L actualité économique internationale textile-habillement N 201310 Octobre 2013 Europe - Situation et l évolution des importations européennes d habillement En coopération avec le Cercle Euro-méditerranéen des Dirigeants Textile-Habillement, le cabinet conseil JF Limantour/Texaas (Textile And Apparel Services) a réalisé une étude sur les caractéristiques actuelles et l évolution des importations européennes d habillement. Qui sont les principaux fournisseurs d habillement de l Union européenne? Quels sont leurs atouts? Qu exportent-ils vers l Europe et à quels prix? Comment évoluent leurs parts de marché? Quels sont les marchés européens les plus attractifs? Qu achètent-ils et à qui? Quels vêtements sont les plus importés? Quels en sont les principaux fournisseurs? Comment évoluent les principales zones de sourcing des étatsmembres? Tels sont quelques-uns des thèmes de cette étude de 130 pages conçue pour être un outil d information et de réflexion stratégique pour les divers acteurs de la filière textile-habillement. Renseignements : cedith@cedith.com - France : léger mieux pour les ventes d habillement Après une forte hausse en juin (+5,4 %), principalement imputable au calendrier des soldes d été, les ventes d habillement en France ont baissé en juillet (-1,2 %) pour revenir en août à leur niveau de juin (+ 1,3 %). Au cours des sept premiers mois de 2013, elles ont atteint une valeur de 30,15 milliards d euros, soit 1,1 % de moins que pour les sept premiers mois de 2012. Source : Insee Traitement statistique : J.F Limantour Dans ces conditions et compte tenu de la légère reprise économique, le CEDITH anticipe à 1% le recul de la consommation vestimentaire/chaussure de 2013. 1
- France : hausse très modérée des prix des vêtements En un an, de septembre 2012 à septembre 2013, les prix de détail des vêtements n ont progressé que de 0,6 %. Cette évolution traduit bien la morosité persistante de la consommation vestimentaire, affectée par la crise économique et le chômage. Source Insee Traitement statistique : J.F Limantour - Commerce extérieur français : stagnation des importations! Les importations françaises d habillement d origine extra-européennes n ont pas progressé en valeur au cours des sept premiers mois de 2013 par rapport à leur niveau à fin juillet 2012. Commerce extérieur d habillement de la France à fin juillet 2013 Importations d habillement de la France Exportations d habillement de la France Fournisseurs 7 premiers mois 2013 (1000 ) 2013/2012 % Clients 7 premiers mois 2013 (1000 ) 2013/2012 % Chine 2 797 631-6 % Etats-Unis 226 719 +1% Bangladesh 839 560 +14 % Suisse 185 344 +2 % Turquie 641 145 +2 % Hong Kong 177 836 +14 % Inde 531 174 0 % Japon 160 378 +2 % Maroc 503 943 +2 % Russie 103 543-10 % Tunisie 501 743 0 % Chine 97 201 +24 % Vietnam 155 313 +10 % Emirats A.U 61 984 +15 % Pakistan 122 514 +1 % Corée du Sud 44 282 +22 % Cambodge 105 330 +85 % Arabie Saoudite 42 386 +2 % Total extra U.E 6 931 656 0 % Total extra U.E 1 588 552 + 4 % Source : Douanes françaises Calculs : IFM Les performances des fournisseurs asiatiques sont contrastées, avec un nouveau recul de la Chine (-6%), la stagnation de l Inde (0%) et du Pakistan (+1%) alors que le Bangladesh (+14%) et le Vietnam (+10%) progressent sensiblement. Mais la plus belle performance est à mettre à l actif du Cambodge qui progresse de 85 % à fin juillet 2013! Rappelons que ce pays bénéficie à la fois d une règlementation européenne avantageuse (TSA) et de délocalisations d entreprises chinoises vers ce fournisseur à très bas coûts salariaux. 2
Au cours de cette même période, les exportations françaises d habillement vers les pays extra-ue ont progressé de 4 %. Elles continuent à croitre à un rythme soutenu à Hong Kong (+14%) et en Chine (+24%). Elles sont quasiment stables vers les partenaires européens de la France : +1 %, avec toutefois une belle progression en Allemagne (+12%) mais des baisses de 3 % en Italie et de 8 % en Espagne. - Baisse ralentie des importations européennes d habillement Importations européennes en provenance des pays extra-ue (7 premiers mois de 2013) Fournisseurs Rang 7 premiers mois 2012 7 premiers mois 2013 Evolution Valeur (1000 ) % Valeur (1000 ) % 2012/2013 % TOTAL EXTRA-EUR 35 