TRAVAUX EN ATELIERS ACTIONS PRESENTEES Les actions sont ici résumées sous forme de fiches. Vous pouvez les retrouver dans leur intégralité sur le site du CAREP : http://www.ac-reims.fr/carep/ (les projets en actions) Chant choral réussite et maîtrise de la voix REP de Chaumont la Rochotte (52) Culture scientifique et éducation prioritaire REP de Joinville (52) REP de Romilly sur seine (10) Culture scientifique, partenariat et pôle d excellence REP de Sedan Fresnoy (08) Théâtre et citoyenneté REP de Romilly sur Seine (10) REP de Reims /Orgeval (51) Passerelles entre culture familiale de culture scolaire, le conte : REP de Châlons rive Gauche (51) lectures publiques : REP de la Chapelle ST Luc (10) Ecriture de contes REP de Charleville-Mézières / Manchester (08) Education à l image : REP d Epernay (51) Education artistique et éducation prioritaire galerie d établissement : REP de Charleville-Manchester (08) plan local d éducation artistique : REP de Vitry le françois (51)
Chant choral, réussite et maîtrise de la voix REP de Chaumont le Rochotte (52) - Assurer la meilleure réussite de tous les élèves et de chacun d entre eux, - Amener les enfants en difficulté à prendre conscience de leurs potentialités et les développer, - Conduire les enfants vers une écoute intérieure et une écoute des autres, - Favoriser par le chant l expression orale. Un professeur certifié d Education Musicale et de chant choral, formé et spécialisé dans le travail vocal des enfants et chef de chœur, est responsable de cette action. Il bénéficie de 10 heures prises sur les moyens départementaux. Il dispose d une salle dans l école, d un clavier et d un moyen de diffusion de CD. Ce travail est développé sur trois écoles de la ZEP. En début d année, le professeur et les enseignants d école primaire se sont réunis pour définir les objectifs précis des séances et ont établi le profil des élèves concernés. Deux séances de 45 minutes se déroulent pendant le temps scolaire : décontraction, respiration, écoute et concentration, travail vocal individuel et collectif, apprentissage de chansons. Améliorations de comportement sont signalées par les élèves eux-mêmes. Evolutions positives de ces enfants constatées par les enseignants au niveau de la lecture et de l expression. Modification du regard des autres sur ces enfants perçus comme perturbateurs. Grande adhésion des enfants en partie parce que cet enseignement fait appel à des notions sensorielles et émotionnelles. Ce travail pour être efficace doit être réalisé avec des groupes de 6 élèves maximums Il est nécessaire de coordonner cette action avec les autres interventions éventuelles du réseau d aide.
Culture scientifique et éducation prioritaire REP de Joinville (52) Sciences et technologie insuffisamment enseignées dans nos classes en raison du sentiment d incompétence qu ont les enseignants à l égard de ces disciplines, Absence de matériel, Difficultés des enfants concernant la maîtrise de la langue. - Faire que l enseignement des sciences soit effectif dans tous les cycles - Favoriser l expérimentation - Favoriser la maîtrise de la langue en s appuyant sur l enseignement des sciences - Choix d un thème commun : l eau dans tous ces états projet (sur trois ans) - Elaboration collective d une programmation et de progressions par cycle - Mise en œuvre d une démarche expérimentale ( les représentations, le questionnement, élaboration d un protocole expérimental, échanges, argumentation, validation). Après un temps d adaptation (travail en groupe, bruit) les élèves ont apprécié de devenir acteur dans l élaboration de leurs savoirs. On note une implication plus importante tant à l oral qu à l écrit. Utilisation en hausse de la documentation. Un manque de stabilité de l équipe a beaucoup perturbé cette action. Pour ce type de projet un accompagnement des enseignants est fondamental. Il peut prendre des formes diverses : mise en place de «boîte à manip» dans des centres de ressources de circonscription, développement de la formation continue, mutualisation des ressources (documentation, matériel, réflexions etc..)
