Mercredi 4 mai 2005 DOSSIER DE PRESSE 4 MAI 2005 VOYAGE AU CŒUR DES INTERCONNEXIONS RTE est le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, créé le 1er juillet 2000. Entreprise de service public, il a pour mission l'exploitation, la maintenance et le développement du réseau haute et très haute tension. Il est garant du bon fonctionnement et de la sûreté du système électrique. La loi du 9 août 2004 prévoit sa transformation en société anonyme, au sein du groupe EDF. RTE achemine l'électricité entre les fournisseurs d'électricité (français et européens) et les consommateurs, qu'ils soient distributeurs d'électricité (EDF et les entreprises locales de distribution) ou industriels directement raccordés au réseau de transport. Avec 100 000 km de lignes comprises entre 63 000 et 400 000 volts et 44 lignes transfrontalières, le réseau géré par RTE est le plus important d'europe. RTE a réalisé un chiffre d'affaires de 4029 millions d'euros en 2004 et emploie 8300 salariés.
SOMMAIRE Les interconnexions, au cœur de l Europe de l électricité 3 L interconnexion France-Angleterre 6 L interconnexion France-Belgique 9 Contacts presse RTE: Michel Derdevet : 06 82 59 45 87 ou 01 41 02 19 73 Thierry Lartigau : 06 23 67 83 93 ou 01 41 02 16 78 Isabelle Coutier : 06 61 22 94 32 ou 01 41 02 15 69 Pour en savoir plus : www.rte-france.com Contact presse ELIA: Erik de Leye : +32 475 69 17 99 ou +32 2 546 72 11 2
Les interconnexions, au cœur de l Europe de l électricité Les interconnexions, vecteurs de solidarités électriques européennes L Europe de l électricité a toujours été en avance sur l Europe politique. Pilier de la reconstruction économique au sortir de la guerre et ciment de la paix fraîchement acquise, l énergie a vu son rôle clé s affirmer à travers les diverses étapes qui ont jalonné la construction de l Union européenne. Dès le début des années 50, bien avant le Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l acier (CECA 1951) et les Traités de Rome (CEE et Euratom - 1957), l interconnexion des réseaux électriques européens fonctionnait, avec pour objectif central la garantie de secours mutuels entre réseaux électriques voisins. Depuis l introduction dans le Traité de Maastricht d un titre sur les réseaux transeuropéens, considérés comme une pierre angulaire de la cohésion économique et sociale de l Union, de nouveaux progrès ont été accomplis. L existence d un marché électrique totalement efficace ne pourra en effet être garantie qu en portant une attention accrue au développement des réseaux trans-européens, à l augmentation des capacités d interconnexion entre pays-membres et à la coordination de leur gestion. Tous ces éléments sont indispensables pour que le marché européen atteigne son niveau maximal, et pour que les échanges entre producteurs et consommateurs européens d électricité s effectuent sans obstacle. Dès 1993, la Commission, dans son livre blanc "Croissance, Compétitivité, Emploi", et le Conseil accordaient déjà une place importante aux réseaux de transport d énergie en soulignant leur rôle dans le développement économique des échanges électriques. Le déploiement de ces réseaux s est poursuivi depuis sur la base des orientations définies par l Union européenne. Pour garantir la sécurité d approvisionnement énergétique, la Commission européenne a confirmé par la suite, dans le Livre vert sur la sécurité d approvisionnement énergétique de novembre 2000, que le développement des réseaux trans-européens d énergie était un axe stratégique. Les Chefs d Etat et de Gouvernements, réunis à Barcelone en mars 2002, ont fixé pour leur part un objectif concret pour les interconnexions électriques d au moins 10% de la capacité de production de chaque pays. Du fait de l ouverture du marché de l électricité et de la situation géographique centrale du réseau de RTE au sein du réseau européen, les interconnexions 3
transfrontalières entre la France et le reste de l Europe sont aujourd hui de plus en plus sollicitées. Les réseaux trans-européens d énergie et de transport constituent l un des dix domaines d actions majeurs retenus pas la Commission pour l année 2005. Ces nouvelles impulsions devraient donner un nouveau souffle aux indispensables autoroutes électriques. Les interconnexions, outils indispensables pour assurer la sécurité d approvisionnement L enjeu est, en effet, de taille : assurer, d une part, la sécurité d approvisionnement énergétique d une Union qui est passée de 15 à 25 membres et s apprête à s ouvrir encore à d autres pays dans les prochaines années et disposer, d autre part, d accès sûrs aux sources énergétiques des pays voisins de l Union européenne. Toutes les statistiques soulignent la dépendance croissante de l Union européenne, qui consomme de plus en plus d'énergie. Si rien n'est entrepris d'ici 2030, l Europe des 25 devra importer 68% de ses besoins en énergie, contre seulement 50% à l heure actuelle. La dépendance à l égard du pétrole importé pourrait ainsi passer