Marketing stratégique : Du diagnostic au plan marketing stratégique



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Transcription:

Marketing stratégique : Du diagnostic au plan marketing stratégique Dossier 2 : Approches et modèles d analyse stratégique Ce dossier présente, en particulier sur un plan méthodologique, des approches et modèles stratégiques traditionnelles qui peuvent être exploités pour enrichir un diagnostic ou une analyse marketing. Ces approches en terme de portefeuille stratégique sont en constante évolution et enrichies en intégrant en particulier d autres facteurs, tels que par exemple la technologie, l approche par les compétences La rubrique Management (dossier n 20) décrit de manière plus approfondie ces nouvelles dimensions.

Dossier 2 : Approches et modèles d analyse stratégique. Introduction : Objectifs généraux des différentes approches.i. L analyse concurrentielle de Porter : 1.1 Une analyse de l externe : les forces concurrentielles 1.2 Une analyse de l interne : la chaîne de valeur.ii. Les matrices du Boston Consulting Group (BCG).III. La matrice d Arthur D. Little (ADL).IV. La matrice de Mac Kinsey (McK)

Dossier 2 : Approches et modèles d analyse stratégique Introduction : Objectifs généraux des différentes approches Des approches et des modèles qui permettent une analyse stratégique sur son ou ses marchés : - l approche de Porter qui cherche à doter l entreprise d un avantage concurrentiel en analysant sa chaîne de valeur au regard des forces concurrentiels sur son marché (I). - les approches instrumentales sous la forme de matrices stratégiques destinées à formaliser le potentiel du portefeuilles d activités de l entreprise pour, en particulier effectuer les choix stratégiques et une allocation optimale des ressources (II) : Quel est mon potentiel marché au regard - Les matrices du Boston Consulting Group (BCG) de la maîtrise du facteur coût? (BCG1) en intégrant également le degré de différenciation de mon activité(bcg2). - La matrice d Arthur D. Little (ADL) - La matrice de Mac Kinsey (McK) Intégrer le cycle de vie de l activité pour évaluer mon potentiel stratégique. Evaluer mon potentiel stratégique en intégrant également d autres facteurs (identitaire, culturel,.. ).

I. L analyse concurrentielle de Porter : 1.1 Une analyse de l externe : les forces concurrentielles Approche par l analyse concurrentielle de Porter (5 forces+1) Il convient de distinguer différents niveaux et sources de concurrence : de la plus directe (concurrence actuelle) aux nouveaux entrants, les produits de substitution mais aussi en intégrant la.iii. Les outils pour développer un diagnostic à l externe : degré de la puissance de négociation des clients et des fournisseurs qui peuvent influencer la donne concurrentielle. L analyse de l environnem 3.1 L approche ent concurrentiel de Porter : L approche et les 5+1 de forces Porte concurrentielles r et les 5+1 forces concurrentielles Environnement économique ENTRANTS POTENTIELS Environnement socio-culturel Pouvoir de négociation des fournisseeurs FOURNISSEURS M enace d entrants potentiels INTENSITE CONCURRENTIELLE Rivalité entre les firmes sur leur marché Pouvoir de négociation des clients M ES CLIENTS Environnement politico-légal ETAT Normes, taxes, protectionnisme, relations diplom atiques M enace des produits ou services substituables PRODUITS DE SU BSTITUTION TION Environnement technique

I. L analyse concurrentielle de Porter : 1.1 Une analyse de l externe : les forces concurrentielles Le pouvoir de négociation des clients et des distributeurs Les clients disposent d un véritable pouvoir de négociation : ils peuvent limiter le profit des firmes du secteur et accaparer une partie de leur valeur ajoutée en actionnant les leviers de la concurrence; En B to B, c est notamment le cas de la grande distribution qui «pressurise» ses fournisseurs en particulier au niveau des marges arrières et en les concurrençant directement par la mise en linéaire de marques de distributeurs. En réponse, les fournisseurs, quand ils disposent d une marque à forte résonance (Danone, Intel, ) peuvent s opposer au pouvoir de négociation des distributeurs en communiquant, par exemple, directement auprès des clients finaux. Le pouvoir de négociation des fournisseurs Le pouvoir de négociation des fournisseurs peut capter une partie des marges en jouant sur le prix de vente des approvisionnements. Cette capacité de négociation peut s expliquer quand le secteur amont est concentré ou quand le fournisseur dispose d un savoir-faire reconnu à travers ses produits. De même, un changement de fournisseur peut induire des coûts de transfert qui confortent sa capacité de négociation.

