La vaccination chez l enfant
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L A VACC I N AT I O N C H E Z L E N FA N T Les maladies infectieuses menacent l homme tout au long de son existence: enfant, adulte, senior, dans son cadre de vie usuel ou lors d un séjour à l étranger. Or, la vaccination est un moyen de se protéger contre bon nombre de virus et bactéries. De nouveaux vaccins apparaissent régulièrement, complétant ainsi au fur et à mesure la liste des maladies «évitables». Domaine médical en perpétuelle évolution, la vaccination suit un principe : les agents infectieux sont modifiés de manière à être inoffensifs, mais suffisamment reconnaissables par le système immunitaire (antigènes) pour que celui-ci développe des moyens de défense spécifique lorsque ces agents infectieux sont administrés. La maladie ne se déclare pas mais l'organisme produit les anticorps nécessaires. Ceux-ci restent présents dans le sang et, lors d un prochain contact, élimineront la bactérie ou le virus en question. L organisme est ainsi immunisé et la probabilité pour la personne vaccinée de développer la maladie est faible. La protection est très élevée mais pas infaillible à 100%, elle est également d une durée variable selon les vaccins (d où la nécessité de rappels pour plusieurs vaccins). Le nouveau-né possède à la naissance des anticorps qui lui ont été transmis par sa mère; cette protection diminue au cours des trois premiers mois et le bébé doit développer sa propre immunité. En tant que parents, cette brochure vous est destinée. Voyez donc pourquoi, contre quoi et à quel moment vacciner votre (vos) enfant (s)!
4 CALENDRIER VACCINAL DE BASE RECOMMANDE PAR LE CONSEIL SUPERIEUR D HYGIENE (2007)* 2 mois 3 mois 4 mois 12 mois 15 mois 5-7 ans 10-13 ans 14-16 ans Poliomyélite (IPV) X X X X X Diphtérie - Tétanos Coqueluche (DTPa) X X X X X(dT) (dt) Haemophilus influenza de type b (Hib) X X X X Hépatite B (VHB) X X X X (X) Ce calendrier vaccinal préconisé en fonction de l âge est celui qui offre une meilleure protection. Toute dose non administrée à l âge recommandé devrait l être lors de la prochaine visite médicale. Seule la vaccination contre la poliomyélite est obligatoire en Belgique. L ensemble des vaccinations recommandées pour la petite enfance devrait être effectué avant l entrée à l école. Les recommandations visent à vacciner gratuitement le plus grand nombre d enfants et d adolescents (âgés de 2 mois à 18 ans) contre une dizaine de maladies. Le programme de vaccination est appliqué par chacune des Communautés. Rougeole- Rubéole-Oreillons (RRO) X X Méningite C (MenC) X Pneumocoque (Pn7V) Rotavirus X X X X X (X) *calendrier actualisé chaque année par le CSH.
5 QUESTIONS-REPONSES SUR LA VACCINATION Comment pouvez-vous avoir accès aux vaccins? Afin que chaque enfant puisse être vacciné conformément aux recommandations, chaque parent reçoit durant le séjour à la maternité un feuillet de vaccinations coïncidant aux vaccins à donner jusqu à l âge de 18 mois. Ce feuillet, dans lequel sont apposées les étiquettes correspondantes aux vaccins, est intégré au «carnet de l enfant» distribué par l ONE. Pour les enfants de 5-6 ans et de 10-12 ans, les équipes de santé scolaire remettent les vignettes à votre (vos) enfant(s) au cours des examens médicaux imposés. Il n existe pas de vignette correspondante aux vaccins à administrer vers 14-15 ans. Qui peut vacciner votre (vos) enfant(s)? Le médecin généraliste, le pédiatre, les consultations des nourrissons de l O.N.E. et les équipes de santé scolaire (services de Promotion de la Santé à l Ecole et les Centres Psycho-Médico-Sociaux) peuvent vous renseigner et vacciner votre (vos) enfant(s). Au moment de la vaccination, remettez au «vaccinateur» de votre choix les vignettes ad hoc. Combien coûte la vaccination? Le programme de vaccination de la Communauté française met gratuitement un certain nombre de vaccins à la disposition des enfants. Le vaccin hexavalent Infanrix Hexa, contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l haemophilus influenza de type b, l hépatite B et la poliomyélite; le vaccin tétravalent Tetravac, contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite; le vaccin Hbvaxpro, contre l hépatite B; le vaccin Priorix, contre la rougeole, la rubéole, les oreillons; le vaccin Menjugate, contre le méningocoque C; le vaccin Tedivax pro adulto, contre la diphtérie et le tétanos; le vaccin Imovax, vaccin inactivé monovalent contre la poliomyélite (si vous ne souhaitez faire vacciner votre (vos) enfant(s) que contre la poliomyélite); le vaccin Pevenar contre le pneumocoque. Pour le vaccin Rotarix ou Rota Tec contre le rotavirus, un remboursement partiel est possible depuis le 1er novembre 2006.