Culture scientifique et éducation prioritaire REP de Romilly sur Seine (10) - Accent mis sur le développement de la culture scientifique dans les ZEP depuis l élaboration du contrat de réussite, - Equipes engagées dans cette dynamique (équipement, animation, engagement dans l opération la main à la pâte). - Stimuler la curiosité et donner aux élèves une méthodologie d investigation scientifique, - Donner du sens en combinant l extraordinaire du projet avec l ordinaire le travail au quotidien dans la classe, - Valoriser l image de la ZEP, - Articuler et mettre en cohérence projet d école, contrat de réussite, projet de circonscription. Autour d un thème commun «les animaux de la ville» choix d actions pédagogiques par les enseignants. Coordination, régulation par le coordonnateur ; accompagnement par la conseillère pédagogique. Finalisation des activités en terme de communication (articles, photos, vidéos relatant les démarches, les conclusions ) Exposition dans la salle municipale avec animations. Travail en partenariat avec le cinéma ( programmation de films en rapport avec le thème), les bibliothèques (mise en valeur d ouvrages traitant du sujet), animations d ateliers au jardin botanique, etc Forte adhésion des enseignants et de leurs classes, Exposition réussie (qualité des productions, nombre de visiteurs). Difficulté à associer le collège qui a en revanche largement participé à la réalisation d un «petit reporter» consacré aux animaux de la ville. Cette action n a pas concerné que la ZEP mais également d autres écoles de la circonscription ce qui a eu un effet positif sur l image de la ZEP notamment pendant l exposition où l ensemble des travaux étaient exposés côte à côte. Des prolongements sont envisagés : un autre thème pour l année suivante, faire du collège un centre de ressources pour les questions scientifiques ce qui peut engager un véritable échange 1 er et 2nd degrés.
Pôle d excellence et culture scientifique REP de Sedan-Fresnois (08) - Peu d ouverture culturelle chez les élèves. - Image de soi dévalorisée conduisant l élève dans d hypothétiques difficultés. - Difficultés pédagogiques, conduisant à mettre en place une plus grande ouverture culturelle et une structure d aide. - Difficultés d orientation au niveau des formations scientifiques et techniques Développer la culture scientifique et technique. - Mettre en contact les élèves avec des personnes d excellence. -Créer une dynamique provoquant une attitude de recherche ( notion d effort consenti). - Elargir ensuite le champ du pôle d excellence. - Construire son projet d avenir au travers de cette démarche. - Motiver les élèves pour une orientation plus ambitieuse dans un parcours de réussite. Mise en œuvre du développement social des quartiers, re-dynamisation du tissu associatif des quartiers sensibles, naissance de Résonance 3000 association de culture scientifique au sein du quartier (1986-1989) Développement du partenariat par la création d un Comité de Pilotage comprenant des chercheurs et des industriels (1990-1993 ). Emergence du pôle d excellence en1994. Participation aux événements nationaux au niveau des sciences ( Fête de la science, La main à la pâte ). Annulation des sorties du système éducatif sans solution. Augmentation significative des orientations en cycle long. Insertion positive par choix d un parcours de formation ( Lycée professionnel ou apprentissage). Un sens de l effort qui se retrouve dans le choix consenti pour des voies plus difficiles. Le danger élitiste a été rapidement identifié. Il a donc été mis en place un certain nombre de règles dans les menées pédagogiques pour l éviter.
Théâtre et citoyenneté REP de Romilly sur Seine (10) - Volonté de mettre l accent sur l éducation à la citoyenneté dans la ZEP depuis l élaboration du contrat de réussite - Création d une commission école et citoyenneté - Organisation d un stage inter degrés sur le thème de la citoyenneté qui a débouché sur l idée d associer une pratique théâtrale ancrée dans la ZEP et le travail autour de la citoyenneté - A terme, l objectif est de créer, en instaurant un dialogue, des conditions favorables à un climat de sérénité propre à ne pas entraver l entrée dans les apprentissages. - Donner des repères stables et cohérents aux élèves en s interrogeant sur des situations de la vie quotidienne. - Etablir des liens entre la vie quotidienne des enfants et les contenus scolaires. - Fédérer un travail et une réflexion collective. Mise en place d ateliers en maternelle, élémentaire et collège avec le soutien régulier d une comédienne metteur en scène. Ces ateliers ont recensé des situations conflictuelles, vécues, les ont mises en scène, en proposant et jouant des solutions alternatives. Parallèlement à ce travail, chaque groupe travaille à la création et à la mise en scène d une composition théâtrale qui sera présentée à l ensemble de la ZEP. Formation des adultes et harmonisation régulière du travail entre les établissements. Mise en place d un spectacle final ouvert laissant des questions en suspens à la réflexion du public. - Fort engagement des acteurs tant adultes qu enfants d une réelle intensité, - Spectacle apprécié. Passée la satisfaction suscitée par une séance attractive et de qualité (le spectacle), rares furent les classes qui le ré-exploitèrent ensuite en discutant des questions abordées, des thèmes ouverts par le spectacle.