781 769 100,0 34 974 169 100,0-2,3 China 1 14 363 866 40,1 13 154 981 37,6-8,4 Bangladesh 2 4 858 262 13,6 5 162 675 14,8 6,3 Turquie 3 4 826 654 13,5 5 013 326 14,3 3,9 Inde 4 2 569 565 7,2 2 547 047 7,3-0,9 Maroc 5 1 140 906 3,2 1 219 653 3,5 6,9 Tunisie 6 1 247 354 3,5 1 181 602 3,4-5,3 Vietnam 7 850 620 2,4 846 506 2,4-0,5 Pakistan 8 722 257 2,0 793 395 2,3 9,8 Cambodge 9 616 687 1,7 773 650 2,2 25,5 Sri Lanka 10 643 359 1,8 602 713 1,7-6,3 Indonésie 11 666 800 1,9 569 966 1,6-14,5 Suisse 12 311 243 0,9 305 401 0,9-1,9 Thaïlande 13 362 999 1,0 294 335 0,8-18,9 USA 14 252 731 0,7 262 880 0,8 4,0 Hong Kong 15 254 321 0,7 257 850 0,7 1,4 Égypte 16 232 117 0,6 222 114 0,6-4,3 Ile Maurice 17 172 792 0,5 162 838 0,5-5,8 Croatie 18 186 841 0,5 143 621 0,4-23,1 Macédoine 19 143 786 0,4 140 474 0,4-2,3 Madagascar 20 108 999 0,3 120 537 0,3 10,6 Source : Eurostat Traitement statistique : J.F Limantour A fin juillet 2013, les importations européennes d habillement restaient orientées à la baisse (-2,3 % à 35 milliards d euros). Mais la baisse ralentit, ce qui suggère que les importateurs sont moins pessimistes et croient à une reprise prochaine des marchés. Les performances des pays asiatiques demeurent contrastées : bon nombre d entre eux comme la Chine, l Inde, le Vietnam, le Sri Lanka, l Indonésie ou la Thaïlande sont en recul alors que d autres tels que le Bangladesh et le Pakistan sont en croissance. Situation contrastée également dans l Océan indien avec l Ile Maurice en baisse de 5,8 % et Madagascar qui progresse de 10,5 %. La progression de Madagascar résulte en partie de délocalisation sur la Grande Ile d usines mauriciennes. Du côté des fournisseurs méditerranéens, on notera surtout le décrochage de la Tunisie (-5,3%) alors que le Maroc qui lui a ravi la 5 ème place en tant que fournisseur d habillement de l U.E, progresse de 6,9 %. Avec une progression de 3,9 %, la Turquie gagne des parts de marché et consolide sa position de 3 ème fournisseur de l UE en habillement alors que l Egypte, engluée dans ses problèmes politiques et économiques, recule de 4,3 %. 3
- Management de la mode : deux notes de Lectra à lire absolument! Tout dirigeant d une entreprise d habillement doit absolument lire deux remarquables notes pédagogiques réalisées et diffusées récemment par Lectra, le numéro un mondial des solutions technologiques avancées de création, de design, de développement et de production des industries de la mode. La première, intitulée «Conduire le changement dans l industrie de la mode» prodigue de très utiles conseils sur l art et la manière de gérer efficacement un changement à grande échelle, comme la mise en place d une solution PLM : analyse des problèmes, définition des objectifs du projet, communication interne, motivation des acteurs du changement, information des fournisseurs, etc. La seconde, intitulée «Un approche globale du contrôle des coûts de développement» souligne l importance d une maitrise optimisée des coûts des tissus, du prototypage, d un patronage intelligent, de la résolution des problèmes «avant qu ils ne coûtent cher», et d avoir des relations transparentes avec les fournisseurs. Bref, une approche «Design to Cost» permettant d optimiser les opérations de conception et de création en intégrant différentes contraintes de production à des moments clés du développement, afin de tester différents scénarios et d analyser leur incidence sur les coûts. Asie - Japon : croissance record de Fast Retailing (Uniqlo) Le groupe japonais d habillement Fast Retailing a annoncé des résultats en forte croissance pour son exercice 1 er septembre 2012/31 août 2013 : hausse de 23,1 % de son chiffre d affaires à 1.143 milliards de yens (9,14 milliards d euros) pour un profit net de 90,4 milliards de yens (723 millions d euros). Selon le groupe, ces excellents résultats ont été obtenus grâce au succès de sa marque Uniqlo au Japon (énorme succès des vêtements «Heat-tech» ) et à l expansion internationale de cette griffe. Outre Uniqlo, Fast Retailing gère d autres griffes dont Theory, Comptoir des cotonniers, Princesse Tam Tam et G.U. Le groupe compte 853 boutiques Uniqlo au Japon et 446 hors Japon dont 102 dans la «sphère chinoise» (Chine, Hong Kong, Taïwan). Pour l exercice 