de 75% en 2000 à 90% en 2030 et celle du gaz naturel de 45% en 2000 à 80% en 2030. En 1996, une liste de projets d intérêt commun sur des liaisons prioritaires a été établie et mise à jour en décembre 2003 pour tenir compte de l élargissement de l Europe à de nouveaux Etats membres. Il s agit de relier ces nouveaux Etats au marché intérieur de l énergie et de prendre en compte les interconnexions de leurs réseaux avec ceux des pays voisins, qui sont souvent des fournisseurs de ressources énergétiques (pétrole et gaz de Russie et du Maghreb). Parmi les projets qui pourront bénéficier prioritairement d un financement européen, figure le renforcement des liaisons France-Belgique-Pays- Bas-Allemagne. En fixant à 20% sa participation financière aux projets énergétiques prioritaires, permettant de franchir des frontières, la Commission européenne espère enclencher un effet-levier pour favoriser la réalisation des investissements. La réalisation d ici 2020 de ces projets européens d interconnexion devrait permettre de limiter considérablement les goulets d'étranglement, les congestions et de réduire les «chaînons manquants». Elle devrait permettre notamment de renforcer l interconnexion avec les réseaux d'énergie dans les régions insulaires, enclavées ou périphériques. L Europe possède désormais un des plus grands systèmes électriques interconnectés au monde. 21 pays, allant de la Tunisie à la frontière ukrainienne, fonctionnent désormais selon un même «tempo» électrique. 4
Vers de nouvelles mesures facilitant le développement des interconnexions L attention portée par les citoyens européens aux préoccupations environnementales s est fortement accrue ces dernières années. Parallèlement, les procédures d autorisation de construction de lignes apparaissent comme très hétérogènes selon les différents pays concernés, ce qui constitue un frein au développement des interconnexions. Il est donc souhaitable de franchir une nouvelle étape en modernisant et simplifiant les procédures d'autorisation applicables aux projets transfrontaliers jugés prioritaires au niveau européen. La Commission européenne a proposé de mettre en place une déclaration d'intérêt publique européenne pour faciliter la construction de nouvelles interconnexions. Cette initiative d intérêt général doit s accompagner, en amont des projets, d une meilleure concertation avec les collectivités locales et les populations concernées. Le renforcement du rôle des gestionnaires de réseaux de transport d électricité en matière de développement des infrastructures est également souhaitable. C est dans cette direction que doivent s orienter le projet de directive sur la sécurité d approvisionnement électrique et le projet de décision établissant des orientations relatives aux réseaux trans-européens dans le secteur de l'énergie, actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil. 5
L interconnexion France-Angleterre Un peu d histoire Dès 1961, la France et le Royaume-Uni ont été reliés électriquement par une liaison appelée IFA 160 (Interconnexion France-Angleterre de 160 MW). Les résultats se sont révélés décevants car les câbles, posés sur les fonds marins, étaient régulièrement accrochés par les chaluts. Aussi les deux pays ont pris en 1974 la décision de construire une nouvelle liaison dont les câbles seraient disposés au fond de tranchées sous-marines (opération dite d «ensouillage» des câbles). L objectif assigné à cette liaison était une disponibilité supérieure à 95%. La puissance choisie, 2000 MW, a décidé du nom d usage : IFA 2000. En 1986, la liaison sous-marine IFA 2000 est entrée en service, permettant des échanges d électricité entre l Angleterre et le reste de l Europe. Implantée aux portes de Calais, cette interconnexion est un maillon essentiel pour la sûreté et la fluidité du réseau de transport d électricité européen. D une puissance de 2000 MW, IFA 2000 est capable de répondre aux besoins en électricité de trois millions de personnes. Caractéristiques de la liaison L utilisation d une liaison à courant continu s est imposée comme le meilleur compromis technique et économique, compte tenu de la distance entre les deux pays. La liaison a exigé la construction de deux stations de conversion du courant alternatif en courant continu de part et d autre de la Manche, pour interconnecter le réseau anglais au reste de l Europe. L une est située au poste des Mandarins (Calais) et l autre à Sellindge (Kent). Les installations de conversion permettent de découpler les réseaux français et anglais. La liaison à courant continu permet de relier les deux réseaux sans synchroniser leurs fréquences. Les convertisseurs autorisent en outre un réglage précis et rapide de la puissance échangée. Ils permettent ainsi de programmer rapidement sur la liaison les programmes d échanges communiqués par les utilisateurs de la liaison aux deux gestionnaires de réseau français et anglais, RTE et NGT (National Grid Transco). Les stations française et anglaise sont reliées par 4 paires de câbles qui traversent la Manche, enfouies dans des tranchées en fond de mer à une profondeur moyenne de 1,50m. Le tracé retenu conjugue deux avantages : la proximité des côtes anglaises qui minimise la longueur des câbles sous-marins, et la nature des fonds marins (craie ou roche tendre) qui rend le creusement d une tranchée sous-marine relativement aisé. 6
