L addiction au jeu: un problème médical? Atelier SSAM dans le cadre de la 74 e Assemblée annuelle de la SSMI Olivier Simon, Hédi Klila Centre du jeu excessif, Service psychiatrie communautaire, Département de psychiatrie-chuv, Lausanne Plan versus «maladie» De la santé publique aux thérapies Principales options d intervention individuelle Dimensions de l addiction Maladie Société «Produit» Individu : (Addicere, Addictus) notion d asservissement Dépendance: notion de sevrage et de tolérance Impulsion: notion de passage à l acte Compulsion: notion de lutte contre l angoisse ou la culpabilité Les 10 critères DSM du «Pathological gambling» Dépendance Impulsion Compulsion -Retourne jouer pour se refaire -Compte sur les autres financièrement -Mensonges -Perte contrôle -Csq. nég. proches, travail -Csq. nég. pénal -Sevrage -Tolérance -Préoccupation -Echapatoire 1
Maladie Symptômes, «Tableau» Temporalité, «Film» Signification personnelle Mécanismes Mécanismes Conditionnement opérant (Renforcements + et -) Facteurs cognitifs Impulsivité trait Neuromédiateurs et neuromodulateurs Vulnérabilité génétique De la santé publique au thérapies Non problématique Bénéfique Problématique aux jeux d argent~2%? avec besoins de soins perçu ~2% du ~2%?? Prévention primaire (mesures visant à empêcher l apparition de la problématique) Jeu pb Recreatifs Abstinents ~2% 9/10 8/10 7/10 6/10 5/10 critères Joueurs dits «problématiques» Générale (Promotion de la santé, information) Spécifique (groupes à risques) Réglementation et limitation de l offre Développement de modérateurs de jeu 2
Prévention secondaire (diagnostic pré-clinique) Question des instruments de dépistage Question des intervenants Socio-sanitaire Scolaire Judiciaire Politiques Industries Parents, pairs Prévention tertiaire (restauration de la fonction, réduction des conséquences) Help lines Thérapies et interventions cliniques Auto-support Stratégies d auto / hétéro-exclusion Principales options d intervention clinique Structures spécialisées Fondation Feodor (Valais) de la Ligue valaisanne contre les toxicomanies Association Rien ne va plus, à Genève, rattaché à Carrefour-prévention Centre du jeu excessif de l Hôpital universitaire de Lausanne Projets tous initialement financés par des projets de casinos avortés Précarité subordonnée à la création d une «coordination intercantonale» des fonds provenant de l industrie du jeu, sous l égide des Services de santé publique Traitements: aspects non spécifiques Evaluation multi-dimensionnelle Approches motivationnelles Thérapies brèves Stratégies substitutives Approches psychodynamiques / systémiques Conseils sociaux Conseils aux proches Traitements: médications adjuvantes Antidépresseurs SSRI Naltrexone Stabilisateurs d humeur (études de cas uniquement) Neuroleptiques atypiques (études de cas uniquement) Utilité des traitements combinés (études sur le matching pour d autres addictions) Shaffer & LaPlante, 2005 Grant et al., 2000; Kim et al, 2001; Hollander et al, 2002; Rugle, 2000; Laplante & Shaffer, 2005 3
Traitements: TCC (1) Traitements: TCC (2) Pierre Paul Jacques (10% par tour) Pierre Paul 160 140 120 100 80 60 40 1 5 9 13 17 21 25 29 33 37 41 45 49 53 57 140 120 100 80 60 40 20 0 1 5 9 13 17 21 25 29 33 37 41 45 49 53 57 Toneatto, 1999 Traitements: TCC (3) (1) les superstitions (2) les biais d attribution (croyance en la dimension d adresse là où il n y a que hasard) (3) biais de temporalité («la machine va payer tôt ou tard») (4) mémoire sélective (se souvient des gains, oubli les pertes) (5) corrélations illusoires («la dernière fois que j ai gagné, c était dans tel contexte»). Phénoménologie - Pensées obsédantes - Craving - Comportement «antidépresseur» Comorbidité Génétique Réponses thérapeutiques Chasing Compulsion Impulsion Dépendance - retourne au jeu pour se refaire - Conviction de gain crescendo à mesure des pertes enregistrées au cours du jeu - pas de comorbidité particulière, élément idiosyncrasique - Thérapie cognitive spécifique (Ladouceur) - Thérapies introspectives classiques - Troubles anxieux - Troubles dépressifs - Suicidalité - SSRI* - Lithium - Carbamazépine - Thérapie troubles anxieux, expositionrelaxation, hypnose - Passage à l acte - Perte de contrôle - Poursuite malgré conséquences - fréquence autres troubles du contrôle des impulsions - Naltrexone - Psychoéducation, techniques de gestion des émotions - Tentatives d arrêt - Tolérance - Sevrag e - Dimension très ego-syntonique - Co-addiction substances très élevée -Prédom inan-ce m asculine - Atcd ADHD - Gènes DRD2,MAOA et SLC6A4 - N altrexone - Modèle des 12 étapes - Prévention de rechute A RETENIR (1) Quelques implications pratiques Quelques conclusions Le jeu pathologique est un diagnostic médical à part entière, répondant à une problématique de santé de mieux en mieux reconnu Les dimensions symptomatiques appellent des réponses médicales différenciées Selon les cas, ces réponses peuvent être pour partie gérées en médecine de premier recours, cas échéant avec l appui de ressources plus spécialisées 4
A RETENIR (2) 3 à 6 x plus de joueurs pathologiques dans une salle d attente de médecine de premier recours qu en population générale A RETENIR (3) «Lie / Bet» Deux questions: (1) Avez-vous déjà menti à un proche au sujet de vos habitudes en matière de jeux d argent? (2) Avez-vous déjà misé plus et plus longtemps que prévu? Auquelles on peut ajouter*: (3) Avez-vous été agacé par les remarques de vos proches à ce sujet? Pasternak, Fleming, 1999 * Question adaptée du CAGE Quelques ressources on-line www.jeu-excessif.ch www.riennevaplus.org www.romandieaddiction.ch www.ssam.ch http://gambling.psy.ulaval.ca www.divisiononaddictions.org 5