ÉCOLE DU LOUVRE PIERRETTE BESSE Le développement durable dans la production des expositions temporaires Les moyens mis en œuvre par la Bibliothèque Nationale de France et les institutions muséales ANNEXES Mémoire de stage (2 ère année de 2 ème cycle) Présenté sous la direction de M me Hélène Vassal, M me Isabelle Loutrel et Anne-Hélène Rigogne mai 2012
SOMMAIRE I. Le déroulement du stage : Annexe 1.page 4 - Montages et démontages effectués - Photographies II. La préparation du mémoire de stage : Annexes 2 à 9 page 7 à 21 - L élaboration d un questionnaire : un outil de travail - Liste des personnes contactées - Les réponses au questionnaire III. Les entretiens : Annexes 10 à 20.page 22 à 45 - Les entretiens - Les prises de notes IV. Les ressources documentaires : Annexes 21 à 35 page 46 à 164 - Relatives aux musées - Relatives aux transports - Autres 2
I. LE DEROULEMENT DU STAGE 3
ANNEXE 1 Les missions effectuées lors du stage Montages et démontages d exposition, convoiements des œuvres, constats d état, emballage et conditionnement, élaboration de plannings de montage. Montages des expositions : - Joel-Peter Witkin - Abécédaire des collections - Jabès - Miniatures flamandes : - Presse à la Une : 4
Démontages des expositions : - Markus Raetz : - Casanova : 5
II. LA PREPARATION DU MEMOIRE DE STAGE 6
ANNEXE 2 Questionnaire envoyé par mail aux institutions muséales LE DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LA PRODUCTION DES EXPOSITIONS TEMPORAIRES Sensibilisation au développement durable : 1.Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? Prédisposition : 2.Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? 3.Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? Eco-conditionnalité : 4.Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrentils des clauses de développement durable? Transport : 5.Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? 6.Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Economie d énergie : 7.Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? 8.Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? Recyclage et réutilisation : 9.Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? 10.Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? 11.Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? 12.Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Gestion de fin de vie : 13.Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? 7
ANNEXE 3 Liste des institutions contactées pour répondre au questionnaire Musée des Beaux-Arts de Tours : Envoyé à S. Join-Lambert, Directrice, s.join-lambert@ville-tours.fr, le 21/03/2012 Réponse de C. Pimbert, régisseur, c.pimbert@ville-tours.fr, le 22/03 Palais des Beaux-Arts de Lille : Envoyé à M. Tapié, conservateur, atapie@mairie-lille.fr, le 31/03 Mail transféré à J-M Dautel par S. Watine le 13/04 Réponse de J-M Dautel, régisseur des expositions temporaires, jmdautel@mairielille.fr, le 24/04 Envoyé à C. Hattori, Chargée du cabinet des dessins, chattori@mairie-lille.fr, le 31/03 Réponse le 24/04 La Maison Rouge, Paris : Envoyé à Arthur Toqué, arthurtoque@lamaisonrouge.org, le 04/04 Réponse de L.Guy, régisseur, laurentguy@lamaisonrouge.org, le 05/04 Le Musée Calvet, Avignon : Envoyé à O. Cavalier, conservatrice, odile.cavalier@mairie-avignon.com, le 04/04 Réponse le 16/04 Le Musée de Grenoble : Envoyé à I.Varloteaux suite à un entretien téléphonique (24/04), isabelle.varloteaux@villegrenoble.fr, le 24/04. Relance le 09/05 Réponse le 11/05 MAC/VAL, Vitry sur Seine : Envoyé à Frank Lamy, responsable des expositions temporaires, frank.lamy@macval.fr, le 04/04 Entretien téléphonique en avril Envoyé à J.Blanpied, assistant expositions temporaires, julien.blanpied@macval.fr, le 04/04 Pas de réponse AFROA : Envoyé à M. Nolibé, marc.nolibe@chateauversailles.fr Réponse le 04/04 non exploitée dans le mémoire Fabricant de vitrines Meyvaert : Interrogé au (+32) 92.25.54.27 en avril Réponse non exploitée dans le mémoire Musée du Quai Branly : Envoyé à D. Davenier, responsable de la régie des expositions, delphine.davenier@quaibranly.fr, le 21/03 8
Relance le 11/04 Pas de réponse Envoyé à Christine Moine-Patou, régie des expositions, cmp@quaibranly.fr, le 08/04 Pas de réponse Mail transféré à G. Bailly par D. Davenier le 24/04 Entretien avec G. Bailly le 06/05 MNAM Centre Georges Pompidou, Paris : Envoyé à E. Choffel, régisseur, emilie.choffel@centrepompidou.fr, le 28/03 Relance le 10/04 et le 17/04 Pas de réponse Musée d Orsay, Paris : Envoyé à C. Bony, titulaire à l administration générale, catherine.bony@musee-orsay.fr, le 28/03 Envoyé à A. Pouchelon, anne.pouchelon@musee-orsay.fr, le 11/04 Pas de réponse Musée du Petit Palais d Avignon : Envoyé à D. Vingtain, directrice, dominique.vingtain@mairie-avignon.com, le 31/03 Pas de réponse CCC de Tours : Envoyé à D. Masson, service des expositions, ccc.expo@wanadoo.fr, le 04/04 Pas de réponse La Fondation Cartier pour l art contemporain, Paris : Envoyé à C. Boquet, corinne.bocquet@fondation.cartier.com, le 04/04 Pas de réponse MuCEM, Paris : Envoyé à C.Calogirou, ethnologue, claire.calogirou@culture.gouv.fr, le 04/04 Pas de réponse CIBDI, Angoulême : Envoyé à J-P. Martin, jpmartin@citebd.org, le 08/04 Pas de réponse Le Musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada : Envoyé à S.Gagné, chef de service des expositions, sgagne@mbamtl.org, le 15/04 Pas de réponse Fabricant de vitrine Goppion : Questionnaire spécial envoyé à Mme Hugony et Mme Lemée, hugony@goppion.com et lemee@goppion.com, le 28/03 Pas de réponse Fabricant de vitrine Reier : Questionnaire spécial envoyé à info@reier.com, le 31/03 Pas de réponse 9
ANNEXE 4 Réponse de la Maison Rouge-Fondation Antoine de Galbert, Paris Sensibilisation au développement durable : 1. Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? Utile mais compliqué à mettre en œuvre Prédisposition : 2. Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? Oui dans la mesure du possible 3. Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? NON (hélas) Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrent-ils des clauses de développement durable? NON Transport : 5. Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? Oui pour réduire les coûts et avoir une meilleurs organisation dans l accrochage ou le démontage. 6. Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Non, les transporteurs sont des entreprises extérieures. Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? C est relatifs les vidéoprojecteurs récents le sont, nous n utilisons plus de lecteur DVD Mais certaines œuvres doivent être présentées avec le matériel d époque ( TV cath, Magnetoscope ) 8. Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? Nous passons en LED petit à petit sur la partie expo et bureau mais cela représente encore un côut sur l ensemble d un batiment. La partie technique est équipé en tube fluo qui peuvent être remplace par des tubes enled mais là aussi très cela reste cher. La basse consommation est trop lente à allumage. Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? 10
Pour les cimaises nous avons adopter un système réutilisable pour faire 3 expo ( 1 année) nous en sommes à la 4 ème expo et surement la 5 ème jusqu'à renouveller l ensemble ou une partie de ce système néanmoins ce sytème à des limite en dimensions. Chaque sceno à sa particularité ce qui nous amène à compléter par d autres cimaises à usage unique ( placo ou bois). 10. Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? Non pas à ma connaissance 11. Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? Non pas à ma connaissance 12. Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Rien n est mis en œuvre Gestion de fin de vie : 13. Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? Oui pour le matériel électrique et informatique. Pour les matériaus de construction (placo, bois, acier ) tout est envoyé en benne 11
ANNEXE 5 Réponse du Palais des Beaux-Arts, Lille (1/2) Sensibilisation au développement durable : 1. Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? Absolument Prédisposition : 2. Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? Non 3. Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? Non malheureusement Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrent-ils des clauses de développement durable? Pas encore, mais cela fait partie des reflexions que j envisage de mener depuis un certain temps Transport : 5. Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? Quand nous realisons un transport en regie, nous envisageons toujours cet aspect. Concernant les transports effectues par une societe, je demande systematiquement des groupages 6. Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Non Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? Oui 8. Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? C est un probleme au musee. Nous sommes en cours de «relamping». Nous n avons pas encore le recul suffisant pour evaluer cela. Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? En general nous reutilisons les cimaises construites pour une exposition entre deux et trois fois. Il nous est difficile d aller plus loin. 12
10. Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? Je travaille actuellement sur un prototype de cimaise en carton triple cannelure 11. Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? Non 12. Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Non Gestion de fin de vie : 13. Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? Un tri selectif est systematiquement fait avant une mise en benne 13
ANNEXE 6 Réponse du Palais des Beaux-Arts, Lille (2/2) Voici nos réponses au questionnaire que vous nous avez envoyé. Je précise que ces réponses n'engagent que ce que nous faisons pour les expositions du Cabinet des Dessins. Les expositions organisées par les autres départements impliquent, cependant, les mêmes logistiques. Suivant les cas il peut être fait appel à un architecte muséographe et les éléments de la scénographie peuvent être fabriqués à l'extérieur. Sensibilisation au développement durable : 1. L établissement d une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires est nécessaire à toutes les étapes de la conception de celles-ci, mais dans la pratique ce n est pas toujours le cas et pas toujours possible de la mettre en place. Prédisposition : 2. Nous ne possédons pas de parc permanent de vitrines réutilisables. En revanche les vitrines que notre menuisier a conçu lors d expositions peuvent être réutilisées plusieurs fois si les expositions suivantes en nécessitent. 3. Nous ne possédons pas d espace de stockage pour les éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation. Lorsque cela est possible on utilise certaines parties de cimaises, de socles ou de vitrines pour l exposition suivante, sinon, elles ne sont pas conservées. Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec nos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrages ne contiennent pas, a priori, de clauses de développement durable. Transport : 5. Les trajets en camions effectués par les sociétés privées sont optimisés. En ce qui concerne nos transports organisés en interne, tout est fait pour que les véhicules soient adaptés aux œuvres à transporter. Le nombre d agent missionnés est pris en compte en fonction des difficultés et/ou manipulations à effectuer sur les lieux de rendez-vous. Ces derniers sont regroupés en fonction des lieux et des disponibilités des préteurs. 6. Nos transporteurs n on pas reçu de formation à l eco-conduite, mais tout est fait pour réduire les coups de consommation en carburant en adaptant la taille des véhicules aux œuvres transportées et en prenant en compte les lieux d enlèvement afin de mettre en place plusieurs enlèvements sur le trajet aller et retour. 14
Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que nous possédons sont aux normes actuelles de consommation car récemment acquis. 8. L éclairage utilisé par le musée est en général de l halogène pour l ambiance. Pour les expositions nous utilisons des cadreurs avec des ampoules de 50 watts ou 70 watts en fonction des œuvres a éclairer. Nous étudions la possibilité d utiliser du LED. Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) ne sont pas conçus pour être réutilisés, mais on essai de le faire si cela est possible. 10. Les matériaux ne sont pas issus de la récupération ou du recyclage. 11. Les matériaux ne sont pas produis localement et ne sont pas éco-label. Notre première préoccupation est la norme incendie M 1 (matériaux non inflammable). 12. Le système de don ou de cession solidaire des mobiliers n est pas mis en œuvre. Gestion de fin de vie : 13. La gestion de fin de vie des dispositifs est fait de manière sélective, des containers pour la mousse, d autre pour le tout-venant et des bennes pour le bois 15
ANNEXE 7 Réponse du Musée de Grenoble Sensibilisation au développement durable : 1. Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? C'est une réalité qui s'inscrit de plus en plus dans le processus de préparation de nos projets, mais il faut dire aussi que cette notion de développement durable va de paire avec la notion d'économie budgétaire. Prédisposition : 2. Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? Oui. Il nous arrive aussi de les prêter à des institutions avec lesquelles certains projets sont partagés ( prêt d'œuvres avec socle et cloche de plexi ) ou même de dépanner des confrères ou consoeurs par le prêt de ce matériel muséographique. 3. Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? Oui, un espace spécifique dans nos réserves extérieures. Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrent-ils des clauses de développement durable? Pour ce qui est de nos contrats avec les sociétés de transport, je n'ai pas connaissance de clause sur ces termes là. Il n'empêche là encore que la notion de développement durable s'inscrivant dans une logique économique, on prévoit régulièrement un transport en groupage ( œuvres de la région Rhône- Alpes groupées dans un entrepôt sécurisé de la société LPart par exemple) pour réduire les voyages d'une ville à l'autre ( une navette hebdomadaire Lyon-Paris pour LPart par ex;) Pour le reste des sociétés, je n'ai pas d'éléments de réponse. Au besoin, en parler avec Christophe Lagarde ( coordinateur administratif) 04 76 63 44 14 ou Robert Damato (04 76 63 44 32 ( ingénieur en charge du bâtiment et des services techniques). Transport : 5. Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? La notion de groupage est une réalité fréquente et la mutualisation des besoins et des solutions une réalité municipale : un transport "maison" réalisé par le véhicule du musée peut servir pour un projet de la DAC ( direction affaires culturelle) ou Bibliothèques Municipales. 6. Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Pas en mesure de répondre. 16
Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? Dans la mesure du possible, les video-projecteurs sont utilisé en ½ puissance ( pour une projection d'une oeuve de Bruce Naumann dans un petite salle d'exposition par exemple;) 8. Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? Nos éclairages sont faits avec des ampoules basse consommation ou/et Led. les quelques zones encore non équipées, le sont au fur et à mesure, car cela représente un côut qui est répercuté sur différents exercices annuels. Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? Absolument. Nous modifions nos espaces d'exposition à chaque évènement, mais les cloisons sont réutilisées le plus possible pour les expos qui suivent. 10. Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? Oui, pour tout ce qui est papier, carton, couverture, certains matériaux issus de fibre de bois reconstituée ( aggloméré?). la peinture que nous utilisons sur les murs est une peinture "bio". 11. Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? Non, pas forcément. 12. Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Nous sommes soumis à la règle de la gestion du matériel appartenant aux collectivités territoriales qui ne permet pas de céder gracieusement certaines choses ( mobilier : ventes des domaines par exemple). Néanmoins quelques dons, même dérisoires les mobiliers construits par le musée ( petites maisons en carton servant de support de créations plastiques et dans laquelle les enfants pouvaient entrer pour l'atelier éducatif de l'expo Chagall ) ont été donné à des MJC ou des centres aérés. Gestion de fin de vie : 13. Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? Oui le tri sélectif est une réalité dans nos bureaux et dans les containers qui reçoivent la totalité des ordures produites par les services du musée. 17
ANNEXE 8 Réponse du Musée des Beaux-Arts, Tours Sensibilisation au développement durable : 1. Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? Oui Prédisposition : 2. Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? Depuis deux ans nous nous efforçons de réutiliser les vitrines fabriquées pour les expositions temporaires 3. Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? L'espace n'est pour l'instant pas suffisant mais nous conservons tout ce qui est possible. A terme, un espace est prévu dans les nouvelles réserves externalisées du musée Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrent-ils des clauses de développement durable? Non Transport : 5. Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? Dans la mesure du possible 6. Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? Non 8. Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? Ampoules ordinaires et halogènes Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? Parfois 10. Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? Non 18
11. Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? Non 12. Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Non Gestion de fin de vie : 13. Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? Non 19
ANNEXE 9 Réponse du Musée Calvet, Avignon Sensibilisation au développement durable : 1. Etablir une politique de développement durable dans la production des expositions temporaires vous semble-t-il nécessaire? A priori oui Prédisposition : 2. Possédez-vous un parc permanent de vitrines que vous pouvez réutiliser pour vos expositions temporaires? Oui mais dans certains cas seulement 3. Disposez-vous d un espace de stockage suffisant vous permettant de conserver certains éléments de mobilier ou de scénographie après utilisation? Non Eco-conditionnalité : 4. Les contrats passés avec vos fournisseurs et/ou maîtres d ouvrage (scénographes) intègrent-ils des clauses de développement durable? Pas à ma connaissance Transport : 5. Les trajets en camion pour les prêts d œuvres sont-ils optimisés? Oui 6. Vos transporteurs ont-ils reçu une formation sur l éco-conduite? Je l ignore Economie d énergie : 7. Les équipements multimédias que vous utilisez sont-ils économes en énergie? Pas à ma connaissance 8. Quel éclairage utilisez-vous (ampoules ordinaires, ampoules basse consommation, Led)? Led Recyclage et réutilisation : 9. Les dispositifs (cimaises, mobilier, signalétique ) sont-ils conçus et pensés pour être réutilisés? Oui mais c est fonction des expositions 10. Les matériaux utilisés sont-ils issus de la récupération ou du recyclage? Je l ignore 20
11. Les matériaux utilisés sont-ils produits localement? Possèdent-ils un éco-label? Pas à ma connaissance 12. Un système de don / cession solidaire des mobiliers et dispositifs en fin de vie est-il mis en œuvre? Oui mais au cas par cas Gestion de fin de vie : 13. Quelle est la gestion de fin de vie des dispositifs? Procédez-vous à un suivi du tri des déchets? Non 21
III. LES ENTRETIENS 22
ANNEXE 10 Entretien avec l Agence de scénographie Nathalie Crinière Hélène Lecarpentier Scénographe Agence Nathalie Crinière Le 25/04/2012 La Bibliothèque Nationale de France met désormais à disposition des scénographes un Guide de recommandations pour l éco-conception. Vous êtes-vous penchée sur ces recommandations? Sontelles facile à suivre? La question est de savoir comment appliquer ces principes en fonction des contraintes de conservation et des contraintes économiques. Je pense que nous sommes tous tout à fait ouverts à aller vers cette démarche, c est une question qui nous préoccupe tous, mais la vraie question est de savoir comment y aller. Ce sont des recommandations qui sont faciles à écrire dans le cahier des charges mais qui sont très difficiles à appliquer dans la réalité. Toutefois, cela dépend des domaines. Pour les peintures, par exemple, c est un domaine qui est en marche depuis longtemps, c est un domaine où la recherche a avancé. De fait, il y a des produits innovants, qui ont des écolabels, qui sont compatibles avec la conservation des œuvres et qui sont à des prix acceptables. Ce sont des produits qui existent et qu il n est presque plus nécessaire de prescrire parce qu ils font maintenant partie du BA.B-A, à la fois pour nous et pour les entreprises. Pour les peintures utilisées dans l exposition Presse à la Une, il s agit de la marque La Seigneurie. Ces peintures sont normalement éco-labellisées pour répondre aux exigences de la BnF. Voyez-vous une antinomie entre l éco-conception et la conservation préventive, ou encore, la sécurité du public? Pour les cimaises de l exposition Presse à la Une, j ai utilisé pour la première fois un matériau qui s appelle du Green Panel. Au lieu d être un morceau de bois plein, il est creux. Il y a 5 mm d un côté, 5 mm de l autre et à l intérieur se trouve un maillage. L avantage c est qu il s agit donc d un matériau économe en matière. Toutefois, ce matériau reste en réalité du médium, donc composé de résines. Or, ces résines sont aujourd hui remises en cause du point de vue environnemental mais surtout du point de vue de la conservation des œuvres. Il dégagerait des formaldéhydes. Pour notre prochaine exposition sur les trésors, la BnF nous impose donc de passer aux normes européennes. Il faudra alors que l on recouvre le médium d un autre matériau neutre. Il peut donc y avoir une opposition entre le développement durable, à travers ici l idée d économiser de la matière, et la bonne conservation des œuvres. Nous pouvons aussi penser au développement durable en se disant «faisons entrer la lumière naturelle». Je l entends comme argument, notamment dans des pays où le soleil est une vraie source de chaleur et de lumière et où il est impensable de se priver de cette source d énergie. Mais évidemment, c est très nocif pour la conservation des œuvres. Pourquoi alors avoir choisi le Green Panel? Pour des raisons économiques? Le choix de ce matériau, le Green Panel, ne correspondait pas forcément à une réduction des coûts car, aujourd hui, les produits innovants ne sont pas encore au prix des autres produits classiques. L utilisation de ce matériau a été rendu possible à cause du mètre linéaire. Etant donné le coût du matériau, ce n est pas possible de l utiliser pour des petites superficies. 23
