institut de recherche et coordination acoustique / musique Rapport d activité



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Transcription:

institut de recherche et coordination acoustique / musique Rapport d activité 2008

Mise en page : Olivia Despointes Reprographie : Jean-Paul Rodrigues

SOMMAIRE INTRODUCTION... 7 SYNTHÈSE... 11 0. L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES...13 1. RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT...21 2. CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES...31 3. PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE...33 DÉTAILLÉ... 39 1. RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT...41 1.1. ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE... 41 1.1.1. Influence des paramètres gestuels sur l'oscillation des instruments de musique : cordes frottées et vents.... 41 1.1.2. Étude et modélisation du geste du violoniste Application à la synthèse par modélisation physique.... 42 1.1.3. Captation du geste pour les instruments à vent : le cas du trompettiste.... 42 1.1.4. Projet Consonnes... 43 1.1.5. Synthèse sonore par modèles physiques... 44 1.1.6. Communications et publications... 47 1.2. ACOUSTIQUE DES SALLES... 49 1.2.1. Reproduction des champs sonores... 50 1.2.2. Intégration visuo-auditive... 53 1.2.3. Interaction corps/audition/espace... 57 1.2.4. Applications : importance du rendu spatial sonore pour les stratégies thérapeutiques... 60 1.2.5. Publications et communications... 63 1.3. PERCEPTION ET DESIGN SONORES... 65 1.3.1. Projet Closed... 65 1.3.2. Projets SID et Minet... 68 1.3.3. Projet Sample Orchestrator... 69 1.3.4. Projets industriels... 70 1.3.5. Activité de développement et recherche propre à l'équipe... 71 1.3.6. Organisation de Congrès / Workshop... 72 1.3.7. Pédagogie... 73 1.4. ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS... 77 1.4.1. Modèles d analyse et de synthèse des signaux sonores... 77 1.4.2. Traitement et synthèse de la voix... 82 1.4.3. Traitement par le contenu et nouveaux outils pour la musique... 87 1.4.4. Modélisation physique de résonateurs : simulation en temps-réel et problèmes inverses... 93 1.4.5. Développements... 96 1.4.6. Publications et communications... 99 1.5. REPRÉSENTATIONS MUSICALES... 103 1.5.1. Musicologies computationnelles, formalisation... 103 IRCAM 3

SOMMAIRE 1.5.2. Interactions...108 1.5.3. Signal/Symbolique...113 1.5.4. Développements...116 1.5.5. Publications...117 1.5.6. Diffusion des savoirs...117 1.5.7. Activités éditoriales...120 1.6. ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES...123 1.6.1. Suivi de processus créateurs...123 1.6.2. Analyser la composition...127 1.6.3. Outils & matériaux pour la publication en ligne...130 1.6.4. Animation scientifique, édition, dissémination...131 1.6.5. Publications et communications...136 1.7. INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL...139 1.7.1. Interactivité musicale...140 1.7.2. Géométrie d'information musicale...141 1.7.3. Analyse et représentations multimodales son/geste...143 1.7.4. Techniques de synthèse sonore interactive...147 1.7.5. Captation de gestes et interfaces...150 1.7.6. Projet i-maestro...151 1.7.7. Développement d outils logiciels...152 1.7.8. Organisation de colloques...155 1.7.9. Publications et comunications...156 1.8. SERVICES EN LIGNE...159 1.8.1. Axe de recherche «Bases de données patrimoniales : préservation et valorisation»...159 1.8.2. La préservation : une problématique organisationnelle...159 1.8.3. Le projet Caspar...160 1.8.4. Services pour la préservation des objets numériques - MustiCaspar...161 1.8.5. Outils spécifiques...161 1.8.6. Ecoute...163 1.8.7. Axe de recherche «Ingénierie des connaissances»...163 1.8.8. Montage de projets...164 1.8.9. Publications et communications...164 1.9. SERVICES LOGISTIQUES...167 1.9.1. Service informatique...167 1.9.2. Atelier mécanique...171 1.10. ANNEXES...173 1.10.1. Matinées de la prospective de la recherche musicale...173 1.10.2. Séminaires invités Recherche et technologie :...173 1.10.3. Séminaires internes Recherche et technologie...174 1.10.4. Soutenances de thèses et habilitations à dirriger des recherches...175 2. CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES... 177 2.1. CRÉATION MUSICALE...177 2.1.1. Sélection des compositeurs...177 2.1.2. Œuvres préparées à l Ircam...178 2.1.3. Compositeurs du Cursus de composition et d informatique musicale 1 et 2...182 4 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

SOMMAIRE 2.1.4. Partenariat avec le CENTQUATRE... 182 2.2. DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE... 183 2.2.1. Saison musicale parisienne... 183 2.2.2. Festival Agora : 5 au 20 JUIN 2008... 185 2.2.3. Tournées... 187 2.2.4. Réseau Varèse... 188 2.2.5. Les enregistrements discographiques... 189 3. PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE...191 3.1. FORMATIONS SUPÉRIEURES... 191 3.1.1. Formation à la composition et à l'informatique musicale... 191 3.1.2. Master Atiam... 196 3.2. FORMATIONS PROFESSIONNELLES... 198 3.2.1. Stages logiciels et thématiques... 198 3.2.2. Formations hors les murs... 198 3.2.3. 6 formateurs en CDI et 1 CDD rattachés à la PAC, 32 formateurs occasionnels invités... 199 3.3. FORMATIONS SPÉCIALISÉES... 201 3.3.1. Parcours musique mixte... 201 3.4. ACTION CULTURELLE... 203 3.4.1. Pour le grand public... 203 3.4.2. Action scolaire et culturelle... 205 4. MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION...211 4.1. LA RECHERCHEMUSICALE... 211 4.2. LE FORUM... 213 4.2.1. La structure de l offre... 213 4.2.2. Les ateliers du Forum... 214 4.2.3. Documentation des logiciels... 214 4.3. LE PROJET DOCUMENTAIRE... 215 4.3.1. Brahms... 215 4.3.2. Réalisés :... 216 4.3.3. Mustica/Sidney... 216 4.3.4. Répertoire Ircam... 217 4.4. LA PROGRAMMATION DES ÉVÉNEMENTS... 218 4.4.1. Salons...218 4.4.2. Séminaires... 218 4.4.3. Colloques... 219 4.4.4. Stages...220 4.5. LES PROJETS AVEC DES PARTENAIRES EXTÉRIEURS... 221 4.5.1. Collaboration avec la société Cycling74... 221 4.5.2. Le projet Européen CO-ME-DI-A... 221 4.5.3. Le projet Musique Lab... 222 4.6. ADMINISTRATION DES VENTES... 223 5. COMMUNICATION ET ÉDITIONS...225 5.1. RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION... 225 5.1.1. Base de contact 4D... 225 IRCAM 5

SOMMAIRE 5.1.2. Création musicale...226 5.1.3. Recherche et développement...227 5.1.4. Internet...227 5.1.5. La Lettre...228 5.1.6. Centre Pompidou...228 5.2. RELATIONS AVEC LA PRESSE...229 5.2.1. Bilan de l agence Opus 64...229 5.2.2. Bilan de l agence Eracom...230 5.3. ACCUEIL DU PUBLIC...232 5.3.1. 4816...232 5.3.2. Affiches...232 5.3.3. Signalétique...232 5.3.4. Visites...232 5.4. DÉVELOPPEMENT DES PUBLICS...233 5.4.1. Partenaires culturels...233 5.4.2. RATP/ Carte Intégrale...233 5.4.3. Partenaires médias...233 5.4.4. Relations publiques...234 5.4.5. Cocktails et réceptions d artistes...234 5.5. COMMUNICATION INTERNE...235 5.5.1. Infokom...235 5.5.2. Réunions du groupe de travail Communication...235 5.5.3. Communication graphique...235 6. MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES... 237 6.1. LA MÉDIATHÈQUE...237 6.1.1. Publics...237 6.1.2. Acquisitions, catalogage, mise en ligne...237 6.1.3. Évolution du catalogue et du site de la médiathèque...238 6.1.4. Bases de données externes...238 6.2. BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES...239 6.2.1. Le projet de portail de la musique contemporaine...239 6.2.2. Systèmes d information et infrastructure INFORMATIQUE...242 6.2.3. Relations extérieures...242 6.2.4. Publications et communications publiques...243 L'ÉQUIPE IRCAM... 245 6 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

INTRODUCTION Frank Madlener, directeur de l Ircam L année 2008 apparaît comme un moment crucial pour mesurer l impact de l ensemble des réformes initiées en 2006, en faveur de la création, de la pédagogie, de la transmission, de l action culturelle, toutes réformes articulées avec les priorités de la Recherche. L Ircam a ainsi connu une puissante et visible convergence artistique et scientifique au printemps 2008. Simultanément l élargissement du champ artistique pluridisciplinaire, la diffusion hors les murs, notre soutien à la jeune création en France, la pérennisation d un répertoire Ircam documenté, la démocratisation des outils de l Ircam, correspondent pleinement à la nouvelle stratégie du Centre Pompidou. En 2008, cet esprit doublement fédérateur, interne et externe, a pu s incarner tout à la fois dans l exposition Traces du Sacré à laquelle l Ircam participait et lors du festival Agora éclairant les acquis dans le domaine de l expressivité vocale. Le contexte de 2008 est marqué par un très net accroissement de la fréquentation de tous les rendez-vous de l Ircam, concerts, spectacles vivants, tournées, présentations technologiques en particulier lors de l inauguration du système de diffusion WFS. La lisibilité de ces rendezvous, l engagement acharné de toutes les équipes, celles de la recherche, de la production et de la pédagogie, la diversité des nouvelles médiations vers les publics, ont certainement contribué à la réussite publique et médiatique des événements de 2008. Tout au long de la saison, l intensité de l activité scientifique et artistique s est traduite par de nouveaux accords institutionnels avec des partenaires, ou par le renfort des accords existants. Le rayonnement de l Ircam s est ainsi accru, conformément aux deux priorités de son action : la singularité et la démocratisaion, singularité de la création et du projet de recherche, démocratisation des pratiques et des outils. Grands rendez-vous scientifiques et artistiques en 2008 Comment rendre perceptibles les résultats d une recherche continue et les avancées du développement technologique au même titre que les événements artistiques? Comment «éditorialiser» ce qui constitue l excellence de la prospective à l Ircam? Cette préoccupation a inspiré les grands rendez-vous de la saison, au premier rang desquels, le festival Agora. Sous l intitulé L Icône-la voix, Agora 2008 réunissait en deux semaines les avancées les plus décisives de l Ircam touchant l expressivité de la parole et de la musique. Organisé par les Médiations Recherche et Création, un colloque scientifique sur cette thématique aura bénéficié de l impact des concerts et spectacles comme le Fado inédit de Stefano Gervasoni, la reprise des Machinations visuelles et théâtrales de Georges Aperghis ou la toute première création de Beat Furrer projetant voix et électronique dans un espace élargi. Le festival de l Ircam interrogeait simultanément l héritage de Gérard Grisey, disparu il y a dix ans, l une des figures décisives pour la jeune génération des compositeurs qui fréquentent aujourd hui le Cursus de l Ircam. L auteur de l icône paradoxale et des Quatre Chants pour franchir le seuil, était par ailleurs la clé de voûte de l articulation avec l exposition Traces du Sacré. Enfin Agora présentait le premier croisement entre Le Fresnoy et le Cursus 2 de l Ircam. Cette édition du festival a connu un retentissement sans précédent par son impact médiatique dépassant le seul cadre musical, et par sa fréquentation (88 % de taux de remplissage). Rythmés en cycles bien identifiés (La poursuite, Tremplin, Cycle de Quatuor ), les rendez-vous artistiques de la saison en 2008 alternaient la présence de compositeurs familiers de l Ircam (Philippe Manoury, Emmanuel Nunes, Georges Aperghis), la venue de nouvelles personnalités jusqu ici éloignées de l électronique (Beat Furrer, Philipp Maintz, Stefano Gervasoni) et les figures de référence (Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez et Elliott Carter). Mais c est IRCAM 7

INTRODUCTION l intégration des jeunes compositeurs du Cursus au plus proche des enjeux de la recherche qui constitue le fait le plus singulier de la saison. Dorénavant, l effervescence intellectuelle et sensible de l Ircam tirera le meilleur parti de leur présence et de la diversité de leurs horizons. En retour, l Ircam assure la production de projets ambitieux et offre de nouvelles perspectives pour ces jeunes compositeurs (ex : reprise de Yann Robin à Helsinki et Strasbourg, création en 2009 de Raphaël Cendo à Donaueschingen et en 2010 de Roque Rivas au Grame à Lyon, trois compositeurs issus du Cursus 2 de 2008). Dans la saison scientifique et technologique, le démarrage en 2008 du projet européen Quaero apporte à la Recherche des moyens importants et prendra le relais de la fin des programmes Ecoute, Crossmod et Vivos. Les domaines du suivi de partition et du suivi de geste, l intérêt pour l orchestration et l enthousiasme pour les avancées de l analyse-synthèse notamment dans le champ vocal, s incarneront dans de futurs développements technologiques. Politique des publics, transmission des savoirs et des pratiques Plusieurs dispositifs assurent de nouvelles médiations vers les publics, professionnels ou non. Les avant-premières en image, coproduites pour partie avec le Centre Pompidou, sont la trace visuelle de la genèse d une œuvre et de la résidence longue d un artiste. Ces films courts peuvent ensuite accompagner la présentation de l œuvre en tournée, comme ce fut le cas à Salzbourg pour la reprise de Dans le mur de Georges Aperghis. Les parcours «découverte» sont destinés aux collèges et lycées tandis que les parcours «musique mixte» sollicitent des jeunes instrumentistes (près de 70 interprètes en 2008) issus des conservatoires qui rencontrent les spécificités du jeu avec l électronique. Les Ateliers de la création se situent quant à eux à la croisée des arts visuels, des arts du son et des technologies. Ce projet mobilisait trois classes de lycées professionnels. Au choc esthétique d une œuvre plastique découverte au Centre Pompidou a répondu l'élaboration d'une «scène sonore», conçue par les élèves avec des outils mis à disposition par l'ircam. Transmission des savoirs toujours, la refonte de la base Brahms est accessible depuis 2008 dans sa version 2, dotée de nouvelles fonctionnalités pratiques très utiles pour les professionnels. Parallèlement, le nouveau Portail de la musique contemporaine, qui fédère les efforts et les ressources de nombreux partenaires en France, a connu sa première version accessible en ligne au début de l année 2008. Enfin, pour mieux faire connaître les processus concrets de l activité de l Ircam, la communication de l Ircam a travaillé sur plusieurs fronts. La réorganisation du site institutionnel, structuré autour des trois grandes fonctions de l Ircam (Recherhe-Création- Transmission) ; la promotion des manifestations scientifiques ; l organisation de visites de presse, dépassant le cadre strictement musical et dépassant le moment purement événementiel. Ce dernier point aura contribué à une couverture médiatique plus substantielle du festival Agora. Liens institutionnels nouveaux ou renforcés: Centre Pompidou, DMDTS, Ministère de l Education Nationale, CNRS, Paris VI, Centquatre, Le Fresnoy, Fondation Lagardère, CNSM de Paris, Sacem, Réseau Varèse L articulation renforcée avec le Centre Pompidou a déjà été éclairée. Outre notre participation aux expositions Traces du Sacré et Jacques Villeglé, outre les collaborations avec les Spectacles Vivants et les conférences dans la série Un dimanche, une œuvre, la tenue des premiers Ateliers de la Création marque bien la volonté partagée de réussir une action culturelle originale destinée aux élèves très éloignés de la création contemporaine. 8 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

INTRODUCTION Ce geste de démocratisation de la création et de l'innovation technologique se retrouve dans le projet Musique Lab 2 de l'ircam. La nouvelle convention signée par le Ministre de l Éducation Nationale en 2008 permettra à l Ircam de consolider et diffuser sur une échelle large, ce module de logiciels d'aide à l'éducation musicale, destiné aux collèges et lycées. Du côté de la Recherche, les liens excellents avec le CNRS ont renforcé l équipe Acoustique des salles et nous font bénéficier de l affectation de deux nouveaux chercheurs. Il est à noter que le CNRS participe également au projet d équipement de l Espace de projection en WFS, comme l a souligné son directeur général, M. Arnold Mingus, présent lors de l inauguration de la première partie du dispositif. Parallèlement, les échanges avec le président de l université Pierre et Marie Curie (Paris 6), Jean-Charles Pomerol, laissent envisager une extension des liens avec l Ircam, au-delà du parcours du Master Atiam. Le contexte de l année 2008, enrichi par un grand nombre de soutenances de thèses de haute qualité, se prête particulièrement à ce repositionnement de l Ircam du côté universitaire. La DMDTS soutient depuis sa création le Pôle spectacle pour l expérimentation de technologies destinées au spectacle vivant. Pour passer du laboratoire au plateau, ce pôle nécessitait un espace dédié à l expérimentation en grandeur réelle. L accord signé par l Ircam avec le nouvel établissement culturel de la Ville de Paris, le CENTQUATRE, a permis d équiper l un des Ateliers pour l investir dès 2009 près de six mois par an. Plusieurs productions, en particulier chorégraphiques, seront élaborées dans cet espace de travail. La convention établie avec Le Fresnoy participe de la présence de l Ircam sur le terrain pluridisciplinaire. Il s agit d offrir à des artistes du Cursus 2 et du Studio Le Fresnoy, les moyens d une production intégrant l image. Les fruits de cette première collaboration ont été présentés lors d Agora et repris ensuite dans l exposition anniversaire du Fresnoy au Grand Palais. Les autres partenariats du Cursus concernent son inscription dans la réforme LMD : Un accord signé avec la Haute École de Genève, permet aux étudiants de cet établissement de suivre le Cursus 1 dans le cadre de leur Master. Une convention identique avec le CNSM de Paris sera signée en juin 2009. Pour rappel, la Sacem soutient fidèlement la création artistique à l Ircam depuis trois ans par le biais de bourses accordées aux compositeurs du Cursus 2 et par un apport direct à la production des concerts de saison. En 2008, la Fondation Lagardère devenait le mécène principal pour l innovation à l Ircam par son soutien à un thésard, au programme des Cursus 2 et aux Ateliers de la Création. Enfin, le Réseau européen Varèse a permis en 2008 la production et l itinérance d un projet ambitieux, celui de Stefano Gervasoni autour du Fado. Présenté à Porto, Berlin, Francfort, Paris, Bruxelles, Strasbourg, symbolisant la diversité esthétique pratiquée à l Ircam, Com que Voz traduit la préoccupation vocale dans la recherche et l imaginaire artistique. IRCAM 9

INTRODUCTION De la recherche musicale à la valorisation industrielle, un Ircam multiple et convergent En 2008, l Ircam a objectivé les convergences de son action avec des moyens budgétaires étales, moyens que chaque département s applique à consolider et accroître sous la forme de ressources propres. C est dans ce contexte que la valorisation industrielle a pris son essor sous la forme de licences de technologies auprès d acteurs industriels dont on percevra les effets principaux en 2009. Cette action sur la convergence des forces nécessitait la réévaluation de la notion même de recherche musicale qui fonde la mission de l Ircam. Deux nouvelles instances ont été créées à cet effet, le comité de programmation artistique/scientifique, et les matinées prospectives. De cette réflexion stratégique sur la recherche musicale synthétisée par la Médiation recherche/création et la direction de la Recherche s induit la nécessité d une amélioration de la coordination entre les artistes en recherche, la prospective scientifique et les développements technologiques. À partir des demandes des multiples utilisateurs de l Ircam, hiérarchisées et ordonnées dans le temps, il s agit à présent de réorganiser les méthodologies et les objectifs du développement. Cette réforme est un enjeu essentiel pour l Ircam : pas de perspectives lointaines sans réactivité accrue en direction des utilisateurs avec des applications réalisées à plus court terme. Cette dialectique entre le prototype et le générique concernera pleinement l année 2009. 10 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

Synthèse

SYNTHÈSE L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES 0. L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES Direction générale : Déploiement des réformes prioritaires : 1) Nouvelles présences, multiplicité des paradigmes et des esthétiques : relation CGP, partenariats démultipliés. 2) Politique pour la jeune création : aboutissement réforme Cursus 2 et inscription dans le paysage international (LMD). 3) Originalité et lisibilité de la saison parisienne et du festival Agora : 9 736 spectateurs, festival Agora thématisé l Icône et la voix. 4) Itinérance répertoire Ircam : 26 399 spectateurs. 5) Transmission des savoirs (Forum, Base Brahms, Portail), adresses aux publics (l Étincelle, Sirènes), action culturelle : 2 351 internautes par jour. 6) Valorisation de l Ircam: Forum, mise en place d une valorisation industrielle, soutiens privés. 7) Convergence Recherche et création: comité de programmation, matinées prospectives, développement logiciels avec échéances fixées. Effectifs employés 2008 (Équivalent Temps plein) Départements Salariés Non salariés Total CDI CDD Stagiaires Doctorants Chercheurs Salariés invités détachés R&D 30 23 9 20 6 6 93 Création 16 6 1 0 0 0 23 Direction artistique 2 1 0 0 0 0 3 Pédagogie 8 1 0 0 0 0 9 Médiathèque 3 1 1 0 0 0 5 Services généraux 15 0 0 0 0 0 15 Médiations 9 1 0 0 0 0 11 Comm/Éditions 6 0 0 0 0 0 6 TOTAL 89 34 11 20 6 6 166 IRCAM 13

L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES SYNTHÈSE La Recherche Contrats de collaboration et de valorisation de la Recherche Programmes Nationaux Programmes Européens Contrats industriels Licences et internationaux Corsaire i-maestro France Telécom R&D (Orange Labs) Vivos Crossmod PSA Peugeot Citroën Reva Caspar Piles Consonnes Closed ECE/Prepatech Ecoute CoMeDia Renault VoxStruments Same Orosys EarToy React Make Music (L) Rhapsodie Minet Univers Sons (L) Affective Avatars Xtranoral (L) Sample Orchestrator Neocraft (L) Quaero Voxler (L) Disco Arturia (L) 2PIM/MI 3 Vie scientifique 8 soutenances de thèses : - N. Rasamimanana «Geste instrumental du violoniste en situation de jeu : analyse et modélisation» ; - C. Yeh «Estimation de fréquences fondamentales multiples dans des enregistrements polyphoniques» ; - A. Cont «Modeling Musical Anticipation : From the Time of Music to the Music of Time» ; - G. Nouno «Suivi de Tempo appliqué aux musiques improvisées» ; - M. Demoucron «On the Control of Virtual Violins Physical Modelling and Control of Bowed String Instruments» ; - C. Alzina «Influence de la structure formelle sur la sémantique musicale et perception subjective du temps» ; - D. Tardieu «Modèles d instruments pour l aide à l orchestration» ; - G. Carpentier «Approche computationnelle de l orchestration musicale». 24 séminaires recherche et technologie dont 5 d orateurs invités ; 5 journées prospectives recherche musicale ; production scientifique : - 26 articles dans des revus à comité de lecture ; - 9 livres ou chapitres parus dans des ouvrages collectifs ; - 22 conférences invitées ; - 68 actes de congrès / conférences avec comité de lecture ; - 13 travaux universitaires. Développement logiciels Audiosculpt V2.9 et évolutions correspondantes de SuperVP ; Bibliothèques Voice Forger, ircamdescriptor, ircamclassifier et ircambeat disponibles pour intégration ; Modalys V2.9 ; Spat : report du développement de la V4.0 à 2009 ; OpenMusic V6 : aboutissement d une version stabilisée Mac Intel ; 14 IRCAM

SYNTHÈSE L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES FTM &co : Version alpha de FTM &Co pour Max 5 ; renouveau de la collaboration avec Cycling 74 pour améliorer le logiciel Max/Msp et l intégration des recherches de l Ircam vers la production. 6 Compositeurs en Recherche 2008 Florence Baschet (suivi et captation de geste) Luis Naon (synthèse par modèles physiques) Hans-Peter Stubbe (synthèse par modèles physiques) Vassos Nicolaou (suivi de partition) Giorgia Spiropoulos (analyse et synthèse de la voix) Marco Stroppa (synthèse sonore) Événements publics de la recherche Inauguration WFS : 280 personnes ; Colloque «expressivité dans la musique et dans la parole» : 360 personnes ; 14 e édition du colloque ICAD (international conférence on Auditory Display) : 140 personnes/jour (520 personnes) ; Mirex 08 : 1 e à l Estimation des fréquences fondamentales multiples et Genre musical. IRCAM 15

L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES SYNTHÈSE Création et Diffusion musicales 32 Compositeurs en Résidence 2008 Georges Aperghis Jean-Luc Hervé Brice Pauset Gérard Buquet Pierre Jodlowski Alberto Posadas Florence Baschet Panayiotis Kokoras Louis Fernando Rizo-Salom Andrea Cera Mauro Lanza Hector Parra Raphaël Cendo Jacques Lenot Marco Stroppa Denis Cohen Michaël Lévinas Philippe Schoeller Frédéric Durieux Philipp Maintz Grand Magasin Luca Francesconi Bruno Mantovani Andrea Vigani Dai Fujikura Luis Naon Beat Furrer Vassos Nicolaou Stefano Gervasoni Emmanuel Nunes Georg Friedrich Haas Jonathan Harvey Soit 34 œuvres préparées en 2008 Coproductions 10 co-commandes d œuvres : BBC Glasgow Orchestre de Paris Radio France Casa da Musica (Porto) Ensemble Modern Radio Classique Klangforum Wien Festival d Automne Musée du louvre Musé d Orsay 15 coproductions/co-accueil de spectacles : Centre Pompidou Ictus Radio France Ensemble TM+ EIC Festival d'automne Opéra Comique Cité de la Musique Musée d'orsay LE CENTQUATRE Nombre de commandes : 26 Nombre de créations : 19, dont 5 créations Cursus 2 Concerts et spectacles à Paris 27 concerts, spectacles et Ateliers à Paris (dont 16 à l Ircam/CGP, 7 en grande salle) : 12 concerts et spectacles Saison ; 12 concerts et spectacles Agora ; 10 194 tickets d entrées émis pour une jauge totale offerte de 12 293 places, soit un taux de fréquentation de 83 %. Détail saison Dates lieu Spectacles Spectateurs 12-jan-08 CGP Mots-reflets 94 18-fév-08 Bouffes du Nord Poursuite I 518 27-mars-08 Musée d'orsay Contre-histoire 2143 7-avr-08 Bouffes du Nord Poursuite II 270 5-mai-08 CGP Mot(et)s Cachés 235 1-oct-08 CGP 68-2008 325 2-oct-08 CGP 68-2008 290 16-oct-08 Collège de France Ircam au Collège de France 420 16 IRCAM

SYNTHÈSE L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES 22-oct-08 Ircam Carnets d'étude 280 13-nov-08 Ircam Quatuor I 303 20-nov-08 Ircam Inauguration WFS 280 21-nov-08 Louvre Fragment - Boulez 458 6-déc-08 Amphi Bastille Exercices du silence 407 12-déc-08 Ircam Double Entente 157 Total 2008 4 551 Agora Dates Lieux Spectacles Spectateurs 4-juin-08 Église St Eustache Le Noir de l'étoile 450 5-juin-08 Cité de la Musique le Seuil du Verbe 641 7-juin-08 Ircam ESPRO Limelight 260 7-juin-08 CGP Franchir 386 10-juin-08 Ircam ESPRO De Front 231 11-juin-08 Théâtre du Chatelet Com Que Voz 1 211 13-juin-08 Ircam ESPRO Dialogue de l'ombre VIP 225 13-juin-08 Ircam ESPRO Dialogue de l'ombre 270 14-juin-08 Cité de la musique Happy End 461 15-juin-08 Opéra Garnier Mélancholia 31 16-juin-08 Bouffes du Nord In Vain 429 19-juin-08 CGP Machinations 384 20-juin-08 CGP Machinations 369 20-juin-08 Ircam ESPRO Le Tourbillon du Temps 295 Total 2008 5 643 Tournées 26 399 spectateurs touchés par des productions de l Ircam en France et à l Etranger Dates Lieux Spectacles Spectateurs 12-jan Walt Disney Concert Hall Los Concert Boulez 1 613 Angeles 13-jan Walt Disney Concert Hall Los Concert Boulez 1 436 Angeles 25, 27, 29 janv Teatro Nacional de Sao Carlos Das Marchen, Nunes 1 564 17-fév Casa da musica Com que Voz, Stefano 671 Gervasoni 20-fév Alte Oper Com que Voz, Stefano 586 Gervasoni 10-mars Maezmusik,konzerthaus Com que Voz, Stefano 594 Gervasoni 23, 28 fév + 1, 4, 6, Fiinish National Opera Adriana Mater, Kaija 11 716 12, 14, 26, 28 mars Saariaho 8-mars Maezmusik Paris qui dort, Yan 196 Maresz 11-avr Salzburg-Dialoge festival Dans le mur, Aperghis 325 12-avr Salzburg - Dialoge festival Machinations, 180 Aperghis 22-avr Kaaitheater, Ars Musica Machinations, 194 IRCAM 17

L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES SYNTHÈSE Aperghis 28, 29 avril + 2, 5 Opéra comique Romeo et Juliette, P. 3 809 mai Dusapin 8-juin Rome - Artescienza Machinations, 330 Aperghis 19 aout Proms, Royal Albert Hall Speakings, Jonathan 1 598 Harvey 30-sep Cité de la musique et de la Com que Voz, Stefano 511 danse, festival Musica Gervasoni 5-oct Philharmonie Cologne Cassandre, M. Jarrell 331 3-nov Arena festival, Riga 4e quatuor à cordes, 374 Jonathan Harvey 16-nov Festival Manca, Nice Florence Baschet 99 23-nov Conservatoire de Perpignan Concert Boulez 272 Total 2008 26 399 18 IRCAM

SYNTHÈSE L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES Transmission : Pédagogie et action culturelle Formations supérieures et professionnelles : La mise en œuvre de la réforme du Cursus de composition : Cursus 1 : 15 étudiants promotion 2008/2009, soit 7 000h de formation/individus ; Cursus 2 : 6 étudiants promotion 2008/2009, soit 2 500h de formation/individus et suivi artistique ; signature du partenariat avec la Haute École de Musique de Genève, qui permet l intégration du Cursus 1 dans le cadre du Master 1 de cette école. Signature à venir avec le CNSMD (Paris) ; renforcement du lien entre Cursus 2 et équipes de recherche ; partenariat avec Le Fresnoy et le Centre National de la Danse (CND). Le Master 2 Atiam Paris 6/Ircam : 22 étudiants promotion 2008/2009. Projet de Master en Design sonore : aboutissement des discussions avec l Esbam (Le Mans). La formation professionnelle continue : 75 % de taux de remplissage ; 269 stagiaires ; 16 214 heures stagiaires de formation dispensées. La formation hors les murs : une académie à Glasgow qui a touché 34 personnes lors d un atelier formation de 35 heures, 70 spectateurs à l atelier concert et 1 200 spectateurs à des concerts de musique électronique d œuvres réalisées à l Ircam. Les actions vers le milieu scolaire et l enseignement spécialisé: signature d une convention triennale avec le ministère de l Éducation nationale le 15 septembre 2008 pour le soutien des logiciels Musique Lab ; 269 élèves de collège et de lycée ont suivi les parcours «découverte» ; 3 classes d élèves de lycées professionnels ont suivi les parcours croisés «les ateliers de la création» ; 65 élèves de conservatoires ont suivi les parcours «musique mixte» pour jeunes musiciens, renforcé par la création des pièces de Cursus 1 par les élèves du CNSMDP. Les adresses au grand public: 255 personnes ont suivi les conférences «Un dimanche une œuvre» en partenariat avec le CGP ; 135 personnes ont assisté à la projection de films de la nouvelle série «images d une œuvre» à l Ircam, auxquelles s ajoutent 325 personnes lors de projections en tournées : - Océan de Philippe Mainz ; - Dans le mur de George Aperghis ; - Deux caprices pour percussion de Luis Naon. 70 personnes ont assisté à la table ronde «Les écrits de Gérard Grisey» ; 168 personnes ont assisté à la rencontre autour de l expressivité vocale pendant Agora 2008. L ensemble de ces propositions est désormais disponible en ligne, soit sur le site de la Web Radio de France Culture («Les sentiers de la création», pour les conférences et colloques), soit sur le site de l Ircam (pour les films). IRCAM 19

L IRCAM EN BREF ET EN NOMBRES SYNTHÈSE Projets documentaires Refonte de la base Brahms développement technique d un nouveau moteur d administration V2 ; mise à jour cumulée depuis juillet 2007 de 102 dossiers compositeurs représentant 7 067 œuvres et 41 parcours de l œuvre. Projet Sidney : redéfinition du projet de documentation technique des œuvres créées à l Ircam. Projet répertoire : suspendu en 2008. Le Portail de la musique contemporaine : projet interinstitutionnel consacré à la musique contemporaine en collaboration avec le CDMC ; permet à l Ircam de mettre en ligne 5659 archives sonores de concerts de l Ircam accessibles en extrait sur internet ; permet de signaler les contenus accessibles à la Médiathèque. Impact sociétal: site Visiteurs annualisés page rank* n de pages indexées* Brahms.ircam.fr 345 918 6/10 27 300 mediatheque.ircam.fr 284 935 6/10 48 700 www.ircam.fr 227 578 8/10 15 200 Les bases de données : outils de référence systématiquement valorisés, 858 431 visiteurs dans nos bases principales, soit 2351 visiteurs jour. 1 863 entrées physiques en 2008 à la Médiathèque, soit 10,5 personnes par jour. Forum 503 Inscrits au 31/12/2008, répartis en 338 individuels et 165 organismes. Répartition géographique France 36% Europe 44% USA Canada 11% Asie 7% Amérique du Sud, Afrique 1% 100% Répartition des membres par pack logiciel Individus Organismes Forum Studio 26% 7% Forum Recherche 13% 3% Pass Forum 61% 90% 100% 100% 101 participants aux ateliers de juin 2008; 86 participants aux ateliers de novembre 2008. 20 IRCAM

SYNTHÈSE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 1. RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT Directeur : Hugues Vinet Le département Recherche et développement de l Ircam mène des recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires en rapport avec les problématiques musicales, dans le contexte de la création contemporaine. La mise en œuvre de ces travaux suit une organisation thématique par équipes spécialisées. Ces recherches débouchent sur le développement d environnements logiciels, principalement destinés aux compositeurs et aux professionnels de la musique et du son et diffusés notamment dans le cadre du Forum Ircam. Cette dynamique de recherche tournée vers les problématiques de la création contemporaine, selon des modalités constamment réévaluées, donne lieu à la consolidation d une expertise originale autour des sciences et technologies du son et de la musique, qui fait l objet de différentes formes de structuration et collaborations avec des institutions et partenaires industriels aux échelles régionale, nationale, européenne et internationale. Parmi les événements marquants de l année, on retiendra en particulier : la mise en place de nouveaux modes de coordination entre les activités de recherche et de création de l Ircam, dans lesquels les collaborateurs du département sont fortement impliqués : processus de développement, journées prospective ; l inauguration, le 20 novembre, du nouveau système WFS à l Espace de projection en présence du directeur général du CNRS, qui a bénéficié d un important support médiatique ; l important soutien en moyens humains obtenu de la part du CNRS ; le développement de l activité de valorisation industrielle et la signature de premiers contrats ; dans le champ de l indexation audio, la confirmation et le démarrage du grand projet industriel Quaero (200 M de budget), qui confère à l Ircam des moyens importants sur 5 ans pour dépasser l état de l art actuel et conforter sa position de leader international sur ce sujet ; les résultats obtenus par les collaborateurs de l équipe Analyse/synthèse à l évaluation internationale MIREX 08 (notamment premiers pour l analyse de fondamentales polyphoniques et la classification de morceaux en genres musicaux) ; sur le thème de l interaction gestuelle et multimodale, l aboutissement des projets i-maestro (pédagogie musicale), Crossmod (interaction intermodale), des thèses de Nicolas Rasamimana et Matthias Demoucron et du projet Streicherkreis de Florence Baschet, autour de la captation et du suivi de geste d instruments à archet, et le démarrage du projet européen Same ; sur le thème de l aide à l orchestration, l aboutissement des thèses de Damien Tardieu et Grégoire Carpentier, sous forme de prototype d outil qui a en particulier été utilisé pour la création de Speakings de Jonathan Harvey. Après un point général sur l évolution des modes de coordination recherche/création, des liens institutionnels et des moyens du département, cette synthèse se concentre sur les principaux travaux effectués et avancées obtenues au cours de l année 2009, selon la structuration des activités en quatre grandes orientations thématiques transversales définie pour la période en cours. Coordination recherche/ création L année 2009 a été marquée par d importantes évolutions dans l organisation globale de la coordination des activités de recherche et création de l Ircam. Le département Recherche et IRCAM 21

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SYNTHÈSE développement a été particulièrement impliqué dans cette organisation à travers les mesures suivantes : l instauration de journées prospectives présentant, à l intention de la communauté artistique de l Ircam, les projets et problématiques de recherche en cours liées aux grands thèmes de la recherche musicale ; le renouvellement des modes de spécification et suivi des activités de développement, par la mise en place de réunions annuelles associant direction, équipe de développement, réalisateurs en informatique musicale (RIM) concernés. Ce processus, élaboré sous la responsabilité des équipes sur la base de spécifications des utilisateurs coordonnées par des RIM référents, se traduit pas l élaboration d un plan de développement annuel et son suivi dans le cadre du comité de programmation. Liens institutionnels UMR STMS Ircam-CNRS Malgré un contexte institutionnel tendu (limitation du financement public, reconfiguration en cours du dispositif national de la recherche liée à la loi d autonomie des universités), le soutien du CNRS à l UMR STMS a été particulièrement marqué au cours de l année, avec notamment l affectation, par ouverture au concours externe, d un poste d ingénieur de recherche (recrutement de Thibaut Carpentier pour les développements dans l équipe Acoustique des salles), et l affectation d un poste fléché de chercheur ouvert au concours 2009. Ces deux décisions qui revêtent chacune un caractère exceptionnel, sont le résultat d échanges menés depuis de nombreuses années avec la direction du CNRS et n avaient pas eu de précédent depuis la création de l UMR en 1995. Un autre événement exceptionnel a été la présence, pour la première fois à l Ircam à l occasion de l inauguration du système WFS, du directeur général du CNRS M. Arnold Migus, qui a manifesté un soutien appuyé aux travaux de l UMR et notamment au dynamisme de ses activités dans le cadre de projets collaboratifs au niveau européen et national. De plus, l UMR a bénéficié de l affectation, par voie de mutation interne, de deux nouveaux chercheurs : Laurent Feneyrou, qui vient renforcer l équipe Analyse des pratiques musicales dans ses thématiques liées à la musicologie contemporaine, et Isabelle Viaud-Delmon (affectation prévue pour 2009), qui collabore depuis plusieurs années avec l équipe Acoustique des salles et vient conforter son projet de recherche dans le champ des sciences cognitives sur le rôle du retour auditif dans les situations d interaction multimodale (son, geste, image), en particulier dans le contexte de la réalité virtuelle. Autres partenariats institutionnels Faisant suite aux contacts menés avec le ministère de la Recherche (DGRI) et aux recommandations du conseil scientifique de l Ircam, et dans le contexte de l application de la nouvelle loi d autonomie des universités, l Ircam a poursuivi le développement des liens privilégiés déjà établis, à travers le parcours de Master Atiam, avec l Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), notamment dans le cadre de la participation du directeur scientifique en tant qu expert extérieur élu au conseil de la nouvelle UFR Ingénierie et d échanges menés avec le Président Jean-Charles Pomerol et ses collaborateurs en vue d une structuration d activités de recherche conjointes. La participation active de l Ircam au pôle de compétitivité Cap Digital, qui devient l un des plus importants en France comme l a attestée la présence à son événement «Cap 2012» du Premier Ministre François Fillon, a été confirmée par la poursuite de la participation du directeur scientifique comme coordinateur adjoint de la commission thématique «Image, son et interactivité», puis de la nouvelle commission «Contenus» constituée dans le cadre de la réorganisation du pôle effective à partir de 2009. 22 IRCAM

SYNTHÈSE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT Renouvellement des moyens et effectifs Projets nationaux et européens Le renouvellement des projets, contribuant pour une part importante à l activité, s est confirmé, notamment en rapport avec les thèmes suivants : Indexation audio : achèvement du projet Ecoute (RIAM), démarrage des projets Quaero (Oseo) et Disco (ANR) ; Voix : achèvement du projet Vivos (ANR), démarrage des projets Affective avatars et Rhapsodie, montage réussi pour 2009 des projets Respoken et AsAnAngel (DRIRE-FEDER) ; Interaction : achèvement du projet Crossmod (FET), démarrage du projet Same (ICT) montage réussi pour 2009 du projet Interlude (ANR) ; Modèles physiques : achèvement du projet VoxStruments (ANR), montage réussi pour 2009 du projet Pafi (ANR) ; Préservation des œuvres numériques : montage réussi pour 2009 du projet Astree (ANR) ; Musicologie : montage réussi pour 2009 du projet MuTeC, qui représente le premier projet soutenu par l ANR dans ce domaine. Il est à noter que l Ircam a obtenu la labellisation de 4 projets parmi les 23 classés en liste principale du programme Contenus et interactions, malgré le caractère de plus en plus sélectif de cet appel et la spécificité des problématiques de l Ircam par rapport à l ensemble de celles qu il vise dans le champ des industries culturelles et de la robotique. L objet des nouveaux projets est précisé dans la suite en rapport avec la présentation des différentes thématiques de recherche. Valorisation industrielle L année 2008 a représenté la première étape de concrétisation de la nouvelle stratégie de valorisation de l Ircam, consécutive au recrutement de son responsable Frederick Rousseau à la fin 2007, visant à systématiser la cession de licences de technologies de l Ircam auprès d acteurs industriels présents dans différents secteurs d activité, à commencer par les technologies de production et de diffusion musicale et audio. Plusieurs contrats de licence ont été signés au cours de l année et ont notamment porté sur le moteur de traitement audio SuperVP, qui est reconnu comme proposant les algorithmes de meilleure qualité dans la compétition internationale pour les traitements tels que compression/dilatation temporelle (time stretching), et transposition. Les contacts établis permettent d envisager une extension du volume de transactions pour 2009. De plus, l Ircam a obtenu en cours d année l agrément, de la part du ministère de la Recherche, du Crédit Impôt Recherche, qui permet à ses clients, dans le cadre de prestations de recherche notamment, de bénéficier d incitations fiscales. Renouvellement des effectifs Outre les apports importants en moyens humains obtenus de la part du CNRS et précisés plus haut (trois postes de chercheurs et un poste d ingénieur de recherche), le département a bénéficié de l intégration de Jean Bresson, consécutive au soutien de sa thèse, dans l équipe Représentations musicales autour du développement d OpenMusic et de travaux de recherche sur l écriture du son, ainsi que de celles, dans l équipe Interactions musicales temps réel, d Emmanuel Fléty, précédemment affecté au département Création, et d Arshia Cont, qui mène une partie de son activité sur la poursuite des travaux sur le suivi de partition et plus largement les langages d interaction musicale. L année a été particulièrement riche en soutenances de thèses de doctorat, avec celles, par ordre chronologique de Nicolas Rasamimanana (Geste instrumental du violoniste en situation de jeu : analyse et modélisation), Chunghsin Yeh (Estimation de fréquences fondamentales multiples dans des enregistrements polyphoniques), Arshia Cont (Modeling Musical Anticipation : From the Time of Music to the Music of Time), Gilbert Nouno (Suivi de tempo appliqué aux musiques improvisées), Matthias Demoucron (On the Control of Virtual Violins IRCAM 23

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SYNTHÈSE Physical Modelling and Control of Bowed String Instruments), Cécile Alzina (Influence de la structure formelle sur la sémantique musicale et perception subjective du temps), Damien Tardieu (Modèles d instruments pour l aide à l orchestration), Grégoire Carpentier (Approche computationnelle de l orchestration musicale), ainsi que la soutenance d habilitation à diriger les recherches d Alain Bonardi (Vers des environnements homme-machine pour ressaisir les intentions dans la création scénique). Le renouvellement des accueil de thèses s est traduit par l arrivée, au cours de l année, d Ivan Cohen (simulation de non-linéarités d instruments électroniques, Cifre société Orosys), Lise Régnier (indexation audio, Edite), Baptiste Caramiaux (interaction geste-son, Edite), Marco Liuni (Anayse de signal, co-tutelle). Principaux travaux de recherche et développement La synthèse des principaux travaux de recherche est présentée ci-après, selon les quatre orientations thématiques transversales rappelées plus haut, elles-mêmes subdivisées selon les thèmes de recherche musicale structurant l activité des équipes dans leur relation avec les enjeux musicaux. Modélisation pour la synthèse et le traitement sonores Modèles de signaux Les recherches sur la détection de fondamentales ont connu de nombreuses avancées avec, dans les cas monophoniques, des perfectionnements tenant compte en particulier des spécificités des instruments analysés, faisant l objet de licences industrielles, et dans le cas polyphonique l aboutissement de la thèse de C. Yeh dont les résultats ont été classés premiers à l évaluation internationale MIREX08. Outre l amélioration du f0, le soutien du projet Sample Orchestrator s est traduit par la réalisation d un algorithme de transposition dans le domaine spectral (amélioration des performances) et de premiers résultats sur le nouveau chantier de transformation des modulations (vibrato, trémolo). Il est aussi à noter le démarrage de la thèse de M. Liuni sur l adaptation automatique taille fenêtre d analyse, dont l enjeu est de contribuer à l automatisation des réglages des logiciels d analyse et de traitement. Voix Ce thème a pris une ampleur particulière grâce au soutien de plusieurs projets. L année a vu l achèvement du projet Vivos, avec de nombreux résultats sur la synthèse expressive à partir de texte, la transformation de l identité et du type de voix, etc. Ce projet a été mené conjointement à la poursuite de plusieurs thèses : modélisation de la prosodie (N. Obin), transformation de l expressivité de la voix (G. Beller), estimation des paramètres de source glottique (G. Degottex). Deux projets ANR ont été démarrés dans l année : Affective avatars (transformation du timbre vocal) et Rhapsodie (constitution d un corpus prosodique en français) et d autres élaborés dans l année pour un démarrage en 2009 (projets Respoken et AsAnAngel DRIRE FEDER). L ensemble de ces travaux initiés depuis 2006 voient maintenant leurs premières applications intéressant la communauté musicale de l Ircam, telle qu IrcamAlign, permettant l étiquetage et alignement de séquences de phonèmes, notamment utilisés pour la création de Com que voz de Stephano Gervasoni, ou des outils tels que SuperVP_TRaX (patch de transformation de voix) et Voice Forger (transformation de type et de nature de voix). Synthèse par modélisation physique Les recherches menées dans le projet VoxStruments ont connu une intensité particulière du fait de la nouveauté du problème posé par la modélisation d instruments à vent complets et la mise au point de méthodes adaptées : l approche finalement adoptée a consisté à élaborer de nouveaux types de modèles à éléments finis à partir de relevés minutieux après démontage des cotes d instruments existants et la simulation obtenue des résonateurs correspondants est très 24 IRCAM

SYNTHÈSE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT proche des instruments réels. Cette méthode a été appliquée à la modélisation d une clarinette basse pour le projet de compositeur en recherche de Hanspeter Stubbe et à la réalisation de modèles de synthèse temps réel devant être commercialisés par la société Arturia (notamment saxophone). Les travaux relatifs au projet Consonnes se sont poursuivis, en particulier autour de l automatisation et perfectionnement de la bouche artificielle. Les études théoriques sur la modélisation des résonateurs ont aussi connu de nombreuses avancées, avec la démonstration de convergence et d erreur de séries de Volterra pour des systèmes différentiels à nonlinéarités polynômiales, la poursuite de la thèse de R. Mignot sur les ondes progressives dans des tubes de taille variable avec des résultats pour des cônes convergents, celle D. Roze sur simulation de propagation non-linéaire avec séries de Volterra avec la modélisation de vibrations tridimensionnelles de cordes, le démarrage de la nouvelle thèse de I. Cohen sur la simulation de circuits électroniques non-linéaires. Une problématique de plus en plus importante liée à la synthèse par modélisation physique est celle de leur contrôle gestuel : cet aspect est décrit plus bas dans le paragraphe sur le geste. Spatialisation L événement le plus marquant de l année a été la réception, l installation et l inauguration, à l Espace de projection, d un système WFS de 128 canaux, première phase du projet d investissement soutenu par le Conseil général d Ile-de-France et le CNRS. Les travaux ont principalement porté, notamment en lien avec la thèse de J. Sanson, sur la calibration du système et différentes expérimentations et mesures en vue de son utilisation pour le traitement en temps réel en situation de concert : optimisation de la latence, synthèse de sources à directivité contrôlée. La configuration mise en place à cet effet est celle d une disposition linéaire en fond de scène, et repose notamment sur la simulation de sources focalisées, dont les positions sont situées, comme les instruments réels, sur scène. Les comparaisons obtenues en direct avec le son des instruments réels sont convaincantes et l installation de ce dispositif ouvre tout un champ nouveau pour la musique mixte. Les autres travaux menés sur les systèmes de spatialisation se sont inscrits dans le cadre des thèses de S. Bertet avec OrangeLabs sur la comparaison de systèmes de captation ambisonique à différents ordres et l influence du système de restitution, ainsi que de K.V. Nguyen sur la sélection guidée de HRTF pour le projet Crossmod. L important volet de travaux sur la cognition spatiale et multimodale réalisé en lien avec ces problématiques est décrit plus bas dans le paragraphe correspondant. Signal/Symbolique Cette thématique transversale, qui concerne les correspondances entre différents niveaux de représentations musicales à travers les processus d analyse (indexation, suivi, reconnaissance) et de synthèse (par le contenu à partir de descriptions de haut niveau) via des structures intermédiaires à évolution lente (contrôle, signaux gestuels, formes temporelles), s inscrit à la convergence de nombreuses préoccupations actuelles de différentes équipes. Ces recherches bénéficient du soutien de plusieurs projets extérieurs. Indexation et traitement d échantillons C est notamment le cas de l important projet Sample Orchestrator, qui, à travers la mobilisation de quatre équipes de l Ircam (Analyse/synthèse, Perception et design sonores, Interactions musicales temps réel, Représentations musicales), a été conçu pour produire des avancées de la recherche sur de nombreux aspects des technologies relatives à la gestion d échantillons sonores: indexation automatique, interfaces de navigation, fonctions de traitement, aide à l orchestration. Les travaux sur l indexation de bases de données d échantillons ont abouti à deux résultats principaux : la réalisation d un module complet d analyse de descripteurs (ircamdescriptor) et d un système générique de classification automatique de sons, qui a été entraîné sur des catégories issues d expériences perceptives menés sur l organisation des sons environnementaux, liées notamment aux matériaux constitutifs des sources sonores et à leurs morphologies. Ces outils d indexation ont été IRCAM 25

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SYNTHÈSE intégrés au système de synthèse par corpus CataRT, sur lequel ont été apportées de nombreuses améliorations relatives à l optimisation de l accès aux données et au système de rendu et de visualisation. Outre les travaux sur les modèles de signaux décrits plus haut, plusieurs nouveaux modules et prototypes de traitement temps réel des sons ont été développés dans le projet : MuBu (conteneur multi-buffer pour la représentation de données temporelles multiples dont descripteurs audio dans Max), ZsaZsa (synthèse granulaire, Psola et concaténative), prototypes de synthèse granulaire par contrôlée par descripteurs, de synthèse concaténative de boucles rythmiques, de morphing audio par hybridation des enveloppes spectrales. L utilisation de différents types de descripteurs extraits de signaux sonores monophoniques trouve par ailleurs un intérêt croissant dans le contexte, plus contraint, de leur analyse en temps réel. Les avancées sur ce sujet ont concerné d une part les travaux de la thèse de J. Bloit sur la représentation de l évolution de formes temporelles à partir des signaux de descripteurs, audio ou gestuels, qui les caractérisent (lien avec les travaux sur l analyse du geste), d autre part les résultats du projet VoxStruments, qui ont abouti à la réalisation de la bibliothèque RTA Lib conçue pour l analyse en temps réel de la voix et fournissant un ensemble de descripteurs, détections d articulation, et analyses sur l espace vocalique. Aide à l orchestration L autre volet important de Sample Orchestrator concerne le projet d aide à l orchestration, qui a été marqué par l aboutissement des thèses de D. Tardieu et G. Carpentier dont les contributions conjointes, avec celles de l équipe Représentations musicales, ont formulé les bases du système comme problème d optimisation multicritères et abouti à la réalisation de premières versions d un prototype d aide à l orchestration. Celui-ci permet au compositeur, dans un dialogue interactif, de spécifier la cible recherchée à partir d un son existant ou d une description abstraite en OpenMusic et de définir ses contraintes musicales. Le prototype a notamment été utilisé pour la synthèse de voyelles dans la création de la pièce Speakings de Jonathan Harvey. Indexation musicale Ce thème est distingué ici de celui, décrit plus haut, relatif à l indexation d échantillons sonores, par la nature des enregistrements analysés (morceaux de musique). Mené au cours des années précédentes principalement dans le cadre du projet Ecoute achevé en début d année et de la thèse d H. Papadopoulos (estimation de suites d accords, de tonalité locale, de premier temps), il a connu un développement particulièrement important avec le démarrage attendu depuis plusieurs années et la montée en charge au cours de l année du projet Quaero, ainsi que du démarrage du projet Disco (recherche dans de très grands bases de données multimédia) et de la thèse de L. Régnier sur la détection de voix dans les enregistrements. L Ircam est responsable de l indexation musicale du projet Quaero, dont l apport permet non seulement le recrutement de plusieurs chercheurs pour dépasser l état de l art actuel sur différents sujets (analyse de la structure temporelle, des structures rythmiques, des tonalités et accords, différents types de catégorisations), mais aussi la constitution d un corpus annoté de morceaux de musiques sans précédent, qui est aujourd hui nécessaire pour assurer la validité des algorithmes développés à une large échelle. Les premiers résultats d évaluation, qui ont porté sur l adaptation du classifieur générique développé dans Ecoute à la catégorisation automatique selon différents critères, sont très probants, puisque l Ircam a obtenu les meilleurs résultats à l évaluation internationale MIREX08 dans les catégories MusicMood et AudioComposer, et le second dans AudioGenreLatin. Écriture du son Ce thème concerne l écriture de processus de synthèse sonore à partir d environnements compositionnels et a porté sur les perfectionnements des systèmes OMSounds, issu de la thèse de J. Bresson, et OMChroma, poursuivi en collaboration avec Marco Stroppa, avec notamment 26 IRCAM

SYNTHÈSE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT des travaux sur les structures temporelles, à partir de l éditeur de maquettes et de l éditeur Sheet. Analyse du geste et de l interprétation Ce thème a connu d importants aboutissements au cours de l année avec ceux des thèses de N. Rasamimanana et M. Demoucron autour de l analyse, de la reconnaissance et de la modélisation du geste du violoniste, le démarrage de la thèse de T. Bianco dans la continuité de ces travaux, autour notamment de l application au jeu de trompette, celle de B. Caramiaux sur l analyse des correspondances entre geste et son dans des situations d écoute et de contrôle, la création du quatuor augmenté StreicherKreis de Florence Baschet, le montage et la préparation du projet Interlude présenté et accepté à l ANR pour un démarrage en 2009. Ces travaux de recherche se sont accompagnés d un ensemble de réalisations matérielles, consécutives à l intégration dans l équipe Interactions musicales temps réel d Emmanuel Fléty (dispositifs de captation, instruments augmentés, projet i-maestro, installation Siemens de Pierre Jodlowski) et logicielles (développement du suiveur de geste, extensions SDIF pour représenter les données gestuelles). L utilisation de signaux issus de cette captation et modélisation gestuelle apparaît désormais comme un facteur déterminant du réalisme de modèles de synthèse de sons d instruments, notamment par modélisation physique et les liens entre ces deux thèmes sont voués à se renforcer dans les années à venir. Écriture du temps et de l interaction Cette autre thématique transversale concerne les méthodes de formalisation et de réalisation de processus temporels et interactifs et est étroitement liée au thème précédent. Suivi de partition, de geste, de formes temporelles Une nouvelle architecture de suivi de partition, antescofo, a été réalisée en collaboration avec Marco Stroppa dans le cadre du travail de thèse d A. Cont et du projet Same. La nouveauté de cette approche réside dans la prise en compte de décisions intégrant plusieurs processus d analyse en temps réel de l interprétation, incluant la reconnaissance d éléments de la syntaxe musicale et un suivi de tempo. Ce système a été intégré dans les patchs d exécution des œuvres Explosante-Fixe, Anthèmes 2 de Pierre Boulez, Partita de Philippe Manoury et Speakings de Jonathan Harvey. Les extensions qu il propose au paradigme existant de suivi de partition ouvrent la voie à la définition de langages pour l écriture de l interaction musicale. Les travaux sur le suivi et la reconnaissance de geste et de formes multimodales ont été perfectionnés et appliqués dans différents cadres : la production de StreicherKreis, la finalisation du projet i-maestro qui a produit un ensemble de prototypes pour la pédagogie de l interprétation à partir de techniques de contrôle gestuel, la constitution de dispositifs d interaction avec la danse (en collaboration avec les chorégraphes Emio Greco et Richard Siegal), la conception de scénarios interactifs pour les projets Same et Eartoy. Au titre d algorithmes effectuant des décisions dans un contexte temps réel, il convient de mentionner également les travaux menés sur l application de logiques floues au contrôle d événements dans le spectacle vivant (théâtre). Nouveaux systèmes d interaction et de formalisation des processus temporels Le système OMax a connu divers perfectionnements, dont la conception d une nouvelle architecture et l intégration du moteur SuperVP temps réel qui permet le traitement des signaux sonores issus de l interprétation à partir des opérations musicales rendues possibles par la discrétisation des flux en symboles. Il a fait l objet d expérimentations dans différents contextes musicaux faisant intervenir interprètes improvisateurs et compositeurs. Menés conjointement en lien avec ce thème et le précédent, les premiers travaux de thèse de F. Maniatakos sur les nouveaux paradigmes d interaction se sont intéressés aux modèles de reconnaissance de geste et à des méthodes de prédiction de flux sonores et gestuels. L aboutissement de la thèse de G. Nouno s est traduite pas des algorithmes d extraction et IRCAM 27

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SYNTHÈSE exploitation de la pulsation et de la métrique pour l interaction, qui doivent aussi être intégrés à OMax. Un autre objet de recherche représentant des enjeux importants pour l élaboration de nouveaux langages d interaction concerne les travaux théoriques et appliqués sur les processus concurrents. Menés dans la continuité du projet React, ils ont porté sur l évaluation de plusieurs modèles adaptés au contexte de l interaction musicale, le développement d un interprète permettant une interaction temps réel dans Max/MSP et Pd et d une bibliothèque pour OpenMusic. Interaction multimodale Ces travaux sont menés conjointement dans le cadre des recherches des équipes Acoustique des salles (Isabelle Viaud-Delmon, chercheuse invitée dans l équipe Acoustique des salles qui doit intégrer l UMR STMS en 2009), Interactions musicales temps réel, ainsi que de plusieurs projets ANR et européens. L année a vu la finalisation du projet Crossmod consacré à l étude de situations d interaction intermodale en réalité virtuelle, qui a comporté un ensemble d expériences sur l intégration visuo-auditive dans la reconnaissance d objets (alignement spatial des stimuli visuels et auditifs, cohérence et catégorie sémantique des stimuli). Dans le cadre du projet EarToy et du démarrage du projet Same, plusieurs scénarios pour le contrôle gestuel de sons ont été définis à partir du suivi de geste, et une approche adaptative pour l estimation de la vitesse d exécution du geste a été proposée et implémentée. Les travaux entamés dans le projet Corsaire sur l évaluation de paradigmes de sonification pour la manipulation interactive de données numériques complexe ont été poursuivis. Ces recherches ont été appliquées à des expériences visant le traitement de pathologies médicales en psychiatrie (phobie des chiens) et en audition (traitement des acouphènes, projet Reva). Ingénierie et médiation des connaissances Cette thématique regroupe les différentes disciplines scientifiques, approches méthodologiques et technologiques visant la constitution (élicitation, formalisation) et la médiation (diffusion à travers différents supports) de connaissances sur le musical (œuvres, pratiques) et le sonore. Perception et design sonores Comprenant les recherches décrites plus haut liées sur la catégorisation des sons environnementaux l essentiel des travaux ont concerné la poursuite du projet Closed, et ses liens avec Minet et SID avec, en particulier, la classification à partir d imitations verbales et une nouvelle direction importante concernant le design non plus de sons prédéfinis, mais d interactions sonores. Dans le champ des interfaces homme-machine une étude s est intéressée aux applications de la rhétorique musicale aux earcons (brefs sons associés à une action). La collaboration avec Renault s est poursuivie autour de la thèse d A. Frère sur la perception des moteurs. L organisation et l accueil, en juin, du colloque international ICAD 08, ont permis de réaffirmer l activité de l Ircam dans le domaine du design sonore en orientant certaines de ses thématiques sur ce thème. Analyse des œuvres et des pratiques musicales Les recherches relevant de la musicologie computationnelle et concernant en particulier les relations mathématiques/musique ont poursuivi leurs investigations de nouveaux formalismes, en particulier autour des applications de la transformée de Fourier discrète à la classification d échelles musicales et au pavage en temps. Une réflexion a été lancée sur les fondements cognitifs des modèles mathématiques en musique. Deux thèses ont été poursuivies : celle de Y.K. Ahn sur l analyse assistée par ordinateur et la notion de topographie musicale par segmentation et la relation des segments par des graphes et celle de S. Schaub sur la formalisation mathématique dans les œuvres de Milton Babbitt et Iannis Xenakis. 28 IRCAM

