Différentes méthodologies d analyse des ESR

Documents pareils
Formation analyse des accidents du travail avec l arbre des causes

2. Présentation d une intervention dans l une des entreprises

1. Présentation de l échelle de maturité de la gestion des risques

Méthodologie de mesure d impact de la co-création

Phase 2 : Mettre en œuvre. Gestion des projets. Gestion documentaire. Gestion du changement. R Collomp - D Qualité D 2 Ges4on documentaire

Partage des coûts vs gratuité

Robert Guichet. Conférence DERBI Juin 2008

Samuel Bassetto 04/2010

Introduction NOTE D ETONNEMENT CONSEIL DES TEMOINS FABRIQUE CITOYENNE JANVIER 2015

LES OUTILS DU TRAVAIL COLLABORATIF

RAPPORT DU CONSEIL D ADMINISTRATION A L ASSEMBLEE GENERALE

Partie II - Comptabilité de gestion - compléments Chapitre 08 - Gestion de la qualité et coûts cachés

Méthodologies de développement de logiciels de gestion

ANALYSE DES RISQUES PROJET IN2P3. Les deux infinis. G.CLAVERIE: Ecole Projet IN2P3 Fréjus 22 au 24 novembre 2012

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)

MEGA ITSM Accelerator. Guide de démarrage

Le CONTRAT TRIANGULAIRE en coaching Le contrat tripartite Fanita English, et la Négociation des Contrats Prescrits'

REFERENTIEL DU CQPM. TITRE DU CQPM : Electricien maintenancier process 1 OBJECTIF PROFESSIONNEL DU CQPM

Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA)

PLATEFORME MÉTIER DÉDIÉE À LA PERFORMANCE DES INSTALLATIONS DE PRODUCTION

Commerce International. à référentiel commun européen

TMS : quelles compétences pour quelle démarche de prévention?

BURN OUT DES PROFESSIONNELS DE SANTE. Et Hygiène? Dr JC Perréand-Centre Hospitalier Valence

Structure du cours : Il existe de nombreuses méthodes intéressantes qui couvrent l Analyse des Données

Bio-Rad Laboratories CONTRÔLE DE QUALITÉ. Le logiciel de Bio-Rad pour une gestion experte du contrôle de qualité

NOTRE OFFRE GLOBALE STAGES INTER-ENTREPRISES

Principe et règles d audit

Relatif aux règles comptables applicables au Fonds de réserve des retraites

Spip 2. Premiers pas pour créer son site web. Anne-Laure Quatravaux Dominique Quatravaux. Avec la contribution de Sandrine Burriel

Sciences de Gestion Spécialité : SYSTÈMES D INFORMATION DE GESTION

Fonctions pour la Suisse

LES CRÉANCES ET LES DETTES

Les audits de l infrastructure des SI

Gestion active des bâtiments. Classification des niveaux d intégration de la sécurité

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Simulation en aviation

Convention nationale sur les modalités d application complémentaires dans le cadre de l introduction de la structure tarifaire SwissDRG

Les mécanismes de projet

Le concept de leadership

Introduction au LEAN. 17/02/2010 Page: 1

Elaboration participative des programmes communaux

ACCOMPAGNEMENT A LA CERTIFICATION ISO 9001 DE L AGENCE POUR LA RECHERCHE ET L INNOVATION EN CHAMPAGNE-ARDENNE - CARINNA

ALERT NOTICE D UTILISATION DU DRIVER PC-TEXTE

SYSTEME INFORMATIQUE DES DECHETS INDUSTRIELS ET DANGEREUX «SIDID «Sommaire

Master Audit Contrôle Finance d Entreprise en apprentissage. Organisation de la formation

MONCEAU FLEURS EMET UN EMPRUNT OBLIGATAIRE 8% PAR AN A TAUX FIXE - DUREE 5 ANS EMPRUNT OUVERT A TOUS

TERMES DE REFERENCE POUR LE RECRUTEMENT CONSULTANT POUR LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE DE MISE EN PLACE DU LMS

La prise en charge de votre artérite des membres inférieurs

Ces formations se font uniquement «Sur mesure» - Nous contacter. II - Techniques de vente «Avancées» - 6 ou 7 modules selon le concept vente

Les conséquences sanitaires de l accident de Fukushima Dai-ichi : point de situation en février 2012

3. Le pilotage par le cash

Journée COMPIL «Agilité et recherche»

Profil médico-économique de plerixafor en remobilisation dans le myélome multiple

Tout au long de l année

DECRET N fixant les attributions du Ministre de la Défense Nationale ainsi que l organisation générale de son Ministère.