Qu en est-il du développement durable et de la sécurité? Pour des raisons de sécurité, on nous oblige à utiliser des matériaux de plus en plus ignifugés, de plus en plus résistants au feu, et à la BnF cela se comprend aisément. Mais le problème, c est que ces matériaux ne peuvent pas être détruits ensuite. Il y a parfois une sorte d incompatibilité entre la sécurité des œuvres et des hommes et le recyclage des matériaux. Je sais qu il existe une entreprise de fabrication à Strasbourg qui chauffe entièrement son atelier avec sa récupération. Cette entreprise a fait construire une énorme brûlerie dans laquelle la température est tellement forte que même le bois ignifugé (M1) arrive à brûler. Mais c est le seul exemple que je peux citer. Le problème c est qu aujourd hui cela coûte moins cher de mettre à la benne plutôt que de recycler. Nous serons toujours soumis, et cela est normal, en priorité aux exigences de sécurité et de conservation. Or c est difficilement compatible avec le développement durable. Nous travaillons souvent, par exemple, avec du drop paper. Il s agit d un papier que nous avons le droit de mettre dans des lieux publics, il s agit donc d un papier qui ne brûle pas. Pour cela, il est composé de produits terribles! Il faut répondre à des réalités et ces réalités ne sont pas toujours compatibles. Pour cette raison, je pense que je le chemin auquel il faut qu on réfléchisse et qui commence à être emprunté, c est le chemin de la récupération et de la transformation. C'est-à-dire qu il faut penser les scénographies et les espaces différemment. Récupérez-vous des éléments pour construire vos propres scénographies? Oui parfois. Les verres qui ont été utilisés pour faire le feuilletage des vitrines de l exposition Presse à la Une, par exemple, sont des verres que nous avions dessinés pour l exposition Sartre. Et pour l exposition Artaud qui était peu après, nous avons décidé de reprendre ces verres mais à la verticale. Nous avons vraiment pensé la scénographie autour de cette récupération. Honnêtement il s agissait d abord d un souci économique, mais la démarche était intéressante. C était une contrainte en plus et comme toute contrainte elle était stimulante. Aujourd hui, ces feuilletages sont à la disposition de n importe quel scénographe, ils font partie du mobilier permanent de la BnF, listé par Serge Derouault et mis à la disposition de chacun. Mais à la BnF c est particulier. Ils ont la chance d avoir quelqu un en interne qui est présent et disponible pour faire l inventaire de ce mobilier, d avoir une salle pour l entreposer et des équipes pour l entretenir. Donc cela marche un peu mieux qu ailleurs. De plus, c est plus facile à la BnF parce que l espace est fait selon une trame de 60 x 60 cm. Les verres ont été fabriqués selon ces mesures. C est beaucoup plus compliqué à réaliser dans les espaces de réhabilitation ou les nouveaux espaces de Jean Nouvel où il y a peu d angles droits Dans ces espaces, créer des éléments standards pouvant être réutilisés est très compliqué. Mais il y aussi d autres possibilités. A la BnF, pour les petites expositions de photographies, ou au Quai Branly, pour les petites expositions thématiques des mezzanines, ils réalisent des contrats pour trois ou quatre expositions. C est encore une fois davantage par souci d économie de moyens que l idée a germé, mais, grâce à ce couplage des expositions, nous avons pu travailler sur un principe de modularité. De plus, ce sont généralement des expositions avec de petits budgets, c est donc intéressant de récupérer des choses. Sur les expositions Controverses, John Batho et Michael Kenna à la BnF, le mobilier a été dessiné en pensant à sa déclinaison sur les trois expositions. Il s agissait de cimaises épaisses qui étaient laissées en bois blanc pour Controverses. Pour John Batho, nous avions prévu d enlever la plaque de bois et de créer une vitrine à l intérieur. Pour Michael Kenna, nous savions qu on enlèverait les têtes de cimaises pour faire autre chose. Puisque nous avons eu la chance de savoir dès le début que nous allions faire les trois scénographies et que nous connaissions les sujets, nous avons vraiment joué le jeu de faire quelque chose de modulaire. Je ne me souviens plus exactement mais je pense que la moitié de l ensemble du budget est passé sur la première exposition parce que nous savions qu on récupérait des éléments et qu après nous n aurions donc pas besoin du même budget. D après moi, il existe deux dimensions dans le développement durable. Il y a d une part, quels sont les matériaux utilisés et comment peuvent-ils être recyclés, et de l autre, il y a surtout comment peut-on penser la scénographie de manière à ce que des éléments soient conservables? Récemment, nous avons remporté le concours pour l exposition sur la Beauté à Orsay, et, au même moment, celui sur Debussy à l Orangerie. Puisqu il s agit de la même institution, nous avons dessiné la scénographie de Debussy avec les vitrines de la Beauté, nous avons repris les capots de vitrine. Mais 24
cela fonctionne parce qu il s agit de la même agence de scénographie et de la même institution muséale. Il faudrait qu il y ait une mutualisation des scénographes et une mutualisation des musées. Avez-vous souvent utilisé le parc de mobilier permanent mis à la disposition des scénographes par la BnF? Non parce qu entre le discours, l idéal et la réalité il y a un gouffre. Les vitrines Perrault de la BnF sont une contrainte esthétique pour les scénographes. Je les ai utilisée pour l exposition Presse à la Une mais pour être honnête, j ai fait en sorte de les camoufler. Ces vitrines sont bien faites du point de vue de la construction, de la pensée, de la conservation préventive mais elles sont très difficilement exploitable esthétiquement. Et même au-delà de ça, elles imposent quelque chose au niveau architectural, au niveau de la conception. Après, cela ne m empêche pas de les utiliser. Pour l exposition Artaud, il y en avait beaucoup, pour Sartre aussi. Mais à chaque fois, nous les avons habillées. Donc finalement, c est plus de contraintes. Malheureusement, nous nous rendons compte qu une fois sur deux, cela ne fonctionne pas avec un parc de vitrines permanent. Nous pourrions accepter le fait de fabriquer d immenses vitrines où les objets flotteraient à l intérieur, mais, souvent les prêteurs souhaitent que leurs objets soient isolés. La BnF est un cas un peu différent car les expositions vont toujours tourner autour du matériau papier, imprimé. Mais, au Grand Palais par exemple, entre une exposition sur les Stein et une autre sur les jouets, il n y a pas un seul point commun. La typologie des objets est tellement variable que cela ne fonctionne pas. Des choses sont possibles pour des petits musées, des musées d accrochage. Beaucoup de gens réfléchissent sur des cimaises légères, transformables. Cela demande un gros investissement au départ, mais des choses sont possibles. Dès qu il s agit de vitrines, c est beaucoup plus compliqué. Pour Presse à la Une, nous avons construit le plateau, les joues des quatre côtés, et les portes-cartels. Alors, pourquoi s est-on servis des vitrines? Non seulement cela impose un design un peu plus lourd, parce qu il y a le premier habillage et le second habillage, mais en plus, au final je ne pense pas que nos gagnons réellement en économie de matière, d argent et de temps. La conservation sur le long terme de vitrines poserait donc des difficultés de composition scénographique mais, en plus, ne serait pas synonyme d économie? Oui, c est un problème insoluble. D autant plus que, depuis l exposition Cité-ciné, est né un phénomène de mode lié à la scénographie. Il se poursuit aujourd hui et fait que nous sommes dans une époque où les scénographes veulent faire leur création, faire du sur mesure et où le public est aussi en attente de ça. Les coûts économiques et écologiques en sont conséquents, nous en avons conscience. Peut-on dire que le fait de récupérer est esthétiquement viable si vous avez-vous-même pensé cette récupération du début à la fin? Absolument. Cela me paraît plus facile, plus logique. Aujourd hui je pense que c est ce qui est le plus efficace. C est intéressant de travailler avec la contrainte de la déclinaison, et ça, ça fonctionne. Mais il faut le penser nous-mêmes et cela reste du cout terme. Hormis la récupération, dans quel domaine pensez-vous que nous devons faire des efforts? La chose sur laquelle j aimerais me battre, c est sur le fait qu aujourd hui les institutions n ont pas le droit de donner. C est quand même dommage. Pour l exposition Presse à la Une, je suis contente que les fauteuils club qui avaient été conçus à l origine pour l exposition Sartre soit réutilisés, mais, quelque part, ça me rend folle qu ils passent leur vie dans les réserves de la BnF et ne soient ressortis qu une fois de temps en temps! Il y a un projet qui a été réalisé avec la mairie de Bordeaux, donc un organisme public, et qui est très intéressant je trouve. L évènement se déroulait sur trois jours, dans 40 000 m². Il s agissait d une biennale d architecture sur le développement durable justement. Nous avons conçus du mobilier en papier et en carton et nous avons pensé, d abord pour des motifs économiques, à faire une grande vente à l issue de ces trois jours de salon. Cela correspondait à la logique de développement durable auquel était consacrée la biennale. La vente se faisait à des prix 25
défiant toute concurrence puisque sinon, de toute façon, tout partait à la benne. Cela nous a donc fait économiser le prix de la benne, le prix du personnel s occupant de mettre tout ça à la benne, et puis, surtout cela a permis de donner une seconde vie au mobilier. C est une autre façon de faire. La mise en place de cette vente a été très compliquée, mais pour finir nous avons intégré le coût de cette vente dans le budget global en estimant dès le début le prix de l opération et cela a pu se réaliser. Pour revenir sur la récupération, il faudrait qu il y ait des lieux de stockage mutualisés. Pour toutes les expositions que nous faisons, nous construisons des socles en bois. J en ai dessiné des milliers! S il y avait un hangar pour les stocker, ils pourraient être réutilisés. Mais il faut non seulement un espace de stockage mais aussi un inventaire. Il faudrait aussi de vrais liens avec les compagnies de théâtre. Ils ont les mêmes normes de sécurité que nous, donc il y a déjà une première compatibilité entre les deux milieux. En termes de développement durable, l objectif serait d inventer d autres voies, celle de l anticipation, celle de la création d ateliers de récupération aussi, et de mutualiser. Dates des expositions citées : Sartre : 9 mars 25 août 2005 Artaud : 7 novembre 2006 4 février 2007 Controverses : 3 mars 24 mai 2009 John Batho : 24 juin 6 septembre 2009 Michael Kenna : 13 octobre 2009 24 janvier 2010 Presse à la Une : 11 avril - 15 juillet 2012 26
