Notes d orientation pour l évaluation des sources de risque et de vulnérabilité



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Transcription:

No. 0218 Série de Documents de Discussion sur la Protection Sociale Notes d orientation pour l évaluation des sources de risque et de vulnérabilité Karin Heitzmann R. Sudharshan Canagarajah Paul B. Siegel Juin 2002 Unité de la Protection Sociale Réseau du Développement Humain La Banque Mondiale Les Documents de Discussion sur la Protection Sociale ne sont pas des publications formelles de la Banque Mondiale. Ils présentent des résultats préliminaires qui sont distribués pour encourager la discussion et susciter des commentaires; la citation et l'utilisation d'un tel document devraient tenir compte de son caractère temporaire. Les résultats, les interprétations, et les conclusions exprimés dans ce document sont entièrement ceux de ou des auteurs et ne devraient en aucun cas être attribués à la Banque Mondiale, à ses organismes affiliés ou aux membres de son Conseil de Directeurs Exécutifs ou des pays qu'ils représentent. Pour obtenir des copies gratuites de ce document, veuillez contacter le Service Consultatif de la Protection Sociale, Banque Mondiale, 1818 H Street, N.W., Washington, D.C. 20433 Etats-Unis. Téléphone: (202) 458-5267, Fax: (202) 614-0471, E-mail: socialprotection@worldbank.org. Ou visitez le site internet sur le thème de la Protection Sociale à http://www.worldbank.org/sp.

DOCUMENT DE DISCUSSION DE LA PROTECTION SOCIALE 0218 Unité de la Protection Sociale, Réseau du Développement Humain Banque mondiale Juin 2002 Notes d orientation pour l évaluation des sources de risque et de vulnérabilité par Karin Heitzmann Professeur Assistante, Département de politique sociale, Université d Economie et d administration d entreprise de Vienne, Autriche Karin.Heitzmann@wu-wien.ac.at R. Sudharshan Canagarajah Economiste Senior, Réseau de gestion économique et de réduction de la pauvreté, Banque mondiale, Kampala, Ouganda scanagarajah@worldbank.org Paul B. Siegel Consultant, Unité de protection sociale, Réseau du développement humain, Banque mondiale, Washington D.C. Etats- Unis, psiegel@worldbank.org La gestion du risque social (Social Risk Management, SRM)) est une nouvelle manière d envisager la pauvreté, le risque et la gestion du risque qui a été récemment présentée dans le Document de Stratégie de Protection Sociale de la Banque mondiale. La perspective de SRM traite la façon dont les ménages vulnérables peuvent être aidés à mieux gérer les risques et à devenir moins susceptibles à des pertes de bien-être potentiellement dommageables. Ce document propose quelques orientations et notions de base pour organiser les idées et les informations pertinentes aux évaluations de risque et de vulnérabilité. Plusieurs modèles sont proposés en annexe, ainsi qu une liste des rapports que la Banque mondiale a produits et est en train de produire qui examinent le risque et la vulnérabilité.

RÉSUMÉ Dans de nombreux pays en voie de développement, de profonds changements économiques, politiques et sociaux se sont produits pendant les années 90. Ces changements concernent la décentralisation, la privatisation et la libéralisation politique et des marchés, les transformations technologiques et la globalisation, la restructuration économique et sociale. De plus, beaucoup de pays en voie de développement ont subi de sérieux chocs économiques et naturels. Ces changements et ces chocs ont mis l accent sur les dispositifs sociaux qui servaient traditionnellement de filets de sécurité informels. En même temps, les contraintes fiscales ont eu tendance à entraîner des réductions des dépenses publiques consacrées aux services sociaux et aux programmes formels de filets sociaux de sécurité. Etant donné les risques accrus et la capacité réduite de gérer les risques, de nombreux ménages pauvres expriment une préoccupation accrue quant à leur vulnérabilité perçue comme l ont montré les évaluations participatives entreprises pour les Voix des pauvres. Le dernier Rapport sur le Développement mondial (RDM) 2000/1 met en évidence l interface entre la responsabilisation, la sécurité, les opportunités et la pauvreté. Cette approche concernant la réflexion sur la pauvreté place les notions du risque et de sa gestion au centre du dialogue politique. En même temps, l emploi du terme vulnérabilité a proliféré. Ce terme renvoie aux relations qui existent entre la pauvreté, le risque et les tentatives pour gérer le risque. La Gestion du risque social (SRM) est une nouvelle façon de considérer la pauvreté, le risque et la gestion du risque, qui a été récemment présentée dans le Document de Stratégie de Protection sociale de la Banque mondiale. La perspective de SRM traite de la façon dont les ménages vulnérables peuvent être aidés à mieux gérer les risques et à devenir moins susceptibles à des pertes de bien-être potentiellement dommageables. Bien qu il y ait un large consensus général sur les principes généraux liés à la vulnérabilité, les analystes de différentes disciplines ont tendance à employer différentes notions et significations de la vulnérabilité, ce qui a conduit à son tour à diverses méthodes pour définir et mesurer le risque et la vulnérabilité. La Banque mondiale progresse dans l élaboration de définitions conceptuelles et opérationnelles de la vulnérabilité. Cependant, le but de ce document n est pas d arriver à quelque nouveau consensus sur la signification et la mesure de la vulnérabilité, ou de proposer de nouvelles approches analytiques. L objectif de ce document est plutôt de fournir quelques notions fondamentales et des notes d orientation afin d organiser des idées et des informations pertinentes pour les évaluations de risque et de vulnérabilité. Plusieurs modèles sont fournis en annexe, ainsi qu une liste de rapports achevés et en cours de la Banque mondiale qui étudient le risque et la vulnérabilité. Ce document devrait être considéré comme un travail en cours qui évoluera en même temps que la réflexion et les applications sur le risque et la vulnérabilité évoluent. Nous espérons que ce document stimulera la réflexion et les discussions sur le risque et la vulnérabilité, et aidera à faire avancer la formulation de définitions et de mesures qui peuvent être utiles à l analyse politique et par conséquent à la conception, au contrôle et à l évaluation de politique. Les auteurs souhaitent remercier les personnes suivantes pour leur aide à la préparation de ce document : Robert Holzmann, John Blomquist et Emil Tesliuc de l Unité de Protection Sociale. En outre, tous nos remerciements pour leurs remarques et suggestions précieuses à nos collègues Aline Coudouel, Maurizia Tovo, Laura Rawlings (Banque mondiale) et Catherine Porter (DFID), et Kalanidi Subbarao (Banque mondiale) et Jeff Alwang (Virginia Tech). Et merci à Kimberly Zellars qui a collationné la version finale. 1

Table des matières RÉSUMÉ...1 INTRODUCTION...3 Contexte...3 Objectif du document...4 Organisation du document...5 1. LE CADRE THEORIQUE : LES SOURCES DE VULNERABILITE...7 1.1 RISQUE ET EXPOSITION AU RISQUE... 11 1.2 REALISATION DU RISQUE... 11 1.3 GESTION DU RISQUE... 12 1.3.1 Gestion du risque à priori...12 1.3.2 Gestion du risque à posteriori...14 1.3.3 Les acteurs de la gestion du risque : niveaux de formalités et d intervention...15 1.4 RESULTATS... 20 2. NOTES D ORIENTATION POUR L EVALUATION DES SOURCES DE VULNERABILITE...22 2.1 UN APERÇU DU BIEN-ETRE DES MENAGES : IDENTIFIER LES GROUPES SOCIO-ECONOMIQUES DEFAVORISES DANS UN PAYS... 22 2.1.1 Information sur les actifs des ménages...23 2.1.2 Information sur les indicateurs de bien-être...24 2.2 L EVALUATION DU RISQUE... 25 2.2.1 Identifier et catégoriser les risques...26 2.2.2 Exposition aux risques...27 2.2.3 Corrélation des risques : événements idiosyncratiques versus covariants...29 2.2.4 Fréquence et timing des risques: événements répétés versus isolés...30 2.2.5 Sévérité des chocs : chocs catastrophiques versus chocs non-catastrophiques...31 2.3 L EVALUATION DE LA GESTION DU RISQUE... 32 2.3.1 Disponibilité des instruments de gestion du risque...33 2.3.2 Accès aux instruments de gestion du risque et leur utilisation par les groupes socio-économiques...33 3. EVALUATION DES SOURCES DE VULNERABILITE : ALLER DE L AVANT...35 3.1 ECARTS ET DEFAUTS DES INSTRUMENTS EXISTANTS DE GESTION DU RISQUE... 35 3.2 HIERARCHISATION DES RISQUES ET /OU GROUPES SOCIO-ECONOMIQUES... 36 BIBLIOGRAPHIE...38 ANNEXE 1 : MODELES...41 ANNEXE 2 : EXEMPLES DE PAYS...54 ANNEXE 3 : TRAVAUX ACTUELS ET EN COURS SUR LES EVALUATIONS DE RISQUE ET DE VULNERABILITE A LA B ANQUE MONDIALE...58 2

INTRODUCTION Contexte Dans de nombreux pays en voie de développement, des changements économiques, politiques et sociaux profonds se sont produits pendant les années 90. Ces changements concernent la décentralisation, la privatisation et la libéralisation politique et des marchés, les transformations technologiques et la globalisation, la restructuration économique et sociale. De plus, beaucoup de pays en voie de développement ont subi de sérieux chocs économiques et naturels. Ces changements et ces chocs ont mis beaucoup de pression sur les dispositifs sociaux qui servaient traditionnellement de filets de sécurité informels. En même temps, les contraintes fiscales ont eu à tendance à entraîner des réductions des dépenses publiques consacrées aux services sociaux et aux programmes formels filets sociaux de sécurité. Etant donné les risques accrus et la capacité réduite à gérer les risques 1, de nombreux ménages pauvres expriment une préoccupation accrue quant à leur vulnérabilité perçue comme l ont montré les évaluations participatives entreprises pour les Voix des pauvres (Narayan, 2000). Le dernier Rapport sur le Développement mondial (RDM) 2000/1 met en lumière l interface entre la responsabilisation, la sécurité, les opportunités et la pauvreté. Cette approche concernant la réflexion sur la pauvreté place les notions du risque et de sa gestion au centre du dialogue politique. En même temps, l emploi du terme vulnérabilité a proliféré. Ce terme renvoie aux relations qui existent entre la pauvreté, le risque et les tentatives pour gérer le risque. La Gestion du risque social (SRM) est une nouvelle façon de considérer la pauvreté, le risque et la gestion du risque, qui a été récemment présentée dans le Document de Stratégie de Protection sociale de la Banque mondiale. La perspective de SRM traite la façon dont les ménages vulnérables peuvent être aidés à mieux gérer les risques et à devenir moins susceptibles à des pertes de bien-être potentiellement dommageables. Voici quelques-uns des principes généraux liés à la notion de vulnérabilité: (a) elle est dynamique et définie comme la probabilité d éprouver une perte dans le futur par rapport à Gestion du risque social (SRM) Holzmann et Jorgensen (1999) utilisent le terme gestion du risque social pour désigner la gestion sociale des risques la façon dont la société gère les risques (et non comment gérer les risques sociaux). La SRM comprend le large éventail de stratégies de gestion du risque réactive et proactive, formelle et informelle utilisées par les individus, les communautés, les nations et les communautés de nations, y compris les actions des secteurs public, privé et informel. Dans une perspective de SRM, la protection sociale répond au problème de la façon dont les ménages vulnérables peuvent être aidés à mieux gérer les risques et à devenir moins susceptibles à des pertes de bien-être dommageables/nuisibles?. 1 Dans les textes, certains auteurs indiquent des différences entre risque et incertitude, tandis que pour d autres ils sont interchangeables. Dans ce document, on suppose qu ils sont interchangeables, et que les risques sont des événements incertains qui peuvent mener à des pertes de bien-être. Quand un risque se matérialise, il peut devenir un choc, et ainsi un choc réfère à un risque qui cause un effet négatif sur le bien-être significatif (par exemple, une perte de revenu importante ou des coûts importants liés à la maladie). 3

un certain critère de bien-être, (b) un ménage peut être qualifié de vulnérable à une perte future de bien-être et cette vulnérabilité est causée par des événements incertains, (c) le degré de vulnérabilité dépend des caractéristiques du risque et de la capacité du ménage à répondre au risque, (d) la vulnérabilité dépend de la période au cours de laquelle un ménage peut être vulnérable aux risques au cours du mois suivant, de l année suivante, etc. et les réponses au risque se déroulent dans le temps, et e) les pauvres et presque pauvres tendent à être vulnérables à cause de leur exposition aux risques et de leur accès limité aux actifs (au sens large) ainsi que de leurs capacités limitées pour répondre au risque (Alwang, Siegel et Jorgensen, 2001). Notion de travail de la Vulnérabilité des ménages Un ménage est dit vulnérable à une perte future de bien-être selon certaines normes socialement acceptées causées par des événements à risque. Le degré de vulnérabilité dépend des caractéristiques du risque et de la capacité du ménage de répondre au risque. La capacité de répondre au risque dépend des caractéristiques du ménage, notamment les actifs dont ils disposent. L effet futur attendu est défini en fonction de certains critères spécifiés un niveau de bien-être de référence minimum socialement accepté (par exemple un seuil de pauvreté, des normes de nutrition). La mesure de la vulnérabilité dépend aussi de l horizon temporel: un ménage peut être vulnérable aux risques pendant le mois suivant, l année suivante, etc. Ainsi, les ménages sont vulnérables à subir un effet indésirable, et cette vulnérabilité vient de l exposition au risque. Bien qu il y ait un large consensus global sur les principes généraux liés à la vulnérabilité, les analystes de différentes disciplines ont tendance à employer différentes notions et significations de la vulnérabilité, ce qui a conduit à son tour à diverses méthodes pour définir et mesurer le risque et la vulnérabilité (Alwang, Siegel et Jorgensen, 2001; Dercon, 2001). 2 La Banque mondiale avance dans l élaboration de définitions conceptuelles et opérationnelles de la vulnérabilité (par exemple, Pritchett, Suryahadi et Subbaro, 2000 ; Christiaensen, Boisvert et Hoddinott, 2000 ; Cunningham et Mahoney, 2000a, 2000b; Mansuri et Healy, 2000 ; Coudouel, Hentschel et Wodon, 2001 ; Coudouel, Ezemenari, Grosh et Sherberne-Benz, 2001 ; Banque mondiale, 2001b). Cependant, le but de ce document n est pas d arriver à quelque nouveau consensus sur la signification et la mesure de la vulnérabilité, ou de proposer de nouvelles approches analytiques. L objectif de ce document est plutôt de fournir quelques notions fondamentales et des orientations afin d organiser des idées et des informations pertinentes pour les évaluations de risque et de vulnérabilité. Objectif du document La plus grande partie du travail d élaboration de ce document a été réalisée au cours de l été 2001, et en octobre 2001 une version préliminaire (Heitzmann, Canagarajah et Siegel, 2001) 2 Alwang, Siegel et Jorgensen (2001) comparent les approches de la définition et de la mesure du risque et de la vulnérabilité parmi plusieurs disciplines comprenant la dynamique de pauvreté, les moyens d existence durables, la sécurité alimentaire, la gestion de catastrophe, l environnement, et la santé/nutrition. Bien que ces disciplines aient diffé rents motifs pour définir et mesurer le risque et la vulnérabilité, elles peuvent fournir des indications sur l identification des risques et des groupes vulnérables. 4

a été soumise au personnel de la Banque mondiale et distribuée à l extérieur de la Banque. A la suite de quoi il a été décidé de faire quelques corrections et mises à jours mineures et d éditer un Document de Discussion de la Protection Sociale formel. Ce document devrait être considéré comme un travail en cours qui évoluera en même temps que la réflexion et les applications sur le risque et la vulnérabilité évoluent. En outre, l Unité de Protection Sociale de la Banque mondiale prévoit un rapport de suivi consacré aux approches analytiques et aux applications empiriques. Nous espérons que ce document stimulera la réflexion et les discussions sur le risque et la vulnérabilité, et aidera à faire avancer la formulation de définitions et de mesures qui peuvent être utiles à l analyse politique et par conséquent à la conception, au contrôle et à l évaluation de politique. Organisation du document Un cadre théorique sur les sources de vulnérabilité, utilisant la notion d une chaîne du risque, est présenté et examiné dans la première partie du document. La seconde partie du document donne quelques notes d orientation simples pour envisager l identification des risques et des groupes à risque, et une évaluation des sources de vulnérabilité. Plusieurs Information existante sur le risque et la vulnérabilité Il y a une importante quantité d information disponible sur de nombreux aspects du risque et de la vulnérabilité dans quelques analyses standards de la Banque mondiale. Par exemple, la Banque mondiale dis pose d une vaste gamme d'activités Analytiques et de Conseil (AAA) pour soutenir ses objectifs de développement. Entre autres, les pays clients bénéficient d un programme sur mesure de travail économique et de secteur (ESW) orienté sur leurs défis spécifiques de développement. Le ESW examine les perspectives économiques d un pays, comprenant par exemple ses secteurs financier et bancaire, le commerce, la pauvreté, et les problèmes de filet de sécurité. Les rapports parmi les plus importants sont : les évaluations de pauvreté (qui examinent le profil de pauvreté, ainsi que les politiques et les institutions d un pays en termes de réduction de pauvreté), les rapports sur les dépenses publiques (qui évaluent le rôle du secteur public en termes de services de financement, d offre ou de régulation), ou les rapports sur le secteur social (qui identifient essentiellement les priorités stratégiques de politique pour la réduction de la pauvreté et le développement humain en se basant sur une évaluation de la structure et de la politique du secteur social). On peut trouver d autres informations dans des enquêtes, comme des données tirées d une Etude de mesure des niveaux de vie (LSMS), et des données du recensement national ou des enquêtes sur les ménages. Les résultats de ces rapports constituent la base des stratégies d assistance aux pays (CAS), des programmes d investissement gouvernementaux et des projets soutenus par les prêts de la BIRD et de l IDA. En outre, la nouvelle initiative pour préparer les Documents de Stratégies de Réduction de la Pauvreté (PRSP) pour les pays pauvres fortement endettés (HIPC) a généré des orientations et des outils (par exemple, le Livre source de PRSP) qui aident à la fois à l organisation de l information sur le risque et la vulnérabilité et à la conception des politiques et des programmes appropriés afin de mieux gérer le risque et de réduire la vulnérabilité. Ces rapports peuvent fournir des informations abondantes qui peuvent être utilisées pour une évaluation de risque et de vulnérabilité. Un objectif majeur de ce document est d aider à identifier les types d information nécessaires à partir des rapports existants et de fournir un cadre pour l organisation et l analyse de cette information sur les sources de risque et de vulnérabilité. exemples sont présentés pour illustrer l approche. En outre, il y a un ensemble de modèles présentés dans l ANNEXE I qui aident à identifier les types de données quantitatives et 5

qualitatives et les informations générales utiles, et l ANNEXE II présente quelques applications réelles de pays. La troisième partie du document comprend une courte discussion de la façon de laquelle les analystes et/ou les responsables politiques peuvent utiliser les informations collectées pour examiner les instruments existants de gestion du risque et proposer les changements et les réformes qui pourraient aider les pauvres à mieux gérer le risque. L ANNEXE III présente une vue d ensemble de quelques travaux récemment achevés et en cours à la Banque mondiale sur les évaluations de risque et vulnérabilité. 6