Les entrants potentiels 1.1 L approche de Porter et les 5+1 forces concurrentielles Entreprises, qui, à terme peuvent développer un courant d activité. Pour lutter contre cette forme de concurrence, la stratégie est de construire des barrières à l entrée cad des conditions de développement induisant structurellement, financièrement des coûts trop importants ( en s appuyant, par exemple, sur un effet d expérience, sur une maîtrise technologique ). Avec les logiques de chrono-compétitivité, avec un progrès technique qui raccourcit le cycle de vie et d exploitation des produits (même les plus innovants), ces barrières à l entrée sont de plus en plus difficiles à maîtriser et à gérer. La concurrence actuelle Les produits de substitution L Etat Dans sa première analyse, Porter a oublié l Etat (d où le titre de l approche : les 5 forces +1). Par ses décisions, l Etat participe au paysage concurrentielle de l entreprise : les réglementations (Impôts et taxes, normes,..), sa participation au financement d un projet (subventions), les accords qu il signe avec des partenaires internationaux,

Au delà de l identification des sources de concurrence directe et indirecte, il convient de déterminer et de hiérarchiser leur capacité respective à peser sur les performances de l entreprise et à capter une partie du profit réalisé par celle-çi. Ainsi, il est possible de visualiser cette hiérarchisation des 5(+1) forces sous la forme d un diagramme polaire où chaque force est représentée par un axe gradué de 0 à10 (exemple du secteur des consoles de jeux vidéo en France en 1997) : Menace des entrants 10 potentiels 9 Intensité 10 concurrentielle Pouvoir de négociation des fournisseurs 10 5 2 0 9 10 Pouvoir de négociation des clients et distributeurs 5 Pouvoir de l Etat 10 10 Menace des produit de substitution

I. L analyse concurrentielle de Porter : 1.2 Une analyse en interne : la chaîne de valeur Rque : Reprise de la présentation 2.1 du dossier 1 Le concept de chaîne de valeur Présentation L entreprise est décomposd composée en activités s de soutien cad celles qui permettent son bon fonctionnement et en activités s principales cad les fonctions qui contribuent principalement à la création de valeur pour l entreprise et le client : Activités de soutien infrastructure gestion du personnel dévelop. technologie Création de valeur gestion des réappro. logistique fournisseurs production Activités principales logistique clients marketing & vente service Marge

1.2 Le concept de chaîne de valeur Présentation Activités s principales logistique fournisseurs réception, stockage et distribution des soutien à fournitures complète production transformation en produits finis logistique clients stockage et distribution des produits marketing et vente promotion et force de vente service Activités s de soutien infrastructure (d entreprise) la chaîne de valeur planification, finance, comptabilité, juridique, qualité gestion du personnel recrutement, formation et développement développement de la technologie amélioration des produits et des processus de fabrication-innovation pour maintenir et améliorer la valeur du gestion des réapprovisionnements et produit Ainsi élaborée, cette analyse popularisée par M.E. des Porter, achats permet d analyser les potentialités stratégiques de l entreprise à l origine de la plus grande création de valeur cad les facteurs clés de succés (FCS) qui sont explicatifs d un avantage concurrentiel. L activité de l entreprise peut alors être décomposée en segments stratégiques (ou DAS Domaines d Activités Stratégiques) qui présentent les mêmes FCS à l origine de la création de valeur (ce qui facilite les choix en matières d allocation des ressources et les choix stratégiques comme un recentrage, par exemple).

1.2 Le concept de chaîne de valeur Présentation Il est important de ne pas confondre segmentation stratégique et segmentation marketing (cette( dernière démarche est étudiée en particulier au dossier 5 de ce volet consacré au marketing stratégique) ). La segmentation stratégique : La segmentation stratégique consiste à caractériser les Domaines d Activité Stratégique (DAS) de l entreprise. Un DAS est un segment d activités homogènes cad pour lequel l ensemble des concurrents sont confrontés aux mêmes Facteurs Clés de Succès (FCS) qu il convient de maîtriser pour être compétitif. Tout DAS est décrit par son trinôme [ facteurs de compétitivité-produitmarché ] (alors que la segmentation marketing s inscrit dans des couples produits-marchés); donc : En fonction de la une offre de maîtrise de Production biens ou facteurs* commercialisation services nécessaires à ma compétitivité * Facteurs techniques, technologiques, destinée à un marché spécifique organisationnelles, humains A partir des mêmes facteurs de succès proposer une offre qui serve une demande viable

II. Les matrices du Boston Consulting Group (BCG) Les variables stratégiques exploitées La matrice BCG1 croise le taux de croissance d un domaine d activité d une entreprise avec sa part de marché relative (cad sa part de marché par rapport au concurrent principal) : - Le taux de croissance permettra d identifier le degré de besoin financier qu exige le segment d activité (une activité en phase de croissance diminue ses coûts : effet de volume, amortissement des charges fixes, ) - La part de marché relative, en marquant la position concurrentielle de l entreprise, identifie le degré de rentabilité du segment d activité (grâce à l effet d expérience que lui procure sa position concurrentielle, le segment d activité génère des ressources cad de la rentabilité). Donc : Taux de croissance du segment d activité + besoins financiers - PDM relative - - rentabilité +