ANNEXE 11 Entretien avec le Musée du Quai Branly Gérard Bailly Conseiller en charge du développement durable et du renouvellement du bâtiment Musée du Quai Branly Le 06/05/2012 Le développement durable est-il difficile à mettre en œuvre dans la production des expositions temporaires? Au Musée du Quai Branly, 30 à 40 %, voir parfois 50 % des objets présentés dans les expositions temporaires proviennent de prêteurs extérieurs. Il faut généralement prévoir une vitrine isolée pour ces objets. Il y a donc tout d abord un premier obstacle au niveau des vitrines. Ensuite se pose le problème du transport et du conditionnement. Nous pourrions éventuellement réutiliser des boîtes de transport et des coffrages. Pour cela, il faudrait choisir les dimensions de ces caisses et adapter les calages intérieurs en fonction des œuvres. Mais souvent, nous nous heurtons aux exigences des prêteurs qui peuvent nous demander de dépolluer cette caisse ayant déjà été utilisée, de la décontaminer. De ce fait, cela coûte plus cher que de refaire une nouvelle caisse. La vérité est toujours entre les deux. Aujourd hui, tout le monde pense faire du développement durable. Mais nous nous apercevons que les choses sont faites dans tous les sens. Ce qui est fait aujourd hui, c est peut-être du développement durable à court terme, mais ce n est absolument pas du développement durable à moyen ou long terme. Quelle pourrait-être la solution pour recadrer cela? Pour cela, j ai demandé un bilan carbone complet du musée. Il a été mené en 2011 et s est terminé il y a peu de temps, en janvier 2012. J utilise ce bilan carbone pour que chacun puisse orienter ses démarches dans le bon sens. Un des points importants de ce bilan est bien sûr les expositions temporaires. Je pense que, si nous étions qualifiés pour faire des expositions temporaires avec une prise en compte réelle du développement durable, nous l aurions déjà fait. Puisque nous ne l avons pas fait, j ai estimé que nous n étions pas compétents pour le faire. J ai donc fait un appel d offres pour qu une société vienne apprendre et assister les gens qui font des expositions temporaires à faire des expositions temporaires en prenant en compte la dimension du développement durable, depuis l avantconception jusqu à la réutilisation ou la destruction. La chaîne ne doit pas être interrompue et nous devons, dès le départ, réfléchir jusqu à la fin. La fin aujourd hui correspond surtout à l incinération. Pour moi elle doit être la dernière solution mais actuellement c est pratiquement la seule. J estime la durée de l assistance de l entreprise à trois ans. Il y aura d abord une pré-étude, pour faire un inventaire de l existant, un inventaire de ce qui se fait actuellement. Après, il y aura une période stratégique pour déterminer quels sont les axes de développement durable dont nous avons besoin. Enfin, il y aura une phase d apprentissage et d assistance. L objectif c est que la société nous dise quelle est la meilleure démarche à suivre en fonction des matériaux de base que nous utilisons. Par exemple, nous pouvons continuer à utiliser notre peinture actuelle mais il faut veiller à faire un écrasé plutôt qu un aplat. C est vraiment un état d esprit qu il faut inculquer au personnel, ce n est pas seulement fournir quelques recettes de base. La peinture en soi est un élément, mais la manière dont on l utilise est aussi importante. La société proposera des solutions, puis, après une prise de décision collégiale, il y aura un 27
apprentissage pour chacun des acteurs. Cette assistance doit faire en sorte que le personnel s approprie la démarche. Pour faire cela, trois ans me semblent être le minimum. Il faut s adresser aux agents qui font les expositions mais aussi aux concepteurs, aux scénographes, aux directeurs de projets, aux budgétaires, etc Il faut que tout le monde participe à cela de manière à ce que tout le monde aille dans le même sens. Qu est ce qui est fait aujourd hui pour le développement durable dans le service des expositions du Quai Branly? Jusqu à la mise en place de cet appel d offres et de ce projet, pouvez-vous me dire quelles sont les mesures qui ont été prises sur cette question? Aujourd hui, il y a déjà une prise en compte de cette question par les agents qui réalisent les expositions. Nous travaillons principalement avec deux personnes qui prennent les dossiers en charge depuis la conception jusqu à la réalisation. Cela représente un travail énorme. Avec cette société, l apprentissage sera dilué dans le temps et cela permettra de ne pas occuper une plage horaire trop importante dans leur travail quotidien. D un côté, la société va les aider à faire des choses autour d une exposition ciblée, et de l autre, elle va les aider à développer les éléments. Cela va permettre de les soulager au niveau du travail et en même temps de les faire évoluer. Y-a-t-il aujourd hui des critères de développement durable inscrits dans le cahier des charges pour les scénographes? Bien sur et plus tard nous modifieront d ailleurs les appels d offres des scénographes en leur disant qu ils devront participer au développement durable et expliquer ce que cela représente pour eux. Aujourd hui, il y a déjà des critères, principalement pour les transports, parce que c est le point le plus important. Nous demandons par exemple si les camions sont récents, si les chauffeurs ont fait des stages d éco-conduite, si les consommations des camions sont contrôlées, etc. Nous demandons aussi des peintures éco-labellisées. Mais une peinture éco-labellisée n est pas forcément du développement durable. C est peut-être le cas stratégiquement, économiquement surement, techniquement je ne suis pas sur du tout. Il faut donc toujours rester très prudent. C est l ensemble de la chaîne qui compte, et non pas seulement un élément. Pour l exposition Les maîtres du désordre, la scénographie est composée de ferraille et de plâtre. La ferraille se recycle, quant au plâtre nous allons pouvoir en faire des compostes pour les routes. L ensemble de la scénographie est donc recyclable. Tout est-il trié après le démontage de l exposition? Oui complètement. C est dans le cahier des charges du scénographe. C est le scénographe (ou l entreprise qu il emploie) qui est chargé de démonter et de trier. Le Quai Branly a-t-il en projet de faire un guide d éco-conception, à l image de celui de la BnF et de la Cité des Sciences et de l Industrie? Ces guides sont intéressants, il faut les faire, mais si personne ne les lit ce n est pas utile. Il faut accompagner le personnel vers le développement durable. La solution n est pas de l écrire mais de le faire vraiment. Il faut que ces personnes se soient complètement approprié l état d esprit développement durable. Il ne faut plus que ce soit une connaissance mais que ce soit un savoir. Il faut inculquer ces notions aux agents. Il faudra certainement deux à trois générations. Cela sera un combat de tous les jours. La société qui sera recrutée apportera son assistance sur toute la durée de l exposition, de sa conception à son démontage. Pour la suivante, nos agents ne feront peut-être que 10% de tout ça, mais après ils en feront 15%... Et peut-être que dans 20 ans ça ira mieux. Que pensez-vous des partenariats avec les associations telles que La Réserve des arts ou l Ecume des arts? C est très difficile à mettre en place. C est aussi difficile pour eux parce qu à la base, ils n ont pas de moyens, pas de stockage ni de transports. Qui prend en charge tout cela? Mettre en place ces 28
partenariats signifierait que dès la conception de l exposition, nous informions les autres établissements publics de ce que nous allons faire. Or, cela va à l encontre du principe de la scénographie : le scénographe protège son œuvre. Nous ne pouvons dire ce qui va être fait qu une fois l exposition montée. Parfois il est déjà trop tard pour organiser quelque chose. Il y a une idée, une bonne idée, mais le concept n est pas encore parfaitement au point. Je pense que cela ne pourra se faire que par le biais des transporteurs. Ils peuvent acheter des bâtiments à moindre coût et pourront faire du stockage, mais à condition que les matériaux soient pré-triés. L institution pourra mettre en stock ce qu elle souhaite et si, au bout de quatre ou cinq ans par exemple, les matériaux n ont pas été utilisés ils seront détruits. Mais ce stockage et cette destruction ont un coût. Je ne vois donc la solution qu à travers les transporteurs. Possédez-vous un parc de vitrines permanentes que vous utilisez pour les expositions temporaires? Il y en a, sur le plateau des collections, évidemment, et quelques unes sur les mezzanines pour les expositions temporaires. Elles sont toujours complétées par des vitrines construites pour l occasion. Mais ces vitrines «permanentes» sont fixées sur place, elles ne sont pas stockées ailleurs comme c est le cas à la BnF. Quel éclairage utilisez-vous? Est-il économe en énergie? Ce qui nous importe c est la conservation de l œuvre. Certaines pièces sont donc éclairées avec de l incandescente, d autres avec des fibres optiques parce qu il faut 50 lux maximum et aucune élévation de température. En fonction de l œuvre, nous adaptons le type d éclairage. Lorsqu il s agit d une grande vitrine, l éclairage peut se faire depuis la grille du plafond. Lorsque ce sont de petites vitrines, il peut s agir de fibres optiques ou de diodes. C est la conservation qui dicte avant tout le type d éclairage. Avez-vous déjà eu l occasion de faire don d un élément de scénographie à une association et, si oui, comment êtes-vous parvenus à contourner le cadre juridique qui vous l interdit? La solution est de faire un prêt pour 99 ans plutôt qu un don. Pour le prêt il s agit normalement d une procédure assez lourde parce qu il faut passer par les Domaines. Mais en réalité nous contournons la chose en faisant en sorte que les deux parties signent un document qui est ensuite envoyé aux Domaines. De cette manière, nous signalons que nous avons déduit l élément de scénographie de notre inventaire tout en facilitant la démarche. Il y aura toujours d un côté le texte juridique et de l autre la pratique. Il ne faut pas oublier que le développement durable signifie en réalité fonctionnement raisonnable et processus durable. Une fois cette notion acquise, il est possible d agir au quotidien et de réfléchir à ce que nous pouvons rendre durable. Ce qu il faut comprendre, c est que protéger la planète ne se fait pas sur un seul aspect : il se fait tout azimut, partout et en permanence. Il ne faut pas essayer que nous, nous fassions quelque chose, il faut essayer qu ensemble nous fassions quelque chose. C est pour cela que le développement durable ne se fera réellement que dans quelques générations. 29