Théâtre et citoyenneté «la loi en scène «REP Reims /Orgeval (51) - Très nombreuses tensions dans les écoles, - Grande difficulté des élèves à mettre en mots leurs ressentis, leurs colères. Saisir le pouvoir de la parole comme antidote à la violence : - Développer les attitudes de réflexion et de socialisation, de respect de l autre, d écoute et d entraide. - Permettre des échanges école / familles. - Impliquer les parents dans le projet. - Cette action s est déroulée sur trois années avec l intervention d une comédienne pour la mise en scène à raison de 2H30 par semaine. - Travail des techniques théâtrales (maîtrise du corps, de la parole et du comportement) - Production d écrits à jouer, d écrits fonctionnels liés au projet (lettre d invitation, articles pour le journal etc..) - Mise en scène de situations réelles de conflits, d un roman ayant pour thème la violence - Mise en place d un spectacle interactif avec implication des spectateurs (dont les parents pour les choix et leurs conséquences). Spectacle d enfants à leur niveau dont le message a été parfaitement maîtrisé. Une belle aventure mais lourde en investissement. Exploitation du spectacle dans d autres classes. Le réinvestissement espéré entre les réflexions pertinentes des enfants durant le projet et la vie quotidienne à l école ne s est pas (suffisamment?) opéré. Si les répercussions sur les apprentissages sont très positives les enseignants se sont posé des questions quant à la pertinence du projet sur la citoyenneté.
Conter en ZEP REP rive Gauche / Châlons en champagne - Difficultés importantes dans la maîtrise de la langue orale et de la communication qui empêchent les enfants d entrer dans les apprentissages. - Aides apportées individuellement ou par petits groupes par les enseignants du réseau d aide qui ne sont pas suffisantes. - Résultats des évaluations ont montré que les pratiques classiques ne permettaient pas de résoudre les problèmes les plus graves. Améliorer les compétences des élèves dans différents domaines (langage communication, confiance en soi) en leur permettant d entrer dans l univers du conte de la maternelle au collège. Cette action s est déroulée sur plusieurs années en plusieurs étapes : 1998 /99 : stage «apprendre à former des enfants conteurs» avec des conteuses professionnelles et des enseignants du premier et du second degré, intervention des conteuses dans les classes, fête du conte en fin d année où les enfants qui le veulent se produisent. 99/00 : développement de cette action sur d autres classes ; tous les cycles et les deux collèges sont alors concernés. 2000/2001 : poursuite du projet avec une extension de la réflexion dans le domaine de la langue écrite (stage de deux jours pour permettre aux enseignants d y réfléchir). - Ce projet est fédérateur pour la ZEP, il a permis des rencontres entre enseignants. Les enfants ont par leur spectacle montré une image positive de la ZEP à l ensemble de la ville - Grande motivation constante des enfants - Progrès constatés dans le domaine de la langue écrite, utilisation de lexique et de structures entendus dans les contes, production de textes plus riches. - Valorisation des enfants en grande difficulté Pour que cette action porte ses fruits il est nécessaire qu un enfant soit concerné au moins deux ans par ces activités ce qui implique de motiver un nombre important d enseignants. L implication des parents, riche et chaleureuse, est encore insuffisante Des actions sur la langue écrite se mettent en place dans le même esprit (défis lecture, chaînes d écriture).
Lectures publiques REP de la Chapelle st Luc - Manque de motivation des élèves vis à vis de la lecture. - Réduction de l approche du livre à un support d enseignement. - Valoriser la lecture et les lieux de proximité (CDI des collèges, bibliothèque municipale). - Accompagner les élèves dans leur investissement des livres par un travail autour des lectures publiques. - Former des élèves médiateurs du livre. - Rencontres et contacts avec des écrivains. - Travail de mise en musique de lectures publiques avec des conteuses et des musiciens. - Lecture dans les écoles du secteur, dans le cadre de la semaine contre le racisme, rallye lectures. Mobilisation et responsabilisation des élèves par rapport aux textes, coopération très étroite entre les enseignants / les bibliothécaires / les documentalistes. Investissement par les jeunes de la bibliothèque municipale. La rencontre avec les écrivains s est montrée particulièrement efficace pour motiver les élèves à rechercher leurs livres dans le CDI, pour aller vers des lectures qu ils n investissaient pas auparavant. On note également l entrée dans la pratique des enseignants de la littérature jeunesse parfois sur les conseils des élèves! Difficultés d associer les familles, seules quelques familles se sont réellement impliquées.