Format de l avis d efficience

UNE EXPERIENCE, EN COURS PREPARATOIRE, POUR FAIRE ORGANISER DE L INFORMATION EN TABLEAU

On a souvent entendu que l information c est le pouvoir. En fait, c est le pouvoir d agir.

L ANALYSE COUT-EFFICACITE

Questionnaire de sondage: de la communication interne dans l organisation

Avancées dans le domaine des performances sociales en microfinance, et applications en Europe. Cécile Lapenu, Cerise

les outils du travail collaboratif

LOGICIEL DE GESTION DE DOCUMENTS PDF : PROJET INFO 1

Les risques professionnels en EHPAD Carsat-am, juin 2013

Séries Statistiques Simples

SOMMAIRE. Présentation assistée sur ordinateur. Collège F.Rabelais 1/10

Comment se servir de cet ouvrage? Chaque chapitre présente une étape de la méthodologie

La gestion des problèmes

La modernisation de la gestion publique au sein des EPSCP. Colloque des Agents Comptables. 05 juin 2015

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

Esri LOCATION ANALYTICS

RÈGLES DE CERTIFICATION D ENTREPRISE

FICHE N 8 Photodiversité, d une banque d images à un portail d activités en ligne Anne-Marie Michaud, académie de Versailles

Conseil économique et social. Document établi par le Bureau central de statistique d Israël

Métiers d études, recherche & développement dans l industrie

Le Lean Management appliqué aux services administratifs

Document de recherche n 1 (GP, EF)

Optimiser les performances du mouvement de monte de l Axe Z.

Mieux vivre avec votre asthme

LA METHODE DE L'ARBRE DES CAUSES

Maison ou un Pôle de santé

Comment détecter les risques psychosociaux en entreprise?

ANNEXE 5 PROJET TECHNIQUE SYSTEME TELE-BILLETTIQUE DE LMCU

Cloud Computing et SaaS

Efficacité des Modules Maintenance dans les ERP.

CONSTRUIRE UNE QUESTION ET ELABORER UN QUESTIONNAIRE?

MEGA ITSM Accelerator. Guide de Démarrage

L expérience de la Cour des comptes en matière d évaluation des projets publics. Rapporteur général à la Cour des comptes

Démarche de prévention des TMS et outils pour l action

La Qualité de Vie au Travail, Pourquoi aujourd hui? C est quoi? Pour faire quoi? Comment? Jeudi 5 février 2015 Rencontre Prévention - STSM

Organisation du «plus grand spectacle au monde» AxeLOS.com. The APM Group et The Stationery Office 2012

LA PROFESSIONNALISATION DU COACHING EN ENTREPRISE :

Macroéconomie. Monnaie et taux de change

Le pilotage et les outils du développement durable

Danielle D Amour, inf. Ph.D. IUFRS 24 février 2011

CIES : Coaching des Individus, des Équipes et des Structures

COMPETENCE DE NIVEAU N1

Comment parler de sa pratique pour la faire partager?

Groupe Monceau Fleurs

Transcription:

Différentes méthodologies d analyse des ESR Présentée par Sylvie THELLIER sylvie.thellier@irsn.fr Laurent Zylberman/Graphix-Images/IRSN

Généralités La notion d événements 1. Définition Constat d écart(s) à un référentiel : Mais, peu de référentiels en radiothérapie (plutôt des bonnes pratiques) ; Et, l écart peut être détecté des années plus tard (complications). Enchainement de défaillances dans le système : Des Processus (conception technique, formation, élaboration des procédures ) ; Des défaillances organisationnelles ; Des défaillances techniques ; Des actions inappropriées individuelles et collectives des intervenants. 2. Les enjeux d une analyse FOH des ESR Comprendre l échec du système dans le contexte particulier de l événement. Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 2/14

Généralités La notion d événements Enchainement de défaillances dans le système (modèle de James Reason) : Procédures et tâches Patient Ressources et compétences... Constitution équipes Absentéisme Pénurie Turn-over Formation Participation Homonymie Suivi Politique De sécurité des soins De gestion des compétences De mobilité des professionnels De communication institutionnelle De contrôle De validation De transmissions De suivi des patients Le contexte Pas d histogramme dose / volume? Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 3/14