2013/2014 en cours, Fast Retailing table sur un profit opérationnel de 156 milliards de yens et sur un chiffre d affaires de 1.330 milliards de yens. Le groupe escompte une hausse de 39 % des ventes d Uniqlo hors Japon, avec l ouverture de 198 nouveaux magasins dont 98 en sphère chinoise. - Chine : délocalisations vers l Asie du Sud-Est Selon le Quotidien du Peuple, l atout majeur de l industrie textile-habillement chinoise réside dans sa chaîne industrielle complète, qui fait que la Chine demeure, de très loin, le premier exportateur mondial de vêtements. Ce journal note toutefois que cette situation est en train de changer progressivement, la fabrication chinoise de vêtements bas/moyen de gamme étant de plus en plus progressivement délocalisée vers les pays voisins de l Asie du Sud-Est tels que le Cambodge, pays où le salaire mensuel minimum n est que de 80 US$. Pour le Quotidien du Peuple, la stratégie du secteur textile-habillement chinois est claire : produire à l extérieur les vêtements bas/moyen de gamme destinés essentiellement au marché populaire intérieur chinois et développer en Chine une production à forte valeur ajouté de vêtements pour les marchés d exportation et les classes moyennes et supérieures chinoises. Bref, une stratégie qui ressemble, en beaucoup de points, à celle qui fut mise en œuvre, avec plus ou moins de succès, par l industrie européenne lors du démantèlement de l Accord Multifibres. Quoi qu il en soit, les maîtres mots en Chine sont maintenant marques, style, innovation et créativité, technologies de pointe, marketing, tissus intelligents, communication, compétences..pour demeurer plus que jamais le leader mondial incontesté. Un pari qui sera très vraisemblablement réussi. 4
- Vietnam : coopération dans le secteur de l habillement Un dispositif d interface textile-habillement va être mis en œuvre entre le Vietnam et l Union européenne, à l initiative du Cercle Euro-méditerranéen des Dirigeants Textile-Habillement (Cedith) et de cabinets-conseils membres, pour renforcer la coopération euro/vietnamienne dans le secteur textile-habillement. L objectif général est de favoriser les échanges commerciaux de produits textiles et d habillement entre l Union européenne et le Vietnam, ainsi que la coopération industrielle. Cette structure qui devrait être opérationnelle début 2014 sera basée à Paris et à Hanoï. Elle interviendra dans les domaines du conseil, de l intelligence économique, des investissements, de la promotion et de la formation professionnelle. Avec plus de 4000 entreprises et 1,3 million de salariés, l industrie textile-habillement du Vietnam est devenue au cours de ces dernières années un des fournisseurs majeurs des marchés occidentaux en vêtements. En 2012, ses exportations totales d habillement ont atteint 17,2 milliards de dollars dont 7,1 milliards US$ sur le marché américain où il figure maintenant à la seconde place derrière la Chine. L année dernière, ses exportations d habillement vers l UE ont atteint 1,73 milliard d euros (2,34 milliards US$), ce qui place le Vietnam au 7 ème rang parmi les fournisseurs de l Union européenne. Le Vietnam importe l essentiel de ses besoins en textile (fils, tissus,..) de Chine, de Corée et du Japon. Le succès du Vietnam à l exportation d habillement sur les marchés internationaux repose sur divers atouts dont des coûts salariaux attractifs : le salaire minimum mensuel varie, selon les régions, de 60 à 85 euros, et les salaires mensuels moyens ouvriers de 100 à 130 euros (base 48 heures/semaine), soit sensiblement inférieurs aux salaires de la Chine voisine. La stabilité politique du pays, le strict respect des normes sociales, la qualité des investissements matériels, le bon niveau de qualification du personnel ouvrier et d encadrement ainsi que la productivité des usines sont également des facteurs importants de la compétitivité du secteur. Conscientes de l importance stratégique du secteur pour les équilibres socio-économiques du Vietnam, les autorités vietnamiennes ambitionnent de porter ses exportations à 25 milliards de dollars en 2020, 32 milliards en 2020 et 65 milliards US$ en 2030. - Bangladesh : plus de mille usines de confection vont être inspectées! Pays parmi les plus pauvres du monde, le