Ecriture de contes REP de Charleville / Manchester (08) Au niveau sixième : difficultés des élèves dans la mise en place d une chronologie narrative claire, complète dans l écriture des récits. (schéma narratif, emploi raisonné des temps du récit). Après lecture de quelques-unes des «Histoires comme ça» de Kipling, écriture d un conte de l origine complet et cohérent, respectant le schéma narratif du conte de l origine, les temps de la narration et certains critères stylistiques repérés dans «les histoires comme ça». Lecture personnelle des élèves de quelques «histoires comme ça», Lecture collective de l enfant éléphant, Mise en place de séance d écriture individuelle avec réaction de la classe aux textes (passage à l oral), réécriture, Ecriture de textes poétiques pour les élèves les plus avancés, Saisie informatique, Réalisation d un livret. Grande mobilisation des élèves, entraide ; on est passé de ce fait d une simple écriture/évaluation initialement prévue, à un projet plus ambitieux d écriture d un livret / recueil. Des difficultés ont été observées dans la gestion de l hétérogénéité des élèves, les contraintes informatiques. Cette action s est inscrite dans deux objectifs du contrat de réussite : - Donner du sens aux apprentissages - Travailler en classe par projets individualisés.
Education à l Image REP d Epernay (51) Démobilisation d un certain nombre d enfants par rapport au monde scolaire en général et à l écrit et à la lecture en particulier. Attirance des enfants vers l univers de la BD. D autre part existence d un partenariat avec Télé Centre Bernon autour d un travail sur l image audiovisuelle. - Favoriser l expression et la création au travers d une écriture filmique et de sa mise en image, - Favoriser l expression par la pratique du jeu théâtral et par l utilisation de différentes calligraphies et bien sûr par le graphisme, - Appréhender un projet collectif, - Enrichir l univers culturel. Réalisation d un spectacle inspiré du monde de la BD et plus particulièrement de Philémon. Mise en place pour cela d ateliers vidéo et d ateliers graphiques avec des intervenants cinéastes. Sensibilisation et écriture à partir de la BD Philémon, analyse de la BD, création d une histoire mise en image. Initiation aux techniques vidéo. Apprentissage du jeu théâtral technique du cirque. Montage du spectacle avec bandes vidéo, intervention sur scène d un comédien jongleur, dispositif plastique symbolisant l espace de création du comédien. Cette action a permis de travailler différemment les apprentissages fondamentaux (écriture, lecture, expression orale) ainsi que la citoyenneté (construction de sa personnalité, autonomie, apprentissage des règles de la vie sociale). Difficultés pour articuler les travaux des ateliers avec le travail des enseignants, les enfants ne se rendent pas compte de l articulation de leurs écrits avant le résultat final.
De l atelier d arts plastiques à la galerie d établissement REP de la ronde Couture (08) - Beaucoup d enfants en difficulté ignorent que «les arts et la culture sont un chemin d accès privilégié aux savoirs et une motivation pour apprendre»( le plan pour les arts et la culture à l école, préface p. 5 juillet 2001). - Baisse de la participation des parents lorsque l enfant arrive au collège - Les écoles et les collèges sont éloignés des centres culturels et des musées. Les élèves et leurs familles les fréquentent peu ou pas. - Développer les activités culturelles, - Créer des espaces pour l art et la culture dans les espaces scolaires, - Faire en sorte que la formation culturelle et artistique irrigue la vie de l établissement, - Améliorer l image du collège et la participation des familles, - Créer les conditions d une articulation étroite entre les différentes disciplines et la culture. Mise en place d un partenariat avec le FRAC de Champagne Ardennes Des œuvres sont empruntées au FRAC et de nombreux artistes internationaux viennent au collège pour rencontrer et travailler avec les élèves. Vernissage en présence des parents, élus, acteurs de terrain, représentants des associations de quartier. Réalisation d une véritable galerie d établissement, Renouvellement des contenus d enseignement par le travail en atelier et la rencontre singulière avec un artiste, Rencontre directe, sensible et durable avec des œuvres véritables. Cette action nécessite des financements conséquents, une préparation pédagogique organisationnelle et matérielle à long terme. Des résistances existent et persistent vis à vis de l art contemporain. Les enfants sont plus accessibles que leurs parents et la médiation de l artiste est pour eux très souvent éclairante pour ne pas dire magique.
