MACHINE D EMPILAGE ET DE BROSSAGE DE PLAQUES DE BATTERIE (Banque PT SI1 2003) 1.MISE EN SITUATION Le produit Une batterie électrique au plomb est composée de deux électrodes, une anode et une cathode réalisées par des plaques de plomb. Les plaques négatives se présentent sous la forme de grilles alvéolées (figure 1) recouvertes d'une pâte permettant d'améliorer les capacités électriques des batteries. Caractéristiques principales des plaques 8 formats de plaques différents. la masse d'une plaque varie, selon son format, de 0,5 à 3kg la position des oreilles varie selon le format de plaque. Processus de fabrication (figure 2) Analyse fonctionnelle Diagramme des interactions fonctionnelles La machine d'empilage et de brossage permet de constituer des piles de 2 à 5 plaques puis de brosser les tranches de celles-ci pour éliminer l'excédent de pâte. La société qui réalise ces produits est spécialisée dans la production de batteries sur mesure (véhicules électriques, hybrides, onduleurs,...). Le nombre de plaques par pile dépend de la forme géométrique et de la puissance désirées pour la batterie en cours de production. Lycée du Hainaut-Valenciennes page 1/10 Version du 10/12/08
Une étude fonctionnelle (figure 3) a permis de dégager les fonctions principales (tableau 1) de la Machine A Grouper Et Brosser. Lycée du Hainaut-Valenciennes page 2/10 Version du 10/12/08
Fonctionnement de la MAGEB actuelle Les grilles sont remplies de pâte à base d'oxydes de plomb par une empâteuse ; elles passent alors au travers d'un four tunnel qui sèche la pâte (figures 4-1 et 4-2). Les plaques sortent du four tunnel en continu quasiment sèches (à une température d'environ 40 ) avec un écart entre chaque plaque. Un dispositif, placé entre le tapis du four et la table de réception de la MAGEB, permet d'accélérer les plaques et de leur donner une vitesse suffisante pour s'empiler l'une sur l'autre. il est constitué de deux rouleaux entraînés en sens inverse à une vitesse de rotation supérieure à celle du tapis de sortie four. Lycée du Hainaut-Valenciennes page 3/10 Version du 10/12/08
Un ou deux opérateurs (selon le format des plaques) récupèrent chaque pile de plaques pour la placer sur une palette (non représentée). Cycle de fonctionnement de la MAGEB actuelle Les plaques s'empilent directement l'une sur l'autre sur la «table» de réception (table en acier). Lorsque le nombre de plaques empilées est atteint, il faut évacuer suffisamment vite le paquet constitué pour éviter que la prochaine plaque délivrée par le tapis du four n'entre en collision avec cette pile. La pile de plaques est entraînée par obstacles (doigts contre les «oreilles») via le chariot de transfert et glisse sur la table de réception jusque sur le râteau et la table en U. Une butée (non représentée) réglée sur la position d'arrivée des piles permet de maintenir la pile au-dessus de la table en U lors du retrait du râteau. Le cycle de la machine peut-être décrit par le Grafcet de coordination des tâches figure 5. Lycée du Hainaut-Valenciennes page 4/10 Version du 10/12/08
2.PROJET DE MODIFICATION DE LA MAGEB L'entreprise envisage d'automatiser l'empilage et le brossage d'une deuxième ligne de fabrication. Le changement de cadence (vitesse de sortie des plaques du four triplée) ainsi que la prise en compte de nouveaux formats de plaques nécessite de revoir les solutions technologiques existantes. L'étude porte principalement sur le chariot de transfert des piles de plaques. La solution existante (vérin pneumatique pour le chariot de transfert et vérins sans tige pneumatiques pour les doigts) est remise en cause pour deux raisons : les cadences d'arrivée des plaques sont plus grandes (vitesse triplée et nombre de formats de plaques différentes plus grand) le nombre de types de plaques est trop important pour envisager un changement des jeux de doigts à chaque nouvelle fabrication. Le principe et l'agencement des autres fonctions ne sont pas étudiés ici. Une pré-étude a permis de concevoir la fonction : Saisir la pile. La solution retenue évolue de la manière suivante : Un jeu de doigts articulés (liaison pivot) actionnés par deux vérins φ32, de course 40 mm permet d'assurer les fonctions ENTRAINEMENT PAR OBSTACLE et DEGAGEMENT (figure 6). Lycée du Hainaut-Valenciennes page 5/10 Version du 10/12/08
La solution retenue permet d'obtenir un temps de déplacement des doigts beaucoup plus court que pour la solution vérins linéaires (course vérin plus petite) : la course de dégagement des doigts est indépendante du type de plaque. La fonction «Réglage de l'écartement des doigts» est assurée par déplacement de chaque sous-ensemble (doigt + actionneur) sur le chariot de translation (figure 6). 3. QUESTIONS ETUDE DYNAMIQUE Une pré-étude de conception pour la fonction «Tirer la pile» a défini la chaîne de transmission de puissance suivante : moteur tournant associé à un réducteur à train épicycloïdal et un système de transformation de mouvement de type poulies-courroie crantées. Compte tenu des différentes tailles de plaques et de l'encombrement du système de doigts, deux chariots montés en parallèle et distants de 1m20 sont nécessaires. Un schéma d'implantation des différents constituants de la machine est proposé en annexe 4. Les deux arbres d'entraînement des guidages sont liés mécaniquement par un arbre de synchronisation qui assure la transmission de puissance simultanément aux deux chariots intégrés MKU... de la société INA. Le moteurréducteur transmet la puissance mécanique à I arbre de synchronisation par un jeu de poulies de renvoi reliées par une courroie crantée. Si on considère que la chaîne de transmission du mouvement est rigide, on peut travailler avec la modélisation