Textes de référence : Table des matières



Documents pareils
Procédures. L extrait de casier judiciaire

avant-propos Goodshot : Business and Euro Photo Alto : Crowds by Frédéric Cirou Corbis : Crime and Justice

«La prison est la seule solution pour préserver la société.»

Direction de l administration pénitentiaire Le placement sous surveillance électronique mobile

Textes abrogés : Notes de l administration pénitentiaire du 15 juillet 2002 et 29 mars 2004 Circulaire AP9206GA3 du 26 novembre 1992

Notions de responsabilité. Commission Technique Régionale Est

ACAT-France. Et si la prison n était pas toujours la solution? SANCTIONNER AUTREMENT. Et si la prison n était pas toujours la solution?

chronique juridique Contrats de droit privé : l académie de Créteil, un exemple à suivre! Procédures disciplinaires : le memento CHRONIQUE JURIDIQUE

l L immense majorité des condamnations concernent des délits

Nathalie Calatayud - Responsabilité juridique de l'infirmière

Les articles modifiés par la loi Macron au 30 janvier 2015

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE n 102 (1 er avril au 30 juin 2006)

La responsabilité pénale dans l entreprise

La responsabilité juridique des soignants

Le stationnement irrégulier de véhicules appartenant à la communauté des gens du voyage.

TRIBUNAL DE POLICE ET SANCTIONS PENALES : PEINES PRINCIPALES, SUBSIDIAIRES & ACCESSOIRES

LOI N /AN BURKINA FASO IV E REPUBLIQUE PORTANT REGLEMENTATION DE LA PROFESSION DE COMMERÇANT AU BURKINA FASO

LOI N du 14 janvier (JO n 2966 du , p.3450) CHAPITRE PREMIER DE LA PREVENTION DES INFRACTIONS

CONSEILLER EN INVESTISSEMENTS FINANCIERS. 1. La définition de l activité des CIF

Rencontre des hautes juridictions de France et d Israël. Séminaire du 23 mai 2011 à la Cour de cassation. L exécution des décisions de justice

) Découvrez les métiers de la Justice. Informez-vous sur

PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES PLACÉES SOUS MAIN DE JUSTICE PRISE EN CHARGE SANITAIRE DES PERSONNES PLACÉES SOUS MAIN DE JUSTICE

En devenant majeur-e, vous devenez responsable de vos actes, c est-à-dire que vous en mesurez toutes les conséquences.

Sénégal. Réglementation bancaire

A. Recommandations générales

Habiter. Le travail illégal FICHE 15

L Administration Centrale comprend une Direction Générale, des Directions et des Services Centraux.

Introduction. Une infraction est un comportement interdit par la loi pénale et sanctionné d une peine prévue par celle-ci. (1)

LA RESPONSABILITE CIVILE ET PENALE EN MATIERE DE SANTE AU TRAVAIL : BREF ETAT DES LIEUX

La majorité, ses droits et ses devoirs. chapitre 7

LOI N du 16 juin 1986 instituant une Caisse des Règlements Pécuniaires des Avocats (CARPA)

Introduction au droit La responsabilité professionnelle

1. Informations générales 124

ARTICLE 90 DU DECRET DU 19 DECEMBRE 1991 MODIFIE

2. Le placement sous surveillance. électronique mobile La rétention de sûreté 164

Algérie. Loi relative aux associations

LE STATIONNEMENT DES GENS DU VOYAGE DROITS ET DEVOIRS DES MAIRES. Etienne COLSON, avocat au barreau de Lille - Mars

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE ET DES LIBERTÉS

LES VOITURES DE TOURISME AVEC CHAUFFEUR

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

LES RESPONSABILITES DES AGENTS PUBLICS DE L ÉTAT. Formation AVS Janvier 2013

Séries statistiques des personnes placées sous main de justice

JE SUIS PRISON Guide du détenu arrivant 3e édition

COUPABLE D ETRE IRRESPONSABLE A propos de la réforme des procédures de déclaration d irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental

RISQUE SPORTIF, RESPONSABILITES ET ASSURANCE. MONTPELLIER 27 mai 2013

Leçon n 3 : La justice garante du respect du droit

Continuité d activité. Enjeux juridiques et responsabilités

L Assemblée Nationale a délibéré et adopté en sa séance du 14 décembre ;

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE n 100 (1 er octobre au 31 décembre 2005)

Congo. Loi règlementant l exercice de la profession de commerçant en République du Congo

Loi n du 7 juillet 1993 relative à la participation des organismes financiers à la lutte contre le blanchiment de capitaux

Charte de la procédure devant la Cour de cassation

Le budget. de la. Justice

Mise en œuvre de la responsabilité du maire

DISPOSITIF FEMMES EN TRES GRAND DANGER BILAN D UNE ANNÉE D EXPÉRIMENTATION

Les données à caractère personnel

Ministère des Affaires sociales et de la Santé

Emplacement de la photo d ouverture du domaine

(BON du ) (BON du ) Que l on sache par les présentes puisse Dieu en élever et en fortifier la teneur!

30 AVRIL Loi relative à l'occupation des travailleurs étrangers (M.B. 21 mai 1999) - coordination officieuse au 1 er juillet 2011

COURTIER EN ASSURANCE I. CONDITIONS REQUISES. A. Age et nationalité 23/07/2012

Institutions L'organisation de la Justice

Les victimes et auteur-e (s) de violences domestiques dans la procédure pénale

PROPOSITION DE LOI PORTANT PREVENTION ET REPRESSION DE LA CORRUPTION

AZ A^kgZi Yj 8^idnZc

N 3038 ASSEMBLÉE NATIONALE PROJET DE LOI

Titre I Des fautes de Gestion

Loi institutant un Médiateur de la République du Sénégal

Alcool au volant : tous responsables? La question de la co-responsabilité sera enfin posée au Tribunal de Saint Nazaire

Habitat indigne Habitat dangereux Habitat insalubre Immeuble menaçant ruine

Guide des bonnes pratiques. Les différentes manières dont on saisit la justice pénale

SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE

Circulaire de la DPJJ du 13 novembre 2008 visant à améliorer la prise en charge des mineurs placés en centre éducatif fermé

LA FAUTE MEDICALE : L assurance de responsabilité civile UIA SOFIA 2014

Droit Commercial. Notes personnelles. La Responsabilité. Responsabilité civile. La Responsabilité. Page : 1

Demande d avis n/ C ( Juge de l application des peines du tribunal de grande instance de Créteil, 23 décembre 2013 ) RAPPORT

ASSOCIATION DES ACCIDENTÉS DE LA VIE. Quelles procédures après un accident de la route? Informations pour les victimes de dommages corporels

MESURES CARCÉRALES ET MESURES NON PRIVATIVES DE LIBERTÉ. Détention avant jugement

Loi du 30 octobre 1886 sur l organisation de l enseignement primaire.

Décrets, arrêtés, circulaires

dans la poursuite pénale dirigée contre

Lutte contre le blanchiment des capitaux

Intervention d Isabelle AMIOT Chargée de mission auprès de l IA-IPR (8h05-8h10)

Gwendoline Aubourg Employer quelqu un chez soi

Section 4 bis - Des crimes qualifiés d actes terroristes ou subversifs 87 bis - 87 bis

GUIDE METHODOLOGIQUE. Guide du Travail d Intérêt Général (T.I.G.) MAI 2011

Allocution d ouverture M. Philippe Boillat, Directeur général, Direction générale Droits de l'homme et Etat de droit, Conseil de l'europe

Loi n du 22 juin 2010 régissant l artisanat en République du Congo

L'AGENT IMMOBILIER. Attention : les cartes professionnelles déjà délivrées restent valables jusqu à leur date d expiration.