SYNTHÈSE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT L équipe Analyse des pratiques musicales a bénéficié, en septembre, de la mutation de Laurent Feneyrou avec lequel des collaborations étaient déjà établies, à travers notamment la coordination de l important ouvrage Théories de la composition musicale au XXe siècle, dont la parution est prévue à l automne 2009. Les activités ont été consacrées en particulier à l achèvement du recueil de suivi de projet Quatuor augmenté de Florence Baschet, au suivi de la création et analyse d Exercices du silence de Brice Pauset créé à l Opéra Bastille le 6 décembre, à la réalisation de trois opus des courts métrages Images d une œuvre consacrés aux créations de Philippe Mainz, Georges Aperghis et Luis Naon, et l organisation du colloque «Genèses musicales» (cf événements publics ci-après). Médiation et préservation des œuvres L aboutissement du projet Ecoute s est traduit par la réalisation d un outil auteur de publications hypermédias spécialisé pour l analyse d œuvres musicales, comportant deux modèles de publication, l un pour le Web et l autre pour CD-ROM. Ce dernier a été utilisé pour la réalisation des supports pédagogiques «Parcours interactifs d une œuvre» réalisés pour la région Paca. Dans le cadre du projet européen Caspar, l Ircam a poursuivi ses travaux sur les méthodes et outils de préservation des œuvres numériques interactives, en participant à des recherches sur l authenticité et en développant le système MustiCaspar, étendant les fonctions de Mustica selon l implantation des protocoles OAIS développés dans Caspar. Une extension de ces travaux est prévue dans le cadre du projet Astree que l équipe Services en lignes a présenté avec succès à l appel ANR Contenus et interaction et qui vise à produire des descriptions abstraites, indépendantes des implantations, de processus de traitement temps réel tels que ceux produits dans Max/MSP à partir du langage FAUST du Grame. Développement logiciel Les principales réalisations logicielles produites au cours de l année ont été les suivantes : Indexation audio : ircamdesriptor (bibliothèque temps différé de descripteurs d échantillons sonores), ircamclassifier (classifieur générique) ; Perfectionnements SuperVP : amélioration des performances, nouvelles fonctions SuperVP_TRaX : patch de transformation de voix, Voice Forger : transformation de type et de nature de voix ; Aboutissement de la refonte de l architecture logicielle d Audiosculpt, nouvelles fonctions (comme l édition des BPF sur le sonogramme) ; Aboutissement du portage d OpenMusic sur le framework multi-plateforme LispWorks, démarrage de l adaptation de ML Maquette à cet environnement. Perfectionnements d OMax par intégration du traitement sonore par SuperVP ; FTM, Gabor et MnM : intégration dans Max 5, développement et intégration de nouveaux éditeurs graphiques, gestion des données pour les processus parallèles ; Perfectionnements de CataRT : accès optimisé et direct-to-disk aux données, nouvelles fonctions de représentation et de visualisation ; Modules temps réel : nouveaux objets supervp sourcefilter (synthèse croisée source-filtre), ring (mémoire circulaire pour traitement de flux temps réel), MuBu (gestion de signaux temporels multiples), ZsaZsa (bibliothèque de synthèse granulaire, Psola et concaténative), RTA Lib : extraction de descripteurs vocaux ; Suivi de partition et de geste : développement en C++ d antescofo et du suivi de geste, bibliothèque Fuzzy Logic (décisions en logique floue). Événements publics Outre les nombreux séminaires de recherche organisés par ses équipes, le département a participé à l organisation des événements publics suivants : «Genèses musicales» : co-organisation avec l Institut des textes et manuscrits modernes les 22-23 mai de ce colloque, dont l objectif était de confronter les approches menées en IRCAM 29

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SYNTHÈSE critique génétique littéraire avec celles, d origine plus récente, s intéressant au processus de genèse des œuvres musicales ; Colloque international «Expressivité dans la musique et dans la parole», organisé en lien avec le département Médiations recherche/création les 17 et 18 juin dans le cadre du festival Agora ; ICAD 08 : organisation, en collaboration avec d autres partenaires, et accueil, du 23 au 27 juin, de la 14 e édition du colloque international ICAD (International conférence on auditory display), dont la thématique est en lien avec celles des équipes Perception et design sonores et Acoustique des salles. La participation a été exceptionnelle (de l ordre de 150 personnes) ; Acoustics 08 : l Ircam était partenaire de ce grand colloque international qui se tenait au Palais des congrès du 29 juin au 4 juillet et a accueilli deux visites-conférences (technical tours) les 3 et 4 juillet 2008 à l Espace de projection, en présence d un public important ; inauguration, le 20 novembre à l Espace de projection, dans une salle comble, du système WFS, en présence de M. Arnold Migus, directeur général du CNRS. Cet événement avait été précédé, le 20 juin dans le cadre du festival Agora, d une démonstration publique en Studio 5 (50 personnes) préfigurant les fonctions musicales de ce nouveau dispositif, qui a été obtenu grâce au soutien du Conseil général d Ile-de-France (programme Sesame), du CNRS et de l Ircam. 30 IRCAM

SYNTHÈSE CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES 2. CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES Directeur artistique : Frank Madlener Ouverte par la création du grand œuvre d Emmanuel Nunes, l opéra Le serpent vert à Lisbonne, l année 2008 se caractérise par la rencontre entre les projets les plus prospectifs de l Ircam et un public considérablement agrandi, en particulier lors du festival Agora 2008. L autre fait marquant est l articulation renforcée avec la programmation du Centre Pompidou, en particulier lors de l exposition pluri-disciplinaire Traces du Sacré. Simultanément une politique volontariste d itinérance des nouveaux projets de l Ircam a porté des créations nouvelles sur une orbite internationale, constituant ainsi un véritable répertoire. Com Que Voz, le projet de Stefano Gervasoni autour du Fado, a été joué à Porto, Berlin, Paris, Strasbourg, bientôt Bruxelles et Amsterdam, avec le soutien du Réseau Varèse ; Speakings de Jonathan Harvey, le rêve d un «orchestre parlant», est passé par Glasgow et les Proms de Londres avant sa première française. Rationalisée autour de quelques propositions fortes, la demande croissante des œuvres Ircam en tournée contraint lourdement les calendriers des équipes de production qui doivent aujourd hui pouvoir répondre à un double enjeu : le processus de la création en studio, le développement de la diffusion. Agora Sous l intitulé L Icône-la voix, Agora 2008 réunissait en deux semaines les avancées les plus décisives de l Ircam touchant l expressivité de la parole et de la musique. Du Fado inédit de Stefano Gervasoni jusqu aux machinations visuelles et théâtrales de Georges Aperghis, de «l orchestre parlant» de Jonathan Harvey jusqu à la première création de Beat Furrer projetant voix et électronique dans l espace, Agora portait la question de la voix sur tous les fronts. Qu elle soit une présence réelle, liée aux affects d une langue, un jeu de phonèmes démultipliant les malentendus expressifs (Aperghis) ou l asymptote du domaine instrumental qui l approche et la simule (Speakings de Harvey), la vocalité constitue un axe convergent fertile entre recherche scientifique et recherche musicale. Le festival de l Ircam interrogeait simultanément l héritage de Gérard Grisey, disparu il y a dix ans, l une des figures décisives pour la jeune génération de compositeurs. L esthétique de la saturation, de l inharmonicité et du bruitisme, très présente dans le Cursus de l Ircam, s inscrit dans la filiation des œuvres et de la pensée de Grisey. Agora présentait par ailleurs la première rencontre entre Le Fresnoy et le Cursus 2 de l Ircam, où deux artistes ont élaboré minutieusement tout à la fois la vidéo et l électronique en temps réel. Cette édition du festival de l Ircam a connu un succès sans précédent tout à la fois par son impact médiatique et par sa fréquentation (88 % de taux de fréquentation des salles). Saison parisienne Soutenue par de nombreux partenaires et par la Sacem, la Saison parisienne alternait la présence de compositeurs proches de l histoire de l Ircam (créations de Philippe Manoury et de Georges Aperghis), de personnalités jusqu ici éloignées de l électronique ( Beat Furrer, Philipp Maintz) et des figures de référence (Stockhausen, Carter, Boulez). Focalisée sur la puissance expressive du geste musical ou du geste chorégraphié, cette saison a éclairé le rôle d un médiateur essentiel pour la recherche musicale : l interprète. Aux côtés de l Ensemble intercontemporain, partenaire privilégié de l Ircam, des musiciens très engagés dans la création, mais peu présents à Paris, ont trouvé toute leur place dans cette saison. À ce titre, l Ensemble vocal Exaudi de Londres, pour son premier concert à Paris, participait à l inauguration de l exposition Traces du Sacré au Centre Pompidou. Les nouvelles formes de nos rendez-vous avec le public reposent également sur l engagement soutenu de musiciens IRCAM 31

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES SYNTHÈSE aux côtés des compositeurs et des chercheurs : les images d une œuvre, filmant quelques moments d un long processus dans les studios, les cahiers d études où se noue une intrigue entre le compositeur, le virtuose et les limites repoussées de l instrument-logiciel, les réalisations du Cursus 2 Un nouveau cycle consacré au quatuor avec électronique a succédé à partir de l automne, à la série La poursuite que l Ircam organisait depuis trois ans aux Bouffes du Nord. Une ultime poursuite confiée au pianiste canadien Winston Choi (Ligeti, Marco Stroppa et Stravinsky). La saison s est achevée sur une collaboration avec le Festival d Automne (création des Exercices du Silence de Brice Pauset) et avec le Louvre lors du cycle consacré à Pierre Boulez (Œuvre : fragment). Pôle spectacle Destiné à la scène et aux projets artistiques pluridisciplinaires, ce pôle expérimental soutenu depuis sa création par la DMDTS a connu en 2008 un nouvel élan par la confrontation directe avec le travail scénique. Pour migrer du «labo-studio à la scène», l un des objectifs principaux du pôle, l Ircam avait besoin d un plateau suffisamment grand et libre pour élaborer l expérimentation et la production de spectacles vivants. Depuis septembre 2008, l Ircam est partenaire du CENTQUATRE, (établissement artistique pluridisciplinaire de la Ville de Paris). L Atelier 6 du CENTQUATRE équipé des outils du Pôle spectacle, permet aux artistes invités d avancer en terre prospective. Parmi les projets qui mobilisent les forces de ce Pôle Spectacle redéployé, citons en particulier les créations de Myriam Gourfink et Georg Friedrich Haas (danse-musique), Four Black Scenes du compositeur espagnol Alberto Posadas (video, danse, musique avec Richard Siegal), et Le Père projet de théâtre musical de Michael Jarrell autour d un texte de Heiner Müller, conçu pour les percussions de Strasbourg et André Wilms. Le travail sur le geste «mis en scène» par la danse ou le théâtre a été transféré par ricochet, dans les recherches réalisées autour du geste expert du musicien, particulièrement dans la musique de chambre. Enfin, le Pôle spectacle développant des instruments «augmentés» est désormais impliqué dans les productions du Cursus 2, comme celle de Lorenzo Pagliei ou de David Call, créées en septembre 2008. 32 IRCAM

SYNTHÈSE PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE 3. PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE Directeur : Cyril Béros L année 2008 se donnait comme objectif de mettre à l épreuve et de consolider les propositions initiées depuis la saison 2006-2007, aussi bien en termes de contenus, que de ressources humaines et budgétaires, dans les domaines suivants : l enseignement supérieur : Cursus, Master Atiam, projet de Master en Design sonore ; le jeune public : parcours découverte, projet pilote «les ateliers de la création», parcours «musique mixte» pour les jeunes instrumentistes ; le grand public : série de films «Images d une œuvre», conférences «Un dimanche, une œuvre» avec le Centre Pompidou. Dans un contexte de croissance de l activité (nouvelle offre de formation supérieure, films, activité scolaire et enseignement spécialisé), de stagnation de la subvention, d extinction des moyens de financement du projet européen Leonardo à partir de septembre 2008, l équation du développement a pu être résolue grâce à : la pérennisation en CDI (à 3/5e de temps) au sein du département de la Pédagogie, d un 3 e poste administratif en remplacement du poste à temps complet assuré antérieurement sur un financement européen. Ce recrutement a permis de maintenir le noyau du poste dévolu au suivi du Master Atiam et à l activité scolaire ; le recrutement sur un poste stable d un 5 e RIM (à 3/5 e de temps) en compensation du passage à temps partiel de deux membres de l équipe. Sans augmenter le volume de temps de travail disponible, l arrivée de nouvelles compétences et la stabilisation du poste, antérieurement assuré par des vacations, aura permis un travail d équipe plus efficace et une répartition des tâches plus équilibrée ; l augmentation des ressources propres (hors projet européen) : déjà en progression de + 54 % en 2007, elles ont continué à augmenter en 2008 grâce à de nouveaux partenariats (Fondation Lagardère, coproductions Centre Pompidou, partenariat conservatoire d Aubervilliers) et à un bon niveau de recettes en formation professionnelle : + 14 % pour atteindre globalement 172 000. Formations supérieures et professionnelles Cursus de composition et d informatique musicale C était le chantier essentiel de l année 2008. Le bilan de la première promotion de la nouvelle formule du Cursus a permis de valider dans ses grandes lignes et d affiner la réforme entreprise en 2007. Les premiers projets sortis du Cursus 2, entre juin 2008 et janvier 2009, répondent aux objectifs fixés : singularité des projets artistiques : assortis d une ambition expérimentale plus grande, tout en garantissant la fiabilité dans l utilisation de technologies prospectives, les projets reflétaient beaucoup plus clairement les «poétiques» des compositeurs choisis. L année 2 fournit bien le temps de maturation nécessaire et le cadre de réflexion adéquat pour une véritable appropriation des technologies et de l écriture électronique, au sein d une démarche artistique personnelle ; lien renforcé avec les équipes de la recherche via la médiation des RIMce. Au-delà des échanges concrets au cours de l année, un bon indicateur de la réalité de ces liens réside IRCAM 33

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE SYNTHÈSE dans l inscription des compositeurs dans les projets de recherche à l issue du Cursus 2 : Yann Robin autour d OMax (équipe Représentations musicales), Lorenzo Pagliei autour de Modalys temps réel (équipe Acoustique instrumentale), Marco Suarez et Roque Rivas autour du champ nouveau de la segmentation musicale automatique (équipe Interactions musicales temps réel) ; pari de relations suivies avec les jeunes compositeurs issus du Cursus 2 : elles semblent acquises sur le plan de la recherche pour la première promotion. Elles se confirment du côté artistique, avec deux commandes post-cursus à Roque Rivas (projet 4 33 avec le Remix ensemble en 2010) et à Marco Suarez (commande Grame-Eoc-Ircam, 2010). L effet d insertion professionnelle et de tremplin est donc d ores et déjà sensible avec d autres commandes extérieures que nous ne pouvons toutes citer (par exemple celle de l EIC pour Yann Robin et un projet de CD, résidence ARCAL pour Matteo Franceschini, commande pour flûte à Roque Rivas etc.) et la reprise des pièces Cursus (Matteo Franceschini à Munich ; Roque Rivas à la «Nuit des images» au Grand Palais», à Londres, au Centre culturel français du Cambodge en 2009, à la biennale «Musiques en scènes 2010» ; Yann Robin à Helsinki en 2010 etc.). Sur le plan organisationnel et partenarial : les modalités de travail entre Pédagogie et Production sont installées ; de même que l articulation avec la Direction artistique et le département Médiations recherche/création qui inclut désormais les projets du Cursus 2 dans la politique globale de recherche musicale de l institut. Ce dernier point permettra aux équipes de mieux cibler les problématiques de recherche liées aux projets, en coordination avec le responsable de la recherche musicale associé à la définition des projets de Cursus 2 ; le rythme pédagogique de l année ainsi que les modalités de suivi des projets ont été affinés. L année de Cursus 1 notamment, trop comprimée sur un semestre de cinq mois (contrainte imposée en 2007 par le partenariat européen ECMCT) a été renforcée et réorganisée pour former un ensemble cohérent et couvrir les principaux domaines d enseignement souhaitables (ajout de sept semaines de cours, compositeurs invités, réelle période de production de l étude finale) ; inscription dans le paysage de l enseignement supérieur : le partenariat avec la HEM de Genève, signé en 2008, permet aux étudiants de cet établissement, sélectionnés par le Comité de lecture, de suivre le Cursus 1 de l Ircam dans le cadre de leur Master 1. La possibilité de poursuivre un Cursus 2 dans le cadre de leur Master est aussi ouverte au cas par cas. Le conventionnement avec le CNSMDP en vue d un dispositif identique est acquis sur le principe et doit être officiellement signé en juin 2009. nouveaux partenariats artistiques : réussite du partenariat avec Le Fresnoy, renouvelé avec un nouveau projet de collaboration compositeur plasticien en 2008-2009 et en 2009-2010 ; premier partenariat en 2008-2009 avec le Centre National de la Danse pour un projet jeune chorégraphe/compositeur ; discussions avec la Maison des écrivains pour ouvrir la possibilité de projets écrivain/compositeur à partir de 2009-2010. Master Atiam Grâce à un effort de communication et à un meilleur suivi des candidatures parallèlement au processus d inscription à l université, l année 2008-2009 aura connu un recrutement exceptionnel, avec des candidats venus des meilleures grandes écoles ou universités françaises (le nombre de candidats retenus passe de 14 à 22). L enjeu est à l avenir de nouer des relations suivies avec la communauté constituée par les quelque trois cents étudiants passés par la formation et le riche réseau de recherche et professionnel que cette communauté forme. À cette fin, un projet d annuaire et de «Rencontres Atiam» a été élaboré en 2008 et devrait aboutir à la fin de l année universitaire 2008-2009. 34 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

SYNTHÈSE PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE Master en Design sonore Des discussions approfondies avec l École des beaux-arts du Mans (Esbam) et l École nationale supérieure de création industrielle (Ensci) se sont déroulées durant l année. Elles ont débouché sur l élaboration d une maquette des enseignements pour la mise en œuvre d une filière «Design sonore» au sein de l école. L Ircam, à travers son équipe Perception et design sonores, sera étroitement associé au niveau Master de cette filière en assurant des enseignements de méthodologie de projet en design appliqué et en organisant des workshops sur des technologies avancées (spatialisation, interaction gestuelle) et des ateliers projets avec des partenaires industriels. Le principe de cette nouvelle formation, pour une ouverture en 2009-2010 (niveau Licence 2) et 2011-2012 (niveau Master) a été accepté et voté par les collectivités territoriales et doit faire l objet d une validation sur le plan pédagogique par le ministère de la Culture début 2009. La formation professionnelle continue Le volume d activité de formation professionnelle décroît légèrement après une année 2007 exceptionnellement fournie (stage à la carte ; cumul de formules anciennes et nouvelles pendant l année de transition), tout en préservant le niveau de recettes, grâce notamment aux activités hors les murs (Glasgow). L équilibre trouvé aujourd hui s adapte à l augmentation de la charge de travail mise sur le nouveau Cursus. 269 inscriptions pour 29 formations, hors Cursus ; taux de remplissage stable à 75 % ; taux de prise en charge dans le cadre de la FPC qui continue de croître à 52 %. Les actions vers le milieu scolaire et l enseignement spécialisé L action culturelle développée depuis deux ans participe d un effort de démocratisation et de rayonnement de l Ircam auprès du jeune public. La signature d une nouvelle convention avec le ministère de l Éducation nationale en septembre 2008 pour la finalisation et la diffusion des logiciels Musique Lab 1 & 2 témoigne de cet engagement (cf. Médiations recherche/création). Parallèlement à ce dossier de fond permettant de fournir des outils pédagogiques génériques au plus grand nombre, l Ircam s investit chaque année dans des projets spécifiques qui répondent à ses missions fondamentales : exigence artistique, esprit expérimental et innovation pédagogique. Parcours «découverte» Destinés aux collèges et lycées, ils ont permis à 269 élèves et étudiants de découvrir l institut, de s initier aux problématiques de la recherche sonore et musicale et d assister à un concert de la saison. Une nouvelle offre de parcours, ciblée pour les écoles d Art, d ingénieurs et les filières artistiques des universités a été mise en place en septembre 2008. Parcours croisé «les ateliers de la création» Le parcours «Les ateliers de la création», projet pilote d éducation artistique destiné aux lycées professionnels, est entré dans sa seconde année. La première session (2007-2008) a permis de valider le dispositif pédagogique et de montrer l intérêt de cette démarche pour des élèves a priori très éloignés de l Art, a fortiori de la création la plus récente, tant sur un plan personnel que sur le plan de la vie scolaire. La dimension pluridisciplinaire, l approfondissement de l expérience esthétique dans le musée, la mise au jour du «travail» de l art, l invention de scènes sonores à partir des catégories de lecture des œuvres, sont autant d hypothèses fortes qui structurent le projet. La session 2008-2009, avec deux nouvelles classes, sera entièrement documentée (analyse didactique, films, photos, entretiens, production des élèves, relais du travail dans les classes) afin d élaborer un outil multimédia qui rende compte de cette expérience pour la communauté IRCAM 35

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE SYNTHÈSE des enseignants de lycées professionnels. Cet outil rassemblera les matériaux permettant de montrer les étapes du projet, de proposer une méthodologie et des outils pédagogiques concrets, d analyser les enjeux et d évaluer les dispositifs mis en œuvre. Les ministères de la Culture et de l Éducation encouragent le Centre Pompidou et l Ircam à diffuser largement cette expérience pilote, étroitement conçue avec les programmes du Bac professionnel en trois ans. Parcours «musique mixte» pour les jeunes instrumentistes La nouvelle formule destinée aux jeunes musiciens se décline en : parcours sur le répertoire de la musique mixte ; parcours de création, en collaboration avec les jeunes compositeurs du Cursus 1. Cette formule a fait ses preuves dans différents contextes en 2008 : conservatoire à rayonnement départemental ou municipal (2 projets), régional (3 projets) ou supérieur (5 projets) et a concerné 65 étudiants musiciens ou jeunes professionnels. Le partenariat avec le Conservatoire national supérieur de Paris se trouve particulièrement renforcé à partir de la saison 2008-2009 puisque les étudiants créeront l intégralité des études finales des compositeurs du Cursus 1, soit quinze réalisations. Nous essayons, chaque saison, de mobiliser une classe nouvelle du Conservatoire, pour intéresser de nouveaux étudiants à la musique mixte (en 2007-2008 la classe d alto, en 2008-2009, les classes d accordéon et de basson). Nous sommes enfin particulièrement vigilants dans le montage de ces projets partenariaux sur le fait que des personnels techniques des institutions partenaires puissent profiter de ces projets pour développer des compétences et conduire eux-mêmes la réalisation de certaines pièces. À cette fin, nous avons accueilli deux personnes en stage professionnel parallèlement aux parcours et les avons accompagnées par un suivi individuel lors des parcours. Les premières reprises de pièces par les établissements (présentations publiques, examens), ou par les musiciens eux-mêmes (concours, concerts), sans l appui de l institut, montrent que la diffusion de ce répertoire progresse. C est un domaine dans lequel l Ircam continuera à s engager fortement. Les adresses au grand public Les propositions pour le grand public sont conçues comme des moments de rencontre privilégiée avec les œuvres et les activités de l institut, en contrepoint de la saison artistique. Elles s articulent en actions récurrentes (le cycle de conférences «Un dimanche, une œuvre», la série de films «Images d une œuvre» coproduite avec le Centre Pompidou) et en événements ponctuels marquant ces temps forts (journée Grisey ; rencontre autour de l expressivité vocale pendant Agora 2008 ; colloque Carter à l occasion du centenaire de sa naissance). La série «Images d une œuvre» Quatre nouveaux films ont vu le jour en 2008, autour des créations de Philipp Maintz, Georges Aperghis, Luis Naon et Georg-Friedrich Haas Myriam Gourfink (finalisé début 2009). Cette deuxième saison a permis de définir une ligne éditoriale plus claire et de réfléchir à la valorisation des films : le suivi d'un processus de création reste la base du film, mais l œuvre particulière doit être l'occasion d'aborder des problématiques plus larges (compositionnelles, recherche musicale), afin que le film puisse être reprogrammé dans d'autres contextes que celui de la reprise de l'œuvre particulière ; le choix de compositeurs qui puissent dégager des perspectives historiques (archives, évolution des technologies et des problématiques, regard sur d anciennes œuvres etc.) ; la constitution d équipes de réalisation stables, en phase avec ces choix ; 36 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

SYNTHÈSE PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE au-delà des projections d avant-concerts, nous systématisons la diffusion des films en tournée, au sein des activités hors les murs, au cours des rencontres presse. À cette fin, une version anglaise des films est désormais prévue ; enfin, les films sont valorisés sur Internet (site Ircam), avec la possibilité de contenus enrichis (interviews plus longues, extraits de concerts ou de répétitions, bonus etc.). D autres discussions ont été amorcées pour élargir leur diffusion (blog musicareaction, Centre Pompidou virtuel, France5.tv, ITunes U). Hommage à Elliott Carter. Des ponts vers l Amérique, II Le département Pédagogie action culturelle a assuré l organisation du Colloque international initié par Max Noubel à l occasion des 100 ans d Elliott Carter, en collaboration avec le CRAL, EHESS-CNRS et le concours des équipes scientifiques APM (Nicolas Donin) et RepMus (Moreno Andreatta, Gérard Assayag). Ce colloque, réunissant les spécialistes mondiaux d Elliott Carter, a traité des thématiques suivantes : l écriture cartérienne, regards de compositeurs, espace sonore et rythme dans la musique de Carter, Carter dans l histoire. Rencontres autour de l expressivité vocale pendant Agora 2008 Organisées par le département Médiations recherche/création (cf. synthèse MRC). IRCAM 37

Détaillé

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE 1. RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 1.1. ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE Responsable : René Caussé Un des événements importants de l année 2008 a été l aboutissement des différents travaux initiés dans le cadre de la thèse de Matthias Demoucron, soutenue en novembre dernier. Si le développement d un capteur de force monté sur l archet avait déjà permis de franchir une étape décisive dans l analyse des gestes du violoniste, la modélisation de ces gestes et l utilisation de ces modèles comme une aide au pilotage de la synthèse a représenté une avancée importante. La deuxième phase du projet VoxStruments (ANR, programme RIAM, en collaboration avec l équipe IMTR de l Ircam et les sociétés Voxler et Arturia) s est traduite par la mise au point d une méthodologie nouvelle de mise au point de modèles physiques très réalistes d instruments à vent de la famille des bois. Ces modèles sont venus également enrichir la palette d instruments virtuels du logiciel Modalys. Si les modèles et les moyens expérimentaux sont assez bien développés pour l étude des régimes permanents des instruments de musique, ce n est pas le cas pour les régimes transitoires. Un des objectifs du projet Consonnes, projet ANR- programme «blanc», a été de franchir un saut technologique et de développer et utiliser des moyens d excitation parfaitement contrôlés d instruments acoustiques à vent («bouche artificielle»), pour ces régimes transitoires. L'analyse du geste du musicien pour ces instruments, autre volet de cette étude, a démarré en 2008 et sera poursuivie dans le cadre d une collaboration avec l Université McGill (thèse de Vincent Fréour). Cette étude présente de nombreuses similitudes avec l étude sur le geste du violoniste. Les travaux sur les mécanismes de génération du son du piano, thème récurrent de l équipe, ont redémarré en 2008 sur la validation expérimentale d un modèle analytique d interaction cordes-chevalet-table d harmonie. 1.1.1. INFLUENCE DES PARAMÈTRES GESTUELS SUR L'OSCILLATION DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE : CORDES FROTTÉES ET VENTS. Pour obtenir un son à partir d un instrument modélisé selon les principes de la physique, la synthèse sonore a besoin de la description du geste. Pour certains instruments, ce geste peut être décrit simplement, car le contrôle exercé par le musicien est assez «simple» (ou «faible»). C est le cas des percussions, des instruments à cordes frappées (piano) ou pincées (guitare), pour lesquels l action de l instrumentiste peut être grossièrement décrite par une excitation limitée dans le temps. En revanche, pour les instruments à son entretenu comme le violon, la clarinette ou la trompette, instruments pour lesquels ce contrôle est très «complexe» (ou «fort»), la description quantitative du geste à appliquer sur le modèle est peu intuitive et demande souvent un apprentissage presque équivalent à celui de l instrument réel. Plusieurs projets de l équipe ont un lien avec le thème du geste : recherches effectuées dans le cadre de la thèse de Mathias Demoucron, projet «Bouche artificielle», développements pour le logiciel de synthèse Modalys et pour le projet VoxStruments. IRCAM 41

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE RAPPORT DÉTAILLÉ 1.1.2. ÉTUDE ET MODÉLISATION DU GESTE DU VIOLONISTE APPLICATION À LA SYNTHÈSE PAR MODÉLISATION PHYSIQUE. Ce projet vise donc à mieux comprendre et décrire l action que le violoniste exerce sur son instrument, dans le but d appliquer cette connaissance au contrôle des modèles physiques de corde frottée. Les équipes de Montréal (McGill), Stockholm (KTH) et Paris collaborent depuis plusieurs années afin de mettre en place un système complet de mesure des paramètres de jeu du violoniste (thèse de N. Rasamimanana et M. Demoucron). Le système de capture du mouvement à l Université McGill a été couplé aux dispositifs de captation développés à l Ircam, capteur de «pression d archet» et accéléromètres. La combinaison de ces deux systèmes permet de mesurer avec une précision inédite les principaux paramètres de jeu du violoniste, c est-à-dire les paramètres mécaniques qui contrôlent l oscillation de la corde (position du point de contact de l archet sur la corde, vitesse et force d appui de l archet, etc...). De plus, l utilisation de marqueurs sur l ensemble du corps du violoniste, et notamment sur le bras qui contrôle l archet, permet d avoir une vision plus globale de son geste, d en étudier les caractéristiques et les possibilités. De telles mesures sont essentielles pour analyser les mouvements des violonistes en situation de jeu et pour étudier la (les) manière(s) dont les violonistes contrôlent leur instrument. Elles ont été également utilisées pour compléter la description et la validité du système de mesure de la pression d archet. Ces mesures ont aussi permis l extraction de certains profils caractéristiques pour l évolution temporelle des paramètres de contrôle du violoniste selon différents modes de jeu. Une modélisation de ces profils a été proposée afin de contrôler le modèle de synthèse sonore à partir d un nombre restreint de paramètres. Un ajustage automatique de ces profils sur les mesures a permis la détermination de valeurs typiques de ces paramètres pour différents facteurs musicaux tels que la nuance ou la rapidité d exécution. Un point intéressant concerne les changements de direction d archet qui nécessitent une coordination optimale entre le contrôle de la force d appui et les phases de décélération et d accélération. Une manière adéquate de représenter les données lors de ces changements de direction a été proposée et permet de mettre en évidence les stratégies gestuelles utilisées par l instrumentiste. Certaines caractéristiques de ce geste technique ont pu être extraites et graduellement modifiées pour contrôler le modèle de synthèse et étudier la perte de qualité sonore résultant d une mauvaise gestion des paramètres de contrôle. Par ailleurs, la réponse du modèle de synthèse à un ensemble donné de paramètres gestuels a été explorée systématiquement afin d en tester la validité par comparaison avec des résultats théoriques et expérimentaux. Cette étude a permis de mettre en évidence les différents régimes d oscillation de la corde ou les limites d obtention du régime d Helmholtz, par exemple, ainsi que les variations de certaines qualités sonores telles que la brillance, la fréquence d oscillation et l intensité sonore en fonction des trois paramètres de contrôle (vitesse, force d appui et position de l archet sur la corde). Participants : M. Demoucron (thèse), R. Caussé. Collaborations internes : N. Rasamimanana, F. Bevilacqua et E.l Fléty (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations extérieures : B. Fabre (LAM de l'université P&M Curie), A. Askenfelt et E.Schoonderwaldt (Laboratoire TMH du KTH de Stockholm), M. Wanderley (CIRMMT, McGill). 1.1.3. CAPTATION DU GESTE POUR LES INSTRUMENTS À VENT : LE CAS DU TROMPETTISTE. La problématique est ici la même que celle du violoniste. Commencée pour la clarinette basse dans le cadre dune production musicale utilisant le logiciel Modalys (Caprices 3 et 4 de 42 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE Luis Naon), la captation a été étendue à la trompette pour les besoins du projet Consonnes (voir 1.1.1.2.). Ce travail fait suite à une première étude visant à mesurer deux paramètres de contrôle chez les trompettistes : pression buccale et force appliquée par les lèvres sur l embouchure. Suite aux premiers résultats obtenus, une deuxième campagne de mesures a été programmée sur un plus grand nombre d instrumentistes : 7 trompettistes ont participé à l étude dont deux jeunes élèves de 10 et 12 ans et leur professeur. Cette étude vise à caractériser le lien entre les caractéristiques de geste et les caractéristiques du son et donc à identifier les stratégies propres à chaque instrumentiste. Par rapport à la première étude, les techniques de mesure ont été améliorées : un capteur miniature à jauges de contrainte remplace le précédent capteur utilisé pour la mesure de force sur l embouchure. La liaison entre l embouchure et le capteur a été modifiée afin d améliorer la précision de la mesure et de limiter sa déformation. Afin de pouvoir comparer les résultats, l ensemble des mesures a été réalisé sur la même trompette (Yamaha d étude) et sur la même embouchure (Bach 1 1/2 C). L enregistrement du son est effectué à l aide d un microphone de mesure fixé au pavillon de l instrument afin de conserver une distance et une orientation identiques pour tous les trompettistes. On notera également l utilisation de ceintures respiratoires placées sur les régions abdominales et thoraciques. Lors de ces mesures, il a été demandé aux musiciens de réaliser des exercices simples : notes tenues à différentes nuances, notes tenues avec crescendo et decrescendo, notes détachées avec différents accents. Les résultats obtenus pour les notes tenues font apparaître une classification nette des stratégies des musiciens, en particulier à travers la représentation du rapport «Force appliquée/pression buccale» en fonction de trois caractéristiques du son : niveau de pression acoustique (Sound Power Level), rapport de l énergie de bruit sur l énergie totale du signal (Noisiness), indice de la proportion d énergie harmonique dans les hautes fréquences du spectre (Spectral roll-off). Au vu des résultats, ce rapport «Force/pression» peut-être considéré comme un bon indicateur de geste. Participants : V. Fréour, R. Caussé (encadrant). Collaborations extérieures : I. Cossette et G. Scavone (Faculty of Music, University of McGill), B. Herer, pneumologue, Centre médical de Forcilles. 1.1.4. PROJET CONSONNES Contrôle de sons instrumentaux naturels et synthétiques : caractérisation de la bouche artificielle et automatisation. Ce projet, soutenu par l'anr (projet blanc), vise à faire avancer significativement la connaissance et les dispositifs expérimentaux dans le domaine du contrôle des sons produits par les instruments de musique acoustiques et leurs paradigmes numériques. Le but est d une part de disposer d une maquette permettant de faire des expériences automatisées, contrôlées et reproductibles sur le jeu des cuivres, notamment lors des transitoires. D autre part, une visée à plus long terme est de reproduire des phrases musicales. 1.1.4.1. Automatisation de la bouche. Le projet consiste à piloter les éléments, vérins et translateur, asservissant les paramètres (masse, raideur, amortissement) des lèvres synthétiques (chambres en silicone) et du jeu (pression de bouche, appui de l'instrument sur les lèvres, enfoncement des pistons d'une trompette). Les avancements ont continué d une part dans le cadre de la poursuite pour l année scolaire 2007-2008 du projet mécatronique et d autre part à l Ircam. Le travail des élèves ingénieurs ENSMP et BTS a consisté dans la réalisation de «doigts artificiels» pour actionner les pistons de la trompette et d une «guillotine» pour simuler l action de la langue lors des attaques de notes. L assemblage à l Ircam de ces deux dispositifs sur le robot a pris du retard, IRCAM 43

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE RAPPORT DÉTAILLÉ suite à l arrêt pour plus de six mois de l atelier mécanique pour la mise aux nouvelles normes de sécurité. Seules, la consolidation du bâti et la minimisation des jeux, ont pu être achevées avant cet arrêt, permettant d assurer la fiabilité et la reproductibilité de la mécanique du système. L évolution de l interface homme-machine (IHM) et la programmation du microcontrôleur pilotant tout le système, ont permis de mesurer les performances des différents actionneurs et de réaliser les premières expériences de caractérisation des lèvres artificielles. 1.1.4.2. Caractérisation des divers éléments de la bouche - Nouveaux développements À la suite, un travail a débuté sur la modélisation des lèvres artificielles et leur réponse mécanique aux différents actionneurs dans le cadre d un stage du Master Atiam, le but étant d améliorer les asservissements par la connaissance a priori du comportement du système mécanique et de permettre dans le futur une meilleure robustesse en utilisant les méthodes d automatique de rejet de perturbation. Pour ce travail, la recherche du lien entre les paramètres indépendants (position des actionneurs) et dépendants (pression dans les lèvres, force de réaction des lèvres contre l embouchure, etc.) a été faite à partir d une analyse dimensionnelle. Cette méthode consiste à élaborer un modèle comportemental des lèvres en recherchant une équation d état fondée sur des invariants physiques. L élaboration de l équation d état se fait en quatre étapes : recensement des grandeurs actives (les grandeurs qui ont une influence sur le système étudié) ; réduction des variables par formation d adimensionnés en utilisant le théorème de Buckingham ; validation de la relation entre les adimensionnés par l expérimentation ; caractérisation et identification de la relation par l expérimentation. Pour commencer, le travail a été effectué sur une seule lèvre, en statique (pas de débit d air entrant dans la cavité buccale), l embouchure étant remplacée par des cylindres de géométrie connue. Plusieurs hypothèses ont permis de ne conserver que six variables et d aboutir à la caractérisation d une équation d état permettant de prédire l évolution de ces six paramètres pour des plages de valeurs correspondants aux plages de variation de la lèvre en statique. Pour achever ce travail, l étude menée sur une lèvre devra être étendue sur deux lèvres, puis menée en dynamique (avec écoulement). La stratégie et le protocole d étude élaborés, basés sur l analyse dimensionnelle et l utilisation des résultats expérimentaux, pourront être réitérés dans ces autres cas afin de calculer les équations d état prenant en compte ces nouveaux paramètres. Participants : R. Caussé, V. Fréour, P. Chen, G. Parseihian (stage). Collaborations internes : T. Hélie (équipe Analyse/ synthèse), A. Terrier (Atelier mécanique). Collaborations extérieures : C. Vergez (LMA-CNRS Marseille), B. d'andréa-novel (ENSMP), J-P. Lamy (Prof. BTS, lycée Diderot, Paris), P.l Arbellot (Prof. BTS, lycée Léonard de Vinci, Melun). 1.1.5. SYNTHÈSE SONORE PAR MODÈLES PHYSIQUES Sont regroupés, autour de ce thème, plusieurs projets de recherche, de développement et de création musicale qui bénéficient des travaux de fond et de refonte du logiciel Modalys, menés ces dernières années, et qui, à leur tour, viennent enrichir ses possibilités. 44 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE 1.1.5.1. Propagation non linéaire, séries de Volterra Le thème de la simulation de la propagation non linéaire, déjà abordé au sein de l équipe pour le trombone dans les années 90, a fait l objet ces dernières années d une approche nouvelle à partir des séries de Volterra (voir 1.4.4.). Dans le cadre de la thèse de David Roze (cotutelle Ircam-CNRS et CEA-LIST), un travail en commun a été réalisé pour la corde (prise en compte des différents couplages entre les déplacements et rotations dans une corde) et s est poursuivi pour le modèle de poutre de Reissner. Par la suite, une généralisation de cet outil est prévue aux structures bi- et tri-dimensionnelles en intégrant les séries de Volterra dans une méthode de résolution par éléments finis. L application en synthèse sonore et l intégration dans le logiciel Modalys sont toujours en cours. 1.1.5.2. Projet VoxStruments L objectif de ce projet, réalisé dans le cadre d'une collaboration avec les sociétés Arturia et Voxler (ANR, programme Riam), était de concevoir et de développer, sur la base des résultats de recherche et de l expérience en synthèse sonore par modèle physique de l Ircam, des modèles physiques d instruments à vent de la famille des bois : basson, clarinette, flûte et hautbois. Puis, dans une deuxième phase, de dériver, à partir de ces modèles stabilisés et du moteur de synthèse générique Modalys, des algorithmes utilisables pour le jeu en temps réel donnant lieu à des instruments virtuels. Par la suite, les plages de paramètres ont été recherchés pour obtenir à la fois un rendu sonore (qualité sonore) le plus proche possible de celui des paradigmes acoustiques et le réalisme du contrôle (qualité de jeu ou «jouabilité») ceci sur tout le registre, pour les différentes nuances et principaux modes de jeu. Enfin, l ensemble de paramètres du modèle a été réduit à un sousensemble utilisable par le musicien afin de pouvoir piloter le modèle avec des contrôleurs habituels (claviers, contrôleurs de souffle). Le réglage final du paramétrage et des fonctions de contrôle a été évalué par des instrumentistes en comparant l instrument réel au virtuel joué avec un contrôleur de souffle ou un clavier. Un autre verrou à lever pour la réalisation de ce projet était le pourcentage d utilisation du CPU. Ainsi un travail important d optimisation des algorithmes a donc été nécessaire, ces derniers ayant été stabilisés pour éviter tout bogues ou tout problème de divergence par exemple. Jusqu ici le logiciel Modalys était utilisé plus comme un atelier de lutherie permettant de créer des instruments originaux, qu un atelier pour cloner des instruments existants. Les résonateurs spécifiques à chaque instrument ont dû être réalisés. Plusieurs modèles de synthèse ont été utilisés afin d arriver à satisfaire le cahier des charges. À chaque étape s est posé le problème d estimer la cohérence entre les instruments virtuels réalisés et leur paradigme acoustique. L estimation de la cohérence a porté sur les résonances (amplitude et fréquence) du résonateur seul par la mesure de l impédance et sur le son produit par l instrumentiste, réel ou virtuel. Outre la caractérisation acoustique de l instrument, la mesure de l impédance offre la possibilité d identifier les modes propres. Ces derniers peuvent être alors directement utilisés pour la synthèse modale. C est sur ce principe qu un des modèles a été développé. Après ces essais non satisfaisants de ce dernier modèle, la dernière piste explorée a été la modélisation des instruments à l'aide d'éléments finis acoustiques programmés dans Modalys. Cette modélisation se base sur les relevés géométriques des instruments, tâche délicate et longue. L environnement distmech sous Matlab a permis dans un premier temps de mailler les instruments en utilisant des éléments tetrahédriques. Ce type d éléments ne permettant pas d obtenir un maillage satisfaisant en particulier au niveau des jointures entre le tuyau principal et les cheminées, le développement d un maillage par éléments hexaédriques a été réalisé. Par la suite un mailleur «structuré», offrant la possibilité d affiner le maillage uniquement dans les zones sensibles a été développé. IRCAM 45

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE RAPPORT DÉTAILLÉ La modélisation par éléments finis acoustiques a permis d obtenir finalement des sons de bonne qualité et très réalistes ainsi qu un comportement correct de l instrument (jouabilité). Cependant le pourcentage d utilisation du CPU dépassant la limite acceptable (40%) dans le registre aigu, pour lequel de nombreux trous sont ouverts, un compromis entre deux modèles a été choisi comme modèle final. Les retombées de ce projet ont été multiples. Pour le logiciel Modalys, un nouveau Modèle d Eléments Finis acoustique est venu s ajouter au Modèle d Eléments Finis de structure et plusieurs clones d instruments réels (saxophone, hautbois, basson, clarinette, flûte) ont enrichi la panoplie du logiciel. Les nouveaux outils comme le mailleur structuré vont permettre de pouvoir répondre plus efficacement aux demandes des musiciens. Une méthodologie a été mise au point et éprouvée. Elle permet aujourd hui d envisager de nouvelles utilisations, en facture instrumentale notamment. 1.1.5.3. Utilisation du moteur de synthèse de Modalys pour des applications musicales et autres. La puissance de Modalys, assez unique pour un logiciel de synthèse, suscite beaucoup d intérêt pour des utilisations autres que musicales. C est le cas dans l équipe REVES de l INRIA (Sophia Antipolis) ou au laboratoire LIST du CEA. Par ailleurs au laboratoire VALORIA (université de Bretagne Sud), une étude réalisée en collaboration avec le CIRMMT de l Université McGill, utilise le logiciel, grâce en particulier à sa dimension spatiale, comme outil de validation de modèles de gestes de percussionniste. Directement inspiré par la maîtrise instrumentale de Pierre Dutrieu, le compositeur Hans Peter Stubbe a souhaité utiliser un modèle de sons multiples à la clarinette basse (sons multiphoniques). Dans la pratique, ces sons posent un certain nombre de problèmes pour l instrumentiste aussi bien que pour le compositeur. Chaque son multiple nécessite une embouchure différente, leurs profils dynamiques sont contraints et les enchaînements difficiles du fait des nombreux croisements de doigts. Ce matériau musical est difficilement compatible avec d'autres modes de jeu et bien souvent incomplet. Un modèle virtuel a été demandé par le compositeur pour aplanir toutes ces difficultés et un premier modèle a été développé dans le cadre du stage de Jérémie Viennot à partir des outils mis au point dans le cadre du projet VoxStruments. Ce stage a également permis d aborder l étude de la relation entre les erreurs commises sur la géométrie de l instrument et les erreurs en fréquence induites sur ses modes propres ainsi que de mener un travail prospectif sur comment modéliser un instrument de manière à rendre ses caractéristiques réelles le plus fidèlement possible tout en minimisant le temps de calculs nécessaires. Participants : J. Bensoam, N. Ellis, D. Roze (thèse), J. Viennot (stage). Collaboration interne : T. Hélie et R. Mignot (thèse), équipe Analyse et Synthèse des Sons. Collaborations extérieures : C. Andriot et X. Merlhiot (encadrant, CEA-LIST), H-P. Stubbe (compositeur), sociétés Arturia et Voxler. 1.1.5.4. Modélisation physique du registre des aigus du piano. Le contact entre les cordes et le corps d un instrument de musique rend possible la transmission d énergie vibratoire vers la structure assurant le rayonnement acoustique. Dans le cas du piano, ce couplage se manifeste par une influence non négligeable des conditions aux limites de chaque corde sur ses vibrations. En particulier, les deux polarisations des vibrations de flexion de la corde interagissent entre elles à travers le point de contact avec le chevalet et donnent naissance au comportement caractéristique des sons de piano. Ces interactions sont d une grande importance dans le registre aigu de l instrument qui présente un niveau sonore 46 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE insuffisant, en comparaison avec les autres registres, et une durée des oscillations très courte. Sur certains pianos, les parties «mortes» des cordes de ce registre ne sont pas étouffées et sont mises en vibration par «sympathie» pour enrichir les vibrations des parties frappées par le marteau et pour contribuer à l entretien des oscillations. En 2008, la validation expérimentale du modèle analytique du couplage entre une corde, un chevalet et une table d harmonie pour le registre aigu du piano, précédemment proposé (stage 2006 de J. Cuenca), a été réalisée. Pour ce faire, différentes expériences ont été menées sur un banc d essai précédemment développé. Ce banc d essai est un monocorde couplé à une table d harmonie par l intermédiaire d un chevalet ; la corde comporte une longueur vibrante et une longueur morte (pour reproduire l effet «duplex scale») qu on peut accorder. Dans un premier temps, des mesures de la vitesse vibratoire de la corde ont été effectuées pour différentes conditions limites de la corde et pour différentes longueurs mortes. L utilisation combinée d outils d analyse spectrale et de méthodes à haute résolution ont permis l étude de l effet des conditions limites sur les paramètres modaux de la corde. Par la suite, des mesures d admittance au point de contact corde-chevalet ont été réalisées suivant la technique de la réponse impulsionelle. Ces mesures ont été comparées aux résultats tirés du modèle afin de déterminer son domaine de validité et les améliorations à lui apporter. Il s est avéré que l utilisation de la longueur morte accordée à l unisson permet une amélioration notable (plus de 200%) de la durée de la note. L autre point important concerne l effet des conditions limites et de la longueur morte sur les fréquences des premiers partiels de la corde. On retrouve ici le résultat bien connu de l effet substantiel du chevalet et de la table sur l inharmonicité de la corde. D autre part, les mesures d admittance au point de contact corde-chevalet ont permis de valider en partie les hypothèses du modèle analytique pour son utilisation dans le registre aigu du piano. On a effectivement remarqué un comportement moyen de l admittance en hautes fréquences. Il est cependant nécessaire d apporter quelques modifications au modèle, notamment la prise en compte de la précontrainte de la table d harmonie par l encastrement de ses arêtes et de la pression exercée par la corde via le chevalet. Parallèlement au modèle analytique, il serait intéressant de modéliser cette structure simple par la méthode des éléments finis. Enfin, il serait intéressant de confronter les mesures d admittance obtenues sur le banc d essai à des mesures effectuées sur des pianos. Participants : O. Graton (stage), R. Caussé. Collaborations extérieures : J. Cuenca (LAUM, Le Mans) et E. Marandas (accordeur). 1.1.6. COMMUNICATIONS ET PUBLICATIONS Articles parus dans des revues à comité de lecture : [Demoucron] Demoucron M., Askenfelt A. and Caussé R., Measuring bow force in bowed string performance: Theory and implementation of a bow force sensor, accepté pour publication dans Acta Acustica united with Acustica. Actes de congrès avec comité de sélection: [Bensoam08a] Bensoam J., Digital algorithm for sound synthesis : realism and complexity for creativity, Acoustics 08, Paris, juillet 2008 (J. Acoust. Soc. Am. vol. 123(5), p.3523). [Caussé08a] Caussé R. and Fréour V., Study of Brass Performer Gestures, Acoustics 08, Paris, juillet 2008 (J. Acoust. Soc. Am. vol. 123(5), p.3658). [Demoucron08a] Demoucron M., Askenfelt A. and Caussé R., Observations on bow changes in violin performance, Acoustics 08, Paris, juillet 2008 (J. Acoust. Soc. Am. vol. 123(5), p.3123). [Demoucron08b] Schoonderwaldt E., Demoucron M. and Rasamimanana N., A setup for measurement of bowing parameters in bowed-string instrument performance, Acoustics 08, Paris, juillet 2008 (J. Acoust. Soc. Am. vol. 123(5), p.3664). [Roze08 ] Roze D., Hélie T. and Bensoam J., Application of Volterra series to simulate dynamics of a Reissner beam Sound synthesis of a nonlinear string using Volterra series, Acoustics 08, Paris, juillet 2008 (J. Acoust. Soc. Am. vol. 123(5), p.3523). Travaux universitaires (rapports de stages, mémoire de thèse, d habilitation) : IRCAM 47

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE INSTRUMENTALE RAPPORT DÉTAILLÉ [Graton08a] Graton Olivier, Validation expérimentale d un modèle analytique du couplage corde-chevalet-table d harmonie dans le registre aigu du piano, étude des conditions aux limites des cordes de piano, Rapport de stage Master Ingénierie mécanique et Acoustique, Université du Maine, mars-juillet 2008. [Parseihian] Parseihian Gaëtan, Caractérisation Mécanique des Lèvres de la Bouche Artificielle, stage Master Atiam, Université P&M Curie, mars-juillet 2008. [Viennot08a] Viennot Jérémie, Calibration d un modèle physique d instruments à vent, Magistère de Physique Fondamentale d Orsay, juin-juillet 2008. [Chen08a] Chen Philippe, Rapport d activités Alternance au sein de l Ircam, Licence professionnelle AII, IUT de Vélizy-Rambouillet, janvier-juillet 2008. [Demoucron] Matthias Demoucron, On the control of virtual violins. Physical modelling and control of bowed string instruments, Université P&M Curie et Royal Institute of Technology, novembre 2008. Participation à des jurys de thèses et d HDR : [Guimezanes] Thomas Guimezanes, Etude expérimentale et numérique de l anche de clarinette, Thèse de doctorat, Spécialité Acoustique, janvier 2008. [Garcia] Léonardo Garcia Fuenzalida, Les bailes chinos. Religiosité et métissages au Chili, Université de Paris X- Nanterre, Discipline : Sociologie, janvier 2008. [Rasamimanana] Nicolas Rasamimanana, Geste instrumental du violoniste en situation de jeu : analyse et modélisation, université P&M Curie, mars 2008. [Gazengel] Bruno Gazengel, Approches Expérimentales de l Acoustique, HDR Spécialité Acoustique, université du Maine, octobre 2008. [Dauchez] Nicolas Dauchez, Traitements passifs en vibroacoustique et radiateurs acoustiques, université du Maine, HDR Spécialité Acoustique, Vibrations, novembre 2008. Séminaires : [Equipe] Participation à la journée Modèles physiques à l Ircam : mai 2008. [Caussé] Caussé R., Organisateur des Journées Consonnes, Bouches artificielles et Cuivres, Centre G. Pompidou, 21 et 22 mai 2007. Enseignements dispensés : [Caussé] Caussé R., Acoustique musicale, dans le cadre des Activités d'ouverture Culturelle du département SHS, 1 ère année, et Module d approfondissement, 2 ème année de l'école Centrale de Paris. [Caussé] Caussé R., Conférences sur l Acoustique du piano et des instruments à cordes frottées, Option Acoustique musicale du Master de l'université du Maine (Le Mans) et École Centrale de Nantes. [Caussé] Caussé R., Mouvements de corde frottée Étude de la stabilité, Option AIM, Master Atiam, mars 2008. [Caussé] Tour d horizon sur l Acoustique des instruments de musique, Institut Supérieur du Nord (ISEN), janvier 2008. Participation aux conseils, bureaux et comités : [Caussé] Caussé R., participation au Comité d'orientation Scientifique et technique de l'itemm, Le Mans. [membres de l équipe] sont membres de la Société Française d'acoustique (SFA). [Caussé] Caussé R., membre du Committee on Musical Acoustics de l'acoustical Society of America (ASA). Œuvres musicales utilisant le logiciel Modalys : Parmi les différentes créations musicales utilisant le logiciel Modalys, signalons plus particulièrement la création des Caprices 5 et 6 de Luis Naon et de l Apparente de Lorenzo Pagliei (octobre 2008). Pour cette dernière pièce, projet artistique de deuxième année du Cursus de composition, le compositeur synthètise et modifie les sons en temps réel à partir de la captation des gestes d instrumentsites. Émission de radio : Participation à l émission de Dominique Desaunay, Net Plus Ultra, sur RFI, thème : Instruments virtuels, réel et imaginaires, Août 2008. 48 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES 1.2. ACOUSTIQUE DES SALLES Responsable : Olivier Warusfel L activité de recherche et de développement de l équipe Acoustique des salles est centrée principalement sur l analyse, la reproduction et la synthèse de scènes sonores considérées dans leur dimension spatiale. Les principales disciplines scientifiques concernées sont le traitement du signal pour l élaboration de techniques de reproduction du champ sonore et l informatique appliquée à la conception d interfaces de contrôle de la spatialisation s adressant à des utilisateurs experts ou non. La perception et la cognition spatiale sont également impliquées soit pour l évaluation perceptive des solutions techniques développées soit pour nourrir en amont la réflexion sur l apport de la dimension spatiale dans l écoute de notre environnement ou de la musique éventuellement en association avec d autres modalités sensorielles. En 2008, les activités principales ont été consacrées à l'exploitation de la technique WFS pour la situation de concert, à un important volet expérimental consacré, d'une part, à l'intégration visuo-auditive et, d'autre part, à l'interaction audition-proprioception pour différents contextes applicatifs. Enfin, l'implication plus récente de l'équipe dans le domaine de la réalité virtuelle s'est concrétisée par le développement de deux applications exploratoires à caractère thérapeutique. Les faits marquant ont été l'inauguration publique du système WFS dans l'espace de projection en novembre 2008 et l'aboutissement en fin d'année du projet européen Crossmod consacré à l'étude des propriétés cross-modales visuo-auditives et leur exploitation dans les environnements de réalité-virtuelle. Le volet concernant l'exploitation de la technique WFS pour la situation de concert a été principalement consacré à la mise en oeuvre du dispositif de 128 haut-parleurs installé dans l'espace de projection et dont l'ircam a fait l'acquisition grâce au soutien du CNRS et de la région Ile-de-France. Outre le travail d'implantation logiciel et matériel, nous avons initié une série d'expériences musicales en collaboration avec des interprètes de sorte à valider les principaux modules de traitement de la localisation et de contrôle de la directivitié des sources virtuelles. Le système s'est avéré convaincant pour la restitution de sources virtuelles partageant l'espace scénique avec les instruments réels. Des premières réalisations musicales ont pu être démontrées en public lors de la séance d'inauguration. Le volet expérimental consacré aux interactions multisensorielles, entre vision et audition, d'une part, et audition et proprioception, d'autre part, ont été principalement menées dans le cadre de projets collaboratifs nationaux (EarToy et CoRSAIRe) et européens (Crossmod et Same). Nous nous sommes notamment intéressés aux différents facteurs qui contribuent à l'intégration visuo-auditive dans la reconnaissance d'objets réalites : alignement spatial des stimuli visuels et auditifs, cohérence et catégorie sémantique des stimuli. L'un des résultats majeurs obtenus est la mise en évidence d'un effet de facilitation bimodale (traduits par la mesure de temps de réaction) bien supérieur à ce qui a pu être montré dans des expériences similaires relatées dans la littérature. L'hypothèse est que cet effet était lié à l'utilisation originale de la réalité virtuelle (réalisme des objets, vision 3D, etc.). Parallèlement nous avons vérifié lors d'expériences consacrées à l'évaluation de la fenêtre spatiale d'intégration visuoauditive que les résultats similaires pouvaient être observés avec des stimuli réalistes et des stimuli classiquement utilisés dans les expériences de neurosciences. Ces résultats confirment l'intérêt de l'utilisation des techniques de réalité virtuelle pour conduire des expériences sur les phénomènes d'intégration multi-sensorielle, dans la mesure ou ces techniques permettent d'augmenter considérablement la richesse des situations présentées tout en préservant la rigueur de l'approche expérimentale IRCAM 49