ANNEXE 12 Entretien avec la cellule transport de la BnF Sébastien Meindre Chef de section logistique Département des moyens techniques Cellule Transport Le 14/04/2012 Les chauffeurs de la BnF possèdent-ils une formation en éco-conduite? L équipe des chauffeurs a beaucoup bougé. Nos anciens chauffeurs avaient tous reçu une formation en éco-conduite, cela représentait cinq chauffeurs. Sur ces cinq chauffeurs, il n en reste plus qu un, nous avons donc redemandé des formations d éco-conduite. Laurent est arrivé l année dernière en milieu d année, Jean-Luc vient d arriver et une autre personne arrivera normalement début mai. Une fois que l ensemble de l équipe sera constituée nous demanderons cette formation. Pour cela nous faisons un appel à la concurrence. Il s agit en général d une formation groupée, par trois, voir quatre personnes. Cette formation est-elle obligatoire pour vos chauffeurs? Oui tout à fait. C est un investissement de la BnF dans le cadre du développement durable et nous nous organisons de telle manière à bloquer la journée et ne pas prévoir de transports ce jour là, donc, une fois que nous aurons les crédits, cette formation sera imposée aux chauffeurs. C est dans le cadre de leur activité. En quoi consiste cette formation? Elle se fait en trois phases. Pour la première, chaque chauffeur va prendre le volant du véhicule, à l intérieur de ce véhicule il y a un appareil qui effectue un certain nombre de mesures tel que le nombre de fois où on repasse par le point mort, le nombre de freinages, et à la fin nous obtenons une valeur par rapport à notre éco-conduite. La deuxième phase consiste en une formation en salle où le formateur explique les différents points. Et ensuite, les chauffeurs refont le même parcours qu ils ont fait le matin en appliquant ce qu ils ont vu en cours. On compare et voit la différence. Quel type de véhicules possédez-vous actuellement? S agit-il de véhicules très polluants? Un véhicule est polluant selon son ancienneté. L établissement s est engagé auprès de l Etat, avec un plan de gestion au niveau de son parc de véhicules, à éliminer les plus anciens et les renouveler le cas échéant. C est ce que nous sommes en train de faire. Le véhicule le plus ancien date de 2001 et les plus récents arriveront d ici la fin du mois. La plupart sont arrivés en 2004 et 2007. Il y a eu deux vagues. En ce qui concerne l aspect polluant, nous faisons attention à leur entretien, afin d éviter la surconsommation d huile et de carburant. Les vidanges se font une fois par an et le contrôle de la pression des pneus se fait une fois par mois. En effet si vous avez des pneus sous-gonflés vous consommez plus. 30
Concernant le transport d œuvres d art, combien possédez-vous de véhicules? Nous en avons trois. Un master de 20m3 qui date de 2007, un autre petit master de 8 ou 9 m3 qui date de 2009 et le Transit qui date de 2007. Nous achetons nos véhicules via la centrale d achat de l Etat qui est l UGAP. Il n y a pas de véhicules électriques. Est-ce en projet? Est-ce réalisable? A ce jour nous n avons en effet aucun véhicule électrique. On regarde ce qui se passe et ce qui bouge dans ce domaine mais il y a deux points à distinguer. Il y a d un côté les véhicules particuliers avec le transport de personnes, pour des déplacements urbains, dans Paris. Et de l autre côté, il y a les véhicules avec transport de charge : nous avons des missions pour chercher des œuvres un peu partout en France, sur des grandes distances. Se pose alors le problème de la charge du véhicule tout au long de ce transport si on prenait des véhicules électriques. Opter pour le véhicule électrique c est réalisable pour nos trajets courts, en milieu urbain. C est une question de distance. Pour l instant, vous n avez pas en projet de changer votre parc de véhicules pour des véhicules électriques? Pas pour les véhicules utilitaires. Peut-être qu en 2013-2014 nous ferons l achat de véhicules électriques pour le transport de personnes. Mais dans quelques années nous serons peut-être amenés à acheter des véhicules utilitaires électriques parce que de plus en plus de centres villes vont interdire la circulation des véhicules thermiques selon les jours et les tranches horaires. Ca commence à se faire dans certaines villes et cela va se faire de plus en plus. Mais il faut aussi étudier la chose en terme de maintenance, savoir qui est capable de réparer ce type de véhicule, parce qu il s agit aussi d une mutation chez les garagistes. Après 100 ans de moteurs thermiques, passer à de l électrique c est compliqué. Renault a investi dans une quarantaine de centres en France pour essayer de former les gens mais pour l instant nous n avons pas encore le retour. Or si nous achetons un véhicule et qu après nous ne pouvons pas l entretenir c est embêtant. 31
ANNEXE 13 Entretien avec l Atelier de préparation des expositions temporaires de la BnF (1/2) Olivier Paitreault, Eric Rousseau, Christine Julien Chargés de la préparation des expositions Département de la conservation Cellule Préparation des expositions Le 12/04/2012 Lors des démontages d exposition, que récupère l atelier? Nous récupérons tous les supports plexi et les cartons neutres qui ont servis de fonds, pour les encadrements ou pour poser les documents dans les vitrines. 80% des fonds que nous avons utilisés pour l exposition Presse à la Une, par exemple, étaient des cartons qui avaient servis de fonds de cadre sur des expositions précédentes. Sur l exposition Miniatures flamandes, tous les supports de plexi étaient des récupérations d expositions précédentes. Nous réutilisons environ 80% de ce que nous fabriquons, pour les plexi en tout cas. A chaque démontage nous récupérons nos cartons et tout ce qui est papier. Où les stockez-vous? Nous en faisons des formats standards et nous les stockons dans notre petite réserve, à l atelier. Tout ça ce sont des chutes ou des cartons qui ont déjà servis. En ce qui concerne les cadres c est la même chose, nous réutilisons les baguettes. D ailleurs c est problématique car cela prend énormément de place. Réutilisez-vous des éléments de scénographie (mobilier, cimaises, etc )? Nous récupérons parfois des morceaux de cimaises, mais nous réutilisons moins de 1% de l ensemble de ces constructions. Nous n avons pas vraiment la possibilité de faire autrement, nous n avons pas la place de stocker. La principale contrainte pour nous concernant le recyclage et la récupération c est la place de stockage. Que considérez-vous comme non récupérable? Tout se récupère, jusqu à une certaine limite. Les supports en plexi sont récupérés depuis très longtemps, or c est vrai qu à force de les chauffer et les réchauffer, au bout d un moment cela les fragilise. Mais nous le voyons tout de suite quand le support n est plus bon : il commence à buller. Un support qui est réutilisé tel quel peut faire énormément d expositions, plus d une cinquantaine. Si on le réchauffe, c est variable, mais s il ne bulle pas il peut faire au minimum cinq expositions. Quels bois utilisez-vous pour vos encadrements? Sont-ils éco-labellisés? Il y a de tout, du chêne, etc, ce sont des bois nobles mais nous ne savons pas s ils sont labellisés. Pour être honnêtes, pour nous ce n est pas un critère de choix. Une baguette est surtout choisie pour son aspect esthétique et nous n avons pas vraiment la main sur cet aspect là, cela dépend des chargés d expositions et des commissaires. 32
Dans votre mission quotidienne de préparation des expositions (encadrement, soclage), utilisez-vous des matériaux recyclés? Non, c est compliqué à cause des normes de conservation. Pour recycler un papier il faut le dégraisser, donc utiliser des produits chimiques et nous n avons aucune garantie de la stabilité de ce produit chimique dans le futur. Nous utilisons des matériaux recyclables mais recyclés non. Vos propres déchets (papier, carton, produits de nettoyage, métaux, visserie) sont-ils recyclés? Non. Le circuit de recyclage n est pas fonctionnel pour les déchets des ateliers. À l atelier conditionnement c est la même chose que chez nous, ils produisent des déchets et pourraient trier mais comme la chaîne derrière n est pas fonctionnelle, tout le tri qui est fait part à la benne classique. L argument avancé par les récupérateurs c est souvent qu il s agit de trop petits volumes. Le recyclage devrait être pensé dès l achat, c'est-à-dire que sur de nombreux produits il y a des taxes, et nous, nous n en avons pas sur les plastiques qu on utilise. Or, s il y a une taxe, tu as tout intérêt à les faire récupérer ou à trouver des solutions pour les recycler. 33
ANNEXE 14 Entretien avec l Atelier de préparation des expositions temporaires de la BnF (2/2) Eric Vannereau Responsable de la cellule de préparation des expositions Département de la conservation Le 17/04/2012 Lors des démontages, que récupère l atelier de préparation des expositions? Les cartons des fonds des bordés plomb et des encadrements. Quand nous préparons un cadre nous devons découper des fonds. Nous réutilisons les chutes pour les mettre dans les vitrines sous les documents afin qu ils ne soient pas en contact direct avec le bois. De plus, les cartons de conservation valent très cher. Certains cartons peuvent valoir jusqu à 6 euros la feuille. Pour nous, cela nous évite donc d en recommander tout le temps. Nous essayons de commander des cartons de grandes dimensions comme cela nous avons le moins de chutes possible. Pour les baguettes c est la même chose, elles sont toujours en grandes dimensions. Nous récupèrons tout et nous trions. S il y a des plexi abîmés, cassés, usés ou non nettoyables parce qu ils ont trop servi, alors nous les jetons. Si le support est rayé mais que le document d une future exposition vient couvrir l ensemble du support, cela ne se voit pas et nous pouvons donc le réutiliser. Si par contre on risque de voir le support, nous nous arrangeons pour qu il soit neuf ou le moins abîmé possible. Quand je dis «abîmé» j entends «rayé». Si le support est cassé sur les bords soit nous le retaillons soit nous le jetons car il ne faut pas que les arrêtes puissent abîmer le document. La récupération est assez intensive et la réserve est presque pleine, comment faites-vous? L évolution des choses n a pas été dans le bon sens pour nous car avant nous avions deux espaces de stockage. Avant le déménagement de l étage A1 à l étage A2, j avais un atelier plus grand, avec un stockage de proximité. L atelier était divisé en deux : une partie propre et une partie plus poussiéreuse avec toutes les machines, ce qui n est plus le cas à l heure actuelle. Le stockage de proximité conservait les choses dont nous pouvions avoir besoin dans l instant ou dans la semaine. Ce que nous avons aujourd hui c est un lieu de stockage à la fois pour les matériaux que nous achetons et les matériaux que nous avons récupérés (les chutes, les cartons, etc). Cette situation existe depuis le déménagement de l atelier en 2002. Nous étions deux à l origine, j ai été seul à un moment donné, aujourd hui nous sommes quatre, dans un espace plus petit qu auparavant. Il va donc falloir réorganiser l ensemble de l atelier. Cette réorganisation va-t-elle prendre de la place sur l espace de stockage ou en libérer? Cela dépend, le plus important est de faire en sorte que l on puisse circuler sans problème et que l on puisse travailler en sécurité. Il faudra trier le stockage, voir ce qu il faut vraiment jeter, ce que l on garde, etc Dans l exposition Presse à la Une, qu allez-vous récupérez concrètement? Nous allons récupérer tous les supports, les plaques en plexi et les cartons. Nous les retravaillerons ensuite à l atelier. Nous aimerions aussi récupérer des pans de cimaises mais c est compliqué car tout part à la benne. Nous ne pouvons récupérer que quelques morceaux et c est dommage car nous pourrions faire beaucoup de choses avec ces cimaises. Nous avons toujours besoin de plaques de bois, 34