suivante : : couple moteur : vitesse angulaire de I arbre moteur : vitesse linéaire du chariot de transfert : moment d'inertie de I arbre moteur : moment d'inertie du réducteur (ramené sur l arbre moteur) : moment d'inertie d'une poulie renvoi (arbre réducteur - barre de synchronisation) : moment d'inertie de I'arbre de synchronisation : moment d'inertie d'une poulie : masse d'une pile de 5 plaques : masse du chariot de transfert : masse d'un chariot INA : rapport de transmission : rayon utile des poulies INA Avec cette modélisation, on montre alors que le couple d'accélération transmis en sortie de réducteur est relativement important. La chaîne de transmission de mouvement ne peut plus être considérée comme infiniment rigide. Les processus mécaniques appartiennent à une classe de systèmes dans laquelle les modèles de connaissance s'établissent directement à partir des lois physiques. La difficulté réside dans la recherche de l'adéquation modèle - système réel. Pour cela, il est important de déterminer les caractéristiques des différents constituants (masse, inertie, rigidité, amortissement). La partie mécanique du système de positionnement du chariot de transfert a été modélisée en tenant compte des caractéristiques du moteur d'axe, de la cinématique d'entraînement et du comportement dynamique de la structure. La modélisation discrète repose sur l'hypothèse que chaque élément peut être modélisé par au moins une masse, un ressort de rigidité équivalente à l'élément réel et un amortissement interne (figure B3). Lycée du Hainaut-Valenciennes page 6/10 Version du 10/12/08
On remarque la lourdeur d'une telle modélisation, le nombre de degrés de liberté est trop important pour pouvoir obtenir un modèle facilement utilisable par la commande. La simplification du modèle passe par des hypothèses de comportement d'un axe par rapport à l'autre. La difficulté principale réside dans la connaissance de la synchronisation des deux axes. Dans cette partie, le modèle retenu sera celui d'un «double mono-axe». On prend ici comme hypothèse que la masse du chariot est supportée de façon égale par les deux axes. On considère ensuite que le bâti est rigide, et que la masse de la courroie est négligeable devant les masses en mouvement. Enfin, des essais ont montré que la souplesse prépondérante est celle de l'arbre de synchronisation. Nous pouvons donc établir un modèle simplifié ne prenant en compte que la raideur de celui-ci et représentant au mieux le comportement global de la chaîne de positionnement (figure B4). Un modèle générique peut alors être défini par le schéma ci-dessous : Le processus est constitué de deux parties (inerties et, ramenées sur I'arbre de synchronisation) considérées comme infiniment rigides et reliées entre elles par une barre de torsion de raideur équivalente. Celle-ci représente la raideur en torsion de I'arbre de synchronisation. Lycée du Hainaut-Valenciennes page 7/10 Version du 10/12/08
Hypothèses : amortissements limités aux frottements visqueux (pas d'amortissements internes) ; l'ensemble des frottements visqueux est regroupé en un frottement visqueux équivalent au niveau de I'arbre de sortie du réducteur ( 0,1.. ); la masse du chariot est supportée de façon égale par les deux axes ; les liaisons sont considérées parfaites et les frottements secs sont négligés ; la masse de la courroie est négligeable devant les masses en mouvement ; les poulies de renvoi ont le même diamètre. Application numérique : 1,2.10. 3,5.10. 1,7.10. 2,5.10. 7.10. 15 40 3,8 10 40. 10 3.1. Donner les expressions littérales des inerties équivalentes et en utilisant les variables définies pour le modèle rigide. La résistance des matériaux permet de déterminer la raideur équivalente en torsion de I'arbre de synchronisation. On obtient 5170. Le modèle équivalent comprend trois éléments accumulateurs d'énergie : une inertie équivalente, une raideur équivalente et une inertie équivalente. Le processus est donc d'ordre 3. Nous voulons établir la fonction de transfert mécanique du processus modélisé et étudier son comportement fréquentiel. L'opérateur de Laplace est noté de sorte que désigne la transformée ou fonction image de la fonction originale. 3.2. En appliquant le théorème de l'énergie cinétique au premier élément accumulateur, écrire l'équation différentielle du mouvement de rotation de I'arbre en sortie du réducteur. 3.3. En appliquant le théorème de l'énergie cinétique au troisième élément accumulateur, écrire l'équation différentielle du mouvement de rotation de l'arbre d'entraînement du chariot INA. 3.4. Montrer alors que la fonction de transfert mécanique peut se mettre sous la forme : avec 1... 1.. Le système peut alors être modélisé par un mode dominant du premier ordre et un mode oscillant. peut être factorisée sous la forme suivante : 1.. 1.. 3.5. Montrer que si, la constante de temps vaut : Lycée du Hainaut-Valenciennes page 8/10 Version du 10/12/08
3.6. En procédant par identification avec le polynôme du dénominateur et en gardant l'hypothèse : Exprimer le coefficient puis le coefficient ; En déduire les expressions du facteur d'amortissement ξ et de la pulsation naturelle correspondants. Montrer que la pulsation naturelle est indépendante du frottement visqueux alors que l'amortissement est proportionnel à. Calculer les coefficients et, le facteur d'amortissement et la pulsation naturelle. Vérifier l'hypothèse de départ :. 3.7. Déterminer la fréquence de résonance et définir la bande passante BP à 3 du processus mécanique modélisé. Conclure sur la stabilité en boucle fermée de l'ensemble (lorsque la commande asservie sera appliquée au processus mécanique). Lycée du Hainaut-Valenciennes page 9/10 Version du 10/12/08