Épreuve composée Pour la partie 3 (Raisonnement s appuyant sur un dossier documentaire), il est demandé au candidat de traiter le sujet : en développant un raisonnement ; en exploitant les documents du dossier ; en faisant appel à ses connaissances personnelles ; en composant une introduction, un développement, une conclusion. II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation. Troisième partie : Raisonnement s appuyant sur un dossier documentaire Cette partie comporte trois documents. À l aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les variations de la demande globale sont un facteur important des fluctuations économiques. DOCUMENT 1 Croissance économique et évolution de la demande globale en France (en %). Source : OCDE, 2013.
DOCUMENT 2 Évolution des contributions à la croissance du PIB en volume en France (en points de pourcentage). Dépenses de consommation finale Formation brute de capital fixe Solde extérieur des biens et services Choc pétrolier Crise de 1993 Crise de 2008 1974 1975 1976 1992 1993 1994 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2,6 2,0 3,8 1,3 0,7 0,9 1,7 0,4 0,7 1,4 0,5 0,2 0,7-1,4 0,5-0,4-1,2 0,3 1,3 0,1-2,3 0,3 0,6-0,2 1,2 1,2-1,7 0,9 0,8 0,0-0,9-0,3-0,5 0,0 0,0 1,0 Variation de stocks 0,3-3,0 1,8-0,3-1,0 1,0 0,2-0,2-1,2 0,1 1,1-0,8 Produit intérieur brut 4,7-1,1 4,4 1,5-0,7 2,2 2,3-0,1-3,1 1,7 2,0 0,0 Source : INSEE, 2013. Note : l'addition des contributions peut différer du chiffre de la croissance en raison des arrondis. DOCUMENT 3 L'impact sur l'activité a été particulièrement récessif et si tous les pays n'ont pas été touchés avec la même violence, les pays qui ont connu la plus faible croissance en 2012 sont également ceux où la restriction budgétaire a été la plus forte. [...] Au resserrement de la demande intérieure dans chaque pays, s'ajoute celui des partenaires voisins via le canal du commerce extérieur. Partout les demandes intérieures fléchissent sous le poids de l'ajustement. À l'exception de quelques pays (Allemagne, France...), la consommation des ménages et l'investissement des entreprises reculent avec le repli des revenus. Les taux d'épargne ont chuté pour se retrouver à des niveaux bas et peuvent de moins en moins jouer leur rôle d'amortisseur. Avec les moindres créations d'emplois, la hausse des taux de chômage s'est accélérée en fin d'année (sauf en Allemagne où le taux de chômage est resté stable car, comme en 2009, les entreprises ont davantage ajusté sur la durée du travail). La situation sociale est tendue. L'Espagne connaît 5 millions de chômeurs (soit 26 % de sa population active), dont 2 millions qui ne reçoivent plus aucune indemnisation. Cette situation de chômage élevé fait pression sur les salaires et entretient la baisse des revenus. Source : «Le commencement de la déflation, perspective 2013-2014», Analyse et prévisions, OFCE, mai 2013.