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ L'année 2008 a également vu l'initiation d'un travail original sur la relation entre représentation spatiale et représentation musicale. Bien que préliminaire, cette étude suggère des perspectives intéressantes sur la cognition musicale. Enfin, le rapprochement opéré ces dernières années entre les thématiques de l'équipe (techniques audio 3D et l'interaction multisensorielle) avec le domaine de la réalité virtuelle s'est concrétisé par le développement de deux applications thérapeutiques. Bien que relevant du domaine de la santé, ces travaux fournissent un cadre complémentaire pour les travaux consacrés à l'interaction d'un participant au sein d'un environnement sonore, et représentent également une source d'inspiration pour les développements techniques et théoriques de l'équipe. 1.2.1. REPRODUCTION DES CHAMPS SONORES 1.2.1.1. Contrôle musical et perceptif de la spatialisation sonore en zone étendue La Wave Field Synthesis (WFS, synthèse de champs sonores) permet une reproduction des caractéristiques physiques du champ sonore en zone étendue. Les travaux antérieurs dans l équipe Acoustique des salles (Corteel, Caulkins) ont permis d optimiser le rendu sonore et d étudier l interaction du système avec la salle en perspective d une utilisation du dispositif en musique mixte. Cela implique un partage de l espace entre instruments acoustiques et sources sonores virtuelles. Ainsi se posent des problèmes de latence du système, de timbre et de directivité. Ces trois paramètres doivent être optimisés pour envisager une interaction d égal à égal entre les sources sonores virtuelles et les instruments acoustiques. Le présent travail s inscrit dans cette perspective et a pour objectif de proposer des stratégies de contrôle de la spatialisation simples et pertinentes sur le plan perceptif. Suite à plusieurs discussions avec des compositeurs et réalisateurs en informatique musicale, un outil de contrôle haut niveau de la directivité de la source sonore virtuelle a été mis en place. La prise en compte de la directivité en WFS s appuie sur le formalisme des harmoniques sphériques. Cependant ce formalisme physique ne permet pas de contrôler la directivité de manière intuitive. Le contrôle proposé remplace les coefficients des harmoniques à spécifier par trois paramètres de haut niveau : le nombre de directions principales d émission (ordre de la décomposition), leur orientation et leur largeur. L utilisateur spécifie la première et contrôle l'orientation et la largeur au moyen de contrôleurs graphiques (potentiomètre rotatif et curseur linéaire). Pour une largeur de lobe donnée, on minimise le nombre de composantes requises, de sorte à limiter les calculs lors de l utilisation en temps réel. En 2008, grâce au soutien du CNRS et de la région Ile-de-France, l'ircam a fait l'acquisition d un système WFS de 128 haut-parleurs pour un usage scénique dans l'espace de projection. Cet équipement est basé sur une solution logicielle développée par la société Sonic Emotion et sur un ensemble de haut-parleurs recevant leurs signaux par réseau Ethersound. Cet équipement a nécessité un travail important de configuration, afin de déterminer la meilleure position du banc de haut-parleurs (en nez ou en fond de scène) et de réduire les temps de latence (en particulier pour les situations de capture/diffusion temps réel). Ce travail a été complété par le développement d'interfaces permettant le contrôle du fonctionnement du système. Par ailleurs, différentes sessions de mesures acoustiques du système ont été conduites pour procéder à l égalisation fréquentielle du système. La toolbox Matlab permettant de calculer les filtres a été complétée puis optimisée pour réduire les temps de calcul et développée de façon à pouvoir analyser les filtres et simuler leur comportement. Un outil de commande du système a été développé dans Max/MSP. Pour ce faire, des objets externes ont été programmés en C. Différentes séances ont ensuite été consacrées à la confrontation du système avec divers instruments réels. Le travail était axé principalement sur la restitution du timbre de l instrument et sur la restitution de sources focalisées, c'est à dire dont le centre acoustique virtuel est placé en avant du dispositif WFS au niveau de la scène, de sorte à favoriser la 50 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES «présence» de la source virtuelle et au sein du groupe instrumental. Des écoutes comparatives ont été organisées au cours desquelles une phrase musicale jouée par l'interprète (clarinette, trombone, violon) était enregistrée puis rediffusée immédiatement avec un délai de quelques secondes et à différentes positions pour faciliter le jugement de comparaison. Les possibilités en matière de mouvement, de contrôle dynamique de la directivité de la source et d interaction avec la salle ont été également explorées. Cet équipement a été inauguré lors d une présentation publique en novembre 2008. Outre des exemples didactiques, deux pièces musicales ont été interprétées : le duo Játékok de G. Kurtag, ici interprété avec un trombone réel et l'autre virtuel, et Ricercare una melodia de J. Harvey. La WFS s est présentée comme un puissant outil pour la reproduction dans le cas de larges audiences car, en plus de sa grande zone d écoute, elle propose un dispositif visuellement transparent (une ligne en fond de scène) permettant, grâce à la synthèse de sources focalisées, de faire cohabiter sur une même scène instruments acoustiques et sources sonores virtuelles. Participants : J. Sanson (thèse), M. Noisternig. Collaboration extérieure : J-D. Polack (Paris 6). 1.2.1.2. Formats audio 3D hiérarchiques: caractérisation objective et perceptive des systèmes Ambisonics d'ordres supérieurs Parmi les systèmes de reproduction 3D, les technologies Ambisonics et Higher Order Ambisonics (HOA) sont basées sur une décomposition spatiale du champ. Tronquée à un ordre fini ordre HOA -, cette décomposition retient un nombre de signaux caractérisant le champ sonore encodé avec une résolution spatiale donnée. Plus l ordre utilisé est élevé, plus le champ sonore sera reproduit avec exactitude. Le SoundField, microphone ambisonique d ordre 1 et trois prototypes HOA d ordre 2, 3 et 4 développés au sein de OrangeLabs ont été étudiés au cours de cette thèse qui sera soutenue début 2009. Dans un premier temps, les fonctions de directivité des quatre dispositifs microphoniques ont été mesurées. Leur capacité à reconstruire les composantes ambisoniques, et par conséquent à encoder le champ enregistré, a été caractérisée. La capacité des microphones à reproduire le champ enregistré a ensuite été évaluée perceptivement. Un test de localisation a été mené sur ces systèmes d ordre 1 à 4. Les résultats ont confirmé, sur le plan perceptif, l apport des ordres supérieurs sur la résolution spatiale du champ reproduit, ainsi que l importance de la reconstruction des composantes ambisoniques par le système microphonique. Afin d approcher l évaluation d une application de conférence audio, des scènes de synthèse intégrant des signaux «réels» ont alors été utilisées. Les mêmes systèmes ambisoniques ont été évalués grâce à une procédure de test MUSHRA, généralement utilisée pour l évaluation de la qualité des codeurs audio. Les résultats ont été conformes à ceux du test de localisation. Les deux premiers tests étaient axés sur l analyse des systèmes de prise de son. Une troisième évaluation s est appliquée aux dispositifs de restitution. Pour se concentrer sur cet élément et éviter les dégradations possibles causées par un dispositif microphonique, des encodages idéaux (composantes ambisoniques de synthèse) ont été utilisés. Ce dernier test a comparé di érents ordres ambisoniques décodés pour deux configurations de haut-parleurs. L influence du système de restitution a alors été mise en évidence [Bertet08b]. Les travaux décrits ci-dessus ont été effectués en collaboration avec OrangeLabs. Ils sont détaillés dans le document de thèse [Bertet08a]. Participante : S. Bertet (thèse). Collaborations extérieures : J. Daniel (France Télécom R&D Orange), E. Parizet (INSA)/ 1.2.1.3. Sélection guidée de HRTFs à partir de modèles numériques de 1 er ordre IRCAM 51

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ L atout principal de la technologie binaurale est la possibilité de synthétiser de manière précise des sources positionnées sur l ensemble de la sphère autour d un auditeur, au moyen d un simple casque. Cette technologie est donc particulièrement adaptée pour des applications telles que les jeux vidéo ou la réalité virtuelle. Cependant, le rendu binaural est optimal uniquement si le sujet dispose de ses propres HRTFs individuelles. Dans le cadre du projet Crossmod (FET OPEN IST-014891-2), un algorithme de calcul rapide de HRTF a été développé par l'inria [Dellepiane 08]. Celui-ci permet d estimer les HRTFs individuelles à partir d une modélisation tridimensionnelle de la tête du sujet obtenue à partir de photos. Cependant, dans son état actuel, cet algorithme basé sur une approximation de la méthode BEM (calcul par éléments finis de frontière) ne permet pas de reproduire des HRTFs assez précises pour être utilisées directement pour la synthèse binaurale. Néanmoins, nous avons voulu étudier si les HRTFs simulées par cet algorithme préservent suffisamment les différences interindividuelles de sorte à les utiliser pour guider la sélection du meilleur jeu de HRTFs individuelles parmi une base de données de HRTFs mesurées. Pour cela, nous avons utilisé la méthode «d adaptation discrète des HRTFs» décrite et utilisée dans la thèse de Véronique Larcher [Larcher 01] dans laquelle la sélection de HRTFs est faite à partir de mesures morphologiques. Dans notre cas, il s agit d appliquer une même métrique sur les HRTFs mesurées ainsi que sur les simulations afin de caractériser les différences interindividuelles de chacune des méthodes. Ces différences nous permettent alors de construire un espace inter-sujets dans chaque domaine (mesuré ou simulé). L'approche consiste à déterminer une métrique permettant d obtenir la meilleure correspondance entre les 2 domaines. En effet, si les 2 espaces se correspondent, alors en connaissant la projection d un nouveau sujet dans l espace des HRTFs simulées, nous pouvons déduire la projection de ce sujet dans l espace des HRTFs mesurées. Cette dernière information peut alors nous permettre de prendre l ensemble de HRTFs individuelles le plus proche ou bien d interpoler sur les ensembles de HRTFs individuelles voisins. L'étude a été effectuée sur 10 sujets ayant à la fois leurs HRTFs mesurées et simulées dans le plan horizontal. En ce qui concerne les simulations, l évaluation de l algorithme de calcul rapide des HRTFs a montré que la méthode ne donne pas de résultats corrects lorsque les microphones sont situés sur la surface diffractant l onde sonore ou en proximité. En revanche, les simulations sont meilleures lorsque les microphones sont placés en dehors des oreilles. Nous avons donc effectué des simulations avec des microphones placés à 15 cm du centre de la tête : suffisamment loin de la tête pour obtenir une reproduction assez précise, mais également suffisamment proche pour conserver des caractéristiques individuelles. Afin de quantifier les différences interindividuelles, nous avons calculé pour chacun des 2 domaines (mesuré et simulé) la distance spectrale entre les spectres de magnitude des HRTFs de chaque sujet, moyennées avec différentes pondérations spatiales (selon que la source est du côté ipsi-latéral ou contro-latéral) ou fréquentielles (analyse sur les BF, HF ou sur l'ensemble du spectre). À partir de cette métrique, nous avons déduit les espaces interindividuels de chaque domaine (mesuré ou simulé) par analyse multidimensionnelle (MDS). Pour les différentes pondérations utilisées, l espace engendré par les HRTFs simulées montre que les simulations conservent certaines caractéristiques individuelles. Cependant, nous n avons pas pu faire correspondre l espace des simulations avec l espace des HRTFs mesurées par des transformations simples (de rotation, translation ou de mise à l échelle), ce qui signifie que les HRTFs ne gardent pas suffisamment de différences interindividuelles pour appliquer la méthode d adaptation discrète. Des analyses plus approfondies sont nécessaires afin de déterminer si des optimisations différentes de la métrique utilisée ou des transformations plus complexes permettraient de préserver la correspondance entre l espace des simulations à l espace de mesures. 52 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES Participant : K-V. Nguyen (thèse). Collaborations extérieures : N. Tsingos, M. Asselot (INRIA), M. Dellepiane (CNR). 1.2.2. INTÉGRATION VISUO-AUDITIVE Les trois sections qui suivent relatent un groupe d expériences reliées au rôle des informations visuelles et auditives dans la reconnaissance d objets réalistes. Nous nous sommes intéressés aux différents facteurs qui contribuent et modifient l intégration visuo-auditive dans la reconnaissance d objets : alignement spatial des stimuli visuels et auditifs, cohérence sémantique et catégories sémantiques. Des protocoles de temps de réaction (identification ; go/no-go) ont été utilisés afin de caractériser des effets de facilitation bimodale aussi bien que d interférences entre modalités sensorielles. Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du projet Crossmod (FET OPEN IST-014891-2). 1.2.2.1. Intégration des informations auditives et visuelles dans la reconnaissance d objets réalistes La reconnaissance d un objet en contexte réaliste implique au moins deux mécanismes distincts : la capacité de combiner des indices auditifs et visuels relatifs à l objet en question, et la capacité à ignorer les informations concurrentes relatives à d autres objets dans la scène. Plusieurs types d indices peuvent sous-tendre ces deux mécanismes (Bedford, 2001 ; Bedford, 2004) : des indices structuraux (par exemple, la disparité spatiale entre le stimulus auditif et le stimulus visuel) ou des indices cognitifs (par exemple, le contenu sémantique relatif à l identité des stimuli auditifs et visuels). Dans l étude que nous décrivons ici, nous avons fait varier systématiquement le contenu sémantique et la disparité spatiale dans une tâche de reconnaissance d objets visuo-auditifs (temps de réaction de type go/no-go). Les résultats sont décrits en détails dans [Suied09a] (voir aussi [Suied08c], [Suied08d], [Suied08e]). Les participants étaient soumis à des stimulations auditives seules, visuelles seules ou visuoauditives, et devaient répondre aussi vite que possible dès l apparition d un objet cible (un téléphone), et ignorer un distracteur (une grenouille). Plusieurs conditions où une réaction du participant était attendue ont été comparées : unimodales (son d un téléphone ou image d un téléphone), bimodales sémantiquement congruentes (son et image d un téléphone) ou bimodales sémantiquement incongruentes (son d un téléphone et image d une grenouille ou vice-versa). Pour toutes ces conditions, les informations auditives et visuelles pouvaient être spatialement alignées (en face du participant à 0 en azimut), ou non (image en face à 0 et son à 40 à droite). Nous avons observé que dans les conditions bimodales sémantiquement congruentes, les temps de réaction étaient significativement plus courts que dans les conditions unimodales. Cette facilitation était plus importante que le simple effet de facilitation statistique lié à la présence de deux sources d informations («race model» ; Miller, 1982). Il est alors possible de l interpréter comme le signe d une véritable intégration visuo-auditive, où les différentes informations sensorielles sont traitées ensemble et non pas parallèlement. Cette facilitation bimodale était particulièrement importante, deux fois plus grande que les précédents résultats obtenus avec des protocoles similaires et des stimuli complexes (Giard et Peronnet, 1999 ; Molholm et coll., 2004 ; Laurienti et coll., 2004). Il est possible que cet effet soit lié à notre utilisation originale de la réalité virtuelle (taille des objets, vision 3D, réalisme des objets, etc.). Nous avons également montré que, de façon surprenante, la disparité spatiale n avait pas d influence sur la reconnaissance de l objet : des informations auditives et visuelles alignées ne facilitent pas la reconnaissance, pas plus que des informations disparates n aident à ignorer un distracteur. Nous interprétons ce résultat en notant que, dans notre expérience, la dimension spatiale n a pas d importance pour la tâche, car les participants ne devaient pas orienter leur réponse vers la direction de l objet à reconnaître. IRCAM 53

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ Enfin, un effet d interférence a été observé spécifiquement pour des distracteurs auditifs. Ce résultat met en avant une asymétrie intriguante dans le filtrage attentionnel d informations auditive et visuelle. Les temps de réaction peuvent être plus longs dans une condition sémantiquement incongruente que dans une condition unimodale, mais uniquement avec un distracteur auditif. En d autres termes, il est possible d ignorer (ou de filtrer) un distracteur visuel ; mais il n est pas possible d ignorer un distracteur auditif. Chercheurs invités : C. Suied, I. Viaud-Delmon (CNRS UMR 7593). Collaboration extérieure : N. Bonneel (INRIA). 1.2.2.2. Rôle des catégories sémantiques dans l intégration visuo-auditive Nous nous sommes intéressés plus en détail à l asymétrie attentionnelle observée dans l expérience précédente : est-ce un effet dû à la spécificité du système auditif comme système d «alerte», ou est-ce simplement une particularité des stimuli utilisés? Nous avons étudié l influence de catégories sémantiques ayant une pertinence biologique ou non (animaux ou moyens de transport) en faisant varier systématiquement les catégories et les relations intercatégories des objets cibles et des objets distracteurs [Suied09b]. Le protocole utilisé était similaire à celui de l expérience précédente (cette fois, sans disparité spatiale). Aucune différence de temps de réaction n a été observée entre les deux catégories, animaux et moyens de transport, que ce soit en cible auditive, visuelle ou visuo-auditive. Ce résultat confirme et étend ceux obtenus précédemment par Murray et coll. (2006) et par VanRullen et Thorpe (2001). Les stimuli complexes semblent être traités tout aussi efficacement, qu ils soient naturels ou non. Ce résultat est aussi cohérent avec nos propres résultats pour la modalité auditive [Suied08b]. L expérience confirme l un des résultats précédents : il est possible d ignorer un distracteur visuel. Cependant, l effet d interférence n est observé que lorsque le distracteur auditif est un animal, et ce quelle que soit la cible (moyens de transport ou animal). Un son d animal ne peut donc pas être ignoré. Ces résultats suggèrent un traitement spécifique des sons d animaux pour lequel la mémoire phylétique pourrait avoir un rôle (voir [Suied08f]). Chercheurs invités : C. Suied, I. Viaud-Delmon (CNRS UMR 7593). 1.2.2.3. Rôle des conflits spatiaux dans l intégration visuo-auditive Nous avons observé dans notre première expérience que la disparité spatiale entre un stimulus auditif et un stimulus visuel n avait pas d influence sur la reconnaissance d un objet. Le seul effet de la dimension spatiale qui a été mis en évidence est un effet «Simon», caractérisé par des temps de réaction plus courts dans toutes les conditions où le stimulus auditif est à droite (40 ) en comparaison avec les conditions où le stimulus auditif est en face (0 ). Cet effet est dû à une compatibilité spatiale entre le stimulus et la réponse (Simon et Craft 1970; Simon et al. 1981 ; Lu et Proctor 1995) ici, le stimulus auditif est la main avec laquelle les participants répondent (dans ce cas, appui de bouton avec la main droite). Cependant, seule la position du stimulus auditif variait, le stimulus visuel restant fixe (au centre). Il est alors possible que, dans une telle situation, il n y ait que peu d influence de l alignement spatial, puisqu il n y a pas de possibilité d interactions spatiales utiles entre les deux modalités sensorielles. Nous avons alors cherché à explorer plus en détails ce résultat, grâce à un paradigme dans lequel la position des stimuli visuels et auditifs changeait (à gauche ou à droite du centre). Les résultats de cette expérience confirment et étendent les précédents : l intégration des informations visuelles et auditives est observée uniquement dans la condition spatialement alignée à droite. Dans un contexte où les stimuli auditifs et visuels peuvent changer de position, l effet Simon n apparaît que lorsque le code spatial est commun aux modalités visuelles et 54 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES auditives et à la main qui répond. De plus, le pourcentage de fausses alarmes (i.e. lorsque le participant répond alors qu il ne devrait pas, dans les conditions «no-go») est également cohérent avec un effet Simon bimodal : pour les conditions auditive seule, visuelles seule et bimodale alignée spatialement, davantage de fausses alarmes ont été mesurées pour le côté droit (même que celui de la main de réponse) que pour le côté gauche. Chercheurs invités : C. Suied, I. Viaud-Delmon (CNRS UMR 7593). 1.2.2.4. Émotion et intégration visuo-auditive La relation entre l émotion et le phénomène de ventriloquisme a été rarement étudiée chez l Homme. Chez l animal, les réactions émotionnelles ont déjà été utilisées comme mesure biologique de la réaction à un stimulus bimodal dans lequel la modalité auditive et la modalité visuelle sont en conflit (Narins et al, 2005). Quand des indices visuels (gonflement du sac vocal) et auditifs (appel d avertissement) sont délivrés simultanément par un modèle électromécanique reproduisant la morphologie et le comportement d une grenouille, ils élicitent un comportement agressif chez une grenouille. Le comportement agressif est observé en réponse à des signaux produits par le modèle de la grenouille alors même que les indices visuels et auditifs sont délivrés avec une asynchronie allant jusqu'à 434 ms. Le ventriloquisme spatial est également opérationnel puisque l amphibien réagit agressivement à des signaux bimodaux dont la source visuelle peut être localisée jusqu à 12 centimètres de distance de la source sonore. Avec l accroissement de la disparité spatiale entre les indices visuel et auditif, l attention de l animal est progressivement capturée par le stimulus auditif, et la réaction agressive de la grenouille disparaît. Si les conflits visuo-auditifs peuvent interagir avec les processus émotionnels en diminuant le comportement agressif alors que l alignement spatial ou temporel entre les différentes composantes sensorielles du stimulus est accru, il est possible d émettre l hypothèse que les conflits visuo-auditifs amoindrissent la réaction émotionnelle à la perception d objets réalistes. Si cette hypothèse peut être vérifiée, l utilisation de conflits visuo-auditifs pourrait constituer un outil puissant pour manipuler la réaction émotionnelle de patients dans des applications à visée thérapeutique, comme dans les thérapies en réalité virtuelle. Dans cette expérience, nous avons étudié les effets de conflits spatiaux entre le son et la vision sur la réaction émotionnelle de sujets sains sensibles à la phobie des chiens. Nous avons testé si le ventriloquisme spatial interfère avec la réaction émotionnelle face à un évènement anxiogène, telle qu elle est classiquement testée dans les variations émotionnelles du paradigme de Posner (Posner, 1980). Dans notre adaptation de ce paradigme, nous utilisons des stimuli visuo-auditifs réalistes (des animaux) et une cible visuelle (un carré). Le sujet doit indiquer le plus rapidement possible la latéralisation de la cible visuelle, en ignorant les distracteurs visuo-auditifs qui sont présentés du même côté ou du côté opposé à la cible. La valence émotionnelle de ces distracteurs est manipulée (chiens : stimulus à valence négative ; mouton : stimulus à valence neutre), et module le temps de réponse du sujet en fonction de sa sensibilité au distracteur. Nous avons rajouté des conflits visuo-auditifs spatiaux dans les indices modulant l effet des distracteurs. Deux groupes opposés de sujets selon leur sensibilité à la phobie des chiens ont participé à cette expérience. Les résultats sont en cours d analyses mais les premières évaluations suggèrent que les distracteurs bimodaux à valence émotionnelle négative provoquent un évitement attentionnel chez les sujets sensibles à la phobie des chiens. Si aucun effet du conflit visuo-spatial n est pour l instant observé chez les sujets non sensibles à la phobie des chiens, les temps de réaction des sujets du groupe opposé tendent à être modulés par la relation spatiale entre les indices visuels et auditifs des distracteurs à valence émotionnelle négative. IRCAM 55

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ Chercheurs invités : I. Viaud-Delmon (CNRS UMR 7593), F. Znaidi (CNRS UMR7593). Participants : D. Doukhan, A. Faye. Collaborations extérieures : N. Bonneel, F. Andrade Cabral, G. Drettakis (INRIA). 1.2.2.5. Fenêtre spatiale d intégration visuo-auditive La notion de fenêtre spatiale d'intégration visuo-auditive désigne les conditions suivant lesquelles un stimulus auditif et un stimulus visuel sont perçus sous forme d'un percept unique bien que leurs positions spatiales diffèrent objectivement. L'un des paradigmes expérimentaux utilisés pour étudier cette question consiste à émettre un flux auditif péridodique selon une direction fixe tandis qu'un stimulus visuel synchrone se déplace latéralement [Lewald et al., 2001]. La tâche du participant est d'indiquer l'instant dès lequel il perçoit les deux stimuli alignés et qui définit le point d'alignement spatial subjectif (PSSA). En 2007, dans le cadre du projet Crossmod, nous avions observé que la direction de mouvement du stimulus visuel (du centre vers la périphérie ou vice versa) avait un effet significatif sur la détermination du PSSA. Cet effet de la direction était indépendant du stimulus auditif utilisé (bruit ou sinus), de l hémiespace (droit ou gauche) ainsi que des retards entre les flux auditifs et visuels. Nous avons repris le paradigme du PSSA en utilisant des objets réalistes afin de voir si l effet de la direction était maintenu. Toujours avec des stimuli réalistes, nous avons également testé ce paradigme en utilisant cette fois un stimulus auditif mobile et un stimulus visuel fixe. Par cette méthode «inversée», nous voulions voir si la fenêtre spatiale d intégration d informations auditives et visuelles était indépendante ou non de la modalité dynamique (i.e la modalité pour laquelle le stimulus est mobile). Les 2 expériences ont été menées avec le dispositif de réalité virtuelle installé en studio 4, utilisant un écran stéréoscopique et du rendu binaural individualisé. Dans la première expérience, la tâche du sujet était de déterminer le PSSA entre un hélicoptère mobile (du centre vers la périphérie ou inversement) et le bruit de son rotor, statique spatialement, tout en suivant des yeux l hélicoptère. L analyse des résultats nous a montré que seul l effet de la direction du mouvement était significatif, comme nous l avions observé avec des stimuli génériques. En revanche, la fenêtre d intégration spatiale s est réduite, ce qui tend à montrer que la congruence sémantique des stimuli auditifs et visuels a permis aux sujets d être plus précis pour la tâche d alignement spatial. Dans la deuxième expérience, la tâche du sujet était de déterminer le PSSA entre l hélicoptère immobile et le bruit de son rotor mobile (du centre vers la périphérie ou inversement), en fixant toujours des yeux l hélicoptère. Pour cette seconde expérience, l analyse statistique des résultats a révélé un effet marginal de la direction du mouvement. La taille de la fenêtre spatiale d intégration audiovisuelle est similaire à la première expérience. En revanche, des analyses statistiques plus approfondies sont nécessaires afin d'expliquer les différences de PSSA entre les 2 expériences. Par ailleurs, les sujets ont révélé à travers un questionnaire post-expérimental que la tâche d alignement spatial du stimulus visuel en mouvement avec le stimulus auditif immobile était plus difficile que la tâche inverse (auditif mobile et visuel fixe). Nous pensons que l augmentation de la difficulté perçue s explique par la focalisation de la majorité de l attention sur le mouvement du stimulus visuel. Des expériences supplémentaires sur les phénomènes d attention crossmodale seraient nécessaires afin de confirmer cette hypothèse. Enfin, lorsque les stimuli auditifs et visuels étaient perceptivement alignés, l objet audiovisuel «hélicoptère» était alors perçu comme un objet unique et réaliste. Cela signifie notamment que les stimuli auditifs rendus en binaural ont été perçus bien «externalisés» (i.e hors de la tête), devant l auditeur et cohérents spatialement avec les stimuli visuels. 56 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES Les observations recueillies au cours de ces expériences suggèrent des perspectives intéressantes notamment sur l'étude de la perception de distance d objets virtuels, les notions de réalisme ou de présence liées à la perception de scènes de réalité virtuelle. Participant : K-V. Nguyen (thèse). Chercheurs invités : C. Suied (CNRS UMR 7593), I. Viaud-Delmon (CNRS-UMR 7593). 1.2.3. INTERACTION CORPS/AUDITION/ESPACE 1.2.3.1. Audition et proprioception Le rendu auditif binaural est couramment utilisé pour spatialiser des objets sonores dans des environnements virtuels. La localisation sonore est significativement améliorée quand on utilise des fonctions de transfert de la tête (HRTF) individuelles et un système de capture des mouvements de la tête. Le suivi des mouvements de la tête permet en effet au système auditif d'extraire des indices supplémentaires pour localiser les objets sonores. Cependant, la perception de la distance dans les environnements virtuels auditifs reste une tâche difficile, et le rendu de la distance sonore n'est pas encore convainquant. En particulier, la distorsion des HRTFs doit être prise en compte pour spatialiser de façon adéquate une source sonore qui se situe dans la région proximale de la tête (espace de préhension). Au moyen de tests perceptifs, nous avons cherché à identifier les paramètres acoustiques permettant de développer des avatars sonores améliorant des tâches de pointage dans des environnements virtuels auditifs. Dans une telle tâche, on peut en effet imaginer que la perception de la distance entre une source fixe située dans l'espace proximal et une source dynamique attachée à la main, représente un indice améliorant la précision du mouvement. On a développé un environnement pour l'évaluation psychoacoustique des mouvements de préhension dans l'espace proche du sujet. Toutes les étapes de traitement doivent être implémentées dans Max/MSP, avec les librairies de traitement de l'ircam (Spat, FTM, etc.). Un système de suivi de mouvements par caméras infrarouges est disponible pour suivre les objets dans l'espace, permettant ainsi d'attacher un objet sonore à un segment corporel du sujet. Le retour auditif des mouvements du sujet dans l'espace constitue une augmentation sensorielle permettant d'affiner le comportement sensorimoteur pour l'exploration du monde virtuel. L'étape finale est de concevoir un avatar auditif pour guider le sujet quand il veut saisir des objets situés dans l'espace virtuel. Participant : M. Noisternig. Chercheurs invités : I. Viaud-Delmon (CNRS-UMR 7593), G. Dechambenoit (Biologie cellulaire, physiologie, pathologie, spécialité neurosciences, université Paris 7 et université Paris 5). Collaboration interne : F. Bevilacqua (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations externes : A. Laburthe, F. Pachet (Sony CSL). 1.2.3.2. Espaces sonores interactifs (Projet Same ICT 7 th Framework) L objectif principal du projet Same (Sound And Music for Everyone Everyday Everywhere Every way) est de constituer une chaîne complète de systèmes d écoute musicale active, sensibles au contexte, dans des situations de mobilité. Cette chaîne s'appuie notamment sur l'usage de téléphones mobiles, non seulement en termes d'accès à différents corpus musicaux mais également en termes d'interaction avec le contenu musical rendue possible par la disponibilité de capteurs gestuels (accéléromètre). Le rôle de l Ircam dans le projet consiste notamment à concevoir de nouvelles situations d interaction, intégrant captation du geste et spatialisation sonore, et à coordonner les actions de diffusion du projet. En 2008, le travail a consisté à IRCAM 57

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ identifier un ensemble de cas d'usage illustrant différentes situations d'interaction avec un contenu musical. L'accent sera mis sur les situations collaboratives, de type «SoundPainting», dans lesquelles plusieurs participants sont amenés à interagir par leurs mouvements avec différentes composantes d'un espace sonore «programmées» par un compositeur. L'interaction se base sur l'usage de capteurs de mouvements embarqués dans les téléphones mobiles (accéléromètres) ou de capteurs externes (caméras de tracking). Les utilisateurs se voient ainsi confiés le rôle d'instrumentistes, cependant que le niveau d'expertise requis doit rester élémentaire, l'accent étant mis davantage sur l'incitation à une écoute active des processus sonores élaborés par le compositeur. Ce travail sera mené en 2009 en collaboration avec le compositeur Pierre Jodlowski. Sur le plan de la spatialisation, bien que l'usage du téléphone mobile suggère une écoute individuelle s'appuyant par exemple sur la technologie binaurale, nous avons préféré privilégier les dispositifs favorisant une écoute mutuelle tout en préservant les possibilités de jeu spatial. Nous avons donc naturellement opté pour le système WFS qui permet de maintenir une cohérence spatiale pour un ensemble d'auditeurs répartis et le cas échéant en mouvement. Participante : G. Leslie. Collaboration interne : F. Bevilacqua (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations externes : P. Jodlowski (compositeur), A. Camurri (UGDIST), V. Valimaki (HUT). 1.2.3.3. Représentation spatiale et représentation musicale La cognition spatiale et la cognition numérique reposent sur des circuits fonctionnels communs dans les lobes pariétaux du cerveau. Alors que de précédentes études ont établi que la seule perception de nombres peut biaiser l attention d un sujet dans l espace (Hubbard et al 2005), la méthode de génération de chiffres au hasard n a été introduite que récemment dans une littérature de plus en plus grande explorant les asymétries dans l espace des nombres (Loetscher & Brugger 2007). Il a déjà été montré que les tentatives de générer des nombres au hasard sont systématiquement influencées par des mouvements latéraux de la tête (Loetscher & Brugger 2008). Quand les sujets ont la tête vers la gauche, ils produisent des petits nombres, tandis que lorsque leur tête est vers la droite ils tendent à produire de grands nombres. Les résultats de toutes ces études suggèrent que les magnitudes numériques sont représentées sur une ligne de nombres qui s étend de la gauche (petits nombres) vers la droite dans l espace mental. Plusieurs évidences suggèrent que cette analogie, une représentation orientée des nombres, est médiatisée par les régions des lobes pariétaux qui traitent également la gauche et la droite dans l espace externe. Tout d abord, les patients atteints d une lésion du lobe pariétal droit, et qui ne portent plus leur attention sur le côté gauche de l espace (héminégligence spatiale), font également preuve d une négligence dans l espace des nombres. Par exemple, lorsqu ils doivent indiquer le nombre moyen d une paire de nombres présentée oralement (quel nombre est au milieu de 9 et 17?), ils dévient vers un nombre trop grand, un nombre «vers la droite». Ensuite, les études avec des sujets sains démontrent que le biais attentionnel universel vers la gauche (pseudo-négligence) est également trouvé dans l espace des nombres : les sujets normaux bissectent typiquement les segments d une ligne de nombres vers un nombre trop petit. Nous avons repris le paradigme de randomisation en l appliquant à la génération de fréquences. Nous avons demandé à des sujets de participer à deux tâches de randomisation. Une tâche concernait la génération des nombres compris entre 1 et 6 (inclus), de manière aléatoire. Dans un premier temps le sujet produisait les nombres pendant une minute 58 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES (60 secondes) au rythme de 1 Hz, la tête droite et les yeux fermés. Dans un deuxième temps, le sujet produisait les nombres pendant deux minutes en tournant la tête de droite à gauche. La deuxième tâche concernait la génération de notes de musiques. Le sujet devait chanter des notes de musique comprises entre do (C3) et fa (F3) (inclus), sur un espace chromatique (do, do#, ré, ré#, mi, fa). Tout comme pour les nombres, le sujet devait tout d abord le faire tête droite et yeux fermés, puis dans un deuxième temps en tournant la tête de droite à gauche. Les résultats de cette étude sont en cours d analyse mais les premières observations indiquent que les sujets produisent plus fréquemment des notes de musiques comprises entre do, do# et ré. Ces observations suggèrent que les fréquences seraient, tout comme les nombres, représentées le long d une ligne mentale. Il serait ainsi possible de dire que la cognition spatiale influencerait la cognition musicale. Chercheurs invités : I. Viaud-Delmon (CNRS-UMR 7593), N. Sabbah (stagiaire Biologie cellulaire, physiologie, pathologie, spécialité neurosciences, université Paris 7 et université Paris 5). 1.2.3.4. Sonification spatialisée (Projet CoRSAiRE) Le but du projet CoRSAIRe (Combinaisons de Rendus Sensori-moteurs pour l'analyse Immersive de Résultats) est de développer de nouvelles modalités d interaction avec des données numériques issues par exemple de procédés de simulation ou de représentation scientifique. L enjeu est d enrichir l interaction en proposant à l utilisateur d observer et de manipuler les données complexes à travers différents canaux sensori-moteurs dépassant le cadre conventionnel de l observation exclusivement visuelle, notamment en exploitant le canal auditif. En 2008, une plateforme générique a été développée pour la sonification en temps réel des flux de données. Chaque module permet d acquérir un ou deux flux de données simultanés de sorte à contrôler les paramètres de la méthode de synthèse sélectionnée. Dans le cadre d un mémoire de fin d études, plusieurs paradigmes de sonification ont été évalués. Les différentes méthodes de sonification disponibles à ce jour sont notamment : modulation de fréquence, synthèse granulaire, table d onde, synthèse additive ou soustractive. Ces modules peuvent être instanciés autant de fois que nécessaire selon le nombre de flux de données à explorer. Chacun des modules permet le conditionnement préalable des flux (plage de variation, transformation logarithmique, etc.). Ces travaux ont été conduits principalement autour d'une application de biologie informatique visant à guider un expérimentateur dans «l'arrimage» interactif entre des protéines (protein-protein docking). Ils ont fait l objet d une publication à la conférence ICAD 2008 [Katz2008]. Plusieurs métaphores de sonification ont été appliquées aux différents paramètres du docking et ont été implémentées sous Max/MSP : la complémentarité géométrique est estimée par la variance des distances inter-atomes à l interface entre les deux protéines. Cette donnée contrôle la variance des hauteurs fréquentielles appliquées aléatoirement aux différents grains d un processus de synthèse granulaire. Le flux audio ainsi généré est dédoublé et associé à chacune des deux protéines en présence ; dans un second temps, ces flux subissent chacun un filtrage passe-bas en fonction du nombre de «Hotspots» de leur protéine respective qui sont situés dans la région d interface ; collisions entre atomes. Une première méthode de sonification est basée sur une modulation de phase dont les paramètres sont contrôlés par le nombre de collisions. Une seconde méthode testée consiste à associer individuellement à chaque collision un bruit large bande transformé par synthèse soustractive (semblable à un bruit de vent modulé). Le IRCAM 59

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ bruit est filtré de manière spécifique pour chaque collision et spatialisé en fonction de sa position dans l espace ; énergie électrostatique (potentiel de Coulomb). La sonification est réalisée par l alternance de deux sons créés par synthèse additive et dont les hauteurs et les timbres varient en fonction de la valeur de cette force (valeur scalaire) ; énergie de van der Waals (potentiel de Lennard-Jones). La sonification est basée sur le principe de battement entre deux sons fréquentiellement adjacents. Participant : L. Picinali (UMR9912). Collaboration extérieure : B. Katz (LIMSI). 1.2.4. APPLICATIONS : IMPORTANCE DU RENDU SPATIAL SONORE POUR LES STRATÉGIES THÉRAPEUTIQUES Les dispositifs de réalité virtuelle ont permis la mise en place de nouvelles formes de thérapies ces 15 dernières années. Le plus souvent, la réalité virtuelle intègre du traitement de l image en temps réel, des interfaces de tracking du corps et des interfaces visuelles afin d immerger un utilisateur dans un environnement virtuel généré par ordinateur. Toutes ces interfaces permettent au sujet de devenir un participant actif au sein d un environnement virtuel et de lui donner une sensation de présence dans cet environnement (voir Loomis, 1992 pour une description phénoménologique de la présence). Dans la plupart des applications de réalité virtuelle pour la psychopathologie clinique, les patients sont exposés à des environnements virtuels visuels via un visio-casque, et leurs déplacements en translation à l intérieur de celui-ci se font par la manipulation d un joystick ou d une souris. Un capteur de position de la tête est utilisé de sorte à coupler les rotations dans l environnement virtuel aux rotations de la tête du patient. Ainsi, si les stimulations des canaux semi-circulaires sont (plus ou moins bien) couplées à une rotation visuelle de l environnement, les déplacements en translation ne sont accompagnés d aucune stimulation sensorielle autre que visuelle. L utilisation de cette forme de réalité virtuelle visuelle pour la psychopathologie clinique a démontré son efficacité de traitement. Pourtant, l'exposition à un environnement virtuel qui n est que visuel souffre de l absence d'une composante essentielle de notre environnement physique, puisque la modalité auditive fournit constamment des informations sur notre environnement et la façon dont nous y évoluons. Il est donc important de tenter d intégrer à un dispositif de réalité virtuelle des outils de synthèse de scènes sonores gérant la restitution de la localisation statique ou dynamique des sources dans l'espace ainsi que la création d'un effet de salle. Nous avons déjà pu démontrer que l ajout de la modalité auditive interactive lors du travail avec des patients anxieux permet d améliorer le sentiment de présence exprimé par les patients (Viaud-Delmon et al., 2006), facteur essentiel à une exposition en réalité virtuelle. Cependant, des problèmes peuvent surgir à l ajout d une nouvelle modalité sensorielle. En effet, la cohérence subjective des signaux sonores et visuels peut être difficile à obtenir. Ainsi, l ajout de la modalité sensorielle auditive pose la question de la construction d environnements virtuels multimodaux. Intégrer des stimulations sonores à un système de réalité virtuelle nécessite de s intéresser aux interactions visuo-auditives afin de comprendre de quelle façon le rendu visuel et auditif d un environnement virtuel affecte la perception de l utilisateur. Cette compréhension peut conduire au développement de nouveaux algorithmes pour le rendu des environnements virtuels. Les problèmes potentiellement générés incluent le rôle de la congruence spatiale et temporelle sur la perception de qualité de l immersion, ainsi que l influence du monde sonore sur la perception visuelle. Dans le cadre de ces questions, nous avons abordé deux applications relevant du domaine de la santé. L une concerne le traitement de la phobie des chiens, l autre la réhabilitation des patients souffrant d acouphène. 60 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES 1.2.4.1. DogPhobia Dans cette application, l enjeu était d'exploiter les différents composants logiciels graphiques et audio développés au cours du projet Crossmod dans un environnement virtuel permettant de confronter graduellement un sujet à une situation potentiellement phobogène (ici appliquée à la phobie des chiens) [Viaud-Delmon08b]. L'intégration d informations visuelles et auditives doit permettre à un sujet d apprendre à maîtriser ses réactions émotionnelles lorsqu il est exposé progressivement à des environnements où il peut rencontrer des chiens. Le sujet est équipé de lunettes polarisantes pour voir en trois dimensions et d un capteur de position de la tête. Les informations de position de la tête permettent d ajuster la stéréo visuelle et les indices de localisation des sons en fonction de ses mouvements. Le sujet doit naviguer dans plusieurs scènes virtuelles, où il peut voir ou entendre surgir des chiens. Les sources sonores fournissent des indices précis sur la localisation, quelle que soit la position du sujet dans la pièce expérimentale. Il peut par exemple percevoir des chiens arriver en courant derrière lui, ce qui permet de générer une multitude de réactions émotionnelles fortement réalistes. L'implémentation a été réalisée dans l'environnement OgreVR-AL, développée par l'inria et dérivée de la librairie de rendu graphique Ogre. L'environnement prend en charge la restitution stéréoscopique sur écran, la gestion des données de suivi de position et le rendu audio 3D. Pour la partie audio, les scènes virtuelles proposées comprenaient deux catégories de sons : les sources élémentaires et des ambiances. Les sources élémentaires, réservées aux objets animés (chiens, voitures, machines, etc.) étaient restitués en mode binaural tandis que des ambiances étaient préalablement mixées en format ambisonic et décodées sur casque avec asservissement suivant l'orientation du participant. Les séances d'évaluation se sont déroulées dans le studio 4 avec projection stéréoscopique sur écran et restitution audio binaurale sur casque. Dix participants ont été sélectionnés préalablement en fonction de leur score sur une échelle d'appréhension des chiens et après entretien avec un psychologue clinicien. Chaque participant a assisté à une séance d'environ une heure. L'évaluation des réactions émotionnelles reposait principalement sur la mesure d'anxiété (STAI questionnaire, Spielberger et al 1983), avant et à l'issue de la séance. Au cours de la session, le sujet était régulièrement invité à définir son niveau d'anxiété (Subjective Unit of Distress, Wolpe 73) et l'expérimentateur notait également des réactions comportementales lorsque le participant se trouvait en présence des chiens virtuels. À l'issue de la session, l'évaluation était complétée par un questionnaire de présence (Shubert et al 2001) et un entretien. Les observations majeures sont que les niveaux d'anxiété relevés avant et à l'issue des séances étaient significativement différents. Même pour les sujets ayant déclaré ne pas appréhender être confrontés à des chiens virtuels les scores étaient significativement supérieurs après la séance, ce qui révèle l'effet émotionnel de l'immersion. En cours de séance ces effets se manifestaient également par des changements de posture, des réactions verbales et des comportements d'évitement (les participants avaient tendance à s'éloigner des zones où se situaient les chiens et devaient être encouragés par l'expérimentateur pour poursuivre la tâche). L'évaluation confirme également le rôle majeur joué par la composante auditive dans les réactions émotionnelles et le besoin des participants d'adapter leur navigation de sorte à éviter, par exemple, de se trouver en situation de marcher avec un son d'aboiement ou de grognement dans leur dos. La gestion de la dimension spatiale de la restitution sonore est par conséquent importante pour graduer l'exposition des participants et contrôler leurs réactions émotionnelles. 1.2.4.2. Traitement des acouphènes Cette étude, financée par la fondation TRI Tinnitus Research Initiative et la société Amplifon, est consacrée à l élaboration et à l évaluation d une thérapie basée sur la réalité virtuelle pour le IRCAM 61

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ traitement des acouphènes, qui désignent un ensemble de sensations auditives fantômes en l absence de stimulation acoustique extérieure. La physiopathologie des acouphènes subjectifs reste encore incomplètement élucidée, mais il existe de fortes présomptions quant au rôle de la plasticité cérébrale dans le développement des troubles à l origine de sensations acouphéniques. Une telle situation clinique peut être rapprochée des syndromes douloureux chroniques après amputation, pour lesquels les mises en situation employant les techniques de réalité virtuelle ont fait la preuve de leur intérêt théorique et pratique. L objectif de l étude est d appliquer ces mêmes techniques aux patients acouphéniques en évaluant l efficacité d une mise en situation de réalité virtuelle 3D (visuelle et auditive) pour favoriser la plasticité cérébrale et réduire la gêne induite par l acouphène subjectif. La thérapie proposée consiste à favoriser la dissociation entre la perception de l acouphène et sa représentation mentale en travaillant sur l appropriation progressive par le patient de la localisation de l acouphène dans l espace de sorte à permettre, à terme, sa mise «hors champ». En pratique, il s agit de construire un avatar sonore et visuel de l acouphène et de fournir au patient les moyens d en contrôler la localisation dans l espace, à la fois en direction et en distance. Le protocole repose sur le choix des caractéristiques acoustiques de l avatar sonore, sur les modalités de contrôle de sa localisation et sur leur éventuelle évolution au cours des séances. Cette étude se concentre sur des patients ayant un acouphène unilatéral, continu et stable dans le temps. La première phase consiste à recréer l'avatar auditif. L acouphène étant un phénomène complexe et difficilement caractérisé, plusieurs méthodes ont été définies dans le but de construire un avatar sonore ressemblant à l acouphène de chaque patient. Ces différentes méthodes tiennent compte du seuil auditif du patient et tentent d approcher au mieux l avatar construit en timbre et en intensité au moyen d un nombre réduit de paramètres. Six méthodes ont été déclinées en deux séances de test (3 par séance) comprenant une dizaine de patients. Pour chaque séance, après mesure du seuil auditif, chaque patient caractérisait trois «acouphènes synthétiques» (un par méthode) et choisissait celui qui ressemblait subjectivement le plus à son acouphène. À l'issue de cette première étude, une méthode a été sélectionnée pour la caractérisation de l'acouphène et la création de l'avatar. Dans une seconde phase le patient est invité à naviguer dans différentes scènes audio-visuelles virtuelles dans lesquelles l'avatar sonore est localisé dans l'espace et relié à un objet. Le patient apprend à le déplacer par l intermédiaire d un capteur manuel. En déplaçant l objet associé au son représentant l acouphène, le patient apprend progressivement à l éloigner et à maîtriser sa localisation. Le but théorique est de rendre «évident» le caractère purement «illusoire» de la perception en lui faisant perdre ainsi son caractère agressif. Ces scènes ont été implémentées sous Virtools. Pour la partie audio 3D, différentes choix d'implémentation, basés soit sur une solution native, soit sur interconnexion avec la librairie Spat~ sous Max/MSP, sont en cours d'évaluation. Participants : S. Bertet (thèse), O. Delerue. Chercheur invité : I. Viaud-Delmon (UMR 7593). Collaborations externes : A. Baskind, A. Londero, P. Bonfils (CNRS UMR 7060, Hôpital Georges-Pompidou). 62 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES 1.2.5. PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS Articles dans des revues à comité de lecture Bonneel N, Suied C, Viaud-Delmon I et Drettakis G (2009a). Bimodal perception of audio-visual material properties for virtual environments. ACM Transactions on Applied Perception (in press). Bonneel N., Drettakis G., Tsingos N., Viaud-Delmon I., James D. (2008) Fast Modal Sounds with Scalable Frequency- Domain Synthesis. ACM Trans. Graph. 27(3), 24:1-24:9. Dubal S. & Viaud-Delmon I. (2008) Magical ideation and hyperacusis. Cortex, 44(10):1379-86. [Nguyen09a]N'Guyen K.V., Suied., C., Viaud-Delmon, I., Warusfel, O., (accepted, to be published in 2009) Spatial audition in a static virtual environment : the role of auditory-visual interaction, Journal of Virtual Reality and Broadcasting. [Suied09a] Suied, C., Bonneel, N. & Viaud-Delmon, I. (2009) Integration of auditory and visual information in the recognition of realistic objects. Experimental Brain Research (in press). [Suied09b] Suied, C. & Viaud-Delmon, I. (2009) Auditory-visual object recognition time suggests specific processing for animal sounds. PLoS One (in press). Actes de congrès avec comité de sélection [Bertet08b] Bertet, S., Daniel, J., Parizet, E., Warusfel, O., (2008) Investigation on the restitution system influence over perceived Higher Order Ambisonics sound field: a subjective evaluation involving from first to fourth order systems. Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p. 3936. [Caulkins08a] Caulkins, T., Corteel, E., Sanson, J., Warusfel, O., (2008) Directivity control with Wave Field Synthesis: Implications for live music performances, Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p3568. [Katz08a] Katz, B., Rio, E., Picinali, L., Warusfel, O., (2008) The effect of spatialisation in a data sonification exploration task, ICAD 2008. [Nguyen08a] Nguyen, K-V., Suied, C., Viaud-Delmon, I., Warusfel, O., (2008) Investigating the effects of spatially disparate visual stimuli on auditory localization in VR environments, Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p. 3568. [Sanson08a] Sanson, J., Corteel, E., Warusfel, O., (2008) Objective and subjective evaluation of localization accuracy in Wave Field Synthesis, AES 124th convention, Amsterdam. [Sanson08b] Sanson J., Corteel E., Warusfel O., (2008) Subjective and objective evaluation of localization accuracy in Wave Field Synthesis, Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p. 3568. [Suied08b] Suied, C., Magnin, M., Langlois, S., Susini, P. & McAdams, S. (2008) Fast detection for natural animal sounds. Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p. 3567. [Suied08c] Suied, C. & Viaud-Delmon, I. (2008) The role of auditory-visual integration in object recognition. International Journal of Audiology (in press). [Suied08d] Suied, C. Bonneel, N. & Viaud-Delmon, I. (2008) Integration of auditory and visual information in fast recognition of realistic objects, Frontiers in Human Neuroscience, Conference Abstract: 10th International Conference on Cognitive Neuroscience. [Suied08e] Suied, C., Bonneel, N. & Viaud-Delmon, I. (2008) The role of auditory-visual integration in object recognition. Journal of the Acoustical Society of America 123 (5), p. 3568. [Suied08f] Suied, C. & Viaud-Delmon, I. (2008) The role of object categories in auditory-visual object recognition. International Multisensory Research Forum, Hamburg, Germany. [Viaud-Delmon08b]Viaud-Delmon I., Znaïdi F., Bonneel N., Doukhan D., Suied C., Warusfel O., N Guyen K.V., Drettakis G. (2008) Auditory-visual virtual environments to treat dog phobia, Proc. 7th Intl. Conf. Disability, Virtual Reality & Assoc. Tech., Maia (Portugal), pp. 119-124. Travaux universitaires [Bertet08a] : Bertet S., (2008) Formats audio 3D hiérarchiques: caractérisation objective et perceptive des systèmes Ambisonics d'ordres supérieurs. Thèse INSA Lyon. Dechambenoit G., «Effet des informations auditives et du geste sur le span mnésique visuo-spatial de l homme sain», Master 1 de Biologie Intégrative et Physiologie, université Pierre et Marie Curie, 2008. Sabbah N., «Existence d une pseudo-négligence dans la représentation spatiale des fréquences chez le sujet sain», Master 1 de Biologie cellulaire, physiologie, pathologie, spécialité neurosciences, université Paris 7 et université Paris 5, 2008. Diffusion de connaissances Articles grand public Viaud-Delmon I, Réalité virtuelle, Entendre dans un monde virtuel, Pour la science, novembre 2008. Viaud-Delmon I, L application de la réalité virtuelle aux pathologies psychiatriques, NeuroPsy News, Septembre- Octobre 2008. Warusfel, O., La spatialisation du son, Pour la science, novembre 2008. Interviews et Conférences IRCAM 63

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ACOUSTIQUE DES SALLES RAPPORT DÉTAILLÉ Émission «Science Publique» sur France Culture le vendredi 7 novembre 2008. Participants : I. Viaud-Delmon, M. Noisternig. Tournage pour Télématin France 2, juin 2008, le traitement en RV de la phobie des chiens, diffusion première semaine de septembre 2008. Participants : I.Viaud-Delmon, A. Faye. Inauguration du système WFS à l'espace de Projection, 20 novembre 2008, Participants : O.Warusfel, J. Sanson, M. Noisternig. Conférence dans le cadre du colloque «Spatialisation des musiques électroacoustiques» université Jean Monnet, Saint-Etienne, 28 avril 2008. Participant : Olivier Warusfel. Conseil scientifique Conseil scientifique pour l émission «La méthode Cauet» (TF1) sur les phobies, septembre 2008. Participant : I. Viaud-Delmon. Contribution à Le Monde 2 pour le dossier «Le virtuel soigne pour de vrai», novembre 2008. Participant : I. Viaud-Delmon. Aide à la rédaction pour le «Quotidien du médecin» sur les thérapies en Réalité Virtuelle, Mars 2008.Participant : I. Viaud-Delmon. Aide à la rédaction pour le mensuel Science et Vie junior sur les thérapies en Réalité Virtuelle, Mars 2008, publication en mai 2008. Participant : I. Viaud-Delmon. Contribution au Journal du CNRS pour le dossier spécial «Réalité Virtuelle» Avril 2008. Participant : I. Viaud-Delmon. 64 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES 1.3. PERCEPTION ET DESIGN SONORES Responsable : Patrick Susini Tout d abord, il faut noter qu un nouveau mode de fonctionnement de l équipe a été initié pendant l année 2008 puisque Nicolas Misdariis s occupe officiellement de la gestion interne de l équipe. Au cours de l année 2008, l activité de l équipe PDS s est en grande partie organisée autour du projet Closed qui, depuis son démarrage, renouvelle les objets de recherche et sollicite de nombreuse collaborations nationales et internationales au sein de l équipe. Le travail de cette année s est plus précisément focalisé sur la définition et l évaluation de la notion de fonction sonore, dans le cadre d une application prototype (Spinotron) et a permis, dans une certaine mesure, de commencer à «boucler la boucle» du design sonore tel que nous l avions imaginé au moment de l écriture du projet. De plus, mis à part les travaux sur la classification des sons environnementaux et l approche perceptive de le synthèse par modélisation physique correspondant à des briques de base du projet, l axe d étude et de recherche sur les émotions s est également constitué au travers d un état de l art sur les théories et méthodes relatives à ce domaine aussi bien dans la musique que dans le champ plus large de la qualité sonore. La poursuite de ce travail et sa mise en œuvre expérimentale permettront, avant la fin du projet, d apporter des éléments de réponse sur le rôle des émotions dans le processus d évaluation fonctionnelle et esthétique d un objet sonore. Par ailleurs, le projet Closed s est progressivement (et naturellement) déplacé dans le champ du design sonore interactif, domaine émergent qui s intéresse aux aspects dynamiques de l interface homme/machine en examinant les relations de dépendance entre le son et la cause du son dans le rapport qu a l usager avec l objet qu il manipule. En ce sens, le projet Closed s inscrit de plus en plus clairement dans le cadre étendu de la COST-Action SID (Sonic Interaction Design) rendant encore plus cohérente la volonté de l équipe de promouvoir et soutenir les efforts portés en direction de ces deux projets majeurs. En complément, l année 2008 a vu s achever notre contribution au projet ANR Sample Orchestrator qui a permis d aborder la question de la classification et l indexation des sons environnementaux ainsi que sa conséquence directe : la navigation dans les bases de données sons non-musicaux. Effectué sur des bases perceptives validées expérimentalement, ce travail a notamment permis de constituer des données de travail exploitables (corpus) et d explorer des pistes nouvelles pour la description des sons de cette nature. En revanche, suite au rejet par la commission d évaluation ANR du projet Digispaces, l équipe n a pas eu l occasion de travailler dans un domaine intéressant et novateur, celui des surfaces interactives partagées, pour lequel l approche de type design sonore peut apporter des réponses viables et tangibles. Enfin, les principaux axes de recherche propres à l équipe (hors projets européens, nationaux et industriels), notamment le contrôle du rayonnement des sources sonores et la mémoire auditive des sons environnementaux ont été provisoirement mis en veille et seront réactivés au cours de l année 2009. 1.3.1. PROJET CLOSED Le projet Closed (Closing the Loop Of Sound Evaluation and Design) s'inscrit dans un programme de la Commission Européenne intitulé NEST ; son objectif est la création d'outils de modélisation sonore et d'évaluation à la fois esthétique et fonctionnelle, intégrés dans le processus de design de nouveaux usages. En 2008, le projet a principalement porté sur l étude de la fonction grâce à un objet d étude prototype (Spinotron) sur lequel se sont déployées les différentes étapes du processus imaginé lors de l élaboration du projet (Observation du contexte / Analyse des primitives d action / Formalisation / Prototypage / Evaluation). Cette mise en application a également été l occasion de repositionner le projet dans le domaine du IRCAM 65

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES RAPPORT DÉTAILLÉ design sonore interactif, et le faire ainsi converger vers les thématiques et les enjeux de la COST-Action SID (Sonic Interaction Design) dans laquelle l équipe s est activement engagée (voir section «Projets SID et Minet»). En outre, dans la continuité de ce travail sur la fonction, un chantier de réflexion sur les émotions s est ouvert et a essentiellement consisté, en 2008, à répertorier et étudier les théories les plus récentes dans le domaine de la formalisation et la mesure des émotions musicales et sonores. La mise en œuvre expérimentale de cette mesure des réponses émotionnelles permettra, en 2009, de répondre à la question centrale de l évaluation fonctionnelle et esthétique d un objet sonore telle qu elle a été initialement posée dans le projet Closed. 1.3.1.1. Classification des événements sonores Au cours de l'année 2007, nous avons propose une première classification des événements sonores en grandes classes (liquide, solide, gaz, etc.), nous avons approfondi ces résultats sur la base d une analyse statistique textuelle afin de dégager des profils sémantiques associés à chaque classe. Suite à cette étude, nous nous sommes focalisés sur les interactions solides afin de définir les sous-classes associées cette classe de sons. Nous avons utilisé de nouvelles techniques d analyse de données (arbres hiérarchiques multiples), afin de montrer des critères de similarité principaux (causal) ainsi que des critères secondaires (acoustique, sémantique, etc.). Cette analyse a été complétée par la même technique d analyse textuelle, afin de donner des labels aux classes (rebond, frottement, bris, choc, etc.). Grâce à une collaboration avec TU-Berlin, nous avons appliqué les techniques de type «active Learning» en vue de produire une classification automatique des événements sonores tels que liquide, gaz, solide, machine, électronique. Deux articles qui rapportent ces résultats vont bientôt être soumis. Participants : O. Houix, G. Lemaitre, P. Susini, N. Misdariis. Collaboration extérieure : K. Adiloglu, R. Annies, H. Purwins (NIPG, TU-Berlin). Financement : projet Closed. 1.3.1.2. Approche perceptive de la synthèse sonore par modélisation physique L objectif de ce travail initié en 2007 et achevé en 2008 était de mener une étude perceptive sur les paramètres de contrôle des algorithmes de synthèse sonore (SDT Sound Design Toolbox) développés par notre partenaire Univerona, en mettant en relation la variation de ces paramètres avec des catégories perceptives relatives aux événements sonores. Nous avons choisi de nous intéresser à des catégories de nature structurelles et plus précisément quatre types de matériau : bois, métal, verre et plastique. En nous appuyant sur l analyse d échantillons réels et des données bibliographiques, nous avons identifié les caractéristiques acoustiques compatibles avec la synthèse SDT (fréquences, gain et amortissement modaux), puis nous avons construit un corpus d étude réduit mais représentatif qui nous a permis de réaliser une expérience de catégorisation, aboutissant finalement à la labellisation des sons suivant la typologie des matériaux étudiés. Ce corpus «étiqueté» a ensuite servi de base à l évaluation de l intégration des techniques de machine learning dans les méthodes expérimentales classiques. Quatre approches ont été évaluées : Perceptron (actif et passif), Support Vector Machine (passif) et Probabilistic Generative Model (passif). Au final, de bonnes performances sont obtenus avec Perceptron (actif) ainsi qu avec PGM et SVM (passif), ces performances étant d autant meilleures que les données de départ sont significatives du point de vue de la classification des matériaux. L ultime étape de ce travail consistera à valider l approche active learning sur un corpus de sons de taille beaucoup plus importante que celui qui a servi à la validation de cette démarche. Participants : V. Ludlow, O. Houix, N. Misdariis. 66 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES Collaborations extérieures : K. Adiloglu, R. Annies (NIPG, TU-Berlin), S. Papetti, S. delle Monache (VIPS, Univerona). Financement : projet Closed. 1.3.1.3. Interactions sonores dynamiques : le Spinotron Dans le cadre du projet Closed, l année 2008 a été consacrée au design et à l étude d interactions sonores dynamiques. Ce terme désigne une tendance récente du design sonore, qui consiste à créer des objets augmentés soniquement, dont le principe est de mettre en place une interaction dynamique entre un utilisateur et l objet : la manipulation de l objet produit des sons, sons qui eux même influencent la manipulation (un instrument de musique est un bon exemple d une telle interaction). La première partie de l étude a consisté à développer un prototype d une telle interaction. Cette partie a été réalisée en collaboration avec l École Supérieure de Design de Zürich (ZHdK). Un objet a été créé, le Spinotron, qui consiste en une pompe verticale. Plusieurs conceptions sonores ont été créées et testées. La première était basée sur la métaphore d une bille roulant dans un bol, lui-même mis en rotation par l action de l utilisateur sur la pompe, et s est avérée d un contrôle trop complexe pour pouvoir être utilisée. La seconde était basée sur la métaphore d une toupie à crémaillère. L action sur la pompe met en rotation une roue dentée virtuelle, dont le cliquetis est synthétisé par un modèle physique d impact. Cette dernière création sonore a été utilisée dans le cadre d expériences perceptives. En effet, si la plupart des travaux sur la perception des sons du quotidien s intéressent à des situations d écoute passive, peu de connaissances sont disponibles concernant des situations dynamiques au cours desquelles la manipulation d un objet produit un son, son qui, par conséquent, influence la manipulation. Nous nous sommes intéressés à une question spécifique, mais fondamentale pour ce nouveau domaine des interactions sonores dynamiques : dans ce type d interaction, le son guide-t-il réellement la manipulation de l objet? Nous avons étudié comment la présence du son de la roue dentée influençait les performances d apprentissage du geste nécessaire pour maintenir une vitesse constante de la roue. Les résultats montrent que, bien que les participants aient déclaré ne pas avoir été aidés par le son, les performances sont nettement améliorées par la présence du son. Ces expériences ont fait l objet d une soumission au International Journal of Human Computer Studies, numéro spécial Sonic Interaction Design. Participants : O. Houix, G. Lemaitre, P. Susini. Collaborations extérieures : K. Franinovic, Y. Visell (ZHdK). Financement : projet Closed. 1.3.1.4. Métaphore et interaction sonores Plusieurs auteurs depuis les travaux de Gaver défendent l idée qu une métaphore sonore reposant sur un événement du quotidien est intuitive (ex. le son de la corbeille pour Apple), car elle est repose sur une expérience d écoute quotidienne (naturelle), et par conséquent facilite l interaction avec un objet ou une interface. D un autre côté plusieurs auteurs (cf. le projet «Sounding Object») ont proposé des modèles de synthèse sonore s appuyant sur des représentations physiques des événements (ex. modèle d impact, de friction, etc.). Dans le cadre d une interaction sonore, la question de la métaphore est importante en termes de fonctionnalité. En d autres termes, est-ce qu un son «naturel» est plus fonctionnel et mieux admis qu un son arbitraire? Afin de répondre à cette question, le degré d une métaphore sonore a été étudié dans le cadre d une interaction simple consistant à manipuler un clavier numérique sonore permettant de réaliser différentes opérations bancaires (ATM, Automatic Teller Machine). Trois catégories de sons ont été comparées correspondant respectivement à une relation arbitraire, iconique et causale entre le son et la touche du clavier. Une première IRCAM 67