1. Le cadre théorique : les sources de vulnérabilité Quelles sont les sources de vulnérabilité? Dans ce document, nous postulons que la vulnérabilité des ménages 3 peut être décomposée en plusieurs parties d une chaîne du risque : (a) le risque, ou événements incertains, (b) les options de gestion du risque, ou réponses au risque et (c) l effet le résultat en termes de perte de bien-être. L Encadré 1 et la Figure 1 illustrent la chaîne du risque. Les ménages sont exposés aux risques. S ils se matérialisent, ils peuvent entraîner des effets adverses, laissant les ménages plus vulnérables qu avant pour gérer les risques futurs. Que cela se produise ou non dépend des actifs des ménages, des risques auxquels ils sont exposés, des caractéristiques des risques, une fois qu ils sont réalisés, et des réponses des ménages à ces défis. La réduction de la vulnérabilité exige donc une meilleure compréhension des risques et de l exposition aux risques, des résultats qui sont susceptibles d être provoqués par les chocs et des moyens les plus efficaces (et des dispositifs) de gestion des risques, qui ne sont pas moins dépendants des actifs d un ménage (Alwang, Siegel et Jorgensen, 2001, p.2). 4 A son tour, la vulnérabilité dépend aussi de l existence (ou de l absence) des marchés pour les actifs, étant donné qu ils sont d une utilité restreinte s ils ne peuvent pas être mobilisés efficacement pour gérer les risques. La vulnérabilité a comme point de départ une notion de risque. Le risque est caractérisé par une distribution aléatoire connue ou inconnue d événements. Tous les individus, les ménages, les communautés ou les nations font face à de multiples risques de différentes sources, qu ils soient naturels (par ex., les tremblements de terre, la maladie) ou fabriqués par l homme (par ex., le chômage, la dégradation de l environnement, la guerre). Ces risques ne peuvent pas être empêchés, ou s ils se matérialisent ils touchent les individus, les communautés et/ou les régions de façon imprévisible. Ces événements aléatoires sont euxmêmes caractérisés par leur amplitude (à savoir leur dimension et leur étendue), leur fréquence et leur durée ainsi que leur histoire, tous ces facteurs affectant la vulnérabilité d un ménage au risque. Un choc est un événement à risque qui peut causer des impacts négatifs significatifs. 5 Des actions sociales peuvent réduire le risque et ainsi diminuer potentiellement le dommage associé aux chocs. 3 L objectif de ce document est la vulnérabilité des ménages. Il est clair que la vulnérabilité des individus au sein d un ménage et les dynamiques internes au ménage peuvent être décisives si l on veut comprendre la vulnérabilité des ménages. De plus, les risques ne menacent pas seulement les individus et les ménages, mais aussi des communautés, des régions ou des nations. L accent sera mis sur la façon dont les risques à d autres niveaux ont un impact sur les ménages. 4 La façon dont un choc est transmis aux ménages et la façon dont les ménages sont capables d y répondredépend, en plus des actifs des ménages, des actifs des communautés des régions et des nations, ainsi que des institutions, lois, réglementations et politiques des pays (voir Moser, 1998 ; Siegel et Alwang, 1999 ; Rakodi, 1999). 5 Lorsqu on parle de chocs, qu est-ce qu un impact négatif significatif? Ceci doit être établi en réalité par les analystes et les responsables politiques. Mais il est clair qu un événement à risque qui peut causer une perte de bien-être de 50% peut être considéré comme un choc, et pour beaucoup de ménages frôlant le seuil de pauvreté, un impact négatif de bien-être de 20 à 50% peut être considéré comme un choc. 7

Les ménages peuvent répondre aux risques, ou les gérer, de plusieurs façons. Les ménages utilisent des instruments de gestion du risque formels et informels en fonction de leur accès à ces instruments. La gestion du risque comprend des actions à priori et à posteriori. Les actions à priori sont entreprises avant qu un événement à risque ait lieu et la gestion à posteriori est effectuée après sa réalisation. La réduction du risque à priori peut soit réduire le risque (par exemple l éradication des moustiques porteurs de la malaria) soit diminuer l exposition aux risques (par exemple les cachets contre la malaria, les moustiquaires). Il est également possible pour un ménage d entreprendre des actions d atténuation du risque qui offrent une compensation en cas de perte comme un contrat d assurance. L atténuation du risque comprend des réponses formelles et informelles aux pertes attendues, telles que l autoassurance (comme l épargne de précaution), la construction de réseaux sociaux et l assurance formelle basée sur l expansion de la mise en commun du risque. Les activités à posteriori pour faire face au risque sont des réponses qui ont lieu après qu un événement à risque se soit réalisé et elles comportent des activités pour traiter les pertes réalisées, comme la vente de actifs, le retrait des enfants de l école, la migration de certains membres de la famille, la recherche d un emploi temporaire. Certains gouvernements fournissent des filets de sécurité formels, comme les programmes de travaux d utilité publique et l aide alimentaire, qui aident les ménages à faire face au risque. Les ménages se voient souvent confrontés à des contraintes pour adopter des pratiques efficaces de gestion du risque. Ces contraintes sont liées à des problèmes d information asymétrique, à des marchés financier et d assurance incomplets ou absents, à l incapacité de fournir des efforts d atténuation informels due à des risques covariants 6, et à leur exclusion de réseaux sociaux (Holzmann et Jorgensen, 1999 ; 2000). Des mesures politiques peuvent réduire ou éliminer certaines contraintes, mais d autres peuvent exiger des moyens alternatifs de gestion du risque car le coût de ces mesures peut excéder leurs bénéfices. Pour un ménage en particulier, l ensemble des options disponibles pour la gestion du risque est déterminé par ses actifs, au sens large du terme (voir Moser, 1998 ; Siegel et Alwang, 1999 ; Rakodi, 1999 ; Dercon, 2001). Le risque, combiné aux réponses du ménage, mène au résultat. Ainsi on dit qu un ménage est vulnérable au risque ou vulnérable à un résultat. L ampleur, le timing et l historique des risques et des réponses au risque aident à déterminer le résultat. Un ménage peut être capable d atténuer ou de réagir à un risque ou à un ensemble de risques à un moment donné (par exemple une baisse saisonnière de revenu), mais le processus peut résulter en une capacité limitée de gérer le risque dans les périodes suivantes, en particulier quand les actifs sont dégradés (voir Holzmann et Jorgensen, 1999 ; 2000 ; Siegel et Alwang, 1999). Le résultat du risque et du processus de réponse au risque, en termes de perte de bien-être relative à un critère donné, est un point d intérêt majeur pour la politique sociale. Pour rendre utile la notion de vulnérabilité, un indicateur minimum socialement accepté devrait être 6 Les risques covariants sont des risques qui ont un impact sur de nombreux individus ou ménages simultanément, comme par exemple des catastrophes naturelles, par opposition à des risques idiosyncratiques qui sont individuels ou spécifiques à un ménage, comme par exemple la maladie. 8

convenu pour chaque effet. Pour la vulnérabilité à la pauvreté de consommation, par exemple, nous pouvons utiliser un seuil de pauvreté. La vulnérabilité à la malnutrition peut être définie en termes d un standard nutritionnel minimum ou d un indice de valeur anthropométrique. Alors qu il est possible de mesurer les pertes à posteriori, comme la perte de bien-être, les niveaux de consommation inférieurs au seuil de pauvreté, la perte de actifs et leur valeur, l augmentation de la malnutrition, les violences physiques subies, etc., ce sont seulement les résultats statiques d un processus continu de risques et de réactions. La vulnérabilité est l état continu d anticipation de résultats attendus, la probabilité de tomber au-dessous d un indicateur repère de bien-être dans le futur 7. C est-à-dire que les pertes de bien-être à posteriori ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour l existence de la vulnérabilité, car la vulnérabilité est seulement associée aux pertes de bien-être qui placent un ménage audessous d un niveau minimum socialement défini. Ainsi, aussi bien les ménages pauvres que non pauvres peuvent être vulnérables à un point donné dans le temps. 8 La vulnérabilité est l état d anticipation de résultats attendus, qui sont eux-mêmes déterminés par les actifs d un ménage, la corrélation, la fréquence et le timing, ainsi que la sévérité des chocs et par les instruments de gestion du risque appliqués. Différentes disciplines tendent à concentrer leur attention sur différentes parties de la chaîne du risque, avec moins d attention sur la réponse au risque (Alwang, Siegel et Jorgensen, 2001). C est parce que la réponse au risque est la partie de la chaîne du risque la plus difficile à identifier et à quantifier, et qu elle est très spécifique au ménage. Par contre, il existe souvent des données et des statistiques sur les différents types de risques (et éventuellement sur l exposition aux risques), ainsi que sur les résultats. La plus grande disponibilité d informations sur les risques et les résultats peut être quelque peu utile pour tenter d effectuer certaines parties d une évaluation de risque et de vulnérabilité, mais le manque d informations détaillées sur les réponses au risque limite la possibilité de réaliser une évaluation de risque et de vulnérabilité complète. Encadré 1 : Risque et vulnérabilité : la chaîne du risque Risque + réalisation du risque (choc descendant) Vulnérabilité Gestion du risque Résultat (attendu) (pauvreté, privations) La vulnérabilité peut être décomposée en trois parties d une chaîne du risque : (a) Risque et réalisation du risque : le risque est une distribution aléatoire d événements qui s ils se concrétisent (s ils deviennent des chocs descendants?) peuvent causer une perte de bien-être. 7 Comme nous l avons déjà mentionné, différents indicateurs repères peuvent être utilisés. Le seuil de pauvreté, basé sur le revenu ou le niveau de consommation, est un exemple logique (voir Dercon, 2001, pour d autres exemples). 8 A vrai dire, il est démontré que de nombreux ménages entrent et sortent de la pauvreté au cours d une année et sur plusieurs années. Il est probable que les ménages pauvres chroniques puissent être plus vulnérables (ayant une plus forte probabilité de passer au-dessous du seuil de pauvreté) qu un ménage pauvre temporairement ou qu un ménage non pauvre. 9

Cette perte peut, par exemple, être suffisamment importante pour pousser des ménages non pauvres au-dessous du seuil de pauvreté, ou des ménages pauvres plus profondément dans la pauvreté. (b) Gestion du risque : la gestion du risque, ou réponse au risque, comprend toutes les actions entreprises pour répondre aux risques, chocs et effets adverses générés. La gestion du risque peut être appliquée avant qu un risque ne se matérialise (gestion du risque à priori), ou après qu il se sera matérialisé (gestion du risque à posteriori). (c) Résultat : le choc ainsi que les réponses au risque mènent résultat. L résultat est le changement en matière de bien-être qui résulte de la réalisation du risque le choc et de la réussite ou de l échec des instruments de gestion du risque utilisés. La vulnérabilité est l état d anticipation des résultats attendus?, qui sont eux-mêmes déterminés par la corrélation, la fréquence et le timing? de risques réalisés et de réponses au risque. Les ménages sont vulnérables si un choc est susceptible de les pousser au-dessous (ou encore plus bas) d un seuil de bien-être prédéfini (par ex., le seuil de pauvreté). Source : les auteurs Figure 1 : la chaîne du risque Risque (voir section 1.1) Réduction du risque Exposition au risque (voir section 1.1) Gestion du risque à priori (voir section 1.3) Diminuer l'exposition au risque Atténuation du risque mitigation Réalisation du risque (Choc) (voir section 1.2) Gestion du risque à posteriori (voir section 1.3) Faire face Résultat des chocs antérieurs : à priori : résultat attendu : vulnérabilité résultats réalisés : par ex., pauvreté à posteriori : résultat réalisé : par ex., pauvreté + actifs des ménages (voir section 1.4) passé présent futur Source : Auteurs 10

1.1 Risque et exposition au risque La vulnérabilité commence par une notion de risque. Le risque se caractérise par une certaine distribution de probabilité d événements incertains. Les principaux exemples de risques (voir encadré 2) sont les risques naturels, les risques de la santé, les risques économiques, les risques du cycle de vie, les risques sociaux, les risques politiques et environnementaux. Le fait que des individus, des ménages, des communautés, des régions, des nations ou des entités plus importantes soient concrètement exposés aux risques (ou : prédisposés aux risques) dépend de divers facteurs. Par exemple, l exposition aux risques de santé dépend parmi des facteurs plus larges, comme des épidémies dans un pays aussi de la santé et de la condition nutritionnelle existantes des individus, de leurs actifs matériels tels que le logement, l infrastructure et l emplacement du foyer, ainsi que de leur information et de leur comportement, car tous ces facteurs (parmi d autres) déterminent leur exposition à ce type de risque. Encadré 2 : Exemples de risques par catégories Catégories de risques Exemples de risques Risques naturels par ex., fortes pluies, glissements de terrain, éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations, ouragans, sécheresses, vents forts, etc. Risques de santé par ex., maladie, blessure, accidents, invalidité, épidémies (par ex., malaria), famines, etc. Risques du cycle de par ex., naissance, maternité, vieillesse, rupture familiale, décès, etc. vie Risques sociaux par ex., crime, risques domestiques, violence, terrorisme, gangs, guerre, bouleversement social, etc. Risques économiques par ex., chômage, mauvaise récolte, faillite, reclassement, effondrement de la production, balance des paiements, crise financière, crise monétaire, chocs technologiques ou marché-induits aux termes de l échange, etc. Risques politiques par ex., discrimination, émeutes, troubles politiques, coup d état, etc. Risques par ex., pollution, déforestation, dégradation de la terre, catastrophe nucléaire, environnementaux etc. Source : Auteurs, basé sur Holzmann et Jørgensen, 2000. 1.2 Réalisation du risque La seule existence du risque ne génère pas des résultats adverses. C est seulement si le risque se matérialise, c est-à-dire si le risque devient un choc, qu il affecte le bien-être des ménages. Les chocs peuvent être caractérisés par leur corrélation, leur fréquence et leur timing, et leur sévérité qui affectent tous la vulnérabilité des ménages. Il est important de souligner qu ici nous nous intéressons aux chocs susceptibles de porter atteinte au bien-être, c est-à-dire aux chocs qui ont des côtés négatifs. Dans ce contexte, les risques et les chocs constituent donc des menaces, plutôt que des opportunités, pour les ménages. Par exemple, nous sommes préoccupés par le risque (et la gestion du risque) de l échec économique, mais non par le risque (et la gestion du risque) de la réussite économique. Cette distinction est importante puisque un des aspects importants du développement économique est d encourager un 11

comportement de prise de risques pour échapper de pièges de pauvreté (cf. Holzmann et Jorgensen, 2000 ; Siegel et Alwang, 1999). 1.3 Gestion du risque Les individus et les ménages jouent un rôle actif et vital lorsqu il s agit de gérer les risques. Leurs choix sont clairement réduits si (i) si les instruments de gestion du risque ne sont pas disponibles (par exemple si les assurances ou les marchés (viables) de capitaux n existent pas), (ii) si on leur refuse l accès aux instruments existants (par exemple l accès à l assurance), ou (iii) s ils n utilisent pas les instruments existants pour d autres raisons, comme si par exemple si un instrument est trop coûteux (par exemple des primes d assurance ou taux d intérêt élevés), ou si le ménage manque d informations sur la valeur d un instrument spécifique (par exemple la vaccination)). Il est possible de séparer la gestion du risque en stratégies à priori et à posteriori (Holzmann et Jørgensen, 2000). Les actions à priori sont entreprises avant qu un risque ne se matérialise, et une gestion à posteriori a lieu après sa réalisation (Encadré 3). Encadré 3 : stratégies de gestion du risque : objectifs et points clés Gestion du risque à priori, c est-à-dire actions entreprises avant que le risque ne se matérialise Réduction du risque Prévient ou réduit le risque Réduction de Réduit l exposition au risque l exposition au risque Atténuation du risque Offre une compensation pour la perte attendue Gestion du risque à posteriori, c est-à-dire actions entreprises après que le risque ne se matérialise Réaction au risque Réagit aux pertes réalisées causées par les chocs Source : Auteurs 1.3.1 Gestion du risque à priori La gestion du risque à priori consiste en trois stratégies différentes: (a) Prévention ou réduction du risque actions entreprises pour éliminer ou réduire les évènements à risque ; (b) Prévention ou réduction de l exposition au risque étant donné l existence de risques, il y a des actions pour prévenir ou réduire l exposition à de tels risques, et (c) Atténuation du risque actions qui peuvent être entreprises a priori pour fournir une compensation en cas de pertes causées par un risque (par exemple contrats sociaux, maintien d actifs, achat d assurance). 9 9 L atténuation du risque peut être considérée comme un arrangement contractuel a priori (soit formel ou informel) qui spécifie quelque compensation pour les pertes, tandis que la réaction aux risques comprend les actions des ménages en réponse à un événement à risque. Puisque l atténuation du risque en général ne fournit qu une compensation partielle des pertes, les ménages doivent avoir recours à d autres moyens pour compenser les pertes qui restent. 12