Plan local d Education Artistique à l école REP de Vitry-le-François Un quartier abritant le quart de la population de la ville, marginalisé avec un accès difficile à la vie culturelle et associative, pas de jeux pour les enfants, aucune organisation de la vie collective, les enfants sont désœuvrés durant les loisirs. Une enquête réalisée par le coordonnateur de la ZEP révèle le goût des enfants pour faire du théâtre et l envie de fréquenter une bibliothèque. - Réduire le déficit culturel et favoriser une véritable démocratisation de l accès à la culture - Construire chez l enfant une culture artistique effective. - Faire de l éducation des enfants dans la ville une responsabilité partagée par les services de l état, la collectivité, les associations, les parents. Deux orientations principales : L enfant créateur, - Mise en place d ateliers de pratiques artistiques (danse, théâtre, musique, arts plastiques, cirque conte, patrimoine etc ) - Formations des enseignants - Visites de musées, de théâtres, d expositions liées à ces ateliers - Présentation de qualité du travail de ces ateliers (vernissage, représentations dans une vraie salle de spectacle etc - Participation des parents l enfant spectateur, - De la maternelle au lycée, à travers la programmation d une saison culturelle jeune public, les élèves découvrent 3 spectacles programmés en temps scolaire (outils proposés aux enseignants pour exploitation pédagogique). Adhésion de l ensemble des acteurs (enseignants, parents, responsables d établissement), engagement pluriannuel des enseignants, développement de ce projet d année en année, Résultats meilleurs aux évaluations nationales, Effet sur l image des écoles et établissements. La réussite de cette action tient à la qualité du partenariat, au professionnalisme des partenaires, Peu de difficultés ont été rencontrées dans le primaire, un peu plus au niveau collège et lycée.
TRAVAUX EN ATELIERS SYNTHESE DES ECHANGES A / REMARQUES D ORDRE GENERAL COMMUNES A DIFFERENTS ATELIERS 1 / Conditions pour la mise en œuvre d une action culturelle Dans différents ateliers il a été noté : L importance de l implication, au départ du projet, du Responsable de Zone, du Chef d Etablissement et du Coordonnateur. La nécessité de partir d un constat qui fait apparaître des besoins réels et ciblés dans les domaines d expression concernés ( enquêtes, questionnements ) pour définir des objectifs clairs et précis. L importance de l information par le ou les initiateur(s) du projet à l ensemble de l équipe éducative de l établissement pour une meilleure exploitation dans tous les champs disciplinaires. Importance pour la réalisation d un tel projet d un travail collectif, avec des partenaires multiples qui s investissent selon leurs compétences dans un rôle bien défini. Les effets positifs d un partenariat réussi : exemple d Epernay avec la TCB (télé cablée), ou de Sedan avec les entreprises. Ces différents partenariats ont un effet positif sur l image de la ZEP du fait par exemple de la venue des partenaires à l intérieur de l établissement. L effet est sensible auprès des parents d élèves. En fait, la qualité des partenaires qui nous rendent visite joue un rôle considérable. Par ailleurs, le partenariat peut permettre aussi de repérer un vivier de compétences et favoriser une aspiration culturelle plus grande à l intérieur du quartier. La nécessité souvent de financements multiples parfois importants avec une implication, outre de l éducation nationale, des villes, des contrats de ville, des conseils généraux.