Les câbles utilisés ont été mis au point spécialement pour cette liaison, et leur ensouillage en fond de mer, qui constituait la difficulté technique majeure de ce projet, a nécessité l utilisation de technologies innovantes. La liaison est propriété pour moitié des deux gestionnaires de réseau français (RTE) et anglais (NGT). Vue aérienne du poste de Mandarins Opération de maintenance au poste de Mandarins 7
Un mécanisme d allocation coordonné entre les deux GRT, transparent et non discriminatoire Jusqu en mars 2001, l utilisation d IFA 2000 était réservée à EDF pour des exportations vers le Royaume-Uni, dans le cadre d un accord régissant la gestion de la liaison d interconnexion. Afin d attribuer de manière strictement équitable et non discriminatoire le droit de passage sur cette liaison à tous les acteurs du marché (traders, fournisseurs, producteurs, etc ), RTE et NGT ont mis en place, dès le 1er avril 2001, de manière coordonnée, un système d enchères qui contribuent à la fluidité et à la transparence des échanges électriques, tout en garantissant une sécurité d approvisionnement accrue des deux pays. En effet, en cas de défaillance de l un des deux systèmes électriques, chacun des GRT peut disposer prioritairement et en temps réel, en vertu des accords de secours mutuel conclus en décembre 2003 entre RTE et NGT, d une capacité de réserve d électricité pouvant aller jusqu à 1000 MW. Dans chacun des sens France - Angleterre ou Angleterre - France, différents types de produits, en fonction des échéances, sont mis en vente : annuel, trimestriel, mensuel, journalier et, depuis 2004, semestriel et week-end. Les résultats des enchères (rendus anonymes) sont publiés quotidiennement sur le site web de RTE. Le principe de "use it or lose it" est appliqué : les capacités non utilisées par les clients rétrocédées. Les revenus de ces enchères permettent aux deux gestionnaires de couvrir coûts d exploitation et amortissement de la liaison : le tarif de transport de RTE ne couvre donc pas l accès à IFA, qui possède son propre compte financier. L exploitation conjointe par RTE et NGT de la liaison IFA 2000, l organisation mise en place et le mécanisme d allocation mis en œuvre sont généralement considérés comme un cas de référence sur le marché européen de l électricité. 86 % des clients de RTE se déclarent d ailleurs satisfaits (dont 36 % de très satisfaits) du mode d allocation des capacités sur IFA 2000. Des travaux communs entre RTE et NGT sont actuellement menés pour améliorer encore l accès à la liaison et optimiser son utilisation par les acteurs du marché, suivant les recommandations issues des textes européens et des régulateurs français (Commission de Régulation de l Energie) et anglais (Ofgem). 8
L interconnexion France-Belgique RTE et son homologue belge ELIA réalisent depuis le 2 ème semestre 2004 des travaux de renforcement de la ligne 400 000 volts entre Avelin (près de Lille) et Avelgem (Belgique). Ces travaux ont pour objectif d accroître sensiblement les capacités d échange électrique entre les deux pays et d assurer un secours mutuel plus important. Les nouvelles installations seront mises en service en octobre-novembre 2005. Une gestion coordonnée de l interconnexion L interconnexion entre la France et la Belgique est assurée par deux lignes 400 000 volts (Avelin-Avelgem et Lonny-Achène) et deux lignes 225 000 volts (Chooz-Jamiolle et Moulaine-Aubange). Les capacités disponibles pour les échanges transfrontaliers, comme pour toutes les interconnexions, varient en fonction de la saison, des périodes de maintenance du réseau, mais aussi en fonction des échanges commerciaux sur l ensemble des interconnexions. Pour permettre l allocation des capacités disponibles, RTE et ELIA réalisent des calculs de capacité à différents horizons de temps, mensuel et journalier. L allocation des capacités d interconnexion sur la frontière franco-belge est aujourd hui réalisée, dans le sens France-Belgique, de façon conjointe entre les deux gestionnaires de réseau, ELIA et RTE, par un mécanisme basé sur des listes de priorité. Dans le sens Belgique-France en revanche, les deux gestionnaires de réseau allouent à ce jour la capacité de manière disjointe dès lors que la capacité offerte est inférieure à la demande. En moyenne, les transits physiques sur cette frontière ont plus souvent lieu dans le sens France-Belgique. Une interconnexion renforcée via la ligne Avelin-Avelgem La ligne reliant le poste d Avelin, au sud de l agglomération lilloise, au poste d Avelgem en Belgique, est une artère maîtresse des transits européens. Depuis sa construction en 1974, la quantité annuelle d énergie électrique transportée sur le réseau français a quasiment triplé (de 170 à 500 milliards de kwh). Pour maintenir le niveau de sécurité mutuelle entre les réseaux belges et français, RTE et ELIA ont décidé conjointement, début 2003, de renforcer l interconnexion en équipant d un deuxième circuit la ligne existante 400 000 volts Avelin-Avelgem, et en réalisant les connexions nécessaires pour utiliser au mieux la capacité de ce nouvel axe. La fin des travaux est prévue pour novembre 2005. La solution d un renforcement de 9