Prenons comme exemple le cas de la malaria pour illustrer ces différentes stratégies (Encadré 4): diverses actions peuvent être entreprises pour éliminer les moustiques qui sont les porteurs de la malaria, ou pour détruire leurs lieux de reproduction (réduction du risque). De plus, les individus peuvent prendre des médicaments contre la malaria, utiliser des moustiquaires, des serpentins, ou déménager vers des zones plus sèches afin de réduire leur exposition à la malaria transmise par les moustiques. L atténuation du risque (comme par exemple par l assurance médicale) offrirait une compensation pour les pertes de bien-être attendues associées avec le fait de contracter la malaria. Par exemple, les ménages pourraient obtenir une assurance maladie couvrant divers coûts liés à la maladie comme par exemple les médicaments. Encadré 4 : Stratégies de gestion du risque par différents niveaux d intervention pour gérer les risques de santé liés à la malaria transmise par les moustiques Gestion du risque à priori réduit le risque de contracter la malaria Option* (a): Eliminer les moustiques porteurs de la malaria ou détruire leurs lieux de reproduction. Niveaux d intervention: Micro niveau : appliquer des insecticides, supprimer l eau stagnante, et améliorer le traitement de l eau et l assainissement. Ces mesures ont une efficacité limitée, en partie due à des externalités associées à des actions individuelles. Meso niveau : comme au niveau du ménage, mais l action du groupe est potentiellement plus efficace grâce à l internalis ation des ext ernalités. Macro niveau : fournit une information sur le risque et les moyens de traiter le problème. Organise et finance une campagne d information ou de vaporisation. Niveau global :comme les niveaux régional et national, fournit connaissance et fonds. Note: aussi politiques internationales, par ex., interdire les insecticides peut affecter la capacité au niveau inférieur de réduire le risque. Option* (b): Réduire l exposition (ou sa probabilité) à la malaria due aux moustiques. Niveaux d intervention: Micro niveau: prendre des médicaments contre la malaria, utiliser des moustiquaires, des serpentins. Ou bien le ménage peut déménager vers les hauteurs ou des régions plus sèches pour réduire l exposition. Meso niveau: construire l infrastructure pour la distribution de médicaments; fournir l information. Macro niveau: campagne d information pour encourager l utilisation de médicaments pour la malaria, les moustiquaires, etc. Subventionner les actions des ménages et de la communauté. Niveau global:comme les niveaux régional et national. Gestion du risque à priori atténue les pertes de bien-être subies en contractant la malaria Option* (c): mener des actions pour atténuer les impacts négatifs (offrir une compensation pour les pertes de bien-être attendues, par ex. pertes de revenus) associés à la malaria. Niveaux d intervention: Micro niveau: contracter une assurance maladie couvrant le traitement de la malaria, contracter une assurance couvrant la perte d emploi due à la malaria, détenir une épargne pour couvrir les pertes de revenu, cultiver un capital social pour l assistance, apprendre aux enfants à aider aux tâches du ménage et emploi au cas où le chef de famille contracte la malaria ou des membres du foyer doivent donner des soins. Meso niveau: assistance sociale basée sur le contrat social pour aider les ménages affectés par la malaria; construire et soutenir des centres de soins. Macro niveau: fournir un cadre juridique et institutionnel pour soutenir les actions du ménage pour l atténuation (par ex. institutions financières et d assurance). Niveau global: fournir des services internationaux financiers et d assurance pour fournir une compensation pour les pertes de revenus liés à la malaria. 13

Gestion du risque à posteriori fait face aux pertes de bien-être subies après avoir contracté la malaria Option* (d): mener des actions pour faire face aux impacts négatifs associés au fait de contracter la malaria, à savoir offrir une compensation pour les pertes de bien-être réalisées (par ex. pertes de revenus) Niveaux d intervention: Micro niveau:acheter des médicaments et traitements contre la malaria. Repos à la maison et aide des membres du foyer; faire travailler d autres membres du foyer (retirer les enfants de l école); après la guérison, travailler davantage pour récupérer les pertes de revenus; possibilité de ventes de actifs pour maintenir les niveaux de consommation. Meso niveau: assistance sociale ad hoc pour la perte de revenu et les frais liés à la maladie. Macro niveau: assistance sociale pour la perte de revenu et les frais liés à la maladie. Niveau global: assistance sociale pour la perte de revenu et les frais liés à la maladie. *Les options de réponses à la malaria due aux moustiques dépendent de nombreux facteurs, notamment les actifs du ménage et de la communauté. Source : adapté de Siegel, Alwang et Canagarajah., 2001, p.45 1.3.2 Gestion du risque à posteriori Réagir au risque à posteriori comprend les réponses qui sont faites après qu un risque se soit matérialisé, par exemple une fois qu un individu a réellement contracté la malaria. Réagir implique des activités pour traiter les pertes réalisées (ou: réelles), par exemple en vendant des actifs, en recherchant des prêts d urgence (auprès de parents, d amis, ou de banques), en retirant les enfants de l école, en émigrant, en cherchant un emploi temporaire, etc. Parfois les gouvernements fournissent des filets de sécurité formels, par exemple des programmes de travaux publics, une aide alimentaire, et autres types de transferts pour aider certains ménages et individus à réagir aux résultats adverses des risques. Il n y a pas de règles générales qui déterminent à priori quelles stratégies de gestion du risque sont préférables à d autres. 10 Les mesures à priori permettent aux ménages d éliminer ou de réduire les risques, de diminuer l exposition au risque, ou d atténuer les pertes attendues (voir aussi Figure 1), tandis que les instruments de gestion du risque à posteriori répondent seulement aux pertes réalisées liées aux risques. Ce qui suggère que des mesures à priori puissent être préférables, par exemple des mesures de réduction de risque. Quelle que soit la stratégie adoptée pour répondre aux événements à risques, une variété d instruments différents est disponible au sein de chaque stratégie dont chacun a des effets différents sur le bien-être, et peut augmenter ou diminuer la vulnérabilité dans le temps. Par exemple, une possibilité pour les ménages de faire face à une perte de revenus est de recourir au travail des enfants pour augmenter le revenu du foyer. Ceci peut, cependant, augmenter la vulnérabilité des enfants, alors qu une stratégie différente, par exemple l aide publique, en même temps qu une stratégie d atténuation progressiste, pourrait avoir moins d effets négatifs sur leur vulnérabilité. Cependant, à long terme, les ménages devraient être encouragés à prendre des risques, plutôt que de les réduire. Prendre des risques, et même des risques élevés avec des rendements 10 Il y a cependant quelques témoignages que les stratégies de gestion du risque sont en effet des solutions préférables (DeFerranti, et al., 2000) 14

élevés, est une condition nécessaire pour la croissance (Banque mondiale, 2000c). Cependant, des problèmes potentiels liés au risque moral doivent être reconnus en développant les capacités de gestion du risque. Cependant, en choisissant un mélange de réponses au risque, on doit tenir compte des nombreuses inter-corrélations entres les différents types d instruments et de stratégies de gestion du risque. Pour ne citer qu un exemple: les études sur les assurances (par exemple Williamson, Smith and Young, 1995) suggèrent une conduite morale à risque 11 lorsqu une compensation, comme les indemnités d assurance, est accordée en cas de perte. Tandis que les instruments d atténuation réduisent ainsi la vulnérabilité des personnes aux effets adverses, ce type de réponse au risque peut en réalité accroître leur exposition au risque (et causer ainsi un échec d assurance). Par exemple, des individus qui obtiennent une assurance contre les accidents, peuvent avoir tendance à devenir moins prudents en ce qui concerne les risques couverts, et accroître réellement leur exposition au risque parce qu ils seront du moins en partie indemnisés pour la perte attendue. 1.3.3 Les acteurs de la gestion du risque : niveaux de formalités et d intervention Les acteurs de la gestion du risque sont les individus et les ménages, les communautés, les réseaux sociaux, les ONG, le secteur public (au niveau local, régional et national), les entreprises qui s appuient sur le marché, les bailleurs de fonds ou les organisations internationales (pour plus d information sur le groupe d acteurs potentiels, voir Holzmann et Jørgensen, 2000). Tous jouent un double rôle : (i) ils sont exposés aux risques et doivent les gérer, c est-à-dire qu ils réclament des instruments de gestion du risque, et (ii) ils fournissent (et/ou financent) la gestion du risque, c est-à-dire qu ils en fournissent les instruments 12. Pour tenir compte des différences et interrelations entre les divers acteurs, ils peuvent être classés selon (i) leur niveau de formalité, et (ii) leur niveau d intervention (voir Encadré 5). Encadré 5 : Les acteurs de la gestion du risque par niveaux de formalités et d intervention Niveaux de formalité Niveaux Privé informel Privé formel Public d intervention micro Individus, ménages Compagnies basées sur le -- marché meso Communautés, ONG Compagnies basées sur le marché, bailleurs de fonds, organisations internationales, ONG Gouvernements locaux ou régionaux 11 Une conduite morale à risque décrit les effets d une assurance sur les motivations d un individu d empêcher une perte qui est réduite quand une assurance existe pour couvrir la perte. 12 Les raisons pour fournir des instruments de gestion du risque diffèrent selon les acteurs. Les ménages et les communautés fournissent en général des instruments de gestion du risque sans rechercher un intérêt, tandis que les organisations qui s appuient sur le marché veulent réaliser du profit. Les organis ations publiques sont engagées pour compenser les faillites (risque) du marché (par ex., elles fournissent une assurance, si les marchés de l assurance privés n existent pas ou ne fonctionnent pas correctement), ou pour atteindre des objectifs distributionnels (Devarajan et Hammer, 1998). 15

macro ONG Compagnies basées sur le marché, bailleurs de fonds, organisations internationales, ONG global ONG Compagnies basées sur le marché, bailleurs de fonds, organisations internationales, ONG Source : Auteurs Gouvernement national Gouvernement supranational (par ex., UE, OIT, ONU) Les dispositifs informels privés (tels que le mariage, l entraide, l épargne sous forme d actifs immobiliers, etc.) sont des réponses au risque qui reflètent l autoprotection par les individus, les ménages ou les communautés par des dispositifs informels/personnels 13. Les dispositifs formels privés (tels que les actifs financiers ou les contrats d assurance) exigent des institutions de marché performantes (comme une banque centrale, un système bancaire, des marchés des valeurs mobilières et des compagnies d assurance) ou autres organisations formelles privées (par ex., des ONG, des organisations de bailleurs de fonds, des organisations internationales). Les dispositifs fournis ou imposés publiquement, comme l assurance sociale, les transferts ou travaux publics, sont parfois fournis au cas où les dispositifs privés formels ou informels sont interrompus, sont dysfonctionnels ou n existent pas. Outre le niveau de formalité, les acteurs de la gestion du risque peuvent être différenciés selon les niveaux auxquels ils opèrent 14 (voir Encadré 6 et 7). Les ménages gèrent en général les risques à un micro niveau, les communautés à un méso niveau, les gouvernements à un macro niveau, etc. Plusieurs acteurs peuvent cependant gérer les risques à différents niveaux, par ex., les institutions publiques peuvent intervenir à un méso (par le biais de leurs gouvernements locaux) ou à un macro niveau (par le biais du gouvernement national). En général, toutes les actions menées par différents acteurs à différents niveaux affectent le risque et la vulnérabilité à d autres niveaux ou les actions menées par d autres acteurs (voir Holzmann et Jørgensen 2000; Siegel et Alwang, 1999). Dans de nombreux cas, la pratique préférable de gestion du risque sera une combinaison de plusieurs instruments, fournis par plusieurs acteurs à différents niveaux d intervention. Par exemple, la gestion des risques de santé pourrait être renforcée par une assurance de santé, et/ou par une couverture sanitaire étendue, une meilleure vaccination, une éducation de la communauté à la santé, etc. 13 La signification de ce type de dispositif est, par exemple, évidente pour la protection sociale, étant donné que mo ins du quart de la population mondiale a accès à des programmes formels de protection sociale (Banque mondiale, 2001:9). 14 Cette distinction devient pertinente, car des actions de gestion du risque entreprises à des niveaux institutionnels plus élevés peuvent diminuer ou augmenter le risque, ou renforcer ou affaiblir les capacités de gestion du risque à des niveaux inférieurs. Par ex., les choix d économie politique du gouvernement peuvent augmenter ou diminuer le risque de chômage des individus. De la même façon, si le gouvernement d un pays organise une campagne de pulvérisation à l échelle nationale pour éliminer les moustiques, les ménages gèreront ce risque différemment que si cette intervention n existait pas. 16

Le rôle du secteur public dans la gestion du risque est un rôle clé. Les gouvernements peuvent, par exemple, fournir des options de réduction de risque très efficaces, par exemple par des lois et réglementations (lois contre le travail des enfants, contre la discrimination), ou par des campagnes d information et d éducation (par ex., des programmes de prise de conscience du VIH/SIDA). Le rôle du gouvernement est cependant souvent ambigu, car les interventions publiques peuvent évincer les pratiques de gestion du risque privées (Devarajan et Hammer, 1998). Aussi, les interventions du secteur public doivent suivre une certaine logique (par ex. échec du marché, redistribution). Cependant, de nombreux ménages vulnérables ne peuvent pas s offrir le luxe de consacrer des ressources peu abondantes à la réduction ou à l atténuation de risque et dépendent des interventions du secteur public pour les aider à réagir aux risques à posteriori.. Encadré 6 : Exemples d instruments de gestion du risque classés par stratégies de gestion du risque et par niveau de formalité des acteurs de la gestion du risque Privé informel (principaux acteurs : individus, ménages, communautés, ONG) Réduction du risque Production moins risquée Migration Pratiques correctes d alimentation et de sevrage Hygiène et autres activités de prévention de la maladie Atténuation du risque Emplois mu ltiples Investissement en actifs Investissement en capital social Mariage/famille Dispositifs communautaires Métayage Travail à condition Famille élargie Contrats de travail Réaction au risque Vente d actifs immobiliers Emprunts auprès des voisins Transferts/charité intra- Privé formel (compagnies d assurance, institutions du marché financier) Formation interne Connaissance du marché financier Normes de travail basées sur l entreprise et le marché Investissement dans des actifs financiers multiples Micro finance Pensions de vieillesse Assurance invalidité, accident, et autre (par ex. assurance de la récolte) Vente d actifs financiers Emprunts auprès des banques Public (gouvernement, bailleurs de fonds, org. internationales) Bonnes politiques macroéconomiques Formation préalable Politiques de marché du travail Normes de travail Réduction du travail des enfants Politiques d invalidité Prévention du SIDA / des maladies Systèmes de retraite Transferts de actif Protection des droits à la propriété (spéc. pour les femmes) Soutien de marchés financiers pour les pauvres Assurances chômage, vieillesse, invalidité, maladie, obligatoires/fournies Aide aux victimes de catastrophes? Transferts/aide sociale 17

communautaire Envoi des enfants au travail Diminution du capital humain Migration saisonnière/temporaire Source : adapté de Holzmann et Jørgensen, 2000: Tab. 3.1, pg. 17. Subventions Travaux publics 18

Encadré 7 : Exemples d instruments de gestion du risque classés par stratégies et le niveau d intervention des acteurs de gestion du risque Micro niveau (principaux acteurs : individus, ménages, réseaux informels) Méso niveau (principaux acteurs : communautés, ONG, compagnies d assurance, sociétés du marché financier, gouvernement local & régional) A priori : empêche ou réduit le risque ou réduit l exposition au risque Production moins risquée Formation interne Adoption de nouvelles technologies Connaissance du marché financier dans la production Normes de travail basées sur l entreprise et le Migration marché Alimentation et sevrage adéquats Formation préalable Hygiène et autres activités de Vaccination prévention des maladies Vaccination A priori : atténue la perte possible de bien-être si le risque se produit Emplois multiples Investissement en actifs, capital social Mariage/famille/famille élargie Assurance formelle (par ex. récolte) Assurance inf. (capital)social Micro-assurance Pensions de vieillesse Métayage Travail à condition Crédit formel et informel Contrats de travail Investissement en actifs financiers multiples Micro finance Infrastructure matérielle et sociale Dispositifs communautaires Assurance informelle basée sur les demandes de la communauté Mise en commun du risque Unions de crédit communautaire/ clubs d épargne Banques Coopératives (de fermiers) A posteriori : fait face aux effets négatifs des événements à risque Vente de actifs immobiliers Utilise les actifs de la communauté (ex. Vente de actifs financiers ressources naturelles) Emprunts auprès des voisins Dépendre de la charité/aide extérieure à la Emprunts auprès des banques communauté Transferts intracommunautaires Envoi des enfants au travail Diminution du capital humain Migration saisonnière/temporaire Activités illégales S'appuyer sur l'aide publique Source : tiré de Holzmann/Jørgensen, 2000: 17; Siegel et Alwang, 1999: Tableau 3.3. Macro niveau (gouvernements nationaux, ONG, bailleurs de fonds) Bonnes politiques macroéconomiques Système politique stable Règles et réglementations Droits et sécurité garantis Politiques et normes du marché du travail Réduction du travail des enfants Politiques d invalidité Prévention du SIDA & maladies Réglementation contre la discrimination Invest. en actifs publics & infrastructure Enseignement obligatoire Systèmes de retraite Transferts de actifs Protection des droits à la propriété Soutien à l extension des marchés financiers aux pauvres Assurance obligatoire/fournie pour chômage, vieillesse, invalidité, veuvage, maladie, etc. Système financier Crédit intercommunautaire Association et banques pour les stocks Aide aux victimes Transferts ciblés/aide sociale/filets de sécurité Subventions Travaux publics Projets d investissement social (fonds sociaux) Dépendre de la charité et de l aide Niveau global (organisations internationales, organisations des bailleurs de fonds, etc.) Droits et sécurité Aide des bailleurs de fonds Assurance formelle Systèmes financiers Crédit Aide financière internationale Plans d urgence Aide alimentaire internationale Aide des bailleurs de fonds