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES RAPPORT DÉTAILLÉ expérience a permis de montrer que ces trois relations évoluent entre «pas du tout naturelle» (arbitraire) et «parfaitement naturelle» (causale), les sons iconiques se trouvant entre les deux. Par ailleurs, les résultats montrent aussi que la catégorie des sons qui évoquent ceux d une touche de clavier (causal) n est pas la catégorie perçue comme étant la plus fonctionnelle, ni la plus admise ou plaisante contrairement à ce qui pourrait être attendu. En revanche, les sons de la catégorie intermédiaire (iconique), sons d impact, sont finalement jugés plus fonctionnels et plaisants. Ces résultats montrent qu un son bien designé sera davantage apprécié et jugé fonctionnel qu un son évoquant artificiellement la «nature» physique de la touche d un clavier. Participants : N. Misdariis, P. Susini. Financement : projet Closed. 1.3.1.5. Mesure des émotions Dans le cadre du projet Closed, l objectif final est d évaluer les composantes esthétiques et fonctionnelles d un objet sonore en utilisant la réponse émotionnelle de participants engagés dans une interaction avec cet objet. Cette phase des travaux a été initiée en abordant les théories les plus récentes dans le domaine des émotions musicales proposées par K. Scherer ou par P. Juslin, mais aussi dans le domaine de la qualité sonore par D. Västfjäll (2003). Par ailleurs, les questions méthodologiques concernant la mesure de réponses émotionnelles ont été aussi abordées. L environnement méthodologique qui a été adopté dans le cadre des interactions sonores repose sur les échelles émotionnelles Arousal et Valence proposées par Russel (1980). Les expériences seront réalisées en laboratoire et en contexte pendant l année 2009. Participants : O. Houix, G. Lemaitre, P. Susini. Collaborations extérieures : K. Franinovic (ZHdK), H. Purwins (NIPG, TU-Berlin). Financement : projet Closed. 1.3.1.6. Imitations verbales Le stage de fin d étude de l École Centrale de Lille d Arnaud Dessein a permis de continuer à explorer les imitations verbales. Un classificateur automatique a été mis au point qui permet de prédire la catégorisation perceptive des imitations sonores. D autre part, au cours d une expérience, des couples d auditeurs devaient alternativement écouter des sons et les décrire, de manière à faire deviner le son entendu. Les résultats montrent que, bien que n ayant reçu aucune instruction spécifique, les auditeurs utilisent de manière spontanée des imitations. De plus, dans le cas de sons peu identifiables, l utilisation des imitations augment les scores de reconnaissance. Participants : A. Dessein (stage), G. Lemaitre. Financement : projet Closed. 1.3.2. PROJETS SID ET MINET Relevant de l appel à projets «Measuring the Impossible», le projet Closed est de fait intégré dans le réseau Minet (Measuring the Impossible NETwork) ; ce réseau a pour thématique la mesure de quantités complexes dépendant de la perception et de l interprétation humaine (soft measurement). Il associe des métrologistes, des psychologues et des sociologues afin de réfléchir et d uniformiser les techniques de mesure, sous forme d'ateliers, conférences, groupes de discussions ou cours et favorise également la mobilité des chercheurs en finançant des visites d études de courte durée. Cette opportunité a notamment permis à P. Polotti de 68 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES l université de Vérone de venir travailler au sein de l équipe en 2008 et d initier un travail sur l utilisation de la rhétorique musicale dans la conception d earcons (signaux sonores abstraits répondant à des conventions arbitraires). Le projet SID (COST-Action), quant à lui, fédère un ensemble d institutions et de laboratoires autour de la question de l interaction dans le design sonore en adressant, via des groupes de travail, quatre grandes problématiques : perception/cognition/émotion, design sonore-produit, art interactif/musique et sonification de l information. Outre P. Susini qui est l un des délégués pour la France de cette action, plusieurs membres de l équipe prennent part aux différents groupes de travail et, à ce titre, participent aux réunions qui sont organisées régulièrement sur ces thèmes. 1.3.2.1. Earcons rhétoriques La visite d étude (bourse Minet) de Pietro Polotti (université de Vérone) au cours de l été 2008 a permis de nous intéresser aux earcons rhétoriques. Les earcons sont de courtes phrases mélodiques servant à communiquer un message dans les interfaces sonores. La question qui se pose dans le cadre du design de telles interfaces est : «comment communiquer les messages?». L idée de Pietro Polotti est de transférer les figures de la rhétorique musicale (permettant d exprimer la surprise, la répétition, etc.) au design d earcons sonores. Des expériences perceptives ont été menées à l aide d une interface informatique très simple (permettant de copier, coller, etc. des figures géométriques) augmentée par des earcons, rhétoriques ou non. Les résultats montrent que, lorsque les figures rhétoriques sont perçues par les utilisateurs, ceux-ci associent et retiennent plus facilement le message communiqué. Un projet européen sur ce thème est en cours de soumission. Participants : G. Lemaitre, N. Misdariis, P. Susini. Collaboration extérieure : P. Polotti (université de Vérone). Financement : projet Minet. 1.3.2.2. Visite d étude : Gösta Ekman Laboratorium, Stockholm University, Sweden Guillaume Lemaitre a bénéficié à l automne 2008 d une bourse d étude Minet pour visiter le laboratoire de Birgitta Berglund à Stockholm (Gösta Ekman Laboratorium, Stockholm University). Cette visite a permis d étudier la technique du Master Scaling, qui permet d établir et de calibrer des lois psychophysiques pour des stimuli dont la grandeur physique n est pas connue a priori. Participant : G. Lemaitre. Collaborations extérieures : B. Berglund, L. Zheng, M. Gröning (Stockholm University), A. Preis. Financement : projet Minet. 1.3.3. PROJET SAMPLE ORCHESTRATOR La contribution de l équipe au projet Sample Orchestrator s est située dans la thématique du SP2 «Indexation audio et navigation par le contenu» en contribuant à développer les aspects de description, classification et caractérisation sémantique des sons environnementaux. 1.3.3.1. Description des sons environnementaux Cette partie visait deux objectifs : d'une part, amorcer la réflexion sur une transposition/extension de la notion de descripteurs psychoacoustiques telle que développée pour les sons musicaux à un ensemble de sons environnementaux, et d autre part, définir des classes de profils morphologiques adaptées aux sons environnementaux en termes de IRCAM 69

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES RAPPORT DÉTAILLÉ formalisme de représentation et de descripteurs audio. Ainsi, sur la base du travail de métaanalyse du timbre de sons environnementaux mené en 2007, nous avons proposé des modèles d organisation hybrides (catégoriel/continu) associés a des outils de prédiction (classification automatique). Par ailleurs, à partir d une base de données représentatives de classes d évènements (cf. SP2-5), nous avons extrait un ensemble de 6 classes de profils dynamiques (stable, train d impulsions, décroissant, impulsif, roulement et croissant) associés a des symboles validés perceptivement. La poursuite de l étude pourrait consister, à partir des travaux initiés dans le projet Ecrins [Peeters08b], à identifier des prédicteurs efficaces pour ces 6 classes. 1.3.3.2. Classification des sons environnementaux (SP2-5) Préalable indispensable au travail sur les sons environnementaux qui couvre un champ quasi infini, la première étape de cette partie a permis de constituer une base de données réduite mais représentative des environnements sonores quotidiens. Ce travail a été effectué grâce à l expertise de professionnels habitués à manipuler différentes typologies sonores (495 sons sur 46 classes). Dans un premier temps, ces données brutes ont été réorganisées à la lumière de résultats obtenus dans la projet Closed [Houix08a] (402 sons sur 6 classes) ; elles ont ensuite pu être étudiées expérimentalement pour aboutir à un corpus de sons classifié et validé perceptivement (245 sons sur 6 classes) ; pour, au final, alimenter les procédures de classification automatique développées dans une autre partie du projet SampleOrchestor (SP2-2). La poursuite de cette étude pourrait s envisager d un point de vue théorique en améliorant la structure de classification et, notamment, en affinant la description de certaines de ses composantes (par exemple, Gaz ou Liquide). 1.3.3.3. Caractérisation sémantique des sons environnementaux L objectif de cette partie était d explorer l existence et la pertinence de descripteurs permettant de décrire d un point de vue sémantique les sons (type de matériau, mouvement, etc.) ainsi que les classes de sons (sons de pas, etc.). Les résultats obtenus dans le cadre du projet Closed [Houix08a] ainsi que la transposition des principes de réseaux sémantiques (Wordnet) à l audio (Audioclas) ont permis d émettre quelques hypothèses de travail. Ces hypothèses devront être consolidées et validées dans le cadre de travaux futurs. Participants : A. Minard, O. Houix, N. Misdariis. Collaborations internes : J.J Burred, C. Cella, G. Peeters (équipe Analyse/synthèse) D. Schwarz (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations extérieures : O. Tristan, A. Etchart (Univers Sons). Financement : projet Sample Orchestrator. 1.3.4. PROJETS INDUSTRIELS Mise à part la tentative manquée du projet Digispaces qui regroupait un grand nombre d industriels et d académiques sur une thématique encore novatrice et à forte valeur technologique (les surfaces interactives partagées), la composante industrielle de l activité de l équipe en 2008 se résume à l encadrement de la thèse CIFRE d A. Frère, consolidant ainsi encore davantage la collaboration étroite entretenue depuis plus de dix ans avec le constructeur automobile Renault. 1.3.4.1. Perception du bruit des moteurs Diesel Le travail effectué durant cette première année de thèse s est déroulé sur deux sites différents : Renault Technocentre et Ircam, suivant deux approches complémentaires : 70 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES La première partie du travail réalisée chez Renault a permis : d avoir une approche directe des sonorités moteurs avec des essais sur pistes et/ou sur route de véhicules Renault et de la concurrence ainsi que des enregistrements des véhicules testés ; de réaliser deux tests client : un premier questionnaire (19 questions, 32 sujets), puis une expérience de catégorisation + verbalisations (51 sujets), clôturés par une note technique interne à Renault ; d effectuer une étude bibliographique interne La deuxième partie du travail réalisée a l Ircam a permis : de continuer l étude bibliographique commencée chez Renault en l orientant vers des domaines spécifiques (vibrations, interculturel, méthodologies de test, perception/psychoacoustique/cognition) et de dégager des axes de travail pour la suite de l étude ; de réaliser un test client portant sur l évaluation des situations de roulage. Participants : A. Frère (thèse CIFRE), P. Susini, N. Misdariis. Collaborations extérieures : G. Guyader (Renault), R. Weber (université d Oldenburg). Financement : Renault. 1.3.4.2. Projet ANR Digispaces (Digitable-2) Au cours de l année 2008, l équipe a participé activement au montage du projet Digispaces (ANR/CONTINT) qui s inscrivait dans le domaine des technologies tactiles, visuelles et surfaces interactives muti-tactiles. Le projet se donnait pour objectif de contribuer à structurer la recherche en France dans ce domaine (projet plateforme) selon une approche verticale allant de la conception et l'adaptation du dispositif physique à l'applicatif, à travers les thèmes structurants suivants : les périphériques d'entrée : amélioration, adaptation ou réalisation de surfaces interactives partagées, intégrant une approche design produit ; les technologies logicielles : plateforme logicielle multi-dispositifs d'interaction, modèles d'interaction multi-contact, multi-utilisateur et multi-dispositifs ; les spécificités IHM de l'interaction partagée : styles et métaphores de l'interaction multicontacts, à plusieurs en co-localisé et à distance, présentation de l'information, boîtes à outils ; les études ethno-méthodologiques, usages, expérimentations et analyse de marché : analyse et modélisation de l'activité, évaluation des nouveaux styles d'interaction, recherche de nouveaux usages et de nouveaux marchés ; les applications industrielles : nouveaux postes de travail, usage en co-localisé ou à distance pour le jeu, la formation, la co-conception, les systèmes d'informations géographiques, la gestion de crises. Au final, le projet n a pas été sélectionné par le comité d évaluation de l ANR. Participants : P. Susini, N. Misdariis. Collaborations extérieures : Intuilab, FT, LIMSI, ENAC, SERAM, Telcom Bretagne, LIG/IIHM, TRT, ESTIA, I3S, Genesis, LITIS-INSA, CNAM. 1.3.5. ACTIVITÉ DE DÉVELOPPEMENT ET RECHERCHE PROPRE À L'ÉQUIPE Au cours de l année 2008, les chantiers propres à l équipe (hors projets européens, nationaux et industriels) se sont concentrés sur des aspects techniques liés à la pérennisation de l outil expérimental et à la communication extérieure (sites web). En revanche, axes de recherche IRCAM 71

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES RAPPORT DÉTAILLÉ comme le contrôle du rayonnement des sources sonores ou la mémoire auditive des sons environnementaux ont été provisoirement mis en pause et seront réactivés en 2009. 1.3.5.1. Maintien et développement d un environnement expérimental En terme d expérimentation, l expertise de l équipe se fonde sur une infrastructure standard (2 cabines d écoute insonorisées de type IAC) et un outil logiciel hybride s adossant à différents environnements (PsiExp, Max/MSP, Matlab) qui permet de programmer la plupart des expériences qui ont cours dans les différentes études actuelles. L objectif de ce travail est d assurer la maintenance et la pérennité de ces outils de conception ; dans cet optique, plusieurs essais concluants ont été réalisés dans l environnement Max/MSP. Le travail va se poursuivre en 2009 en traitant notamment la question de la mesure du temps de réaction. Participant : N. Misdariis. 1.3.5.2. Gestion des sites web : PDS, Closed, ICAD08 Pour l organisation de la conférence Icad 2008, nous avons mis en place un site Internet basé sur Drupal. De même, nous avons mis en ligne un site spécialement pour les reviews des articles. Les actes de la conférence ont été édités par l équipe sous la forme d un CD-ROM contenant un pdf avec les articles associés ainsi que des sons et des vidéos (http://icad08.ircam.fr/). Le site internet Closed est régulièrement mis à jour afin de montrer l état d avancement des travaux (http://closed.ircam.fr/). Le site interne de l équipe Perception et Design Sonores est mis en place grâce à l aide Vincent Gourson en utilisant le moteur Typo 3 de l Ircam plutôt qu une solution non pérenne maintenue par l équipe. Le contenu éditorial du site est directement mis à jour par l équipe (http://recherche.ircam.fr/equipes/pds/web/). Participant : O. Houix. Collaborations internes : M. Fingerhut, V. Gourson (Médiathèque). 1.3.6. ORGANISATION DE CONGRÈS / WORKSHOP 1.3.6.1. Conférence ICAD et Workshop Closed L Ircam a organisé et accueilli plusieurs événements du 23 au 27 juin 2008 : la journée du 23 était consacrée à deux workshop, Recycling Auditory Displays (16 participants) et Exploring sonic interaction with artifacts in everyday contexts (15 participants), sur des thèmes relatifs au design sonore. D'autre part, un consortium de doctorants (Think Tank) s'est tenu en parallèle ; les journées du 24 au 27 juin ont été consacrées exclusivement à la 14 ème édition du colloque ICAD (International Conference on Auditory Display). Cette conférence internationale a réuni l'ensemble de la communauté ICAD, principalement constituée de chercheurs, et des praticiens du design sonore, tout particulièrement lors de la session spéciale Sound Design organisée et sponsorisée par les projets européens SID et Closed (soit 107 participants en dehors du comité d'organisation). Participants : O. Houix, G. Lemaitre, P. Susini, N. Misdariis. Collaborations internes : O. Warusfel, O. Delerue, C. Suied, (équipe Acoustique des salles), L. Ghys (Service informatique), S. Benoit (direction scientifique). 72 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES Collaborations extérieures : B. Katz (LIMSI), A. Guillaume (IMASSA), V.Maffiolo (FT-OrangeLabs), E. Corteel (Sonic Emotion). Financement : MRT-ministère de la Culture, CNRS, DGA, SFA (GPS), SID, Closed. 1.3.6.2. Journée d étude SFA/AES/France Telecom En mars 2008, G. Lemaitre a participé à l organisation des journées d étude SFA/AES/Orange Labs «Ears Wide Open» sur la perception, la spatialisation et la qualité des systèmes de son 3D. Participant : G. Lemaitre. Collaboration interne : équipe Acoustique des salles. Collaborations extérieures : LIMSI, FT-OrangeLabs, SFA, AES. 1.3.6.3. Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne En collaboration avec le département Design de l université des Arts de Zurich (ZHdK), l équipe PdS a participé à l exposition «Demain c est aujourd hui part. 2» qui s est tenue au sein de la Biennale Internationale du Design De Saint-Etienne (15-30 nov. 2008) : les premières applications de leurs recherches communes dans le domaine du Design Sonore Interactif ont été présentées. La proposition était constituée d objets prototypes démonstrateurs, mettant en œuvre le concept d interactivité dans des productions en design sonore, suivant 2 approches : une partie ludique qui permettait aux visiteurs de jouer avec des objets sonores interactifs (Flo(ps), Interactive Glasses), mettant aussi en évidence leur implication sociale ; une partie expérimentale présentant un objet fonctionnel (Spinotron) auquel était associé un contenu détaillé et illustré expliquant la démarche scientifique et artistique ayant abouti à cette réalisation. Participant : N. Misdariis. Collaborations extérieures : K. Franinovic, F. Meyer, Y. Visel (ZHdK). Financement : projet Closed. 1.3.7. PÉDAGOGIE 1.3.7.1. Stages Ircam/Design Sonore Les deux stages Ircam de trois jours chacun pour le Design Sonore ont été réalisés et se sont appuyés sur le même programme que l année précédente : la forme sonore ; l'identité et la fonction sonores. Ces stages sont réalisés sous la coordination de l'équipe PDS. Participants : P. Susini, N. Misdariis. Collaborations internes : M. Malt, J. Lochard, E. Cipollone (département Pédagogie et action culturelle). 1.3.7.2. Formation en Design Sonore pour l École Supérieure des Beaux-Arts du Mans Dans le cadre de l intégration d une filière «design sonore» au sein du cursus de l École Supérieure des Beaux-Arts du Mans, l équipe a travaillé (en collaboration avec le LAUM et l ENSCI) au cours de l année 2008 à l élaboration du cadre et du contenu pédagogiques de l ensemble du parcours LMD. Elle s est également impliquée dans les charges d enseignement IRCAM 73

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES RAPPORT DÉTAILLÉ en Licence3 et Master en assumant au total 12 ECTS. La première phase de ce projet est prévue à la rentrée universitaire 2010 avec un démarrage au niveau L3. Participants : P. Susini, N. Misdariis. Collaborations internes : C. Béros (département Pédagogie et action culturelle). Collaborations extérieures : D. Larnac, équipe enseignante (ESBAM), Y. Auregan (LAUM), R. Cahen (ENSCI / Ateliers St-Sabin). 1.3.7.3. Cours Psychoacoustique (Master Acoustique Architecturale, université Pierre et Marie Curie, Paris) ; Qualité sonore (École Nationale Supérieure d Ingénieur du Mans). Participants : G. Lemaitre, O. Houix. 1.3.7.4. Publications et communications Articles parus dans des revues à comité de lecture [Lemaitre08a] Lemaitre G., Letinturier B., Gazengel B., «Model and estimation method for predicting the sound radiated by a horn loudspeaker - With application to a car horn», Applied Acoustics, Janvier 2008, Vol. 1, n 69, pp. 47-59. [Suied08a] Suied C., Susini P., McAdams S., «Evaluating Warning Sound Urgency With Reaction Times», Journal of Experimental Psychology: Applied, 2008. [Susini08b] Susini P., Houix O., Misdariis N., Smith B., Langlois S., «Instruction's effect on semantic scale ratings of interior car sounds.», Applied Acoustics, 2008. [Tardieu08a] Tardieu J., Susini P., Poisson F., Lazareff P., McAdams S., «Perceptual study of soundscapes in train stations.», Applied Acoustics, 2008, vol. 14, n 3, pp. 201-212. Actes de congrès avec comité de sélection [Suied08b] Suied C., Magnin M., Langlois S., Susini P., McAdams S., «Fast Detection for Natural Animal Sounds», Acoustics'08, Paris, 2008. [Susini08a] Susini P., McAdams S., «Loudness asymmetry ratings between accelerating and decelerating car sounds», Invited paper for ASA/SFA Special Session on Loudness, Acustics'08, 2008. [Minard08a] Minard A., Susini P., Misdariis N., Lemaitre G., McAdams S., Parizet E., «Environmental sound description : comparison and generalization of 4 timbre studies», Computer-Human Interface conference / Sonic Interaction Design workshop, Florence, Italy, 2008. [Minard08b] Minard A., Susini P., Misdariis N., Lemaitre G., McAdams S., Parizet E., «Two-level description of environmental sounds : comparison and generalization of 4 timbre studies», Acoustics 08, Paris, France, 2008. [Lemaitre08b] Lemaitre G., Houix O., Misdariis N., Susini P., «Naïve and expert listeners use different strategies to categorize everyday sounds», Acoustics 08/Euronoise, Paris, 2008. [Houix08a] Houix O., Lemaitre G., Misdariis N., Susini P., «Classification of everyday sounds : influence of the degree of sound source identification», Acoustics 08, Paris, 2008. [Aura08a] Aura K., Lemaitre G., Susini P., «Verbal imitations of sound events enable recognition of the imitated sound events», Acoustics 08, Paris, 2008. [Misdariis08a] Misdariis N., Lang A., Katz B., Susini P., «Perceptual effects of radiation control with a multilouspeaker device», Acoustics 08, Paris, 2008. Mémoires de Master/Ingénieur [Ludlow08b] Ludlow V., «Perceptive approach for sound synthesis by physical modeling», Master s thesis in the Master s program in Sound and Vibration, Chalmers University of Technology, 2008. Diffusion de connaissances # Patrick Susini. Cours sur la mesure dans le domaine de la perception sonore (université de Gênes) et participation au livre publié dans le cadre du projet Minet Colloques et séminaires # Ircam / Matinees Prospectives, 14 mai 2008 : «Contrôle Perceptif et contrôle du rayonnement pour la synthèse par modèles physiques», N. Misdariis. 74 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT PERCEPTION ET DESIGN SONORES # Ircam / Seminaire Recherche&technologie, 5 mai 2008 : «Approche perceptive pour la synthèse sonore par modèles physiques», V. Ludlow. Émissions radiophoniques et télévisées, entretiens journalistiques, animations # Nicolas Misdariis. Interview pour le Journal du CNRS, n 221, juin 2008. IRCAM 75

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS 1.4. ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Responsable : Xavier Rodet Les travaux de l équipe Analyse et synthèse des sons sont présentés ici dans quatre sections principales et une section développements. Le thème général de recherche est bien sûr l analyse et la synthèse des signaux sonores. Dans ce domaine, la méthode par Vocodeur de Phase est au coeur des logiciels déclinés autour de SuperVP, en versions temps différé, temps réel dans Max/MSP et dans le logiciel graphique interactif AudioSculpt. Toutes ces versions connaissent un grand succès, non seulement auprès de musiciens, compositeurs et RIM de l Ircam, mais aussi auprès des industriels, de la musique ou du multimédia, et plusieurs licences en ont été vendues. D autres types de travaux orientés vers les compositeurs ont connu une première phase de réussite, en particulier avec les thèses de D. Tardieu (Aide à l orchestration) et C. Yeh (Estimation des fréquences fondamentales multiples). Le domaine du traitement de la voix correspond à une demande forte des musiciens de l Ircam et se trouve en phase avec la forte croissance du multimédia qui réclame des outils de transformation et de synthèse de la parole. Grâce à divers contrats de recherche et de développement, une équipe d une dizaine de chercheurs et étudiants a été constituée et a déjà obtenu de remarquables résultats et des programmes utilisés dans des productions en 2008 et d autres en cours. Le terme de «Traitement par le contenu et nouveaux outils pour la musique» désigne une autre direction de travail orientée vers l extraction et l utilisation d informations de plus haut niveau à partir du signal audio. Cette direction est marquée par le démarrage de l important projet Quaero où l Ircam est coordinateur des technologies d indexation audio, et sur lequel travaille une équipe de chercheurs et d annotateurs car la disponibilité de bases de données de référence est un point clé pour progresser dans la recherche d informations musicales. La modélisation des phénomènes physiques et des résonateurs des instruments de musique est le quatrième axe de recherche. Il est caractérisé par des recherches à la fois théoriques sur les équations qui gouvernent ces processus et ces objets, et des réalisations pratiques logicielles en temps réel. On peut souligner les travaux sur la modélisation des non-linéarités qui sont essentielles dans la simulation des instruments acoustiques et le développement d une approche «mécatronique» pour l étude et le jeu de ces instruments. Enfin le développement de logiciels est une part importante du travail de l équipe. Il fournit de nouvelles méthodes pour les compositeurs et dans le Forum de l Ircam. Il permet de diffuser à un public plus large les résultats des recherches et conduit à des licences industrielles qui, à leur tour, permettent de consolider les équipes de recherche. 1.4.1. MODÈLES D ANALYSE ET DE SYNTHÈSE DES SIGNAUX SONORES L analyse d un son s effectue toujours au travers d un modèle du phénomène, qu il soit physique ou comme ici le signal audio. Le perfectionnement des modèles et l amélioration de l estimation de ses paramètres sont les buts essentiels. Ainsi la transformation des sons bénéficie d avancées très intéressantes faites en 2008 comme la transposition dans le domaine fréquentiel. De même, l estimation des fréquences fondamentales multiples, donc des notes et de leurs hauteurs, dans un signal musical et une direction de recherche bien sûr importante pour la musique : dans le cadre de l évaluation internationale MIREX, le programme de C. Yeh a obtenu un remarquable résultat puisqu il est classé premier avec plusieurs points d avance sur le second. Enfin la «Modélisation d événements musicaux» et la «Modélisation des sons pour l aide à l orchestration» ont fourni de nouveaux outils pour le traitement temps réel et pour les compositeurs. IRCAM 77

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ 1.4.1.1. Adaptation automatique de la taille de la fenêtre d'analyse Les travaux sur l'adaptation automatique de la taille de la fenêtre d'analyse ont été poursuivis sur deux axes. Concernant la sélection de la taille de fenêtre d'analyse pour les traitements des sons harmoniques, nous avons implémenté un algorithme simple. La taille de fenêtre peut être déduite de la fréquence fondamentale donnée en indiquant un nombre de période souhaité dans la fenêtre. Toute les algorithmes de transformation et analyses existant dans le logiciel SuperVP ont été adaptés pour permettre le fonctionnement avec taille de fenêtre variable (voir le paragraphe Développements). Pour le cas des sons polyphoniques, le problème est plus difficile à résoudre. Début 2008 nous avons alors commencé une thèse sur ce sujet. La thèse est menée dans le Département de Mathématique «U. Dini» de Florence (Italie) et l'encadrement sera assuré en partie par l'équipe Analyse et Synthèse des Sons, de l'ircam. Le travail concret à l'ircam a commencé en septembre et, pendant les premiers mois, il s est concentré sur l'étude des algorithmes capables de mesurer la parcimonie d'une représentation temps-fréquence. Les travaux sont basés sur les résultats et implémentations réalisés lors d'un stage de fin d'étude en 2007. Participants : M. Liuni (thèse), A. Roebel, X. Rodet. 1.4.1.2. Estimation de fréquence fondamentale (cas monophonique) L'algorithme d'estimation de la fréquence fondamentale basé sur le «feature scoring» est utilisé dans plusieurs applications. Actuellement les paramètres du critère d'évaluation des candidats F0 sont sélectionnés sans connaissance de la source sonore (type d'instrument). Comme les instruments de musique ont des caractéristiques spectrales assez variables, il est évident que la connaissance de l'instrument permet de choisir des paramètres spécialement adaptés. Nous avons créé une petite collection de signaux annotés pour les instruments difficiles (flûte, piccolo, basson, hautbois, clarinette) et nous avons optimisé les paramètres de notre algorithme pour ces classes d instruments. La comparaison des résultats obtenus avec les paramètres par défaut et les paramètres adaptés par instrument montre une réduction d'erreur significative. Les erreurs restantes sont toutes liées à des conditions très difficiles comme les attaques ou fins de notes quand l'énergie des composantes harmoniques est trop faible. Le deuxième champ de travail concernant les F0 monophoniques était lié à l'utilisation de l'estimation dans le cadre du contrôle des transformations ou de l analyse (voir par exemple le contrôle de la taille de fenêtre d'analyse pour les sons harmoniques dans le paragraphe ci-dessus). Dans ce but, une amélioration de la qualification du résultat de l'estimation était souhaitable et a été demandée à plusieurs reprises par les utilisateurs des applications comme AudioSculpt. Pour cela nous avons choisi une méthode très proche de la méthode de l'algorithme «yin» [Cheveigné, Kawahara02] qui donne de bons résultats pour l'évaluation de la périodicité du signal en se basant sur la fonction d'auto corrélation (acf) du signal à la position de la période estimée. Plusieurs modifications ont été ajoutées au calcul de l'acf afin de pouvoir rendre les résultats plus robustes contre les variations fortes de F0 et contre l'influence du bruit notamment en dessous de F0. Les améliorations apportées aux algorithmes d'estimation de la F0 ont été effectuées dans le cadre du projet de recherche (ANR) Sample Orchestrator. Les améliorations ont été licenciées à la société MakeMusic (États-Unis). Participants : F. Cornu, A. Roebel. Collaboration intérieure : C. Yeh (thèse). Collaboration extérieure : MakeMusic. 78 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS 1.4.1.3. Estimation des fréquences fondamentales multiples Le travail d'estimation des fréquences fondamentales multiples s est porté, en 2008, sur deux sujets centraux. Premièrement, nous avons amélioré l'algorithme d'estimation du nombre de fréquences fondamentales (F0s) [Yeh08a]. Deuxièmement nous avons mis en place un nouvel algorithme pour le regroupement des estimations F0 en trajectoires temporelles appartenant à des sources sonores individuelles [Chang08a]. La thèse de C. Yeh, «Estimation de Fréquences Fondamentales Multiples dans des Signaux Polyphoniques», a été soutenue en juin 2008 [Yeh08a]. Le système estime le nombre de sources harmoniques et ses F0s pour chaque instant donné dans un signal de musique. Les travaux concernant le regroupement des analyses F0s ont été poursuivis dans le cadre d'une bourse «Graduate Student Study Abroad Program» du National Science Council de Taiwan. Nous avons pu collaborer avec le chercheur invité M. Chang et son directeur de thèse M. Su pour développer un algorithme de suivi de F0s multiples. Nous modélisons une note par un modèle de Markov caché (HMM) avec deux états : «attack» et «sustain». Les F0s candidats sont d abord reliés en utilisant un HMM d ordre supérieur à un avec un algorithme de«forwardbackward», qui nous donne des trajets de F0s candidats. Les trajets sont enlevés itérativement l un après l autre en maximisant la vraisemblance. En 2007, notre système avait été évalué lors de MIREX (Music Information Retrieval Évaluation exchange) 2007 avec un classement encourageant. En 2008, nous avons soumis deux versions (sans/avec suivi) de notre système et les deux sont classées les premières pour la tâche de «Multiple F0 Estimation and Tracking : frame-by-frame evaluation» avec une précision de 61.9% (sans suivi) et 66.5% (avec suivi). Participants : C. Yeh (thèse), A. Roebel, W. Chang, X. Rodet. Collaborateurs internes : G. Peeters, N. Bogaards. Collaborateur externe : A. Su (National Cheng-Kung University, Taiwan). 1.4.1.4. Transformations de modulations ornementales Dans le cadre du projet «Sample Orchestrator», nous avons travaillé sur la représentation et la transformation des ornements existants dans un son donné. Cette représentation vise d'abord à pouvoir séparer les gestes de base, comme le changement d'une note à une autre, et des gestes d'ornementation comme le vibrato ou le trémolo. À plus long terme, cette représentation devrait servir pour la préservation d'ornements lors d'une transformation du son (dilatation par exemple) ou d'une modification d'un ornement existant dans un son. D abord, nous avons travaillé sur la séparation des gestes en utilisant des techniques de base des modèles additifs. Ensuite, nous nous sommes concentrés sur la transformation des modulations de façon indépendante du signal. Deux transformations des modulations ont été sélectionnées pour une étude précise. La première consiste à changer la fréquence de modulation du vibrato de façon indépendante de la durée du son. La deuxième consiste à modifier l'ampleur du vibrato. Plusieurs approches ont été étudiées et nous avons pu montrer qu'un traitement du trémolo induit par le musicien est essentiel si on veut, par exemple, supprimer le vibrato d'un son. Participants : S. Maller (stage), A. Roebel. 1.4.1.5. Transformation des sons Depuis 2007 la bibliothèque pour le traitement du signal SuperVP (vocodeur de phase généralisé) est implantée en temps réel dans l'environnement Max/MSP. Les utilisateurs des modules, notamment les RIMs de l'ircam, sont très satisfaits de la qualité sonore des résultats obtenus. Les points qui posent problème sont la latence (qui par contrainte technique est IRCAM 79

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ forcément de l'ordre de la taille de la fenêtre d'analyse) et le fait que le temps de calcul dépend des paramètres de la transformation (notamment en cas de transposition). Dans le cadre du projet Sample Orchestrator, nous avions commencé en 2007 à développer un algorithme pour la transposition des sons qui travaille directement dans le domaine fréquentiel suivant les idées de [Laroche&Dolson99]. Les résultats obtenus ont montré que l'algorithme proposé par Laroche ne produit pas des résultats sonores suffisamment bons pour être utilisés dans la bibliothèque SuperVP. Afin d obtenir un algorithme compatible avec tous les traitements accessibles dans SuperVP et donnant une qualité sonore proche de l'algorithme classique, nous avons développé un système complet d'analyse-resynthèse des sinusoïdes utilisant l'algorithme FFT-1 proposé par Rodet et Depalle [Rodet&Depalle92] et une méthode de gestion des sinusoïdes non-stationnaires qui a été développée dans un projet antérieur [Roebel08a]. L'intégration du modèle sinusoïdal non-stationnaire dans la bibliothèque SuperVP nous fournirait en même temps une amélioration de l'effet «remixage» des sinusoïdes en nous permettant de traiter les sinusoïdes et leurs résiduels de manière distincte. Participant : A. Roebel. 1.4.1.6. Reconstruction de timbres pour l orchestration Le projet, commencé en 2005 dans une thèse, a pour but de construire des outils informatiques pour aider les compositeurs à orchestrer leurs œuvres (Groupe de Travail Orchestration et projet Sample Orchestrator). L approche est la suivante : l utilisateur fournit un son cible et un ensemble d instruments disponibles, le système doit alors trouver la combinaison d instruments et de notes qui se rapproche le plus du son cible. Les principaux points traités en 2008 sont les suivants : réalisation du moteur final par l intégration des modèles d instrument et de l algorithme génétique de Grégoire Carpentier ; évaluation du système par des tests objectifs et des tests pratiques, notamment en situation réelle d orchestration ; écriture de la thèse ; étude des différentes possibilités d interaction avec le compositeur et réalisation de l interface de l outil d aide à l orchestration ; développement de l application finale, notamment pour le projet Sample Orchestrator ; collaboration avec l équipe Représentation musicale pour l intégration dans Open Music. La thèse a été soutenue avec succès en décembre 2008 à l Ircam. Participants : D. Tardieu (thèse), X. Rodet, G. Peeters. Collaborations internes : équipe Représentations musicales, projet Sample Orchestrator, Groupe Orchestration (Y. Maresz). Collaboration extérieure : S. McAdams. 1.4.1.7. Analyse et synthèse de chants polyphoniques corses Ce projet, développé notamment dans une thèse, a pour but de créer une méthode logicielle d apprentissage des chants polyphoniques. Nous utilisons pour cela un langage gestuel nommé mimophonie. Ces gestes sont captés par deux gants de données (un pour chaque main) que porte le chanteur et qui permettent l apprentissage des chants. Les travaux que nous avons réalisés en 2008 sont les suivants : développement d une application permettant la reconnaissance des gestes ; analyse (avec l association E Voce di U Cumune) des chants polyphoniques corses afin de pouvoir identifier les harmonies créées par trois chanteurs à un moment donné ; 80 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Participants : X. Rodet, J.S. Gualtieri (thèse). Collaboration interne : E. Fléty (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations extérieures : université de Corse, Association E Voce di U Cumune. 1.4.1.8. Transformation de sons par descripteurs de haut niveau et perceptuels L objectif de cette thèse est de développer un modèle de synthèse et de transformation sonore par descripteurs de haut niveau selon les critères extraits par apprentissage automatique sur des exemples (sons donnés par l'utilisateur). En 2008, la recherche a concerné la mise en forme d'un modèle d'enveloppe spectrale par descripteurs de forme spectrale avec un agorithme génétique. Ce modèle permet l'obtention de transformations sonores («sound morphing» par exemple) liées à la perception. Cela autorise, à titre d exemple, la recherche perceptive de certaines caractéristiques des signaux et leurs liens avec des dimensions timbrales (quantifier des caractéristiques perceptives comme le JND de brillance, etc.). Cela offre également de nouvelles possibilités pour l aide à l orchestration. Dans l avenir, on cherchera des modèles d'enveloppe spectrale dont on puisse varier indépendamment chaque descripteur de forme spectrale. Participants : X. Rodet, M. Caetano (thèse). 1.4.1.9. IrcamAlign : système d'étiquetage et d'alignement de signaux de parole Ce projet a pour but la segmentation de signaux de parole en phones, dans la continuité des travaux démarrés les années précédentes dans le cadre du projet VIVOS. Cette année, les principales améliorations ont été les suivantes : calcul d'une mesure de confiance par phone ; extraction de la structure phonologique (syllabes, mots et groupes de souffle) à partir de la séquence de phones alignés. Le logiciel IrcamAlign a été développé à la suite de cette recherche et permet de segmenter un enregistrement, non plus seulement en phones, mais aussi en syllabes, mots et groupes de souffle. IrcamAlign a été utilisé dans divers projets musicaux à l Ircam en 2008 (par exemple «Com que voz» de S. Gervasoni), et pour l analyse de corpus de voix (Cf. le paragraphe Traitement et Synthèse de la Voix). Participants : P. Lanchantin, X. Rodet. Collaborations internes : C. Veaux, N. Obin (thèse). Collaborations extérieures : France-Télécom, IRISA, Studio Chinkel, société BeTomorrow. 1.4.1.10. Modélisation d événements musicaux Le vocabulaire instrumental du répertoire contemporain comprend de nombreux modes de jeux qui nuancent la manière dont une note, ou un groupe de notes peuvent être jouées. Afin d éviter de représenter indépendamment chacun de ces sons, nous cherchons à identifier une méthode de modélisation qui soit la plus générique possible. Nous nous intéressons particulièrement à l évolution temporelle des sons, et à la manière dont on peut représenter cette évolution par combinaison de modèles élémentaires. Au cours de l année passée, nous avons proposé deux méthodes de combinaison : La première consiste à combiner verticalement les modèles, c est-à-dire à représenter l évolution temporelle d un son par la combinaison parallèle de modèles temporels de descripteurs. Les résultats obtenus montrent l intérêt de la fusion de décisions dans le cas où les flux de descripteurs sont suffisamment décorrélés. En comparaison de la fusion de données, l intérêt de la fusion de décision est double : cette méthode permet de réduire le IRCAM 81

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ nombre de paramètres appris sur une base de données, et de modéliser des classes absentes de la base d apprentissage. La seconde méthode consiste à représenter l évolution temporelle d un descripteur par la succession de trajectoires élémentaires en utilisant des modèles de Markov cachés segmentaux. Chacun des états du modèle explique une succession d observations nonstationnaires qui définissent une primitive de courbe temporelle. Nous avons pu constater l intérêt de la méthode sur des données gestuelles. D autre part, en considérant cette segmentation comme une étape de prétraitement, nous l avons utilisé pour modéliser des modes de jeux de violon. Sur une tâche de classification, les résultats obtenus sont, dans la plupart des cas, comparables sinon meilleurs que ceux qui sont obtenus par des modèles de Markov cachés standards. La méthode employée permet à nouveau de limiter le nombre de paramètres du modèle, ce qui rend les résultats plus robustes sur un nombre limité d exemples d apprentissage. Participants : J. Bloit (thèse), X.Rodet. Collaborations internes : équipe Interactions musicales temps réel (N. Rasamimanana, F. Bevilacqua). 1.4.1.11. Analyse des sons produits par les bébés Ce projet a étudié les précurseurs de la parole dans le signal sonore. Nous cherchons une description du son s'associant à des informations sur les mouvements des mains ou du regard qui montre une évolution, ou non, vers le langage. Les travaux réalisés en 2008 sont : une caractérisation de la particularité des sons montrant une évolution vers le langage en comparant les sons coordonnés avec les gestes chez le bébé sans troubles et les sons non coordonnés chez le bébé avec troubles neurologiques ; une caractérisation de l'évolution de ces sons au fur et à mesure que le bébé vieillit. Participants : M. Derio (thèse), X. Rodet, G. Peeters, M. Sweeton (stage), S. Mitchell (stage). Collaboration extérieure : V. Desjardins (projet PILE). 1.4.2. TRAITEMENT ET SYNTHÈSE DE LA VOIX La parole et la voix en général sont considérées comme matériau musical par de nombreux compositeurs contemporains. Mais, comme c est un signal très fortement structuré et à différents niveaux (de l acoustique à la sémantique en passant par la phonétique et la syntaxe), les traitements doivent prendre en compte cette structure. Les travaux de l équipe vont donc de l analyse à la synthèse. Les travaux d analyse, souvent statistiques, sont menés sur des corpus spécialement enregistrés, et déterminent les structures et les caractéristiques de la voix dans chaque unité de ces structures stockées dans des bases de données (ircamcorpustools). Les traitements doivent pouvoir modifier les caractéristiques de la voix à chacun des niveaux de structure. Enfin la synthèse à partir du texte (ircamtts) doit correspondre, toute proportion gardée, à l art de l acteur prononçant un texte. Ces travaux sont menés grâce à des financements essentiellement nationaux, des doctorants et en collaboration avec des linguistes et des industriels. Parmi les compositeurs, auteurs et metteurs en scène utilisant ces travaux, on peut citer H. Parra, G. Pesson, G. Aperghis, J. Rebotier, O. Cadiot et L. Lagarde. 1.4.2.1. Projet Vivos : transformation et synthèse de voix expressives pour les applications multimédias Le but de ce projet ANR-RIAM était d étudier l utilisation de voix de synthèse dans le multimédia en général et peut-être dans d autres applications artistiques comme le théâtre. Ce 82 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS projet est nommé «transformation et synthèse de voix expressives» car l expressivité est au centre du projet et conditionne très fortement l utilisation de voix de synthèse en multimédia. L objectif que se fixait ce projet nécessitait un certain nombre de moyens conceptuels et logiciels sans lesquels la chaîne de production de voix de synthèse ne pourrait fonctionner, et qui sont complémentaires : transformation d identité, de type et de nature de voix ; synthèse de voix expressive ; synthèse à partir du texte ou à partir de corpus d acteurs et personnages ; interfaces utilisateur graphiques interactives. Ce projet Riam dont l Ircam est coordinateur, élaboré en collaboration avec France Télécom, l Irisa, le Studio Chinkel et la société BeTomorrow s est terminé en 2008. Les principales tâches du projet cette année figurent dans les paragraphes suivants et ont été menées en synergie avec divers projets spécifiques à la voix détaillés ci-dessous, et le développement de SuperVP (pour l amélioration et l extension des traitements) et de AudioSculpt (pour les questions d interface utilisateur). Participants : X. Rodet, C. Veaux, P. Lanchantin, S. Farner, G. Beller (thèse), F. Villavicencio (thèse), G. Degottex (Thèse), N. Obin (Thèse), J. Bloit (Thèse). Collaborations extérieures : France-Télécom, IRISA, Studio Chinkel, société BeTomorrow. 1.4.2.2. Projet Rhapsodie Le projet Rhapsodie a été accepté par l ANR SHS et a débuté en 2008. Il est consacré à l élaboration d un corpus de référence de français parlé échantillonné en différents genres discursifs et doté d annotations prosodiques et syntaxiques exploitables pour l analyse du statut de la prosodie dans le discours, de ses relations avec la syntaxe et la structure informationnelle. Les laboratoires porteurs participant au projet sont : Modyco, Ircam, LATTICE, ERSS et LPL. Les partenaires sont : ATILF, CORAL, CRDO, SYLED, INRIA Bordeaux et Paris. L Ircam s intéresse au Français parlé, en particulier à la prosodie et à la syntaxe des différents genres discursifs dans le but de faire de la transformation et de la synthèse à partir du texte de haute qualité pour des applications artistiques et multimédia. Participants : C. Veaux, G. Beller (thèse), N. Obin (thèse), X. Rodet. Collaborations internse : P. Lanchantin, G. Degottex (thèse), A. Roebel, D. Mouret (stage), M. Sweeton (stage). Collaborations extérieures : A. Lacheret (Modyco), B. Victorri (LATTICE), N. Rossi (ERSS), V. Pasdeloup (LPL). 1.4.2.3. Projet Affective Avatars Le projet ANR-TLOG Affective Avatars a pour but de créer des avatars affectifs animés en temps réel. La voix de l'utilisateur est l'interface de contrôle de l'expressivité de l'avatar. Le timbre vocal de l'utilisateur est également transformé en temps réel pour donner à l'avatar une voix cohérente et adaptée à son image. La principale tâche de l équipe Analyse et synthèse des sons dans ce projet est la transformation du timbre vocal : l'enjeu est de concevoir et développer l'environnement logiciel permettant de transformer en temps réel la voix de l'utilisateur en différents timbres de voix cibles définies pour chaque avatar. Les principales tâches du projet en 2008 figurent dans les paragraphes suivants et sont menées en synergie avec divers projets spécifiques à la voix détaillés ci-dessous, et le développement de SuperVP, notamment pour le temps réel. Ce projet ANR Technologies Logicielles est en collaboration avec le LIMSI-CNRS, Voxler, et Cantoche. IRCAM 83

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ Participants : S. Farner, P. Lanchantin, G. Beller (thèse), A. Roebel, X. Rodet. Collaborations extérieures : LIMSI-CNRS, Voxler et Cantoche. 1.4.2.4. IrcamCorpusTools : un système de gestion de corpus de parole La plateforme IrcamCorpusTools [Beller2008b] est un outil permettant d'analyser des corpus et d'effectuer des requêtes sur ces corpus de parole pré-segmentés en unités phonologiques (phones, syllabes, mots, etc.). Cet outil est utilisé aussi bien par la synthèse IrcamTTS, que pour l'étude et la modélisation de la prosodie et de l'expressivité de la parole. Ce système a été développé en partie dans le cadre des projets Vivos et Rhapsodie. Cette année, les principales améliorations ont été les suivantes : développement d'une interface graphique permettant d'effectuer de manière intuitive des requêtes croisées et d'explorer les résultats de ces requêtes; amélioration du modèle de données afin de représenter les relations hiérarchiques multiples; adaptation de la plateforme aux corpus du projet Rhapsodie pour l'analyse et la modélisation de la prosodie. Participants : C. Veaux, G. Beller, D. Mouret (stagiaire), X. Rodet. Collaborations internes : P. Lanchantin, N. Obin (thèse), G. Degottex (thèse). 1.4.2.5. IrcamTTS : synthèse vocale à partir du texte Ce projet vise à obtenir une synthèse de parole de très haute qualité permettant son application dans les domaines du multimédia et de la création artistique. L'approche retenue est celle d'une synthèse par corpus, consistant à concaténer des unités acoustiques issues d'un corpus de parole pré-enregistré. Ce système a été développé en partie dans le cadre du projet Vivos. Cette année, les principales améliorations ont porté sur la réduction de la taille du corpus et la mise en place de mécanismes de lissage permettant l'exploitation d'enregistrements non préparés (rushs) : lissage de la fréquence fondamentale aux frontières de concaténation ; lissage de l'enveloppe spectrale aux frontières de concaténation ; réduction du nombre d'unités acoustiques triées selon des critères phonologiques et acoustiques (par arbre de décision) ; adaptation de la synthèse à un corpus de rushs (voix de Jonathan). Ces travaux ont soulevé beaucoup d intérêt auprès de compositeurs (G. Pesson, G. Aperghis, J. Rebotier) et d auteurs et metteurs en scène de théâtre (O. Cadiot, L. Lagarde). Participants : C. Veaux, X. Rodet. Collaborations internes : F. Villavicencio (thèse), P. Lanchantin. Collaborations extérieures : France-Télécom, IRISA, Studio Chinkel. Financement : projet Rhapsodie. 1.4.2.6. Modélisation de la prosodie du français Ce travail s'inscrit dans le cadre d'une thèse sur l'analyse et la modélisation de la prosodie du français à partir d informations linguistiques de haut niveau dans différents genres de discours. Il se place dans une collaboration multidisciplinaire avec le laboratoire Modyco et la linguiste Anne Lacheret-Dujour au sein du projet ANR Rhapsodie et participe au développement de l'outil IrcamCorpusTools dans l'équipe analyse-synthèse ainsi qu à celui du moteur de synthèse de parole IrcamTTS. 84 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS caractérisation acoustique de la proéminence sur un corpus de parole lue : génération et sélection automatique de descripteurs [Obin08a], et comparaison avec d autres outils de détection sur un corpus de parole spontanée dans différents genres de discours [Obin08b] ; modèle de durées syllabiques prenant en compte les propriétés intrinsèques des syllabes et les variations locales de débit [Obin08c] ; typologie prosodique des genres discursifs par analyse discriminante et classification non supervisée agglomérative [Obin08d]. Participants : N.Obin (thèse), X. Rodet. Collaborations internes : C. Veaux, P. Lanchantin, G. Degottex (thèse), G. Beller (thèse), F. Villavicencio (thèse). Collaborations extérieures : A. Lacheret-Dujour (Modyco), M. Avanzi [université de Neuchâtel], J.-P. Goldman (université de Genève), A.-C. Simon (université Catholique de Louvain). 1.4.2.7. Conversion de l'identité d'une voix Ce projet a pour objectif de poursuivre les travaux menés par F. Villavicencio sur la conversion d'identité de voix. Cette année, les principales améliorations ont été les suivantes : enregistrement d autres corpus parallèles de voix (accents étrangers) et apprentissage des fonctions de transformations entre ces nouvelles voix ; prise en compte des caractéristiques dynamiques du timbre et de la variance globale des paramètres ; utilisation de SuperVP pour la resynthèse. Participants : P. Lanchantin, F. Villavicencio, X. Rodet. Collaboration interne : A.Roebel. Collaborations extérieures et financement : projet Affective Avatars (LIMSI, Voxler, Cantoche). 1.4.2.8. Transformations de type et de nature de la voix Dans le cadre des projets Vivos et Affective Avatars (cf. ci-dessus), les principaux travaux effectués en 2008 sont : achèvement d une bibliothèque en Matlab de transformations de type et de nature de la voix ; première version de VoiceForger, une librairie C++ de transformation de type de nature de la voix ainsi qu un démonstrateur qui l utilise en temps réel ; rédaction d un article sur les transformations de type et de nature de la voix pour la conférence AES 35 qui était dédiée à l audio pour des jeux vidéo [Farner08b] ; validation des algorithmes de transformation de genre et d âge par un test d'écoute. Ces nouvelles possibilités de transformation de la voix [Farner08a] ont beaucoup intéressé des compositeurs (G. Pesson, G. Aperghis), auteurs et metteurs en scène de théâtre (O. Cadio, L. Lagarde) et des licences ont été demandées par des industriels. Participants : S. Farner, A. Roebel, N. Bogaards, X. Rodet. Collaborations extérieures : France-Télécom, IRISA, Studio Chinkel, société BeTomorrow, LIMSI-CNRS, Voxler, et Cantoche. 1.4.2.9. Transformation de l expressivité d une voix : analyse, modélisation, synthèse Cette thèse, débutée au mois de septembre 2005, a pour objectif de conférer de l'expressivité à une voix, par transformation. Il s agit donc de modéliser chaque expressivité par un ensemble de fonctions de transformation des paramètres du signal de la voix (fréquence fondamentale, enveloppe spectrale, source d'excitation). IRCAM 85

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ Les travaux réalisés durant l année 2008 ont été focalisés sur la recherche de modèles génératifs de ces fonctions de transformation. Plusieurs modèles ont été testés : par règles, par arbres de décision, par réseaux bayésiens [Beller2007a, Beller2007c, Beller2007d]. Certains de ces modèles permettent la prise en compte des contextes phonétiques, expressifs et accentuels, par apprentissage. Cela a conduit à de nouvelles transformations, notamment celle du degré d articulation [Beller2008a]. L estimation du rapport débit de parole/aire du triangle vocalique a permis de montrer que le degré d articulation est influencé par l expressivité [Beller2007b]. Grâce à la prise en compte du contexte, celui-ci est modifiable par réassignation spectrale dynamique. Une telle technique («dynamic frequency warping» en anglais) a été mise au point. Elle permet de modifier l enveloppe spectrale à partir d une fonction non linéaire de l échelle de fréquence et d autres effets sur la voix comme le changement de la taille du conduit vocal ou la nasalisation. Les sons para-verbaux aussi influencent l expressivité. Dans ce contexte, une méthode de synthèse semi-paramétrique de rires a été mise en place. S appuyant sur l analyse prosodique et phonétique d une grande base de données de rires, cette méthode permet de synthétiser un rire à partir d une phrase, en respectant l identité du locuteur de cette phrase [Beller2008c]. La thèse de G. Beller va être terminée et sera soutenue en mai 2009. Enfin, dans le cadre du projet Vivos, une seconde version d un logiciel de modification de l expressivité a été délivrée. Elle regroupe les différentes évolutions citées précédemment et permet de changer l expressivité d une phrase neutre enregistrée ou synthétisée. Participant : G. Beller (thèse). Collaboration interne : A. Roebel. Collaborations extérieures : N. Campbell (ATR-japon), projets Vivos, Respoken et Affective Avatar. 1.4.2.10. Estimation des paramètres d un modèle de source glottique L'estimation des paramètres de formes et de la synchronisation temporelle d'un modèle de source glottique sert à la séparation de la source glottique et des influences du conduit vocal. Nous avions déjà développé des estimateurs indépendants et grossiers de cette forme et de cette synchronisation. Cette année, nous avons vu que ces estimations doivent être conjointes. Nous avons donc réalisé une méthode conjointe pour compléter nos outils d'analyse de la voix. Nous avons également réalisé des enregistrements vidéo-endoscopiques du larynx en caméra ultra-rapide. Ceux-ci ont servi à une étude comparative des différents signaux de parole (Aire glottique ; Electro-Glotto-Graphie ; signal acoustique ; source glottique obtenue par séparation) [Degottex08a]. Des applications en synthèse et transformation de la voix vont valider qualitativement nos méthodes d'analyse. Participants : G. Degottex (thèse), X. Rodet, A. Roebel/ Collaborations internes : S. Farner, G. Beller (thèse), C. Veaux, N. Obin (thèse). Collaboration extérieure : E. Bianco (ORL). 1.4.2.11. Synthèse par HMM Ce projet a pour objectif d'implémenter un système de synthèse de signaux de parole par HMM en français à partir du toolkit HTS crée par le Nagoya Institute of Technology et développé par le HTS working group. Les principales réalisations ont été les suivantes : adaptation du système aux caractéristiques du français (phonétiseur, structure phonologique) ; apprentissage de deux voix françaises : Xavier et Jonathan. 86 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Comparée à la synthèse par corpus, (Cf. ci-dessus, paragraphe Synthèse vocale) la synthèse HMM donne d excellents résultats pour l articulation de la parole, mais souffre encore d un défaut dans l excitation du modèle de conduit vocal. Participants : P. Lanchantin, X. Rodet. Collaborations internes : C. Veaux, N. Obin (thèse). 1.4.2.12. Modèle de langage pour la génération de textes Ce projet a pour objectif de générer des séquences d'unités textuelles (lettres, mots) ou phonétiques (phonèmes, syllabes) ayant des caractéristiques semblables à celles de séquences choisies. On adopte pour cela une approche statistique qui consiste à définir des modèles de langage qui sont estimés à partir de données ayant les caractéristiques désirées et à utiliser ces modèles pour régénérer des séquences. Les principales réalisations ont été les suivantes : génération de pseudo langage et mélange de langues ; choix du nombre de syllabes et des rimes finales des séquences générées ; prise en compte des tags grammaticaux pour la génération de séquences cohérentes du point de vue de la construction grammaticale. Ces travaux ont soulevé beaucoup d intérêt auprès de compositeurs (G. Pesson, G. Aperghis) et d auteurs et metteurs en scène de théâtre (O. Cadio, L. Lagarde). Participants : P. Lanchantin, X. Rodet, N. Obin (thèse). 1.4.3. TRAITEMENT PAR LE CONTENU ET NOUVEAUX OUTILS POUR LA MUSIQUE Ce domaine de recherche connaît un grand développement avec le démarrage du projet national Quaero qui permet à l Ircam d approfondir ses connaissances et compétences en indexation ou plus généralement «extraction d informations musicales à partir du signal audio» (Music Information Retrieval) et donc d en faire profiter la création musicale contemporaine. À titre d exemple, les logiciels ircamdescriptor, ircamclassifier et ircambeat développés dans l équipe (cf. le paragraphe Développements) sont directement issus de ces recherches. Les informations typiques cherchées sont les accords, la tonalité, la rythmique (tempo, temps) et d autres comme le genre, le «mood», la structure musicale, les instruments, la présence d une voix chantée, etc. Enfin un travail important est la constitution de corpus de référence annotés qui sont l étape indispensable pour l entraînement et l évaluation des algorithmes de recherche. 1.4.3.1. Projet Quaero Quaero, est un projet financé par Oseo qui regroupe majoritairement des partenaires français ainsi qu une minorité de partenaires allemands. Ce projet a pour but le développement des technologies d indexation multimédia (reconnaissance de parole, traduction automatique, indexation vidéo, image et audio). L Ircam est coordinateur des technologies d indexation audio dans le projet. Il s agit d un projet d une durée de 5 ans, commencé en mai 2008. Le projet s articule autour de 4 axes principaux : le CTC, le Corpus, les Use Cases et l Evaluation. 1.4.3.2. CTC de Quaero Le Core Technologies Cluster (CTC) de Quaero regroupe l ensemble des activités de recherche du projet. L Ircam dirige le WorkPackage 6 consacré à la description audio (flux audio et musique). En 2008, L Ircam a été actif dans les 3 sous-tâches suivantes du WP6 : WP6.2 description locale du contenu musical, WP6.3 classification globale d un morceau de musique, WP6.5 structuration musicale et résumé audio. IRCAM 87