Généralités La notion d activité humaine L activité humaine ne se réduit pas à une simple exécution des tâches prévues par l organisation Fiabilité : au quotidien, les opérateurs cherchent des solutions pour : Atteindre les objectifs ; S adapter en temps réel aux exigences de la situation, aux aléas et dysfonctionnements ; Compenser les vides de la réglementation et de l organisation ; Gérer la variabilité ; Compenser les difficultés individuelles et collectives ; Récupérer les erreurs Infiabilité : les opérateurs produisent des erreurs (écarts à une norme, décalage entre l intention et l action). Les actions deviennent inappropriées quand elles génèrent un événement, un défaut de qualité Les effets de l erreur dépendent des propriétés du système et du contexte dans lequel elle se produit (exemple du pot de fleurs). Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 4/14

Méthodes d analyse des ESR 6 méthodes (5+1) les plus utilisées Méthode des 5 pourquoi Diagramme d Ishikawa Méthode ALARM Arbre des causes Méthode ORION Méthode JDA Ces méthodes ont pour objectif de rechercher les causes profondes d un ESR / d une situation non nominale Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 5/15

La méthode des 5 Pourquoi (vulgarisée par l ingénieur industriel japonais Taiichi OHNO) Définition Avec 5 questions commençant par «pourquoi», on essaie de trouver la cause principale ayant provoqué la défaillance Variantes : Pourquoi le problème est apparu? Pourquoi le problème n a pas été Avantages détecté? Pourquoi le système a permis l apparition de ce problème? Représentation schématique Méthode simple dans sa mise en œuvre Inconvénients En général, méthode utilisée en complément d un diagramme causes à effets Analyse partielle du fait de l enchainement causal unique Pas de chronologie Exemple : Mes dépenses sont plus élevées que prévues (le problème) Pourquoi? - Je dois payer 10% d'impôts en plus. Pourquoi (dois-je payer 10% d'impôts en plus)? - Je n'ai pas rendu ma déclaration à temps. Pourquoi (...)? - Je n'avais pas toutes les informations nécessaires sur mon patrimoine. Pourquoi? - Je n'ai pas fait évaluer certains biens hérités par expert. Pourquoi? - Je n'ai pas trouvé d'expert à temps. (la cause première). Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 6/15

Le diagramme d Ishikawa Définition Cette méthode permet d analyser et de visualiser le rapport existant entre un problème (effet) et toutes ses causes possibles (Matière, méthode, matériel, milieu main d œuvre). Variantes : 6M, 7M ou 8M : Mesure, Management, Maintenance Avantages Orientation du questionnement et variation possible des familles Relation causes Effet et classement possible des causes Représentation graphique des causes Inconvénients Pas adapté pour : problème avec de nombreuses causes et problèmes en lien Pas de chronologie Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 7/15

La méthode ALARM Equipe de Charles Vincent (1998) Définition Méthode inspirée du modèle des plaques ou "de fromage suisse" de REASON Elle propose d analyser 6 facteurs (environnemental, travail en équipe, individuel, Avantages institutionnel, organisationnel, gestion des patients, tâches à effectuer) Guide pour retrouver les erreurs latentes de l organisation et de la gouvernance Orientation du questionnement Reconstitution de la chronologie des faits et traitement de la multi-causalité Inconvénients Pas de représentation graphique Pas de hiérarchie des facteurs Famille de facteurs Facteurs liés aux tâches Facteurs individuels Facteurs liés à l équipe Travail et environnement Facteurs liés à l organisation, l encadrement, l institution Actions à suivre plus compliquées (traitement erreurs latentes) Facteurs contributifs spécifiques / généraux Disponibilité du personnel, collisions de tâches dans une même unité de temps... Compétences individuelles, caractères et personnalités particulières... Climat de travail, communication, supervision, formation... Effectifs, charge de travail, maintenance, équipements... Contexte économique, contexte de gouvernance... Temps de travail, constitution des équipes, style de management... Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 8/15