2 / Les difficultés rencontrées, implication des acteurs L équipe Ici se pose le problème de la construction des savoirs, de l acquisition des compétences de leur repérage et de leur tranférabilité. Ces projets travaillent beaucoup les compétences transversales, il est donc important qu à l école comme au collège, différentes disciplines soient impliquées. Comment se définissent au collège le rôle et la participation des professeurs des autres matières dans l élaboration, l accompagnement et le suivi du projet? L implication d une équipe éducative n est pas facile à réaliser dans le secondaire où le poids des programmes, le cloisonnement des disciplines sont des handicaps. Les élèves La question de la place de l adulte et de celle des élèves se pose également : La part respective des adultes et des enfants dans la réalisation est à préciser pour éviter les dérives : les adultes sont là pour apporter une bonification du travail des enfants sans le dénaturer. Il ne faut pas oublier que l essentiel du travail doit être réalisé par les enfants et doit être intégré dans la pratique de classe pour permettre une amélioration des résultats.. Quid de la pérennité de l action alors même que le corps enseignant est mobile? Il y a des équipes impliquées et qui perdurent. Il y a aussi des personnes qui n adhèrent pas au projet. Il s agit de trouver un équilibre dans un groupe scolaire ou un collège entre les différents projets que va vivre l élève. Car c est bien dans la diversité que les élèves pourront trouver réponse à leurs difficultés ou à leurs aspirations : ils ont besoin de tout. La pérennité est facilitée par la présence d un noyau d enseignants qui a vécu l histoire du quartier et est garant de la mémoire. 3 / L évaluation L évaluation de l action Comment évaluer l action dans son ensemble? Quelle évaluation des élèves et de leurs acquisitions? La nécessité de disposer d un outil d évaluation efficace et pertinent qui mette en évidence l évolution des comportements des élèves, le développement de leurs compétences disciplinaires et transversales liés, entre autres, à la réalisation du projet. De nombreuses questions relatives à la difficulté d évaluer se sont posées dans les différents ateliers : a) Comment trouver des critères d évaluation objectifs? Concrètement, quels chiffres donner? Comment piloter? b) problème de l évaluation qui porte sur un groupe rapporté au département, à l académie, à la nation, et moins sur les individus c) Difficulté de prendre une classe d âge et de la suivre sur plusieurs années sur un même projet : il faut trouver des collègues relais chaque année.
d) L évaluation est souvent définie en terme de compétences en math ou en français : il faudrait envisager un livret de compétences culturelles. e) Le problème de l évaluation ressentie comme une surcharge administrative par les enseignants pour peu de gratification et peu d apports sur le fond L évaluation des élèves Evaluer est toujours problématique dans la mesure où la subjectivité est un risque permanent. Une grille de critères très précis s'impose. Ceux-ci doivent être connus des élèves pour leur permettre de s'auto-évaluer avant de rendre leur travail. Mais ne doit-on évaluer que le produit fini? En fait, les différentes étapes sont autant d'étapes intermédiaires d'évaluation. Sans aucun doute des progrès ont été faits par rapport au premier jet de l'élève et il faut les évaluer positivement, même si le niveau atteint n'est pas encore très satisfaisant. Nous devons apprendre à accepter une certaine médiocrité, si elle représente un progrès par rapport à ce que l'élève produisait en début de séquence. L'enseignant se sent beaucoup trop souvent jugé au travers des productions de ses élèves et lorsqu'il s'agit d'un journal, c'est l'image de l'établissement qui semble être en jeu. Il faut permettre à l'élève en difficulté de se trouver en situation de réussite. C'est pourquoi, nous devons lui proposer d'atteindre des objectifs intermédiaires tout d'abord modestes. Mis en confiance, il pourra passer ensuite à des objectifs plus ambitieux et correspondant mieux au niveau de classe où il se trouve. A ce stade de réflexion, se pose alors le problème de ce que nous devons enseigner en ZEP et de nos exigences. Certes, les programmes sont partout les mêmes et nous nous défendons tous, enseignants de ZEP, d'avoir des ambitions moindres. Nos objectifs en ZEP sont les mêmes que dans les autres établissements, mais les chemins empruntés pour les atteindre sont différents, ce qui induit aussi une différenciation de nos conditions d'enseignement. Notre système d'évaluation doit, comme celui des professeurs d'eps tenir compte de l'écart entre ce que l'élève savait faire au départ et sa performance à l'arrivée. La note est-elle l'unique solution pour évaluer cet écart? D'autres méthodes ont été déjà testées mais sans jamais être généralisées et elles n'ont vraiment pas rencontré de francs succès, d'autant que les parents et les élèves sont en attente de notes. Reste ce qui est difficilement évaluable : la motivation des élèves, leur implication dans le projet, leur capacité d'autonomie, leur persévérance dans l'acte d'écrire. Une fois le projet réalisé, l'enseignant se trouve confronté à deux questions essentielles : - Ce projet a-t-il permis à mes élèves d'améliorer réellement leurs compétences? - Leur a-t-il permis de saisir l'intérêt des apprentissages et de connaître durablement le plaisir d apprendre?