6 Que penser des vaccins dits «combinés»? Ce type de vaccins permet d administrer, en une seule injection, les substances nécessaires à la protection contre plusieurs maladies. Le recours à ce type de vaccins à tendance à augmenter. Sans doute, parce que l appréhension des parents face à la vaccination diminue, d une part, et que le confort des enfants augmente (vu la diminution du nombre d injections), d autre part. Quels sont les effets secondaires? Quelles sont les contre-indications? A priori, il existe peu de véritables contre-indications à la vaccination : une hypersensibilité à un composant, une infection aigue sévère ou un déficit immunitaire. Ceci étant, l administration de vaccins peut parfois entraîner une rougeur, un gonflement ou une légère fièvre. Ces effets secondaires, bien qu anormaux, sont généralement sans conséquences. Si une réaction importante devait survenir, celle-ci indique probablement une contre-indication à poursuivre la vaccination. Parlez-en avec le médecin. Existe-t-il des vaccins spécifiques pour les voyages? Si votre enfant vous accompagne en vacances sous des cieux exotiques, renseignez-vous sur les vaccins conseillés auprès des autorités du pays visité, de l Institut de Médecine Tropicale ou du Travel Phone (0900/10 110) ou d une consultation spécialisée («Travel clinic»). Consultez également le Passeport Question Santé, ce petit guide d informations destiné aux voyageurs. PROGRAMME VACCINAL DE L ENFANT La notion de «maladie infantile» est toute relative. Historiquement, la rougeole, la rubéole et la varicelle sont considérées comme des maladies d enfant uniquement parce qu autrefois quasi tous les adultes avaient fait la maladie dans l enfance et étaient immunisés. En réalité, enfants et adultes non immunisés courent les mêmes risques de contracter la maladie et les adultes peuvent présenter des formes plus sévères. Les jeunes enfants sont particulièrement menacés par certaines bactéries contre lesquelles leur immunité est immature : méningocoque, pneumocoque et haemophilus influenzae. La stratégie vaccinale tient compte de tous les âges de la vie. Par exemple, le vaccin contre le virus responsable du cancer du col de l utérus sera sans doute proposé dans le calendrier vaccinal avant l adolescence, pour qu un maximum de jeunes femmes soient protégées au début de leur activité sexuelle.
7 POLIOMYELITE La «polio» est une infection virale de l intestin. Contagieuse, elle se transmet par contamination fécale des aliments et de l eau. Le patient souffre parfois, mais pas toujours, de fièvre, maux de tête, raideur de la nuque. La poliomyélite peut parfois atteindre le système nerveux central et mener à : un affaiblissement moteur progressif et une paralysie des membres; des difficultés respiratoires; une déformation des jambes; une méningite. Traitement Le traitement de la polio est symptomatique. Prévention et vaccination La seule mesure de prévention reconnue efficace est la vaccination : le vaccin est, à ce titre, le seul obligatoire en Belgique. Une bonne hygiène alimentaire (lavage des aliments, lavage des mains avant de passer à table) réduit le risque mais ne l élimine pas entièrement. L administration du vaccin polio inactivé (IPV) est proposée dès l âge de 2 mois. Soit en utilisant un vaccin combiné : le schéma comporte 3 doses, injectées à un mois d intervalle au cours de la première année (2 mois, 3 mois, 4 mois), et une dose de rappel entre l âge de 13 à 18 mois. Soit en utilisant un vaccin IPV seul : 3 doses suffisent, avec un intervalle de 8 semaines minimum entre les deux premières doses, la troisiè me est administrée entre l âge de 13 à 18 mois. Dans les deux cas, un rappel de vaccination est préconisé entre l âge de 5 à 7 ans. Un rappel tous les dix ans est conseillé aux personnes qui se rendent dans une région où la maladie sévit encore.
