de décision sur le lieu de travail ou dans la société, d'avoir une plus grande liberté de choix de vie. Enfin, il est prouvé que les personnes les plus éduquées déclarent un plus grand bien-être subjectif, sont en meilleure santé et ont plus de liens sociaux.
L IDH est donc une moyenne géométrique des trois indicateurs : IDH = Le calcul des indicateurs se fait de la façon suivante : On prend la situation la moins favorable et la situation la plus favorable. Pour l espérance de vie, cela donne de 20 ans à 83,2 ans (Japon 2010). On prend la situation d un pays et on mesure l écart par rapport à la situation la moins favorable. Ainsi, la France a une espérance de vie de 81,6 ans en moyenne. L écart est donc de 61,6 ans (81,6 20). On calcule l indicateur en faisant le rapport entre l écart pour un pays et l écart général (ici 63,2 ans). Ceci donne 61,6/63,2 ans = 0,974. Ce 0,974 signifient que la France a un écart de 2,6% par rapport à la situation idéale pour la durée de vie (voir fiche méthode). Calcul des indices composant l'indice de développement humain. Indice Mesure Valeur minimale Valeur maximale Formule Longévité Espérance de vie à la naissance (EV) 20 ans 85 ans IEV = EV - 20 83,2-20 Durée moyenne de scolarisation (DMS) 0 année 13,2 années IDMS = DMS - 0 13,2-0 Education Durée attendue de scolarisation (DAS) 0 année 20,6 années IDAS = DAS - 0 20,6-0 Indice de scolarisation combiné 0 0,951 IS = IDMS x IDAS - 0 0,951-0 Niveau de vie RNB par habitant en parité de pouvoir d'achat 163 $ 108 211 $ IR =. RNB - 163. 108 211-163 L IDH a l avantage d introduire des éléments qualitatifs dans la mesure du développement et de montrer que la corrélation entre niveau de vie et développement n'est pas parfaite. Un pays peut avoir un niveau de vie moyen élevé mais un IDH inférieur à celui d'un pays moins riche en moyenne par habitant. C'est le cas du Koweït, dont le RNB moyen par habitant est 8,8 fois supérieur à celui de Cuba alors qu il occupe que la 63 ème place dans le classement de l'idh contre la 51 ème pour Cuba en 2011. Les richesses ne sont pas toujours utilisées pour améliorer le bien-être de la population. Classement des pays L indicateur du développement humain en 2011 RNB par habitant Espérance de vie Niveau d instruction IDH En $ 2005 PPA En années Durée moyenne Scolarisation 1 Durée attendue Scolarisation 2 Norvège 1 47 557 81,1 12,6 17,3 0,943 France 20 30 462 81,6 10,6 16,1 0,884 Cuba 51 5 416 79,1 9,9 17,5 0,776 Koweït 63 47 926 74,6 6,1 12,3 0,760 Chine 101 7 476 73,5 7,5 11,6 0,687 Congo 187 280 48,4 3,5 8,2 0,399 (Source : PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, http://www.undp.org/french/ 2012) On a reproché à l IDH de ne pas prendre en compte l inégalité de la répartition des revenus et les inégalités de genre. Le PNUD a tenu compte de ces critiques en produisant des indicateurs spécifiques. La commission Stiglitz-Fitoussi a proposé des indicateurs de conditions de vie qui font apparaître en des contrastes bien plus marqués dans les domaines de la santé, de l'éducation, des risques de chômage et de pauvreté ou de sécurité. Indice
e) Le PIB reste cependant un indicateur indispensable 9. Cependant, malgré toutes ces imperfections, le PIB ou le PNB demeurent le moyen le plus simple pour connaître la croissance économique d'un pays. Il ne faut pas, en effet, confondre croissance et progrès économique. La première porte sur l augmentation des richesses quel qu en soit les usages, la répartition ou les dommages causés à l environnement alors que le progrès économique suppose une amélioration du bien-être des populations. Pour mesurer cette amélioration, de nombreux rapports ont proposé de prendre en compte le degré de satisfaction de la population soit par des enquêtes subjectives soit en retenant une panoplie d'indicateurs économiques, sociaux et environnementaux. En 2011, l'ocde a mis au point l'indice " mieux vivre " comme alternative au PIB (http://www.oecdbetterlifeindex.org/). Cet indicateur, qui regroupe 19 variables, est destiné à mesurer le bien-être des habitants des 34 pays développés membres de l'ocde (le niveau d'éducation, le niveau de sureté, le niveau de vie, la qualité de l'emploi, l'espérance de vie...). Or, on constate que le classement obtenu des pays reste assez fortement corrélé au PIB par habitant. Cependant ces types d'indicateurs sont plus adaptés à la notion de développement qu'à celle de croissance. Révisions sur le Net http://sesmassena.sharepoint.com/pages/fichesmethodes.aspx http://www.oecdbetterlifeindex.org/fr/#/54335225533 http://www.statapprendre.education.fr/insee/croissance/combien/accueilcombien.htm http://www.ac-nice.fr/ses/termtd/mesprod.htm http://sesame.apses.org/index.php?option=com_content&view=article&id=252:activite-3-quelles-sont-leslimites-du-pib-2012-2013&catid=39:qui-cree-des-richesses-et-comment-les-mesurer-2012-2013 f)