1.4 Résultats Les chocs, combinés aux réponses des ménages, mènent à un résultat, qui est une mesure du bien-être. Les pertes de bien-être, par elles-mêmes, ne sont pas suffisantes pour déterminer la vulnérabilité c est seulement le cas si la perte de bien-être est si importante qu elle pousse le ménage au-dessous d un certain seuil, qui est un niveau de bien-être de référence socialement accepté (par ex., le seuil de pauvreté, une valeur minimale d index anthropométrique, etc.) 15. La vulnérabilité est donc l état d anticipation de résultats attendus, qui sont en eux-mêmes déterminés par les actifs d un ménage, la corrélation, la fréquence et le timing, et la sévérité des chocs et les instruments de gestion du risque appliqués. Encadré 8 : Actifs du ménage et liens avec les actifs communautaires et extracommunautaires Type d actif Niveau de l individu / ménage Naturel Terre privée, pâturages, forêts, pêche, eau : qualité et quantité «privés» Humain Taille et composition du ménage Santé et état nutritionnel Education et compétences Matériel Actifs productifs (outils, équipement, animaux de trait); actifs du ménage (logement, produits et ustensiles de ménage); Stocks (bétail, nourriture, bijoux) Financier Liquidités, épargne, accès aux marchés du crédit et de l assurance Social Emplacement et infrastructure Politique et institutionnel Liens sociaux, réseaux du ménage ; dynamiques internes au ménage Proximité et accès à l eau et l assainissement, à l éducation et la santé, aux marchés, stockage, routes Participation aux décisions prises par le ménage (y compris les relations de pouvoir liées au sexe et à l âge) Niveau de la communauté Terre commune, pâturages, forêts, pêche, eau «communs» Syndicat professionnel Actifs productifs (communaux et privés); Stocks (ex. bétail, nourriture) Liquidités, épargne, accès aux marchés du crédit et de l assurance Liens sociaux et réseaux de la communauté Eau et assainissement, écoles, centres de santé, marché, installations de stockage, routes Proximité à l infrastructure de transport et de communication Participation aux décisions prises par la communauté Gouvernance; sécurité de la personne et de la propriété Niveau extra-communauté Terres communes nationales et globales, rivières et bassins, lacs, mers, océans, air Marchés du travail Actifs productifs (marchés locatifs); Stocks (ex. stocks tampons) Systèmes financier et d assurance Accès à la finance internationale Liens sociaux et réseaux extracommunautaires Distance aux marchés, transport, communication, systèmes d information; infrastructure sanitaire et éducative Stabilité politique et participation; Efficacité de l action collective ; Gouvernance; droits de l homme, sécurité Sources : Siegel et Alwang, 1999: Tableau 3.1, pg.11, et pg. 10ff ; Moser, 1998 ; Rakodi (1999). 15 Le seuil le plus répandu utilisé à cet égard est le seuil de pauvreté. Ceci implique que si la perte relative de bien-être est suffisamment importante pour pousser les ménages dans (ou plus profondément dans) la pauvreté, ces ménages sont considérés comme vulnérables à l effet.

Clairement, étant donné la différence de distribution des actifs selon les ménages, (voir Encadré 8), le même événement peut avoir des effets différents sur le bien-être. Par exemple, une sécheresse peut détruire la plupart des quelques actifs d un ménage très pauvre, et le pousser au-dessous du seuil de pauvreté, tandis qu elle peut ne pas avoir les mêmes conséquences pour une famille ayant un portefeuille d actifs plus solide (Siegel et Alwang, 1999). Pareillement, les ménages ayant des actifs semblables mais des réponses différentes au risque peuvent connaître des résultats différents. Par exemple, une sécheresse et les pertes de revenu qu elle entraîne peuvent conduire à la pauvreté un ménage d agriculteur. Si le même ménage avait contracté une assurance pour la récolte, il ne serait pas vulnérable à l effet négatif. Donc les options, capacités et actions de gestion du risque dépendent largement des actifs des ménages. 21

2. Notes d orientation pour l évaluation des sources de vulnérabilité Dans cette deuxième partie du document, nous proposons une ligne de conduite sur la façon de mener une évaluation des sources de vulnérabilité dans un pays. La vulnérabilité est liée aux risques et aux réponses au risque (voir section 1.1). De plus, la position actuelle des ménages est décisive, car le choix des instruments de gestion du risque et donc aussi le résultat attendu dépendent largement des actifs du ménage (et d autres déterminants de bien-être). Dans ce qui suit, la première section (2.1) est consacrée à l examen des indicateurs de bienêtre des ménages, y compris l information sur leurs actifs. La seconde section (2.2) sur l évaluation du risque, contient des instructions pour l identification des risques auxquels les ménages doivent faire face, et des caractéristiques des chocs. La troisième section (2.3), l évaluation de la gestion du risque, est alors consacrée à l identification des instruments de gestion du risque existants, y compris une évaluation de l accès à ces instruments et de leur utilisation par les groupes socio-économiques. Plusieurs exemples sont présentés pour démontrer l approche proposée ici. En ANNEXE 1, des modèles sont fournis qui aident à identifier les risques, l exposition au risque, les caractéristiques des risques, et les informations sur les instruments de gestion du risque. 16 En termes de données nécessaires, tant les informations quantitatives que qualitatives devraient être prises en compte pour mieux comprendre les sources de vulnérabilité dans un pays. Comme nous l avons mentionné plus tôt, ces notes d orientation sont génériques, et il est nécessaire de mener des études de cas pilotes dans quelques pays 17. Etant donné la nouveauté de cette approche, le principal inconvénient qui sera rencontré sera un manque d information. En réalisant l évaluation, les analystes pourront identifier et documenter les écarts et les besoins d information qui peuvent fournir la base de requêtes futures pour la collecte de données supplémentaires dans les pays. Il est nécessaire de souligner que certain risques sont plus importants que d autres (spécialement pour certain groupes), et il est important que l évaluation de risques et de la vulnérabilité fournisse/ donne une idée de quels sont les risques qui sont plus importants que d autres et quels groupes sont à risques, et quels instruments de gestion du risque conviennent le plus (et lesquels sont réellement disponibles et accessibles). 2.1 Un aperçu du bien-être des ménages : identifier les groupes socio-économiques défavorisés dans un pays 16 Les analystes sont encouragés à adopter et/ou à prolonger ces listes de vérification pour améliorer leur utilité pour les évaluations futures. 17 Actuellement, des évaluations de risque et/ou de vulnérabilité sont commissionnées par le Secteur de Protection Sociale de la Banque mondiale, surtout mais pas seulement dans les pays LA une compilation de celles-ci et des études en cours sur la vulnérabilité, le risque et la gestion du risque se trouve à l annexe 3 de ce document. Dès que d autres études empiriques seront disponibles, elles devront être examinées et le cadre de travail devra être adopté en conséquence.

L étude du risque et de la gestion du risque, qui sont des sources de vulnérabilité, doit tenir compte des différences dans la distribution du bien-être dans un pays aussi bien par rapport aux actifs disponibles qu à d autres indicateurs du bien-être. Les différences dans ces aspects déterminent les différences dans les résultats attendus qui sont générés par les chocs. Par exemple, un ménage disposant de quelque richesse, d une assurance chômage et d autres membres du foyer ayant un emploi rémunéré connaîtra des impacts de bien-être comparativement différents dans le cas du non emploi de l un des membres du foyer par rapport à un autre ménage ayant peu de actifs, dans lequel la personne au chômage était la seule ayant un revenu. Pour rendre compte de ces différences entre les types de ménages ou groupes socio-économiques, les analystes doivent essayer de fournir des informations (i) sur la disponibilité d actifs, et leur distribution parmi les groupes socio-économiques (section 2.1.1), et (ii) sur la distribution d autres déterminants qui contribuent au bien-être (section 2.1.2). Des informations pertinentes sur ces aspects sont partiellement disponibles dans les évaluations de pauvreté existantes, les évaluations sociales, les profils économiques des pays, etc. Les analystes peuvent souhaiter consulter ces publications, et si le temps et les ressources le permettent identifier aussi des données issues de sources directes (par ex., en s entretenant avec des experts du pays, en examinant les enquêtes sur les ménages etc.). Dans de nombreux cas, les données souhaitées n existent pas, et les analystes doivent s appuyer sur des indicateurs de deuxième choix ou même sur des calculs approximatifs des experts du pays et du secteur. 2.1.1 Information sur les actifs des ménages Les actifs des ménages sont le stock de richesse utilisé pour générer le bien-être (voir Encadré 8 pour des exemples d actifs des ménages). Les actifs peuvent être tangibles comme la terre, la main d œuvre, le capital, l épargne (c est-à-dire, des actifs naturels, humains, matériels et financiers), ou intangibles comme le capital social, la proximité des marchés, les installations sanitaires et éducatives, et le renforcement de pouvoir (actifs sociaux, d emplacement et d infrastructure, politiques et institutionnels). Les deux types d actifs sont importants dans le contexte de la gestion du risque. Par exemple, des actifs intangibles tels que le capital social ou les réseaux sociaux peuvent aider les ménages à gérer les risques si l aide publique fait défaut (Siegel et Alwang, 1999). Pour rendre compte des différences entre les ménages en termes d actifs, les analystes doivent obtenir des indications sur la distribution des actifs parmi les différents groupes socio-économiques (voir modèle 1 à l ANNEXE 1). La sélection des groupes pertinents pour cet exercice (par exemple femmes/hommes, pauvres/non-pauvres, population urbaine/rurale, travailleurs formels/informels, population par groupe de langage, par région, etc.) est spécifique au pays, et les analystes doivent identifier les groupes qui sont susceptibles d être défavorisés en termes des actifs qu ils possèdent car ceci détermine leur futur bien-être, et ainsi leur vulnérabilité. 23

2.1.2 Information sur les indicateurs de bien-être En plus des actifs des ménages, l information sur d autres indicateurs de bien-être comprenant l information sur leur distribution dans un pays permettra aux analystes de comprendre la position relative des groupes socio-économiques en ce qui concerne leur vulnérabilité. Un exemple de tels indicateurs sont les «indicateurs centraux de résultat» des objectifs de développement internationaux, qui sont dérivés d une série de conférences des Nations Unies tenues dans les années 90. Ils reflètent des aspects clés de bien-être social et économique et de durabilité environnementale (voir Encadré 9, et Modèle 2, ANNEXE 1, pour une liste de vérification rapide). L avantage de ces indicateurs est non seulement qu ils sont acceptés internationalement, mais aussi que des données sont déjà disponibles pour la plupart des pays (par ex., dans la base de données des Grands Indicateurs du Développement dans le Monde (World Development Indicators, WDI ). Evidemment, la liste d indicateurs fournie dans l Encadré 9 n est nullement complète, mais doit être adaptée en fonction des spécificités du pays (ainsi que des contraintes en termes de disponibilité de données 18 ). Idéalement, les principales parties prenantes dans un pays devraient approuver les indicateurs propres au pays sélectionnés, car ceux-ci fournissent la base de repères largement acceptés par rapport auxquels la vulnérabilité et l efficacité des interventions de gestion du risque dans un pays peuvent être examinées dans le temps. Encadré 9 : Indicateurs de résultats centraux dérivés des objectifs de développement internationaux Bien-être économique 1. Incidence de pauvreté extrême : Population au-dessous de 1$ par jour 2. Taux d écart de pauvreté : Incidence multipliée par profondeur de la pauvreté? 3. Inégalité : part du quintile le plus pauvre dans la consommation nationale? 4. Malnutrition infantile : prévalence de l insuffisance de poids chez les moins de 5 ans Développement social 5. Inscriptions nettes dans l enseignement primaire 6. Achèvement du 4 ème degré de l enseignement primaire 7. Taux d alphabétisation des 15 à 24 ans 8. Proportion des filles par rapport aux garçons dans l enseignement primaire et secondaire 9. Proportion des femmes alphabétisées par rapport aux hommes (de 15 à 24 ans) 10. Taux de mortalité infantile 11. Taux de mortalité avant 5 ans 18 De plus, les analystes doivent s assurer que les indicateurs choisis sont pertinents par rapport aux spécificités du pays. Par exemple, habituellement le taux de chômage couvre seulement les personnes employées précédemment dans le secteur formel, c est-à-dire une petite minorité de travailleurs dans, par exemple, beaucoup de pays africains, ce qui limite considérablement la signification de cet indicateur. 24

12. Taux de mortalité maternelle 13. Naissances assistées par un personnel de santé qualifié 14. Taux de prévalence de la contraception 15. Fréquence du VIH chez les femmes enceintes de 15 à 24 ans Régénération et durabilité environnementales 16. Pays ayant des processus efficaces pour le développement durable 17. Population ayant un accès (durable) à l eau potable 18. Zones forestières en % de la superficie nationale 19. Biodiversité : terres protégées 20. Efficacité énergétique : PIB par unité d énergie utilisée 21. Emissions de dioxyde de carbone (kg par PPP % du PIB) Indicateurs généraux PNB par tête Taux d alphabétisation des adultes Taux de fertilité total Espérance de vie à la naissance Aide en % du PNB Dette extérieure en % du PNB Investissement en % du PIB Commerce en % du PIB Source : basé sur l ensemble opérationnel d indicateurs centraux dérivés des objectifs internationaux de développement, sélectionnés dans la série de conférences des Nations Unies tenues dans les années 90. 2.2 L évaluation du risque La seconde partie de ces notes d orientation concerne l évaluation des risques. Cela comprend les efforts pour identifier et catégoriser les risques dominants dans un pays (voir section 2.2.1), et pour identifier les groupes socio-économiques qui sont exposés à ces risques (section 2.2.2).De plus, les principales caractéristiques des événements à risque, à savoir leur corrélation (section 2.2.3), leur fréquence et leur timing (section 2.2.4), doivent être identifiées. Par le biais de l évaluation de risque proposée, il sera possible de fournir un aperçu des risques et des chocs principaux. Cependant, l application d une approche basée sur une période de temps augmentera la valeur de cet exercice. Par exemple, en Ethiopie, même le scénario le plus optimiste pour la fertilité déclinante implique une augmentation importante de la population de base sur les 25 prochaines années, de l estimation actuelle de 54 millions à environ 92 millions en 2020 (Banque mondiale, 1998). Cette projection démographique suggère que des risques et des besoins nouveaux sont susceptibles de surgir. Une information 25

de ce type fournira les éléments nécessaires pour comprendre le développement potentiel des risques dans un pays, qui déterminent la vulnérabilité et les besoins futurs de la population. 2.2.1 Identifier et catégoriser les risques Comme premier pas d une évaluation de risque, les risques doivent être identifiés (voir Modèle 3, ANNEXE 1, pour une rapide liste de vérification). Différents types de risques exigent différents types de gestion de risque. Par exemple, les risques environnementaux sont très différents des risques politiques, ou des risques liés à la vieillesse et doivent être gérés différemment. Pour tenir compte de ces différences, nous proposons de classifier les risques en conséquence (voir section 1.1, et Encadré 2 19 ). Les analystes doivent évaluer les risques qui sont prédominants dans un pays, et sont susceptibles de générer des effets négatifs s ils se matérialisent (à savoir, les chocs négatifs, voir section 1.2). Divers rapports nationaux, et experts nationaux, sont des sources potentielles pour cette partie de l évaluation, et les analystes devraient les examiner ainsi que d autres sources (par ex. les évaluations de pauvreté, les rapports de secteur sur les développements économique et politique dans un pays, les rapports du secteur social, les rapports sur l environnement, les rapports antérieurs sur le risque, etc.).si le temps et les ressources le permettent, des données supplémentaires pourraient être collectées (par exemple en organisant des discussions de groupe central au niveau de la base, ou en conduisant des entretiens avec des informateurs clés). Il est important que l inventaire des risques qui est spécifique au pays soit aussi complet que possible, et inclut aussi les risques qui peut-être ne reçoivent que peu d attention dans le pays lui-même 20. Par exemple, Bendokat et Tovo (1999) identifient plusieurs risques qui sont des points aveugles au Togo, parmi lesquels la discrimination à l égard des femmes, qui est perçue comme «la manière de laquelle les choses sont», et qui n est pas reconnue explicitement comme un risque qui accroît la vulnérabilité des femmes et des enfants. Pareillement, ni les Togolais, ni les autorités concernées ne semblent réaliser l importance de l épidémie de VIH/SIDA, et sa menace pour la vulnérabilité de la population. 19 Beaucoup des risques génériques cités à l Encadré 2 peuvent être répartis en une myriade de risques plus spécifiques. Par exemple, les risques de cycle de vie liés à la vieillesse peuvent inclure des chocs qui mènent à une perte de revenu salarié (par ex. si les personnes âgées ne sont plus intégrées au marché du travail), ou des chocs qui mènent à une perte de bonne santé (par ex. les maladies liées à la vieillesse). Pareillement, la maladie comme terme générique pour les risques de santé comprend des événements à risque plutôt différents, par exemple le risque de contracter la grippe, la malaria, la variole, ou la maladie du sommeil, dont les conséquences affectent un ménage (par ex. dans le cas d une grippe) ou peut-être toute une région (comme par ex. avec la malaria). 20 Il est probable que le premier inventaire des risques ne sera pas aussi complet que souhaitable. Les évaluations futures peuvent étendre graduellement (et adopter) cet inventaire. Cet exercice d exécution d une évaluation de risque est donc un processus continu qui développera l information sur les risques dans le temps. 26