Bangladesh s est hissé en quelques années au second rang des fournisseurs d habillement de l Union européenne et des Etats-Unis, derrière la Chine. Son secteur de l habillement, fort de 5.000 entreprises et de 4 millions de salariés, représente 80 % des exportations bangladaises, 15 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) et 45 % de l emploi industriel. Entre 2007 et 2012, les importations européennes d habillement en provenance du Bangladesh ont augmenté de 87,2 %, soit une croissance annuelle moyenne de 13,4 %, pour atteindre 8,2 milliards d euros. Le Bangladesh doit sa progression rapide à trois facteurs principaux : Des salaires très bas : actuellement, le salaire mensuel minimum est de 3.000 takas, soit 28 euros! Des conditions sociales souvent très en deçà des normes internationales minimales Un accord préférentiel très avantageux, octroyé sans contrepartie par l Union européenne, permettant au Bangladesh d exporter à droits nuls vers l U.E les vêtements qu il produit, et quelle que soit l origine des tissus qui les composent. Grâce à ces conditions incomparables de compétitivité, le Bangladesh est devenu en quelques années une zone très attractive de sourcing pour la plupart des grandes enseignes et grandes marques internationales. Des entreprises chinoises elles-mêmes viennent s y délocaliser pour alimenter leur marché domestique. Cet âge d or pourrait cependant prendre fin prochainement : les 110 morts en novembre 2012 dans l incendie de l usine Tazreen, le drame de l effondrement des neuf étages d ateliers de confection du Rana Plaza avec ses 1129 victimes en avril, les 9 morts de l incendie qui a ravagé le 9 octobre dernier l usine de confection Aswad Knit Composite près de Dacca et les violentes manifestations sociales qui se succèdent au Bangladesh depuis des mois jettent une lumière crue sur les conditions de travail des salariés de l habillement et rendent les distributeurs très prudents. Compte tenu des enjeux et des risques pour les exportations bangladaises, le gouvernement tente de réagir. Pour améliorer les conditions de travail dans le secteur, il a appuyé la signature d un accord sur la sécurité dans les usines entre de grandes marques internationales et les syndicats, a promis d augmenter en novembre 5
le salaire minimum à «entre 4500 et 5500 takas» (58 à 71 dollars) et a lancé avec l Organisation Internationale du Travail (OIT), le 22 octobre à Dacca, une vaste opération d inspection de plus de mille ateliers de confection. Cela suffira-t-il? La série noire qui frappe le secteur va-t-elle s arrêter? Pas sûr! Déjà, les syndicats menacent de déclencher une vague de grèves si le salaire minimum est fixé sous les 6.000 takas (78 dollars). Quant au strict respect généralisé des normes minimales du travail au Bangladesh, ce n est sans doute pas demain la veille. Mais qui s en soucie réellement? Les grands distributeurs? L Union européenne? Méditerranée/Afrique - Algérie : développement d un partenariat textile-habillement avec la France A l occasion d un colloque franco-algérien organisé à Alger fin octobre sur les nouvelles technologies pour l industrie textile, les participants français réunis sous la bannière de l Union des Constructeurs de Matériels Textiles de France (UCMTF) et les entrepreneurs algériens ont manifesté le souhait de développer une coopération et des partenariats (investissements, prises de participation, formation) pour valoriser l offre textile-habillement algérienne afin d offrir des produits nationaux aux consommateurs algériens (demande nationale en produits textiles estimée à 150 milliards de dinars), en substitution aux vêtements importés et au marché informel. Dans le domaine de la formation, une coopération est envisagée avec l Ecole Supérieure d Ingénieurs du Sud Alsace (Ensisa) et l Institut Textile et Chimique de Lyon (Itech). Les investissements en Algérie, pays où les entrepreneurs textiles turcs sont de plus en plus présents, sont estimés entre 800 et 900 millions de dollars. - L Ethiopie, nouvel eldorado? Suite à la montée des coûts chinois et aux problèmes du Bangladesh, certains distributeurs occidentaux comme H&M se tournent maintenant vers des pays de l Afrique sub-saharienne pour leur sourcing en vêtements. C