pour faire des essais, des plaques martyrs, etc Mais il y a deux problèmes. Le premier c est le tri, qui n est pas fait à la fin du démontage des expositions. Le deuxième c est qu il faudrait que l on ait un espace pour menuiser les plaques de bois des scénographies et les réutiliser dans les scénographies suivantes. Il y a un atelier de menuiserie ici, à la BnF, mais le menuisier est seul et déjà débordé. De plus nous n avons pas le matériel adéquat : il nous faudrait des scies à panneaux pour recouper les grandes plaques de bois. Y-a-t-il une évolution bien notable depuis l ouverture de la BnF au niveau de la récupération ou la réutilisation des supports ou éléments de scénographie? Etes-vous plus attentifs à ce type de geste qu auparavant? Cette récupération de supports a-t-elle un impact sur les commandes de matériaux? Commandez-vous moins qu auparavant? Nous avons toujours pratiqué la récupération dans l atelier. Mais, même si nous récupérons, il faut parfois faire des commandes spéciales pour certaines expositions. Il y a une évolution, en effet, c est que nous utilisons de plus en plus le polyester. Le polyester peut se plier à chaud et à froid facilement, nous n avons pas besoin de le chauffer, les épaisseurs vont de 0,5 mm à 16 mm. Le plexiglas, lui, doit être plié automatiquement à chaud, sinon il se casse, il ne s usine pas de la même manière. Petit à petit nous avons donc commencé à acheter le polyester pour remplacer le plexiglas ou en tout cas en avoir un peu des deux. Le polyester est-il plus résistant que le plexi? Lequel est le plus durable? Le plexi et le polyester se récupèrent tous les deux sans problème. Le polyester est plus pratique pour certaines opérations mais d un autre côté le plexiglas est un peu moins brillant, pour les vitrages c est important, et il est un peu plus rigide. Les bois que vous utilisez pour vos encadrements sont-ils éco-labellisés? Je ne sais pas, cela dépend des fournisseurs. Qu en est-il du recyclage? A l époque de Valérie Vesque-Jeancard, qui a mis en place beaucoup de choses au niveau du développement durable à la BnF, nous avions de grandes poubelles pour trier nos déchets : une pour le verre, une autre pour le plastique, une pour le papier, etc Mais les hommes et femmes de ménage mettaient ensuite le tout dans la même benne. A l heure actuelle se pose le même problème. Alors trier les déchets de l atelier ne servirait strictement à rien. Après l ouverture de la BnF en 1996, j ai appelé des sociétés afin qu elles viennent prendre nos chutes de plexi ou de polyester et qu elles les recyclent. Ce sont des plastiques, il suffit de les refondre ou de les retravailler pour les réemployer. J ai contacté plusieurs sociétés et on m a demandé combien de tonnes j utilisais par an. Evidemment, cela ne se comptais pas en tonnes. Je lui ai dit combien de plaques nous utilisions par an et on m a répondu que cela n était pas rentable de faire déplacer un camion pour si peu de déchets. Aujourd hui il y a de plus en plus d expositions à la BnF, et donc, par voie de conséquence, davantage de fabrication de supports et d encadrements. Y aurait-il aujourd hui suffisamment de déchets pour intéresser une société de ramassage? A mon avis non. En début d année j ai acheté 25 plaques de polyester de 2m sur 1m30, une douzaine de plaques va arriver, puis je vais peut-être en acheter encore une vingtaine. Pour l année 2012 cela représentera donc plus ou moins une soixantaine de plaques. Je ne pense pas que ce soit suffisant. 35
ANNEXE 15 Entretien avec la régie technique de la BnF Serge Derouault Régisseur technique des expositions Délégation à la Diffusion culturelle Service des expositions Le 12/04/2012 La Bibliothèque Nationale de France possède un parc de vitrines. Depuis quand existe-t-il? Le parc de vitrine a été livré avec le bâtiment. Il a été conçu et dessiné par Dominique Perrault pour l ouverture du bâtiment en 1996. Combien y avait-il de vitrines à l origine? Les ossatures n ont jamais été changées, ce sont toujours les mêmes, il y a une centaine de vitrines, de toutes sortes. Elles n ont jamais été changées? Elles ont été modifiées, mais jamais jetées. Elles ont été modifiées pour répondre à la demande de l intégration du public à la mobilité réduite. Elles étaient à l origine construites à une hauteur de 90 cm et elles ont été descendues à 80 cm, nous les avons coupées de 10 cm. Dans les scénographies proposées par les architectes, ces vitrines dites «vitrines Perrault» sontelles régulièrement utilisées? Elles sont utilisées la plupart du temps, et en grande partie. Lorsqu il n y a que de l accrochage, nous n avons pas besoin des vitrines, mais, dès lors qu il y a un besoin de vitrines, elles sont utilisées. La construction de vitrines sur mesure n est pas du tout systématique. Lorsque le parc de vitrines a été conçu à l origine, il a été pensé pour accueillir des documents à plat, en deux dimensions, elles étaient adaptées aux collections de la BnF. Mais dès l instant où nous décidons de présenter des œuvres en volume ou de dimensions différentes, le parc n est plus adapté. Il faut donc faire construire une vitrine spécifique, pour ces objets en trois dimensions. Quelles sont les avantages de ce parc de vitrine? L avantage est surtout financier. Et les contraintes? Elles nécessitent une manipulation importante, cela demande beaucoup de manutention. On pourrait presque dire que c est du mobilier fait pour être permanent, or, il est mobile. Son utilisation est donc un peu en contradiction avec son poids et sa maniabilité. 36
Ces vitrines ont pourtant été conçues dès le début pour du temporaire? Oui mais à l origine du projet, les salles d exposition n étaient pas prévues. Deux salles de lecture ont ensuite été sélectionnées et pensées en salles d exposition dans laquelle il fallait mettre du mobilier. Le mobilier a donc été conçu mais sans réellement penser à la mobilité de ce dernier. Concernant les capots de verre, y a-t-il eu beaucoup de casse? Il y a eu de la casse mais étant donné la mobilité et la manipulation que nécessitent ces capots, il n y en a eu que très peu. Surtout lorsque l on considère la difficulté et le rythme avec lesquels on les manipule. Il y a peut-être eu 10 % de capots cassés depuis le début, ce qui est très peu. Ces capots sont-ils remplacés? Ils ont été remplacés il y a peu de temps parce que nous en avions besoin, il fallait réajuster le parc. Ils ont été reconstruits, en verre. Puisque la manipulation de ces capots en verre est particulièrement difficile, pourquoi ne pas choisir le plexiglas? Je suis contre le capot en plexi dès l instant où se sont des petits formats. Au bout de deux expositions, il y a de fortes chances pour que le capot soit refusé à cause d une rayure. Le matériel dont nous disposons date de 1995, les capots en plexi ont une durée de vie beaucoup plus limitée. Cela se raye terriblement alors que le verre est beaucoup plus durable. D ailleurs, au niveau du développement durable je préfère le verre, le plexi ça reste du plastique. Le parc de vitrines en verre a été complété, un parc de vitrines en plexi aurait du être changé régulièrement, cela nous aurait coûté beaucoup plus cher. C est donc plus contraignant, même s il est vrai que c est plus léger. Mais cela concerne notre parc de vitrines permanent. Pour les vitrines construites sur mesure je suggère le plexi. Pour l une des vitrines de l exposition à venir, Portulans, la scénographe souhaite faire construire une vitrine en cloche en verre. Or, pour des raisons de manipulation et de sécurité de l œuvre et des hommes, j ai fait modifier cet élément du DCE afin que la vitrine soit réalisée en plexi. Existe-il un système de récupération de ces vitrines construites sur mesure? Oui, pour Portulans par exemple, la scénographe a sélectionné des panneaux de verre qui étaient sur l exposition Casanova. Si après l exposition Portulans, le scénographe de l exposition suivante, dédiée à Guy Debord, souhaite les récupérer à nouveau, nous les réutiliserons. Mais il s agit d une réutilisation spontanée d une exposition en cours pour l exposition suivante, ces éléments de mobilier ne peuvent pas être mis en stockage. Nous n avons réutilisé que 2% du mobilier des expositions temporaires qui ont eue lieu jusqu à présent. La contrainte pour conserver ce mobilier est donc essentiellement une question de stockage? Oui tout à fait. Et l intérêt aussi. Les scénographes visitent les lieux avant de concevoir leur projet. Ils peuvent donc repérer dans l exposition en cours les éléments qui pourraient leur être utiles. Nous leur fournissons aussi une liste du matériel permanent dont nous disposons. Mais pour l exposition Portulans, par exemple, nous ne comptons pas conserver les vitrines construites car nous ne pensons pas qu elles puissent servir pour l exposition suivante. Et nous ne pouvons pas garder ce mobilier dans les réserves sur une longue durée, nous n avons pas suffisamment de place. S il n est pas réutilisé, il est mis à la benne. 37
Ces éléments de mobilier jetés à la benne sont-ils triés? Non. Nous aimerions bien trier mais c est difficile. Nous pourrions tout trier ici à l intérieur de la BnF mais à l extérieur tout est mis dans le même trou. Il n y a pas de suivi du tri des déchets. 38
ANNEXE 16 Entretien avec la régie des œuvres de la BnF Vincent Desjardins Chargé de la régie des œuvres Service des expositions Délégation à la diffusion culturelle Le 25/04/2012 En termes d emballage, pensez-vous que l on puisse réutiliser facilement le matériel? Cela dépend des conditions dans lesquelles on utilise ce matériel, si on y met du scotch ou non. Selon l état du papier soie, selon s il y a du scotch ou non, nous pouvons récupérer les feuilles, les plier proprement et les réutiliser. Le tyvek est un matériau très résistant et coûteux à l achat, il serait donc intéressant de le réutiliser le plus souvent possible? Oui mais à partir du moment où il s agit d un matériau de première couche et qu il y a des traces de scotch, il est altéré et n est donc plus utilisable. Il peut éventuellement être réutilisé pour des choses qui ne sont pas en contact direct avec l œuvre, comme un cadre ou quelque chose avec une plaque de verre. Mais il me semble impensable de réutiliser un tyvek qui a été altéré pour emballer une œuvre. N est-il pas possible de penser la chose en amont et de chercher alors à utiliser des scotch qui s enlèveraient plus facilement, ou en tout cas qui n altèrerait pas la fibre de matériau? Non parce que ce type de scotch ne tiendrait pas assez bien et ne collerai pas assez. Pour faire un emballage, il me semble préférable de privilégier la résistance plutôt que de penser à la réutilisation. J essaye de penser à la réutilisation mais il y a un moment où il faut faire des choix. Finalement, le pourcentage de réutilisation du matériel d emballage est assez faible. Le critère économique entre aussi en jeu : lorsqu on nous facture un tamponnage renforcé, avec par exemple une plaque de carton découpée sur mesure pour protéger l œuvre, c est intéressant pour nous de conserver ce que l on a payé. Outre l aspect écologique il y a donc l aspect économique qui entre en compte par rapport à la commande passée au transporteur. Si le transporteur remplace ce tamponnage il va nous le facturer. L aspect réutilisation devient alors primordial pas forcément par rapport à la nature même du matériau mais parce qu il a un coût. Au niveau du matériel de conditionnement (boîtes, caisses, mallettes), que conservez/récupérezvous? Les mallettes que nous utilisons, par exemple, n ont pas été achetées directement. Il s agit d une récupération liée à des convoiements extérieurs. Lorsqu une œuvre revenait d un prêt dans une mallette, nous conservions cette mallette. Il y a eu une période où nous en avons récupéré un certain nombre et aujourd hui nous les utilisons encore. J ai aussi souhaité récupérer des caisses qui avaient servi au conditionnement d œuvres pour des expositions antérieures. A l origine, elles ont été fabriquées par une société de transport d œuvres d art et sont commodes pour la régie d œuvres. Mais j ai choisi de les récupérer non pas pour des raisons écologiques mais davantage pour des raisons économiques. Les budgets diminuent pour la régie d œuvre et on nous demande de plus en plus de transporter les œuvres par nous-mêmes, avec nos véhicules internes. Il faut donc avoir les moyens logistiques pour les transporter et il faut trouver des 39