8 DIPHTERIE TETANOS - COQUELUCHE Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTPa) ont été combinées dans un vaccin hexavalent (contre six agents infectieux) dans lequel s associent aussi les vaccins contre la poliomyélite, l haemophilus influenzae et l hépatite B. Ces vaccins ont un effet limité dans le temps et, après 5 à 10 ans environ, la protection vaccinale diminue. La coqueluche est dangereuse pour les nourrissons. Des adolescents ou adultes qui ne sont plus protégés peuvent présenter une forme atténuée de la maladie et la transmettre, à leur insu, à un bébé. Pour ce motif, le vaccin est recommandé pour le personnel soignant en contact avec les jeunes enfants. La diphtérie et le tétanos peuvent survenir à tout âge. Raison pour laquelle, des rappels pour la diphtérie et le tétanos sont recommandés à l âge adulte. DIPHTERIE La diphtérie est une grave maladie bactérienne, d ailleurs l une des principales causes de mortalité infantile dans les années 30. Le bacille se multiplie au niveau du larynx (nez, gorge) et libère une substance toxique qui attaque ensuite la plupart des organes, dont le coeur et le système nerveux. Contagieuse, la diphtérie se transmet par la salive ou par contact avec les plaies ouvertes. Le patient souffre principalement de maux de gorge, fièvre, gonflement des glandes cervicales et difficultés respiratoires. La diphtérie peut mener à : une pneumonie; des troubles du système nerveux qui peuvent entraîner une paralysie musculaire; des troubles du coeur, voire un arrêt cardiaque. Traitement Le traitement est assuré par un sérum antidiphtérique pour neutraliser la bactérie et l administration d antibiotiques pour réduire la période de contagion. Prévention et vaccination La prévention est assurée par la vaccination. L administration du vaccin est proposée en quatre temps : à 2 mois, 3 mois, 4 mois et une dose de rappel entre l âge de 13 à 18 mois. Les enfants de 5-7 ans reçoivent un rappel du vaccin DTPa, ainsi qu un rappel diphtérie-tétanos vers l âge de 14 à 16 ans. Pour l adolescent et l adulte, la dose du vaccin anti-diphtérique est réduite de moitié par rapport à l enfant. Remarque : en cas de contact avec une personne touchée par la diphtérie, un rappel de vaccination peut s avérer nécessaire selon l état vaccinal, combiné à la prise d antibiotiques.
9 TETANOS Le tétanos est une grave maladie bactérienne. La bactérie responsable du tétanos, généralement présente dans le sol, peut pénétrer dans l organisme via une plaie, même minime, mal désinfectée. Elle n est pas contagieuse mais elle peut se transmettre de la mère à son bébé via le cordon ombilical. La toxine libérée par ladite bactérie peut ensuite attaquer le système nerveux, responsable du contrôle de l activité des muscles. La maladie se déclare par des contractions musculaires survenant d abord au niveau de la mâchoire puis de la nuque et du tronc. Elle provoque également fièvre et maux de tête. Le tétanos peut mener à : un blocage des articulations suite aux contractions intenses, permanentes au début puis survenant par à-coups; des difficultés respiratoires qui peuvent entraîner la mort par asphyxie. Traitement Le traitement est assuré par l injection d un sérum anti-tétanique pour neutraliser la toxine et l administration d antibiotiques pour réduire la présence des bactéries. Un traitement symptomatique est prescrit pour éviter les spasmes musculaires et les contractures. Prévention et vaccination La mesure de prévention reconnue efficace est la vaccination. Mais avant tout, le fait de nettoyer ou désinfecter minutieusement toute plaie ou blessure permet de réduire le risque de contamination. Soyez particulièrement vigilant aux morsures, échardes, plaies contaminées par de la terre ou des déjections animales. La vaccination est administrée dès l âge de 2 mois, selon le même schéma de vaccination contre la diphtérie. Dès l âge adulte, un rappel de vaccination est conseillé tous les 10 ans. Remarque : en l absence d une immunité suffisante, un rappel de vaccination peut être nécessaire en cas de blessure.