2.2.2 Exposition aux risques Comme cela a été discuté dans la première partie de ce document, l existence d événements à risque par elle-même n implique pas que les ménages y soient exposés (voir section 1.1). Plutôt, il y a une différence distincte entre risque et exposition au risque, qui est particulièrement vraie par rapport aux événements idiosyncratiques (voir section 2.2.3). Ceci exige que les analystes examinent quels sont les groupes socio-économiques (par ex. les femmes, les minorités, la population des zones rurales, etc.) exposés, ainsi que les risques identifiés auxquels ils sont exposés. Dans ce qui suit, nous proposons trois possibilités pour mesurer/estimer l exposition au risque 21 : (i) en se basant sur les groupes d âge, (ii) sur les groupes socio-économiques, (ii) et sur les résultats réalisés. Des données manquantes, (et un manque de bons indicateurs sur l exposition au risque) rendront utile l utilisation de toutes ces trois méthodes pour obtenir une approximation de l exposition au risque. (i) Mesurer l exposition au risque par groupes d âge Une classification des risques par groupes d âge aidera à déterminer l exposition au risque. Les risques doivent être classés dans les groupes d âge où ils sont le plus susceptibles de se produire. Par exemple, le chômage affectera seulement les adultes en âge de travailler, etc. Une classification supplémentaire selon le sexe améliorera l analyse. Par exemple, les analystes voudront peut-être classer les risques liés à la naissance dans le groupe des jeunes adultes de sexe féminin, etc. Encadré 10? : Principaux risques (et résultats) par groupes d âge en Argentine Groupe d âge Principaux risques/résultats 0-5 ans Ralentissement du développement 6-14 ans Qualité médiocre de l éducation (faible développement du capital humain) 15-24 ans Faible développement du capital humain (qualité/réussite de l éducation) Chômage/ bas salaires Inactivité (violence, abus de drogues, etc.) 25-64 ans Faible revenu Plus de 65 ans Faible revenu Risques prédominants dans la Soins médicaux médiocres population globale Logement médiocre / manque d infrastructure de base Source : Banque mondiale, 2000a:8 L Encadré 10 contient un exemple de l Argentine (Banque mondiale, 2000a), où les principaux risques et résultats ont été classés par groupes d âge, et quand cette classification n était pas réalisable dans un groupe important de autre risque ; l ANNEXE 2c comporte un exemple similaire mis en place pour une étude sur les risques sociaux en République Dominicaine. 21 Le Modèle 4 à l ANNEXE 1 comporte une liste de vérification pour la classification des risques par groupes d âge et par groupes socio-économiques. 27

Si la classification des risques par groupes d âge a été appliquée de façon empirique dans plusieurs pays (par ex. l Argentine (Banque mondiale, 2000a), la République Dominicaine (Banque mondiale, 2000b), le Mexique (Hall et Arriagada, 2000) et la Jamaïque (Blank, 2001)) et adoptée comme partie de la stratégie de secteur pour la santé, la nutrition et la population (Banque mondiale, 1997), elle a plusieurs inconvénients par rapport à une évaluation de risque. Par exemple, une classification de risques par groupes d âge suggère que les risques à l intérieur d un groupe d âge ont des conséquences similaires pour toutes les personnes touchées. Cependant, la gestion des risques dépend beaucoup de facteurs autres que celui de l âge de la personne en situation de risque, par ex. du contexte familial, des actifs disponibles, de l existence de stratégies formelles et informelles de gestion du risque, du sexe de la personne, etc. Aussi, les risques peuvent avoir des conséquences pour d autres personnes que celle qui est exposée, par exemple le chômage d un des membres du foyer aura également un impact sur le bien-être des autres membres du foyer. De plus, alors qu une classification des chocs particuliers selon les groupes d âge est utile pour obtenir une indication quant au risque qui affecte (directement) tel ou tel groupe d âge, de nombreux événements ne rentrent pas dans cette structure simple. Par dessus tout, les chocs covariants (comme les inondations, les guerres, les tremblements de terre, etc.) affectent les individus en général, indépendamment de leur âge (même si différents groupes d âge peuvent être affectés différemment). (ii) Mesurer l exposition au risque par groupes socio-économiques Etant donné que les risques sont souvent spécifiques à des groupes socio-économiques plutôt qu à des groupes d âge (par ex., la discrimination des femmes, les minorités ethniques, etc.), les analystes voudront peut-être classifier les risques en conséquence (par ex., par minorités ethniques, par population urbaine/rurale, selon la pauvreté, etc.). Idéalement, les groupes socio-économiques sélectionnés correspondent à ceux qui ont été identifiés à la section 2.1. Ceci permettra de comparer les groupes socio-économiques en fonction de leurs actifs (section 2.1.1) ou autres indicateurs de bien-être (section 2.1.2) et des risques auxquels ils sont exposés (voir aussi section 3.3). (iii) Utiliser des indicateurs de résultats comme références pour l exposition au risque Une classification des risques par âge et/ou caractéristiques socio-économiques donnera un aperçu de quelles personnes sont exposées à différents risques. Une autre façon d évaluer les taux d exposition est d utiliser l information sur les résultats réalisés (voir aussi section 2.1.2). Par exemple, l exposition au VIH/SIDA peut être évaluée en se basant sur la proportion de personnes actuellement affectées par le VIH/SIDA. Alors que ces indicateurs de résultats spécifient habituellement la proportion de personnes déjà affectées par plutôt que exposées aux risques, ils peuvent néanmoins fournir des indications utiles, en particulier, si la composition des personnes affectées par l effet adverse est connue. Par exemple, 5% de la population en Argentine âgée de 25 à 64 ans sont des indigènes, tandis qu ils représentent 36% du total des chômeurs en Argentine (Banque mondiale, 2000a). Ceci suggère qu ils sont affectés de façon disproportionnée par le chômage. En conséquence, on peut supposer qu ils 28

sont susceptibles d être aussi exposés de façon disproportionnée à des risques (futurs) menant à une perte d emploi 22. En plus d identifier simplement dans un pays les risques et l exposition au risque, il est important de rassembler des informations sur les caractéristiques de base des risques (ou chocs), en particulier, leur corrélation (section 2.2.3), fréquence et timing (section 2.2.4), et la sévérité des chocs (voir section 3.1). Ces caractéristiques déterminent l impact potentiel d un choc, qui a des répercussions pour le choix des options et stratégies de gestion du risque alternatives. 2.2.3 Corrélation des risques : événements idiosyncratiques versus covariants Une caractéristique importante d un évènement à risque (ou choc) est son degré de corrélation parmi les individus, les ménages, les communautés et les régions. Les chocs peuvent ne pas être en corrélation parmi des individus et/ou des régions, et affecter seulement des individus ou des ménages spécifiques (par ex. le décès du chef de famille). Les chocs qui affectent un groupe de ménages, une communauté entière (comme des tremblements de terre ou des inondations), la nation tout entière (comme une crise économique) ou même plusieurs nations (par ex. une catastrophe nucléaire, des épidémies) sont appelés événements covariants; parce qu ils sont en corrélation parmi des individus et/ou des régions (c est-à-dire ils touchent beaucoup d individus simultanément). En fonction de leur degré de corrélation, il est possible de distinguer entre chocs covariants régionaux, nationaux et internationaux (voir Holzmann et Jørgensen, 2000, et Encadré 10). A l ANNEXE 2a, un exemple empirique des risques selon leur degré de corrélation est inclut pour le Togo, qui a été mené dans le cadre d une analyse pour aider à adopter une stratégie de protection sociale pour le pays (Bendokat et Tovo, 1999). La classification des chocs selon leur degré de corrélation n est pas toujours un exercice facile. Par exemple, une perte d emploi peut être un événement particulier ou s il est le résultat d une crise macro-économique il peut être commun à la plupart des travailleurs d une région particulière (et être donc un événement régional covariant, Banque mondiale 2000c: Chapitre 8). Donc, le fait qu un choc soit idiosyncratique ou covariant dépend de ses causes sous-jacentes. Ce qui implique que les analystes chargés de cette partie de l évaluation doivent comprendre les causes des chocs pour donner des informations sur leur corrélation. Pourquoi le degré de corrélation est-il important? Il va influencer la capacité de gestion du risque des individus, des ménages, des communautés et des gouvernements et déterminer quels instruments de gestion du risque pourraient servir comme une réponse appropriée au choc. Par exemple, un choc qui affecte une région toute entière ne peut pas être géré par le seul biais de l assurance dans la région (dû à un manque de mise en commun des risques). 22 Il est clair que tirer des conclusions des résultats réalisés peut être trompeur si on ne considère pas les réponses des ménages au risque. Pour continuer avec l exemple des chômeurs en Argentine : il y a une possibilité que la population indigène soit aussi susceptible que le reste de la population d être exposée aux risques causant le chômage ; cependant, ils peuvent échouer à gérer correctement ces risques et donc risquer de perdre réellement leurs emplois. 29

Cela exigerait une mise en commun du risque avec des zones non touchées par le choc en même temps. Le degré de corrélation va aussi permettre aux analystes de déterminer les acteurs qui seront (ou pourraient être) impliqués dans la gestion d un risque ou d un choc particulier. Par exemple, des événements idiosyncratiques, comme une jambe cassée, peuvent très bien-être gérés par des dispositifs privés formels ou informels de la gestion de risque. Des chocs ayant une forte corrélation cependant, comme la malaria ou le VIH/SIDA, tendent à requérir l implication des gouvernements ou des organisations internationales, car des instruments informels ou formels basés sur le marché sont susceptibles d échouer face à de tels événements à risque (Holzmann, 2001:4). Encadré 10 : Exemples d événements à risque par catégories, classés selon leur degré de corrélation Evénements Evénements covariants Evénements covariants nationaux et internationaux particuliers régionaux Risques naturels Précipitations Tremblements de terre Glissements de terrain Inondations Eruptions volcaniques Sécheresses Vents violents Risques sanitaires Maladie Blessure/ Accident Invalidité Epidémies Famines Risques du cycle de vie Naissance/ Maternité Rupture familiale Vieillesse Décès Risques sociaux Crime Terrorisme Luttes civiles Risques économiques Risques politiques Violence domestique Risques environnementaux Gangs Chômage Guerre Agitation sociale Chute de la production Mauvaise récolte Chocs de la balance des paiements Faillite Reclassement Crise financière Crise monétaire Chocs dus aux termes d échanges commerciaux ou Source : Holzmann et Jørgensen, 2000:12. Discrimination raciale Discrimination des femmes Discrimination religieuse Emeutes Pollution Déforestation technologiques Echec politique sur les programmes sociaux Coup d état Catastrophe nucléaire 2.2.4 Fréquence et timing des risques: événements répétés versus isolés 30

En plus de la corrélation des chocs, leur fréquence et leur timing sont pertinents pour comprendre la vulnérabilité des ménages. Par conséquent, les chercheurs devraient rassembler des informations pour savoir si un choc a une fréquence basse, moyenne ou haute, c est-à-dire si c est un événement répété (fréquence haute, par ex. une sécheresse habituelle), s il se produit de temps en temps (fréquence moyenne) ou très rarement (fréquence basse ; c est-à-dire un événement isolé, inhabituel). Par exemple, un tremblement de terre au Nicaragua est-il un événement isolé (qui se produit peut-être seulement tous les vingt ans ou plus, c est-à-dire une fréquence basse), ou est-ce qu il frappe le pays régulièrement (et a donc une fréquence moyenne ou haute)? Dans l idéal, en plus de la fréquence d un choc, les analystes peuvent souhaiter des indications sur le moment où un risque a des chances de se matérialiser à nouveau, c est-àdire le timing d un choc (par ex., s il y a des sécheresses chaque été, des tremblements de terre en moyenne tous les deux ans, etc.). Par exemple, le Malawi est vulnérable à des sécheresses périodiques à un certain moment de l année qui mènent à des pénuries alimentaires saisonnières et par conséquent à des augmentations du prix du maïs (Smith, 2001). Ce type d information 23 va permettre d identifier comment une fréquence basse, moyenne et haute se traduit dans le contexte du pays (voir ANNEXE I, Modèle 3). Pourquoi est-il important de collecter des informations sur la fréquence et le timing des chocs? Parce que les différences concernant ces caractéristiques des risques ont des répercussions sur le choix des stratégies de gestion du risque. Par exemple, un événement isolé, comme une inondation dans un pays où celles-ci se produisent rarement, peut largement être géré en faisant face au risque (par exemple par des opérations d urgence). Par contre, si l inondation était un événement régulier ou répété, des réponses au risque à priori (par ex., la construction de digues au Bangladesh pour diminuer l exposition au risque) pourraient être une façon plus efficace de répondre au choc. Une information en profondeur sur la fréquence et le timing des chocs aide donc à comprendre quel type de réponse au risque peut être plus efficace, et dans une perspective dynamique également plus durable. 2.2.5 Sévérité des chocs : chocs catastrophiques versus chocs non-catastrophiques La sévérité d un choc dénote l impact qu il est susceptible d avoir par rapport à la perte de bien-être attendue d un ménage (voir section 1.4). Elle est une fonction de l événement à risque lui-même et des actifs d un ménage (voir Encadré 8, et section 2.1.1) et des instruments employés pour répondre à un risque (voir section 1.3). Les différences entre les ménages par rapport à leurs actifs et leur capacité de gestion du risque expliquent les différences dans les résultats. Par exemple, le décès d un chef de famille dans un ménage ayant un niveau d actifs élevé, et une assurance vie adéquate aura des effets relatifs de bien- 23 Une information pertinente sur la fréquence et le timing des chocs peut être tirée des compte-rendus de pays (par ex., des données sur les conditions climatiques, les taux de mortalité, les statistiques du chômage, etc.), et/ou s appuyer sur l information des experts du pays. Cependant, l information peut ne pas exister pour des événements très rares. 31

être différents à ceux d un ménage ayant un niveau d actifs inférieur, dans lequel le chef de famille était la seule personne générant un revenu pour le ménage et n avait pas d assurance vie. Tandis que la seconde famille subit un choc catastrophique, le même événement est en ce qui concerne une modification de bien-être pas nécessairement catastrophique pour la première famille. L information recueillie sur la base des actifs (section 2.1) et sur d autres indicateurs de bienêtre (section 2.2) permet de donner une indication de la position relative de groupes socioéconomiques spécifiques. De la comparaison de cette information avec l information sur les réponses au risque utilisées par les membres de ce groupe (voir section 2.3.2), il sera possible de déduire la sévérité attendue d un choc pour ce groupe : c est-à-dire si un choc conduira à un effet catastrophique ou non-catastrophique 24. Un effet catastrophique serait celui qui pousse un ménage au-dessous (ou plus profondément au-dessous) du seuil de pauvreté, un choc non-catastrophique n aurait pas de telles conséquences 25. Evidemment, il est important de considérer la sévérité d un choc en même temps que d autres caractéristiques du risque décrites dans les sections 2.1.1. à 2.1.4, parce que des chocs potentiellement sévères sont définitivement une préoccupation majeure de la politique dans la plupart des pays. L information sur la sévérité attendue d un choc permettra d examiner de façon critique les réponses au risque choisies aussi bien en termes de stratégies appliquées et d acteurs impliqués, que pour envisager la possibilité qu une combinaison différente d instruments de gestion du risque d acteurs différents pourrait mieux réussir à réduire la vulnérabilité au risque. 2.3 L évaluation de la gestion du risque Comme nous l avons déjà mentionné, la vulnérabilité des ménages peut être décomposée en plusieurs parties d une chaîne de risque. Après avoir mené une évaluation des actifs des ménages et d autres déterminants de bien-être (section 2.1) et une évaluation de risque (section 2.2), les analystes aurait une meilleure idée: (i) de la distribution des actifs entre les groupes socio-économiques, (ii) des risques auxquels ils sont exposés, et (iii) des caractéristiques de ces risques. En plus de ces aspects, les réponses d un ménage aux risques et/ou aux effets adverses affectent elles aussi sa vulnérabilité. Par exemple, alors que toute une région est susceptible de subir un tremblement de terre, ceux qui ont investi dans des maisons stables renforcées contre les tremblements de terre sont moins susceptibles de subir une perte de bien-être qui les pousse au-dessous du seuil de pauvreté (ou plus profondément dans la pauvreté) que ceux qui ont des constructions moins stables. Les différents moyens de répondre aux risques et/ou aux résultats (qui dépendent largement des risques qui doivent 24 Il est important de souligner qu un risque particulier peut avoir des effets directs et indirects qui déterminent sa sévérité. Par exemple, au Togo, le décès d un membre de la famille a non seulement des conséquences économiques directes en termes de perte de revenu (surtout si le disparu était l un des pourvoyeurs de revenu) mais aussi des conséquences indirectes (par ex. il y a des frais élevés imposés par les normes culturelles qui exigent des funérailles coûteuses, et des rituels pour les veuves ; voir Bendokat et Tovo, 1999:9). 25 Des évaluations sur le niveau de sévérité peuvent être déduites d expériences antérieures des chocs (qui sont parfois comprises dans des études qualitatives sur les perceptions des habitants quant aux risques, etc.). 32