(Dernière mise à jour : 11 juin 2014)

Déclaration de Lilongwe sur l accès à l assistance juridique dans le système pénal en Afrique

CHAPITRE 1 : LA PROFESSION COMPTABLE

Réguler les jeux d'argent : Le rôle de l'autorité Bruxelles le 12 octobre Intervention de M. Jean-François VILOTTE, Président de l ARJEL

LE DOCUMENT UNIQUE DE DELEGATION

La responsabilité juridique à l hôpital Principes introductifs

BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

RECUEIL DE LEGISLATION. A N août S o m m a i r e MISE SUR LE MARCHÉ DES DÉTERGENTS

La prise illégale d intérêts

Transcription:

Les alternatives aux peines d'emprisonnement et le Juge d'application des peines au Niger Textes de référence :! Code pénal du NIGER, Niamey1993.! Code de procédure pénale du NIGER.! Décret n 96-069 du 21 Mars 1996 déterminant les attributions du Ministre de la justice et des droits de l homme, garde des seaux.! Arrêté n 012 du 12 Février 1992 fixant l organisation interne et les attributions de la Direction de l administration pénitentiaire, de l application des peines et de la libération conditionnelle. Table des matières A. LES ALTERNATIVES A L EMPRISONNEMENT... 2 1. Etat des sanctions alternatives dans le droit positif... 2 a) Les peines criminelles... 2 b) Les peines correctionnelles... 2 c) Les peines de simple police... 3 2. Perspectives d évolution de l éventail des sanctions pénales... 3 B. LE JUGE DE L APPLICATION DES PEINES... 3 1. L inexistence du juge de l application des peines... 3 2. Les autorités concourant à l application des peines... 3 a) Le Ministre de la Justice et ses services... 3 b) Le Président de la Chambre d accusation de la Cour d appel... 4 c) La Commission de surveillance... 4 C. Eléments de bibliographie... 5

A. LES ALTERNATIVES A L EMPRISONNEMENT 1. Etat des sanctions alternatives dans le droit positif a) Les peines criminelles Peines accessoires! L interdiction légale (art. 19 et 20, C.p.),! La dégradation civique (art. 20 et 21, C.p.)! L affichage de l arrêt de condamnation (art. 19 et 22, C.p.)! L interdiction de séjour! La non inscription sur la liste électorale, la radiation de cette liste et l inéligibilité (art. 12, 38 al. 1 et 2 C.p.)! 6. L amende (art. 53, al 2, C.p.)! 7. La dégradation civique de 5 à moins de 10 ans (art. 53, al.2)! 8. l interdiction de séjour pendant 20 ans au plus! 9. La confiscation générale (art. 23). b) Les peines correctionnelles Peines accessoires! La non inscription ou la radiation sur la liste électorale et l inéligibilité (art. 12, 38, 39 C.p.).! L interdiction de séjour de un à 10 ans (art. 26 à 28), tantôt facultative, tantôt obligatoire.! L interdiction à temps (2 à 10 ans) de certains droits civils, civiques et de famille (art. 25)! L interdiction d exercer sa profession (art. 26)! La fermeture d établissement (art. 294, 305 C.p.)! L affichage des décisions (art. 25, al. 2)! La confiscation spéciale (art. 11 C.p.)! L interdiction de voter et d être élu (art. 103, 105 C.p.)! La privation des droits civiques et de tous emplois publics (art. 102)! L interdiction du territoire national (art. 99, al. 4 C.p.)

! La réparation pécuniaire des dommages causés par un attroupement (art. 101, al. 1).! L interdiction de tirer des chèques (art. 351). c) Les peines de simple police! La confiscation spéciale (art. 402)! L affichage des décisions (art. 403) 2. Perspectives d évolution de l éventail des sanctions pénales Une commission chargée de la réforme législative travaille à la préparation de textes appelés à organiser l évolution du système pénal vers la réhabilitation sociale du délinquant. Le ministère de la justice est acquis à la nécessité d engager la justice à aider le délinquant à se refaire honnête homme et à participer activement à la vie sociale. B. LE JUGE DE L APPLICATION DES PEINES 1. L inexistence du juge de l application des peines Le système pénal nigérien ignore le juge l application des peines tel qu il est institué en France. En pratique, la détermination des modalités d application des peines et le suivi de la réhabilitation sociale du condamné sont dispersés dans les attributions de plusieurs autorités. 2. Les autorités concourant à l application des peines a) Le Ministre de la Justice et ses services Le Ministre La libération conditionnelle (art. 671 à 675 CPP) est accordée par le Ministre de la justice sur avis du Ministre de l intérieur. L arrêt de libération conditionnelle mentionné à l article 674 CPP apparaît dans cette mesure comme un acte administratif. En tant que tel il est susceptible de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême (BOUBACAR Souley : Les sanctions pénales au Niger - étude critique -, Th. doct. droit, Poitiers, 1995; p. 211) ; il échapperait à tout recours judiciaire.