10 COQUELUCHE La coqueluche est une maladie infectieuse, d origine bactérienne. Elle est contagieuse et se transmet par la salive (toux, éternuement). La coqueluche touche le plus souvent les nouveaux-nés et les bébés. Au début, elle se présente comme un rhume (fièvre légère, nez qui coule) et se caractérise, après quelques jours, par des violentes quintes de toux, entraînant des apnées et accompagnée d une inspiration profonde et bruyante (d où le nom de la maladie par comparaison au «cri du coq»). La coqueluche peut mener à : des vomissements; une pneumonie; un manque d oxygène engendré par les quintes de toux qui rendent la respiration difficile. Chez le petit nourrisson, ce manque d oxygène peut entraîner des dommages cérébraux; des convulsions (relativement fréquentes chez les nourrissons). Traitement Comme traitement, des antibiotiques, des antitussifs et du repos sont prescrits. L hospitalisation peut s avérer nécessaire en cas de difficultés respiratoires, principalement chez les nourrissons. Prévention et vaccination La vaccination précoce (dès l âge de 2 mois) est la seule prévention efficace. Elle est administrée selon le même schéma de vaccination contre la diphtérie et le tétanos. Contrairement à ces dernières, aucun rappel de vaccination n est impératif vers 14-16 ans, mais certains adolescents ou adultes proches de nourrissons peuvent être vaccinés pour protéger ces derniers. Remarque : en cas de contact avec une personne infectée, des antibiotiques sont prescrits au malade et à son entourage. Il est à noter que des coqueluches peuvent se présenter «simplement» comme une toux rebelle chez les grands enfants et adultes.
11 HAEMOPHILUS INFLUENZA DE TYPE B La bactérie Haemophilus influenza de type b, généralement présente au niveau du nez et de la gorge, est contagieuse et se transmet principalement par la salive. Elle peut être, avec d autres bactéries, à l origine d une méningite (inflammation des méninges qui enveloppent le cerveau et du liquide céphalo-rachidien circulant tout autour du cerveau et de la moëlle épinière). La bactérie Haemophilus influenzae de type b peut engendrer : des infections ORL (otite, sinusite) et respiratoires. Parmi elles, l épiglottite (infection redoutable qui atteint l épiglotte, structure muqueuse qui ferme le larynx lorsqu on avale), qui est responsable d une détresse respiratoire intense avec température élevée; l enfant se tient assis, bavant, la voix étouffée et rique de s asphyxier. Si cela se produit, vous devez vous rendre sans délai dans un service d urgence en laissant l enfant garder la position où il respire le mieux. des infections articulaires (arthrite); des septicémies (circulation de la bactérie dans le sang accompagnée de la défaillance de plusieurs paramètres vitaux); des méningites. Traitement La maladie se traite par antibiotiques pour éviter sa dispersion. Au moindre signe de méningite, détresse respiratoire, somnolence, coloration anormale, consultez d urgence un médecin. Prévention et vaccination La vaccination est la meilleure prévention. Les jeunes enfants de moins de 5 ans (surtout aux de moins de 1 an) constituent le principal groupe à risque. La vaccination Hib s administre selon le schéma suivant : à 2 mois, 3 mois, 4 mois et une dose de rappel entre 13 et 18 mois. Si après l âge de 1 an, votre enfant n est pas encore vacciné, seule une dose de rappel suffit. Si après l âge de 5 ans, votre enfant n est pas vacciné, la vaccination Hib est inutile. En cas de contact étroit avec un enfant atteint de méningite, l entourage recevra des antibiotiques et les enfants de moins de 5 ans non vaccinés seront également vaccinés.