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ 1.4.3.3. Description locale du contenu musical (WP6.2) 1.4.3.3.1. Estimation de la suite d accords, de la tonalité locale et du premier temps La thèse d Hélène Papadopoulos, commencée en octobre 2006, a pour but de développer un méta modèle permettant de faire interagir les différents estimateurs de paramètres haut niveau de description d un signal musical. Durant l année 2008, le développement du système proposé en première année de thèse a été poursuivi. Ce système fait interagir principalement 3 descripteurs du signal : la progression des accords, la métrique et la tonalité. Les problèmes de la métrique variable et de la tonalité locale ont été abordés et intégrés dans le système initial. Un premier travail sur la partie «signale» du système a déjà permis d améliorer l estimation des accords. Enfin, l annotation d une base de données annotée en accords, premiers temps et tonalités locales a été poursuivie, ce qui permet de mieux évaluer le système. Une part importante du travail a été consacrée à l évaluation et au choix de mesures d évaluation. Ces travaux ont été présentés à un public scientifique lors de la conférence ICASSP 2008, ainsi que lors de deux séminaires (Ircam, université de Queen Mary University à Londres). Le système de base de détection d accords a été évalué lors du concours MIREX 2008 et a obtenu la 4 e place dans sa catégorie. Une partie de ces travaux a été intégrée dans un cours de 2 e année d école d ingénieur à l ENSEA. Participants : H. Papadopoulos (thèse), G. Peeters. Collaborations internes: Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Participants du projet Quaero (CTC). 1.4.3.3.2. Estimation du tempo, placement des battements et premier temps La recherche sur la description rythmique d un morceau de musique s'est concentrée en 2008 sur l'évaluation et l'amélioration du logiciel existant ircambeat (extraction d'information rythmique de l'acoustique musicale). L'évaluation précise de la période, de la phase du battement et de la métrique musicale est essentielle puisqu'elle fournit davantage d'informations structurelles. L'exactitude de la détection de battement d'ircambeat a été évaluée sur l'ensemble de données de musique populaire RWC (100 enregistrements) et sur un sous-ensemble de 100 enregistrements du corpus annoté Quaero. Des mesures d'exactitude ont été calculées pour chaque morceau, par comparaison des battements estimés et de ceux qui sont annotés. Des mesures d'exactitude ont également été produites pour des battements tombant aux multiples métriques du battement (par exemple, une moitié ou deux fois le taux pour des rythmes binaires), sur le contre battements, et sur le contre-battement pour les métrique multiples. Ces mesures ont été évaluées sur un éventail de fenêtres temporelles d'exactitude (precision window), et pour tous les paramètres d'ircambeat. De ces évaluations, un nombre restreint de cas critiques a été identifié et est étudié pour améliorer ircambeat. La comparaison de morceaux de musique à l'aide de modèles de rythme exige une identification du «downbeat» (premier temps de la métrique). Une approche bayésienne de l'évaluation downbeat a été suivie pour adapter la probabilité des inexactitudes en estimant le tempo et les onsets. Ceci produit plusieurs évaluations de l'endroit temporel du downbeat pour chaque période métrique du flux d'énergie spectral du rythme analysé. Ces évaluations à travers le rythme sont ensuite évaluées pour produire une estimation finale de downbeat pour le rythme, et pour estimer le changement du downbeat par rapport à la métrique. Trois détecteurs de downbeat différents sont actuellement étudiés et évalués : une évaluation du downbeat par ajustement de profil d'amplitude, une évaluation du downbeat par l'espace de durée dépassant la période de battement et une évaluation du downbeat à l'aide des maximum locaux de durée. L'évaluation est faite sur un petit sous-ensemble de la base de données de RWC qui a été annotée en downbeat. 88 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Participants : L. Smith, G. Peeters/ Collaborations internes : Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Participants du projet Quaero (CTC). 1.4.3.4. Classification globale d un morceau de musique (WP6.3) Dans le projet Quaero, l Ircam est en charge du développement des techniques permettant l indexation globale (à l opposé de l indexation locale au cours du temps) d un morceau de musique. Le travail a commencé par une évaluation des performances du système de base développé dans le cadre du projet Écoute. L algorithme ircamclassification d apprentissage/ indexation développé dans le cadre du projet Écoute a été adapté au framework MIREX08 et utilisé (apprentissage des modèles dans les locaux IMIRSEL) sur l ensemble des tâches de classification de MIREX08 : AudioGenre (Western/Latin), AudioMood, AudioArtist, AudioComposer, AudioTag. Le système de l Ircam est arrivé premier dans les catégories MusicMood et AudioComposer, et second dans la catégorie AudioGenreLatin. Le travail s est ensuite concentré sur l amélioration de la classification des morceaux selon le genre musical. Des premières expériences ont utilisé ircamdescriptor et ircamclassifier (voir projet Sample Orchestrator) pour l'apprentissage d'une C-SVM avec la base de données ISMIR 2004 à 6 genres. Un taux de reconnaissance de 83,40 % a été obtenu. Des premières mesures ont été prises pour l'adaptation de ce système vers des tâches de classification multicritères et multi étiquettes. En particulier, le module de classification a été étendu pour permettre de l'apprentissage et la sortie de multinômes sémantiques. Participants : J. J. Burred, G. Peeters. Collaborations internes: Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Participants du projet Quaero (CTC). 1.4.3.5. Structuration musicale et résumé audio (WP6.5) En 2008, la recherche concernant l estimation de structure (et donc la génération de résumés audio) s est focalisée sur deux points. Le premier concerne l amélioration des algorithmes existants : nouvelle approche de la représentation de l évolution temporelle des caractéristiques par partitionnement, ajout de contraintes sur la durée des clusters lors de regroupement hiérarchique. Le deuxième concerne la création d un framework permettant de mesurer automatiquement les performances des algorithmes développés à l Ircam au cours des dernières années. Cette évaluation est problématique du fait de la difficulté d obtenir des mesures significatives (sur-segmentation, sous-segmentation, équivalence des labels estimés et annotés) et du fait de la difficulté d obtenir des données annotées. Participants : G. Peeters, F. Cornu. Collaborations internes: Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Participants du projet Quaero (CTC). 1.4.3.6. Corpus Dans le projet Quaero, l Ircam développe un corpus musical de référence devant servir tant au développement des algorithmes d indexation qu à leur évaluation lors de la campagne annuelle de septembre. Le travail effectué en 2008 se décompose en quatre points principaux détaillés ci-dessous. IRCAM 89

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ 1.4.3.6.1. Collecte du corpus local et global et négociation avec des distributeurs de musiques afin d obtenir des droits scientifiques L étape de constitution du corpus a conduit à la création et à la définition de sept sous-corpus, parmi lesquels sont choisis les titres annotés. le premier corpus, intitulé corpus AMG, est axé sur la diversité stylistique (2670 titres) ; le second corpus, intitulé corpus Papadopoulos, est également axé sur la diversité stylistique, mais a été plus ciblé (500 titres) ; le troisième corpus, intitulé corpus Beatles, se compose de 10 albums des Beatles (165 titres) ; le quatrième corpus, intitulé corpus «critères», comprend la musique ayant servi à l'établissement des critères (1200 titres) ; le cinquième corpus, intitulé corpus «meilleures ventes», recense les meilleures ventes d'albums des 40 dernières années au niveau mondial (750 titres) ; le sixième corpus, intitulé corpus Billboard, recense les meilleures ventes américaines de single pour 2007 et 2008 (50 titres) ; le septième corpus, intitulé corpus «best of», recense les meilleures ventes de single des 40 dernières années au niveau mondial (1000 titres). 1.4.3.6.2. Développement de critères d annotations locales et globales La définition des critères se trouve être la première partie du travail. Au départ prévue comme assez simple, cette tâche prend finalement beaucoup de temps ; ceci vient du fait que les objets traditionnellement considérés comme définis (e.g. refrains, accords, «lead singer») sont en pratique des approximations peu adaptées à la réalité de la plupart des titres annotés. 1.4.3.6.3. Développement d un outil d annotation locale et globale et de format d échange de donnée QIMAL (Quaero Ircam Music Annotation Local) est un outil graphique d aide à l annotation musicale. Il est développé en Matlab MCR (accessible sous Windows, Mac OS X et Linux). L interface graphique permet la visualisation du contenu d un fichier audio sous forme de spectrogramme, chromagramme, notegramme, matrice de similarité (facilement extensible) ainsi que la visualisation d une fonction d onset au cours du temps. L annotation d un fichier est basée sur un système de segments typés. Ceci permet une annotation par plusieurs points de vue. La définition des types d annotations se fait dans un fichier XML chargé au lancement de l application. Ce fichier désigne les valeurs possibles pour chaque type, et si elles sont exclusives ou non exclusives. L annotation se fait par positionnement «à la volée» de marques ou par apposition/extension graphique de segments, à l aide de la souris. La valeur assignée à un segment est représentée graphiquement par sa hauteur sur une interface de type piano roll. Les différents types d annotation peuvent être superposés (utilisation de jeux de couleurs différentes et d un principe de transparence). Des fonctions avancées de positionnement de marques sont également incluses : propagation des marques de beat, de premier temps, lissage temporel du tempo à partir des marques, alignement sur les maxima locaux de la fonction onset, alignement des segments sur le beat, sur les onsets, copier et coller, etc. QIMA fournit également un retour audio sous la forme d un clic lorsque le pointeur croise une marque ou un segment. QIMA est actuellement utilisé pour l annotation en «beat type», en «lead type», en «structure type» et en «chordtype». Le format de sortie est de type XML. QIMA permet l import de fichier au format.lab, et l import simultané de plusieurs fichiers d annotation différents. QIMAG (Quaero Ircam Musical Annotation Global) est un ensemble de scripts permettant la création d interface d annotation globale en ligne. Il repose sur les langages SQL, PHP et utilise Flash pour la lecture. Il possède une partie gestion des annotateurs et une partie espace 90 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS d annotation propre à chaque annotateur. Un compte spécifique permet de gérer les assignations d annotation aux annotateurs et de contrôler l avancement de l annotation. 1.4.3.6.4. Annotation locale et globale L'annotation à proprement parler se divise en cinq parties : annotation locale, beat - annotation locale, structure annotation locale, accords annotation locale, lead singer annotation globale. En ce qui concerne l'annotation locale en beat, sont notés les premiers temps et la métrique, ce qui permet par la suite l'extrapolation de tous les temps. 250 annotations de ce type sont faites et corrigées, parmi 299 faites mais non corrigées. En ce qui concerne l'annotation locale en structure, elle est notée suivant une combinaison de 20 critères indépendants ou non. 250 annotations de ce type sont faites et corrigées, parmi 275 faites mais non corrigées. En ce qui concerne l'annotation locale en accords, sont notés des accords de 4 notes au maximum qui résument l'accompagnement du titre annoté si cela est applicable. 121 annotations de ce type sont faites, toutes en attente de correction. En ce qui concerne l'annotation locale en «lead», sont notés : le lead vocal, ses propriétés, la similarité mélodique du lead vocal, suivant une combinaison de 32 critères indépendants ou non. 27 annotations de ce type sont faites et corrigées, parmi 42 faites mais non corrigées. En ce qui concerne l'annotation globale, quatre catégories de critères ont été définies : harmonie, «lead vocal», rythme et instrumentation, pour un total de 49 critères, dont 8 optionnels. Participants : E. Deruty, JF Rousse, M. Rifault, G. Peeters. Collaborations internes : Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Télécom Paris-Tech, INRIA/Metiss, RWTH, EMI, WMI, DGA, IRIT. 1.4.3.6.5. Use Cases Dans le projet Quaero, l Ircam est responsable de l intégration des technologies de description et d indexation de la musique auprès des deux partenaires industriels Exalead et Orange. Ce travail comprend le développement proprement dit ainsi que l adaptation des programmes Ircam aux plateformes cibles (Linux, Mac OS X ou Windows), l adaptation des interfaces, l optimisation des performances et le suivi de l intégration chez l industriel. En 2008, l intégration de la technologie de génération de résumés audio, ircamsummary, a été faite chez Exalead. Participants : F. Cornu, L. Smith, G. Peeters. Collaborations internes : Participants du projet Quaero (CTC). Collaborations extérieures : Exalead, Orange. 1.4.3.7. Projet DISCO Le projet DISCO commencé en juillet 2008 a pour objectif l étude des structures d index optimales pour des recherches par similarité dans des très grandes bases de données. L Ircam est en charge dans ce projet de la description des médias audio : segmentation et recherche par similarité sur la base de fonds d Europarchive. Le travail de l Ircam dans ce projet doit commencer véritablement en janvier 2009. En 2008, le travail de l Ircam s est principalement centré sur les spécifications technologiques et l intégration de son travail avec celui du CNAM et de Dauphine (définition d une typologie commune des descripteurs). Une autre partie du travail a été consacrée à l adaptation du programme d extraction de descripteurs ircamdescriptor : portage sur Linux, paramétrage par défaut spécifique au projet et ajout d un format binaire «léger» de sortie. IRCAM 91

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ Participants : G. Peeters, F. Cornu. Collaborations internes : Participants du projet DISCO. Collaborations extérieures : CNAM, Paris Dauphine (Wisdom), European Web Archive, Réunion des Musées Nationaux (RMN). 1.4.3.8. Projet Sample Orchestrator Le système développé précédemment pour l'extraction de descripteurs et la classification d'échantillons sonores génériques a été étendu et amélioré. Le point d'intérêt principal pour le projet Sample Orchestrator était la classification d'effets sonores selon la matière de la source (critère causal) et selon la description onomatopéique des bruits. Les versions Matlab et C++ du module ircamdescriptor ont été étendues pour permettre une combinaison flexible des phases d'extraction des descripteurs à court terme et de modélisation temporelle. La sortie en format SDIF des deux versions a été formalisée et proposée à la communauté de recherche [Burred08a] comme un ensemble d'extensions SDIF pour stocker des descripteurs audio génériques. Le module de classification (ircamclassifier) a été étendu avec des machines à vecteurs de support (SVM). En particulier, en utilisant SVMs du type soft-margin avec un noyau gaussien (RBF), on a obtenu des taux de reconnaissance de 74,33 % avec une taxonomie causale à 7 classes, de 83,72 % avec une taxonomie causale à 5 classes, et de 72,21 % avec une taxonomie onomatopéique à 5 classes. Une autre tâche de classification était basée sur une description morphologique des profils dynamiques du signal. À cet effet, un arbre binaire a été entraîné et taillé de façon optimale en utilisant le coefficient d'inégalité de Gini comme critère de division, basé sur un ensemble simple de modèles temporels qui approximent par morceaux l'intensité sonore. Avec cette méthode, on a obtenu un taux de classification de 93,05 % avec une taxonomie de 5 classes morphologiques telles qu ascendant, descendant, stable, etc. Finalement, des expériences ont été réalisées concernant la visualisation et la similarité timbrale basée sur les classes dans l'espace des descripteurs, en utilisant l'analyse discriminante linéaire (LDA). Participants : J. J. Burred, C. E. Cella, G. Peeters. Collaborations internes : équipe Perception et design sonores, équipe Interactions musicales temps réel ; Collaborations extérieures : Participants du projet Sample Orchestrator (Univers Sons). 1.4.3.9. Caractérisation de la voix chantée Ce travail commencé dans le cadre d un stage de Master 2 Atiam et se poursuivant dans une thèse Edite porte sur la localisation et la caractérisation de la voix chantée dans un flux audio. Ce travail a débuté par un état de l art comparatif des méthodes existantes de détection de la voix chantée dans un morceau de musique. La méthode considérée comme la plus performante a été implémentée afin de servir de référence par la suite. Cette méthode, dite «aveugle» consiste à extraire des descripteurs audio (MFCC et SFM) utilisés pour apprendre deux classes de segments «chantés» et «non chantés» à l aide d algorithme statistique (GMM). Une nouvelle approche, s appuyant sur l analyse des modulations de fréquence et d amplitude des partiels extraits d un morceau de musique, a été proposée. Une étude statistique des caractéristiques (amplitude et fréquence) du vibrato et du tremolo propres à la voix chantée a permis de trouver les seuils discriminant un partiel de voix chantée d un partiel d un autre instrument de musique. La comparaison des résultats de cette méthode aux résultats trouvés par la méthode de référence a montré que les deux approches étaient aussi performantes l une que l autre. Ces résultats ont fait l objet d un article de conférence (ICASSP 09). Une approche, basée sur la fusion de décision, a été formulée afin de combiner ces approches orthogonales. 92 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Pour le moment, la fusion des approches n a pas permis d améliorer nettement les performances de segmentation. Un travail parallèle, toujours basé sur la détection des partiels vibrés de la voix, a été mené afin d extraire la voix d un morceau de musique. Participants : L. Régnier (thèse), G. Peeters. Collaboration interne : équipe Analyse et synthèse des sons. Collaboration extérieure : C. Chabot-Canet (université Lyon 2). 1.4.4. MODÉLISATION PHYSIQUE DE RÉSONATEURS : SIMULATION EN TEMPS-RÉEL ET PROBLÈMES INVERSES La modélisation physique a connu un développement important dans l équipe, notamment grâce à la composante UMR-CNRS, avec un chargé de recherche, trois doctorants, et le projet blanc ANR- Consonnes. Les travaux concernent l analyse-synthèse de phénomènes non linéaires, des débouchés vers des implémentations en temps réel, les méthodes d'inversion entrée/sortie de modèles d instruments et un projet «mécatronique» associant mécanique des instruments et commande électronique. 1.4.4.1. Ondes progressives dans les tubes à section variable Une thèse sur la modélisation physique des instruments à vent, qui a pour but la simulation numérique en temps réel, a débuté en octobre 2006, entre l'ircam-cnrs et le LTCI (Télécom Paris). La simulation numérique nécessite une étude de la stabilité du système simulé. Malheureusement, dans le cas particulier des tubes à courbures négatives (c'est-à-dire concaves), un problème d'instabilité n'a toujours pas pu être résolu. Ce problème est délicat puisque les singularités instables des fonctions de transfert mises en jeu ne sont pas de type «pôles», mais sont sur un ensemble indénombrable et continu de singularités, appelé coupure. Une étude mathématique nous a permis de comprendre ces coupures comme un entrelacement de pôles et de zéros qui se densifient quand un paramètre lié au profil du tube tend vers l'infini. Ce travail a été présenté lors d'une conférence [Mignot08a]. Dans le cas d'un modèle plus simple de réseau de cônes convergents, s'en approchant, nous avons pu prouver la stabilité du système. Cela n'avait pas été prouvé rigoureusement auparavant, et fut le sujet d'une conférence [Mignot08b]. Un programme informatique a été développé dans le cadre d'un stage ingénieur. Une partie de ce code, en Matlab, permet la construction virtuelle d'un instrument quelconque : construction du réseau d'éléments, approximations, discrétisation des filtres, etc. Une seconde partie, en C++, permet la simulation en temps réel du système. Participants : Th. Hélie, R. Mignot (thèse), P-D. Dekoninck (stage). Collaboration extérieure : D. Matignon (ISAE). 1.4.4.2. Simulation de la propagation non linéaire dans le modèle de poutre de Reissner L'équation d'équilibre de la poutre de Reissner a été établie dans l'algèbre de Lie se(3). Ce travail a permis d'obtenir une équation concise et de mettre les termes non linéaires sous forme quadratique, ce qui est bien adapté à l'application des séries de Volterra [Roze08a]. Des termes d'amortissement ont été ajoutés afin d'obtenir une synthèse sonore plus réaliste. L'équation des noyaux a été écrite pour ce système géométriquement exact. La réalisation de la structure de simulation, en cours, va permettre d'effectuer une synthèse sonore qui prend en compte les phénomènes tridimensionnels dans la vibration d'une corde ainsi que les couplages IRCAM 93

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ entre les degrés de liberté (trois translations et trois rotations de chaque section) dus aux nonlinéarités. Participants : D. Roze (thèse), T. Hélie. Collaboration interne : J. Bensoam (équipe Acoustique instrumentale). Collaborations extérieures : X. Merlhiot (CEA-LIST, Fontenay aux Roses), Projet blanc ANR-Consonnes. 1.4.4.3. Simulation de circuits électroniques non linéaires Des travaux ont été réalisés sur différents outils de simulation de circuits électroniques audio analogiques, en particulier les représentations d états, remaniées pour des systèmes fortement non linéaires. L étude utilise des algorithmes d intégration discrète et de résolution numérique d équations implicites. Un certain réalisme de simulation est rendu possible par le développement des modèles précis de composants électroniques spécifiques. Ces fonctionnalités sont optimisées pour une future implantation en temps réel de la simulation. Participants : I. Cohen (thèse), T. Hélie. Collaboration extérieure : G. Pille (Orosys, St Martin de Londres). 1.4.4.4. Convergence et erreur garantie pour systèmes faiblement non linéaires Les séries de Volterra sont un outil que nous utilisons beaucoup en synthèse depuis quelques années pour simuler des phénomènes faiblement non linéaires (cf. ci-dessous). Leur efficacité est reconnue dans la communauté scientifique, mais aucun résultat garantissant la convergence ou la bornitude de l'erreur due à une troncature (ce qui est toujours le cas en pratique) n'était encore prouvé. Des résultats sur les systèmes différentiels non linéaires quadratiques ont été publiés dans [Helie08b, Helie08d]. Depuis, ces résultats ont été étendus au cas de systèmes différentiels à non-linéarité polynomiale : des domaines de convergences et des erreurs de troncatures garantis, calculables et valides sur toute la durée de vie du système sont désormais connus. Cette extension aux systèmes non linéaires d'ordre supérieur à 2 n'a pas été directe : elle fait appel au théorème dit «d'analyse des singularités» et a nécessité le développement de preuves plus fines qu'auparavant. Ces travaux sont soumis pour publication en revue. Participant : T. Hélie. Collaboration extérieure : B. Laroche (Lab. des Signaux et Systèmes-université d'orsay). 1.4.4.5. Propagation non linéaire Ce phénomène apparaît dans de nombreux systèmes acoustiques ou vibratoires dès que les niveaux sont suffisamment forts. C'est un thème de recherche très actif : les résultats obtenus par les séries de Volterra dans le cas du tube droit (cuivrage des sons) ont été publiés dans [Helie08c] ; les résultats sur une corde en forte déformation simulée par les séries de Volterra ont été publiés dans [Helie08a] (cf. Thèse de D. Roze) ; les premiers résultats d'un algorithme de résolution rapide et exacte d'une classe d'ondes progressives amorties avec propagation non linéaire a été présenté au colloque de clôture du projet Consonnes avec C. Vergez (les travaux sur ce thème continuent). Participant : T. Hélie. Collaborations internes : D. Roze (Thèse), J. Bensoam. Collaborations extérieures : C. Vergez (LMA-CNRS, Marseille), Projet blanc ANR- Consonnes. 94 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS 1.4.4.6. Représentations intégrales pour phénomènes à mémoire longue et perte Les pertes visco-thermiques et la variation de section de tubes acoustiques ont un effet important, y compris du point de vue perceptif. Mais elles introduisent des opérateurs non triviaux et difficiles à simuler. Depuis quelques années, des résultats théoriques et méthodes d'approximation ont permis d'aboutir à des simulations efficaces permettant le temps réel pour la synthèse sonore. En plus des travaux menés dans le cadre de la thèse de R. Mignot (cf. cidessus), l'étude d'opérateurs d'amortissement dans les systèmes vibratoires en général et des extensions en représentation intégrales d'opérateurs dits en «séries de Caughey» sont en toujours cours d'étude avec D. Matignon. Ce travail permettra, à partir de toute équation des ondes conservatives, d'en construire une version amortie avec un modèle paramétrique d'amortissement, à la fois général et structuré, et à terme de faciliter son identification. Participant : T. Hélie. Collaborations extérieures : D. Matignon (ISAE Sup'Aero, Toulouse), Projet blanc ANR- Consonnes. 1.4.4.7. Problèmes inverses entrée/sortie Piloter un instrument à vent virtuel pour qu'il reproduise un son donné, autrement dit, inverser le système reste encore aujourd'hui un enjeu. Plusieurs techniques ont déjà été étudiées à l'ircam (approche mathématique et par apprentissage). Ce problème mal posé et difficile est toujours à l'étude. Les approches d'automatique et robotique reposant sur les fonctions de Lyapunov débutées en 2006 ont permis d'obtenir un observateur d'état à robustesse locale. Ces nouveaux résultats ont été présentés dans [Helie08e] et sont soumis pour une publication en revue. Participant : T. Hélie.. Collaborations extérieures : B. d'andréa-novel (École nationale supérieure des Mines de Paris), J.-M. Coron (UPMC, Labo. J.-L. Lions, IUF), Projet blanc ANR- Consonnes. 1.4.4.8. Robotisation de bouche artificielle pour cuivres Depuis octobre 2006, un projet mécatronique a été mis en place en partenariat entre l'école des Mines de Paris et l'ircam dans le cadre du projet blanc ANR-Consonnes. Le projet consiste à piloter les éléments asservissant les paramètres (masse, raideur, amortissement) des lèvres synthétiques (chambres en silicone) et du jeu (pression de bouche, appui de l'instrument sur les lèvres, enfoncement des pistons d'une trompette). La première version prototype du robot a été obtenue en juin 2007. Le robot a été reçu et installé dans les locaux de l'équipe acoustique instrumentale. Sa mise en fonction et les premières expériences menées en 2008 ont permis de faire de la caractérisation quasi-statique de paramètres mécaniques de lèvres artificielles (en particulier dans le cadre du stage Atiam de G. Parseihian). Par ailleurs, la mise au point d'un système de doigts mécaniques, et d'un dispositif de simulation d'attaques a été étudiée dans le cadre d'un projet mécatronique à l'école des Mines de Paris. Leur réalisation, les asservissements bas niveau et la commande dynamique du robot vont être poursuivis en 2009. Participant : T. Hélie. Collaborations internes : R. Caussé, V. Fréour, P. Chen, G. Parseihian (équipe Acoustique instrumentale). Collaborations extérieures : C. Vergez (LMA-CNRS Marseille), B. d'andréa-novel (ENSMP), J.P. Lamy (Prof. BTS, Lycée Diderot, Paris), P. Arbellot (Prof. BTS, Lycée Léonard de Vinci, Melun), Projet blanc ANR-Consonnes. IRCAM 95

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ 1.4.5. DÉVELOPPEMENTS Le développement de logiciels, qui représente une charge importante pour l équipe, fournit des outils aux musiciens et aux utilisateurs en général, Forum de l Ircam ou licences industrielles. Deux logiciels importants ont connu de nouvelles phases en 2008, SuperVP et AudioSculpt. SuperVP, dans ses différentes déclinaisons, rencontre beaucoup de succès auprès des compositeurs comme dans des licences industrielles. AudioSculpt, pour assurer sa pérennité et son développement à long terme a connu un remaniement très profond. Enfin plusieurs bibliothèques ont été finalisées et sont disponibles pour être intégrées dans les logiciels de l Ircam (AudioSculpt, Max/MSP, Open Music en particulier) : VoiceForger, ircamdescriptor, ircamclassifier et ircambeat. Ces bibliothèques sont également distribuées en licences industrielles. 1.4.5.1. SuperVP Grâce à une coopération étroite avec l'équipe IMTR la bibliothèque SuperVP, qui met en œuvre un vocodeur de phase étendu, est depuis 2007 disponible comme une suite d objets Max/MSP. Ces objets sont appréciés par les RIM (réalisateurs en informatique musicale) de l'ircam, et en conséquence, beaucoup de demandes concernant des fonctions étendues ou la réduction du temps de calcul ont été exprimées. Dans ce contexte, nous avons investi une quantité importante de ressources de développement afin d'améliorer la performance de la bibliothèque et aussi afin de mettre en oeuvre de nouveaux objets. Ces investissements ont été possibles parce que des demandes semblables ont été formulées dans le projet de recherche «Sample Orchestrator» dans lequel la bibliothèque SuperVP a été utilisée pour augmenter des applications du type «échantillonneur sonore». D'autres demandes du même genre venaient de contrats commerciaux en forme de plusieurs licences pour la bibliothèque SuperVP concernant soit la transformation des voix temps réel ou une application pour la réduction de l'accompagnement lors des enregistrements. Pour améliorer la performance de traitement nous avons : étendu le support pour les opérations SIMD en ajoutant une version SIMD pour la fonction atan2 ; amélioré la polyvalence de la transposition du signal dans le domaine fréquentiel (voir la section : transformation des sons) ; Les nouvelles fonctionnalités qui ont été ajoutées à la bibliothèque sont : la préservation et le remixage des transitoires pour le mode traitement avec préservation de la forme d'onde ; le mode duplication en temps ; le remixage des composantes sinusoïdales utilisant un modèle sinusoïdal non-stationnaire ; la possibilité de travailler avec une taille de fenêtre d'analyse variable pour tous les traitements ; la possibilité de diviser le module d'analyse en deux sous module qui permet de faire plusieurs analyses en parallèle à partir d'un seul calcul de FFT. De nouvelles interfaces, basées sur les extensions notées ci-dessus, ont été créées pour le traitement en temps réel : analyse multi modulaire et resynthèse ; synthèse croisée source/filtre avec modification et mélange des enveloppes temporelles et spectrales ; synthèse croisée généralisée avec mélange des transitoires ; filtrage adaptatif pour la réduction d accompagnement. Participants : F. Cornu, A. Roebel. Collaborations internes : N. Schnell, R. Borghesi (équipe Interactions musicales temps réel). 96 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS Collaborations extérieures : Voxler, MakeMusic. 1.4.5.2. SuperVP - TRaX Les nouveaux modules Max/MSP de SuperVP qui peuvent être utilisés pour le traitement audio en temps réel et notamment les transformations des voix (transformation du genre et changements d'âge) ont montré que des transformations sonores de très haute qualité peuvent être réalisées en temps réel. Les possibilités de contrôle de haut niveau qui sont le résultat de la recherche des projets Vivos et Affectif Avatars sont particulièrement intéressantes pour les utilisateurs ayant moins de connaissances techniques et issues plutôt d'un environnement artistique/musical. Afin de pouvoir diffuser la technologie aux utilisateurs intéressés, notamment les utilisateurs du Forum Ircam, nous avons commencé à travailler sur une nouvelle application qui fournirait une interface graphique simple et intuitive pour les transformations temps réel qui sont disponibles dans SuperVP. Le but principal pour cette application était de garder les paramètres utilisateurs, pour les transformations, aussi simples que possible. Nous avons essayé de choisir les paramètres de manière automatique à partir d'une caractérisation intuitive (homme/femme adulte/enfant) de la source. Les travaux sur cette nouvelle interface ont commencé déjà en fin 2007. Une première version de l'application SuperVP-TRaX (TRansposition And Cross-Synthesis) a été livrée aux utilisateurs du Forum Ircam à l été 2008. Participants : S. Mitchell (stage), M. Sweeton (stage), S. Farner, A. Roebel. Collaboration interne : N. Schnell (équipe Interactions musicales temps réel). 1.4.5.3. Logiciel AudioSculpt En 2008, le développement d AudioSculpt a consisté en la stabilisation et le perfectionnement de la version 2.9, mais surtout des travaux fondamentaux sur la prochaine version, AudioSculpt 3. L interface a été entièrement remodelée de façon indépendante de la plateforme, et des implémentations en Cocoa (pour MacOSX) et Qt (expérimentale, destinée à Linux et Windows) sont réalisées. Cette modernisation profonde non seulement garantit la pérennité d AudioSculpt pour les prochaines années, mais facilite aussi considérablement l ajout des nouvelles fonctionnalités, comme des algorithmes d extraction de descripteurs de son et le développement des interfaces spécialisées pour des utilisations spécifiques. Parmi les nouveautés, sont à noter : Transposition Mélodique ; Édition des courbes de Bpf sur le sonagramme ; Exportation des sonagrammes sous forme de vidéo ; Participants : N. Bogaards, A. Roebel, Hélori Lanos (stage). Collaboration extérieure : A. Lithaud (Beta testeur). 1.4.5.4. Bibliothèque Voice Forger Une première version de la bibliothèque Voice Forger a été développée dans le cadre du projet Affective Avatars. C est un portage d une bibliothèque Matlab de transformation de type et nature de la voix (cf. ce paragraphe), en C++ et en temps réel qui sera disponible pour toutes les plateformes. Participant : S. Farner.. Collaborations internes : N. Bogaards, A. Roebel. IRCAM 97

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ 1.4.5.5. Logiciels ircamdescriptor, ircamclassifier et ircambeat Les logiciels ircamdescriptor et ircamclassifier (voir projet Sample Orchestrator) effectuent l'extraction de descripteurs et la classification d'échantillons sonores et sont portés en C++. La librairie ircamdescriptor a été réécrite en utilisant des techniques de méta programmation, policy-based design et vérification des dépendances à la compilation. Ceci permet l'emploi et la création plus sûre et plus efficace des nouveaux descripteurs. Ces logiciels et bibliothèques sont désormais disponibles à l Ircam. La bibliothèque ircambeat effectue l extraction d'information rythmique (battement et métrique musicale, Cf. paragraphe «Estimation du tempo...») d un signal musical. Cette bibliothèque a été développée en C++ dans le cadre du projet Sample Orchestrator et est disponible à l Ircam. Elle a été demandée en licence par divers industriels. Participant : C. Cella. Collaborations internes : J.J. Burred, N. Bogaards, A. Roebel. 1.4.5.6. Bibliothèque MatMTL MatMTL est une bibliothèque C++ qui a été conçue pour simplifier la mise en oeuvre de fonctions Matlab en C++. Le concept clef de cette bibliothèque est l'utilisation d'expressions génériques. Ceux-ci nous permettent d'écrire des expressions matricielles et vectorielles exactement comme dans Matlab. Les expressions génériques permettent en plus de construire des expressions complètes avant l'évaluation et évitent alors autant que possible la création de résultats provisoires. En 2008, nous avons significativement amélioré la couverture des fonctions Matlab dans MatMTL au moyen de : la mise en oeuvre des fonctions Matlab : fprintf, sprintf, disp, rand, randn, Lu, qr, mldivide, mrdivide, polyfit, polyval, fir1, firls, longueur ; la mise en oeuvre de fonctions Matlab en forme d'expressions : ones, repmat, zeros, make_row, make_column, horzcat, vertcat, alltrue, any, eye ; la mise en oeuvre du support pour les chaînes de caractères dans les vecteurs et matrices et les fonctions de chaînes des caractères liées : ischar, strcmp, strcmpi, strfind, findstr ; la mise en oeuvre d un support complet d'expressions booléennes et d'une fonction «find» compatible Matlab ; le support complet pour les arguments optionnels ; la mise en oeuvre du support des «slices» et «ranges» avec types «float» ou «double» dans toutes les expressions ; l utilisation transparente d'opérations SIMD dans des expressions arithmétiques aussi bien que pour les opérations : sum, mean, les fonctions trigonométriques et d'autres fonctions mathématiques pour les types float et double (en partie) ; la réorganisation étendue des outils pour la programmation générique ; le support complet pour les sous-matrices. Participants : F. Cornu, A. Roebel. 1.4.5.7. Traducteur Mat2MTL En raison des ressemblances très fortes entre MatMTL et la syntaxe Matlab, la plupart des fonctions décrites pour Matlab peuvent être traduites presque directement en C++. Nous avons alors commencé à travailler sur un traducteur Matlab en C++. Ce traducteur est nommé Mat2MTL. Pour la version initiale, nous avions prévu de supporter seulement les types numériques (les matrices et les scalaires) dans les variantes réelles et complexes. Le problème principal qui a dû être résolu est la traduction du système de typage dynamique de Matlab dans le système de typage statique du langage C++. La solution qui a été adoptée est 98 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS basée sur l'utilisation des variables dynamiques pour simuler le système de typage dynamique de Matlab en C++. Un petit nombre d'extensions a dû être ajouté à MatMTL pour simplifier l'écriture de plusieurs constructions Matlab en C++. Nous notons l'adaptateur d'index AsFI qui sert pour transformer le type des variables qui sont utilisées comme des index dans des index de style Fortran (premier élément à la position 1), le MSAdaptor qui permet d'utiliser des conteneurs MatMTL comme des scalaires dans des expressions. La méthode exref qui sert pour agrandir un conteneur pendant une assignation. Le compilateur a été mis en œuvre en utilisant le langage Python. Participants : B. Pratz (stage), A. Roebel. Collaboration interne : F. Cornu. 1.4.5.8. Bibliothèque EaSDIF La bibliothèque Easdif est une interface C++ à la bibliothèque SDIF qui permet l'accès de haut niveau aux fichiers de données SDIF. Les deux bibliothèques SDIF et EaSDIF sont publiées sous LGPL et, depuis 2007, les deux bibliothèques sont hébergées sur sourceforge http://sdif.wiki.sourceforge.net/. Depuis le déplacement des sources sur sourceforge nous observant un intérêt constant et des téléchargements réguliers de l ordre de 40-100 téléchargements par mois. L'activité en 2008 a consisté principalement en de la maintenance de code. À part ces travaux, nous avons mis en œuvre une nouvelle interface «mex» qui remplace et étend l interface existant par des fonctions plus structurées. Avec les nouvelles fonctions, les informations contenues dans les fichiers sont accessibles dans Matlab. En plus, nous avons inclus le support pour la génération de fichiers «mex» d Octave. Avec les interfaces SWIG pour Python, Perl et Java qui ont fait partie de la bibliothèque Easdif depuis la version 1.3, Easdif fournit maintenant des interfaces pour la plupart des langages de programmation. En partie grâce à l'utilisation étendue de fichiers SDIF dans le projet «Sample Orchestrateur», une proposition d'extension des types des trames et matrices SDIF a été faite [Burred08a]. Ces extensions s attachent à normaliser le stockage et/ou la transmission de descripteurs audio généraux dans le format SDIF. Participant : A. Roebel. Collaborations internes : D. Schwarz (équipe Interactions musicales temps réel), J.J. Burred, C. Cella, G. Peeters. 1.4.6. PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS Articles parus dans un ouvrage ou journal [Beller08b] Beller, G., «Semi-Parametric Synthesis of Speaker-Like Laughter», Phonetica, 2008 [Beller08d] Beller, G., Veaux, C., Degottex, G., Obin, N., Lanchantin, P., Rodet, X., «Ircam Corpus Tools: Système de Gestion de Corpus de Parole», TAL, à paraître en 2009 [Beller08e] Beller, G., «Transformation of Expressivity in Speech», The Role of Prosody in the Expression of Emotions in English and in French, ed. Peter Lang. (Peter Lang), 2008 [Helie08a] Hélie, T., Roze, D., «Sound synthesis of a nonlinear string using Volterra series», Journal of Sound and Vibration, Mars 2008, vol. 314, pp. 275-306 [Helie08b] Hélie, T., Laroche, B., «On the convergence of Volterra series of finite dimensional quadratic MIMO systems», International Journal of Control, special issue in Honor of Michel Fliess 60 th-birthday, Mars 2008, vol. 81, n 3, pp. 358-370 [Roebel08a] Roebel, A., «Frequency- Slope Estimation and Its Application to Parameter Estimation for Non-Stationary Sinusoids», Computer Music Journal, 2008, vol. 32, n 2, pp. 68-79 [Zivanovic08a] Zivanovic, M., Roebel, A., Rodet, X., «Adaptive Threshold Determination for Spectral Peak Classification», Computer Music Journal, 2008, vol. 32, n 2, pp. 57-67 IRCAM 99

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ Articles parus dans une conférence [Beller08a] Beller, G., Obin, N., Rodet, X., «Articulation Degree as a Prosodic Dimension of Expressive Speech», Speech Prosody 2008, campinas, 2008 [Beller08c] Beller, G., Veaux, C., Rodet, X., «IrcamCorpusExpressivity: Nonverbal Words and Restructurings», LREC workshop on emotions, 2008 [Bianco08a] Bianco, E., Degottex, G., Rodet, X., «Mécanismes vibratoires ou registres?», Congrès de la société française de phoniatrie, Paris, 2008 [Bloit08a] Bloit, J., Rodet, X., «Short-time Viterbi for online HMM decoding : evaluation on a real-time phone recognition task», ICASSP, Las Vegas, 2008 [Bogaards08a] Bogaards, N., «Sound Editing on the Sonogram», ICAD, Paris, 2008 [Bogaards08b] Bogaards, N., Yeh, C., Burred, J.J., «Introducing ASAnnotation: a tool for Sound Analysis and Annotation», ICMC, Belfast, 2008 [Burred08a] Burred, J., Cella, C., Peeters, G., Roebel, A., Schwarz, D., «Using the SDIF Sound Description Interchange Format for Audio Features», International Conference on Music Information Retrieval (ISMIR), 2008 [Chang08a] Chang, W.C., Su, A., Yeh,., Roebel, A., Rodet, X., «Multiple-F0 tracking based on a high-order HMM model», Digital Audio Effects (DAFx-08), Espoo, 2008 [Degottex08a] Degottex, G., Bianco, E., Rodet, X., «Usual to particular phonatory situations studied with high-speed videoendoscopy», International Conference on Voice Physiology and Biomechanics, Tampere, 2008, pp. 19-26 [Farner08b] Farner, S., Veaux, C., Beller, G., Rodet, X., Ach, L., «Voice transformation and speech synthesis for video games», Paris Game Developers Conference, Paris, 2008 [Helie08c] Hélie, T., Smet, V., «Simulation of the weakly nonlinear propagation in a straight pipe: application to a real-time brassy audio effect», Mediterranean Conference on Control and Automation, vol. 16, Ajaccio, Corsica, France, 2008, pp. 1580-1585 [Helie08d] Hélie, T., Laroche, B., «Convergence radius and guaranteed error bound for the Volterra series expansion of finite dimensional quadratic systems», Mediterranean Conference on Control and Automation, vol. 16, Ajaccio, Corsica, France, 2008, pp. 741-746 [Helie08e] Hélie, T., d'andréa-novel, B., Coron, J.M., «Inverse problem: recovering the full-state of a simplified model of a trumpet-like instrument from the radiated pressure», Acoustics'08, Paris, 2008 [Lanchantin08a] Lanchantin, P., Morris, A., Rodet, X., Veaux, C., «Automatic Phoneme Segmentation With Relaxed Textual Constraints», Language Resources and Evaluation Conference (LREC2008), vol. ND, Marrakech, 2008 [Mignot08a] Mignot, R., Hélie, T., Matignon, D., «On the appearance of branch cuts for fractional systems as a mathematical limiting process based on physical grounds», Fractional Differentiation and its Applications, vol. 3, Ankara, 2008 [Mignot08b] Mignot, R., Hélie, T., Matignon, D., «Stable Realization of a Delay System Modeling a Convergent Acoustic Cone», Mediterranean Conference on Control and Automation, vol. 16, Ajaccio, 2008, pp. 1574-1579 [Obin08a] Obin, N., Rodet, X., Lacheret-Dujour, A., «French Prominence: A Probabilistic Framework», 33rd International Conference on Acoustics, Speech, and Signal Processing (ICASSP), Las Vegas, 2008 [Obin08b] Obin, N., Goldman, J.P., Avanzi, M., Lacheret-Dujour, A., «Comparaison de trois outils de détection automatique de proéminences en français parlé», Journées d'étude de la parole, Avignon, 2008 [Obin08c] Obin, N., Rodet, X., Lacheret-Dujour, A., «Un modèle de durée des syllabes fondé sur les propriétés syllabiques intrinsèques et les variations locales de débit», Journées d'étude de la parole, Avignon, 2008 [Obin08d] Obin, N., Lacheret, A., Veaux, C., Rodet, X., Simon, A.C., «A Method for Automatic and Dynamic Estimation of Discourse Genre Typology with Prosodic Features», Interspeech, Septembre 2008 [Papadoupoulos08a] Papadoupoulos, H., Peeters, G., «Simultaneous estimation of chord progression and downbeats from an audio file», ICASSP, Las-Vegas, 2008 [Papadoupoulos 08b] Papadoupoulos, H., Peeters, G., «Chord Estimation Using Chord Templates and HMM», Extended Abstract MIREX08, Philadelphie, 2008 [Peeters08a] Peeters, G., Fenech, D., Rodet, X., «MCIpa: A Music Content Information Player and Annotator for Discovering Music», ISMIR, Philadelphie, 2008 [Peeters08b] Peeters, G., Deruty, E., «Automatic morphological description of sounds», Acoustics 08, Paris, 2008 [Peeters08d] Peeters, G., «A Generic Training and Classification System for MIREX08 Classification Tasks: Audio Music Mood, Audio Genre, Audio Artist and Audio Tag», Extended Abstract MIREX08, Philadelphie, 2008 [Tardieu08b] Tardieu, D., Carpentier, G., Peeters, G., «Instrument sound description and modelisation in the context of computer aided orchestration», Acoustics 08, 2008 [Veaux08a] Veaux, C., Beller, G., Rodet, X., «IrcamCorpusTools: an extensible platform for speech corpora exploitation», LREC, Marrakech, 2008 [Villavicencio08a] Villavicencio, F., Röbel, A., Rodet, X., «Extending efficient spectral envelope modeling to melfrequency based representation», ICASSP, Las Vegas, 2008 [Yeh08b] Yeh, C., Roebel, A., Chang, W.C., «Mutiple-F0 Estimation for MIREX 2008», 9th International Conference on Music Information Retrieval (ISMIR'08), 2008 Présentations dans des conférences [Obin08e] Obin, N., «Dimensions musicales de la voix parlée : expression (material and forms) in speech and music», Expressivité dans la musique et la parole, Paris, 2008 100 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS [Degottex08c] Degottex, G., Bianco, E., Rodet, X., «Estimation of glottal area with high-speed videoendoscopy», Speech production workshop : instrumentation-based approach, Paris, 2008 Séminaires Burred, J.J. (2008). «Musical Source Separation: Principles and State of the Art», Int. Workshop on Learning the Semantics of Audio Signals (LSAS), Paris, Juin 2008. [Degottex08b] Degottex, G., Bianco, E., Rodet, X., «Mesure de la source glottique par Vidéoendoscopie à haute vitesse», Séminaire Recherche-Technologie - Ircam, Paris, 2008 [Farner08a] Farner, S., «Perceptual evaluation of transformation of voice sex and age», 2008 [Helie08f] Hélie, T., «Tutoriel "séries de Volterra" et applications», Journée Non-Linéarité et instruments de musique - GSAM-SFA, Paris, France, 2008 Thèses et rapports [Burred08b] Burred, J.J., Cella, C.E., «Sample Orchestrator, SP2/AS Second Internal Report», Rapport de recherche, Ircam, Février 2008. [Maller08a] Maller, S., «Transformation des sons musicaux avec préservation des articulations musicales», Ecole Nationale Supérieure d'electronique et de Radioélectricité de Grenoble, 2008, [Projet 3-ieme année, Option TST - Signal/image] [Regnier08a] Régnier, L., «Détection de la voix chantée dans un morceau de musique», Paris VI, 2008. [Rapport de stage de Master 2] [Yeh08a] Yeh, C., «L'Estimation de de Fréquences Fondamentales Multiples dans des Signaux Polyphoniques», Thèse del University Paris 6, 2008 Tardieu, D., Modèles d'instrument pour l'aide à l'orchestration, Thèse de l University Paris 6, Décembre 2008, Ircam Quaero Internal Deliverables CTC/Corpus: QPR01, QPR02, QPR03, QPR04 Quaero Contractual Deliverables CTC/Corpus/Evaluation: CD.CORP.6.7, CD.CORP.6.8, CD.CORP.6.9, CD.CTC.6.1, ID.CTC.12.R6.2, ID.CTC.12.R6.3, ID.CTC.12.R6.4, ID.CTC.12.R6.5 Références externes ou antérieures [Cheveigne/Kawahara:02] A. Cheveigne, H. Kawahara, YIN, a fundamental frequency estimator for speech and music, Journal of the Acoustical Society of America, 111:4, pp. 1917-1930, 2002. [Laroche/Dolson:99] J. Laroche, M. Dolson; New phase-vocoder techniques for real-time pitch shifting, chorusing, harmonizing, and other exotic audio modifications, Journal Audio Engineering Society, vol 47:11, pp. 928-936, 1999. [Rodet/Depalle:92] X. Rodet and P. Depalle, Spectral Envelopes and Inverse FFT Synthesis, AES 1992. Travaux pour les compositeurs Beller, G, Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) des projets : Francesconi, Lenot et Cendo Présentation des travaux de l équipe sur la voix à Ludovic Lagarde et Olivier Cadiot le mardi 25 novembre 2008 Présentation des travaux de l équipe sur la voix à Georges Aperghis le 8 Décembre 2008 Travaux pour le compositeur Stefano Gervasoni pour sa pièce «Com que voz» Travaux pour le compositeur Hector Parra pour une création Ircam Conférences invitées Burred, J.J. (2008). «Supervised Musical Source Separation from Mono and Stereo Mixtures based on Sinusoidal Modeling», Séminaire Ircam / Music Technology Group, UPF, Barcelona / TELECOM ParisTech. X. Rodet, Conférence au Collège de France, 20 octobre 2008, Colloque de rentrée : «Analyse, transformation et synthèse de la voix» A. Roebel, "On sinusoidal modeling of nonstationary signals". Acoustics 08, Paris, 2008. Cours Beller, G., ATER de l université Paris Est-Marne La Vallée Peeters, G. (2008). Cours/ TP Atiam: Indexation Audio. Paris, France. Peeters, G., (2008). Cours Cursus Ircam: Indexation audio. Ircam, Paris, France. Régnier, L., (2008). Monitorat Paris VI. Hélie, T. (2008). Cours d'introduction Atiam: Séries de Volterra. université Paris 6, France. Hélie, T. (2008). TP d'acoustique-musique-informatique-scilab: Vocoder LPC. Ecole des Mines, Paris, France. Hélie, T. (2008). Petites classes d'électronique. Ecole des Mines, Paris, France. Hélie, T. (2008). Etude d'approfondissement en Acoustique. Ecole Polytechnique, Palaiseau, France. Jurys de thèse Peeters (2008) Examinateur pour la thèse Tardieu, D. (2008). Modèles d'instrument pour l'aide à l'orchestration. Paris, université Paris VI. IRCAM 101

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SONS RAPPORT DÉTAILLÉ Organisation de colloques Beller, G., Obin, N., Organisation du cycle de conférences EMUS : Expressivity in MUsic and Speech [Burred, Peeters 2008] Co-organisation de la conférence LSAS08, Paris, France Communication à la presse, à la radio et grand public [Helie08g] Hélie, T., Vergez, C., «Des instruments de musique virtuels», Pour la science, Novembre 2008, n 373, pp. 70-77 [Peeters08c] Peeters, G., «Indexer la musique», Pour la science, Octobre 2008, n 373 Peeters, G. (2008). Analyse d'audio et de musique. Microsoft TechDays 2008, Paris, France. Peeters, G. (2008). Indexation et accès au contenu musical. Net Plus Ultra (Dominique Desaunay). Radio France International (RFI). Visite de journalistes à l Ircam, 18 janvier 2008 : présentation des avancées et des recherches actuelles autour de la voix, par X. Rodet Journal du CNRS, Mars 08, Les murs du son, interview de X.Rodet Visite de David Kessler, directeur de France Culture, à l Ircam, mercredi 19 mars : présentation de travaux sur la voix (X. Rodet) Visite de journalistes (Libération, etc.) à l Ircam, 20 Mars 2008, Travaux sur la voix par X. Rodet Visite de journalistes à l Ircam, 18 avril, présentation des recherches actuelles sur de la voix, par X. Rodet Interview de X. Rodet pour un article dans le Nouvel Observateur par Jacques Drillon : «Nouvelles voies pour la voix», Mai 2008 Participation de X. Rodet à l émission "Esprit Critique" sur France Inter l 3 Juin 2008 Interview de X. Rodet par Clément Galiay le 3 Juillet 2008 Intervention de X. Rodet pour une conférence de presse à l Ircam le mercredi 7 mai Interview de X. Rodet pour Science et Vie Junior, Hors série sur les 100 inventions que le monde attend, l imitaphone. 102 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES 1.5. REPRÉSENTATIONS MUSICALES Responsable : Gérard Assayag L'équipe Représentations musicales est spécialisée dans l étude des représentations symboliques de structures musicales et leurs applications en composition assistée par ordinateur (CAO) et en musicologie computationnelle (théories et analyse musicales à support informatique). Ce travail se fonde notamment sur une activité de recherche et de développement dans le domaine des langages et paradigmes informatiques adaptés à la musique. La réflexion sur les représentations de haut niveau des concepts et structures musicales, appuyée sur les langages informatiques originaux développés par l équipe, débouche sur l implémentation de modèles généraux, de prototypes, de logiciels qui peuvent se tourner vers la création comme vers l analyse. Sur le versant création, on a constaté, depuis que les logiciels de l équipe ont pu être diffusés par le Forum de l Ircam vers une communauté importante de musiciens, des formes de pensée originales liées à cette caractéristique particulière des supports informatiques qu ils peuvent représenter (et exécuter) la partition finale, mais aussi ses divers niveaux d élaboration formelle et ses éventuels générateurs algorithmiques, les œuvres ainsi élaborées contenant pour une part leur propre analyse structurelle. Sur le versant musicologique, les outils de représentations et de modélisation permettent une approche véritablement expérimentale qui dynamise de manière significative la discipline. Ainsi des hypothèses peuvent être testées et validées qui, sans cette puissance de calcul symbolique et combinatoire, relèveraient simplement de la croyance. Des approches nouvelles de l analyse musicale, informées des grands mouvements de pensée du XXe siècle (mathématiques musicales, musicologie cognitive, grammaires musicales) sont ainsi mises en place en collaboration avec des musicologues et des analystes. L activité de l équipe est structurée selon deux axes thématiques : le premier est constitué par le couple création/analyse qui vient d être évoqué ; le second par un couple de modèles informatiques/modèles musicaux. Les modèles informatiques, dotés d une certaine généricité, visent l élaboration de langages (langages visuels, langages multiparadigmes incluant les aspects fonctionnels, objet et logiques) et d architectures (architectures à composants, environnements mixtes de programmation et d édition visuelle de données). Les modèles musicaux, appuyés sur les environnements informatiques de l équipe, visent à définir des représentations et des algorithmes susceptibles de capturer des aspects importants du phénomène musical (e.g. harmonie, rythme, opposition des unités discrètes et des processus continus) ou de la connaissance musicale (e.g. apprentissage implicite, théories formalisées de la musique, induction de l écoute). Plus récemment, des thématiques cohérentes avec les grands axes de recherche et de création de l Ircam se sont installées autour de projets concrets (dialectique signal/symbolique, avec l aide à l orchestration et le contrôle de la synthèse, l écriture du temps et de l interaction, avec l introduction de nouveaux paradigmes de partitions dynamiques). 1.5.1. MUSICOLOGIES COMPUTATIONNELLES, FORMALISATION 1.5.1.1. Modélisation Informatique des Structures Algébriques en musique et musicologie (MISA) : aspects théoriques et retombées cognitives L année 2008 a vu d un coté se prolonger les recherches théoriques sur la modélisation informatique des structures algébriques, en particulier autour des théories transformationnelles et diatoniques, mais elle a également marqué le début des premières IRCAM 103

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ réflexions sur les retombées cognitives de l approche algébrique en musique. En ce qui concerne les aspects théoriques, nous avons approfondi l étude de la transformée de Fourier discrète (DFT) dans la classification des structures musicales grâce au stage d Atiam de Julien Junod (sous la direction de Moreno Andreatta). Son mémoire, intitulé «Étude combinatoire et informatique du caractère diatonique des échelles à sept notes», aborde trois aspects de l étude des échelles à sept notes et de leurs modes dans un total chromatique de douze notes. Tout d abord la taille d un catalogue est calculée à l aide du lemme de Burnside et du théorème de Polya, en tenant compte des équivalences par action des groupes cyclique, dihédral et affine. Après avoir passé en revue des notions telles la Z-relation, la relation par permutation de la structure intervallique (Estrada) ainsi que par permutation du contenu intervallique (une variante introduite pour la première fois en théorie de la musique dans ce travail), le mémoire se concentre sur la formalisation mathématique de la représentation graphique du catalogue introduite par le théoricien Pierre Audétat et appelée «cloche diatonique». Chaque échelle est comparée à l échelle diatonique au moyen de la modélisation traditionnelle du monde chromatique par un groupe cyclique, et du monde diatonique par une hélice des quintes, en faisant correspondre à chaque note sa distance en quintes par rapport au ré, qui occupe une position centrale dans le cycle des quintes. Finalement, les propriétés géométriques des différentes échelles sont comparées à l aide de leur DFT. Nous avons également approfondi l étude de la DFT dans le domaine rythmique, en particulier autour de la notion de pavage. Des nouvelles collaborations avec des mathématiciens travaillant dans le domaine de l analyse fonctionnelle et de la géométrie computationnelle ont permis d obtenir des algorithmes nouveaux pour la construction des canons rythmiques mosaïques. Ces résultats font l objet d un numéro spécial du Journal of Mathematics and Music (Guest Editors : Moreno Andreatta & Carlos Agon), actuellement en préparation et à paraître en mai 2009. En ce qui concerne les retombées cognitives, ces réflexions s inscrivent dans les activités du groupe de travail «Mathématiques/Musique & Cognition» qui a obtenu le soutien financier de l AFIM (Association Française d Informatique Musicale) pour l année 2007-2008. Si le but ultime de ce projet est de renouer le dialogue entre «musicologie computationnelle» et «musicologie cognitive» à partir des enjeux théoriques posés par la recherche «mathémusicale» et du rôle central joué par l informatique dans le processus de modélisation, nous avons choisi de concentrer notre réflexion sur deux paradigmes analytiques majeurs en musicologie computationnelle : la théorie générative de la musique tonal de Fred Lerdahl et Ray Jackendoff (et ses possibles extensions dans le domaine de l atonalité) et les approches «set-théoriques» (en particulier en ce qui concerne les théories diatoniques). Nous avons profité du 25 e anniversaire de la publication de l ouvrage de référence pour la théorie générative appliquée à la musique (Generative Theory of Tonal Music) pour organiser un Symposium dans lequel nous avons abordé la question de l applicabilité de ce paradigme dans le cas de la musique atonale et nous avons discuté le caractère computationnel de ce paradigme théorique. Les actes du Symposium sont en cours de publication dans un numéro spécial de la revue Musicae Scientiae, sous la direction d Irène Deliège et Moreno Andreatta. En ce qui concerne les approches «set-théoriques» nous nous sommes limités au cas des théories diatoniques, car il s agit d une approche où les liens entre psychologie expérimentale et musicologie computationnelle sont les plus naturels. Nous avons organisé une journée d étude sur les aspects mathématiques et cognitives des théories diatoniques, avec la participation d Eytan Agmon, Emmanuel Amiot, Thomas Noll & Julien Junod (Cf. liste séances du séminaire MaMuX). La journée d étude a été saluée par Eytan Agmon (Dept. of Music, Bar-Ilan University, Israel), l un des spécialistes des théories diatoniques, comme le premier événement spécifiquement consacré à établir des liens entre musicologie cognitive et musicologie computationnelle. La journée a posé également la question des retombées cognitives et perceptives d autres approches «set-théoriques» tels les réseaux de Klumpenhouwer et, plus généralement, les approches basées sur la théorie des catégories. Cet 104 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES aspect n a pas pu être traité au cours de l année 2008 et il a donc fait objet d une extension du projet «Mathématiques/Musique et Cognition» en 2009. Le projet MISA s inscrit également à l intérieur d un contexte d actions pédagogiques grâce auxquelles les recherches autour des liens entre mathématique et musique ont acquis, depuis quelques années, une véritable place institutionnelle. Parmi les activités d enseignements des participants à ce projet on peut citer les cours : «Modèles Mathématiques pour l Informatique Musicale» (par Marc Chemillier et Moreno Andreatta, formation Atiam) ; Méthodes Mathématiques pour la composition musicale (par Carlos Agon et Moreno Andreatta, dans le cadre du Master ENST de Brest) ; Méthodes mathématiques pour l'informatique musicale (par Moreno Andreatta, Carlos Agon, dans le cadre du Master I.C.A., spécialité Art, Sciences, Technologies, Grenoble) ; Modelos Algebraicos aplicados a la musica (par Carlos Agon, Jean Bresson et Moreno Andreatta, dans le cadre du Master d informatique de l université d Alicante, Espagne). L année 2008 a également marqué l ouverture en Italie du premier cours de mathématiques entièrement consacré aux rapports «mathématiques/musique» (par Moreno Andreatta, en collaboration avec Fabrizio Broglia et Carlos Agon). Une dimension pédagogique importante du projet MISA consiste à créer un contexte approprié pour la publication d ouvrages sur les rapports entre mathématiques et musique. En 2008, deux ouvrages ont été ainsi publiés dans la collection «Musique/Sciences» (dirigée par Jean-Michel Bardez et Moreno Andreatta), coéditée par l Ircam et les Editions Delatour France et deux ouvrages sont actuellement en préparation. Une nouvelle collection, «Computational Music Science», a été créée en 2008 chez Springer et elle est dirigée par Guerino Mazzola et Moreno Andreatta. Participants : M. Andreatta, C. Agon, Y. Ahn (thèse), J. Bresson. Collaborations internes : équipe Analyse des pratiques musicales, équipe Perception et design sonores. Collaborations extérieures : J.-M. Chouvel (CRLM, université Paris 4), E. Bigand (LEAD/CNRS UMR 5022, Dijon), P. Lalitte (LEAD/CNRS UMR5022, Dijon), P. Molin (Mathématicien, membre du LEAD/CNRS UMR 5022, Dijon) B. Tillmann (CNRS, UMR 5020, Lyon), I. Viaud-Delmon (CNRS, UMR 7593, et équipe Acoustique des salles) (G. Mazzola (université du Minnesota), Th. Noll (ESMuC Barcelone), E. Amiot (mathématicien), F. Jedrzejewski (chercheur au CEA), Georges Bloch (compositeur), M. Chemillier (EHESS), X. Hautbois (université de Paris I/CNRS FRE8175), S. Schaub (Ircam/université Paris 4). 1.5.1.2. Analyse assistée par ordinateur Dans le cadre de la thèse de Yun-Kang Ahn, nous avons étendu les fonctionnalités des éditeurs OpenMusic afin de pouvoir les utiliser en tant que documents d analyse. Une première étape a consisté en la saisie des partitions à analyser. Pour cela nous avons implémenté en collaboration avec Karim Haddad, la possibilité d importer et d exporter des partitions au format MusicXML. Cette nouvelle capacité nous a forcé naturellement à augmenter nos éditeurs avec des éléments de notation classique qui à l époque n étaient pas pris en compte par OpenMusic, à savoir, des évolutions d intensité, des phrasés, des images, figures géométriques, têtes de notes, textes, etc. Ainsi, avec ce projet, les éditeurs OM ont été enrichis pour devenir des équivalents en termes d expression aux patches et maquettes. D autres extensions sont : la capacité d inclure des programmes reliant algorithmes et notation ; la sélection des diverses boîtes d un algorithme pour faire partie de la notation ; la possibilité d exécuter des programmes dans le temps de la partition ; la possibilité de créer des animations, dont le temps est pris en compte par la partition ; l ajout de nouvelles boîtes dialog-item (sliders, boutons, menus, etc.) à l intérieur d un patch, donc à l intérieur d une partition ; l ajout d appogiatures ; IRCAM 105