2) Le Ministère public En règle générale les magistrats du Parquet sont chargés de l exécution des peines (art. 650 CPP). Cette compétence comprend notamment la détermination des modalités d application des peines, un aspect des attributions du juge de l application des peines. Le Ministère public contrôle le régisseur et l exécution effective des peines. Les moyens de ce contrôle consistent dans :! des visites périodiques effectuées par un magistrat dans les prisons afin d y contrôler l état des détenus et la tenue du registre d écrou,! un relevé des détenus libérés au cours du mois, que le régisseur adresse chaque mois au Procureur de la République, et! - un avis de libération qu il établit et lui adresse également aussitôt après chaque libération effective, voire! les ordres que peuvent donner le Président de la Cour d assises, et le Procureur général, le Procureur de la République, le juge d instruction, le juge de section pour les besoins de l instruction ou du jugement (art. 658 CPP). La Direction de l administration pénitentiaire, de l application des peines et de la libération conditionnelle (DAP) Dépendant précédemment du Ministre de l intérieur, cette direction est rattachée au ministère de la justice depuis le Décret 91-020 du 7 Février 1991 et le Décret 96-069 du 21 Mars 1996 déterminant les attributions du Ministre de la justice et des droits de l homme. Aux termes d un Arrêté (n 012) du Ministre de la justice, la DAP est organisée en deux sections dont la Section de l application des peines et de la libération conditionnelle (art. 1). Le chef de section est nommé parmi les magistrats. Selon M. BOUBACAR (op. cit., p. 210), cette évolution est de nature à améliorer l instruction des dossiers de libération conditionnelle en y impliquant un service situé hors du système pénal. b) Le Président de la Chambre d accusation de la Cour d appel Il est compétent pour prononcer la réhabilitation judiciaire condamné après l exécution ou la prescription de la peine, sur avis du Ministère public et dans les conditions fixées aux articles 724 et 725 CPP. c) La Commission de surveillance Le Décret n 63-103 du 15 juin 1963 (art. 103.s.) a institué une Commission de surveillance auprès de chaque établissement pénitentiaire. Présidée par le Chef de circonscription, cette commission comprend par ailleurs le Procureur de la République et un conseiller de circonscription.

Elle a pour attributions (art. 104) :! l inspection de la prison,! la surveillance des conditions d hygiène, d alimentation, de discipline et de travail à l intérieur de l établissement, ainsi que! le contrôle de la tenue des registrés et le comportement du personnel qui y est en service. La Commission de surveillance rend compte de ses observations et avis au Ministre de l intérieur. «Elle ne peut, en aucun cas, faire acte d autorité» (art. 104, al. 2, D. 63-103 du 15/06/63). Il convient de souligner que les Commissions de surveillance ainsi créées n existent pas dans la réalité, elles n ont pas été effectivement installées. L application des peines paraît, dans les conditions qui viennent d être exposées, partagée en fait entre la Chambre d accusation de la Cour d appel, le Ministère public et la Section de l application des peines et de la libération conditionnelle. Ce n est pas la fonction spéciale d un organe judiciaire déterminé. C. Eléments de bibliographie! BOUBACAR (Souley) : Les sanctions pénales au Niger - étude critique -, Th. doct. droit, Poitiers, 1995. C est le travail le plus pertinent et le plus récent qui est disponible actuellement.! MAMANE IDI : l administration pénitentiaire au Niger, situation actuelle et perspectives; mém. ENA/Niamey, 1987.! HAMADO MOHAMED : la réhabilitation au Niger; mém. ENA/Niamey, 1996.