12 HEPATITE B L hépatite B est une maladie virale qui provoque une infection du foie. Elle est contagieuse et se transmet par le sang, par voie sexuelle. Au début, ses symptômes peuvent ressembler à ceux de la grippe et elle peut ainsi parfois passer inaperçue : fièvre, courbatures, fatigue, perte d appétit. Une évolution peut apparaître après quelques jours : vomissements, nausées, jaunisse (la peau et le blanc des yeux prennent alors une couleur jaunâtre). La maladie peut guérir spontanément (la jaunisse disparaît généralement entre 1 à 4 semaines) mais elle peut également devenir chronique et provoquer après quelques années une cirrhose du foie, voire un cancer du foie. Traitement Seul le repos est prescrit en cas d hépatite aiguë. Si l hépatite est chronique, un traitement médicamenteux spécifique est prescrit (il n existe aucun traitement pour la cirrhose). Si elle est foudroyante, une greffe du foie s avère indispensable. Prévention et vaccination La principale mesure préventive est la vaccination des nourrissons et des préadolescents et l usage du préservatif pour les plus grands. La vaccination se fait normalement en 4 étapes : à 2 mois, 3 mois, 4 mois et une dose de rappel entre 13 et 18 mois. Pour les nouveaux-nés de mères infectées par le virus, le schéma est adapté (endéans les premières 24 heures de vie, à 1 mois, 2 mois, 12 mois). Un rattrapage est cependant possible pour les enfants de 10-13 ans non encore vaccinés : 3 doses sont à administrer, la première au cours de la première visite, la deuxième un mois plus tard, et la troisième 6 à 12 mois plus tard. Aucune vaccination de rappel n est recommandée chez les enfants ayant reçu une vaccination complète. Remarque : en Communauté française, la médecine scolaire est chargée de vacciner les enfants de sixième année primaire, alors qu en Communauté flamande et germanophone, l on vaccine les enfants de première année secondaire.
13 LE MENINGOCOQUE C Le méningocoque est l une des bactéries qui peut provoquer une méningite. Cette bactérie, présente de manière passagère dans les muqueuses respiratoires (nez, gorge), peut pénétrer ces dernières pour passer dans le sang et provoquer la maladie. Contagieuse, la bactérie se propage par la salive (toux, éternuements) ou les secrétions nasales. Les souches B et C de la bactérie sont responsables de la majorité des méningites en Belgique. Aucune vaccination contre le méningocoque B n existe actuellement, à l inverse du méningocoque C. Les symptômes sont les suivants : fièvre, violents maux de tête, raideur de la nuque, nausées et vomissements, sensibilité au bruit et à la lumière. Chez le bébé, les symptômes typiques peuvent être absents ou difficilement reconnaissables; il peut avoir un comportement anormal, être inconsolable ou gémissant. Un des premiers symptômes peut être une convulsion avec de la température. L infection à méningocoques peut provoquer : une septicémie (infection généralisée), qui peut débuter par de petites taches rouges (pétéchies, purpura) se développant sur la peau et ne disparaissant pas à la pression. Les septicémies s accompagnent ou non de méningite; une méningite : le microbe, qui a circulé dans le sang, infecte les méninges. Traitement Il est impératif de consulter d urgence un médecin dès les premiers signes évocateurs. Un traitement antibiotique doit être instauré le plus vite possible dès que le diagnostic est posé. Le traitement est administré par voie intraveineuse pour toutes les infections graves. Prévention et vaccination Les jeunes enfants (de 0 à 5 ans) et les adolescents (15-19 ans) sont les principaux groupes d âge à risque de méningite à méningocoque C. Le calendrier vaccinal recommande l administration du vaccin à l âge de 15 mois ou entre 13 et 18 mois. Cependant, selon le bilan vaccinal de l enfant, le médecin peut conseiller cette vaccination à tout moment, entre l âge de 2 mois et 19 ans : pour les enfants de moins de un an, 3 doses de vaccin sont administrées à 1 mois d intervalle au minimum; pour les enfants de plus de un an, une dose unique de vaccin suffit : celle-ci est injectée en même temps que le vaccin RRO (voir ci-dessous) mais à un endroit différent. Remarque : en cas de contact étroit avec une personne contaminée, un traitement préventif par antibiotiques est prescrit pendant quelques jours. Les personnes non vaccinées reçoivent un vaccin s il s agit d un méningocoque C.