être confrontés et des actifs disponibles) co-déterminent donc les différences en ce qui concerne la vulnérabilité des individus, des ménages, des communautés ou des pays. Après avoir obtenu des informations sur les risques et les groups susceptibles à leur être exposés, les questions suivantes sont : (a) quelle combinaison d instruments est disponible et (b) à quels instruments un ménage a-t-il accès pour gérer les risques et/ou les résultats potentiellement négatifs de chocs donnés? Dans ce qui suit, cette partie de ces notes d orientation guide concerne l identification et l évaluation des instruments de gestion du risque qui sont disponibles dans un pays, et la mesure dans laquelle les différents groupes socio-économiques y ont accès et/ou les utilisent. Cela demande aux analystes de rassembler des informations (i) sur la disponibilité des instruments de gestion du risque, et (ii) sur les différences entre les groupes socio-économiques en termes d accès et d utilisation de ces instruments 26. A l ANNEXE 1, nous fournissons quelques modèles pour aider à la collecte systématique des informations pertinentes (voir Modèles 5-9). 2.3.1 Disponibilité des instruments de gestion du risque Tout d abord, les analystes doivent identifier l offre des instruments existants de gestion du risque. Etant donné les différences des instruments quant à leurs buts et leurs points centraux (voir Encadré 3), et aux acteurs qui les fournissent (voir Encadré 5), les analystes devraient classifier les instruments de gestion du risque selon leur stratégie (c est-à-dire selon les mesures à priori et à posteriori ; Modèle 4), ainsi que par le niveau de formalité (Modèle 5) et par intervention des acteurs engagés (voir Modèle 6). Les compte-rendus de pays (par ex., les PER, les évaluations de pauvreté, les évaluations sociales et structurelles) comportent souvent des informations pour mener à bien ce type d exercice (Coudouel, Ezemenari, Grosh and Sherburne-Benz, 2000). Pour combler les écarts d information, des sources de données de première main pourraient être analysées. Si le temps et les ressources le permettent, les analystes pourraient aussi souhaiter s engager dans une recherche de terrain, par exemple organiser des études participatives pour identifier les réponses au risque disponibles (formelles et informelles) dans un pays. 27 2.3.2 Accès aux instruments de gestion du risque et leur utilisation par les groupes socioéconomiques Dans beaucoup de cas, la disponibilité des instruments de gestion du risque n implique pas que les ménages y ont accès. Par exemple, de nombreux pays réservent certains droits aux hommes seulement, tandis que les femmes par exemple n ont pas droit à la propriété, ce qui réduit leurs possibilités à atténuer le risque par l accumulation d actifs immobiliers. 26 L efficacité et l efficience des instruments fournis détermine aussi le succès ou l échec des instruments existants. L évaluation proposée ici cependant, n est pas concernée par ce type d analyse, qui est souvent effectuée pour des interventions publiques dans les PER (voir Canagarajah et al., 2001, et section 3.2). 27 Evidemment, l identification de stratégies informelles de gestion du risque est une tâche très difficile qui requiert des études au niveau des ménages et des communautés. 33

De plus, même si les gens ont accès à des instruments disponibles de gestion du risque, ils peuvent ne pas les utiliser pour diverses raisons, notamment par manque de moyens (voir section 2.1.1). Par exemple, une possibilité d atténuer le risque est de contracter une assurance. Beaucoup de ménages, cependant, ne peuvent pas payer les primes d assurance et ne peuvent donc pas utiliser cet instrument. En plus des actifs financiers, différentes sortes d actifs peuvent jouer un rôle important pour déterminer l utilisation des instruments de gestion du risque. Prenez l information comme exemple : les individus qui ne savent pas comment se protéger contre le VIH/SIDA n utiliseront pas les mesures préventives pertinentes. L utilisation peut aussi être restreinte si les instruments ne sont pas disponibles dans tout le pays, mais limités à des régions spécifiques. Les hôpitaux, les centres de soins ou les lycées sont souvent disponibles seulement dans les principaux centres urbains une restriction géographique qui rend difficile aux populations rurales d avoir accès à ces services. Pareillement, si la quantité exigée dépasse la quantité fournie (comme il est parfois le cas des biens et services subventionnés), le résultat est une pénurie et une sorte de rationnement. Dans ces cas toutes les personnes désireuses d utiliser les instruments de gestion du risque n ont pas pour autant la possibilité de s en servir. Les analystes doivent examiner, quels groupes socio-économiques se voient refusé l accès à quels instruments de gestion du risque, et/ou quels groupes ne les utilisent pas pour d autres raisons. Les analystes pourraient souhaiter se concentrer sur les groupes identifiés antérieurement comme particulièrement défavorisés en termes d actifs ou d autres dimensions de bien-être (section 2.1), et/ou qui ont été identifiés comme particulièrement exposés à des risques spécifiques (voir section 2.2.2). Les Modèles 7-9 de l ANNEXE 1 comportent des listes de vérification rapides qui aideront les analystes à effectuer cette partie de l exercice. 34

3. Evaluation des sources de vulnérabilité : aller de l avant Comme cela a été souligné, le but de ce document n est pas de mesurer la vulnérabilité, mais d identifier et d examiner les sources de vulnérabilité dans un pays. La véritable mesure de la vulnérabilité exige de meilleures données et méthodes analytiques (voir Alwang et al., 2001, pour de l information sur les défis de la mesure de la vulnérabilité et des suggestions sur la façon de surmonter ces défis). Le type d évaluation proposé ici est un premier pas vers l objectif à long terme d une meilleure mesure de la vulnérabilité. Quelle est cependant la valeur ajoutée de ces notes d orientation? En s appuyant sur l information collectée de la façon proposée ici, et par des études de suivi, les gouvernements (ainsi que d autres parties prenantes de la gestion du risque) disposeront d un stock d information utile pour les aider (i) à repenser leurs approches globales de la gestion du risque, et (ii) étant donné la disproportion probable entre les besoins et les ressources (publiques) leur processus de prise de décision, pour décider où concentrer leurs activités (par exemple les investissements, les réformes politiques) pour réduire la vulnérabilité. L information sur les sources de risque et de vulnérabilité est fondamentale, car la réduction de la vulnérabilité des ménages par le biais de l amélioration de la gestion du risque ne peut pas suivre un plan générique. Les réponses au risque doivent plutôt être évaluées par rapport aux risques, et/ou aux résultats qu elles essaient de traiter. De plus, étant donné la distribution inégale des actifs et d autres indicateurs de bien-être entre les différents groupes socio-économiques dans un pays, la gestion du risque doit être évaluée par rapport aux possibilités et aux contraintes. En se basant sur le type d information collectée à la section 2, il sera possible de comprendre le type d actifs, les caractéristiques des risques, et les instruments de gestion du risque pour des groupes socio-économiques spécifiques, et ainsi d obtenir de l information sur leur vulnérabilité. De plus, l information rassemblée sur les instruments de gestion du risque aidera à identifier les écarts et les défauts par rapport à l offre existante d instruments de gestion du risque (voir section 3.1). Ceci permettra aux analystes de hiérarchiser les risques et/ou aux groupes socio-économiques qui devraient être considérés en premier en termes d amélioration de gestion du risque (section 3.2). 3.1 Ecarts et défauts des instruments existants de gestion du risque L évaluation de gestion du risque (section 2.3) permettra aux analystes d identifier les instruments de gestion du risque disponibles dans un pays, et idéalement les groupes socio-économiques qui y ont accès et qui utilisent tel ou tel type de réponse au risque. En s appuyant sur cette information, les instruments existants peuvent être examinés et des changements/réformes proposés. Par exemple, souvent des instruments efficaces ne sont pas utilisés par des groupes socioéconomiques spécifiques, pour des raisons diverses. Des analyses de suivi devront identifier les raisons (par ex., manque d instruments, ignorance, utilisation trop coûteuse, instruments 35

inadéquats, etc.) de ces sous-utilisations, et proposer des mesures pour accroître l utilisation. En plus des écarts de couverture, les défauts des instruments existants devraient également être identifiés, et des propositions pour améliorer l accès et la couverture pourront être formulées. Ces propositions pourraient bénéficier des exemples de bonne-pratique et meilleure-pratique de pays comparables, et de coordination avec les PER (et/ou SER) 28. L ANNEXE 2c comporte un exemple de pays sur la République Dominicaine (Banque mondiale, 2000b), où des écarts dans la gestion du risque ont été identifiés, et des mesures pour combler ces écarts ont été proposées. Certainement, la simple disponibilité d instruments de gestion du risque n implique pas qu ils fonctionnent efficacement. Des études de suivi sur l efficacité et la rentabilité des instruments disponibles devront donc être menées (Heitzmann et al., 2001; Pradhan, 1996). Pareillement, des informations sur les capacités (techniques et humaines) des institutions administrant les instruments de gestion du risque doivent être rassemblées pour comprendre leur efficacité et les contraintes potentielles (voir aussi Canagarajah et al., 2001). 3.2 Hiérarchisation des risques et/ou groupes socio-économiques Les informations rassemblées par le biais de l évaluation proposée ici vont permettre aux analystes d identifier les risques et/ou les groupes socio-économiques qui devraient recevoir une attention prioritaire de politique, et leur permettre de comprendre le succès ou l échec général des instruments existants de gestion du risque. Les informations sur l exposition au risque (section 2.2.2), et la corrélation (section 2.2.3), la fréquence (section 2.2.4) et la sévérité des chocs (section 2.2.5), vont permettre aux analystes de hiérarchiser les risques en fonction de si (a) ils affectent des parties importantes de la population, (b) ils ont une fréquence haute, (c) ils affectent beaucoup de personnes simultanément, et (d) ils sont susceptibles d aboutir à des résultats catastrophiques à hautes pertes. Aussi, comment le maintien de différents portefeuilles d actifs influence-t-il l exposition au risque et la gestion du risque. De la même façon, les comparaisons de pays seront utiles pour identifier les risques (et/ou les effets adverses) qui sont plus prédominants dans un pays que dans d autres. Par exemple, le Kenya, comparé à l Erythrée, l Ethiopie, la Tanzanie et l Ouganda, a le taux le plus bas de mortalité avant l âge de 5 ans. Ceci suggère que les risques sanitaires menant à cet effet adverse sont soit moins dominants au Kenya, soit que ce pays a mieux réussi à gérer ces risques que les autres pays. Ainsi, ces risques sanitaires (et les réponses au risque pertinentes) pourraient être au cœur d une évaluation de risque et de vulnérabilité en Erythrée, Ethiopie, Tanzanie ou Ouganda. Les informations sur la distribution des actifs (section 2.1.2) et d autres indicateurs de bienêtre (section 2.1.2) dans un pays permettront d identifier les groupes socio-économiques 28 Alors que les bonnes pratiques et meilleures pratiques générées par les comparaisons de pays fournissent une information utile sur la façon de gérer un choc particulier, ces pratiques sont spécifiques au pays, et doivent être examinées de façon critique pour savoir si elles seraient aussi efficaces dans des circonstances différentes. 36

défavorisés 29. La comparaison de ces résultats avec l information sur les risques auxquels ils sont exposés, les caractéristiques et la sévérité attendue de ces chocs, et les instruments de gestion du risque qu ils utilisent permettra d identifier les groupes particulièrement vulnérables, et de concevoir des instruments publics de gestion du risque en conséquence, afin de les aider à mieux gérer les risques qu ils affrontent. 29 Les informations sur les groupes qui devraient recevoir une attention prioritaire en termes d amélioration de leur gestion du risque sont aussi souvent incluses dans les déclarations politiques. Par exemple, si un gouvernement stipule d améliorer la position des femmes dans un pays, les analystes pourraient souhaiter se centrer sur les risques spécifiques aux questions de genre (par ex., la discrimination des femmes, les risques sanitaires liés à la maternité, la violence domestique, la prostitution, les risques économiques, tels que l e xpropriation, les risques liés à la longévité, etc.). 37

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ANNEXE 1 : Modèles Modèle 1 : Liste de Vérification pour l identification des actifs des ménages Type d actif Naturel Humain Matériel Financier Social Emplacement et Infrastructure Niveau individuel et du ménage * Terre privée Pâturage Forêts Bassins de pêche Eau : qualité et quantité Composition du ménage Taille du ménage Condition de santé Condition nutritionnelle Education Compétences Actifs productifs : par ex., outils Actifs productifs : par ex., équipement Actifs productifs : par ex., animaux de trait Actifs du ménage : par ex., logement Actifs du ménage : par ex., articles ménagers Actifs du ménage : par ex., ustensiles Stocks : par ex., bétail Stocks : par ex., nourriture Stocks : par ex., bijoux Liquidités Epargne Accès au crédit Accès aux marchés d assurance Liens sociaux et réseaux du ménage Dynamiques intra-ménage Proximité et accès à l eau et l assainissement Proximité et accès à l éducation et la santé Proximité et accès au marché Données disponibles? Oui Non Sources de données, périodes Type de données disponibles (par ex. données secondaires, résultats d enquêtes) Données disponibles par groupe socioéconomique** (lequel?) 41

Politique et Institutionnel Proximité et accès au stockage Proximité et accès aux routes Participation aux décisions prises par le ménage (y compris les relations de pouvoir liées au sexe et à l âge) Sources : Siegel et Alwang, 1999: Tableau 3.1, pg.11; Moser, 1999, Radoki, 1999.* Les analystes pourraient souhaiter mener aussi le même type d analyse pour les actifs de la communauté et extracommunauté, voir Encadré 8. ** Note : Le choix des groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir section 2.1.1). Les possibilités de groupes socio-économiques qui peuvent être examinées sont : hommes/femmes, pauvres/non-pauvres, différents groupes ethniques, travailleurs formels/informels, groupes de langues, population rurale/urbaine, population par régions, etc. Pour chaque groupe, les analystes devraient identifier si l actif en question est de quelque manière valable pour la vulnérabilité du groupe, si le groupe obtient l actif, et/ou quelle proportion il détient. 42

Modèle 2 : Liste de vérification pour l identification d indicateurs de résultats Proportion de la population totale dans catégorie Proportion des groupes socioéconomiques* dans catégorie Indicateurs Bien-être économique Incidence de pauvreté extrême : population au-dessous de 1$ par jour Taux d écart de pauvreté : fréquence multipliée par profondeur de pauvreté Inégalité : part du quintile le plus pauvre dans la consommation nationale Malnutrition des enfants : insuffisance de poids avant 5 ans Développement social Inscriptions nettes dans l enseignement primaire Achèvement du 4 ème degré de l enseignement primaire Taux d alphabétisation des 15 à 24 ans Ratio des filles par rapport aux garçons dans l enseignement primaire et secondaire Ratio d alphabétisation des femmes par rapport aux hommes (15 à 24ans) Taux de mortalité infantile Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans Taux de mortalité maternelle Naissances assistées par du personnel qualifié Taux de prévalence de la contraception Prévalence du VIH chez les femmes enceintes de 15 à 24 ans Régénération et durabilité environnementale Pays ayant des processus réels de développement durable Population ayant un accès (durable) à l eau potable Forêts en % de la superficie nationale Biodiversité : terres protégées Efficience énergétique : PIB par unité d énergie utilisée Emissions de dioxyde de carbone (kg per PPP % du PIB) Indicateurs généraux PNB per capita Taux d alphabétisation des adultes Taux total de fertilité Espérance de vie à la naissance Aide en % du PNB Dette extérieure en % du PNB Investissement en % du PIB Commerce en % du PIB Source : basé sur le groupe d indicateurs clés de travail dérivés des objectifs du développement international, sélectionnés dans les séries de conférences des Nations Unies tenues dans les années 90. * Le choix des groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir Modèle 1). 43

Modèle 3 : Liste de vérification pour l identification des risques, et caractéristiques de base des chocs Prévalent? Risques naturels Oui Non Fortes précipitations Glissements de terrain Eruptions volcaniques Tremblements de terre Inondations Sécheresses Vents violents Ouragans Autres risques naturels Risques sanitaires Oui Non Maladie Blessure Invalidité Epidémie (par ex., Malaria) Famines Autres risques sanitaires Risques du cycle de vie Oui Non Naissance/ Maternité Rupture familiale Vieillesse Décès Autres risques du cycle de vie Risques sociaux Oui Non Crime Violence domestique Terrorisme Gangs Conflits civils Guerre Agitation sociale Idiosyncratique Corrélation Fréquence** Timing Covariant régional* Covariant national (ou intern.) Basse Moyenne Haute Provision si significative d une indication sur le moment où le prochain choc est attendu

Autres risques sociaux Risques économiques Oui Non Chômage Mauvaises récoltes Faillite Reclassement Effondrement de la production Choc de la balance des paiements Crise financière Crise monétaire Chocs des termes d échange Autres risques économiques Risques politiques Oui Non Discrimination Emeutes Echec politique Coup d état Autres risques politiques Risques Oui Non environnementaux Pollution Déforestation Catastrophe nucléaire Autres risques environnementaux * Pour les risques covariants régionaux, les analystes pourraient souhaiter identifier la/les région(s) exposée(s) au risque. ** basse fréquence : chocs ayant une fréquence inférieure à une fois tous les dix ans; fréquence moyenne : chocs ayant une fréquence supérieure à une fois tous les dix ans, et inférieure à une fois par an ; haute fréquence : chocs ayant une fréquence supérieure à une fois par an. 45