l axe Avelin-Avelgem a été retenue en raison d un très faible impact environnemental et de coûts et délais moindres. Ce projet répond à des enjeux transfrontaliers importants liés aux missions de service public de sécurité d alimentation, tout en accompagnant l ouverture du marché de l électricité. Un accroissement de la capacité de secours mutuel. L augmentation du transit électrique sur l axe France - Benelux a été identifiée comme projet prioritaire par la Commission européenne. Le Conseil des ministres européens de l énergie du 15 décembre 2003 a rappelé le nécessaire développement des infrastructures d interconnexion pour prévenir les risques d incident. Une capacité d échanges accrue dans le cadre du marché intérieur de l électricité. L ouverture du marché de l électricité en Europe se poursuit. Au service des acteurs du secteur de l énergie et de l économie européenne, les deux gestionnaires de réseau de transport répondent ainsi à la demande d augmentation des échanges transfrontaliers d électricité. Une ligne sécurisée. Côté français, il est projeté de mettre cette ligne aux nouvelles normes techniques qui ont été établies suite aux tempêtes de décembre 1999 (renforcement des fondations et des structures des pylônes). La ligne sécurisée sera capable de résister à des vents de 170 km/h, soit à des conditions climatiques équivalentes à celles de décembre 1999. Côté belge, ELIA a déjà renforcé la ligne après les tempêtes qu avait essuyé la Belgique en 1990. Un chantier innovant Le déroulage des nouveaux câbles, réalisé en mars 2005, a nécessité une soixantaine de tourets, hauts de trois mètres et larges d un mètre cinquante, pesant environ sept tonnes et contenant jusqu à 3600 mètres de câbles en alliage d aluminium. Ces câbles ont le même diamètre que les câbles existants, mais sont constitués de brins de section carrée, ce qui offre 20% de section supplémentaire pour le passage du courant, d où une capacité accrue et une diminution substantielle des pertes électriques. Il s agit du premier chantier utilisant ce type de câble en France. L engagement des deux pays dans un processus d évolutions de l interconnexion La France et la Belgique ont signé le 7 mars 2005 un mémoire d entente relatif aux interconnexions électriques France-Belgique. Ce mémoire engage les deux pays vers un processus d évolution qui vise à renforcer les capacités physiques d interconnexion entre les deux pays, mais aussi, dans le cadre réglementaire européen, à mettre en place des mécanismes de marché pour l allocation 10
des capacités et, enfin, améliorer la sécurité d approvisionnement électrique des deux pays et du réseau européen. Renforcement des interconnexions électriques L ensemble des travaux prévus sur l axe Avelin Avelgem et les aménagements complémentaires sur les réseaux français et belge permettront un gain en capacité de plus de 1000 MW dans des configurations favorables du système. Mécanismes de marché pour l allocation de capacités Deux projets sont lancés sur la frontière franco-belge pour permettre l allocation des capacités par des mécanismes d enchères : - le projet Belpex, qui prévoit, à l occasion de la création de la bourse d électricité belge à l initiative d ELIA, la mise en place d un couplage de ce marché, à l horizon journalier, avec les bourses néerlandaise (APX) et française (Powernext) ; - le projet «Enchères France-Belgique», qui prévoit la mise en place d enchères explicites aux horizons annuel et mensuel sur l Interconnexion France-Belgique; ce projet est mené par ELIA et RTE. Ces deux projets ont un même objectif de démarrage opérationnel pour début 2006. Coordination renforcée en matière de sécurité d'approvisionnement Le mémoire d entente Franco-belge sur les interconnexions prévoit que les gestionnaires de réseaux électriques mettent en commun leurs prévisions sur l évolution des moyens de production et sur leur adéquation avec les perspectives de consommation. ELIA et RTE travaillent également, à plus court terme, sur une mise en commun des réserves de puissances respectives des deux pays, qui permettrait à un pays de faire appel aux réserves de l autre dans les cas où le premier serait confronté à une insuffisance de moyens propres pour assurer l équilibre du système sur son périmètre. 11
Avant les travaux de renforcement : ligne à un seul circuit Ligne Avelin Avelgem à deux circuits 12