Le modèle psychanalytique Le modèle humaniste
«Le deuil est régulièrement la réaction à la perte d une personne aimée ou d une abstraction mise à sa place, la patrie, la liberté, un idéal etc. L action des mêmes événements provoque chez de nombreuses personnes, pour lesquelles nous soupçonnons de ce fait l existence d une prédisposition morbide, une mélancolie au lieu du deuil. Il est aussi remarquable qu il ne nous vient jamais à l idée de considérer le deuil comme un état pathologique et d en confier le traitement à un médecin, bien qu il s écarte sérieusement du comportement normal. Nous comptons bien qu il sera surmonté après un laps de temps et nous considérons qu il serait inopportun et même nuisible de le perturber.» Freud, 1917
Tout deuil représente un traumatisme psychique qui sidère les défenses habituelles de ceux qui y sont confrontés. Il s agit d une perte définitive qui entraîne un sentiment intense de manque (et non d une simple séparation qui permet de retrouver «l objet», en l occurrence, la personne perdue). Le «travail de deuil» représente un rééquilibrage progressif qui permet à chacun de se détacher de l objet perdu et de réinvestir de nouveaux «objets» dans la vie présente. Ce processus est lent (pas moins d une année en général) et représente un véritable travail psychique qui vise à sortir de la contradiction douloureuse provoquée par le décès.
Définition du deuil Le deuil, une expérience de perte Le deuil, une expérience de souffrance Le deuil, une occasion de changement, voire de croissance
Le deuil il recouvre plusieurs sens. Thomas (1988, p.92-93), mentionne : ( ) dans l expression être en deuil, il s agit de la situation, du statut de quelqu un qui vient de perdre un être cher. Dans faire son deuil, la formule désigne l ensemble des états affectifs que vit l endeuillé ; c est ce que les psychanalystes nomment le «travail de deuil» au cours duquel le sujet finit par passer progressivement de la dépression qui l accable pour retrouver le goût de vivre.
Il est important de comprendre que, pour qu il y ait deuil, il faut qu il y ait reconnaissance de la perte et que, de plus, l endeuillé est la personne la plus en mesure de saisir toute l importance de cette perte à la lumière de la signification subjective qu elle accorde à «l objet de la perte».
La perte d un être aimé ou toute autre perte importante engendre une souffrance considérable, souffrance ressentie ou non à laquelle la personne endeuillé ne peut se soustraire sans risque de séquelles importantes.
L héritage peut se définir comme l ultime étape du deuil où s effectue la récupération des projections de la personne aimée. C est en quelque sorte se réapproprier l amour, l énergie, les qualités, les talents qu on avait déposés dans l autre. L héritage, c est le véritable élément de croissance, il signe l actualisation du potentiel de la personne.
Autrement dit, vous devrez répondre aux questions suivantes : Que représente cette perte pour la personne? Quelle place l endeuillé laisse t il à l expression de la souffrance et sous quelles formes se manifeste t elle? Comment progresse chez l endeuillé le travail de deuil et comment assume t il les tâches qui y sont associées? Qu apprend-il de lui dans cette expérience et qu en retire-t-il?
Les trois stades du deuil Les premiers moments L étape centrale : l état dépressif La fin du deuil : la période de rétablissement
la sidération, l abattement, la stupéfaction, l engourdissement et le refus. Déni de la réalité des réactions physiques, cognitives et comportementale et émotives diverses :
Dépression, douleur et souffrance C est un travail de détachement progressif.
5 critères de récupération: Le retour de l aptitude et de l énergie pour la vie quotidienne, permettant de fonctionner dans le présent. le confort psychique, sans douleur et sans détresse. Il n y a plus de flashback, plus de souvenirs douloureux interférant avec les cognitions et les actions actuelles ; une aptitude à anticiper et faire l expérience des gratifications et de plaisirs. Les événements sont pour la plupart redevenus positifs et enrichissants ; les projections dans le futur sont faites de prévisions positives avec planification de projets. Une adaptation correcte des rôles sociaux
l impossibilité de donner un sens à la perte. l ambivalence empêchant l acceptation et le détachement, avec persistance de la culpabilité, du remords, de la confusion l estime de soi, si elle était mauvaise et dépendante de la figure d attachement un sentiment de responsabilité, d engagement, de devoir de protection à l endroit de cette figure d attachement, peut imposer le maintien d une loyauté persistante vis-à-vis du défunt. le deuil est une situation qui exige un effort d adaptation au changement
le deuil inhibé le deuil prolongé le deuil inachevé
Le facteur déclenchant est souvent un choc émotionnel (deuil, perte d'objet d'amour). Sentiment de culpabilité et de honte. Le sujet retire l investissement de l objet réel et opère une identification à l objet perdu
Aider le survivant à actualiser la perte. Aider le survivant à reconnaître ses émotions et à les exprimer Aider l endeuillé à vivre sans la personne décédée Donner le temps de vivre le deuil Interpréter les comportements normaux Procurer un soutien continu
je citerai ici Miron et Savard (1990) : «Il faut ici le redire. La mort, comme le soleil, peut brûler ceux qui la fréquentent de trop près, sans se protéger suffisamment Cauchemars, épuisement, stress, incapacité de faire face à la maladie, sentiment que la mort nous «colle à la peau», qu elle envahit nos vies, peur d être malade, peur de mourir, peur de perdre un enfant ou son conjoint, voilà quelques unes des réactions que peut provoquer une fréquentation assidue des personnes confrontées à la mort.»
Prêter attention à soi Boucler certaines boucles d expériences Clarifier ce que signifie aider une personne sur le point de mourir ou atteinte de maladie chronique Echanger avec ses collègues
Le travail auprès de personnes souffrantes et mourantes ainsi que de leur famille ne peut laisser indifférent. La perte engendrée par le décès d une personne en qui nous avons investi émotivement peut être perçue par certains comme une expérience menaçante qui invite à la fuite et au repli sur soi. Il en est de même pour la perte de certains idéaux reliée à nos échecs sur les plans personnel et professionnel. Lorsqu ils sont mal vécus, ces moments sont ponctués de stress intense, de souffrances, d impuissance et de frustration de toutes sortes. La dernière partie de ce cours peut aussi constituer des occasions de réflexion, de partage, et de croissance personnelle et professionnelle.
Parler de la mort, Francoise Dolto, Mercure de France Parents en deuil, Dr Daniel Oppenheim, érès. Deuils - vivre c'est perdre, Hachette literratures Les suicides d'adolescents, Dr André Haim, Payot Paris. Deuil et dépression. Mélanie Klein. Petite Bibliotheque Payot