2.1 La matrice BCG1 du Boston Consulting Group (BCG) Mise en forme de la matrice BCG1 Cette matrice est représentée par un graphe à deux dimensions : la PDM relative (notre % d activité en volume ou en valeur au regard de l activité du leader) est en abscisse (abscisse inversée graduée de 0 à 10 et en considérant que la valeur médiane est 1) et le taux de croissance du segment d activité en ordonnée (classiquement normée de 0 à 20% avec 10% comme valeur médiane) : 20% + Taux de croissance du segment d activité 10% Besoins financiers nécessaires 0% 10 5 1 0.5 0 PDM relative + - Ressources financières dégagées cad rentabilité -

2.1 La matrice BCG1 du Boston Consulting Group (BCG) Donc matrice à quatre quadrants qui identifie quatre groupes possibles de produits/marché : Taux de croissance du segment d activité 20% 10% 0% Les vedettes Les vaches Les à lait vaches à lait 10 5 1 0.5 0 PDM relative Les dilemmes Les poids morts + - Ressources financières dégagées cad rentabilité + Besoins financiers nécessaires -

2.1 La matrice BCG1 du Boston Consulting Group (BCG) - Sa lecture 20% Taux de croissance 10% du segment d activité 0% Les vedettes -Segments d activité en phase de croissance créant une position de domination. - Activité qui dégage un flux de rentabilité mais il convient de bien «maîtriser» les évolutions du marché. Les vaches à lait rentabilité -Segments d activité en phase de croissance, de maturité ou de déclin exigeant peu d investissements et permettant donc une forte rentabilité. Les dilemmes -Segments d activité qui connaît une croissance élevée mais la fragilité de la position concurrentielle induit des investissements importants-activité déficitaire; il faut atteindre une meilleure position concurrentielle. Les poids morts -Segments d activité pour lesquels le potentiel de développement est faible et la position concurrentielle défavorable. - Ces activités peuvent «plomber» l exploitation des autres segments du portefeuille. 10 5 PDM 1 relative 0.5 0 Besoins financiers

2.1 La matrice BCG1 du Boston Consulting Group (BCG) Sa lecture L objectif est de bien équilibrer le portefeuille d activités : - disposer de suffisamment de vaches à lait pour dégager une rentabilité qui permettra de réinvestir dans la recherche et le développement de nouvelles activités. - bien gérer la présence sur leur marché des activités vedette et y renforcer une position de domination En gérant correctement le cycle d activité, ces segments peuvent à terme devenir des vaches à lait. - reconfigurer les conditions d exploitation des dilemmes pour rendre plus favorable la position concurrentielle (recherche de synergie avec d autres acivités, révision du plan de marchéage, ). - Abandonner les poids morts quand ces activités ne se situent plus en phase de lancement. L exploitation de la matrice BCG1 est pertinente pour les marchés où les facteurs de compétitivité et les Facteurs Clés de Succès reposent sur une domination par les coûts (stratégies de volume)

2.1 La matrice BCG1 du Boston Consulting Group (BCG) Exemple de matrice (Rque : exemple fictif illustrant davantage une matrice produits qu un portefeuille d activités) Supposons une entreprise spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d appareils audio-vidéo; elle distingue 6 segments d activité : S1: les téléviseurs LCD S2 : Les enregistreurs vidéo à disque dur S3 : Les lecteurs DVD Peu de produits sur un marché à fort potentiel que nous dominons Taux de croissance du segment d activité Notre activité la plus importante repose sur un marché à faible potentiel et déclinant Rque : La taille des cercles est proportionnelle au revenu généré par chaque activité.. 20% 10% 0% S1 S4 : Les magnétoscopes S5 : Les téléviseurs cathodiques S6 : Les radios S2 + - Ressources financières dégagées cad rentabilité Il faut renforcer notre part de marché + Besoins financiers nécessaires S3 S4 A envisager d abandonner S5 S6 (d autant qu ils se situent en phase - de déclin en 10 5 1 0.5 0 particulier sur le plan PDM relative technologique

2.2 La seconde matrice du Boston Consulting Group (BCG2) Le BCG a fait évoluer sa matrice pour prendre en considération d autres avantages concurrentiels que les coûts : ainsi, l entreprise peut également appuyer sa stratégie sur la différenciation. La nouvelle matrice BCG2 va donc positionner les activités de l entreprise en croisant l avantage concurrentielle par les coûts avec le degré de différenciation :