solutions économiques. Les premières caisses que j ai récupérées étaient celles de l exposition Berlioz. J ai pensé qu elles seraient intéressantes pour transporter les œuvres et surtout les encadrements car beaucoup d entre eux se faisaient ici à l époque. Il fallait donc des caisses adaptées au transport de cadres. Ces caisses sont encore là. Pour l exposition Witkin, les caisses qui ont été utilisées pour transporter les œuvres avaient d abord servi à transporter les manuscrits de l exposition Miniatures flamandes jusqu à Bruxelles. J ai demandé à Serge Derouault d y mettre des roulettes. Elles sont solides, résistantes et une fois que ces caisses seront assez hautes pour pouvoir être poussées elles seront très intéressantes. Puisque nous ne pouvons plus, pour des raisons économiques, faire autant appel à des transporteurs qu avant, nous sommes obligés de nous débrouiller en interne. Il faut aussi avoir conscience qu à partir du moment où il s agit de récupération, ce n est plus forcément adapté à l œuvre et nous ne sommes plus dans les règles qui dictent tel que cela devrait être. En récupérant, nous prenons toujours un risque, on bricole, on découpe des mousses mais nous ne sommes pas dans les règles idéales pour transporter une œuvre. Dans le budget imparti pour une exposition, le plus important serait normalement la conservation des œuvres, ce qui engendrerait certains sacrifices au niveau de la scénographie. Or, aujourd hui c est plutôt l inverse, c est sur la régie que nous faisons des sacrifices. De plus, les devis de transports arrivent souvent après l élaboration du DCE (Dossier de Consultation des Entreprises) où sont répartis les coûts. De ce fait, il reste souvent peu de marche de manœuvre pour financer le transport des œuvres d art. En plus du fait que les caisses récupérées ne sont pas forcément adaptées aux œuvres, nous manquons de temps pour faire ce travail de réutilisation. En régie des œuvres à la BnF, nous n avons pas le temps de récupérer tout ce qu on peut récupérer. C est une équation, il faut calculer quel est le gain écologique en récupérant le bull-pack par rapport au temps passé à le récupérer. Utilisez-vous du matériel d emballage répondant à des critères écologiques? Nous utilisons ici à la BnF un éco-bullpack que j ai commandé à un transporteur qui me le conseillait. Mais ce qui dicte mes choix pour ces matériaux c est le fait qu ils soient neutres pour les documents et adaptés. De quelle manière l étude réalisée en 2008 par Atémia a-t-elle eu un impact sur la régie des œuvres? Contrairement à la scénographie, la régie des œuvres n a pas réellement été impactée par cette étude. L étude portait surtout sur la construction de l exposition en elle-même, à travers les matériaux, les peintures utilisées et le graphisme mais pas sur le circuit des œuvres à savoir sur l emballage ou le transport. De toute manière, dans ce domaine les normes existent, les contraintes existent. Il y aura toujours les mêmes contraintes de conservation pour faire venir un tableau de très loin, ce ne sera pas malheureusement pas des notions d écologie qui conduiront à mettre tous les tableaux dans le même avion. Il y aura toujours les contraintes économiques avant tout. Dans l accord-cadre relatif au marché de transport d œuvres d art renouvelé en 2011, il y a un paragraphe sur le développement durable. Etait-il présent dans l accord-cadre précédent? Non. J ai fait intégrer ce critère dans ce nouvel accord cadre car nous réfléchissions tous au sein du service des expositions à mettre en place une politique de développement durable et je trouvais que cela pouvait aussi s appliquer à tout ce qui était relatif au transport d œuvres. Il me semblait intéressant d amorcer de cette manière une forme de dynamisme et d être le moteur de quelque chose dans ce secteur là. Il était intéressant d y mettre un critère de développement durable qui ne soit pas excessif mais qui amorçait quelque chose. Puisque la BnF est en position de donneuse d ordre dans le secteur des institutions muséales, je trouvais important que nous-mêmes commencions à intégrer ces critères écologiques dans notre marché de transport. Cela permet d enchainer sur une dynamique qui existe d ailleurs déjà au sein de l ICEFAT par exemple. Mais, il faut que les institutions qui sont donneuses d ordre révèlent cela à travers leur sélection de transporteurs pour qu eux-mêmes trouvent un intérêt économique à être retenus par rapport aux démarches qu ils mettent en place et qui leur coutent de l argent. 40
ANNEXE 17 Entretien avec la cellule entretien de la BnF Stéphanie Ensuque Responsable de la cellule entretien Service logistique et moyens généraux Le 19/04/2012 Dans l enquête que j ai menée auprès des divers services travaillant en collaboration avec le service des expositions, la question de l absence de tri par la société de ramassage des déchets a souvent été soulevée. Qu en est-il réellement? Nous avons en effet parfois des problèmes avec le personnel de ménage, qui dépend d une société extérieure, la société TEP. Nous essayons de recycler le papier et nous y parvenons parce qu il y a quand même des agents qui le font correctement. Toutefois, il est vrai qu on nous a fait remonter l information comme quoi le personnel de ménage ne faisait pas attention au tri fait dans les bureaux et mettait tout dans la même benne. Nous avons bien entendu fait redescendre cette information et donner des consignes. Dans les bureaux, beaucoup se disent que ce n est pas nécessaire de trier parce que le recyclage est mal fait. C est faux. Il est mal fait à certains endroits, mais nous essayons d y remédier. S il était mal fait dans l ensemble de la BnF nous n aurions pas un tel tonnage. Nous avons aussi le pilon qui broie des ouvrages périmés, des anciens agendas, des anciens exemplaires de Chroniques ou Trajectoires et ces copeaux sont transformés en papier d impression pour la presse. Depuis le début de l année jusqu au 31 mars 2012, il y a eu 58 tonnes de papiers mises au pilon. Nous recyclons aussi les cannettes, les bouteilles, les piles, les ampoules, les néons et les starters. Le carton est recyclé depuis juillet 2011 mais ça, par contre, c est encore très mal fait par les agents de la BnF. Comment se déroule le ramassage des déchets? Les personnes s occupant du ménage ramassent les poubelles dédiées au papier une fois par semaine. Ces déchets sont normalement mis dans un sac poubelle à part. Pour les services qui utilisent beaucoup de cartons (la communication, etc ) nous avons fournis des poubelles spéciales. Elles sont dans les bureaux. Il faut que les cartons soient mis à plat, sans scotch, sans agrafes. Travaillez-vous avec le service de la communication pour que le message passe? Il y a eu de la communication par Biblionautes (réseau interne à la BnF). Où sont ces poubelles permettant de séparer les cannettes, les bouteilles, etc? Il y a des petites boîtes pour les piles dans quelques bureaux notamment au DMT et à la cantine. Les poubelles pour les cannettes et les bouteilles sont près des distributeurs de café et boissons fraîches. Nous venons aussi de lancer un partenariat avec l association Un bouchon, une espérance qui récupère les bouchons des bouteilles en plastique. En ce qui concerne les déchets des expositions temporaires (les constructions, les cimaises, etc ), que deviennent-ils? Ils sont mis dans une benne classique puis brûlés. 41
Que faudrait-il faire pour changer cela? Il faudrait que le service des expositions trie. Et qu ils aient plusieurs containers. Mais je ne sais pas si le bois des cimaises se recycle. Je ne pense pas. Pourquoi les déchets des ateliers du service exposition ne sont-ils pas triés? Les déchets ne sont pas triés parce que nous ne nous sommes pas réellement penchés sur la question pour les ateliers. Il faudrait savoir combien de déchets sont produits, combien cela coûterait pour que la société SEPUR (qui s occupe du recyclage de nos déchets) vienne chercher ces déchets pour les recycler. Cela n est pas forcément compliqué mais cela implique d autres budgets, nous serions obligés de faire un avenant à la société SEPUR. Il faudrait faire des réunions, voir ce qu ils jettent tous les mois, voir si c est important en quantité, si on stocke tout et fait un ramassage qu une fois par an, etc C est une question de coûts. Et une question de quantité parce que si ce n est pas assez important cela peut arriver qu aucune société ne réponde, ne soit intéressée. 42
ANNEXE 18 Notes prises au cours d un entretien téléphonique avec le Musée d histoire de Nantes Pierre Chotard Château des ducs de Bretagne-Musée d'histoire de Nantes Responsable du secteur des expositions temporaires Attaché de conservation Le musée château de Nantes répond à des règles différentes par rapport à une institution publique normale. Il est sous la tutelle de la Ville de Nantes, sous la tutelle de la collectivité mais il est aussi sous la tutelle d une société privée de droit public qui assure le fonctionnement du bâtiment. Les expositions temporaires faisant partie du fonctionnement du musée, elles sont gérées par une instance privée. Toutefois, la direction est attachée à répondre à la même déontologie qu un musée publique. Les dons lors du partenariat avec l association L écume des arts ont été rendu possibles par la signature de conventions, de contrats, qui précisaient l usage futur du matériel cédé. Il était fondamental de spécifier cette réutilisation. Ce matériel a été donné à des partenaires privés comme publiques mais qui étaient tous en lien avec la tutelle du musée, c'est-à-dire la collectivité, la ville de Nantes. Ex : des vitrines de l exposition japonaise ont été données au musée d histoire naturelle de Nantes. Ex : des vitrines coche en plexi à l origine protégée par du papier bulle ont été transformées pour être réutilisées. Les caisses de conditionnement en bois et métal, déboîtables, pouvaient être ouvertes. Elles ont étaient habillées de housses sur mesure pour faire de nouvelles vitrines. Le résultat est que ces vitrines cloches sont désormais mieux protégées, plus facilement stockable, réutilisable et prêtable. La transformation a donné une véritable plus-value à la vitrine. Ces 6 vitrines permettent de constituer un parc de petites vitrines d appoint pour une petite présentation (Ex : en 2010, présentation du rôle des associations dans la collecte pour l exposition Les Nantais venus d ailleurs) Ex : des vitrines hybrides ont été conçues à partir d un tabouret et d une cloche en verre. Elles ont ensuite été mises à la disposition du service des publics. Le but est aussi de veiller aux bonnes conditions de stockage du matériel, d avoir un suivi là-dessus, d en faire l inventaire, parce que stocker dans de mauvaises conditions c est condamner à l oubli. Cette démarche avec L écume des arts a permis de faire vivre un réseau professionnel et d obliger chacun à chercher un sens à la réutilisation et la récupération du matériel. Le compte-rendu d un tel partenariat est qu il s agit d une opération lourde portée par la volonté de Guillaume Rovet et Pierre Chotard, une opération qui nécessite une organisation complexe (faire en sorte de pouvoir gérer les dons sans contraindre l activité quotidienne du musée, sans le faire au détriment de l activité du musée) et qui est un véritable investissement financier et humain. Ce projet a fait évoluer la préparation intellectuelle de la réutilisation des matériaux. Limites du projet : ne peut être réalisé qu avec la bonne volonté de certains, investissement considérable. Ex : partenariat avec le théâtre de Nantes Ex : 2010, Les Nantais venus d ailleurs, réutilisation d une cimaise courbe pour l intégrer dans la scénographie de l exposition suivante. 43