4 / La communication et le lien avec les familles La valorisation, la construction d une image positive de l école recueille l assentiment de tous, mais une valorisation excessive ne peut-elle pas parfois installer un malentendu auprès des familles. «si vous faites tout cela pour nous, alors c est que nous sommes vraiment de pauvres gens», propos de parents d élèves recueillis par une coordonnatrice. L effet pervers d une action culturelle est souligné : les parents sont satisfaits en général, mais ont aussi souvent l impression que ces activités éloignent des apprentissages. B/ REMARQUES SPECIFIQUES A CERTAINS ATELIERS 1 / à propos de la lecture d images a) En quoi des enfants acteurs de l image sont-ils plus lecteurs d images? C est différent. b) La lecture d images est difficile car les techniques évoluent très vite et les repères ne sont pas les mêmes que ceux de la lecture de l écrit : ils sont plus fuyants, moins solides. c) Il y a une dichotomie lecture/écriture ; quelle relation établir en effet entre la lecture d un texte, l écriture d un texte, la lecture d images, et l écriture d images? d) L élément son doit aussi être pris en compte et décrypté. La lecture d image n est pas une lecture linéaire mais en arborescence. e) Le travail sur l image est totalement différent selon de quelle image il s agit : vidéo, affiches, vitraux, tags (les jeunes savent les lire), Internet, Toute l humanité est un monde d images, depuis Lascaux. Savoir lire des images est fondamental quand on regarde l actualité télévisée et les événements du 11 septembre 2001 par exemple. Il y a aussi une ambiguïté dans la lecture d images : habituellement, les mots dirigent, enferment, alors que dans la lecture d images, il y a une ouverture sur des références culturelles multiples. Telle image publicitaire par exemple fait appel à une œuvre d art connue, en plus du message qu elle délivre. f) Se pose la question du sens donné à «lecture» d images : Un 1er niveau de lecture déjà est celui de distinguer le réel de l imaginaire, du virtuel. Un autre niveau est la critique de la source, niveau plus exigeant. g) La lecture d images est plus facile pour le jeune qui est habitué au fond sonore, n est pas gêné par lui, et a une culture du multimédia. Les enfants ne regardent pas la télé comme nous. Ils sont capables de suivre 3 émissions à la fois. Comment regardent-ils la télé?
Leviers sur lesquels agir Faire écrire chaque enfant d une part et le valoriser d autre part sont des gages de réussite. La motivation est essentielle et suffisante (sans droite de régression). Pourquoi mettre en place l outil vidéo sinon pour remotiver les élèves? L atelier d images peut être un levier pour relier les 2 cultures (mises en évidence par Mme Laparra) : la culture de l élève et la culture scolaire Evaluer sur le long terme a) A défaut de pouvoir mesurer, il faut cependant évaluer le travail fait en classe et ses retombées. Or ce n est possible qu à long terme, au terme d une scolarité par exemple. Point positif : les élèves portent un regard critique sur les images. De même l émission «Arrêt sur image» le dimanche à 12 heures sur la 5ème montre ce regard critique des jeunes sur les images TV et leur acuité d analyse. Toute activité pédagogique peut être raccrochée à la lecture d images. Exemple de l émission précitée diffusée spécialement pour les enfants. Pourquoi n est-elle pas utilisée par les enseignants? Les jeunes sont bloqués par le texte et n imaginent pas. Avec l image, leur imaginaire travaille, l imagination est en jeu. - Le travail d images, s il est régulier, augmente la capacité de «se faire un film» dans la tête quand l élève est à l écrit. Il y a réutilisation d un outil. - Les NTIC permettent une manipulation et une création qui augmentent l imagination. b) On assiste à une modification du comportement des équipes enseignantes qui ont une meilleure appréhension des pratiques culturelles des parents. A long terme, il y a une prise en compte des besoins. C est une évolution des pratiques enseignantes non quantifiable. Une formation des enseignants à la lecture d images surtout télévisuelles est unanimement demandée. 2 / à propos de la culture scientifique A la question : «Comment à l échelle d une Z.E.P, favoriser la culture scientifique?» Des solutions apparaissent : Le choix par les enseignants d un thème fédérateur. Un travail interdisciplinaire. La valorisation des productions des élèves (expositions maquettes) Le recours aux ressources locales (qui existent très certainement), l utilisation d Internet. La création d un réseau de maîtres animateurs en sciences et de boîtes à manipulation (pour réunir le matériel de base). En conclusion, c est l acte d enseigner, dans ce qu il tient de la médiation entre les idées et les faits qui doit être conforté. Alors «privilégier les projets scientifiques en Z.E.P, permet-il de gérer plus efficacement les différences culturelles entre les familles et l école?».