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ l ajout de changements de tempo et des tempi continus ; l ajout de la pagination et impression de partitions. Une première expérience d analyse en utilisant les éditeurs OM a été réalisée dans le cadre de l analyse tonale. Nous avons reçu, en tant que chercheur invité, David Rizo de l université d Alicante. Pendant le mois de juillet, nous avons implémenté en OpenMusic un système d analyse tonale basé sur des techniques probabilistes. Mis à part les résultas encourageants de cette expérience (testée sur un ensemble de chorales de Bach), nous avons pu évaluer la capacité des nos éditeurs à implémenter et représenter ces analyses. Un autre aspect concernant l analyse est lié aux interfaces homme-machine mettant en rapport l analyste et la partition. Le projet Musink, en collaboration avec le laboratoire InSitu (INRIA et Paris 11 Orsay), vise à une représentation informatique vectorielle de l écriture sur papier et ses rapports avec des programmes informatiques. Un prototype permettant une telle interaction a été implémenté en Java et OpenMusic par Theophanis Tsandilas, il peut se résumer ainsi : une partition est imprimée à partir d OM sur un papier Anoto, puis, l analyste est libre d augmenter la partition papier avec un ensemble de gestes dépourvus de sémantique. Ces gestes sont codés et envoyés vers un programme qui essaye de les classifier ou de créer des nouveaux gestes en constituant une bibliothèque personnelle. Finalement, pour fermer la boucle on associe à chaque geste une fonction OM qui est exécutée sur la partition originale. Bien que ce travail reste au stade de prototype, ces premiers résultats sont plus qu encourageants et les applications d une implémentation plus aboutie dépasseront largement le cadre de l analyse. Participants : Y-K. Ahn (thèse), C. Agon, M. Andreatta. Collaboration interne : équipe Analyse des pratiques musicales. Collaborations extérieures : Laboratoire InSitu, Inria, université Paris 11. 1.5.1.3. Formalisation de la notion de topographie musicale Une partie du projet MISA, concernant la «Formalisation et implémentation de la notion de topographie musicale», est en cours de développement dans le cadre d une thèse de doctorat en informatique par Yun-Kang Ahn (université de Paris 6/Atiam / Ircam), thèse qui est co-dirigée par Carlos Agon et Moreno Andreatta. Le projet de thèse s attache à définir une architecture générale, à la fois théorique et informatique, à l intérieur de laquelle peuvent être ramenées des notions traditionnelles en théorie et analyse musicale, en particulier celles relevant de la tradition américaine (espaces d intervalles généralisés de David Lewin et les réseaux transformationnels d Henri Klumpenhouwer). L'évolution musicale s'est nourrie d'un apport théorique intégrant des méthodes mathématiques. Cette intégration a développé d'une part le lien entre analyse et composition, les outils mathématiques permettant d'éclairer les pièces existantes sous un angle différent mais aussi d'élaborer de nouvelles structures compositionnelles. D'autre part, elle a accompagné l'avènement de l'analyse musicale se constituant en une discipline à part entière en soulignant les entreprises de formalisation et de généralisation des schémas musicaux. Un exemple parlant est le dodécaphonisme, procédé compositionnel créé et développé par Schoenberg, mais qui a fait l'objet de généralisations et de systématisations, influençant aussi bien la composition (avec la généralisation pour l'ériger en tant que système formalisé) que l'analyse avec par exemple des aspects s'intéressant uniquement aux classes de hauteurs comme la Set Theory. L'étude théorique des techniques analytiques a été complétée par celle portant sur l'application de ces méthodes au niveau informatique. L'analyse assistée par ordinateur a non seulement placé le problème de formalisation au coeur du processus de compréhension et de l'analyse d'une oeuvre donnée, mais a aussi insisté sur le problème de représentation de l'analyse. Ainsi à la puissance de calcul de l'ordinateur s'ajoute une interface entre les structures de données 106 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES musicales et l'utilisateur. L'analyse, quand elle n'est pas elle-même une représentation, en nécessite une qui constitue un point de vue différent sur la pièce étudiée. Une des représentations analytiques utilisée, qui concentre ces deux niveaux, est le graphe, provenant des développements à la fois mathématiques et informatiques. Elle permet de mettre en oeuvre des réseaux regroupant les éléments d'une partition et insiste sur le caractère figural de l'analyse, qui peut trouver un cadre d'application dans un environnement graphique de composition et d'analyse musicale. En séparant d'une manière générale la démarche analytique en deux étapes qui sont la segmentation de la pièce musicale et la mise en relation de ces segments, le graphe s'inscrit donc dans cette perspective alors que les applications informatiques tendent à s'attacher à l'un des deux aspects. Or, tout comme l'analyse et la composition évoquées plus haut, la stratégie de segmentation et les liens entre les segments obtenus ont un lien réciproque, le travail de l'analyste n'étant jamais explicité à ce niveau : choisit-on les segments avec des relations voulues, ou alors fixe-t-on des segments désirés pour ensuite déterminer quels sont les liens porteurs d'intérêt entre eux? En particulier, les K-réseaux permettent une organisation des 12 classes de hauteurs qui s'attache autant aux relations intra-segments (lier à l'aide d'un réseau les hauteurs d'un segment donné) qu'aux relations inter-segments (les réseaux représentant chaque segment peuvent à leur tour s'inscrire dans un réseau). Au surplus, d'autres types de réseaux proposent une redisposition de la structure musicale. Un cas connu étudié cette année est l'analyse du Klavierstuck III par David Lewin qui propose un réseau réorganisant l'oeuvre sur certains segments précis, en délaissant l'aspect chronologique. Ils sont plus empiriques et donc sujets à une formalisation en vue d'une généralisation et d'une application sur d'autres pièces musicales. La partition musicale constitue un espace musical sur lequel opère la segmentation. En s'appuyant sur cette représentation de la musique, la démarche de la segmentation lors de l'analyse a été transposée sur le plan de la géométrie computationnelle. En particulier, la partition peut être vue comme un ensemble de points et la segmentation est alors un problème géométrique. Formellement, le problème de regroupement des notes (exemple de détection de transposition ou d'inversion des notes) a été formulé en des termes de détection de motifs géométriques. De plus, la segmentation d'une pièce musicale a été considérée comme un pavage de l'espace : l'utilisation du diagramme de Voronoi, réalisant une partition au sens mathématique du terme de la partition musicale, a permis de répartir les événements musicaux sur le support musical. La démarche analytique choisie s est appuyée sur l'étude d'oeuvres précises qui illustrent des cas typiques. Par exemple, les Semi-Simple Variations de Babbitt ainsi que Simbolo de Dallapiccola s'appuient sur une décomposition de la partition en régions sérielles qui présentent des liens particuliers entre elles. Ces régions sérielles représentent donc un pavage de la composition, régions que des analyses existantes relient. Ces relations peuvent être mises en perspective à l'aide d'un graphe qui souligne alors leur structure sous-jacente dans l'œuvre. Participants : Y. Ahn (thèse), M. Andreatta, C. Agon. Collaboration interne : équipe Analyse des pratiques musicales. Collaborations extérieures : G. Mazzola (université de Zurich), Th. Noll (ESMuC Barcelone), E. Amiot (mathématicien), F. Jedrzejewski (chercheur au CEA), G. Bloch (compositeur). 1.5.1.4. L hypothèse mathématique chez Xenakis et Babbitt L année 2008 a été pour l essentiel consacrée à la rédaction de la thèse de doctorat «Formalisation mathématique et composition musicale chez Milton Babbitt et Iannis Xenakis». Ce travail est mené par Stephan Schaub à l université de Paris 4 Sorbonne, (MINT-OMF, école doctorale 5). IRCAM 107

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ La problématique traitée dans la thèse concerne l apport des théories (compositionnelles) développées et présentées par Milton Babbitt et Iannis Xenakis au cours des années 1950 et 1960 dans l interprétation analytique d œuvres se situant dans le prolongement des efforts théoriques menés par ces deux compositeurs. La démonstration est centrée autour de deux œuvres représentatives de cette problématique : Semi-Simple Variations, pour piano (1956) de Milton Babbitt et Nomos Alpha, pour violoncelle (1965-1966) de Iannis Xenakis. L argumentaire est développé sur trois volets qui se présentent comme suit : synthèse et analyses des théories développées par Babbitt et par Xenakis autour des années 1950 et 1960 ; synthèse des travaux portant sur la reconstitution des traces («modèles théoriques») laissées par les théories dans une sélection d œuvres de Xenakis et de Babbitt, avec deux reconstitutions entièrement inédites qui concernent : - Akrata pour 16 vents (1964-1965) de Xenakis ; - Three Compositions for Piano, pour piano (1948) de Babbitt. la confrontation entre l analyse portant sur les «modèles théoriques» et l analyse portant sur les surfaces sonores de Nomos Alpha et de Semi-Simple Variations, suivies d une discussion. La restitution sous forme synthétique des théories développées par Xenakis et par Babbitt a fait l objet d un effort particulièrement important. Il s agissait en effet de mettre en lumière les aspects formels indépendamment des «discours» dont les compositeurs les ont entourés sans pour autant dénaturer l «esprit» des textes originaux. Bien que le travail de recherche ait été considéré comme clos, certaines pistes portant sur l analyse des œuvres à partir d enregistrements audio ont été explorées. Elles constitueront une des perspectives de recherche proposée par la thèse. Une publication a été engagée : Stéphan SCHAUB, «Milton Babbitt et le "système dodécaphonique"», in Nicolas DONIN & Laurent FENEYROU (éds), Composition et théorie musicales au vingtième siècle, Lyon : Symétrie, 2009. (à paraître). Participants : S. Schaub (Thèse Paris 4), M. Andreatta. Collaborations : M. Chemillier (EHESS), M. Battier (MINT, Paris 4). 1.5.2. INTERACTIONS 1.5.2.1. OMax : Modélisation du style, de l interaction, de l improvisation De nombreux points de la recherche musicale peuvent être qualifiés de problèmes de clonage. En effet, depuis plus d un demi-siècle, la prise de son et sa retraduction font partie intégrante de la création musicale. De plus, la musique assistée par ordinateur pose des problèmes d extension d instruments et de structures musicales ; dans ces deux cas, créer un double permet d en trouver une extension cohérente. Le projet OMax est un cas particulièrement emblématique du problème de clonage : il s agit d un système d improvisation assistée par ordinateur, qui se propose de recréer le style de l interprète, et de l étendre à des développements ou des proliférations inattendus mais cohérents. Le fait de pouvoir confier une partie de la tâche d improvisation à une machine a un énorme potentiel, puisqu il touche directement à l improvisation composée ou, plus précisément, au rapport entre l improvisation et l écriture. En effet, La machine peut connaître au préalable une partition écrite : l improvisation commencera à partir de ce matériau. De plus, elle répond en fonction d une loi de similarité qui peut, elle aussi, évoluer avec le temps en fonction d une écriture. Techniquement, OMax est un système qui articule temps réel et temps différé, approche signal et approche symbolique, grâce à l interaction de OpenMusic et de Max/MSP. OMax «écoute» un musicien jouer et dans le même temps élabore une représentation de haut niveau qui capture des éléments stylistiques, grâce à un algorithme d apprentissage statistique. La 108 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES navigation instantanée dans cette représentation permet d engendrer des «improvisations» en cohérence avec le jeu du musicien, ce qui crée une situation d interaction inédite. En 2008, OMax a été porté sur les nouvelles machines Intel d Apple. Ceci a nécessité la réécriture du composant Lisp pour le nouveau compilateur LispWorks. Le gain de puissance obtenu a permis de tourner sur une même machine les composants audio et vidéo, voire d exécuter jusqu à cinq instances d OMax en parallèle et donc de traiter autant de musiciens indépendamment. La pièce de G. Bloch, Peking Duck Soup, jouée au festival dei Saperi de Pavie et d Uzeste (pianiste Hélène Schwartz) utilise ainsi à la fois la vidéo et le mode spectral pour le piano. Une amélioration majeure a été permise par l intégration de l objet Max SuperVP pour la resynthèse d improvisation, en doublage de la resynthèse concaténative et sur un canal audio indépendant. Le gain principal de cette opération est la possibilité de réaliser dans le domaine audio en temps réel toutes les opérations de transformation symboliques qui étaient permises en Midi : Transformations set-théoriques sur le cercle chromatique ; Inversion harmonique par rapport à une note pivot ; Transformation en note pédale ; Improvisation rétrograde ; Transformations de tempo ; Transposition microtonale ; Mapping arbitraire vers un mode cible. Ces fonctionnalités nouvelles ont suscité un grand enthousiasme de la part des musiciens car elles permettent de sortir du paradigme de la répétition dans la mesure où elles permettent une variation du matériau même. Sur le plan plus fondamental, la collaboration avec l équipe Imtr a permis de dessiner une architecture future pour OMax dans laquelle la modélisation de la mémoire à court terme sera possible. Dans cette perspective, le logiciel change ses stratégies de génération en (vrai) temps réel en fonction des réactions du musicien à sa propre génération. Une autre collaboration avec Arshia Cont a permis d étudier l expressivité du modèle central d OMax (l Oracle des facteurs) en intégrant les résultats de la géométrie de l information appliquée au domaine spectral. Les innovations de ce modèle portent principalement sur la segmentation du flux audio en unités significatives (léxèmes) et la classification de ces segments en classes d équivalences reconnues par l oracle. Les expériences avec les musiciens collaborateurs de l Ircam se sont multipliées grâce à la journée d expérimentation organisée par C. Beros dans le cadre du projet ECMCT-Leonardo, et la première pièce jouée par l ensemble Intercontemporain utilisant OMax (Art of Metal III de Yann Robin, soliste Alain Billard, création Agora juin 2008). Participants : G. Assayag, G. Bloch, F. Maniatakos. Collaborations internes : équipe Interactions musicales temps réel, département Pédagogie et action culturelle. Collaborations extérieures : S. Dubnov (UCSD), M. Chemillier (EHESS), Compagnie Lubat, H. Schwartz, C. Daroux, Alexandros Markeas, A. Billard, Y. Robin (musiciens). 1.5.2.2. React : Robust theories for Emerging Applications in Concurrency Theory Ce projet monté avec l université de Cali et l École Polytechnique répond à un appel d offres de l organisme national de la recherche Colombien COLCIENCIAS, «Gestion del Conocimiento y TecnologÌas Convergentes (Convocatoria 330)». Il s agit de déployer le calcul formel de processus concurrents dans trois directions : les protocoles de sécurité, la biologie moléculaire et l interaction «sémantique» en musique et multimédia. L équipe RepMus s implique dans ce troisième volet. IRCAM 109

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ L interaction «sémantique» concerne les systèmes qui interagissent avec les sujets d une manière créative, en apprenant continûment des connaissances issues des interactions, et en maintenant un modèle comportemental des sujets. Il est utilisé pour mettre à jour en permanence les stratégies de génération, d interaction, de narration, choisies par le système. En mettant en œuvre des techniques d apprentissage, en apprenant à partir d un grand nombre d interactions (par exemple à travers les réseaux, le jeu, la performance musicale éventuellement distribuée etc.) un système à interaction sémantique peut construire progressivement une représentation du monde et des comportements étonnamment riches et surprenants. Les applications musicales se trouvent dans la générativité et dans l interaction, par exemple dans l improvisation, les formes ouvertes, l enrichissement des oeuvres mixtes par des contributions non déterministes de l électronique etc. On part de NTCC (Non Deterministic Timed Concurrent Constraints), un calcul formel de type CCP développé par l équipe de Camilo Rueda, associé à un langage de programmation permettant de concevoir des applications mettant en œuvres des contraintes logiques concurrentes. NTCC découpe le temps en unités variables à l intérieur desquelles toutes les contraintes (règles musicales) doivent être satisfaites, ou bien reportées sur l unité suivante. L arrivée de Mauricio Toro Bermudez, qui a séjourné pendant une année dans l équipe grâce au financement React a permis d avancer notablement dans l adaptation des modèles théoriques à des situations d interaction réalistes. Les systèmes d interaction multimédia sont par nature concurrents. Il est cependant difficile de développer des systèmes concurrents valides car il faut pouvoir considérer toutes les interactions potentielles qui peuvent survenir entre les processus. Pour raisonner formellement sur les processus concurrents, nous disposons de plusieurs modèles ou calculs formels. Dans le cadre du travail de Mauricio Toro, deux calculs ont été choisis : CCP (Concurrent Constraint Programming) et NTCC (Non-deterministic Timed Concurrent Constraint). Pour ces deux calculs, des prototypes ont été construits. Il est apparu que l utilisation de processus légers (lightweight threads) pour implémenter ces interprètes ne convenait pas bien à l interaction temps réel et que le modèle le plus convenable est la programmation dirigée par les évènements (event-driven programming). En utilisant ce modèle de concurrence, il a été possible de développer NtccRT, un interprète pour Ntcc capable d interaction temps réel. NtccRT encode les processus Ntcc sous la forme de propagateurs GeCode (une librairie très puissante de propagation de contraintes disponible librement en C++). À partir de ce noyau, deux environnements ont été expérimentés. GeLisp, dans l environnement OpenMusic reprend et adapte un interpréteur écrit par Camilo Rueda lors de son séjour comme chercheur invité en 2007. GeLisp fournit une interface pour spécifier des problèmes de contraintes dans OpenMusic avec une résolution effectuée par GeCode. Les contraintes, les heuristiques de recherche et les critères d optimisation peuvent êtres exprimés graphiquement. GeLisp a été utilisé pour fournir des solutions à des problèmes musicaux soumis par Michaël Jarrel. L autre environnement expérimental est un générateur d objets externes pour Max et Pure Data. A partir de spécifications construites sous OpenMusic, les objets générés permettent, dans Max/PD, d exécuter des processus concurrents qui résolvent des contraintes. Sur le plan théorique, l équipe React, en conjonction avec le groupe de travail Forces de l Inria, a mis au point un nouveau modèle de calcul, Utcc (Universal Tcc), a permis une modélisation de l Oracle des Facteurs (utilisé dans OMax) plus élégante qu avec Ntcc. Participants : M. Toro Bermudez, C. Agon, G. Assayag. Collaboration extérieures: C.Rueda, J.F. Diaz, (AVISPA, U. Javeriana, Cali), F. Valencia (LIX, École Polytechnique), Ugo Montanari(University of Pisa), C. Palamidessi (INRIA), V. Saraswat (IBM),and B. Victor (Uppsala University), G. Barreto (Universidad del Valle) 110 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES 1.5.2.3. Extraction et exploitation de la pulsation et de la métrique pour l'interaction Cette recherche a fait l objet d une thèse soutenue par Gilbert Nouno en décembre 2008 : «Suivi de Tempo Appliqué aux Musiques Improvisées : à la recherche du temps perdu..». L objectif est d étudier et de mettre au point des algorithmes robustes de suivi de tempo/pulsation afin de construire un environnement improvisationnel interactif, mettant en scène des musiciens et un système informatique temps réel. On s intéresse particulièrement à des conditions rythmiques avancées, où la pulsation perçue n est pas forcément alignée sur les pics d énergie. De ce point de vue, l improvisation jazz est un exemple paradigmatique, qui peut servir de laboratoire pour la mise au point d algorithmes «tous terrains» applicables dans divers contextes et styles musicaux. Cette thèse a pour objet le temps musical pulsé : un temps qui induit une sensation de rythme, de pulsation. L'improvisation évoque une musique spontanée, pleine de surprise pour celui qui écoute comme pour celui qui joue. Elle renvoie également à la connaissance ou non du contexte culturel qui définit son origine, une musique paraît improvisée pour certaines personnes mais non pour d'autres qui en connaissent ou en saisissent les codes. Du point de vue informatique, la «vision'» ou «l'écoute» (machine listening) est l'acquisition et le traitement d'information : l'ordinateur reçoit des informations temporelles musicales pour lesquelles il n'a pas de clef a priori, la musique lui apparaît comme une improvisation, un signal informatif généré qu'il observe dans le temps à l'aide de processus algorithmiques. Un modèle original d'estimation de tempo basé sur la recherche d'une grille optimale est proposé : une grille régulière de temps ou de pulsations qui coïncident le mieux possible avec les événements musicaux. Le suivi de tempo est effectué dans le cadre d'une inférence dynamique complétée par un modèle de focus attentionnel issu de la théorie de l'attention dynamique de la psychologie cognitive. Techniquement, on a cherché une grille de coïncidence optimale, soit une grille dont la taille du pas et la phase permet de coller au mieux à la séquence pour la quantifier. Il est alors montré mathématiquement que ce problème consiste en une optimisation sur un domaine topologique continu bidimensionnel. Grâce à la démonstration d un théorème original de théorie des nombres, il a été possible de réduire ce domaine continu à un espace discret dont les points correspondent aux solutions recherchées. L algorithme mis en œuvre est de complexité O(n 3 p 2 ), n étant le nombre de points de la séquence et p le nombre de points de la grille optimale désirée. Les solutions apportées par l algorithme fournissent un ensemble de tempi possibles, dont on effectue le suivi par une mise en œuvre d inférences bayésiennes. L objectif est de réaliser ainsi un suivi, ou mieux une prédiction de tempo : une anticipation utilisable à des fins musicales. Cet algorithme propose une quantification à la volée, qui permet de reconstruire en temps réel une interprétation possible du squelette rythmique sous-jacent. Les algorithmes issus de cette thèse sont disponibles en Max/MSP. Participants: G. Nouno (thèse), C. Agon. Collaboration interne : équipe Interactions musicales temps réel. Collaborations extérieures : S. Galland (percussionniste), M. Mezzadri (flûtiste), S. Coleman (saxophoniste), J. Léandre (contrebassiste), P. Codognet (Lip6, université Keio de Tokyo). 1.5.2.4. Nouveaux paradigmes d interaction Ce projet fait l objet de la thèse de Fivos Maniatakos financée par la Fondation Lagardère et menée en collaboration entre les équipes Représentations musicales et Interactions musicales Temps réel. L'objet de ce projet de recherche est de dépasser les limites des systèmes actuels en élaborant de nouveaux concepts d'interaction et en les instanciant sous la forme d'outils pour les créateurs. Les principales directions de travail envisagées concernent la prise en compte d'une mémoire à moyen terme du jeu de l'interprète, ainsi que le suivi continu de paramètres IRCAM 111

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ d'exécution. Des expériences préliminaires, validant ces approches dans des cadres isolés et expérimentaux, ont déjà été menées à l'ircam (projets OMax, extensions du projet suivi de partition). Il s'agit aujourd'hui de les systématiser pour en assurer la mise en oeuvre sous la forme d'outils pour les créateurs. Les retombées attendues concernent non seulement la création musicale et les arts du spectacle (danse, théâtre) mais plus largement les interfaces homme-machine (IHM) avec l'émergence de nouvelles formes interactives associant différents médias (geste, son, image de synthèse et vidéo). Il s'agira également d'intégrer et de développer dans ce contexte les travaux actuels sur la reconnaissance et suivi de geste et éléments sonores. Ceci permettra premièrement d'analyser la performance en temps réel du musicien avec une approche multimodale. Dans cette première année de la thèse, une étude sur la bibliographie de l interaction musicale et l improvisation d ordinateur a été effectuée, ainsi que sur les approches possibles pour l autogéneration du corpus gestuel en temps réel et sans connaissance à priori (cas d Omax). Au cours de cette première année, un modèle pour la reconnaissance de gestes à partir d un flux continue à été présenté à NIME08, en collaboration avec Christian Jacquemin, LIMSI. Basé sur la technologie de HMMs, ce modèle permet la reconnaissance de gestes à partir d un vocabulaire gestuel prédéfini, créé pendant une période d apprentissage. Dans le contexte d interaction inspirée des modèles existants comme OMax, il est maintenant indispensable d adapter ces méthodes de reconnaissance du geste au contexte de connaissance à priori limitée, c est à dire à partir d un vocabulaire gestuel auto généré pendant la processus interactif sans apprentissage, p.e, l improvisation d ordinateur. Cette étape permettra l unification de la représentation geste musical/son. Dans cette direction, une approche possible est l extraction des descripteurs symboliques des événements gestuels et une représentation parallèle geste/son, à la fois symbolique ou continue. Pour cela, le modèle de facteur oracle déjà utilisé pour l audio se généralise, pour permettre la représentation multi flux du geste/son. D autre part, on a constaté que les interactions en temps réel entre musiciens et ordinateur,que ce soit dans un cadre écrit ou improvisé, sont trop souvent marquées par une fenêtre d'analyse à court terme et une projection vers le futur limitée. Pour dépasser ce cadre, il faut pouvoir se donner une portée d'analyse (scope), dirigée vers le passé, aussi grande que souhaitée, et un modèle d'anticipation qui développe des stratégies génératives. Une partie du travail dans la première année de thèse a donc concerné les méthodes pour la prédiction des flux sonores et gestuels. L étude bibliographique a montré que le filtre dynamique de Kalman peut être un bon point de départ dans notre contexte, étant donné son efficacité pour porter une analyse dirigée vers le passé à moyen terme et sa robustesse au bruit d observation. Les premières expériences effectuées basées sur la technologie du filtre de Kalman ont concerné plutôt le geste et plus particulièrement la prédiction du «tempo» de la propagation dans la chaîne Markov codifiant le flux gestuel, en prenant en compte une fenêtre temporelle du passé à moyen terme. L objectif à court terme est de prolonger le champ d application aux descripteurs sonores et gestuels, en variant les méthodes fournies par la théorie de expanded Kalman Filtering. Une présentation de ce projet de cette thèse a été fait à l école d été de SMC 08 (Sound and Music Computing summer school) à Gênes. Participants : C. Agon, F. Maniatakos, G. Assayag. Collaboration interne : équipe Interactions musicales temps réel. Collaborations extérieures : Limsi. 112 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES 1.5.3. SIGNAL/SYMBOLIQUE 1.5.3.1. Écriture du son, Contrôle de la synthèse sonore, Structures et représentations temporelles L'intégration des techniques de création électroacoustiques (synthèse, principalement, mais aussi analyse et traitement des sons) dans le contexte de la composition assistée par ordinateur est une thématique présente dans les travaux de l'équipe Représentations musicale depuis plusieurs années, et notamment à travers une thèse dédiée à ce sujet soutenue fin 2007 (La synthèse sonore en composition musicale assistée par ordinateur: Modélisation et écriture du son. J. Bresson, 2007). Diverses problématiques liées y ont été posées, dont celle des rapports entre le domaine du signal et le domaine symbolique. Le projet OMSounds concrétise ces travaux dans un ensemble de fonctions et d'objets implémentés dans l'environnement de CAO OpenMusic. En parallèle, les structures proposées dans le système OMChroma (conçu et développé en collaboration avec Marco Stroppa) intégrant les aspects statiques et comportementaux des descriptions sonores dans des représentations de haut niveau, constituent également de puissants outils propres à s'insérer dans des démarches compositionnelles. Les «modèles sonores» (cr-model) permettent également d'organiser des événements de synthèse dans des structures abstraites graphiques et fonctionnelles. Un ensemble d'exemples et tutoriaux ont été mis en place dans un but didactique, et accompagnés de nombreux développements et optimisations du système. Dans le cadre de ce projet, les représentations temporelles ont reçu une attention spécifique lors de l'implémentation et la stabilisation des prototypes engagés dans les phases préliminaires de ce projet. Des outils innovants ont été proposés, dont notamment un modèle de calcul des structures temporelles dans l'éditeur de «maquette» : une sémantique variable définissable à l'aide de programmes visuels permet de dissocier le calcul de la structure temporelle, dans laquelle s'organisent paramètres et descriptions sonores, de celui du signal sonore qui transforme cette structure en un signal numérique. Ces travaux autour des structures temporelles incluent également la poursuite des développements autour des partitions mixtes dans l'éditeur de sheet, plus étroitement liés et contraint par le portage de l'environnement de CAO sur les nouvelles architectures Intel (voir «Développements OpenMusic»). Participants : J. Bresson, C. Agon. Collaborations internes : équipe Analyse/synthèse, équipe Acoustique instrumentale, département des Médiations recherche/création, réalisateurs en informatique musicale. Collaboration extérieure : M. Stroppa (compositeur). 1.5.3.2. ML-Maquette Le projet Musique Lab 2 a pour objectif la création et la diffusion d'outils informatiques pour l'enseignement musical, tirant parti des techniques de calcul et de représentation et du savoirfaire de l'ircam dans les domaines de la composition assistée par ordinateur, du traitement du signal ou encore de l'analyse musicale. Parmi les composantes de ce projet, ML-Maquette est une application interactive dérivée de l'environnement de composition assistée par ordinateur OpenMusic, permettant aux professeurs ou élèves de classes de musique de construire des structures musicales par des processus calculatoires plus ou moins complexes. Le champ d'application de ML-Maquette s'étend potentiellement de la musique classique, avec un ensemble d'outils intégrant un modèle de calcul et de représentation des structures tonales (contrepoint, transpositions, modulations, etc.), jusqu'à la musique spectrale contemporaine avec des puissants outils d'analyse et de traitement du signal (basés sur le moteur pm2, développé par l'équipe Analyse/Synthèse). IRCAM 113

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ La signature d'une nouvelle convention entre l'ircam, le ministère de l'éducation Nationale et le ministère de la Culture et de la communication à la rentrée 2008-2009, engage une poursuite de ce projet visant à développer ces champs d'application et à mettre à disposition des utilisateurs des supports pédagogiques structurés et adaptés aux différentes situations et niveaux d'enseignements. Afin de poursuivre les développements de cette application, le changement de plateforme de développement pour OpenMusic (voir «Développements OpenMusic») nécessite un suivi important et diverses adaptation dans ML-Maquette. En particulier, la plateforme de distribution principale de cette application étant le système d'exploitation Windows, la poursuite de ce projet implique en premier lieu une étape de portage anticipé de la version OpenMusic/Windows sur ce nouvel environnement Lisp. Cette étape a été engagée en automne/hiver 2008 et devrait permettre au printemps 2009 d'initier une distribution préliminaire de ML-Maquette en version 2.0. Participant : J. Bresson. Collaborations internes : équipe Interactions musicales temps réel, départements Pédagogie et action culturelle, Médiations recherche/ création, réalisateurs en informatique musicale. Collaborations extérieures : professeurs de l Éducation nationale et des conservatoires. 1.5.3.3. OAO : Orchestration assistée par ordinateur Ce projet fait l objet de la thèse de Grégoire Carpentier et constitue une des composantes du projet ANR «Sample Orchestrator». L objectif est de réaliser un environnement d aide à l orchestration utilisant les ressources disponibles en termes de bases de données d échantillons instrumentaux et de méta-données constituées de descripteurs de ces sons. La thèse de Grégoire Carpentier a été soutenue en décembre 2008 ainsi que celle de Damien Tardieu (équipe Analyse Synthèse) : fait original, ces deux thèses, menées conjointement, sont complémentaires et circonscrivent la question de l orchestration d un point de vue signal et d un point de vue symbolique. De toutes les composantes de l'écriture musicale, l'orchestration ou l'art d'assembler les timbres instrumentaux est longtemps demeurée, dans son enseignement comme dans sa pratique, une activité empirique. La difficulté de formaliser de manière rigoureuse l'ensemble des techniques inhérentes à cette discipline fait qu'aujourd'hui encore l'orchestration reste un domaine peu abordé par l'informatique musicale et l'aide à la composition. Les rares outils actuels ramènent le problème de l'orchestration à la découverte, au sein de banques d'échantillons sonores instrumentaux, de combinaisons approchant au mieux un timbre fixé par le compositeur. Cette approche a été la nôtre. Mais là où les méthodes actuelles contournent systématiquement le problème combinatoire de l'orchestration par le recours à des principes de décomposition ou à des algorithmes de matching pursuit, l'originalité de notre démarche a été de placer les enjeux combinatoires au cœur de nos travaux et a permis de traiter l'orchestration à la mesure de sa complexité. Envisageant tout d'abord la question comme un problème de sac à dos multi-objectifs, nous avons montré que les non-linéarités dans les modèles de perception du timbre imposent un cadre théorique plus large pour l'aide à l'orchestration. Nous avons proposé une formalisation générique et extensible en nous plaçant dans un cadre de recherche combinatoire multicritère sous contraintes, dans lequel plusieurs dimensions perceptives sont optimisées conjointement pour approcher un timbre cible défini par le compositeur. Nous avons validé dans un premier temps notre approche théorique en montrant, sur un ensemble de problèmes de petite taille et pour une caractérisation exclusivement spectrale du timbre, que les solutions du problème formel correspondent à des propositions d'orchestration pertinentes. 114 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES Nous avons présenté alors un algorithme évolutionnaire (Orchidée) permettant de découvrir en un temps raisonnable un ensemble de solutions optimales. S'appuyant sur la prédiction des propriétés acoustiques des alliages instrumentaux, cette méthode propose des solutions d'orchestration en fonction de critères perceptifs et encourage ainsi la découverte de mélanges de timbres auxquels le savoir et l'expérience n'auraient pas nécessairement conduit. En outre, la recherche peut-être à tout moment orientée dans une direction privilégiée. Parallèlement, nous avons défini un cadre formel pour l'expression de contraintes globales et introduit une métaheuristique innovante de résolution, permettant de guider la recherche vers des orchestrations satisfaisant un ensemble de propriétés symboliques en lien direct avec l'écriture musicale (algorithme CDCSolver). Nous avons proposé enfin un prototype expérimental d'outil d'aide à l'orchestration utilisable directement par les compositeurs, dans lequel l'exploration des possibilités de timbres est facilitée à travers une représentation multi-points de vue des solutions et un mécanisme interactif des préférences d'écoute. Ce prototype a été utilisé pour l écriture de la pièce Speakings de Jonathan Harvey, et actuellement en cours d utilisation dans les projets Cursus 2. Participants : G. Carpentier (thèse), G. Assayag, J. Bresson. Collaborations internes : équipe Analyse-synthèse. Collaborations extérieures : E.l Saint-James, Lip6, UPMC, Groupe de travail AFIM Musique, contraintes et interaction. Compositeurs : Y. Maresz, J. Fineberg, G. Drouin, G. Bloch, T. Murail, M. Lévinas, F. Rose, M. Amoric, B. Furrer, J. Harvey, R.l Cendo, M. Suarez. 1.5.3.4. Cibles abstraites pour l orchestration assistée par ordinateur La spécification de cibles abstraites pour l'orchestration (c'est-à-dire de cibles ou timbres sonores provenant non plus nécessairement d'un son réel concret mais d'un processus compositionnel abstrait) est un problème complexe ramenant au questionnement fondamental de la conception du son dans l'imaginaire du compositeur. La CAO propose de résoudre ce type de problème par une approche expérimentale permettant à celui-ci de décrire le son par des processus au travers desquels les descriptions sonores sont construites et transformées, dans une dualité contrôlée entre les aspect compositionnels plus ou moins abstraits et la création des signaux numériques concrets. Un ensemble d'outils dédiés à la création de ces processus de synthèse a été intégré à l'environnement OpenMusic (voir projet «Écriture du son, Contrôle de la synthèse sonore"» et permet d'y créer des sons sous forme de programmes visuels et à l'aide d'éditeurs et de fonctionnalités spécialisées dans le cadre de processus compositionnels. Parmi ces outils, se trouvent notamment des structures de description spectrale et de description sonore généralisées développées récemment dans le cadre du projet OMChroma, intégrant des notions comportementales et permettant expansion et calcul dynamiques des données à partir de spécifications symboliques. Une interface dédiée à la spécification des cibles sonores a été développée. Celle-ci a pour objectif de permettre au compositeur de déterminer cette cible sous forme d'un spectre complexe, dans une démarche compositionnelle expérimentale et interactive, qui masquera les éventuelles complexités de la programmation (l'intérêt étant ici avant tout sur le processus d'orchestration) tout en maintenant les potentialités du système. Cette interface est un objet OpenMusic (soundtarget), qui peut donc être construit algorithmiquement dans l'environnement de CAO. Les principaux paramètres permettant de construire cet objet sont : un accord, qui permet de spécifier des hauteurs fondamentales et structurantes dans la cible ; des paramètres de filtrage pour un contrôle global de l'enveloppe spectrale ; et des paramètres fonctionnels décrivant le déploiement spectral des différentes hauteurs fondamentales, c'est-à-dire des fonctions et paramètres qui s'appliqueront sur les données spectrales initiales lors de la construction d'un spectre final. IRCAM 115

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ L'objet soundtarget est éditable à l'aide d'une interface proposant des représentations symboliques et spectrales de ces différents éléments, et permet à l'utilisateur de les modifier manuellement (ajouter, supprimer, changer la hauteur ou l'intensité des notes et/ou des partiels, les valeurs des paramètres fonctionnels, etc.) et finalement de synthétiser le son correspondant afin d'obtenir un aperçu sonore de la cible spécifiée. La principale originalité de cette interface, comparée à un éditeur de spectre classique, est due aux paramètres fonctionnels de l'objet soundtarget. La cible est initialement construite à partir de données symboliques et d opérateurs de traitement de ces données, qui peuvent être issues d'une bibliothèque de fonctions disponibles, ou préalablement composées/programmées par l'utilisateur lui-même dans l'environnement de CAO, permettant ainsi la création de structures spectrales et sonores sortant du cadre sonore que proposerait un système statique. Une fois la cible déterminée, les données utiles (symboliques, spectrales, sonores) sont transmises via le protocole de transfert OSC au moteur d'orchestration (voir projet Orchestration) qui les utilisera dans sa recherche de solutions. Participants : J. Bresson, C. Agon, G. Carpentier, G. Assayag/ Collaborations internes : équipes Analyse/synthèse, Acoustique instrumentale, département Médiations recherche/ création, réalisateurs en informatique musicale. 1.5.4. DÉVELOPPEMENTS 1.5.4.1. Développement OpenMusic Suite au passage des architectures Macintosh de processeurs PPC vers Intel x86, et à l'incompatibilité du compilateur Lisp MCL qui supportait l'environnement OpenMusic jusqu'alors, la décision a été prise de baser les versions futures sur le compilateur LispWorks. Celui-ci propose en particulier une librairie graphique multi plateformes (CAPI) sur laquelle a été portée l'api OM (interfaces utilisateurs, mais également interfaces système, support des librairies externes, et autres fonctionnalités non standardisées). L'année 2008 a donc été principalement marquée par le passage de OpenMusic sur architecture Intel, mais surtout du compilateur Lisp MCL vers LispWorks. Ce passage a été l'occasion de redéfinir certains aspects du design général et des bases de l'application. Parmi les nouvelles fonctionnalités, qui constituent des améliorations majeures de l'environnement de CAO, figurent notamment les possibilités d'édition, de pagination et d'impression, ou encore d'import/export des éditeurs et objets musicaux. Figurent également des améliorations substantielles dans la gestion des librairies externes et des documents ou ressources externes, dans les éditeurs, ou encore dans la manipulation des images et graphiques. Un effort de compatibilité a également été fourni, permettant d'assurer le portage des travaux provenant de versions antérieures dans le nouveau système. Une première version de OpenMusic 6 beta a été proposée aux utilisateurs dès le mois de février 2008. Une version stabilisée pour Macintosh Intel et PPC est distribuée depuis les rencontres des Ateliers du Forum Ircam de juin 2008. Enfin 2008 a vu l'initiation du projet de mise à jour et refonte complète de la documentation OpenMusic, engagé par le département Médiations recherche/création en collaboration avec l'équipe Représentations musicales. Participants : C. Agon, J. Bresson. Collaborations internes : K. Haddad, (Forum, département Médiations recherche/création), réalisateurs en informatique musicale. Collaboration extérieure : Grame. 116 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES 1.5.5. PUBLICATIONS Revues à comité de lecture [Acotto08a] Acotto, E., Andreatta, M., «Représentations mentales musicales et représentations mathématiques de la musique», InCognito, Cahiers Romans de Sciences Cognitives, 2008 [Bresson08c] Bresson, J., Agon, C., «Scores, Programs, and Time Representation : the Sheet Object in OpenMusic», Computer Music Journal, 2008, vol. 32, n 4, pp. 31-47 [Bresson08d] Bresson, J., Agon, C., «Musical Representation of Sound in Computer-Aided Composition : a Visual Programming Framework», Journal of New Music Research, 2008, vol. 36, n 4, pp. 251-266 Ouvrages [Andreatta08a] Andreatta, M., Bardez, J.M., Rahn, J., «Autour de la Set Theory : rencontre Musicologique francoaméricain», Autour de la Set Theory (Ircam/Delatour France, Sampzon), 2008 [Andreatta08b] Andreatta, M., Bardez, J.M., Rahn, J., «Around Set Theory : a French-American Musicological Meeting», Around Set Theory (Ircam/Delatour France, Sampzon), 2008 [Bresson08a] Bresson, J., Agon, C., Assayag, G., «The OM Composer's Book 2», Editions Delatour France / Ircam- Centre Pompidou, 2008 Chapitres d ouvrages [Andreatta08c] Andreatta, M., «Calcul algébrique et calcul catégoriel en musique : aspects héoriques et informatiques», Le calcul de la musique, ed. Laurent Pottier. (Publications de l université de Saint-Etienne), 2008 [Bancquart08a] Bancquart, A., Agon, C., Andreatta, M., «Microtonal Composition», The OM Composer's Book 2, ed. Jean Bresson, Carlos Agon, Gérard Assayag. (Ircam/Delatour France), 2008 [Schaub08] Stéphan SCHAUB, «Milton Babbitt et le "système dodécaphonique"», in Nicolas DONIN & Laurent FENEYROU (éds), Composition et théorie musicales au vingtième siècle, Lyon : Symétrie, (à paraître). Thèses, mémoires de stages [Carpentier08a] Carpentier, G., «Approche computationnelle de l orchestration musicale : optimisation multicritère sous contraintes de combinaisons instrumentales dans de grandes banques de sons», Thèse de Doctorat Atiam, UPMC Paris 6, sous la direction de Gérard Assayag et Emmanuel Saint-James, 2008 [Junod08a] Junod, J., «Etude combinatoire et informatique du caractère diatonique des échelles à sept notes», UPMC - Paris VI, 2008. [Master II Atiam] [Nouno08a] Nouno, G., «Suivi de Tempo Appliqué aux Musiques Improvisées : à la recherche du temps perdu..», Thèse de Doctorat Atiam, UPMC Ircam, sous la direction de Philippe Codognet, 2008 [ToroBermudez08a] Toro-Bermudez, M., «Exploring the possibilities and limitations of Concurrent Programming for Multimedia Interaction and exploring Visual Programming for Musical Constraint Satisfaction Problems», Rapport de recherche, Ircam, Pontificia Universidad Javeriana, 2008 Conférences à comité de sélection [Agon08a] Agon, C., Bresson, J., Assayag, G., «OpenMusic: Design and Implementation Aspects of a Visual Programming Language», 1st European Lisp Symposium - ELS'08, Bordeaux, 2008 [Bloch08a] Bloch, G., Dubnov, S., Assayag, G., «INTRODUCING VIDEO FEATURES AND SPECTRAL DESCRIPTORS IN THE OMAX IMPROVISATION SYSTEM», ICMC, Belfast, 2008 [Olarte08] C. Olarte, C. Rueda, and Frank D. Valencia. Universal timed ccp: Expressivity and applications to musical improvisation. In CLEI 08, 2008 [Perez08] Jorge A. Perez and Camilo Rueda. Non-determinism and probabilities in timed concurrent constraint programming. In ICLP 2008 (Short Paper). LNCS, 2008. [Sarria08] Gerardo Sarria and Camilo Rueda. Real-time concurrent constraint programming. In CLEI 08, 2008. [Tardieu08b] Tardieu, D., Carpentier, G., Peeters, G., «Instrument sound description and modelisation in the context of computer aided orchestration», Acoustics 08, 2008 1.5.6. DIFFUSION DES SAVOIRS 1.5.6.1. Conférences, colloques, ateliers «Musica e simmetria: trasformazioni geometriche e strutture matematiche nell'analisi musicale», Festival dei Saperi. Linguaggi della creatività: matematica e musica. Pavia, 3-7 settembre 2008. Moreno Andreatta & Carlos Agon. Passage à la télé de Moreno Andreatta sur la chaîne principale italienne (Rai 1) dans l émission Una mattina. Journée prospective Composition assistée par ordinateur, Ircam, 15 octobre 2008. Moreno Andreatta, Gérard Assayag, Jean Bresson, Carlos Agon. IRCAM 117

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ Journée prospective Signal-symbolique Ircam, 12 Mars 2008. Moreno Andreatta, Gérard Assayag, Jean Bresson, Carlos Agon, Grégoire Carpentier. Journée prospective Interaction Ircam, 12 Mars 2008. Gérard Assayag, Georges Bloch. «Teoria e analisi musicale assistita su OpenMusic», Workshop MMI (Mathématiques/Musique/Informatique), Università di Pisa, 24-25 ottobre 2008 http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/documents/workshopmmi08.html Workshop OMax, Workshop MMI (Mathématiques/Musique/Informatique), Università di Pisa, 24-25 ottobre 2008. Gérard Assayag et Georges Bloch. Quelques MathTools pour l'étude combinatoire du rythme" Journée d'étude Cursus 2 : "Outils pour la formalisation de la pensée rythmique", Ircam, 29 octobre 2008. Moreno Andreatta. Modulations Métriques dans OpenMusic. Journée d'étude Cursus 2 : "Outils pour la formalisation de la pensée rythmique", Ircam, 29 octobre 2008. Gérard Assayag, Georges Bloch. «Outils set-théorique et modulations métriques dans la musique d'elliott Carter : une perspective musicologique computationnelle», Colloque Carter, Ircam, 11-12 décembre 2008. Moreno Andreatta, Gérard Assayag, Georges Bloch. Diffusion sur France Culture : http://www.radiofrance.fr/chaines/franceculture/nouveau_prog/creation/alacarte_fiche.php?src_id=90000031&diff_id=245000135 Programmation créative et interaction, dans le cadre du colloque «Création numérique et programmation» Lyon, 14-15 mars 2008. Carlos Agon. Samedi 5 avril 2008, Séminaire MaMuPhi, Ecole Normale Supérieure / Ircam, Paris, France. Les implications de la formalisation mathématique dans les pratiques compositionnelles de Milton Babbitt et de Iannis Xenakis à travers deux études analytiques. Stephan Schaub. Samedi 15 novembre 2008 Séminaire MaMuPhi, Ecole Normale Supérieure / Ircam, Paris, France. (avec Thierry Paul, Michael Schmidt, et François Nicolas). Les rapports musique-mathématiques selon Ernst Krenek (1937/1939). Stephan Schaub. OMChroma : CAO, synthèse, et "potentiel sonore". Marco Stroppa, Jean Bresson. Séminaire Recherche et Technologie, Ircam, 23 janvier 2008. Ecole d été de SMC 08 (Sound and Music Computing summer school) à Gênes. Présentation projet de thèse de Fivos Maniatakos. Enseignement OpenMusic et OMax, séjour chercheur invité, Pontificia Universidad Javeriana, Cali, Colombie, Projet React. Octobre 2008, Gérard Assayag. Atelier «Hands-on» OMax, Forum des utilisateurs de l Ircam, juin 2008. Gérard Assayag, Georges Bloch, Denis Beuret. Journée d expérimentation OMax dans le cadre du projet ECMCT soutenu par le programme Leonardo de la commission européenne. Organisé par Cyril Beros, 5 juillet 2008. Gérard Assayag et Georges Bloch avec Cécile Daroux, Alexandros Markeas, Vincent Lê Quang, Laurent Mariusse, Albert Tovi. Conférence à l université Keio de Tokyo, séjour invité dans le cadre du 1st Japanese-French Cooperative Workshop "Improving the VR experience", Strategic Japanese-French Cooperative Program on Information and Communications Technology (ICT) including Computer Science, 3-5 juin 2008, Gérard Assayag. 1.5.6.2. Presse, médias, vulgarisation [Andreatta08d] Andreatta, M., «Une musique qui swingue de façon géométrique», Science Actualités, 2008 [Andreatta08e] Andreatta, M., Agon, C., «La musique mise en algèbre», Pour la science, Novembre 2008, n 373 Emission RFI,le mardi 13 novembre à 11h en direct dans le cadre de l'émission Les Visiteurs par Dominique Desaunay. OMax, Gérard Assayag, Georges Bloch. 118 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES 1.5.6.3. Organisation de séminaires Workshop MMI 2008 (Matematica/Musica/Informatica) Workshop consacré aux rapports entre mathématiques, musique et informatique, organisé par Fabrizio Broglia (université de Pisa) et Moreno Andreatta. Université de Pisa, Italie, 24-25 octobre 2008. Colloque International «Hommage à Elliott Carter» Organisé par le centre de Recherche sur les arts et le Langage (EHESS-CNRS) et l'ircam avec le soutien du CNRS et de la Fondation Paul Sacher. Sous la direction de Max Noubel (université de Bourgogne/CRAL, équipe Musique, en collaboration avec Moreno Andreatta (équipe Représentations musicales, Ircam) et Nicolas Donin (équipe Analyse des pratiques musicales, Ircam). Ircam, 11-12 décembre 2008. Séminaire MaMuX (Mathématique/Musique et relations avec d autres disciplines) organisé par Moreno Andreatta et Carlos Agon. L année 2008 a vu s achever la septième saison du Séminaire MaMuX, co-organisé par Moreno Andreatta et Carlos Agon depuis 2001. MaMuX, qui s appuie maintenant sur une collaboration permanente avec Guerino Mazzola, Franck Jedrzejewski et Thomas Noll, les trois mathématiciens et théoriciens de la musique. Le Séminaire MaMuX a accueilli en 2007 six journées d études centrées autour des problématiques suivantes : vendredi 11 et samedi 12 janvier 2008 : Mathématiques/Musique et Cognition. Séance organisée dans le cadre du Symposium «Autour de la théorie générative de la musique tonale de Fred Lerdahl et Ray Jackendoff». Avec la participation de Nicolas Meeùs (PLM, université Paris 4), Costas Tsougras (Aristotle University of Thessaloniki), Ray Jackendoff (Tufts University), Fred Lerdahl (Columbia University), Irène Deliège (ESCOM, université de Liège), Michael J. Bruderer (Technical University of Eindhoven), Thomas Noll (ESMuC, Barcellona), Emilios Cambouropoulos (Department of Music Studies Aristotle University of Thessaloniki), Rob Seward (artiste et informaticien), Geraint A. Wiggins, Marcus Pearce et Daniel Mullensiefen (Centre for Cognition, Computation & Culture/Department of Computing, Goldsmiths' College, University of London). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/programmesympabstracts.pdf] samedi 2 février 2008 : Canons rythmiques mosaïques et conjecture de Fuglede. Avec la participation d Emmanuel Amiot (mathématicien, Perpignan), Franck Jedrzejewski (CEA), Edouard Gilbert (Ircam), Mihalis Kolountzakis (Dept of Mathematics, Univ. of Crete, Greece). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/fev2008.html] samedi 5 et dimanche 6 avril 2008 : International Workshop on Computational Music Analysis (séance organisée par Chantal Buteau et Christina Anagnostopoulou). Avec la participation de Christina Anagnostopoulou (University of Athens, Greece), Chantal Buteau (Department of Mathematics, Brock University, Canada), Fernando Gualda (Sonic Arts Research Centre Queen s University of Belfast, UK), Olivier Lartillot (Finnish Centre of Excellence in Interdisciplinary Music Research, University of Jyväskylä, Finland), Darrell Conklin (Department of Computing, City University London, UK), Philippe Cathé (université Paris4 Sorbonne), Yun Kang Ahn (Ircam), Atte Tenkanen (Department of Musicology, University of Turku, Finlande). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/april08-programme.html] vendredi 25 avril 2008 (Séance exceptionnelle) : Mathématiques/Musique & Cognition théories diatoniques. Avec la participation d Eytan Agmon (Dept. of Music, Bar-Ilan University, Israel), Emmanuel Amiot (mathématicien, Perpignan), Thomas Noll (Esmuc, Barcelona) & Julien Junod (Ircam/université de Zurich). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/cognitiondt.pdf] vendredi 7 novembre 2008 : Autour de la complexité dans les arts. Avec la participation de John L. Casti (International Institute for Applied Systems Analysis, Laxenburg, Austria), Jean-Pierre Boon (université Libre de Bruxelles, Physics Dept.), Athanase Papadopoulos (Institut de Recherche Mathématique Avancée, université Louis Pasteur, Strasbourg), Geoffroy Drouin (Compositeur, doctorant EHESS). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/programmenov2008.html] vendredi 5 décembre 2008 : Processus concurrents en informatique musicale (séance organisée en collaboration avec le LIX, Laboratoire d'informatique de l'école Polytechnique). Avec la participation de Camilo Rueda (Pontificia Universidad Javeriana, Colombia), Frank Valencia (LIX, Laboratoire d Informatique de l École Polytechnique), Carlos Olarte (LIX, Laboratoire d Informatique de l École Polytechnique), Mauricio Toro (Pontificia Universidad Javeriana, Colombia / Ircam), Arshia Cont (Ircam). [http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/abstractsdec08.pdf] Le séminaire MaMuX a également accueilli en 2008 deux séance de École pour musiciens et autres nonmathématiciens animée par Yves André (ENS/CNRS), l une consacrée aux singularités et l autre aux dualités. Toutes les interventions d Yves André sont disponibles en ligne à l adresse : http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/ecoleya.html IRCAM 119

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ Séminaire «Musique et Mathématique et Philosophie» (MaMuPhi, ENS/Ircam). Depuis 2004 Moreno Andreatta partage avec François Nicolas (compositeur) et Charles Alunni (philosophe) la direction du Séminaire «Musique, Mathématique et Philosophie» (MaMuPhi ) à l ENS. Ce nouveau Séminaire est centré pour sa quatrième année (2007-2008) sur les enjeux philosophiques de la théorie mathématique de la musique. Le planning du Séminaire et la liste des participants sont disponibles à l adresse : http://www.entretemps.asso.fr/maths/. Un numéro spécial de la Revue de Synthèse (sous la direction de François Nicolas, Charles Alunni et Moreno Andreatta) est actuellement en préparation (date prévu de publication : automne 2009). 1.5.6.4. Enseignement et activités académiques Module «Modèles mathématiques pour l'informatique musicale», Master I.C.A., spécialité Art, Sciences, Technologies, INPG Grenoble. Carlos Agon, Moreno Andreatta, et Isabelle Viaud-Delmon., février 2008 (12 heures). Module «Modèles mathématiques pour l'informatique musicale», Groupe des Ecoles des Télécommunications, Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, Brest, février 2008, Carlos Agon, Moreno Andreatta (12 heures) Module «Modèles mathématiques en informatique musicale (MMIM)». Dans le parcours multi-mentions Atiam, Mastère Sciences et Technologies de Paris VI, février 2007, Moreno Andreatta et Marc Chemillier (21 heures). Cours Modelos Algebraicos aplicados a la musica, dans le cadre du Master d informatique de l université d Alicante, Espagne. Moreno Andreatta, Carlos Agon, Jean Bresson (6 heures) Cours «Matematica e musica», université de Pisa, département de mathématiques, Moreno Andreatta et Carlos Agon (30 heures). Cours "Computación Avanzada para Música por Ordenador". (10 heures), dans le cadre du doctorat "Aplicaciones de la Informática" del Departamento de Lenguajes y Sistemas Informáticos de la Universidad de Alicante. Carlos Agon. UE Paradigmes de programmation en informatique musicale (24 heures), Master Atiam, parcours au sein du Master Sciences et Technologie de l'upmc Paris 6. Carlos Agon. UE d insertion professionnelle (30 heures), Master Atiam, parcours au sein du Master Sciences et Technologie de l'upmc Paris 6. Carlos Agon. 1.5.6.5. Coordination Atiam Atiam est une formation à la recherche de niveau M2 (bac+5) au sein du Master Sciences et Technologies de Paris 6. Elle est co-organisée par l université Pierre et Marie Curie, l Ircam, et Telecom Paristech. Outre les activités propres à la coordination nous avons démarré cette année un projet pour constituer un annuaire des étudiants, avec les objectifs suivants : établir de manière dynamique des statistiques concernant la formation ; mieux suivre le devenir des étudiants après leur Master ; favoriser la communication entre anciens et futurs étudiants ; valoriser la formation auprès de nos partenaires de recherche ; faciliter l accès à l emploi de nos étudiants ; Une grande part du travail a été déjà réalisée et l annuaire devra voir le jour le premier semestre 2009. 1.5.6.6. Jurys de thèses Olivier Tache : «Conception d'un instrumentarium pour la création musicale à l'aide des modèles physiques CORDIS-ANIMA» Doctorat de l Institut Polytechnique de Grenoble. Par Carlos Agon. Gerardo Sarria : «Formal Models of Timed musical processes» PhD, Universidad del Valle. Par Carlos Agon et Gérard Assayag. 1.5.7. ACTIVITÉS ÉDITORIALES Création du premier journal international à comité de lecture Mathématiques/Musique, par une association d institutions : Ircam (Moreno Andreatta), université de Yale (Ian Quinn), université de Louisiane (Robert Peck), Eastman School of Music (Norman Carey), ESMUC (Thomas Noll), université de Zurich (Guerino Mazzola). Le comité éditorial comporte notamment : Pierre Boulez, Milton Babbitt, Jean-Claude Risset, Yves Hellegouarch. La revue Journal of Mathematics and Music a été lancée officiellement pendant le Colloque «Mathematics and Computation in Music» (Berlin, 18-20 mai 2007) qui a marqué également l acte de naissance de la première société savante internationale sur les rapports mathématiques/musique (Society of Mathematics and Computation in Music) 120 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT REPRÉSENTATIONS MUSICALES dont Moreno Andreatta est actuellement le vice-président. Un numéro spécial sur les problèmes de pavages et mosaïques est actuellement en préparation (Guest Editors : Moreno Andreatta & Carlos Agon) Collection «Musique/Sciences» (dirigée par Jean-Michel Bardez et Moreno Andreatta) et coédité par l Ircam et les Editions Delatour France. Cette collection contribue à la mise en perspective des rapports entre deux types de pensée qui ont entretenu des liens étroits depuis l'antiquité : la pensée musicale et la pensée scientifique. Il s agit d une collection pluridisciplinaire proposant des ouvrages aussi bien en français et en anglais qu'en édition bilingue ou en plusieurs langues. Après les quatre ouvrages publiés en 2006 et 2007, à savoir Penser la musique avec les mathématiques (sous la direction de Gérard Assayag, François Nicolas et Guerino Mazzola) ; Formalismes et modèles (en deux tomes), par André Riotte et Marcel Mesnage ; The OM Composer s Book (vol.1), Carlos Agon, Gérard Assayag, Jean Bresson editors ; Mathematical Theory of Music (par Franck Jedrzejewski), La vérité du beau dans la musique (par Guerino Mazzola, en collaboration avec Yun-Kang Ahn, étudiant en thèse au sein de l équipe), l année 2008 a vu la publication de 3 ouvrages : Autour de la Set Theory. Rencontre musicologique franco-américaine (sous la direction de Moreno Andreatta, Jean-Michel Bardez et John Rahn, en édition bilingue français/anglais), The OM Composer s Book (vol.2), Carlos Agon, Gérard Assayag, Jean Bresson editors (avec préface de David Cope) et Vers une sémiotique générale du temps dans les arts. Actes du Colloque «Les Unités Sémiotiques Temporelles (UST), Nouvel outil d'analyse musicale : théories et applications» Marseille 7-9 décembre 2005 (sous la direction d Emmanuelle Rix et Marcel Formosa). Collection «Computational Music Science» (dirigée par Guerino Mazzola et Moreno Andreatta) et édité par Springer, l une des maisons d édition parmi les plus prestigieuses dans le domaine des éditions scientifiques. Cette collection accueillera les Proceedings de la deuxième conférence de la Society for Mathematics and Computation in Music (Yale, juin 2009). IRCAM 121