14 ROUGEOLE - RUBEOLE- OREILLONS Depuis une vingtaine d années, les vaccinations contre la rougeole, la rubéole et la coqueluche ont été combinées dans un vaccin trivalent (RRO). Rougeole, rubéole et oreillons sont des maladies infantiles très répandues en l absence d une large couverture vaccinale de la population. En vaccinant les jeunes enfants contre la rubéole, on protège également des jeunes femmes enceintes qui ne seraient pas immunisées. ROUGEOLE La rougeole est une maladie éruptive, due à un virus. Contagieuse, elle se transmet par la salive (toux, éternuements). Elle se caractérise au début par une fièvre élevée, une toux, des éruptions cutanées (plaques rouges) d abord sur le visage, puis sur tout le corps. Le virus de la rougeole entrave les fonctions du système immunitaire et peut favoriser ainsi d autres infections telles que des otites, bronchites ou pharyngites pouvant engendrer une pneumonie chez les plus faibles. Elle peut aussi plus rarement évoluer vers une encéphalite (inflammation du cerveau). Une rougeole contractée pendant la grossesse peut mener à une naissance prématurée, une fausse couche ou des malformations du foetus. Grâce à la vaccination, la rougeole est devenue exceptionnelle en Belgique. RUBEOLE La rubéole est une maladie éruptive, due à un virus. Très contagieuse, elle se transmet par la salive (toux, éternuements) ou par contact direct avec une personne infectée. Chez l enfant, la maladie est presque toujours bénigne, tandis que chez la femme enceinte, le virus est susceptible de causer des malformations du foetus. La maladie se caractérise par une légère fièvre, un gonflement des ganglions du cou et derrière les oreilles, des petites taches de couleur rose - rouge clair, qui apparaissent d abord sur le visage, puis sur tout le corps, essentiellement le thorax et les bras. Ces symptômes peuvent aussi s accompagner d une angine, de douleurs ou d inflammations articulaires. Après 3 jours, les boutons commencent à disparaître. Les jeunes enfants sont en général peu malades. Il n existe pas de traitement spécifique. Une femme enceinte et non immunisée doit consulter son médecin afin de détecter une éventuelle infection.
15 OREILLONS Les oreillons sont une maladie due à un virus. Contagieuse, la maladie se transmet par la salive et par contact direct avec des objets contaminés. Les oreillons font souvent penser à un refroidissement : les enfants fréquentant l école sont d ailleurs les premiers touchés, surtout en hiver. La maladie se caractérise par une fièvre, des maux de tête, un manque d appétit et un gonflement caractéristique des parotides, glandes salivaires à hauteur des angles des mâchoires, douloureuses à la mastication et à la pression. La maladie peut évoluer vers une méningite ou encéphalite en général bénignes, et dans certains cas, une inflammation des testicules chez les garçons (cause de stérilité après la puberté). Après une dizaine de jours de repos, les oreillons guérissent spontanément. Chez la femme enceinte, les oreillons peuvent provoquer une malformation du foetus. Traitement des 3 maladies Pour ces 3 maladies, le traitement s attaque aux symptômes pour diminuer la température et les douleurs ressenties. Il s accompagne d un repos total. Pendant ces maladies, l enfant est obligatoirement écarté de la crèche ou de l école. Prévention et vaccination des 3 maladies La prévention se limite à la vaccination et à éviter de rencontrer les malades identifiés. Le calendrier vaccinal recommande une vaccination en 2 temps : la première dose est administrée vers l âge de 12-13 mois, la seconde vers l âge de 10-13 ans. Les enfants qui n ont pas été vaccinés «à temps» doivent absolument être en ordre de vaccination avant leur entrée à l école primaire : à ce titre, les services de promotion de la santé à l école vérifient le statut vaccinal de chaque enfant et proposent une vaccination de rattrapage (effectuée généralement entre la 3ème année maternelle et la 1ère année primaire). Remarque : en cas de contact avec une personne contaminée par la rougeole, le vaccin peut être administré de manière préventive endéans les 72 heures qui suivent ce contact.