Question retenue par le groupe, à laquelle Daniel Thin pourrait répondre : «les parents attendent de l école, des savoirs appréhendables dans leur opérationnalité immédiate et pratique». Les sciences sont en ce sens un vecteur privilégié. Les professeurs utilisent l entreprise dans leur enseignement et l ensemble des activités développées donnent du sens aux disciplines. Les élèves vont chercher les ressources qui leur manquent dans les différents domaines. La démarche scientifique apporte aussi beaucoup à l ensemble des disciplines. Les chercheurs qui viennent travailler avec les élèves montrent la permanence de cette démarche. Mais si le savoir scientifique se construit par confrontation, il faut veiller à ce que la construction ne soit pas désordonnée. La confrontation avec le chercheur marque le point d orgue de la démarche. Par ailleurs, le dispositif facilite les liens inter-cycles et inter-segments. Dès l école maternelle, on favorise les changements d univers (liaison maternelle/collège). Il faut créer l habitude, favoriser l échange enfants/enfants. 3 / à propos de la lecture Que peut cacher l'acte d'écrire chez des élèves de ZEP? L'écriture semble avoir en ZEP une plus grande dimension socio-affective. En effet, pour bon nombre d'élèves, l'écrit n'est pas une pratique familiale courante. Il peut parfois renfermer des regrets, des manques, un sentiment de frustration et même d'hostilité. Ecrire renvoie aussi chez certains parents à leur propre passé scolaire, avec tout ce qu'il peut avoir de douloureux et l'idée d'échec resurgit. Il est donc tout à fait possible que l'écriture, comme la lecture d'ailleurs, soit une source inconsciente de conflit, voire de rupture, entre l'enfant et ses parents. C'est sans doute pour ces raisons que certains élèves ont tant de mal, tant de réticence à se lancer dans l'écrit. Comment motiver les élèves pour écrire? Il nous a paru évident que les élèves étaient d'autant plus motivés quand ils entraient dans un projet d'écriture. Les plus jeunes (primaire et 6 ème /5 ème ) adhérent souvent avec plus d'enthousiasme que leurs aînés. Ecrire doit également avoir une finalité. Il faut leur proposer de réaliser quelque chose. L'écriture n'est plus alors une fin mais un moyen. Les réalisations peuvent être diverses et modestes : un recueil, un journal, un dossier sur une action particulière Nous retrouvons là le besoin d'une certaine forme de "concret", propre sans doute à des élèves pour qui l'abstraction est difficile. Notre expérience nous permet également de penser que nos élèves apprécient de mettre de la distance avec leur quotidien (Le partenariat avec l'opéra de Paris semblait être un pari risqué, mais les élèves ont accroché). Ils aiment aussi beaucoup travailler sur l'imaginaire. Tout cela demande une très grande capacité d'innovation chez les enseignants qui doivent se lancer dans une pédagogie du détour pour atteindre les objectifs d'apprentissages qu'ils se sont fixés avec leurs classes. Cela ne s'improvise pas et cela demande du temps.
Quelles pratiques pédagogiques mettre en place pour écrire en ZEP? Dans chacune des expériences relatées, l'oral a été une étape de l'écriture. Oraliser paraît nécessaire pour écrire, qu'il s'agisse d'exposer un schéma narratif, de lire son article de journal, d'exprimer ses impressions, ses ressentis devant d'autres personnes. Dans cette phase d'oralisation, où l'émetteur et le récepteur sont présents physiquement, l'élève prend conscience que ce qu'il a écrit est un acte de communication et alors l'écriture prend tout son sens. On écrit pour quelqu'un, pour se faire entendre, se faire comprendre, pour informer, pour distraire, pour communiquer, pour rencontrer l'autre. Et pour cela, il faut montrer des compétences particulières et maîtriser des outils de langue. Cela donne donc du sens aux apprentissages. Puisque l'oral revêt tant d'importance, nous pouvons alors nous demander si apprendre à écrire ce n'est pas déjà apprendre à parler! En ZEP peut-être plus qu'ailleurs, puisque le chemin vers l'écriture n'est pas sans obstacles. Il nous paraît également essentiel de travailler et de retravailler les brouillons des textes que les élèves écrivent. Cependant, ils le supportent difficilement : ce qui est fait est fait et n'est plus à refaire. L'outil informatique nous aide ici, dans la mesure où il permet à l'élève de corriger son texte sans le réécrire complètement.