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES 1.6. ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES Responsable : Nicolas Donin Nous étudions les œuvres et les pratiques musicales modernes et contemporaines, en nous concentrant sur celles qui constituent le cœur de l activité de l Ircam : composition, conception technologique, mais aussi interprétation du répertoire contemporain ou encore activité théorique. D où : des recherches sur des phénomènes musicaux empiriquement observables (composition d une œuvre, préparation d un concert, usage d un dispositif technique, etc.) ; des recherches historiques, analytiques et esthétiques sur des corpus musicaux du passé ; et des réalisations technologiques (prototypes et applications documentaires multimédia) en lien avec les recherches précédentes. Ces travaux sont interdisciplinaires en ce qu ils associent généralement deux ou trois membres de l équipe aux approches complémentaires (musicologues, chercheurs en sciences humaines et sociales, ingénieurs). En 2008, nous avons recueilli les premiers résultats de notre étude du processus de conception du «quatuor augmenté» à l Ircam une genèse, observée et interrogée sur une période de près de deux ans, qui s est achevée en novembre dernier. En parallèle, nous avons développé, à travers l écriture de trois films de la série Images d une œuvre, une démarche du même type mais d échelle plus modeste, appliquée à plusieurs autres productions de l Ircam, dans une double perspective d action culturelle (faire comprendre et faire connaître la musique produite à l Ircam) et de documentation (garder des traces audiovisuelles de qualité des intentions créatrices et des moments importants d un processus de production). Par ailleurs, cette année a vu l aboutissement de plusieurs chantiers plus anciens : achèvement du projet ANR ECOUTE, publication des Moyens techniques de l art (suite au colloque de 2005 consacré à la sociologie musicale de Max Weber), conception d un site web de l équipe servant de socle à nos futures publications en ligne. Mais 2008 a surtout été le début d une nouvelle période pour l équipe, avec l arrivée d un nouveau chercheur en musicologie, Laurent Feneyrou (CNRS), l un des principaux spécialistes français de la musique du XX e siècle (et du début du XXIe), dont l expertise va nous permettre de développer considérablement nos axes de recherche sur la composition contemporaine et sur l histoire de la musique contemporaine, ainsi que notre activité d édition scientifique en musicologie. Enfin, nous avons monté le projet MuTeC (Musicologie des techniques de composition contemporaines) qui a été sélectionné par l ANR dans le cadre de son appel d offres SHS «La création : acteurs, objets, contextes», et que nous animerons de 2009 à 2012. 1.6.1. SUIVI DE PROCESSUS CRÉATEURS Cet axe de recherche porte sur les processus créateurs complexes observables à l Ircam, qui impliquent la collaboration entre compositeurs, interprètes, réalisateurs en informatique musicale, chercheurs/développeurs, ingénieurs du son, et d autres interlocuteurs le cas échéant. L objectif est double : mieux comprendre les logiques d innovation musicale et scientifique propres à ce type de processus ; expérimenter des méthodes de documentation des intentions créatrices et de leur évolution en relation avec les possibles technologiques et scientifiques qu elles rencontrent. Pour ce faire, d une part nous avons mené l étude approfondie (ethnographique, musicologique, sociologique) d un processus impliquant recherche musicale et production d œuvre ; d autre part, nous avons suivi trois nouvelles productions dans le cadre des courts-métrages Images d une œuvre. 1.6.1.1. Suivi du projet «Quatuor augmenté» L analyse de ce processus de conception aux pôles et aux implications multiples, dont le suivi s est effectué de l automne 2006 à l automne 2008, permet d approfondir et remettre en IRCAM 123

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ question nos travaux passés sur l interprétation et sur la composition, mais aussi de développer de nouveaux thèmes de recherche tels que la relation entre cognition distribuée et créativité, ou les incidences compositionnelles des dispositifs techniques et technologiques au cours d un projet de recherche musicale. Bien qu une partie de cette recherche ait été retardée pour des raisons indépendantes de notre volonté (un congé maternité et un congé maladie prolongé), nous avons obtenu et présenté des résultats significatifs, d une part sur l activité des interprètes lors d un congrès de sociologie, d autre part sur l activité de conception collective du dispositif lors d un congrès d ergonomie. La prolongation du post-doc de Maÿlis Dupont («Ethnographie de l interprétation d une œuvre musicale utilisant l'électronique»), accordée par le CNRS pour la période de septembre 2008 à août 2009, a permis d achever le recueil des données et une partie des analyses. Participants : N. Donin, M. Dupont, S. Goldszmidt, J. Theureau. Collaborations internes : F. Bevilacqua (équipe Interactions musicales temps réel), S. Lemouton (département Création). Collaborations extérieures : F. Baschet (Paris), Quatuor Danel (Bruxelles). 1.6.1.1.1. Achèvement du recueil de données Le concert de création de l œuvre de Florence Baschet, StreicherKreis, pour quatuor à cordes «augmenté» et dispositif électroacoustique live, à l Ircam, le 13 novembre dernier, a clos la période de notre recueil de données autour de cette production. Son suivi ethnographique avait été amorcé deux ans plus tôt, à l automne 2006, à l occasion des premières expérimentations d augmentation des instruments (violoncelle en octobre 2006, alto en novembre 2006). À compter de la session de décembre 2006 avec le Quatuor Danel, toutes les sessions ont été filmées : la première année (2006-2007) au moyen d une caméra ; la seconde année (2007-2008) au moyen de trois caméras synchronisées, afin de mieux couvrir l ensemble des actions engagées par les différents acteurs au cours de ces sessions (interactions langagières, manipulations technologiques, performances instrumentales, etc.). Le principal matériau ainsi recueilli consiste en plus de cent heures de données vidéo, numérisées, classées et (pour la majeure part) retranscrites. Ces données correspondent aux films des sessions de travail (à l Ircam et parfois à Bruxelles), ainsi qu aux entretiens réalisés avant ou après les sessions avec Florence Baschet et/ou Serge Lemouton et/ou Frédéric Bevilacqua. À ces données vidéo, il faut ajouter, constitutifs de notre matériau d enquête : les versions successives du texte musical proposé au travail ; les photocopies des partitions des interprètes faites à la fin de chaque séance (la deuxième année uniquement) ; les données informatiques produites au cours des séances (données audio, données gestuelles, version du patch utilisée pour la reconnaissance et le traitement des gestes) ; les comptes-rendus de séance rédigés par la compositrice ; et les principaux échanges de mails entre compositrice et interprètes. Enfin, une série d entretiens filmés (indépendants des séances) avec Florence Baschet a été réalisée pour documenter les étapes de la composition de l œuvre, de septembre 2007 (rendant compte des trois premiers mois d écriture) à juillet 2008 (envoi de la partition à la maison d édition). Nous avons constitué une archive systématique de l ensemble de ces données, listées dans un inventaire présentant de manière synoptique l ensemble classé par date, puis type de données, et fournissant de chacune un bref descriptif et l indication de son emplacement. 1.6.1.1.2. Le projet «quatuor augmenté» en tant que processus de conception Compositrice, RIM, chercheurs, musiciens chaque acteur du projet est porteur d un point de vue individuel sur l enjeu musical et technologique du projet. Chacun mobilise des expériences et des savoirs musicaux distincts pour contribuer à la définition collective des notions musicales qui, au moment du concert de création, se seront stabilisées dans un dispositif technique et des habitudes de travail. Et chacun organise sa contribution au projet selon des priorités et des modalités de travail qui lui sont propres : par exemple, concernant la partie 124 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES électronique, le réalisateur en informatique musicale et la compositrice ne prennent pas en charge de la même façon, ni aux mêmes moments, l impératif de faisabilité technique en situation de concert. L organisation collective du projet et sa dynamique d ensemble appelaient une analyse spécifique, qui s est inspirée moyennant traductions et adaptations des approches des processus de conception (plus souvent industriels qu artistiques) développées en ergonomie cognitive, en sciences de la gestion et en sociologie des organisations. Grâce aux entretiens rétrospectifs/prospectifs régulièrement menés avec les principaux animateurs du projet, on dispose d un historique du processus permettant de voir comment le plan de travail initial a été (ou non) ajusté et modifié au fur et à mesure de l expérience accumulée au cours des séances ; et on peut retracer de quelle façon les enjeux compositionnels, technologiques, scientifiques et d exécution instrumentale se sont réciproquement influencés. Une étude (en cours de publication) a caractérisé les notions implicites du projet en tant que processus de conception : caractère ouvert de l objet de conception, appui sur des «situations intermédiaire» (à savoir les séances mensuelles de travail et d expérimentation avec le quatuor, la compostrice et l équipe Ircam), variation des modalités de participation des futurs acteurs à la conception. L objet de la conception apparaît comme essentiellement une situation de concert de création, ainsi que, à plus long terme, la définition d un concept de «quatuor augmenté». Le fait que l indétermination de nombreux aspects de l objet de conception soit maintenue jusqu à des étapes avancées du projet permet une variation continue, suivant des pôles de focalisation successifs, des différentes situations d expérimentation réunissant régulièrement interprètes, compositrice et équipe Ircam. On a isolé quelques traits marquants de ces «situations intermédiaires», l un des plus cruciaux étant l alternative entre écologie totale de la situation (où les interprètes doivent faire tout comme dans une exécution musicale habituelle et où le contrôle de l électronique doit être intuitif et instantané) et écologie intégrant l apprentissage du jeu avec des capteurs (où les interprètes doivent faire l effort spécifique de s adapter à l «augmentation» de leurs archets, et s exercer au contrôle de l électronique de façon consciente). En effet, dans les séances avec électronique (printemps 2007), les musiciens devaient ne pas s habituer au résultat des transformations sonores utilisées pour les tests (puisqu elles ne correspondraient pas à l œuvre future), mais plutôt s en abstraire, avant même de s être approprié les fondamentaux du dispositif (c est-à-dire le système technique du capteur posé sur leur archet, le type de paramètres que ce dernier envoie au système informatique, et la variété des traitements qu ils peuvent contrôler). Ce type de paradoxe est sans doute présent dans toute préparation d œuvre avec électronique temps réel (avec ou sans geste), mais de façon seulement latente ou périphérique, tandis qu il est ici l un des éléments récurrents de réflexion et d organisation de la part de l équipe projet. Pour finir, l étude a permis de préciser des caractéristiques et des conditions de la créativité dans les processus de conception de façon plus générale. 1.6.1.1.3. L activité des interprètes au cours des séances mensuelles d expérimentation Prenant acte d un relatif silence en sociologie et en anthropologie de la musique, autour du travail des interprètes (d interprètes confrontés à un texte, en particulier), la recherche de Maÿlis Dupont s est prioritairement concentrée sur la description et la compréhension de l activité du quatuor. Elle s est appuyée sur les acquis théoriques et méthodologiques de l ethnométhodologie anglo-saxonne, ainsi que sur les perspectives et recherches développées dans le sillage de Michel Callon et Bruno Latour (dans ce qu il est désormais convenu d appeler «théorie de l acteur réseau» et que l on désigne aussi, de manière moins exacte, comme la «nouvelle anthropologie des sciences et des techniques»), renouvelant ainsi l axe «Musicologies de l interprétation» de notre programme de recherche. Cette étude a permis de faire apparaître des acteurs triplement engagés dans l action, dont le rôle, les compétences ou les initiatives sont loin d être parfaitement rendus par une division officielle (ou a priori) du travail entre «compositeur» et «interprètes» notamment. Une analyse fine de l activité, des gestes et des discours délivrés en situation, éclaire d un jour nouveau la participation des interprètes à l œuvre. «Auteur» intervenant sur le détail d un IRCAM 125

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ texte musical, «expert» produisant sur demande du matériau musical calibré, «cobaye» répondant aux sollicitations très simples d une équipe technique : ce sont ces trois visages que les interprètes endossent tour à tour au cours d une seule et même séance. Deux éléments bousculent au final une conception simpliste de l interprétation (comme appropriation d un texte mesurable dans l écart au texte qu elle génère). Le premier tient dans l ambiguïté relevée entre la valorisation de la différence que suppose le terme d interprétation et l écriture extrêmement précise du geste dans la partition travaillée. Nous dirions même : l écriture extrêmement précise de leur geste (du geste de ces interprètes), dans la partition travaillée. C est leur performance qui se trouve au final peu ou prou fixée dans la partition, le compositeur notant ce qu ils font, corrigeant pour eux une note, un doigté, une nuance, etc. Le deuxième élément bousculant une représentation simpliste du travail d interprète, c est le hiatus apparu entre la valorisation de la singularité du jeu et l utilisation de la performance musicienne comme performance exemplaire, ou performance-type. Les musiciens sont tour à tour convoqués dans leur singularité et dans leur exemplarité, dans cette situation. Resterait à saisir ce que ces tensions doivent au cas précis observé, ce que d autres analyses de l activité effective de musiciens interprètes pourraient montrer. 1.6.1.2. Filmer l émergence d une création : contributions à la série Images d une œuvre À l initiative du département Pédagogie et action culturelle, plusieurs membres de l équipe ont participé à la série documentaire Images d une œuvre coproduite par l Ircam et le Centre Pompidou. Chaque film vise à rendre compte d une œuvre nouvelle, commandée et réalisée à l Ircam, en montrant des moments choisis dans le long processus menant à sa création. Auteur et réalisateur ont suivi sur un temps plus ou moins long (de quelques mois à deux ans selon les cas) les différentes étapes du travail de création. Ce travail engage, autour du compositeur, nombre d autres acteurs, au premier rang desquels le réalisateur en informatique musicale et le(s) interprète(s). C est le visage concret de telles collaborations que ces différents documentaires donnent donc à voir. Ils proposent d entrer dans l œuvre musicale moins de manière analytique, à partir d un produit fini (et par principe cohérent), que de manière pragmatique, à partir d une histoire, l histoire concrète d un faire (et d un faire ensemble). Ces productions ont été des occasions privilégiées pour expérimenter sur des terrains variés les problématiques de recherche développées au sein de l équipe. Les documentaires, d une durée de 12 à 15 minutes, sont projetés avant le concert de création des œuvres, en présence (au minimum) de l auteur et du réalisateur, ainsi que du compositeur et de son réalisateur en informatique musicale. Ils sont, dans un second temps, mis en ligne sur le site de l Ircam. En 2008, trois d entre eux ont été finalisés, et présentés publiquement : «Images d une œuvre n 3 : océan de Philippe Maintz», écrit et réalisé par Nicolas Donin et Lionel Escama, première projection le 12 janvier à l Ircam ; «Images d une œuvre n 4 : Dans le mur de George Aperghis», écrit et réalisé par Nicolas Donin et Benoît Martin, première projection le 26 mars à l Ircam. «Images d une œuvre n 5 : Deux caprices pour percussion de Luis Naon», écrit et réalisé par Maÿlis Dupont et Jérôme Polidor, première projection le 22 octobre à l Ircam ; À travers ces trois exemples (et en particulier les n o 4 et 5 tournés en 2008), nous avons notamment pu mettre en évidence les modalités de l engagement de l interprète dans le processus productif, jusqu à sa participation à certains détails d écriture de l œuvre. L interaction entre les possibles technologiques (que réalisateur en informatique musicale et membres des équipes de recherche impliquées s efforcent d étendre), le langage artistique d un compositeur et les attendus d une commande a également fait l objet d observations précises et d une restitution condensée au montage. 126 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES 1.6.1.3. Évolution du séminaire APM/EHESS : de l interprétation aux processus créateurs S émancipant de son ancrage exclusif sur l interprétation musicale en 2006-2007, le séminaire organisé par l équipe à l EHESS en collaboration avec Rémy Campos s est élargi en 2007-2008 aux différentes pratiques qui se rencontrent de façon indissociable dans la plupart de nos objets de recherche : composition, interprétation et écoute. Sous le titre «D une musicologie des textes à une musicologie des processus créateurs», ce séminaire confrontera différentes approches des processus de création musicale caractéristiques de la musique occidentale savante du XX e siècle, de la critique génétique d œuvres contemporaines à la recherche musicale en passant par l histoire de l interprétation qui fera l objet d une attention particulière dans le prolongement immédiat des deux années précédentes. Participant : N. Donin. Collaboration extérieure : R. Campos (CNSMDP et Conservatoire de Genève). 1.6.2. ANALYSER LA COMPOSITION Notre approche de la composition, essentiellement basée sur des études empiriques auprès de compositeurs en activité, s est enrichie cette année d une composante esthétique lors du suivi par Laurent Feneyrou de la composition d Exercices du silence par Brice Pauset (commande du Festival d automne et de l Ircam). Ces deux approches seront en fait conjuguées dans le projet MuTeC (Musicologie des techniques de composition contemporaines, 2009-2012), rédigé au premier semestre avec nos partenaires (Pascal Salembier, TechCICO-UTT, et Vincent Tiffon, CEAC-Univ. Lille 3), sélectionné par l ANR à l automne, et amorcé dès décembre par des entretiens préliminaires avec Stefano Gervasoni et Jean-Luc Hervé. Pour ce projet, nous pourrons nous appuyer sur le socle théorique en voie de constitution grâce à notre dialogue avec la critique génétique, particulièrement développé en 2008 avec la coorganisation du colloque international «Genèses musicales». Nous nous appuierons également sur les expériences, d une part du séminaire «Composition & musicologie contemporaines», d autre part du projet éditorial collectif Théories de la composition au XX e siècle. 1.6.2.1. Suivi de la création et analyse d Exercices du silence (Brice Pauset) Récit en quatorze scènes, créé à l Opéra de Paris le 6 décembre 2008, sur des lettres d une mystique radicale, Louise du Néant, les Exercices du silence, pour voix, piano et traitements informatiques, ont fait l objet d un échange avec le compositeur dès les premières étapes (recherche du livret ; découpage des lettres et des scènes), puis au cours des mois de gestation. Laurent Feneyrou a reconstitué le faisceau de sources et de problématiques de l œuvre : sources mystiques du Grand Siècle français, et notamment François Guilloré enjoignant à sa pénitente de «périr» ; sources psychologiques et psychiatriques, autour de l angoisse et de l extase, à l époque de la sécularisation de cette expérience délirante, désormais traitée comme hystérie par de la Tourette et Janet ; sources politiques enfin, Pauset organisant une désorientation sensorielle de l auditeur, évoquant celle de détenus d aujourd hui l isolement, les modifications thermiques, le contrôle de la lumière étant regroupés sous le vocable d ego down, que Pauset fait résonner avec la mort mystique du moi. Trois sources, trois temporalités historiques, auxquelles renvoient gestes, ornements et écriture vocale, pianistique et informatique. En écho, une étude des échantillons constituant un abject sonore, un enfer de nos oreilles répondant à la scatophagie de Louise du Néant, mais aussi des techniques de composition (l usage de la guématrie), a abouti à une conférence au Centre Pompidou (dans le cadre de la série «Un dimanche, une œuvre»), qui sera développée et approfondie lors de sa rédaction dans le cadre d un nouveau projet consacré à l œuvre de Pauset en 2010. IRCAM 127

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ Participant : L. Feneyrou. 1.6.2.2. Étude des écrits théoriques et analytiques des compositeurs du XX e siècle Les écrits des compositeurs sur leur propre musique sont à la fois une source privilégiée pour comprendre leurs œuvres et leurs positionnements esthétiques, mais ils posent aussi un problème : c est à bon droit qu une éternelle suspicion plane sur la sincérité de ces textes, rédigés avec une conscience plus ou moins nette de leur influence possible sur la réception des œuvres dont ils traitent. Ce problème est au cœur des différentes contributions à l ouvrage collectif sur les théories compositionnelles que nous préparons. Il a fait l objet d une étude spécifique dans le cadre d un réseau de recherche associant des musicologues belges, français et canadiens sur le thème des «Écrits de compositeurs». Ce réseau financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, en plus d organiser un colloque international et un séminaire de recherche où les premiers résultats de notre étude ont été présentés, a apporté au second semestre une subvention importante aux éditions Symétrie pour la publication du livre précédemment mentionné. 1.6.2.2.1. Édition scientifique de Théories de la composition musicale au XX e siècle L essentiel de notre travail a consisté à produire, en coopération avec les auteurs et avec la maison d édition, des versions satisfaisantes complétées, vérifiées (quant aux dates, citations, paginations, etc.), ajustées en fonction des autres textes, mises et normes, et relues d une majorité des 68 textes que comprendra l ouvrage. Laurent Feneyrou a, en outre, assuré la traduction de l italien pour deux chapitres : «Les studios d électro-acoustique, outils collectifs et traditions nationales» par Alvise Vidolin (9 538 mots en français) et «La pensée spectrale» par Angelo Orcalli (34 182 mots). Nicolas Donin a supervisé les traductions de l anglais (chap. sur le minimalisme et sur l intonation juste) et du polonais (chap. sur les théories de l École polonaise). Une douzaine de textes a été remise à Symétrie en juin, une autre douzaine en octobre, encore une autre en décembre. Une présentation du projet scientifique et du sommaire a été mise en ligne à l adresse http://apm.ircam.fr/tcm Participants : N. Donin, L. Feneyrou. Collaborations extérieures : G. Rico (Paris), E. Veaux (Paris), Editions Symétrie (Lyon), différents contributeurs au livre. 1.6.2.2.2. L analyse des œuvres par les compositeurs eux-mêmes D Arnold Schoenberg à Jonathan Harvey en passant par certains textes de Boulez, de nombreux compositeurs majeurs du XX e siècle ont éprouvé à certaines occasions le besoin de formuler par écrit le cheminement de leur pensée relativement à une œuvre fraîchement achevée ou, plus généralement, relativement à des caractéristiques de leur façon de composer. Ces écrits, qu on ne peut réduire ni à des autobiographies ni à une autoexégèse voulant conditionner le discours critique sur leurs œuvres, constituent des témoignages précieux sur leur travail, à revers des textes polémiques ou théoriques qui visent à la conquête ou à l affermissement de positionnements esthétiques. Nous avons recensé les principaux textes publiés relevant de ce genre, que nous avons désigné par la catégorie d «écrits autoanalytiques», en remontant jusqu à l entre-deux guerres et avec un accent plus particulier sur la musique des quarante dernières années. Nous avons mis en évidence la relation entre le développement de cette approche et le déclin de l activité de théorisation par les compositeurs au cours du dernier tiers du siècle passé. Cette étude, d abord discutée dans le cadre du colloque «Ecrits de compositeurs» organisé par Michel Duchesneau et Valérie Dufour à Montréal (Faculté de musique, OICCM/université de Montréal, 12-15 mars), viendra alimenter notre ouvrage Théories de la composition au XX e siècle sous forme d un chapitre de la dernière partie, 128 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES abordant notamment les écrits autoanalytiques de Jean-Luc Hervé, Roger Reynolds et Jonathan Harvey. Participant : N. Donin. 1.6.2.3. Colloque «Genèses musicales» (en collaboration avec l ITEM) Ce colloque invitait à concevoir l œuvre musicale non seulement comme une forme finie, mais comme un processus complexe justiciable d une «critique génétique» comparable à celle qui s est développée depuis les années 1970 en littérature à l initiative du laboratoire coorganisateur, l Institut des Textes et Manuscrits Modernes (CNRS / ENS Ulm). Le programme était structuré en quatre sessions : Génétique et musicologie, enjeux scientifiques ; Musique/Texte ; Editions et analyses génétiques ; Composition et performance. Le colloque a permis de montrer la proximité entre les deux communautés scientifiques concernées : l influence de l analyse musicale sur les sketch studies nord-américaines autour de 1980 présente des analogies frappantes avec le développement, au cours de la décennie précédente, de la critique génétique en rupture avec la philologie littéraire. L usure relative de ces deux paradigmes appelle, tant du côté littéraire que musical, une rénovation ou une mutation qui prendrait en compte les dimensions anthropologiques et psychologiques de l étude des processus créateurs lorsqu on l applique à des situations observées in vivo, ou bien même lorsqu on sollicite la parole du créateur sur un corpus génétique clos. Les nouveaux thèmes transversaux tant pour la musicologique que pour la critique génétique apparus au cours du colloque structureront l ouvrage collectif actuellement en préparation : les interactions entre codes textuels et méta-textuels (texte verbal vs musical en particulier), la relation entre jeu instrumental et écriture dans la composition, la problématique de la créativité distribuée (cas d opéra, de recherche musicale, etc.), l évolution de la méthode génétique et de l édition musicale en contexte informatique, enfin le parallélisme entre les histoires respectives des deux disciplines. Participant : N. Donin. Collaboration interne : S. Gomes (Communication & éditions). Collaboration extérieure : A. Grésillon (ITEM-CNRS). Intervenants : B. Appel (Beethoven Haus, Bonn), R. Campos (CNSMDP), P.-M. De Biasi (ITEM- CNRS), D. Ferrer (ITEM-CNRS), W. Kinderman (Univ. d Illinois à Urbana-Champaign), J.-L. Lebrave (ITEM-CNRS), R. Legrand (Univ. de Paris-Sorbonne), M. Levinas (Paris), L. Lockwood (Univ. Harvard), P. Metzler (Paris), R. Piencikowski (Paul Sacher Stiftung), J. Rink (Univ. Royal Holloway), H. Schneider (Univ. Sarre), K. Syer (Univ. d Illinois à Urbana- Champaign), C. Urchueguia (Zurich). 1.6.2.4. Séminaire «Composition & musicologie contemporaines» Le séminaire «Composition et musicologie contemporaines» (CNRS / CNSMDP), organisé depuis 2006 par Frédéric Durieux et Laurent Feneyrou, a pour objet des œuvres récentes dans l immanence de leurs procédures, de leur morphologie, de leur syntaxe et de leur style, et pour méthode, un dialogue entre la voix du compositeur et celle du musicologue. À la recherche de nouveaux outils, chacun des intervenants sélectionne, organise et analyse des événements concrets, techniques, pris dans une même partition, d un même fragment ou d une même problématique d écriture. Les trois séances du second semestre 2008 ont essentiellement porté sur la conception formelle (son organisation par des suites de Fibonacci dans l œuvre de Schöllhorn), sur la IRCAM 129

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ perception de la grande forme symphonique ou opératique, après les développements absents de l œuvre debussyste, dans les structures dramaturgiques et résultant de photographies chez Manoury, ainsi que sur l aura et la question du lieu chez Lachenmann. Participant : L. Feneyrou. Collaboration interne : S. Lemouton (Production). Collaborations extérieures : A. Poirier (CNSMDP), F. Durieux (CNSMDP), M. Kaltenecker (Paris), J. Schöllhorn (Cons. Hanovre), Ph. Manoury (Univ. San Diego), H. Lachenmann (Stuttgart). 1.6.3. OUTILS & MATÉRIAUX POUR LA PUBLICATION EN LIGNE Nous avons mené à bien trois projets engagés les années précédentes : les développements liés au projet ECOUTE (SP7 «Education musicale hypermédia Développement chaîne éditoriale») ; l usage d un prototype d outil de mise en tableau de partition et la spécification des besoins pour la version 2 en cours de développement ; l analyse de la pratique d écoute des membres du MIM à l occasion de leur usage de l outil just que nous avions développé en 2007 dans le cadre du projet ScenariPlatform. Notons que la clôture du projet ECOUTE s est accompagnée d une distinction décernée à l un des deux Parcours interactifs que nous avions développés et publiés dans ce cadre, avec le soutien du Conseil régional de la région PACA, l année précédente : un Prix Charles-Cros 2008 a en effet été attribué au DVD-Rom Parcours interactif dans Voi(rex) de Leroux. 1.6.3.1. Mise en tableau & écoute segmentée Grâce une bourse d accueil de chercheur étranger obtenue lors de l appel d offres 2007 de la Mairie de Paris, nous avons repris notre collaboration avec Jonathan Goldman sur l analyse paradigmatique de partition réalisée au moyen de l outil «Score Charter» développé par Thomas Bottini (stage APM puis doctorant à l UTC). Cette collaboration sur trois mois nous a permis : de mettre en forme et soumettre à publication les résultats obtenus jusqu à maintenant (cela a donné lieu à un article multimédia accepté par la revue Music Theory Online) ; de constituer un groupe d usagers en vue de nouvelles analyses musicales ; de recenser les améliorations souhaitables de l outil actuel et rédiger un cahier des charges pour la V2 de l outil. Participants : N. Donin, J. Goldman (Univ. de Victoria & chercheur invité APM), S. Goldszmidt. Collaborations extérieures : Th. Bottini (UTC), J.-J. Nattiez (Univ. Montréal), V. Tiffon (Univ. de Lille 3). 1.6.3.2. Étude de l appropriation de l outil just par une collectif d auditeurs Après le développement en 2007 de just, composant de segmentation audio intégré à la suite logicielle Scenari, nous avons étudié l insertion de cet outil au sein de la pratique habituelle des usagers auxquels il était destiné. Cette recherche procédait aussi d une interrogation plus générale sur l écoute musicale : qu entend un auditeur lorsqu il écoute une œuvre? Comment interprète-t-il et qualifie-t-il ce qu il entend? Si l on peut bien admettre que l écoute varie en fonction des époques et des lieux, il n est guère aisé de fonder cette opinion empiriquement. À cet égard, les séances collectives d écoute et d analyse réalisées par les membres du groupe Musique et Informatique de Marseille se présentaient comme un terrain d enquête rare. Des écoutes effectives, singulières, se trouvent dévoilées, volontairement explicitées par les acteurs en présence. L observation et l enregistrement de telles séances nous ont permis de rendre compte du «format» de leur écoute (de ce qui est écouté, des règles de leur écoute, etc.). L incidence du dispositif sur ce format est particulièrement interrogée dans ce cas, l introduction de just en lieu et place de la chaîne hi-fi habituellement utilisée par les musiciens observés induisant une redéfinition de leur activité. 130 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES Les analyses (à paraître sous forme d article en ligne dans la revue Musimédiane) font apparaître le postulat commun aux écoutes observées (quel que soit l outillage utilisé chaîne hi-fi ou bien logiciel de segmentation/nomination), ainsi que l évolution des pratiques d écoute induite par le passage d un outillage à l autre. Des logiques d écoute sont en fait distinguées, dont il conviendrait d éprouver la validité plus générale en étendant l analyse à d autres cas : logique de contextualisation (les auditeurs écoutent un segment relativement à d autres) vs logique d abstraction (les auditeurs écoutent plusieurs fois un seul et même segment) ; logique de catégorisation (les auditeurs écoutent et procèdent par élimination progressive des catégories d appartenance possibles) vs logique de description (les auditeurs privilégient la description de ce qu ils entendent, quitte à nuancer l appartenance à telle ou telle catégorie, en ajoutant des annotations). Participante : M. Dupont. Collaborations extérieures : M. Formosa, M. Frémiot, E. Hemour, J. Mandelbrojt et J.-P. Moreau (MIM). 1.6.3.3. Achèvement du projet ECOUTE Dans le cadre du projet ANR RIAM ECOUTE, nous avons finalisé : le modèle de publication hypermédia musical web. Ce modèle de publication générique et flexible orienté web permet d appréhender les problématiques de la publication de contenu musical en ligne : le modèle de publication CD-ROM. Ce modèle, calqué sur la ligne éditoriale développée dans le cadre du projet Musique Lab PACA permet à un auteur, et sans aide extérieure conséquente, de publier sur support numérique type CD-ROM, des analyses hypermédia. C est ce modèle qui est employé pour la création des «Parcours interactifs d une œuvre». Techniquement, nous avons : d une part, intégré un nouveau outil auteur de sélection d annotations sur une partition synchronisée dans Musique Lab Annotation ; d autre part, mis à jour une nouvelle version d un lecteur de partition annotée et synchronisée dans les différentes publications. Participant : S. Goldszmidt. Collaboration interne : J. Barthélémy (équipe Services en ligne). Collaborations extérieures : S. Crozat (UTC), D. Saint-Martin (INA-GRM), S. Spinelli (Kelis). 1.6.4. ANIMATION SCIENTIFIQUE, ÉDITION, DISSÉMINATION 1.6.4.1. Contributions à B.R.A.H.M.S. Nous avons poursuivi notre collaboration régulière aux projets documentaires du département Médiations recherche/création, en particulier B.R.A.H.M.S. mais aussi une réflexion sur le projet Répertoire qui se concrétisera en 2009. 1.6.4.1.1. Participation scientifique Nous avons participé en qualité de conseil musicologique aux réunions sur le contenu des mises à jour et sur la stratégie de développement de la base. Cette contribution ne se limite pas à rechercher et proposer des auteurs pour les différents textes «Parcours de l œuvre», mais consiste aussi à assurer le suivi éditorial de certaines commandes, en complément de Cyril Béros. D autre part, Laurent Feneyrou a assuré la rédaction complète de deux grandes notices (biographie, bibliographie, discographie, «Parcours de l œuvre», catalogue complet) : celles consacrées à Morton Feldman (1926-1987) et à Brice Pauset (né en 1965). IRCAM 131

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ Participants : N. Donin, L. Feneyrou. Collaboration interne : C. Béros (département Pédagogie et action culturelle). 1.6.4.1.2. Participation technologique B.R.A.H.M.S. est développée aujourd hui dans le framework de développement web Django. Ce portage nous a permis de bénéficier d une amélioration forte en terme de structuration et validation des données entrées, en nous servant des mécanismes proposés par le framework, obligeant une distinction forte entre contenu, structure et mise en forme. Nous utilisons aussi des frameworks JavaScript & CSS pour l affichage public (YUI, jquery, protoype, tiny_mce etc.) qui nous permettent d obtenir des fichiers HTML valides et bien formés. Une attention particulière a été portée sur l administration, notamment des effectifs détaillés, qui est aujourd hui développée en HTML (alors qu elle était développée en Flex / Flash en 2007). Ainsi, la base est aujourd hui mûre pour l importation de contenu multimédia riche (c est-à-dire a minima des vidéos), et elle pourra bénéficier au passage des avancées techniques prototypées et développées sur le site de l équipe APM (voir plus bas). Participant : S. Goldszmidt. Collaboration interne : B. Montfort (département Médiations recherche/création). 1.6.4.2. Organisation de colloques et séminaires 1.6.4.2.1. Participation à la conception et à l organisation du colloque Elliott Carter Nous avons participé au comité scientifique et au comité d organisation du colloque imaginé par Max Noubel à l occasion des 100 ans d Elliott Carter : «Hommage à Elliott Carter. Des ponts vers l Amérique, II». Ce colloque a abordé les thèmes suivants : l écriture cartérienne ; regards de compositeurs ; espace sonore et rythme dans la musique de Carter ; Carter dans l histoire. Nous avons présenté dans la session 2 une réflexion sur la réception française de l œuvre de Carter, à travers deux brefs entretiens avec Florence Baschet, stagiaire à Acanthes en 1991 (année où Carter y enseignait), et Frédéric Durieux, contributeur au numéro consacré à Carter par la revue Entretemps en 1987 (n 4). Participant : N. Donin. Collaborations internes : M. Andreatta et G. Assayag (RepMus), A. Becker et C. Béros (Pédagogie et action culturelle). Collaboration extérieure : M. Noubel (CRAL, EHESS-CNRS) Intervenants : Ph. Albèra (Cons. de Genève), F. Baschet (Paris), G. Bloch (Univ. Marc Bloch, Strasbourg), C. Carey (Rider Univ.), F. Durieux (CNMSDP), D. Gail (Univ. Oklahoma), G. Herzfeld (Freie Univ., Berlin), A. Mead (Univ. Michigan), F. Nicolas (Paris), M. Noubel (Univ. de Bourgogne/CRAL-EHESS), E. Poudrier (Univ. Yale), R. Pozzi (Univ. Rome III), D. Schiff (Reed College, Portland), D. Vermaelen (Univ. François Rabelais, Tours). 1.6.4.2.2. Conception et organisation du colloque Olivier Messiaen À l initiative de l association Messiaen 2008 et en collaboration avec l Institut Catholique de Paris, le colloque «Entre foi, liturgie et théologie. L œuvre d Olivier Messiaen à l aune du catholicisme», sous la direction de Laurent Feneyrou, s est proposé d étudier l œuvre de Messiaen dans une perspective maintes fois suggérée par le compositeur lui-même, mais rarement abordée scientifiquement à ce jour : le religieux. 132 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES Ce thème de recherche fut décliné en trois directions : la religion au quotidien (une histoire du contexte religieux français, y compris familial, plus particulièrement des années 1930-1950, autour de Pierre Messiaen, de Dom Marmion et du Renouveau catholique français, ainsi que la pratique d organiste de Messiaen dans le cadre de la liturgie), la théologie, principalement autour de saint François d Assise et surtout de saint Thomas d Aquin, source majeure du Traité de rythme, de couleur, et d ornithologie (dans quelle mesure Messiaen a-t-il été un compositeur thomiste? Y a-t-il par ailleurs chez lui expérience mystique?), enfin la symbolisation harmonico-modale, rythmique ou registrale du religieux dans certaines œuvres pour piano, pour orgue ou pour orchestre. Participant : L. Feneyrou. Collaborations extérieures : C. Samuel (ACDA), E. Bellanger (ICP). Intervenants : Y. Balmer (ENS-LSH), A. Toury (Reims), S. Bruhn (Univ. du Michigan), P. Charru (Centre Sèvres), F. Bousquet (ICP), G. Berceville (ICP), R. Campos (CNSMDP), M. Fischer (Univ. de Paris-Sorbonne), L. Kayas (CNSMDP), M. Joos (CRR de Lille), P. Bannister (Paris). 1.6.4.2.3. Codirection de la journée d étude Lieux de musique III Quelle relation le lieu instruit-il entre tel ou tel répertoire musical, telle ou telle performance et l écoute? Quelles sont les pratiques d écoute d aujourd hui et les technologies de celle de demain? À l ère de l ipod et d itunes, comment expliquer la construction de nouveaux auditoriums et salles de concert? Au cours de cette journée d études, organisée par le Festival d automne à Paris, enregistrée par France Culture pour «Les sentiers de la création», et placée sous la direction de Denis Laborde et Laurent Feneyrou, une approche pluridisciplinaire (architecture, composition, neuropsychologie, philosophie et musicologie) du thème de l écoute s est déclinée en en trois temps : composer (comment des compositeurs intègrent-ils la situation d écoute et le lieu dans leur projet compositionnel?), entendre (qu apporte à la musique une leçon de physiologie de la perception sonore et de ses troubles), construire (comment s inscrit l écoute dans l édification d un lieu de musique, entre matériaux, formes, usages et cahiers des charges ). Participant : L. Feneyrou. Collaborations extérieures : D. Laborde (CNRS-Laios), R. Casati (CNRS-Institut Nicod), M. Kaltenecker (Paris), B. Lechevalier (Académie de médecine), B. Métra (Métra et associés), G. Pesson (CNSMDP). 1.6.4.2.4. Contribution aux «Samedis d Entretemps» Sous la direction de Geoffroy Drouin, Gilles Dulong, Laurent Feneyrou et François Nicolas, les «Samedis d Entretemps» ont abordé en 2008 leur onzième saison. Un livre y est discuté, en présence de son auteur, sous forme d une série d interventions (entre trois et cinq) d une trentaine de minutes chacune, suivie de discussions avec l auteur, puis avec la salle. Chaque intervention présente une lecture personnelle, d orientation libre. Les livres examinés portent sur la musique. Ce sont des livres relativement récents, mais publiés depuis suffisamment longtemps pour qu ils aient déjà eu le temps d être lus et assimilés. Il ne s agit donc pas de matinées de «promotion» d ouvrages au moment même de leur parution. Les ouvrages retenus sont personnels au double sens d ouvrages portés par une personne les ouvrages collectifs sont donc a priori écartés et déployant une vision singulière du sujet traité. A été traité au second semestre : Approche de John Cage. L écoute oblique de Carmen Pardo. Participant : L. Feneyrou. Collaborations extérieures : C. Pardo (université de Barcelone), J.-M. Chouvel (université de Reims), M. Solomos (université de Montpellier-3). IRCAM 133

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES 1.6.4.3. Édition scientifique RAPPORT DÉTAILLÉ Ce paragraphe regroupe les finalisations d ouvrages publiés par l équipe en 2008. Une attention particulière a en effet été apportée à la qualité de l édition scientifique de ces publications qui représentaient l aboutissement de programmes de recherches menés sur plusieurs années : rédaction des introductions et relectures des deux fascicules Les moyens techniques de l art (en codirection avec Philippe Despoix), numéros thématiques de la Revue de Synthèse (Springer) ; complétion, préparation, relectures des textes et épreuves de L analyse musicale, une pratique et son histoire (en codirection avec Rémy Campos), paru début 2009 (Droz HEM/Conservatoire de Genève) ; complétion et relectures du Cours d action : méthode réfléchie, paru début 2009 (Octares). Participants : N. Donin, J. Theureau. Collaborations extérieures : R. Campos (CNSMDP et Conservatoire de Genève), Ph. Despoix (Univ. Montréal), M.-H. Benoît-Otis (Univ. Montréal), O. Umecker (Lyon). 1.6.4.4. Expertises Nicolas Donin a participé, en tant que membre de la rédaction, à la préparation de plusieurs numéros de Circuit. Musiques contemporaines (vol. 18, n os 2 et 3, vol. 19 n o 1) ; et en tant que correspondant français, à la revue scandinave Nutida Musik publiée par la section suédoise de l ISCM. D autre part, il a été relecteur anonyme pour Acta musicologica et pour le colloque international «Ecrits de compositeurs» (Faculté de musique de l université de Montréal, mars 2008). Laurent Feneyrou a participé aux travaux de l Académie Charles Cros, de la Bourse des Muses, de la Fondation Salabert, ainsi que de l Association Messiaen 2008 (depuis 2007). Participants : N. Donin, L. Feneyrou. 1.6.4.5. Refonte du site de l équipe : http://apm.ircam.fr/ Nous avons redéveloppé le site web de l équipe et changé d adresse : http://apm.ircam.fr/ (tout en redirigeant les anciennes pages hébergées sur http://recherche.ircam.fr/equipes/apm). Le nouveau site exploite les possibilités actuelles d administration web par les usagers tout en reflétant l expertise développée au sein de l équipe en matière de publication multimédia. Basé sur le framework Django (tout comme B.R.A.H.M.S.), le site est architecturé autour de trois modèles pivots : «Projet» (permettant de décrire chaque projet), «Pôle» (présentant un sousensemble des projets en relation avec un des quatre grands pôles thématiques de l équipe), et «Actualités (publication, colloques, conférences)». Des modèles complémentaires permettent : de préciser ces contenus en terme de sous-projets par exemple pour un projet donné ; de présenter les membres de l équipe, avec une page par membre (permanent ou pas, rattaché à l équipe ou collaborateur extérieur) ; de créer des contenus statiques, comme pour la page de lien. L édition des contenus se fait dans une interface d administration simple et accessible qui facilitera leur mise à jour. Concernant l accès aux données, nous avons aussi simplifié les URL, en leur donnant des noms mémorisables (par exemple, http://apm.ircam.fr/mutec pour la page concernant le projet MuTeC). Le site intègre des éditeurs de texte html et une application de type FTP, ce qui nous a permis : de réintégrer de nombreuses applications multimédia autrefois présentes sur les pages de l équipe au sein du site institutionnel de l Ircam ; de redévelopper un certain nombre d entre elles en les rendant totalement indépendantes et autonomes de leur place sur le serveur (les futurs migrations ou portages seront facilités ainsi que leur préservation) ; 134 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES de prévoir l ajout sur ce site d applications multimédia riches en ligne et intégrées à la charte graphique générale. C est actuellement déjà le cas pour le «Journal de composition de Philippe Leroux», application initialement diffusée sur DVD-ROM et développée en Flash, dont la refonte a fourni le premier exemple d ajout d application à notre site ; Participants : N. Donin, M. Dupont, L. Feneyrou, S. Goldszmidt, J. Theureau. 1.6.4.6. Enseignement, conférences, encadrement pédagogique, jurys Enseignement : intervention au Cursus de composition assistée par ordinateur, 2 e année, journée «Geste instrumental, écriture, captation», Ircam, 23 janvier (Donin) ; deux conférences invitées à la Faculté de musique de l université de Lille 3, 15 février (Donin, Goldsmizdt) ; conférences invitées au séminaire de musicologie de l ENS Lyon, 5 mars (Donin, Dupont) ; cours sur l analyse d interprétation, classe d analyse musicale d Emmanuel Ducreux, CNSMDL, 5 mars (Donin) ; intervention au séminaire doctoral «Écrits de compositeurs», Faculté de musique de l université de Montréal, 10 mars (Donin) ; présentation du programme de recherche de l équipe APM, Faculté de musique de l université Laval, Québec, 14 mars (Donin) ; Cours sur les méthodes de Coconception, UTC NF 28, Ingénieries de systèmes interactifs, Compiègne, 29 avril (Goldszmidt) CNSMDP (Paris), Classe de culture musicale : 46 h de CM (Feneyrou) ; université d Alcala (Madrid, Espagne), Doctorat : 14 h de CM (Feneyrou). Encadrement de travaux universitaires : L. Feneyrou : encadrement du doctorat de Laetitia Derbez (EHESS) ; L. Feneyrou : encadrement de 3 mémoires (CNSMDP) : Aurélie Karbowiac (La Flûte à bec dans la musique contemporaine), Aurélie Bergerot (John Cage et Erik Satie), Clément Mao-Takacs (Kaija Saariaho, Amin Maalouf, Peter Sellars : du spirituel dans l opéra) ; N. Donin a participé aux travaux du Conseil pédagogique du Parcours Musique de l EHESS Jurys : L. Feneyrou, membre du jury du Master 2 de Ségolène Tellier-Lambin, Johann Faustus de Hanns Eisler, université de Paris IV (21 octobre 2008) ; L. Feneyrou, membre du jury du doctorat d Yves Balmer, Édifier son œuvre. Genèse, médiation, diffusion de l œuvre d Olivier Messiaen, université de Lille III (10 décembre 2008). 1.6.4.7. Formation interne En collaboration avec le Service du personnel, nous avons proposé un programme de formation interne à la Culture musicale contemporaine (deux journées de 7 h). Les principes en sont inchangés : aborder les principaux thèmes et les principales œuvres structurant la saison musicale de l Ircam. Ces journées, qui ont pour but de permettre aux participants une familiarisation avec les répertoires et esthétiques concernés, sont confiées à des enseignants et musicologues reconnus, et adoptent la forme d une conférence laissant place à de nombreux moments d écoute musicale, et ouverte à la discussion avec les membres du personnel intéressés. La journée du 29 mai 2008, en préparation du Festival Agora, a été assurée par Pierre Rigaudière (journaliste spécialisé dans la musique contemporaine) et traitait de l œuvre IRCAM 135

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES RAPPORT DÉTAILLÉ de Grisey, du courant spectral, ainsi que l influence de Grisey sur les jeunes compositeurs d aujourd hui. La journée du 22 septembre 2008, introduisant aux thèmes du début de la saison musicale, a été assurée par Hélène Cao (professeure de culture musicale) et portait sur : l histoire récente du quatuor à cordes (1/2 journée) ; les pratiques du collage et de la citation et leur relation avec l esthétique postmoderne (1/2 journée). Participant : N. Donin. Collaboration interne : A. Magne (Service du personnel). Collaborations extérieures : H. Cao (Cons. municipal du XIIIe arr., Paris), P. Rigaudière (Paris). 1.6.5. PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS Articles parus dans des revues à comité de lecture Despoix, Ph., Donin, N., «Relire un essai weberien méconnu : motifs et obstacles», Revue de synthèse, 2008, t. 129, 6 e série, n 2, pp. 205-214. Donin, N., «Enquête sur l atelier d un compositeur contemporain», Revue de synthèse, 2008, t. 129, 6 e série, n 3, pp. 401-420. Donin, N., Despoix, Ph., «Moyens techniques et reproduction sonore. Du programme wébérien à la musicalité contemporaine», Revue de synthèse, 2008, t. 129, 6 e série, n 3, pp. 333-340. Donin, N., Goldman, J., «Charting the Score in a Multimedia Context: the Case of Paradigmatic Analysis», Music Theory Online, 2008, vol. 14, n 4, voirhttp://mto.societymusictheory.org/issues/mto.08.14.4/mto.08.14.4.donin_goldman.html Donin, N., Theureau, J., «L activité de composition comme exploitation/construction de situations. Anthropologie cognitive de la composition d une œuvre musicale par Philippe Leroux», Intellectica, 2008, vol. 48, n 1-2, pp. 175-205. Article paru dans des revues sans comité de lecture Donin, N., Theureau, J., «Ateliers en mouvement. Interroger la composition musicale aujourd hui», Circuit, Musiques contemporaines, 2008, vol. 18, n 1, pp. 5-14. Donin, N., Theureau, J., «L atelier d un réalisateur en informatique musicale : entretien avec Gilbert Nouno», Circuit, Musiques contemporaines, 2008, vol. 18, n 1, pp. 31-38. Donin, N., Theureau, J., «La coproduction des œuvres et de l atelier par le compositeur (À partir d une étude de l activité créatrice de Philippe Leroux entre 2001 et 2006)», Circuit, Musiques contemporaines, 2008, vol. 18, n 1, pp. 59-71. Article ou chapitre dans un livre Feneyrou, L., «En deçà de l écoute. Claude Régy, metteur en scène d œuvres lyriques», Claude Régy (M.-M. Mervant-Roux, éd.), Paris, CNRS Editions, 2008, pp. 332-345. Feneyrou, L., «Le texte utopie de la voix, variations sur la conférence de Luigi Nono (et Helmut Lachenmann) Texte Musique Chant», Les relations texte-musique, prospective et exemples de recherches (E., Reibel, éd.), Paris, Observatoire Musical Français, 2008, pp. 115-132. Actes de congrès Donin, N., Goldszmidt, S., Theureau, J., «L activité de conception conjointe d une partition et d un dispositif de captation et de traitement du geste pour un quatuor à cordes», Actes du 43 ème congrès de la Société d Ergonomie de Langue Française (Ajaccio, 17, 18, 19 septembre 2008), Ergonomie & conception (Negroni Ph. & Haradji Y., éds.), ANACT, 2008, pp. 272-278. Theureau, J., Donin, N., «Du travail et de la conception à la création artistique, et retour», Actes du 43 ème congrès de la Société d Ergonomie de Langue Française (Ajaccio, 17, 18, 19 septembre 2008), Ergonomie & conception (Philippe Negroni & Yvon Haradji, éds.), ANACT, 2008, pp. 280-283. Livre ou monographie Theureau, J., Le cours d action : Méthode réfléchie, Toulouse, Octares, 2009. Numéro spécial de revue Despoix, Ph., Donin, N. (éds.), Les moyens techniques de l art. 1. Portée de la sociologie musicale de Max Weber : Revue de Synthèse, 2008, t. 129, 6e série, n 2. Despoix, Ph., Donin, N. (éds.), Les moyens techniques de l art. 2. Max Weber à l épreuve d un siècle d histoire musicale : Revue de Synthèse, 2008, t. 129, 6e série, n 3. Donin, N., Theureau, J. (éds.), La fabrique des œuvres : Circuit, Musiques contemporaines, 2008, vol. 18, n 1. 136 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANALYSE DES PRATIQUES MUSICALES Communications (conférences & séminaires) Donin, N., «L écrit autoanalytique de compositeur : un genre impossible et nécessaire», communication au colloque international «Ecrits de compositeurs (1850-2000)», Faculté de musique de l université de Montréal, 13 mars 2008. Donin, N., «Comprendre la musique contemporaine, entre génétique des textes et suivi des processus de création», colloque international «Genèses musicales : méthodes et enjeux» (A. Grésillon, N. Donin), 22 mai 2008, Paris, Maison Heinrich Heine. Donin, N., «Que faire face à l éclatement des savoirs musicaux? Un bilan critique du vol. II de Musiques», colloque «Musiques. Une encyclopédie pour le XXI e siècle, Pour un bilan critique» (J.-J. Nattiez, dir.), 8 novembre 2008, Paris, CNSMDP. Donin, N., «La réception française d Elliott Carter du point de vue des compositeurs», avec la participation de Florence Baschet et Frédéric Durieux, colloque international «Hommage à Elliott Carter» (Max Noubel, dir.), Ircam, 11 décembre 2008. Donin, N., Theureau, J., «L apprentissage d une nouvelle partition par une chanteuse. Etude préliminaire du travail de Valérie Philippin», séminaire «Comprendre le travail de l interprétation», 10 avril 2008, Paris, EHESS. Donin, N., Theureau, J., «L activité de composition comme exploitation et construction de situations de composition», journées d étude «Musique et cognition», 15 mai 2008, Saint-Denis, Maison des Sciences de l Homme Paris Nord. Dupont, M., «L interprétation en quatuor. Ethnographie d une activité musicienne», séminaire «Comprendre le travail de l interprétation musicale» (R. Campos, N. Donin et J. Theureau), EHESS Paris, 24 janvier 2008. Dupont, M., «En quels «lieux» observer l écoute? L enquête sur les formats culturels de l écoute», séminaire «Espaces et lieux de musique» (D. Laborde, P. Veit et M. Werner), EHESS, Paris, 10 mars 2008. Dupont, M., «Le dispositif technique dans l action. Le travail des musiciens dans une œuvre incluant de l électronique», Séminaire «Recherche et technologie», Ircam, 16 avril 2008. Dupont, M., «Une activité négligée? Les interprètes à l œuvre», colloque international «25 ans de sociologie de la musique en France. Ancrages théoriques et rayonnement international», Paris, Univ. Paris Sorbonne, 6 novembre 2008. Feneyrou, L., «La notion de lieu chez Helmut Lachenmann», séminaire Composition & musicologie contemporaines (F. Durieux, L. Feneyrou), Paris, CNSMDP, 19 décembre 2008. Compte-rendus Donin, N., Compte rendu de : Stefano Gervasoni, Antiterra, Paris, æon (AECD 0866), 2008 ; Dissonanz / Dissonance, n 130, décembre 2008, p. 52. Dupont, M., Compte rendu de : Jonathan Sterne, The Audible Past. Cultural Origins of Sound Reproduction, Durham, Duke University Press, 2003 ; Revue de Synthèse, t. 129, n 3, 2008, pp. 461-463. Dissémination et vulgarisation Donin, N., participation à l émission radiophonique «Exit le chef» (France Musique, B. François prod.) avec B. Mantovani et Ph. Schoeller, Paris, Radio-France, 22 août 2008. Donin, N. et Escama, L., océan de Philippe Maintz, court-métrage Images d une œuvre, n 3, janvier 2008. Donin, N., Goldszmidt, S., Theureau, J., «Écouter et voir la musique ou comment enrichir l expérience musicale», Usage et Valeur Lettre de la recherche en sciences économiques et sociales [France Télécom], 2008, n 30, pp. 14-16. Donin, N. et Martin, B., Dans le mur de Georges Aperghis, court-métrage Images d une œuvre, n 4, mars 2008. Dupont, M. et Polidor, J., Deux Caprices pour percussion de Luis Naon, court-métrage Images d une œuvre, n 5, novembre 2008. Feneyrou, L., notices dans la base B.R.A.H.M.S. [Base de documentation sur la musique contemporaine] : - «Morton Feldman» : Biographie Bibliographie Discographie Parcours de l œuvre Catalogue des œuvres, http://brahms.ircam.fr/composers/composer/2525/ - «Brice Pauset» : Biographie Bibliographie Discographie Parcours de l œuvre Catalogue des œuvres, http://brahms.ircam.fr/composers/composer/1276/ Feneyrou, L., «Exercices du silence de Brice Pauset», conférences «Un dimanche, une œuvre», Paris, Centre Pompidou, 30 novembre 2008. Feneyrou L., conférences d avant-concert : - Théâtre du Châtelet (Paris), Paris, 5 octobre 2008 : Pesson-Zimmermann-Xenakis - Théâtre du Châtelet (Paris), 6 novembre 2008 : Lim-Neuwirth-Prokofiev - Opéra de Paris (Paris), 14 novembre 2008 : Sur Karlheinz Stockhausen Feneyrou L., notes de programmes pour la Cité de la musique, l Opéra national de Paris-Bastille, le Festival d automne à Paris, la Salle Pleyel, le Musée d Orsay. IRCAM 137

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL 1.7. INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL Responsable : Frédéric Bevilacqua L équipe Interactions musicales temps réel mène des recherches et développements sur les systèmes interactifs dédiés à la musique et au spectacle vivant. Nous rapportons dans ce document nos travaux divisés en quatre axes, qui recouvrent divers aspects de recherche pour le développement de systèmes interactifs utilisables lors de concerts, performances, installation ou pédagogie musicale. Des développements informatiques spécifiques sont réalisés et permettent l intégration des recherches dans des projets de création : interactivité musicale : développement de paradigmes et d outils pour l interaction en situation de concert, performance ou installations ; analyse et représentations multimodales son/geste : développement de modèles multimodaux son/geste servant de base pour définir l interactivité ; technique de synthèse sonore interactive : développement de méthodes pour la réalisation et rendu de processus sonores ; instruments augmentés et interfaces : développements de systèmes de captation de geste. Concernant les techniques pour l interactivité musicale, nous avons poursuivi nos recherches et développements sur les différents paradigmes de suivi. L intégration du suivi de partition anticipatif, antescofo, a été utilisée avec succès dans diverses production, dont Anthèmes 2 et Explosante Fixe de Boulez et Speakings de Jonathan Harvey. Le suivi de geste a été utilisé pour la pièce de Florence Baschet, StreicherKreis, pour quatuor augmenté. Cette pièce a également représenté la fin d un projet de recherche et création autour du geste instrumental et d archets augmentés. Le suivi de geste a également été poursuivi dans le spectacle vivant, notamment dans les projets de collaboration avec le danseur/chorégraphe Richard Siegal. Les développements concernant la synthèse et traitement sonore temps réel se sont également poursuivis ont été utilisés par exemple dans la pièce Speakings de Jonathan Harvey. En plus de projets de création, l équipe est fortement impliquée dans des projets de recherche nationaux et européens, ce qui permet d établir des collaborations importantes avec des partenaires extérieurs. À un niveau européen, le projet i-maestro s est terminé en 2008 et a permis de valoriser, dans le cadre de pédagogie musicale, un ensemble cohérent d outils que nous développons : violon augmenté, suivi de geste, supervp pour Max/MSP, outils de visualisations. Le projet ANR VoxStruments s est également terminé cette année. Il a permis de consolider des outils de développements sur les descripteurs audio en temps réel, intégré dans notre plateforme de développement FTM. Ces descripteurs sont particulièrement adaptés à la voix. Le projet ANR Sample Orchestrator nous a permis également de poursuivre nos développements sur la synthèse par corpus et sur des techniques de transformation et d hybridation du sonore. Nous avons commencé un nouveau projet européen IST Same dont le but est de développer une plateforme pour une écoute active, centrée sur l utilisateur et dépendante du contexte. Ce projet important pour l équipe lui a permis de poursuivre le développement des travaux sur l interaction et l analyse de geste. À noter enfin le montage et l acceptation du projet ANR Interlude qui nous permettra en 2009 également de poursuivre cet axe de recherche. Sur le plan académique, deux thèses ont été soutenues dans l équipe et représentent l aboutissement d axes de recherches prioritaires de l équipe. Nicolas Rasamimanana a soutenu sa thèse sur le geste instrumental du violoniste en situation de jeu et Arshia Cont sur l anticipation musicale. Notons finalement, l arrivée de deux nouveaux doctorants dans l équipe, Fivos Maniatakos, Baptiste Caramiaux qui, avec les doctorants Tommaso Bianco et Julien Bloit, ont également contribué à renforcer les divers aspects de recherche de l équipe. IRCAM 139