2.2 La seconde matrice du Boston Consulting Group (BCG2) En fonction se dessine quatre univers concurrentiels : La fragmentation - Univers qui porte à la différenciation; l avantage concurrentiel ne repose pas sur les volumes (coûts) La spécialisation - Univers sur lequel on concentre ses ressources pour construire son avantage compétitif. L impasse - Univers sur lequel ni l avantage coûts ni le degré de différenciation sont à l origine d un avantage compétitif Volume stratégie par les coûts - Univers concurrentiel qui correspond à la première matrice du BCG

III. La matrice d Arthur D. Little (ADL) Les variables stratégiques exploitées Cette matrice croise le cycle de vie de l activité (son degré de maturité) et la position concurrentielle de l entreprise. - Le cycle de vie ou degré de maturité de l activité (démarrage, croissance, maturité ou déclin). Il permettra d identifier le degré d intérêt stratégique d un secteur et son niveau de risque ( risques de variation sectorielle suite à une innovation, à une réglementation, ) -La position concurrentielle (force relative) est identifiée à partir des variables qui expliquent un Facteur Clés de Succès. En fonction, cette position sera qualifiée de marginale, défavorable, favorable, forte ou dominante.

Degré stratégique d un secteur en fonction du Degré de maturité de l activité du (secteur) Position concurrentielle dominante forte favorable défavorable marginale démarrage croissance maturité déclin + rentabilité - Risque concurrentiel + + Besoins financiers - Risques sectoriels

On peut alors formaliser trois options stratégiques en fonction de la zone sur laquelle se positionne l activité sur la matrice : Le développement naturel : l entreprise dispose d une bonne position concurrentielle; il convient de poursuivre les investissements pour maintenir la position dominante surtout si le secteur se trouve dans un cycle de croissance (activité B) Le développement sélectif : une position concurrentielle plus défavorable (activité B) ou une activité vieillissante (activité C) L entreprise doit chercher une meilleure rentabilité en améliorant sa position concurrentielle. L abandon : quand la position concurrentielle est trop faible (sauf, éventuellement si l activité se situe en phase de démarrage cas A) car la rentabilité et trop faible et le risque concurrentiel trop important (activité E).

Degré stratégique d un secteur en fonction du Degré de maturité de l activité du (secteur) Position concurrentielle dominante forte favorable défavorable marginale démarrage croissance maturité déclin Développement naturel A D B C Développement sélectif E Abandon + rentabilité - Risque concurrentiel + + Besoins financiers - Risques sectoriels

IV. La matrice de Mac Kinsey (McK) Les variables stratégiques exploitées Cette matrice formalise la position concurrentielle de l entreprise non plus en termes de parts de marché mais en fonction de sa capacité à mobiliser des facteurs clés de succès (exemple : capacité à innover, à maîtriser une capacité de négociation en matières d achat et d approvisionnement, ). Cette matrice est construite à partir de critères qui peuvent être modifiés en fonction de l évolution des facteurs clés de succès sur un marché. - L attrait pour le marché (en abscisse) caractérisera pour l entreprise son degré de capacité à maîtriser son activité et sa capacité à la valoriser sur le marché (degré de correspondance des compétences de l entreprise avec les compétences clefs à maîtriser sur le marché pour y développer une position concurrentielle) - La position concurrentielle (en ordonnée) est déterminée au regard de la maîtrise des facteurs clés de succès et compétences de l entreprise sur le marché et sera qualifiée de faible, moyenne ou forte.

Position concurrentielle cad capacité à maîtriser les facteurs clés du marché IV. La matrice de Mac Kinsey (McK) En fonction, la matrice va alors caractériser 9 options stratégiques. élevée moyenne L attrait du marché, valeur du secteur élevé moyen faible Maintenir absolument sa position Chercher à renforcer sa position Maintenir et chercher à développer sa position Rentabilise mais avec prudence (investir sur des segments) Chercher à rentabiliser l investissement de l activité «vache à lait» Retrait sélectif (segmenter) faible Investir pour renforcer sa position ou abandonner Retrait progressif et sélectif Abandonner et désinvestir (poids mort) 3 bases stratégiques possibles : Renforcementdéveloppement Maintien et rentabilisation Retrait partiel ou abandon

IV. La matrice de Mac Kinsey (McK) Renforcement - développement Quand le DAS est en position intéressante sur des marchés porteurs Investir pour défendre ou renforcer sa position. Maintien et rentabilisation Retrait partiel ou abandon Quand le marché n est que peu ou pas porteur : développer la rentabilité en se focalisant sur des segments ou quand la position concurrentielle de l entreprise est faible sur un marché attractif : soit s engager par des investissements importants soit abandonner Quand le marché ne devient que faiblement attractif, abandon partiel et progressif des activités. L abandon peut être total et immédiat si l entreprise ne dispose que d une position concurrentielle faible sur ce type de marché.