L arbre des causes (INRS) Définition Schéma utilisé pour mieux identifier a posteriori tous les faits (technique, humain et organisationnel) ayant abouti à un évènement indésirable Recherche des liens de causalité explicites et/ou implicites Avantages Représentation schématique Reconstitution des faits et traitement de la multi-causalité Méthode accessible (quelques heures de formation) Inconvénients Pas de hiérarchie des facteurs Lecture difficile du schéma par ceux qui ne l ont pas élaboré Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 9/15

L arbre des causes Une chaine Une conjonction Une disjonction Procédure incomplète Référence à son expérience antérieure Manipulateur «simulation» inexpérimenté Procédure incomprise Procédure non utilisée Schéma est source de confusion Un antécédent et un fait Plusieurs antécédents et un fait Un antécédent et plusieurs faits Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 10/15

L arbre des causes Procédure incomplète Procédure incomprise Schéma est source de confusion Présentation schématique RT incomplète Transmissions peu claires ou insuffisantes Manque de traçabilité des transmissions Encadrement insuffisant à la prise du poste manipulateur Défaut de formation Procédure non utilisée Défaut de transmission entre RT et manip. Histogramme long et pas systématique Contourage des ganglions impossible A la 1 ere réunion technique commune Référence à son expérience antérieure Pratiques hétérogènes de ce protocole Non détection du risque lié à un manip. Non expérimenté A l approbation des clichés Manipulateur «simulation» inexpérimenté Autres manipulateurs inexpérimentés Pas d histogramme dose/volume Manipulateurs «Simulation» Radiothérapeute Des repères selon métiers Manque de traçabilité Défaut de réalisation des champs ( C4) Pas de contrôle des dosimétristes Défaut du contrôle simultané des clichés Procédure incomplète Défaillances des contrôles Non détection de l écart par les manip. traitement Surexposition de la moelle au niveau de C4 Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 11/15

La méthode ORION (Origine : aéronautique. Méthode utilisée par Air France Consulting) Les étapes de l analyse : 1 Collecter les données 2 Etablir la chronologie 3 Identifier les causes et les facteurs d influence Définition Méthode d analyse systémique Mise en évidence des facteurs contributifs et des facteurs influents dans quatre grandes familles : domaine technique, environnement du travail, organisation et procédures, facteurs humains Avantages Resituer l événement dans son contexte Analyse factuelle de la chronologie de l événement Identification des facteurs contributifs : dysfonctionnements du système, défaillances des barrières Inconvénients Accompagnement nécessaire des premières analyses Pas de représentation schématique 4 Proposer les actions à mettre en œuvre 5 Rédiger le rapport d analyse Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 12/15

Points communs de ces méthodes Démarche collective pour un outil : de dialogue entre tous les métiers de diagnostic partagé Des étapes obligées pour les différentes méthodes Recueil des faits Analyse des écarts entre l attendu et le réalisé Identification des causes profondes Proposition d actions d amélioration du système Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 13/15

Critiques communes de ces méthodes Une qualité et profondeur de l analyse qui dépendent : de la qualité du recueil des faits de l élaboration de leur chronologie Le temps de recueil et d analyse devra être défini en fonction des conséquences d un événement et non en fonction de la disponibilité du personnel Ne pas se contenter de la méthodologie la plus simple Le traitement des causes profondes est rarement intégré dans le plan d actions Lorsqu elles sont inscrites dans le plan d actions, elles sont rarement mises en œuvre Ces analyses ne mettent pas en évidence ce qui a marché : Détection de l événement Atténuation de la gravité des conséquences Défaillances de récupération (ciblés sur les défaillances latentes) Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 14/15

La méthode JDA (Jugement différentiel d acceptabilité des écarts) adelaide.nascimento@cnam.fr (2009) Les étapes de l analyse : 1 Participation de tous les métiers aux réunions-débats 2 Diffusion et discussion des arbitrages 3 Confrontation et jugement des pratiques 4 Analyse collective du travail réel 5 Définition d un espace de pratiques acceptables Définition Méthode de confrontation de pratiques pour définir un espace de pratiques acceptables vis-à-vis de la variabilité des situations Elle propose d analyser 3 facteurs (individuels, collectifs et organisationnels) Avantages Analyse à partir des situations non nominales plutôt que des ESR Permet d intégrer des pratiques informelles sécuritaires dans l organisation Inconvénients Pas de représentation graphique Méthode utilisée en complément des systèmes de signalement et de traitement des ESR Méthodologies d analyse des ESR Sylvie Thellier - 11 décembre 2012 15/15