Modèle 4 : Liste de vérification pour l identification des risques par groupes d âge et par groupes socio-économiques Groupes d âge Groupes socio -économiques* Risques naturels Fortes précipitations Glissements de terrain Eruptions volcaniques Tremblements de terre Inondations Sécheresses Vents violents Ouragans Risques sanitaires Maladie (par ex., SIDA) Blessure Invalidité Epidémie (par ex., Malaria) Famine Autres risques sanitaires Risques du cycle de vie Naissance/ Maternité Vieillesse Décès Autres risques du cycle de vie Risques sociaux Crime Violence domestique Terrorisme Gangs Conflits civils Guerre Jusqu à la naiss ance 0-3 4-5 6-11 12-18 19-24 25-64 65+ tou s par ex., pauvr es par ex., nonpauvr es par ex., femmes par ex., hom mes par ex., urbai ns par ex., locau x autres 46

Agitation sociale Autres risques sociaux Risques économiques Chômage Mauvaises récoltes Faillite Reclassement Effondrement de la production Balance des paiements Crise financière Crise monétaire Chocs technologiques ou des termes de l échange Autres risques économiques Risques politiques Discrimination Emeute Echec politique Coup d état Autres risques politiques Risques environnementaux Pollution Déforestation Catastrophe nucléaire Autres risques environnementaux * La sélection des groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir Modèle 1). 47

Modèle 5: Liste de vérification pour l identification des instruments de gestion du risque disponibles classés par stratégies de gestion du risque et niveau de formalité des acteurs de la gestion du risque Réduction du risque Atténuation du risque Réaction au risque Privé informel (individus, ménages, communautés, ONG,) Production moins risquée Migration Pratiques adéquates d alimentation et de sevrage Hygiène et autres activités de prévention des maladies Autre : Emplois multiples Investissement en actifs humains Investissement en actifs matériels et immobiliers Investissement en capital social (rituels, échanges de cadeaux) Mariage/famille Dispositifs de communauté Métayage Tied labor Famille élargie Contrats de travail Autre : Vente de actifs immobiliers Emprunt aux voisins Transferts/charité intracommunauté Envoi des enfants au travail Diminution du capital humain Migration saisonnière/temporaire Autre : Source: tiré de Holzmann et Jørgensen, 2000: Tableau 3.1, pg. 17. Privé formel (entreprises, compagnies d assurance, institutions du marché financier, organisations globales de bailleurs de fonds, ONG internationales) Formation interne Apprentissage du marché financier Normes de travail basées sur l entreprise et dirigées par le marché Autre : Investissement dans des actifs financiers multiples Microfinance Pensions de vieillesse Assurance invalidité, accident et autre (par ex., assurance récolte, assurance vie) Autre : Vente de actifs financiers Emprunt auprès des banques Autre : Public (gouvernements local, régional et national, bailleurs de fonds, organisations internationales) Bonnes politiques macroéconomiques Formation préalable Politiques et normes du marché du travail Réduction du travail des enfants Politiques d invalidité Prévention du SIDA et autres maladies Autre : Système de retraite Transferts d actifs Protection des droits de propriété Soutien de l extension des marchés financiers aux pauvres Assurance fournie/obligatoire pour chômage, vieillesse, invalidité, veuvage, maladie, etc. Autre : Aide aux victimes de catastrophes Transferts/assistance sociale Subventions Travaux publics Autre : 48

Modèle 6 : Liste de vérification pour l identification des instruments disponibles de gestion du risque classés par stratégies de gestion du risque et niveau d intervention des acteurs de la gestion du risque Micro niveau (principaux acteurs : individus, ménages, réseaux informels) Meso niveau (principaux acteurs : communautés, ONG, compagnies d assurance, comp. du marché financier, gouv. local & rég.) A priori : mesures pour prévenir ou réduire le risque ou réduire l exposition au risque Production moins risquée Formation interne Adoption de nouvelles Connaissance du marché technologies de production financier Migration Normes de travail basées sur Pratiques adéquates l entreprise et le marché d alimentation et de sevrage Formation préalable Hygiène et autres activités Vaccination de prévention des maladies Autre : Vaccination Autre : Macro niveau (principaux acteurs : gouvernements nationaux, ONG,bailleurs de fonds) Bonnes politiques macroéconomiques Système politique stable Règles et réglementations Droits et sécurité garantis Politiques & normes du marché du travail Réduction du travail des enfants Politiques d invalidité Prévention du SIDA & maladies Réglementation contre la discrimination Investissement en actifs publics, infrastructure matérielle & sociale Education obligatoire Autre : Global niveau (principaux acteurs : organisations internationales, organis ations de bailleurs de fonds, etc.) Droits et sécurité Aide des donateurs/bailleurs de fonds Autre : A priori : mesures d atténuation des pertes possibles de bien-être si le risque se matérialise Emplois multiples Investissement en actifs matériels, humains et immobiliers Investissement en capital social (rituels, échanges de cadeaux) Mariage/famille Investissement en actifs financiers multiples Micro finance Infrastructure matérielle et sociale Dispositifs de communauté Assurance informelle basée sur les demandes de la Système de retraite Transferts de actifs Protection des droits de propriété Soutien à l extension des marchés financiers aux pauvres Assurance Assurance formelle Systèmes financiers Crédit Autre : 49

Invalidité, accident et autre assurance formelle (par ex., assurance de la récolte) Assurance informelle (capital social) Micro-assurance Pensions de vieillesse Métayage Travail à condition Famille élargie Crédit formel et informel Contrats de travail Autre : communauté Mise en commun du risque Unions de crédit de la communauté / clubs d épargne Banques Coopératives (de fermiers) Autre : fournie/obligatoire pour chômage, vieillesse, invalidité, veuvage, maladie, etc. Système financier Crédit inter-communautaire Association et banques pour les stocks Autre : A posteriori : mesures pour réagir aux effets adverses des événements à risque Vente d actifs immobiliers Utilisation des actifs de la Vente d actifs financiers communauté (par ex. les Emprunt aux voisins ressources naturelles) Emprunt aux banques Dépendre de la charité/aide Transferts/charité intracommunautaire Autre : extérieure à la communauté Envoi des enfants au travail Diminution du capital humain (par ex., sauter des repas) Migration saisonnière/ temporaire Activités illégales S appuyer sur l aide publique Autre : Aide aux victimes Transferts ciblés/aide sociale/filets de sécurité Subventions Travaux publics Projets d investissement social (fonds sociaux) Dépendre de la charité/aide Autre : Aide financière internationale Plans d urgence Aide alimentaire internationale Aide des donateurs/bailleurs de fonds Autre : Attention : Compléter un modèle pour chaque risque (prioritaire) (voir section 3.3), et si possible séparément par groupes socioéconomiques (la sélection des groupes socio-économiques est spécifique au pays, voir note au Modèle 1). Si elle est disponible, les analystes pourraient souhaiter fournir de l information supplémentaire pour chacun des instruments (par ex., en termes de leur rentabilité, de l efficience de leur administration, etc.). 50

Modèle 7 : Liste de vérification pour l identification de la disponibilité, de l accès et de l utilisation des instruments informels de gestion du risque par stratégies de gestion du risque et groupes socio-économiques Groupes socio -économiques* Instruments informels de gestion du risque par ex., pauvres / nonpauvres par ex., hommes/femmes par ex., urbains / ruraux Autre disponible? Accès?** Utilisation? Accès? Utilisation? Accès? Utilisation? Accès? Utilisation? Réduction du risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Production moins risquée Adoption de nouvelles techno. Migration Alimentation et sevrage adéquats Hygiène &prévention des maladies. Autre : Atténuation du risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Emplois multiples Investissement en actifs Investissement en capital social Mariage/famille/ fam. élargie Dispositifs communautaires Métayage Travail à condition Contrats de travail Autre : Réaction au risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Vente d actifs immobiliers Emprunts aux voisins Transferts intra-comm. /charité Envoi des enfants à l école Diminution du capital humain Migration saisonnière/temp. Autre : *La sélection des groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir note au Modèle 1). ** L accès à un instrument est acquis si le groupe analysé n est pas formellement exclu du droit à un instrument (voir section 2.3.2). L utilisation d un instrument est acquise, si les personnes dans les groupes analysés utilisent réellement l instrument (voir aussi section 2.3.2). 51

Modèle 8 : Liste de vérification pour l identification de la disponibilité, de l accès et de l utilisation des instruments formels privés de gestion du risque par stratégies de gestion du risque et groupes socio-économiques Instruments formels privés de gestion du risque disponible? Réduction du risque Oui Non Oui Non Oui Non Formation interne Connaissance du marché financier Normes de travail basées sur l entreprise et le marché Autre : Atténuation du risque Oui Non Oui Non Oui Non Investissement en actifs financiers Micro finance Pensions de vieillesse Assurance invalidité Assurance accident Assurance vie Assurance vieillesse Assurance des récoltes Autre : Réaction au risque Oui Non Oui Non Oui Non Groupes socio -économiques* pauvres / non-pauvres hommes/femmes urbains / ruraux Autre : par ex., groupes ethniques Accès?** Utilis ation Accès? Utilisation? Accès? Utilisation? Accès? Utilisation?? Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Vente d actifs financiers Emprunts auprès des banques Autre : * La sélection des groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir note au Modèle 1). ** L accès à un instrument est acquis si le groupe analysé n est pas formellement exclu du droit à un instrument (voir section 2.3.2). L utilisation d un instrument est acquise, si les personnes dans les groupes analysés utilisent réellement l instrument (voir aussi section 2.3.2). Oui Oui Oui Non Non Non 52

Modèle 9 : Liste de vérification pour l identification de la disponibilité, de l accès et de l utilisation des instruments publics de gestion du risque par stratégies de gestion du risque et groupes socio-économiques Instruments formels publics de gestion du risque Groupes socio-économiques* pauvres / non-pauvres hommes / femmes urbains / ruraux Autres : par ex., groupes ethniques disponible? Accès?* Utilisation? Accès? Utilisation? Accès? Utilisation? Accès? Utilisation? Réduction du risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Bonnes politiques macroéconomiques Formation préalable Politiques du marché du travail Normes de travail Réduction du travail des enfants Politiques d invalidité Prévention du SIDA & autres maladies Autres : Atténuation du risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Systèmes de retraite Transferts d actifs Protection des droits de propriété Soutien des marchés financiers Assurance chômage Assurance vieillesse Assurance invalidité Assurance veuvage Assurance maladie Autres : Réaction au risque Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Oui Non Aide aux victimes de catastrophes Transferts/ assistance sociale Subventions Travaux publics Autres : * L accès à un instrument est acquis si le groupe analysé n est pas formellement exclu du droit à un instrument (voir section 2.3.2). ** La sélection de groupes socio-économiques est spécifique au pays (voir note au Modèle 1). 53

ANNEXE 2 : Exemples de pays ANNEXE 2a : Un exemple d exercice d évaluation de risque : Les facteurs de risque au Togo Facteurs naturels Facteurs sociaux Santé (maladie, vieillesse, handicap) Education/Information (analphabétisme, faible éducation, isolation) Capital social (taux de dépendance élevé, inégalité intra -ménage, rupture du ménage) Facteurs politiques et économiques Revenu (travail peu rétribué, chômage, salaires irréguliers, pas d accès au crédit) Inégalité inter-ménage (dans l accès à la terre, les droits et les devoirs liés au standing social) Discrimination des sexes (inégalité d accès aux actifs productifs) Source : tiré de Bendokat et Tovo, 1999:6. Niveau individuel et du ménage Niveau de la communauté Niveau national Productivité agricole (érosion des Productivité agricole (dégradation Services sectoriels fondamentaux sols, faible fertilité) de l environnement, catastrophes (catastrophes naturelles, Santé (sanitaire médiocre, naturelles) ressources naturelles limitées) exposition à la fumée) Santé (habitat insalubre, eau non Pression démographique potable Epidémies (SIDA) Capital humain (accès limité aux services sociaux (santé, éducation, planning familial) Capital social (discrimination, pratiques traditionnelles nocives) Revenu (accès limité à la terre, à l infrastructure économique, et aux opportunités d emploi) Isolation, éloignement Système de production inefficient Capital humain (politiques sectorielles et programmes insuffisants et inefficaces) Inégalité (discrimination, allocation budgétaire inéquitable et inadéquate) Actifs et revenus (terre, infrastructure économique et possibilités d emploi limitées) Inégalités structurelles (marché peu intégré pour les produits alimentaires, infrastructure rurale médiocre) Gouvernance (problèmes fiscaux, occupation des terres, clientélisme, corruption) Bendokat et Tovo (1999) ont tenté d identifier les risques auxquels les Togolais sont exposés. Ils reconnaissent que les distinctions entre les catégories de risques (naturels, sociaux, économiques et politiques) et la corrélation des chocs (individuels et du ménage, de la communauté et des nations) ne sont pas toujours précises. Dans ce tableau, les chocs sont nommés entre parenthèses. Par exemple, une faible productivité agricole et une santé médiocre sont des résultats des risques d érosion des sols, d une faible fertilité, d un système sanitaire médiocre et de l exposition à la fumée.

ANNEXE 2b : Un exemple d exercice d évaluation de gestion du risque : dispositifs pour la gestion du risque au Togo DISPOSITIFS Informels/ endogènes* Informels/ exogènes* Formels/ privés Formels/ publics Prévention Atténuation Gestion d investissements Assurance Couverture Réaction Renforcer le capital humain (écoles/enseignants payés par la communauté) Renforcer/protéger les revenus (mesures antiérosion, migration) Occultes/ rites traditionnels / cérémonies traditionnelles Diversifier (récoltes, emplois) Investire (actifs humains, matériels et immobiliers) Réciprocité (mutuelles, tontines, associations professionnelles) Renforcer le capital social (mariage, groupes tradit., cérémonies, prat. tradit..) Parrainage d enfant Famille élargie Diminuer le capital humain (réduire les repas, retirer les enfants de l école) Diminuer le capital économique (emprunt, vente) Diminuer le capital social (travail des enfants, emprunt, plaide) Source : tiré de Bendokat et Tovo, 1999:15 Renforcer le capital humain (apprentissage) Mise en commun des risques (banques de céréales, banques de village) Banquiers itinérants Diminuer le capital social (commerce des enfants) Diminuer le capital économique (emprunts à des usuriers) Charité Investire dans des actifs financiers multiples Contracter une assurance privée Diminuer le capital économique (emprunt aux banques et au FMI) Programmes d ONG Renforcer/protéger le capital humain (éducation, santé, vét., extension agricole, fonds sociaux régionaux) Réguler contre les accidents & l inégalité (code de la route, code de la construction, régul. environ.,m. pol. du travail) Assurer les services et l infrastructure (vaccination, barrages) Assurer la sécurité sociale (CNSS et CRT) Protéger le capital économique (AGETUR, fonds sociaux régionaux, aide d urgence) Protéger le capital humain (aide alimentaire, aide d urgence) *Les dispositifs endogènes sont organisés par les bénéficiaires potentiels, les dispositifs exogènes sont organisés par des agents qui en général n appartiennent pas à la communauté. 55

Groupe d âge ANNEXE 2c : Un exemple d exercice d évaluation du risque et de gestion du risque : la République Dominicaine Risques par groupe d âge, principaux indicateurs de risques avec leurs valeurs actuelles, pauvres non couverts et mesure possible pour gérer les risques Principaux risques Principaux indicateurs de risques sélect. 0-4 ans Croissance ralentie - Malnutrition - Couverture préscolaire 5 ans Croissance ralentie - Couverture préprimaire 6-13 ans Faible développement du capital humain 14-17 ans Faible développement du capital humain Chômage, bas salaires 18-24 ans Faible développement du capital humain Valeur de l indicateur (1998) Les 10% les plus pauvres --- 4.0 Les 30% les plus pauvres 11.0 6.1 Nombre des 10% et 30% les plus pauvres non couverts, 1998 Les 10% les plus pauvres --- 140 000 (67% ruraux) 36.5 41.1 17 000 (65% ruraux) - Inscriptions brutes 65.7 73.6 70 000 (63% ruraux) Les 30% les plus pauvres --- 350 000 (65% ruraux) 43 000 (6% ruraux) 162 000 (56% ruraux) Combler l écart par des mesures de : Prévention du risque - Réduire la pauvreté - Couverture accrue des programmes de ECD - Réduire la pauvreté - Couv. accrue des programmes de ECD - Couverture accrue de l éducation primaire & secondaire - Redoublement --- 5.7 --- --- - Entrée tardive --- --- --- --- - Réduire l entrée tardive, le redoublement, élever la qualité - Inscriptions brutes 59.9 66.8 27 000 (63% ruraux) 70 000 (56% ruraux) - Accroître les inscriptions dans l ens. secondaire - Redoublement --- 5.7 --- --- - Entrée tardive --- --- --- --- - Réduire l entrée tardive, le redoublement, élever la qualité - Chômage des jeunes 53.6* 49.0* 11 800 (55% urbains) - Inscriptions brutes 12.0 20.3 76 000 (70% ruraux) Réaction au risque - Soins aux mal nourris - Soins aux mal nourris - Bourses - Aide financière liée à la fréquentation scol. - Education spécialisée - Bourses - Aide financière 35 000 - Emploi (54% urbains) 212 000 - Accroître les inscriptions - Bourses (57% ruraux) dans l ens. secondaire, et réduire les taux élevés d abandon scolaire - Education spécialisée - Aide financière liée à la fréquentation scol et/ou activ. formation Groupe d âge Principaux risques Principaux indicateurs de risques sélect. Valeur de l indicateur (1998) Nombre des 10% et 30% les plus pauvres non couverts, 1998 Combler l écart par des mesures de : Les plus Les plus pauvres Les plus Les plus Prévention du risque Réaction au risque 56