16 LE PNEUMOCOQUE Le pneumocoque est une bactérie qui peut être présente, même chez des personnes en bonne santé, généralement au niveau de la bouche, du nez, du pharynx. Chez l enfant, le pneumocoque peut provoquer certaines infections (otite, pneumonie). Le jeune âge de l enfant (inférieur à 5 ans) est un facteur déterminant du risque d infection à pneumocoque. La bactérie peut également toucher les adultes. Outre les voies respiratoires hautes, les sinus et l oreille, le pneumocoque peut : également provoquer des pneumonies qui, dans les cas les plus sévères, peuvent être accompagnées d un manque d oxygène; envahir le système circulatoire et provoquer une septicémie et/ou une méningite; aussi atteindre les articulations ou l abdomen (péritonite). Traitement Ces infections peuvent être traitées au moyen d antibiotiques. Prévention et vaccination Le schéma vaccinal recommande la vaccination contre le pneumocoque en 3 doses, respectivement à l âge de 2, 4 et 12 mois. Pour la première année d introduction du vaccin dans le schéma vaccinal 2007, le Conseil Supérieur d Hygiène recommande de protéger d emblée tous les enfants âgés de moins de 2 ans. Renseignez-vous auprès de votre pédiatre. Remarque : certains enfants présentant un risque augmenté d infections à pneumocoque (ex. déficience immunitaire, maladie chronique, etc.) doivent se faire vacciner contre le pneumocoque.
17 ROTAVIRUS Le rotavirus est responsable de la majorité des gastro-entérites du nourrisson et du jeune enfant (entre 6 et 24 mois), survenant pendant l hiver. Il est très contagieux et se transmet par les mains (généralement contaminées par les selles) et le partage de tout objet entre enfants, etc. Le virus est également très résistant! Les rotavirus infectent les cellules de l intestin grêle et du duodénum et provoquent une sécrétion d eau et de sels minéraux qui constituent les diarrhées. Des vomissements et de la fièvre précèdent ou accompagnent généralement la diarrhée. La diarrhée évolue généralement de façon limitée dans le temps. Les complications habituelles de la diarrhée sont les déshydratations et les hospitalisations qui y sont liées. Traitement Pour éviter une déshydratation majeure, il est important de faire boire votre enfant, régulièrement et en quantité suffisante. Prévention et vaccination Les mesures d hygiène ne permettent pas un contrôle suffisant de la transmission du virus. C est pourquoi, la vaccination contre le rotavirus est désormais recommandée par le Conseil Supérieur d Hygiène pour les nourrissons âgés entre 6 semaines et 6 mois. Le vaccin est partiellement remboursé par l INAMI. Selon le type de vaccin choisi : soit 2 doses du vaccin sont administrées par la bouche à l âge de 2 et 3 mois; soit 3 doses du vaccin sont administrées par la bouche à l âge de 2, 3 et 4 mois. La vaccination doit être réalisée avant l âge de 6 mois : aucune dose n est administrée au-delà de cet âge.
> ADRESSES UTILES ONE Office national de l enfance Chaussée de Charleroi, 95 1060 Bruxelles Tél. : 02-542 12 11 Fax : 02-542 12 51 info@one.be www.one.be Sur Internet www.vacc.info www.sante.cfwb.be www.passeportsante.be
Cette brochure est une réalisation du Service Promotion Santé des Mutualités Libres. rue Saint-Hubert, 19 1150 Bruxelles Tél.: 02/778 92 11 Fax: 02/778 94 04 E-mail: promotionsante@mloz.be Site Web: www.mloz.be N d entreprise 411.766.483 Photos : Jo Pauwels (c) Mutualités Libres Bruxelles, janvier 2007
La vaccination chez l enfant Editeur Responsable: P. Mertens, Union Nationale des Mutualités Libres, rue St-Hubert, 19-1150 Bruxelles - 2007/01 - IES 073 l union nationale des mutualités libres regroupe