CORRIGE Notions à mobiliser : Fluctuations économiques, demande globale, crise économique, dépression, croissance, PIB. Savoir-faire : - Lecture d'un graphique ; - Distinction entre variables nominales et variables réelles ; - Présentation et interprétation d'une corrélation ; - Lecture d'un tableau à double entrée ; - Lecture et interprétation d'évolutions en points de pourcentage. ATTENTION : proche du sujet de dissert «Dans quelle mesure les variations de la demande expliquentelles les fluctuations économiques?». Mais là : DISCUSSION, nuance à apporter (II. D autres explications)
Raisonnement possible : INTRO : La demande globale (composée de la consommation, de l investissement, des dépenses publiques, et du solde extérieur) et le niveau d'activité semblent étroitement liés. Il existe une corrélation très nette entre ces deux grandeurs économiques (document 1) : entre 1971 et 201, on observe en France une évolution similaire du PIB (Produit Intérieur Brut = somme des valeurs ajoutées d un pays sur une année) et de la demande globale. L activité économique n est pas régulière : elle connaît des fluctuations, càd des variations des grandeurs telles que la production, le niveau des prix, le niveau de l emploi, etc. Nous allons montrer que les variations de la demande globale sont un déterminant important des fluctuations économiques, en étudiant le rôle de chacune des composantes de la demande globale dans les fluctuations économiques. 1) La consommation est la composante principale du PIB, ce qui lui donne une place importante dans l'explication du niveau d'activité. La consommation finale joue un rôle de premier plan dans la détermination de la production car elle est à la base de l'achat de la production et, donc, des décisions de productions futures. On peut observer dans le document 1 que PIB et demande évoluent de la même manière. Si l on considère les 3 années de dépression en France (1975, 1993 et 2009), on constate que le PIB et la demande ont diminué (pour 2009 : le PIB et la demande ont diminué de 3%). Le document 3 s intéresse aux contributions des différentes composantes de la demande à la croissance suite à des chocs de demande (choc pétrolier de 1974, crise de 1993, et crise de 2008). On constate que les dépenses de consommation finale contribuent toujours de manière positive au PIB, et qu elles sont souvent l élément déterminant pour retrouver une croissance positive (surtout en 1976, année où les dépenses de consommation finale expliquent plus de 80% de la croissance : 3,8 points sur 4,4 % de croissance). - Une baisse, ou simplement une moindre progression de la consommation causée par un ralentissement économique peut donc provoquer une amplification de ce ralentissement. Une telle situation fait pression à la baisse sur les salaires, réduit les revenus par augmentation du chômage (document 3) et pousse à l'épargne de précaution, produisant des effets négatifs sur la consommation, entraînant un cercle vicieux. 2) L'investissement (mesuré en comptabilité nationale par la FBCF : formation brute de capital fixe) représente un poids plus faible dans la demande intérieure. Cf. doc 2 : les années non concernées par un choc (càd un évènement entraînant une modification importante et soudaine de la situation économique, entraînant une hausse de la demande (choc positif) ou une baisse en cas de choc négatif) il contribue moins que la consommation à la croissance : par exemple en 1992, les dépenses de consommation finale représentent 1,3 point des 1,5% de croissance, alors que les investissements y contribuent de manière négative (-0,4 points). Mais en cas de choc, la réduction de l'investissement explique une part importante du taux de croissance négatif. Cf. document 2 : en 1975, 1993 et 2009, 3 années de baisse du PIB, la baisse de l investissement est la cause principale de cette baisse de la production. Ainsi, les évolutions de l'investissement accentuent les fluctuations. En effet, un choc (négatif ou positif) affecte les perspectives de vente et conduit à un ajustement plus que proportionnel de l'investissement ; 3) Les échanges extérieurs peuvent jouer également sur le niveau d'activité à travers ses effets sur la demande globale. Pour certains pays la demande extérieure peut être une composante très importante de la demande globale, comme pour l'allemagne. En ce qui la concerne on peut dire que sa croissance est tirée par les
exportations vers ses partenaires commerciaux. Les fluctuations des débouchés peuvent alors entraîner des fluctuations dans la croissance car «au resserrement de la demande intérieure dans chaque pays (en période de récession) s ajoute celui des partenaires voisins via le canal du commerce extérieur» (doc 3). Si le solde extérieur est positif, càd si les importations sont inférieures aux exportations, alors la contribution à la croissance est positive. En exploitant le document 2, on constate que ceci était le cas dans les années 1974 et 1975, plus faiblement en 1992 et 1993, mais depuis 2008, le solde extérieur français contribue soit à la dépression (cf. 2009 : -0,5 points des -3,1% de croissance sont dus à un solde extérieur négatif), soit il contribue peu à la croissance, sauf en 2012 (mais on ignore ici si cela est dû à une baisse des importations, qui traduirait alors un faible demande intérieure, ou à une augmentation des exportations). CCL : La demande est un des facteurs explicatifs des fluctuations de la croissance, une baisse de la demande entraîne une baisse de la production, et donc de l emploi, pouvant entraîner un mécanisme cumulatif récessif. Cependant, les variations de la demande ne permettent pas d'expliquer la totalité des fluctuations économiques : il est nécessaire de prendre en compte d'autres facteurs, indépendants de la demande.