est le cas de l Ethiopie. Avec des coûts de salariaux deux fois inférieurs à ceux de Chine, ce pays de 85 millions d habitants, un des plus pauvres du monde ( selon la Banque mondiale, le revenu moyen annuel par habitant atteignait 370 dollars (276 euros) en 2012, contre 1.257 dollars (938 euros) en moyenne chez ses voisins), attire en effet des investisseurs, par exemple le chinois Huajian, et un nombre croissant de grandes enseignes en quête de conditions d approvisionnement très compétitives. L Ethiopie va-t-elle devenir un des grands producteurs d habillement? Rien n est moins sûr car les salaires y augmentent rapidement corrélativement à une situation économique qui s améliore sensiblement, le pays n est pas encore membre de l OMC, ce qui constitue un handicap lourd pour participer activement au commerce international, et, comme le Bangladesh, le respect des droits de l homme est plus un objectif incertain qu une réalité. - Zambie : relance du secteur textile-habillement Selon un rapport du Département américain au Commerce, la Zambie ne parvient pas à profiter de l accès à droits nuls autorisé par l Africa Growth Opportunity Act (AGOA), en raison de la faiblesse de son industrie de l habillement. Inquiet par les mauvaises performances du secteur, le vice-ministre du commerce et de l industrie de Zambie, Miles Sampa, a déclaré que le gouvernement est déterminé à relancer l industrie textile pour bénéficier effectivement de l AGOA. Le gouvernement a annoncé qu il rencontrera rapidement tous les acteurs de la filière à ce sujet mais n a pas, pour l heure, donné la moindre indication sur les voies et moyens qu il envisageait pour redresser la situation. 6
Amériques - Nouvelle implantation du Coréen H&T Textiles à Haïti H&H Textiles, la filiale haïtienne de Yujin Apparel basée à Séoul, vient ce mois-ci de réunir ses 500 premiers salariés. L'usine occupe 15.000 mètres carrés dans deux bâtiments modernes qui composent Les Palmiers Zone Franche, dans la municipalité de Carrefour, aire métropolitaine de Port-au-Prince. La zone franche, démarrée un an après le séisme de 2010, et achevée il y a 10 mois, représente un investissement privé local de US$ 8.5 millions. H&H s'attend à dépenser un peu plus de la moitié de ce montant pour compléter ses installations. Une fois pleinement opérationnelles, les deux usines disposeront de 3000 salariés. Ces salariés rejoindront les1600 ouvriers déjà employés dans deux complexes, soit 4.600 au total. La production de ces unités est destinée au marché américain. - Canada : du haut de gamme à 100% «made in Québec». Victime de l ouverture des quotas asiatiques en 2005, l industrie québécoise de l habillement résiste et s oriente résolument vers le haut de gamme. Le secteur québécois ne comptait plus en 2009 que 11.000 salariés dans 525 entreprises, presque toutes de petite taille (86 % d entre elles comptaient moins de 50 salariés. Pour les industriels de la Province, les sous-secteurs des textiles techniques à forte valeur ajoutée, incluant les textiles «intelligents» et les vêtements haut de gamme (par exemple à base de duvet d oie) et les vêtements professionnels de protection (à noter que la loi oblige que les vêtements militaires soient canadiens) ont un bel avenir au Québec. Plusieurs entreprises ont déjà rapatrié au Canada des unités de production délocalisées en Asie. Selon les professionnels, cette stratégie volontariste du «made in Québec» se heurte cependant à un sérieux problème de main d œuvre. De l avis général, l industrie manque de main-d œuvre qualifiée. Avec la crise des années 1990-2000, des programmes de formation ont fermé leurs portes. Aujourd hui, le diplôme d études professionnelles (DEP) Dessin de patron n est offert que dans deux centres de formation professionnelle, le DEP Confection de vêtements et d articles de cuir dans un seul centre, le diplôme d études collégiales (DEC) Gestion de la production du vêtement dans un seul établissement. Compte tenu de liens étroits du Québec avec la France, ne faudrait-il pas lancer un programme de coopération en formation professionnelle avec des écoles françaises? Jean-François Limantour Président Cercle Euro-méditerranéen des Dirigeants Textile-Habillement (CEDITH) 25 octobre 2013 7