ANNEXE 19 Notes prises au cours d un entretien avec le MAC/VAL Frank Lamy Responsable des expositions temporaires Recyclage : - Réutilise les dispositifs et matériaux autant que faire se peut - Un tri sélectif est réalisé à l échelle du bâtiment Scénographie : - Le MAC/VAL ne fait pas appel à des scénographes pour ses expositions temporaires. Frank Lamy gère tous les projets. - Il existe un système de cimaises en brique de médium, donc réutilisables, mais la manipulation est complexe. - Il existe un autre système de cimaises par échelles, composées de plaques de plâtres, et ne sont donc pas réutilisables. - Le musée n utilise pas de peintures éco-labellisées. Régie : - Les socles et les supports sont réutilisés pour la collection permanente mais pas pour les expositions temporaires. - Les vitrines sont réutilisées car le MAC/VAL dispose d un espace de stockage suffisant. - Le musée procède à la cession de vitrines quand elles sont trop spécifiques. Sinon, elles sont mises à la benne. Eclairage : - C est un sujet mis à l étude actuellement, mais le MAC/VAL doit attendre les directives du Conseil Régional. - Aujourd hui, il n y a pas de recours à la Led, il n y a que des fluo, des néons, des ampoules ordinaires et des projecteurs. Transport : - Le musée a un marché avec Crown Fine arts - Il n y a pas de formation d éco-conduite pour les véhicules internes 44
ANNEXE 20 Notes prises au cours d un entretien téléphonique avec la société de ramassage de déchets SEPUR Zajia Aouimer Le papier confidentiel est mis à part, dans une benne de 15m3, fermée et enlevée tous les deux mois. Le papier courant est relevé tous les jours sur le site F. Mitterrand. Cela représente une vingtaine de bacs par jour. Le bois peint, collé, aggloméré, peut être revalorisé en le broyant en paillettes. Il peut ensuite être utilisé pour faire du bois bas de gamme mais réutilisable. Aujourd hui les déchets des ateliers sont considérés comme des déchets industriels et sont donc mélangés avec le reste dans la même benne. Ils pourraient être triés mais il faudrait pouvoir remplir une benne de 15m3 ce qui représente à peu près une tonne de plexiglas. Si la benne ne se remplit pas assez vite, il est possible de faire plusieurs transports pour l enlever mais cela ne serait pas rentable pour la BnF. 45
III. LES RESSOURCES DOCUMENTAIRES 46
ANNEXE 21 Plan Administration Exemplaire du Musée du Louvre Source : http://www.louvre.fr/developpement-durable 47
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ANNEXE 22 Extrait du Rapport bilan carbone du Musée du Louvre Source : http://www.louvre.fr/developpement-durable 60
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ANNEXE 23 Extrait du Rapport de développement durable du Musée du Quai Branly Source : centre de documentation du Musée du Quai Branly, et, Gérard Bailly. 67
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ANNEXE 24 Guide de recommandations pour les scénographes, BnF Source : document interne fourni par Anne-Hélène Rigogne 71
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ANNEXE 25 Guide d éco-conception, Cité des Sciences et de l Industrie Source : http://www.universcience.fr/fr/ressources-thematiques/contenu-thematique/sl/1239028630738/energieenvironnement-developpement-durable 107
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ANNEXE 26 Publicité de la société ATEMIA Source : La Lettre de l Ocim, mars-avril 2012, n 140 127
ANNEXE 27 Charte de développement durable André Chenue Source : document fourni par l entreprise 128
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ANNEXE 28 Extrait du site internet de l entreprise CROWN Fine Arts Source : http://www.crownfineart.com/fa/fr/about.html Because Crown is in the business of transportation, it has a real impact on the environment through fuel consumption and carbon emissions by vehicles and the use of packaging materials. Crown has established policies to secure the ISO 14001 or comparable environmental accreditations in three of its biggest markets Hong Kong, Australia and the UK, with other worldwide locations now following suit. The company s target is for 100% of country operations to achieved accreditation, within the next two to five years, based on consistent company-wide policies. Within that time frame, the company aims to achieve carbon neutral services in a way that is operationally and cost-effective. In the meantime, Crown is developing global standards to ensure that all worldwide operations are working in unison to minimize impact. This environmental process integration includes: Further developing Crown s fleet of fuel efficient operational vehicles and equipment Optimizing recycled packing materials and post-use recycling Environmental office and maintenance practices Maximizing greenery and indigenous planting on company premises Incorporation of environmental features in office and warehouse facilities Offsetting emissions by tree planting Enhanced assessment of suppliers environmental practices in global supplier database Identifying government incentives to make environmental investments increasingly feasible Critical to this effort has been Crown s steps to measure its consumption of natural resources. By doing this globally Crown can set targets and work to continuously improve. To engage all staff in environmental actions, Crown has established Green Liaisons in every country. These employees are champions who educate and facilitate improved green practices at each location. The Liaisons also share best practices and have helped identify creative solutions and excellent models for worldwide operations. ISO 14001:2004 Certification Crown has established policies to secure the ISO 14001 or comparable environmental accreditations in three of its biggest markets Hong Kong, Australia and the UK, with other worldwide locations now following suit. The company s target is for 100% of country operations to achieved accreditation, within the next two to five years, based on consistent company-wide policies. Within that time frame, the company aims to achieve carbon neutral services in a way that is operationally and cost-effective. The ISO 14001 is a worldwide Environmental Management System (EMS) recognition that is given to organizations that demonstrate a reduced impact on the environment. The certification exists to help organizations minimize how their operations negatively affect the environment, cause adverse changes to air, water, or land and also to comply with local laws and regulations. 132
Crown is one of the first international relocation companies to seek and earn this environmental certification, and is encouraging service partners and suppliers within the industry to do the same. The systematic ISO 14001:2004 approach requires the organization to take a hard look at all areas where its activities have an environmental impact. And it can lead to benefits like the following: reduced cost of waste management savings in consumption of energy and materials lower distribution costs framework for continual improvement of environmental performance 133
ANNEXE 29 Charte d engagement des entreprises franciliennes pour la réduction des émissions de CO2 Source : http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/img/pdf/cp_charteco2_301110-4- 2_cle817496.pdf 134
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ANNEXE 30 Accord cadre du marché de transport, BnF Source : document interne fourni par Vincent Desjardins 137
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ANNEXE 31 Contrat de prêt de la BnF Source : document interne fourni par Anne-Hélène Rigogne 142
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ANNEXE 32 Complément iconographique sur les «objets ressourcés» du Musée d histoire de Nantes 145
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ANNEXE 33 Tableaux de suivi des déchets à la BnF BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE France ANNEE 2011 Démarrage du marché : 23 mai 2011 Site : F. Miterrand Date Type de déchet tonnage (tonne) 03/06/2011 Toners 0,320 07/07/2011 Toners 0,190 03/08/2011 Toners 0,100 05/08/2011 Toners 0,160 06/09/2011 Toners 0,200 05/10/2011 Toners 0,140 03/11/2011 Toners 0,100 06/12/2011 Toners 0,140 TOTAL 1,450 147
2011 2012 BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE France ANNEE 2011 Site F. Mitterrand Type de bac : 500 litres Nombre de Bacs : 20 Nombre de Collectes : 5 fois/semaine Type de Déchets : Pilon 100 kg = 1000 litres (estimatif) BAC CORBEILLES (KG) ANNEE MOIS Litres Kgs JANVIER FEVRIER MARS AVRIL MAI 52 500 4 725 JUIN 157 500 14 175 JUILLET 200 000 18 000 AOUT 220 000 19 800 SEPTEMBRE 220 000 19 800 OCTOBRE 210 000 18 900 NOVEMBRE 200 000 18 000 DECEMBRE 220 000 19 800 TOTAL 1 480 000 133 200 BAC CORBEILLES (KG) ANNEE MOIS Litres Kgs JANVIER 220 000 19 800 FEVRIER 210 000 18 900 MARS 220 000 19 800 AVRIL MAI JUIN JUILLET AOUT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE TOTAL 650 000 58 500 148
2011 2012 Site : Richelieu Type de bac : 340 litres Nombre de Bacs : 8 Nombre de Collectes : 1 fois/semaine Type de Déchets : Pilon 100 kg = 1000 litres (estimatif) BAC CORBEILLES (KG) ANNEE MOIS Litres Kgs JANVIER FEVRIER MARS AVRIL MAI 2 040 184 JUIN 13 600 1 224 JUILLET 10 880 979 AOUT 13 600 1 224 SEPTEMBRE 10 880 979 OCTOBRE 10 880 979 NOVEMBRE 13 600 1 224 DECEMBRE 10 880 979 TOTAL 86 360 7 772 BAC CORBEILLES (KG) ANNEE MOIS Litres Kgs JANVIER 10 880 979 FEVRIER 13 600 1 224 MARS 10 880 979 AVRIL MAI JUIN JUILLET AOUT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE TOTAL 35 360 3 182 149
ANNEXE 34 Extrait du Vademecum de la conservation préventive Source : http://www.c2rmf.fr/documents/vade_mecum_conservprev.pdf 150
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ANNEXE 35 Manuel pratique : comment gérer un musée Source : http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001478/147854f.pdf. 159
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