Groupe d âge Principaux risques - Inactivité (violence, usage de drogues, etc.) Principaux indicateurs de risques sélect. Valeur de l indicateur (1998) pauvres 10% 30% pauvres Nombre des 10% et 30% les plus pauvres non couverts, 1998 pauvres 10% 30% Combler l écart par des mesures de : - Inactivité --- --- --- --- - Emploi - Education spécialisée - Programmes pour la jeunesse 25-64 ans - Faibles revenus - Chômage 21.5 16.0 31 000 (59% urbains) Plus de 65 ans Population générale - Maladies chroniques - Santé - Soins médicaux médiocres - Logement - Mauvaises conditions de logement - Services de base - Manque d infrastructure de - Catastrophes base naturelles - Revenus inférieurs au seuil de pauvreté (sous-emploi) - Couverture assurance maladie 81 500 (63% urbains) - Croissance de la main d œuvre --- --- --- --- - Flexibilité du marché du travail --- 4.0** 50 000 135 000 - Accroître la couverture de l assurance maladie - Faibles revenus - Système de retraite --- 2.3** 50 000 135 000 - Accroître la couverture du système de retraite - Haute fréquence d ouragans et d inondations - Couverture assurance maladie - Manque de logements - Eau courante à l'intérieur - Sanitaire à l intérieur - Dommages causés par les ouragans, les inondations, etc. - Aide financière - Education spécialisée - Formation ciblée/aide à la recherche d emploi - Accroître la couverture de santé pour les personnes âgées - Accroître la couverture des retraites sans cotisations 3.0** 4.5*** 800 000 2 350 000 - Assurance maladie - Soins médicaux publics --- 23.0 15.0 --- --- 30.0 22.0 170 000 logements affectés par l ouragan Georges --- 630 000 700 000 --- --- 1 700 000 1 900 000 320 000 (berges de la rivière Ozama) - Favoriser l'épargne et les prêts hypothécaires - Investissement pour l eau - Investissement dans le sanitaire - Relogement des familles dans des endroits sûrs - Amélioration du logement - Subventions de logement - Relogement des familles - Propriété de la terre - Subventions pour le raccordement à l eau & l assainissement pour les plus pauvres - Fourniture d un abri temporaire - Nourriture / médicaments *Personnes jeunes cherchant activement un travail, plus personnes jeunes qui n ont pas trouvé de travail et n ont pas continué à en chercher ou attendaient le résultat de leur recherche d emploi. Source : Banque mondiale (2000b) 57

ANNEXE 3 : Travaux actuels et en cours sur les Evaluations de risque et de vulnérabilité à la Banque mondiale 30 Comme le définit le Rapport sur le développement mondial (WDR) 2000, l absence de pauvreté est obtenue lorsque les ménages disposent d actifs de consommation suffisants aussi bien dans le présent que dans le futur. En pratique, la plupart des Evaluations de pauvreté (PA) donnent une réponse satisfaisante à la première de ces deux conditions et tendent à ignorer la seconde. Une Evaluation de risque et de vulnérabilité (R&VA) est un produit analytique complémentaire qui renforce l analyse de pauvreté statique, en adoptant une perspective à priori sur le bien-être des ménages basée sur la notion de vulnérabilité, et en analysant les sources de vulnérabilité des ménages, comme l effet combiné de : (a) l exposition aux risques, et de (b) la capacité à gérer ces risques. L incapacité à gérer ces risques et ces chocs est probablement due à des actifs et des instruments de gestion du risque social (RMI) inadéquats, y compris les mécanismes de protection sociale. 31 Comme tels, les R&VA rendent opérationnel le cadre de Gestion du risque social (SRM) en : (a) reconnaissant explicitement la multiplicité des stratégies pour gérer les risques sociaux (comme la réduction de risque, l atténuation et la réaction au risque); (b) soulignant la possibilité de substitution, la complémentarité et les synergies des différentes stratégies de gestion du risque ; et (c) soutenant la multiplicité des dispositifs qui sont mis en œuvre pour mieux gérer les risques sociaux (au niveau des ménages, de la communauté, du marché ou au niveau public). En fait, il y a déjà un certain nombre de travaux menés à la Banque mondiale et désignés comme évaluations de risque et/ou de vulnérabilité (une liste d études et de rapports se trouve à la fin de cette annexe). Cependant, jusqu à aujourd hui, il n existe pas de définition standard de la mesure de la vulnérabilité. Etant donné la forte demande immédiate pour la mise en œuvre de R&VA, ces notes d orientation a été conçu pour fournir quelques directions générales dans ces tentatives. Ce guide identifie les sources de vulnérabilité, et propose un processus pour hiérarchiser les interventions publiques pour les traiter. Le guide de R&VA procède selon trois étapes qui sont liées, en analysant : (a) le choc le plus sévère et dominant qui entraîne des pertes de bien-être ; (b) les groupes sociodémographiques présentant le risque de pauvreté le plus élevé, à cause du manque de disponibilité ou d accès aux instruments de gestion du risque ; (c) l écart dans l offre de RMI, et l identification des instruments pouvant le mieux être utilisés pour combler cet écart, y compris ici la protection sociale (SP). 30 Cette annexe a été rédigé par Emil D. Tesliuc, Unité de Protection Sociale, 21 mai 2002. Contact : etesliuc@worldbank.org. 31 Le concept de vulnérabilité utilisé dans les R&VA découle de la notion que certains groupes sociaux sont plus vulnérables aux chocs qui menacent leurs moyens d existence et /ou leur survie. D autres groupes sont si vulnérables qu ils vivent dans un état chronique d appauvrissement dans lequel leurs moyens d existence demeurent dans un état de risque permanent. La SRM implique des politiques visant à réduire l impact des risques clés et à rompre les cycles inter-générationnels de pauvreté et de vulnérabilité. 58

De par leur conception, ces notes d orientation est un produit peu exigeant en matière de données. Il est possible de mettre en œuvre une telle R&VA en exploitant les informations qui sont en général générées par une PA, une PA Participative (PPA) ou un Rapport de dépenses publiques (PER). Une telle évaluation est un exercice utile pour déterminer les priorités de politique. Ainsi définie, la R&VA est un produit flexible qui peut être développé (a) comme une partie/un thème d une PA, pour introduire une vision dynamique sur la pauvreté (par exemple le chapitre sur la vulnérabilité dans la PA du Guatemala); ou (b) comme une ESW indépendante (par exemple l évaluation de risques et de vulnérabilités au Kenya). Les résultats des R&VA peuvent aussi guider l allocation intersectorielle des dépenses publiques dans un Rapport de dépenses du secteur social ou PER, les DSRP et les CAS. Pour l année fiscale 2003, l Unité de Protection Sociale prévoit de se tourner vers des évaluations plus formelles de risque et de vulnérabilité, dans le but de fournir aux équipes opérationnelles un ensemble d outils pour la mise en œuvre de ces notions. Dans l idéal, la mise en œuvre d une R&VA exige des données de panel, et des informations sur (a) les risques et les chocs qui affectent les ménages, et sur (b) la capacité des ménages à supporter ces chocs. De telles données ne sont en général pas disponibles, particulièrement dans les pays en voie de développement. 32 Cependant, des informations explicites sur les risques et les chocs sont essentielles pour comprendre les sources de vulnérabilité. L Unité de Protection Sociale a prévu, durant l année fiscale 2003, de travailler avec d autres unités concernées au sein de la Banque mondiale (le groupe d Etude de Mesure des Niveaux de Vie (LSMS), et des équipes régionales d élaboration de capacité statistique, de recherche et universitaires, afin de développer : (a) un inventaire des informations sur les risques et les chocs qui peuvent être tirées d une LSMS habituelle ; (b) un inventaire des questions de politique liées à la vulnérabilité qui peuvent être étudiées avec les informations disponibles ; (c) un module de modèles sur les risques, les chocs et les réponses des ménages aux chocs pour des enquêtes sur les ménages à thèmes multiples ; (d) un inventaire des sources secondaires d information sur les risques, les chocs et les réponses des ménages aux chocs pouvant être fusionnées avec des enquêtes sur les ménages à thèmes multiples pour étudier la vulnérabilité. Dans les pays qui ne collectent pas de données de panel, mais qui disposent d une série d enquêtes transversales, une analyse de vulnérabilité peut être réalisée en exploitant la structure pseudo-panel des données, par une analyse de cohorte. Les enquêtes qui suivent dans le temps différents ménages appartenant aux mêmes segments sont les meilleures pour 32 Les rares exceptions d ensembles de données ayant enregistré des informations sur les risques et les chocs sont: (a) un panel en Ethiopie (1994/5), et (b) l Initiative pour les enquêtes sur les ménages portant sur la Mesure des conditions de vie en Amérique Latine et Caraïbe (MECOVI) pour plusieurs pays d Amérique Latine (Argentine, Bolivie, Le Salvador, Guatemala, Nicaragua, Paraguay, Pérou), qui comprend une enquête transversale avec un module de questions rétrospectives sur les risques et les chocs. 59

analyser la vulnérabilité au niveau de la communauté selon de telles techniques. Les résultats sont particulièrement pertinents pour les interventions menées par la communauté, mises en œuvre par le biais de fonds sociaux ou par des approches de proximité (Community-Driven Development, CDD). Des approches ont été élaborées pour évaluer la vulnérabilité avec des données transversales. C est la solution qui arrive en troisième position. L approche compense la nécessité de meilleures données par des hypothèses plus fortes quant au processus qui engendre la vulnérabilité. L hypothèse sans doute la plus importante et la plus forte pour l identification est que la variance transversale peut être utilisée pour évaluer la variance inter-temporelle. Il est très probable que la variance transversale pourra expliquer une partie de la variance inter-temporelle, celle qui est due aux chocs particuliers ou spécifiques à un segment. Cependant, l impact des chocs inter-temporels ou globaux (invariants selon les ménages mais variants dans le temps) ne sera pas appréhendé par de tels modèles. En d autres termes, le modèle produira probablement de bonnes évaluations de vulnérabilité pour les situations où les distributions des risques, et les instruments de gestion du risque, sont similaires d une période à l autre. Une autre approche de R&VA est l utilisation de données qualitatives. Un rapport récent : «Evaluation participative des niveaux de vie en Mongolie» (Banque mondiale, 2001c) a utilisé des méthodes participatives pour obtenir des informations sur les sources de risque, d insécurité et de vulnérabilité, ainsi que sur les stratégies pour réagir au risque. Les approches participatives pour mettre à jour ce que les gens considèrent comme étant leurs plus grands risques peuvent enrichir et compléter les analyses quantitatives. Jusqu ici, les applications de politique de la mesure de la vulnérabilité dérivées des approches quantitatives sont comparativement limitées. Les exemples sont encore isolés dans la littérature émergente, et le manque d information ou des données limitées ont entravé leur application de façon normalisée dans la recherche de politique. La systématisation et la standardisation de l expérience accumulée pourront contribuer à une application plus approfondie de ces approches. De plus, les études micro économétriques de la vulnérabilité dépendent fortement des données disponibles tant pour leurs analyses que pour leurs recommandations de politique. L intégration des données d enquête aux informations issues de sources secondaires (à savoir le recensement, les informations GIS sur les précipitations, la végétation, l incidence ou la prédominance de maladies particulières) peut assouplir cette contrainte. L Unité de Protection Sociale prévoit pour l année fiscale 2003, avec l aide de chercheurs et d universitaires, de développer des modèles pour des évaluations micro économétriques de risque et de vulnérabilité, en mettant l accent sur l augmentation de leur pertinence en vue de la formulation de politique. Jusqu ici, la plupart des études de vulnérabilité ont analysé la vulnérabilité par rapport à la pauvreté de consommation. Cependant, ceci ne devrait pas forcément être le cas. Les mêmes techniques peuvent être utilisées pour analyser la vulnérabilité par rapport à d autres dimensions du bien-être, telles que la malnutrition, la santé, l éducation, l accès à un logement correct ou aux services de base. Dans un proche avenir, le travail sur l élaboration de notes d orientation ou d outils pour la mise en œuvre des R&VA examinera les 60

vulnérabilités dans la santé, l éducation ou d autres dimensions de bien-être. La richesse de l analyse de la vulnérabilité peut être encore renforcée en fusionnant les approches quantitative et qualitative (par exemple pour la Colombie, 2002 et le Guatemala, 2002). Durant l année fiscale 2003, l Unité de Protection Sociale continuera à soutenir le développement conceptuel et analytique de la notion de vulnérabilité, en collaboration avec des chercheurs et des universitaires ainsi que d autres bailleurs de fonds et partenaires bilatéraux (par exemple, elle parrainera des conférences, des séminaires, et autres manifestations pour l apprentissage et le partage de connaissances qui offrent un forum pour débattre sur ce sujet). L attention sera centrée sur : (a) les façons d accroître la pertinence de politique des R&VA, (b) l élaboration de modèles pour l identification des risques et des réponses au risque dans les enquêtes, (c) l identification des informations sur les chocs issues de sources secondaires qui peuvent être intégrées aux informations des enquêtes sur les ménages pour étudier la vulnérabilité et (d) la production d un ensemble d outils micro économétriques pour l évaluation de la vulnérabilité avec les données sur les ménages. En mars 2003, l Unité lancera un nouveau cours de SRM, dans lequel l un des thèmes proposés portera sur la mise en œuvre des R&VA. Pour l année fiscale 2003, il y a d autres activités prévues, telles que le développement : (a) d une base de données en ligne sur les R&VA, (b) d une liste de consultants ; et (c) d une série de documents (une série de manuels élémentaires sur la SRM). Liste de R&VA dans le travail de la Banque mondiale Région Pays Type TTL Méthodes Données Approche Statut quantitatives Pays Argentine SSNA/RVA Hall/Arriagada Quant Sources Cycle de vie C latinoaméricains secondaires Argentine RVA/Travail Maloney/Cunnigham Quant Panel Cs Volatilité C Colombie SSNA/RVA Rawlings Qual- Enquête Cycle de vie C Quant rapide République RVA/SSNA Castaneda/Victoria Quant LSMS Cycle de vie C Dominicaine Salvador RVA/SSNA Ribe/Gillespie Quant LSMS Cycle de vie Guatemala PA/RVA Lindert/Tesliuc Qual- LSMS Prob C Quant (pauvre), Cycle de vie, Impact Honduras RVA/SSNA Warren Quant LSMS Cycle de vie P Jamaïque RVA/SSNA Blank/Minowa Quant Sources Cycle de vie C secondaires Jamaïque RVA/SSNA Blank Quant Sources Cycle de vie C secondaires Mexique SSNA/RVA Hall/Arriagada Quant Sources Cycle de vie C secondaires Mexique RVA/Travail Maloney/Cunnigham Quant Panel CS Volatilité C Mexique RVA Skoufias/IFPRI Quant Panel CS Volatilité Etude RVA/SSNA Ribe Quant Enquête P régionale rapide Uruguay RVA/SSNA Murrugarra Quant LSMS Cycle de vie C 61

Afrique ECA Burkina RVA/SSNA Rosenberg Qual- LSMS Prob(pauvre) P Faso Quant Ethiopie RVA/SSNA Poupart/Dabalen Quant Analyse de CS Volatilité P cohorte Kenya RVA Christiaensen/Subbarao Quant Analyse de Prob(pauvre) C cohorte Mali RVA Christiaensen/Boisvert/Hoddinot Quant Panel Prob(pauvre) C Mali RVA Harrower/Hoddinot Quant Panel Cs Volatilité C Nigeria RVA Quant LSMS CS Volatilité P 8 nouvelles RVA en FY2003 République PA/RVA Shaban/Tesliuc Qual- Panel Cs Volatilité P Kirghize Quant Etude RVA Rashid Qual- Sources P régionale Quant secondaires Russie RVA Skoufias/IFPRI Quant Panel Cs Volatilité C Turquie RVA Braithwaite Qual- Transversales Cs Volatilité P Quant 2 nouvelles RVA pour 2003 (Kazakhstan et Russie) Asie Bangladesh RVA Quisumbing/IFPRI Quant Panel Cs Volatilité C Chine RVA Chaudhuri/Jalan Quant Panel Prob(pauvre) C Indonésie RVA Chaudhuri/Jalan/Suryahadi Quant Transversales Prob(pauvre) C Indonésie RVA Pritchett/Suryahadi/Sumarto Quant Panel Prob(pauvre) C Corée RVA Goh/Kang/Sawada Quant Panel Prob(pauvre) C Pakistan RVA Healy/Mansury Quant Analyse de Prob(pauvre) P cohorte Philippines RVA Chaudhuri/Datt Quant Transversales Prob(pauvre) P Philippines RVA Datt/Hoogeven Quant Transversales Impact P chocs Thaïlande RVA Bidani/Richter Quant Transversales Prob(pauvre) C volume par RVA Chaudhuri et al. Quant Prob(pauvre) P Shubham Notes : RVA/SSNA pour Evaluation RVA/Evaluation Filet de protection sociale ; C = achevé ; P = en cours. Notes explicatives : 1. Prob(pauvre) : vulnérabilité considérée comme une forte probabilité de devenir pauvre ou plus pauvre dans l avenir. 2. Cs Volatilité : vulnérabilité considérée comme la capacité des ménages à lisser leur consommation lorsqu ils sont confrontés à la volatilité de leur flux de revenus. Dans cette approche, la vulnérabilité est corrélée à la volatilité de la consommation. 62

3. Cycle de vie : basé sur une large définition de la vulnérabilité basée sur les résultats de différents groupes socio-économiques. Par exemple, les niveaux de revenus, le statut nutritionnel, le sexe servent de références pour identifier les groupes à risque et les groupes vulnérables. 63