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL 1.7.1. INTERACTIVITÉ MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ Les systèmes de reconnaissance, suivi et anticipation d éléments musicaux représentent un axe majeur de recherche qui permet d élargir les possibilités d interactivité entre interprètes et médias digitaux. 1.7.1.1. Suivi et reconnaissance multimodale de geste/son : Nous avons poursuivi nos recherches sur le «suivi de geste», qui permet d effectuer le suivi d une performance instrumentale ou dansée à partir d exemples enregistrés. Ce système intègre directement la possibilité d effectuer non seulement un «suivi» mais également de la «reconnaissance de gestes» basée sur un lexique défini par des exemples fournis par l utilisateur. Le système développé, basé sur des Modèles de Markov Cachés, permet de considérer des notions de «geste» généralisées en s appliquant en fait à tous profils temporels provenant soit de capteurs ou de descripteurs sonores échantillonnées régulièrement dans le temps. Ces travaux sur le suivi de geste sont centraux à nos contributions dans les projets de recherche européens i-maestro et Same et projet ANR EarToy (coordonné par l Équipe acoustique des salles). dans le cadre du projet i-maestro, nous avons pu confirmer la robustesse du suivi de geste dans un cadre de pédagogie musicale, où le système a été utilisé pour contrôler, par un geste instrumental (violon) ou de battue des enregistrements sonores d accompagnements ; dans le cadre du projet Same, une bibliothèque C++ des différentes fonctionnalités du suivi de geste a été développée ; dans le cadre des projets EarToy et Same, plusieurs scénarios pour le contrôle gestuel de sons ont été définis à partir du suivi de geste, et une approche adaptative pour l estimation de la vitesse d exécution du geste a été proposée et implémentée. Le suivi de geste a également fait l objet d applications et d expérimentations dans des productions musicales et de danse. dans le cadre de la pièce SteicherKreis de Florence Baschet pour quatuor augmenté, une interface dédiée a été réalisée afin de suivre et de synchroniser divers processus sonores durant la totalité de la pièce. De nombreux tests ont été effectués avec des enregistrements du quatuor. La pièce a été jouée à deux reprises en public et a pu confirmer la robustesse du suivi de geste dans ce contexte ; la collaboration avec la compagnie Emio Greco PC s est poursuivie en 2008. Le suivi de geste est intégré dans l installation interactive Double Skin/Double Mind qui permet à un utilisateur de se familiariser avec l approche chorégraphique de la compagnie. Ce travail a permis de tester le suivi de geste lors de plusieurs manifestations (1. Biennale der Tanzausbildung in Berlin and SpringDance in Utrecht), et de dégager une nouvelle ligne de recherche qui sera explorée dans le cadre de la continuation de cette collaboration ; le suivi de geste a été expérimenté avec le danseur/chorégraphe Richard Siegal lors de résidences au ZKM-Karlsruhe et au CentQuatre. Deux types d applications ont été explorés, performance et installation interactive, où l implémentation du suivi de geste s est révélée pertinente. Participants : F. Bevilacqua, B. Zamborlin, F. Maniatakos (thèse), N. Schnell, F. Guédy, N. Rasamimanana (thèse). Collaboration interne : équipe Acoustique des salles. Collaborations extérieures : F. Baschet, Compagnie Emio Greco PC, R. Siegal (The Bakery). 140 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL 1.7.1.2. Suivi de partition Une nouvelle architecture pour un système de suivi de partition a été conçue fin 2007 dans le cadre d une collaboration avec Marco Stroppa. Cette architecture bénéficie d'un modèle séquentiel hybride: une combinaison d une modélisation temporelle explicite, propre aux états semi-markov, ou implicites propres aux états de Markov permet de modéliser différents niveaux d écriture du temps (notes, glissando, trilles, etc.). Une modélisation anticipatoire intégrée nous donne également un accès direct au temps musical (détection des fluctuations du tempo en temps réel). En plus des contributions scientifiques, ce système intitulé Antescofo, étend le paradigme traditionnel du suivi de partition aux deux champs suivants : un accès direct aux temporalités des événements en temps réel (détection de flux de tempo) et son intégration dans l écriture musicale ; la possibilité de coupler de manière synchrone les "actions" (événement électronique) avec la détection du tempo et événements dans un langage musical. En 2008, nous avons poursuivi le développement et la recherche autour d'antescofo afin de le rendre modulaire et utilisable par un grand nombre d'utilisateurs musical. Dans ce sens, le système a vu son intégration dans les oeuvres de Pierre Boulez: "... Explosante-Fixe..." (Janvier 2008, Orchestre Philharmonique de Los Angeles), "Anthèmes 2" (Munich, juillet 2008, et Louvre, Paris, November 2008); Philippe Manoury: "Partita" pour Alto et électronique; la dernière oeuvre de Jonathan Harvey pour utilisation exclusive d'antescofo en tant que langage d'électronique synchrone "Speakings" (BBC Scotish orchestra, aout 2008); ainsi que plusieurs utilisations internes (cursus) et externes. Dernièrement, nous avons ajouté un module de reconnaissance polyphonique basé sur les distances d'information sur le spectre. Ce dernier, par sa robustesse, a remplacé les modules par défaut d'observation du système, et constitue l objet d'un projet de recherche musicale pour son utilisation polyphonique par le compositeur Vassos Nicolau (étude pour Agora 2009). Les chantiers prometteurs pour la recherche et développement pour la suite d'antescofo sont: formalisation et conception du langage synchrone pour l écriture électronique (en collaboration avec Peter Van Roy) ; conception d'un module de suivi multi-agent biologique pour le problème de «coordination» d'ensemble. Participant : A. Cont. Collaborations internes : équipe Représentation musicales, S. Lemouton, G. Nouno. Collaborations extérieures: M. Stroppa, P. Manoury, P. Boulez, H-S. Kang, P. Van Roy (université de Louvain). 1.7.2. Géométrie d'information musicale Auparavant, nous avons étudié la possibilité de représentation et manipulation directe des signaux sonores temps réel avec des méthodes d apprentissage basé sur une représentation des graphes (Audio Oracle, Guidage). En 2008, nous avons étudié les limites de généralisation des méthodes proposées auparavant et nous avons conçu un cadre mathématique nommé Géométrie d Information musicale, pour le traitement des flux sonores en rapprochant les aspects signal et symboliques du son. Les techniques proposées sont basées sur une représentation probabiliste des signaux sur un «manifold» riemannien où les objets géométriques et leurs caractéristiques sont fournis par les mesures d information entre les objets établis. Plus précisément ce noyau de calcul est défini sur une géométrie de Bregman, permettant l intégration des approches traditionnelles du traitement du signal et son utilisation en temps réel grâce aux réductions de calcul introduites par la dualité riemannienne. Cette nouvelle approche a aboutit sur plusieurs avancées applicatives pour l apprentissage automatique (et non-supervisé) des structures musicales des signaux sonores (AudioOracle), ainsi qu à de nouveaux résultats pour la recherche des unités sonores sur un corpus (Guidage). IRCAM 141

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ L un des avantages des méthodes proposées est leur indépendance par rapport à la représentation du contexte, qui rend leur utilisation possible dans divers domaines. Cette recherche présente un intérêt commun entre les deux équipes d'imtr et Représentations Musicales vis à vis de la segmentation automatique et de la modélisation des flux audio pour la génération automatique (improvisation, etc.), et sera une priorité de recherche inter-équipe en 2009. Participant : A. Cont (thèse). Collaboration interne : G. Assayag (Représentation Musicale). Collaborations extérieures : S. Dubnov (UCSD), D. Wessel (UC Berkeley), F. Nielsen (Sony CSL, Tokyo). 1.7.2.1. Projet Same L objectif principal du projet européen Same est de développer une plateforme pour une écoute active, centrée sur l utilisateur et dépendante du contexte. Ce projet important pour l équipe permet de développer et valoriser une partie importante des travaux de l équipe sur l interaction et l analyse de geste. Pour la première année de ce projet, nous avons participé à l élaboration des documents décrivant un modèle pour l analyse et l interaction entre geste et rendu sonore, ainsi qu à la définition des spécifications pour les développements. Nous avons également collaboré avec le compositeur Pierre Jodlowski sur une installation qui permettra en 2009 d expérimenter avec les développements de ce projet. Dans le cadre de ce projet, une nouvelle bibliothèque C++ pour le suivi de geste a été réalisée. Cette bibliothèque a été mise en œuvre d'une manière complètement indépendante de MaxMSP, de FTM ou d'autres bibliothèques externes. Son but est d'offrir les mêmes services offerts par la version précédente du Gesture Follower, implémenté comme un ensemble d'abstractions MaxMSP, mais avec l'objectif d'optimiser les performances tout en rendant le code plus clair et facilement portable sur d'autres environnements de développement (mobile celphones SDK, Python, PureData...). Cette bibliothèque a déjà été utilisée pour mettre en œuvre deux nouveaux externes pour MaxMSP pour le suivi de geste: "gesturefollower" (basé uniquement sur MaxMSP) et «mnm.gesturefollower» (basé sur la librairie FTM). Tous deux sont accompagnés d'un fichier d'aide et de plusieurs patchs illustrant plusieurs cas d'étude. Participants : B. Zamborlin, F. Bevilacqua, A. Cont, N. Schnell. Collaboration interne : équipe Acoustique des salles. Collaborations extérieures : Consortium du projet Same. 1.7.2.2. Nouveaux modes d'interaction musicale et multimédia Ce projet correspond au démarrage du travail de thèse de Vassilios-Fivos Maniatakos effectué en collaboration avec l équipe Représentations Musicales. L'objet de ce projet de recherche est de dépasser les limites des systèmes actuels en élaborant de nouveaux concepts d'interaction et en les instanciant sous la forme d'outils pour les créateurs. Les principales directions de travail envisagées concernent la prise en compte d'une mémoire à moyen terme du jeu de l'interprète, ainsi que le suivi continu de paramètres d'exécution. Des expériences préliminaires, validant ces approches dans des cadres isolés et expérimentaux, ont déjà été menées à l'ircam (projets OMax, extensions du projet suivi de partition). Dans cette première année de la thèse, un modèle pour la reconnaissance de gestes à partir d un flux continu a été présenté à la conférence NIME08, en collaboration avec Christian Jacquemin, LIMSI. Basé sur la technologie de HMMs, ce modèle permet la reconnaissance de gestes à partir d un vocabulaire gestuel prédéfini, créé pendant une période d apprentissage. Dans les contextes d interaction existants et définis par des modèles tels que 142 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL OMax, il est maintenant indispensable d adapter ces méthodes de reconnaissance de gestes à d autres contextes où les connaissances à priori sont limitées. Il s agit alors de générer un vocabulaire gestuel lors du processus interactif, sans apprentissage, comme dans le cas d improvisation en interaction avec un ordinateur. Dans cette direction, une approche possible repose sur l extraction de descripteurs symboliques d événements gestuels et une représentation parallèle geste/son, à la fois symbolique et continue. Pour cela, le modèle d oracle déjà utilisé pour l audio se généralisera, pour permettre la représentation multi flux du geste/son. Ce projet sera mené en coopération avec l équipe Représentation Musicales. Concernant la possibilité d autocréation du corpus gestuel pendant la réalisation d une séquence continue des gestes, une étude bibliographique a été faite pendant la première partie de 2008. Nous nous sommes intéressés en particulier aux méthodes de «time registration», utilisées pour les signaux temporels ainsi que spatiaux (images). Ces méthodes seront testées à l avenir du point de vue de leur efficacité à gérer une modélisation des gestes permettant un classement qualitatif ; une resynthèse de données gestuelles avec un contrôle paramétrique. Une partie du travail dans la première année de thèse a également concerné les méthodes pour la prédiction des flux sonores et gestuels. L étude bibliographique a montré que le filtre dynamique de Kalman est intéressant dans notre contexte, étant donné son efficacité de prendre en compte une fenêtre temporelle dans le passé à moyen terme et sa robustesse au bruit d observation, (important lors d utilisation de capteurs comme les accéléromètres). Un filtre temporel basé sur la théorie de Kalman a été conçu et appliqué avec des résultats encourageants dans le cas de suivi de gestes, et plus précisément sur l estimation de la vitesse relative de gestes, nécessaire au guidage des processus sonores et visuels (vidéos). Une présentation de ce projet de cette thèse a été fait à l école d été de SMC 08 (Sound and Music Computing summer school) à Gênes. Participants : V-F Maniatakos (thèse), F. Bevilacqua, A. Cont, N. Schnell. Collaboration interne : équipe Représentations musicales. Collaboration extérieure : R. Siegal (the Bakery). 1.7.3. ANALYSE ET REPRÉSENTATIONS MULTIMODALES SON/GESTE Une part importante de nos développements sur l interactivité se base sur des analyses effectuées afin d en extraire des modèles et représentations appropriées pour le son et les gestes. 1.7.3.1. Analyse des gestes instrumentaux Les travaux sur l analyse des gestes instrumentaux des cordes frottées ont été poursuivis. À noter la soutenance de thèse de Nicolas Rasamimanana (mars 2008), ainsi que la rédaction d articles de revues et d un ouvrage collectif. Les gestes instrumentaux du violoniste, envisagés au travers d une optique empruntée à la physiologie, peuvent être modélisés comme satisfaisant différentes contraintes d effort associées au mouvement. Un coup d archet Martelé par exemple se rapproche d un mouvement effectué en minimisant le jerk (dérivée de l accélération), contrairement au Détaché qui correspond plus à une minimisation de type «impulse». Cette approche par coûts d exécution permet de décrire en grande partie la forme de profils de vitesse d archet dans différentes situations : modes de jeu, changements de tempo, groupes de notes. Elle permet notamment de mettre en avant des phénomènes de coarticulation gestuelle, à rapprocher de ceux observés en parole : dans une séquence de mouvements, chaque élément est affecté par ses éléments précédents et suivants. La description en coût d exécution est relativement riche puisqu elle permet : d analyser des mouvements enregistrés ; IRCAM 143

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ de synthétiser des mouvements à partir de paramètres physiques tels que temps, longueur et accélération initiale. Ces résultats sont présentés dans un article pour le Journal of New Music Research. Les analyses précédentes concernant l influence du tempo sur les mouvements d archet ont montré que les coups d archet lents présentent des profils de vitesse et d accélération différents des coups d archets rapides. La prise en compte de notion d effort a permis de confirmer ces résultats : les coups d archet rapides et lents ne sont pas décrits par les mêmes coûts d exécution. Nous avons entrepris de compléter ces résultats (publiés dans les Lecture Notes in Computer Science) par une analyse à plus grande échelle, impliquant notamment plus d instrumentistes dans des conditions plus variées. L un des objectifs de cette étude est notamment de confirmer ou d infirmer l hypothèse de ré-organisation du mouvement des violonistes lorsque le tempo est très rapide. La phase de mesures a été effectuée cette année lors d une mission à l université de McGill, Montreal, où 8 sujets ont été captés avec un système combinant des caméras rapides et un capteur spécifique mesurant la pression d archet sur les cordes. Cette mission a eu lieu dans le cadre du projet ANR Consonnes. L analyse des mesures est en cours. Le travail sur la caractérisation de différentes qualités de transitions entre coups d archet a été repris et replacé dans un contexte plus large. Il a été utilisé pour nourrir une réflexion sur les relations temporelles entre geste et son, informée par l étude d instruments acoustiques. L idée, présentée dans un article pour Organised Sound, est d envisager le mapping entre geste et son comme la mise en correspondance de fonctions temporelles et non plus exclusivement comme une relation spatiale instantanée entre des paramètres gestuels et sonores comme définie le plus souvent dans la littérature. La prise en compte explicite d une dimension temporelle permet alors de définir entre autres différentes qualités de transitions, telles que rencontrées dans l analyse des articulations dans le cas du violon. Participants : N. Rasaminanana (thèse), F. Bevilacqua, F. Guédy, T. Bianco (thèse), J. Bloit (thèse). Collaboration interne : équipe Acoustique instrumentale. Collaborations extérieures : Consortium du projet Consonnes, M. Wanderley (université McGill). 1.7.3.2. Modélisation d événements musicaux Le vocabulaire instrumental du répertoire contemporain comprend de nombreux modes de jeux qui nuancent la manière dont une note, ou un groupe de notes peuvent être jouées. Étant donné que chaque famille d instrument possède un grand nombre de modes de jeu, la combinatoire aboutit à un grand nombre de sons possibles. Afin d éviter de représenter indépendamment chacun de ces sons, nous cherchons à identifier une méthode de modélisation qui soit la plus générique possible. Nous nous intéressons particulièrement à l évolution temporelle des sons, et à la manière dont on peut représenter cette évolution par combinaison de modèles élémentaires. Au cours de l année passée, nous avons proposé deux méthodes pour cette combinaison. La première consiste à combiner verticalement les modèles, c est-à-dire à représenter l évolution temporelle d un son par la combinaison parallèle de modèles temporels de descripteurs. Dans la littérature, cette approche multiflux est plus souvent utilisée pour représenter conjointement des processus temporels qui ont une même cause, mais des modalités différentes (un flux audiovisuel par exemple). Nous avons évalué l intérêt de cette approche sur une base de sons synthétiques, en comparant différentes approches de combinaison de modèles (fusion de données ou fusion de décisions). Les résultats obtenus montrent l intérêt de la fusion de décisions dans le cas où les flux de descripteurs sont suffisamment décorrelés. En comparaison de la fusion de données, l intérêt de la fusion de décision est double : cette méthode permet de réduire le nombre de paramètres appris sur une base de données, et de modéliser des classes absentes de la base d apprentissage. 144 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL La seconde méthode consiste à représenter l évolution temporelle d un descripteur par la succession de trajectoires élémentaires. Le principe consiste à utiliser des modèles de Markov cachés segmentaux. Chacun des états du modèle explique une succession d observations nonstationnaires qui définissent une primitive de courbe temporelle. Dans la littérature, cette méthode a notamment été utilisée pour la reconnaissance d écriture manuscrite ; nous l avons adaptée à la modélisation de courbes de descripteurs audio. Nous avons enregistré une base de données de violon sur laquelle nous avons évalué l approche. L intérêt identifié réside dans le fait que les modèles segmentaux permettent de segmenter une courbe de descripteurs en unités interprétables choisies par l utilisateur. Ainsi, on obtient une représentation intermédiaire exploitable dans différents contextes. Nous avons pu constater l intérêt de la méthode sur des données gestuelles. D autre part, en considérant cette segmentation comme une étape de pré-traitement, nous l avons utilisé pour modéliser des modes de jeux de violon. Sur une tâche de classification, les résultats obtenus sont encourageants car dans la plupart des cas, ils sont comparables sinon meilleurs que ceux obtenus par des modèles de Markov cachés standards. La méthode employée permet à nouveau de limiter le nombre de paramètres du modèle, ce qui rend les résultats plus robustes sur un nombre limité d exemples d apprentissage. Participants : J. Bloit (thèse), N. Rasamimanana (thèse), F. Bevilacqua. Collaboration interne : équipe Analyse/Synthèse. 1.7.3.3. Modélisation des gestes et contrôle gestuel de processus sonores Ce projet correspond au travail de thèse de Tommaso Bianco, dont le but est de généraliser d une manière formelle les notions de geste, mode de jeux et articulation afin de pouvoir proposer une approche de haut-niveau du contrôle de la synthèse sonore. Il s agit dans un premier temps d utiliser des méthodes d analyse et de reconnaissance des variations spatiotemporelles dans l'exécution d un geste instrumental donné. Ces variations sont différenciées en deux catégories: d'un côté les modifications dans la production d un geste individuel selon différentes articulations musicales, et de l autre coté des modifications agissant sur la transition entre plusieurs gestes, interprétés comme effet de coarticulation gestuelle. Dans cette direction, nous avons conduit de premières mesures sur le jeu de la trompette avec la collaboration de l'équipe Acoustique instrumentale. En prenant en considération les variations d'accent et de dynamique, ainsi que les transitions entre notes à l intérieur de différents contextes, nous avons voulu vérifier les idiosyncrasies de chaque cas. Des méthodes statistiques pertinentes à l'étude de données physiologiques (statistique fonctionnelle) ont été employées. Les premiers résultats ont confirmé la possibilité de reconnaître les différentes catégories d'articulation. La démarche entreprise pourra fournir de nouvelles méthodes pour perfectionner le contrôle de la synthèse par modèle physique de la trompette (par exemple Modalys). Cette approche générale peut être étendue à d'autres instruments, et devrait permettre d améliorer la reconnaissance en temps réel d'unités gestuelles enchaînées. Participants : T. Bianco (thèse), F. Bevilacqua, F. Maniatakos (thèse). Collaboration interne : équipe Acoustique instrumentale. Collaboration extérieure : Vincent Fréour (université McGill). 1.7.3.4. Vers un outil d'analyse de la correspondance geste vers son (performance musicale) et son vers geste (écoute active) Ce projet concerne le travail de Baptiste Caramiaux, stagiaire Atiam dans le cadre du projet ANR 2PIM/MI3, puis poursuivi dans le cadre d une thèse débutée en octobre 2008. Il s'agit d étudier et de proposer des méthodes d'analyse et d'évaluation de la correspondance IRCAM 145

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ geste/son, répondant ainsi à un besoin de la lutherie virtuelle ou encore dans l'étude de la perception-action. Une première approche a été l'étude des variations temporelles des données. En effet, deux paramètres sont cohérents et corrélés si leur variation temporelle autour de la moyenne concorde. L'étude de la co-variation temporelle des données gestuelles et sonores a donné lieu à une implémentation temps réel et un poster pour le 8ème International Gesture Workshop. Le modèle sous-jacent est la corrélation canonique permettant une réduction des dimensions des espaces de représentation des données. L'intérêt n'est alors plus porté sur le «mapping» résultant, mais une analyse est effectuée sur les matrices de projection obtenues et celles-ci nous renseignent sur les paramètres gestuels et sonores qui paraissent pertinents. La thématique induit ensuite une réflexion sur une description novatrice du son et du geste afin d'étudier plus en détail leur relation et leurs corrélations. D'une part, les descripteurs audio habituels sont souvent redondants et leur pertinence dépend du contexte. D'autre part, la modélisation du geste dans le cadre de la captation temps réel reste souvent à l'état de signal filtrant ainsi une part de sa sémantique. De manière prospective, il s'agira de comprendre l'information véhiculée du son vers le geste ou du geste vers le son, ce qui nous conduira à définir le transfert d'information ou information mutuelle adaptée au problème, i.e appliquée à des signaux de nature différente (multi-stream information processing). Participants : B.Caramiaux (stage, thèse), N.Schnell. Collaboration extérieure : Association PuceMuse (projet 2PIM/MI3) 1.7.3.5. Multi-classification de performances et émergence d écritures dramaturgiques Nous sommes partis d'analyses fouillées de répétitions ou d'ateliers théâtraux (écriture et technologie) menés avec la Compagnie Le Théâtre du Signe pendant les deux années de préparation du spectacle Les petites absences (création à la Comédie de Caen le 16 décembre 2008). Ces analyses sont fondées sur la production d un certain nombre de descripteurs et agrégateurs acquis et calculés avec une temporalité variable. Plusieurs approches concurrentes de classification/reconnaissance ont été expérimentées dans l environnement temps réel Max/MSP : apprentissage non supervisé d états dramaturgiques (carte de Kohonen) ; suivi et reconnaissance de gestes (au sens large) temporels (en reprenant l approche et les développements de Frédéric Bevilacqua par des HMM) ; classification par des règles de logique floue (en utilisant la librairie Fuzzy Logic Lib, cf. paragraphe qui lui est consacré dans la partie développements logiciels). L idée est d alimenter un espace de collection d objets numériques associés à des séquences dramaturgiques, constitués selon des critères de similarité, mais aussi par inférence à partir de rapprochements faits par l utilisateur. Une première maquette Max/MSP a été expérimentée, et présentée à l occasion de la soutenance d Habilitation à Diriger des Recherches d Alain Bonardi, en décembre 2008. Ces outils ont pour partie contribué à «l émergence» de la mise en scène du spectacle déjà cité Les petites absences. Participant : A. Bonardi. Collaboration interne : F. Bevilacqua. Collaborations extérieures : Théâtre du Signe (Caen), M. Bataille-Testu (metteur en scène). 146 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL 1.7.4. TECHNIQUES DE SYNTHÈSE SONORE INTERACTIVE Les développements de systèmes musicaux interactifs impliquent naturellement un travail spécifique sur diverses méthodes de synthèse temps réel, qui s intègrent avec les modèles d interaction et représentations multimodales son/geste. 1.7.4.1. Synthèse par corpus La synthèse concaténative par sélection d'unités sonores dite synthèse par corpus utilise une base de données de sons enregistrés, et un algorithme de sélection d'unités qui choisit les segments de la base de données qui conviennent le mieux pour la séquence musicale que l'on souhaite synthétiser, (la «cible»). Ensuite, ces segments sont concaténés pour former la phrase cible. La sélection est fondée sur les caractéristiques de l'enregistrement, qui sont obtenues par analyse du signal et correspond par exemple à la hauteur, à l'énergie ou au spectre. Depuis longtemps, il existe de nombreuses bases de données sonores pour les bruitages de production audiovisuelle. De plus, de grandes bases de données de sons de toutes sortes d instruments de musique ont été crées. La synthèse fondée sur les données peut aussi s appliquer à la situation d interaction avec d autres musiciens : le son produit peut être segmenté et analysé en temps réel et être ajouté à un corpus qui se constitue ainsi en temps réel. La synthèse se fait ensuite en recherchant des éléments de sons du passé proche en les récontextualisant. Les points suivants ont été étudiés en 2008 afin d apporter des améliorations sensibles au système actuel. Reposant sur les travaux de stage de Sylvain Cadars sur la représentation et la génération du rythme, la généralisation de la méthode de dérivation d une distance dite de continuation à partir du corpus a été poursuivie. Cette distance exprime les comportements temporels inhérents au corpus et peut être utilisée pour guider la synthèse par navigation dans un espace de descripteurs. Des méthodes et stratégies de combinaison de ce guidage basé sur les données et l interaction d un utilisateur, ont été étudiées et implémentées dans CataRT. La méthode a été évaluée quantitativement et les résultats ont été présentés à l ICMC [Schwarz08c]. L interaction d un système de synthèse par corpus avec un musicien demande une recherche spécifique tant au niveau du mapping entre le son et des paramètres de contrôle du système qu au niveau de la constitution du corpus à partir du son live du musicien. Or, ce type d interaction est très demandé par des compositeurs (à l origine, il était prévu dans les projets de Stefano Gervasoni et de Dai Fujikura d utiliser le son du musicien en live) et des musiciens performeurs de la musique improvisée (utilisé lors du concert pendant la conférence LAM Live Algorithms for Music avec George Lewis et Evan Parker). Dans ce but, des méthodes et stratégies d interaction avec un musicien ont été étudiées, testées, et appliquées dans plusieurs performances électroacoustiques improvisées. Ce travail a été valorisé dans le cadre d une performance acceptée au programme musical de la International Computer Music Conference (ICMC), Belfast, en août, puis présentée au concert Sublime Sonus Part 2 : La Musique Electroacoustique Live au centre multimédia Le Cube à Issy-les-Moulineaux en décembre (E. Brunet à la clarinette basse et D. Schwarz contrôlant CataRT en temps réel). De plus, le concept musical et technologique de la constitution temps réel d un corpus pour la synthèse concaténative a été sélectionné pour figurer dans le Leonardo Music Journal et un morceau d une performance live antérieure sur le CD l accompagnant [Schwarz08b]. D autre part, les recherches sur la visualisation et navigation de corpus sonores ont mené à la rédaction du chapitre «Navigation et composition dans un univers graphique 3D de grains sonores» dans un livre initialement prévu aux éditions Hermes, supervisé par Sophie Chauvin, qui a finalement été édité chez Cépaduès Editions [Cahen08a]. La poursuite de ces recherches est prévue dans le projet ANR Topophonie, dont la soumission a été préparée fin 2008 avec la recherche de partenaires industriels et le planning du projet. IRCAM 147

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ Participant : D. Schwarz. Collaborations extérieures : S. Cadars, R. Cahen (ENSCI), C. Jacquemin (LIMSI), E. Brunet. 1.7.4.2. Projet Sample Orchestrator L équipe est impliquée dans deux tâches du projet Sample Orchestrator, l une sur l analyse/synthèse de son et l autre sur la navigation dans des bases de données de sons. Analyse/synthèse temps réel Les travaux ont porté sur le développement d outils de représentation et de resynthèse de sons analysés ainsi que sur le développement d un ensemble d applications prototypes explorant des nouvelles techniques de transformation et d hybridation de sonore. En particulier un composant logiciel, MuBu (pour Multi-Buffer), a été développé pour la représentation en mémoire vive de données sonores. Différentes représentations temporelles alignées comme des échantillons, des descripteurs sonores, des données de captation de mouvement et des représentations musicales symboliques peuvent être utilisées. Une intégration prototype de la bibliothèque (C++) MuBu dans Max/MSP en tant que module externe a été développée. Une autre bibliothèque (C) développée dans le cadre du projet sous le nom ZsaZsa, implémente un moteur de synthèse granulaire, PSOLA et concaténative. Le moteur a été intégré dans Max/MSP ainsi que dans l application prototype principale du projet de l échantillonneur développé par Universal Sound Bank. Les applications prototype développées par l équipe en Max/MSP intègrent ces bibliothèques avec des outils développés par l équipe Analyse/Synthèse comme le vocodeur de phase SuperVP et les bibliothèques d extraction et d analyse IrcamDescriptors et IrcamBeat. Plusieurs prototypes ont été élaborés au cours de cette année : Synthèse granulaire contrôlée par des descripteurs sonores ; Synthèse concaténative des boucles rythmiques ; Morphing sonore par hybridation des enveloppes spectrales. Navigation dans des bases de sons Une autre partie du projet concerne des expérimentations de modes de recherche de sons et de jeu musical par navigation interactive et graphique dans un espace de descripteurs et de catégories de sons. Pour tester de nouvelles approches, une application prototype de navigation et synthèse par corpus, basé sur CataRT a été implémentée comme un ensemble de patchs et modules pour Max/MSP avec FTM&Co. Elle se base sur les outils d indexation, description, et traitement développés dans le projet. Les travaux effectués pour le projet sont la refonte de l architecture de l interface graphique par l ajout de possibilités de zoom, loupe, affichage des catégories et symboles, et la mise en œuvre et l intégration d un algorithme de réduction de dimensions: multi-dimensional scaling (MDS) optimisé et interactif de type masses ressorts. Des travaux concernant l intégration des descripteurs catégoriels (classes, taxonomie) et morphologiques dans la représentation graphique de descripteurs multidimensionnels ont été effectués avec l intégration d un nouveau mode de visualisation de pavage, qui divise l espace de descripteurs en plusieurs sous-espaces par classe ou combinaison de catégories. La recherche et le jeu musical de sons à partir d une grande base de données sonores sont similaires à l exploration de données en manipulant une représentation graphique. Pour permettre une exploration efficace de l espace de sons défini par les descripteurs sonores, le système de visualisation de CataRT a été remodelé entièrement. Cette amélioration de l architecture du modèle graphique est basée sur trois espaces de coordonnés (model, world, device coordinate spaces) et des transformations affines ou mapping non linéaires entre espaces. Cette architecture permet une intégration facile de fonctionnalités de zoom & pan et un nouveau mode de pavage formés par la subdivision de l affichage selon un ou deux descripteurs catégoriels. Ce mode permet la comparaison de deux descripteurs (axes x et y) 148 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL selon des appartenances à une ou deux catégories (classes issues de la classification automatique ou groupes de sons définis par l utilisateur). D autres points traités étaient la scalabilité de la recherche et synthèse pour de grands corpus en utilisant une restriction en sous-ensembles catégoriels, une sélection d unités optimisées par index de kd-tree, et la lecture de sons «direct-to-disk» ce qui permet l utilisation de très grands corpus, sans charger les sons en mémoire. Des fonctions et structures de données pour le calcul de distances et la recherche d éléments dans des espaces de données multidimensionnelles ont été réunis dans une bibliothèque de fonctions sans dépendances envers d autres bibliothèques, qui peuvent donc s intégrer dans n importe quelle application. Elle a été testée dans l application prototype de recherche et navigation dans des grandes collections sonores et dans les modules de musaicing. Des tests de performance des algorithmes ont été effectués et documentés. Notamment des arbres de recherche binaires (kd-trees) ont montré une bonne scalabilité avec leur complexité logarithmique pour la recherche de sons. Participants : N. Schnell, D Schwarz, D. Fenech. Collaboration interne : équipe Analyse/Synthèse. Collaboration extérieure : Consortium du projet Sample Orchestrator. 1.7.4.3. Projet VoxStruments Les travaux de l équipe dans le cadre du projet ANR VoxStruments sur l analyse de la voix pour le contrôle de la synthèse d instruments ont été terminés au cours de l année. Ces recherches et développements ont principalement porté sur la détection d articulations et la reconnaissance de timbres de la voix chantée en temps réel. Une bibliothèque (C) a été développée sous le nom RTA donnant accès à un ensemble de fonctionnalités d analyse temps réel : extraction en temps réel des descripteurs sonores ; détection d articulations (attaques et transitoires) ; classification de timbres (voyelles et autres sons stationnaires) ; mapping de timbre vocal sur un espace de paramètres de synthèse. Un ensemble de modules Max/MSP basé sur cette bibliothèque a été développé et intégré dans la bibliothèque MnM de FTM & Co. Des prototypes d applications d analyse de voix chantée et de contrôle de synthèse sonore par la voix ont été réalisés en collaboration avec VoxLer et Arturia à partir de ces modules. La bibliothèque RTA a aussi été intégrée par VoxLer dans un composant logiciel permettant le pilotage par la voix de jeux informatiques sur différentes plateformes de jeux comme la Wii et la Nintendo DS. Participants : J.-P. Lambert, N. Schnell. Collaboration interne : équipe Acoustique instrumentale. Collaborations externe : VoxLer, Arturia. 1.7.4.4. 2PIM/MI3 Nous avons participé au projet ANR 2PIM/MI3, coordonné par l association PuceMuse, pour le développement d une plateforme logicielle pour le Meta-Instrument (version 3). Notre contribution a concerné deux parties. Premièrement, dans le cadre d un stage Atiam, nous avons développé une première approche afin d étudier la cohérence entre geste et son dans différents contextes : écoute ou performance musicale (cf. section 1.7.3.4.). Le second axe de travail a été le développement d une boîte à outils permettant la création de modules standardisés de synthèse et de traitement de son en Max/MSP. Ces outils permettent le développement rapide de modules Max/MSP (pour Max 5) normalisant leurs structures et IRCAM 149

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ facilitant l implémentation de divers aspects comme l adressage, le traitement et la sauvegarde de paramètres ainsi que l interface de contrôle graphique. Une première version des outils en tant que abstractions Max/MSP, ainsi qu un premier ensemble de modules basés sur les outils a été développé, documenté et diffusé sous le nom de X.Tools par Manuel Poletti. Une intégration des X.Tools dans la plateforme 2PIM par PuceMuse est envisagée. Participants : B. Caramiaux, M. Poletti, N. Schnell. Collaboration extérieure : Association PuceMuse. 1.7.5. CAPTATION DE GESTES ET INTERFACES 1.7.5.1. Violon et Quatuor Augmentés Nous avons participé à la production de Florence Baschet (StreicherKreis), en fournissant un jeu complet de modules pour quatuor augmentés. Le suivi de l ensemble des enregistrements, répétitions et concerts a permis d aboutir à un jeu robuste de capteurs et transmission sans-fil. Un soin particulier a été apporté au capteur de pression d archet. Ceux-ci ont fait l objet de plusieurs améliorations, en utilisant une jauge de contrainte unique (capteur de force par déformation) en lieu et place d une double jauge recto-verso. Ceci a permis de réduire encore la taille du capteur qui ne dépasse plus que de 5 à 7 mm de la hausse pour s appuyer sur le crin. Le jeu de l instrumentiste s en trouve encore moins perturbé et le capteur est plus facile à calibrer. L électronique du capteur de pression a également été fiabilisée en intégrant une protection mécanique sur la vis de réglage, rendant insensible au toucher le système d amplification embarqué sur la hausse et limitant la dérive du capteur après étalonnage. Les capteurs de pression ont été montés sur des archets en carbone achetés spécifiquement par le département Création pour les futures productions utilisant des instruments à cordes. Ceci permet d éviter une fragilisation par des démontages successifs. Dans le cadre du projet européen i-maestro, les modules de capteurs sans fil ont été modifiés afin de permettre une duplication aisée et une utilisation plus conviviale. Douze jeux de capteurs et bases réceptrices ont été construits par l Ircam puis livrés aux partenaires i-maestro. Les modules intègrent à présent un port de recharge qui ne nécessite plus d ôter la batterie pour la recharger. Ce même port sert également à configurer l émetteur via la borne réceptrice, qui fait également office de chargeur. Les capteurs de mouvements sont désormais amovibles grâce à un connecteur verrouillable qui permet également d utiliser le module sans fil avec d autres capteurs gestuels, étendant et mutualisant le développement à de futurs projets ou utilisations. Participants : E. Fléty, F. Bevilacqua. Collaborations internes : M. Demoucron (équipe Acoustique instrumentale), S.Lemouton. Collaborations extérieures : Consortium i-maestro, Quatuor Danel, F. Baschet. 1.7.5.2. Nouvelles plateformes pour la captation de geste Dans le cadre de la préparation du projet ANR Interlude qui débutera en 2009, nous avons conduit une étude prospective pour concevoir des objets communicants et d interaction multiutilisateurs sans fil. Le but est également de dépasser la topologie dans laquelle chaque objet exporte des données gestuelles en temps réel vers une station centrale qui gère l interaction. L évaluation de microcontrôleurs plus performants vise à intégrer une partie du traitement gestuel de manière enfouie dans l objet afin de limiter son dialogue sans fil avec les autres agents, réduisant ainsi la latence et facilitant le dialogue en réseau ad-hoc. 150 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL Dans ce cadre, nous avons évalué de nouvelles plateformes microcontrôleur 32 bits. Ceux-ci permettraient d implémenter une étape de calcul préliminaire, ou même des systèmes de reconnaissance utilisant des Modèles de Markov Cachés simplifiés. La nouvelle famille de PIC32 de Microchip semble un bon candidat, son architecture repose sur un cœur MIPS, reconnu de longue date. Participant : E. Fléty. 1.7.5.3. Projet «Passage» - Collaboration Ircam Pierre Jodlowski Siemens Nous avons participé aux développements technologiques nécessaires pour l installation de Pierre Jodlowski dans les bureaux de Siemens à St-Denis, conçu comme un couloir interactif sonore. Avec Pierre Jodlowski et Christophe Bergon, scénographe, nous avons déterminé les scénarios d interaction sonore à l intérieur du passage. Outre le choix des capteurs et d une expertise technique sur l interface de conversion capteurs/ordinateur, nous avons élaboré un programme en Javascript capable de gérer jusqu à 4 personnes présentes dans le couloir. Ce programme de détection et de suivi des individus communique avec le moteur sonore de Pierre Jodlowski qui spatialise les souvenirs «attrapés» par les visiteurs faisant en sorte que ceux-ci emportent le souvenir avec eux durant la traversée du passage. Participant : E. Fléty. Collaboration extérieure : Pierre Jodlowski. 1.7.6. PROJET I-MAESTRO Le projet de recherche Européen (IST) i-maestro sur des technologies pour la pédagogie musicale s est terminé avec succès fin 2008 après trois ans. L équipe a développé dans le cadre du projet plusieurs technologies ainsi qu un prototype logiciel, le Sound and Gesture Lab, et un prototype d un module de captation sans fil (cf le paragraphe 1.7.5.1 Violon et Quatuor Augmentés). Le Sound and Gesture Lab est une application prototype implémentée en Max/MSP avec FTM & Co qui intègre un ensemble d outils développés ou étendus dans le cadre du projet comme le suivi de geste, le suivi de partition, divers modules d analyse et de synthèse sonore ainsi que des composants de visualisation de données de captation et d analyse. Les travaux de finition de l application ont principalement porté sur la solidification de l architecture logicielle interne, en ce qui concerne la gestion des données multimodales, et leur exportation et importation par le format SDIF. Ce format a servi à l échange des données avec les partenaires du projet, notamment University of Leeds, pour leur application de capture 3D AMIR. Ainsi les données de mouvement et sons enregistrés dans AMIR ont pu être analysés et visualisés dans Sound and Gesture Lab. En collaboration avec UL, des nouveaux types de descriptions ont été définis dans le formalisme SDIF pour représenter les données de capture de mouvement et de gestes, et presentés dans l article [Koerselman08a]. Le Sound and Gesture Lab a également été appliqué à l analyse de gestes du violon et présenté dans [Grosshauser08a]. La dernière année du projet a été essentiellement dédiée à la finalisation et documentation des outils développés ainsi qu à l expérimentation dans la pédagogie en collaboration avec les Ateliers des Feuillantines. Les paradigmes d'usage explorés au cours du projet incluent le travail sur le geste musical, l accompagnement et l inspection des enregistrements d instrumentiste. Un ensemble de scénarios a été développé et validé au cours du projet impliquant des élèves de violon et des cours de solfèges de différents niveaux. Nous avons notamment proposé trois scénarios mettant l accent sur le geste musical (music embodiment). Ces scénarios reposent sur l utilisation combinée des technologies de suivi de geste et de supervp~. Les élèves peuvent contrôler la lecture d un fichier sonore, avec variations temporelles, grâce à des mouvements libres, de battue ou instrumentaux (e.g. IRCAM 151

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ violon). Plusieurs situations ont été imaginées en variant les configurations : élève seul avec un ordinateur, ou plusieurs élèves jouant ensemble avec des ordinateurs et/ou des instruments de musique classiques. Mentionnons que le suivi de gestes a été utilisé dans ce contexte pour contrôler la seconde voix d'un duo de Bela Bartok (ainsi qu une vidéo d un violoniste) ou pour créer un duo entre deux élèves jouant le second mouvement du second concerto pour piano de Chopin, l'un jouant au piano alors que le second l'accompagnait en dirigeant un enregistrement de l'orchestre seul. Le résultat de ces expérimentations a donné lieu à une représentation publique lors du concert de fin d année de l Atelier des Feuillantines qui s est tenu cette année au Sénat. Une autre expérimentation s est concrétisée en collaboration avec Christophe Beau, violoncelliste et professeur au conservatoire du Vè arrondissement de Paris. Un élève de sa classe a pu se familiariser avec l archet augmenté et divers environnements dont le Sound and Gesture Lab. La thématique de ce travail était l'augmentation du geste instrumental. Ces travaux ont abouti à une création personnelle jouée par l'élève en audition publique au Conservatoire. Participants : F. Bevilacqua, N. Schnell, F. Guédy, N. Rasamimanana, E. Fléty, D. Schwarz, R. Borghesi, J.-P. Lambert, M. Jacob, T. Grosshauser. Collaboration interne : équipe Services en Ligne. Collaborations externes : Consortium du projet i-maestro, Atelier des Feuillantines. 1.7.7. DÉVELOPPEMENT D OUTILS LOGICIELS 1.7.7.1. FTM & Co Nous avons poursuivi nos développements de logiciels qui représentent un support essentiel pour nos recherches et en particulier pour le développement rapide de prototypes. Les travaux sur la bibliothèque FTM et les ensembles de modules Max/MSP de FTM, Gabor et MnM ont porté principalement sur : intégration dans la version 5 de Max ; nouvelles interfaces graphiques (éditeurs de données) ; protection des accès concurrents aux structures de données partagées à partir de processus parallèles. Une première version alpha de FTM & Co pour Max 5, permettant de charger des fichiers (patchs) créés avec Max/MSP 4, a été réalisée en fin d été, et cette version a été étendue depuis. Une version finalisée de FTM & Co pour Max 5 adaptée à l exécution parallèle est prévue pour le printemps 2009. Participants : N. Schnell, R. Borghesi, D. Schwarz. Modules de visualisation Un nouvel ensemble de modules pour l'édition/visualisation des donnés FTM a été développé. Les buts principaux de ce développement ont été : l'intégration d'édition et visualisation des données directement dans les patches Max ; la possibilité de superposer et aligner plusieurs structures de données ; la possibilité d'afficher chaque structure de données de plusieurs façons différentes ; le remplacement des éditeurs java de FTM devenus obsolètes ; la réutilisabilité des éditeurs dans des contextes différents de FTM ; la portabilité multi-plateforme. Les éditeurs ont donc été développésen se basant sur la librairie C++ multi-plateforme JUCE, et ils font abstraction des classes FTM utilisant des interfaces pour l'accès aux données. L'ensemble des éditeurs implémentés (bpf, forme d'onde, matrice de valeurs, spectrogramme, 152 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL piste de marqueurs, pianoroll midi) est facilement extensible et adaptable aux nécessités des recherches de l'équipe. Participants : R. Borghesi, N. Schnell. Bibilothèque MnM La bibliothèque MnM s est enrichie d objets issus des projets VoxStruments (section 1.7.4.3.) et Sample Orchestrator (section 1.7.4.2.). Une nouvelle version du suivi de geste «gesture follower» a également été incorporée aux exemples de MnM. Participants : J.P. Lambert, F. Bevilacqua, N. Schnell, D. Schwarz. Gabor Musaicing Pour la pièce de Cursus 2 de Marco Antonio Suarez Cifuentes, Poetry for // dark -/ dolls, nous avons développé un patch Max/MSP qui permet l imitation d une morphologie sonore par un autre matériau sonore utilisant la synthèse granulaire pilotée par l analyse de descripteurs en temps réel. Le point de départ de cette collaboration a été l idée de masquage d une partie de l ensemble instrumental de la pièce par des sonorités d une autre partie de l ensemble. Une variante du patch développé pour le projet a été diffusée en tant que patch exemple de Gabor dans FTM & Co. Participant : N. Schnell. Collaborations interne : M. A. Suarez Cifuentes (département Pédagogie et action culturelle). Documentation et workshop Christopher Dobrian, chercheur invité, a contribué à la documentation de FTM & Co, et en particulier à des tutoriaux généraux de FTM. Les help patches de MnM ont été également révisés grâce à la collaboration de Roland Cahen. Plusieurs workshops ont permis de diffuser les différents éléments de FTM & Co : hands-on workshop dans le cadre du Forum ; stage week-end Max/MSP avancé avec FTM du département Pédagogie ; workshop FTM&Co aux Journées d'informatique Musicale (JIM) au GMEA à Albi. Participants : N. Schnell, R. Borghesi, D. Schwarz, J. Lambert, F. Bevilacqua. Collaborations internes : départements Pédagogie et action culturelle et Création Collaborations externes : C. Dobrian, R. Cahen. 1.7.7.2. CataRT Le développement de CataRT a été poursuivi afin d améliorer l architecture logicielle, la modularité, l interface et l efficacité. L avancée de l architecture logicielle concerne principalement la visualisation et une nouvelle architecture d importation et analyse des sons : elle comporte la définition d interfaces pour modules d analyse en descripteurs, de modélisation temporelle, et de segmentation, qui se déclarent au modèle de données, et peuvent donc facilement être ajoutés, changés et comparés. Cette architecture a fait l objet d une présentation dans le département production et les retours ont été intégrés dans la conception. Des modules spécifiques d interface utilisateur ont été développés : la visualisation d un descripteur avec définition de bornes, un éditeur des poids de sélection, une interface de sélection de classes ou catégories à inclure ou exclure de la sélection. IRCAM 153

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ L efficacité a été améliorée par l intégration des modules développés pour le projet Sample Orchestrator, notamment la recherche par arbre (kd-tree), la lecture directe du disque, et la nouvelle architecture de visualisation. Finalement, la documentation, la distribution et la dissémination de CataRT ont été poursuivies avec l introduction de patchs tutoriaux, la continuation des releases du logiciel, sa documentation par patchs help et sur le web, incluant des exemples sonores et tutoriaux, et des présentations aux ateliers du Forum, au stage de pédagogie FTM, en séminaire R&D, aux compositeurs Cursus, aux réalisateurs multimédia du Fresnoy et aux Journées d'informatique Musicale (JIM). Pour d éventuels contacts industriels, une version standalone simplifiée a été développée et soumise au service de valorisation industrielle. Participant : D. Schwarz. Collaborations internes : G. Beller, Th. Goepfer (département Production), A. Einbond (compositeur). 1.7.7.3. SDIF Sound Description Interchange Format Outre la continuation de l intégration de SDIF dans FTM, les travaux ont porté sur l utilisation de SDIF pour la description et l échange des données gestuelles [Koerselman08a] et de donnés de descripteurs bas niveau [Burred08a]. Pour ce dernier, un modèle de données pour des descripteurs audio instantanés, des segments, et des descripteurs globaux a été développé, ainsi que sa représentation en SDIF. Un autre développement concernait l exportation des résultats de la sélection dans CataRT (descripteurs des unités, fichiers sons, catégories et symboles) et l importation de ces information dans OpenMusic via SDIF, pour lequel la librairie SDIF a été étendu afin de mieux interfacer avec OpenMusic. Ce travail a été utilisé pour la composition de la pièce Cursus 2 What the blind see de Aaron Einbond, décrit ci-dessous. Les sites web de SDIF ont été entièrement remaniés, réorganisés et réunis sur un seul site sur http://sdif.sourceforge.net/ avec l ajout d un wiki, d une page index et de documentation, des documents standard mises à jour. Participant : D. Schwarz. Collaborations internes : J-J. Burred, C. Cella, G. Peeters, A. Roebel (Analyse et synthèse des sons), J. Bresson (Représentations musicales), A. Einbond (compositeur) ; Collaborations extérieures : T. Koerselman, O. Larkin, Kia Ng. 1.7.7.4. SuperVP pour Max/MSP Le développement des modules Max/MSP de traitement de son à la base de la bibliothèque temps réel de SuperVP a progressé. Les optimisations et les extensions de la bibliothèque ont été intégrées dans les modules existants comme la modélisation de sinusoïdes ainsi que le renforcement et la réduction de l'enveloppe spectrale. Deux nouveaux modules ont été développés, documentés et diffusés dans le Forum. Le module supervp.sourcefilter~ permet la synthèse croisée source-filtre (hybridation des enveloppes spectrales) entre deux flux sonores. Le module supervp.ring~ intègre une mémoire tampon circulaire pour appliquer les transformations spectrales et temporelles (compressions et étirements) du vocodeur de phase étendu à un flux sonore continu entrant en temps réel. Ce travail a été réalisé en partie dans le cadre des projets i-maestro (optimisation des modules existants) et Sample Orchestrator (développement de supervp.sourcefilter~). Participant : N. Schnell. Collaborations internes : A. Röbel (équipe Analyse et synthèse des sons), RIMs (département Création). 154 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL 1.7.7.5. Antescofo En 2008, le noyau C++ d'antescofo a été largement développé et diffusé en interne pour répondre aux besoins des compositeurs au sujet de la synchronisation entre représentation symbolique et signaux audio ainsi que l écriture d événements électroniques grâce à son langage synchrone. Un effort important de développement s est concentré sur la robustesse du système (donnant lieu à objet "Antescofo~"), et sa modularité pour faciliter les futurs développements. Le noyau du langage synchrone d'antescofo (les FWDs) a été redéfini par rapport aux besoins musicaux des projets qui l'utilisent (notamment pièces de P. Boulez, J. Harvey et M. Stroppa). Une diffusion plus large est prévue lors du Forum Ircam en juin 2009. Participant : A. Cont. 1.7.7.6. Bibliothèque Fuzzy Logic Library version 1 Nous avons développé la version 1 d une librairie de logique floue pour l environnement temps réel Max/MSP. Elle comporte trois objets permettant la «fuzzification» de données issues de capteurs, l écriture de règles floues, la «défuzzification» des résultats obtenus. L ensemble des implications floues reconnues dans la littérature sur le sujet est implémenté, ainsi que toutes les t-normes et t-conormes, ce qui la distingue des automates simples existants ne permettant que la commande floue. Selon les situations, ces paramètres peuvent être modifiés en fonction du comportement que l on cherche à modéliser. En revanche, dans cette première version, nous n avons implémenté que des mesures «précises», pour des raisons de simplification de calculs du «modus ponens généralisé». Participant : A. Bonardi. Collaborations extérieures : I. Truck et N. Jouandeau (université Paris 8). 1.7.7.7. Évolution du système HARTIS Ces travaux ont porté sur la restructuration du système HARTIS de simulation de bruit de véhicules développé pour PSA Peugeot Citroën. Le système HARTIS permet la resynthèse en temps réel et interactive de sons de moteur et de roulement captés à l intérieur du véhicule. L évolution du système vise à la fois l unification de plusieurs modules développés ultérieurement et l extension du système par des nouvelles fonctionnalités. Dans la première étape de ces travaux entamés cette année, une nouvelle architecture du système a été développée ainsi qu une première implémentation partielle. Une poursuite des travaux est planifiée pour l année prochaine. Participants : N. Schnell, J. Bloit. Collaboration externe : PSA Peugeot Citroën. 1.7.8. ORGANISATION DE COLLOQUES 1.7.8.1. Action Geste et Action du GdR ISIS L action spécifique «Geste et action», du Groupement de Recherche ISIS, se propose d'explorer les problématiques liées à l analyse visuelle du mouvement, des gestes et du comportement humain. L action englobe ces problématiques, et souhaite promouvoir la coopération méthodologique entre laboratoires nationaux, voire européens, au travers de Journées Thématiques. IRCAM 155

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL RAPPORT DÉTAILLÉ Une troisième réunion s est tenue le 25 mars 2008, TELECOM ParisTech sur les thèmes Geste et Visage. Cette journée a fait l objet de sept présentations, dont les documents sont en ligne à http://imtr.ircam.fr/index.php/geste_et_action. Participant : F. Bevilacqua Collaborations extérieures : C. Achard (université Paris 6), P. Horain (Institut Télécom). 1.7.9. PUBLICATIONS ET COMUNICATIONS Articles dans des revues à comité de lecture [Schwarz08b] Schwarz Diemo, Brunet Etienne, the concatenator CD Contributors' Notes. Leonardo Music Journal. Novembre 2008, n 18 [Rasamimanana09b] N. Rasamimanana, F. Bevilacqua «Effort-based analysis of bowing movements: evidence of anticipation effects», The Journal of New Music Research, accpeted for publication. [Rasamimanana09c] N. Rasamimanana, F. Kaiser, F. Bevilacqua «Perspectives on gesture-sound relationships informed from acoustic instrument studies», Organised Sound, accepted for publication. Chapitres dans des ouvrages collectifs, Articles ou chapitres dans un livre [Cahen08a] Cahen Roland, Jacquemin Christian, Schwarz Diemo, Navigation et composition dans un univers graphique 3D de grains sonores. Sophie Chauvin. Information & Visualisation: Enjeux, recherches et applications. Toulouse : Cépaduès Editions. 2008, p. 243-268 [Rasamimanana09a] N. Rasamimanana, D. Bernardin, M. Wanderley, F. Bevilacqua «String Bowing Gestures at Varying Bow Stroke Frequencies: A Case Study», accepeted in Advances in Gesture-Based Human-Computer Interaction and Simulation, (Springer Verlag) Actes de congrès avec comité de sélection [Bevilacqua09a] Bevilacqua Frédéric, Zamborlin Bruno, Sypniewski Anthony, Schnell Norbert, Guédy Fabrice, Continuous realtime gesture following and recognition. Accepted for the 8th International Gesture Workshop. [Bianco09a] Bianco Tommaso, Fréour Vincent, Rasamimanana Nicolas, Maniatakos Fivos, Bevilacqua Frédéric, Parametric modeling of gestural co-articulation effects in music performance. Accepted for the 8th International Gesture Workshop. [Bloit08a] Bloit Julien, Rodet Xavier, Short-time Viterbi for online HMM decoding : evaluation on a real-time phone recognition task. ICASSP. Las Vegas : Mars 2008 [Burred08a] Burred Juan José, Cella Carmine Emanuele, Peeters Geoffroy, Roebel Axel, Schwarz Diemo, Using the SDIF Sound Description Interchange Format for Audio Features. International Conference on Music Information Retrieval (ISMIR). Septembre 2008 [Cont08a] Arshia Cont. ANTESCOFO: Anticipatory Synchronization and Control of Interactive Parameters in Computer Music. In Proceedings of International Computer Music Conference (ICMC), August 2008. [Koerselman08a] Koerselman Thijs, Larkin Oliver, Ong Bee, Leroy Nicolas, Lambert Jean-Philippe, Schwarz Diemo, Guédy Fabrice, Norbert Schnell, Frédéric Bevilacqua, Kia Ng SDIF Integration in i-maestro Gesture Tools. 4th i- Maestro Workshop on Technology-Enhanced Music Education, co-located with the 8th International Conference on New Interfaces for Musical Expression (NIME). Genova : Juin 2008, p. 15-20 [Maniatakos08a] Vassilios-Fivos Maniatakos, Christian Jacquemin, "Towards an affective gesture interface for expressive music performance ", New Interfaces for Musical Expression conference (NIME 08), Genova, Italy, 2008. [Grosshauser08a] Grosshauser Tobias, Schwarz Diemo, Schnell Norbert, Seeing the Inaudible : descriptors for generating objective and reproducible data in real-time for musical instrument playing standard situations. Audio Engineering Society Convention (AES). Amsterdam : Mai 2008 [Schwarz08a] Schwarz Diemo, Cahen Roland, Britton Sam, Principles and Applications of Interactive Corpus-Based Concatenative Synthesis. Journées d'informatique Musicale (JIM). Albi : Mars 2008 [Schwarz08c] Schwarz Diemo, Cadars Sylvain, Schnell Norbert, What Next? Continuation in Real-Time Corpus-Based Concatenative Synthesis. International Computer Music Conference (ICMC). Belfast : Août 2008 [Rasamimanana08b] N. Rasamimanana, F. Guédy, N. Schnell, J. Lambert, F. Bevilacqua «Three Pedagogical Scenarios using the Sound and Gesture Lab», 4th i-maestro Workshop on Technology Enhanced Music Education, 2008 Travaux Universitaires [Caramiaux08a] Caramiaux Baptiste, "Gestification" du son : mapping adaptatif geste/son dans un contexte d'écoute et de performance musicale. Master Atiam. université Pierre et Marie Curie (Paris 6), 2008. [Cont08b] A. Cont «Modeling Musical Anticipation: From the time of music to the music of time», thèse de l université Pierre et Marie Curie (Paris 6), et de l University of California San Diego (UCSD), 2008 [Rasamimanana08a] N. Rasamimanana «Geste instrumental du violoniste en situation de jeu : analyse et modélisation», thèse de l université Pierre et Marie Curie (Paris 6), 2008 156 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INTERACTIONS MUSICALES TEMPS RÉEL Conférences invitées Frédéric Bevilacqua, conférence à la 1. Biennale der Tanzausbildung, Berlin, 3 mars. Frédéric Bevilacqua, conférence invitée sur le «gesture follower», Yamaguchi Center for Arts and Media (YCAM), 22 décembre, Japon. Frédéric Bevilacqua, Table ronde à NIME 08 (Gênes) : Research directions in active listening and embodied music cognition Diemo Schwarz, invitation à la table ronde "The Hungry Music Monster: How High Performance Computing will Change the Face of Music", Supercomputing 2008, Austin, Texas, 16--21. nov Diffusion de connaissances Workshop MnM et CataRT aux Journées d'informatique Musicale (JIM) au GMEA à Albi, 27 mars. Présentations aux Cursus 1 et 2 des travaux de l équipe IMTR : 9 janvier Cursus 2 Présentation IMTR sur les «nouvelles écriture de l'interaction», 15 décembre. Séminaire R&D sur la synthèse par corpus temps-reel avec CataRT, 30 mars. Présentation aux réalisateurs multimédia du Fresnoy, 16 mai. Présentation "Nouveautés IMTR" aux ateliers du Forum, 11 juin. Workshop aux ateliers du Forum: Séances de travaux pratiques avec CataRT (13 novembre) et FTM (14 novembre). Présentation des résultats de la collaboration IMTR et Richard Siegal au CentQuatre, 12 Décembre. Colloques et séminaires Séminaire Interne Ircam : Julien Bloit Modélisation d'événements musicaux : approche multi-flux, 8 octobre 2008. Séminaire Interne Ircam Arshia Cont, "Music Information Geometry: Theory and some Applications", 21 mai 2008. Séminaire Interne Ircam, Jean-Philippe Lambert «Descripteurs de la voix chantée pour une utilisation de contrôle en temps réel», 22 octobre. Activités d enseignement Stage de week-end Max/MSP avancé avec FTM du département pédagogie, mai. Arshia Cont, Cours d' Atiam sur Apprentissage automatique (6 heures) Nicolas Rasamimanana, Cours d' Atiam sur l analyse du geste (3 heures) Tommaso Bianco, cours d informatique UPMC Paris 6 (monitorat) Émissions radiophoniques et télévisées, entretiens journalistiques, animations Emission RFI,le mardi 13 novembre à 11h en direct dans le cadre de l'émission Les Visiteurs par Dominique Desaunay, avec Frédéric Bevilacqua et Norbert Schnell sur l interactions musicale temps réel. IRCAM 157

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE 1.8. SERVICES EN LIGNE Responsable : Jérôme Barthélemy L année 2008 a été pour l équipe l occasion de poursuivre l orientation de son l activité sur la gestion de bases de données patrimoniales, et la gestion des connaissances, direction qui a été initiée en 2005, et poursuivie depuis. L équipe a débuté durant l année 2006 plusieurs projets nationaux et européens (Ecoute et Caspar), dédiés à la valorisation et à la préservation des contenus patrimoniaux. D autre part, l équipe est impliquée, à un degré moindre, dans le projet i-maestro, consacré au développement de nouvelles méthodes pour l'apprentissage de la musique. Ce thème se situe dans le prolongement des activités antérieures de l équipe, consacrées à la mise en ligne de services basés sur les travaux réalisés par diverses équipes scientifiques. Ces activités lui ont permis d acquérir une expérience en matière de technologies de bases de données, de modèles de données, de middleware, ainsi que d architecture logicielle, par le développement de services de mise en ligne de données (SoundPalette). Pour la réalisation de ces projets, une part importante des travaux a été consacrée à l acquisition de compétences dans le domaine de la modélisation des données, et notamment dans les standards de description (MPEG 7, projets Ecrins et Cuidado), ainsi que dans les langages de représentation des connaissances (RDF/OWL, projet Semantic HIFI). Cette activité a amené l équipe à se pencher sur les notions et techniques relatives aux ontologies de domaine, c est-à-dire les ensembles structurés de concepts tendant à représenter des connaissances à l aide d un modèle formel. Nous avons poursuivi en 2008 des travaux de développement de telles ontologies dans deux domaines : le domaine des annotations musicales (projet i-maestro) ; le domaine de la production musicale (projet Caspar). Parallèlement, l équipe a continué à assurer son rôle de soutien et d expertise technique dans divers projets (Ecoute). L équipe articule donc aujourd hui sa recherche autour de deux axes : l un est dédié aux bases de données patrimoniales, et plus particulièrement à leur préservation et à leur valorisation, et l autre dédié aux formalismes de représentation des connaissances. 1.8.1. AXE DE RECHERCHE «BASES DE DONNÉES PATRIMONIALES : PRÉSERVATION ET VALORISATION» Les bases de données patrimoniales à l Ircam, dont font partie notamment les bases Brahms, Mustica et Studio en Ligne, représentent un enjeu majeur. Ces bases posent elles-mêmes des problèmes de maintenance, et leurs usages doivent évoluer. Deux axes principaux de recherche sous-tendent par ailleurs cette activité : les problématiques de préservation à longue échéance des contenus et des objets numériques, ainsi que des moyens d accès à ces contenus ; la publication et la mise en ligne de ces contenus sur des supports divers, et les problématiques induites d ingénierie des connaissances. Ces axes de recherche sont mis en œuvre dans les projets Ecoute et Caspar. 1.8.2. LA PRÉSERVATION : UNE PROBLÉMATIQUE ORGANISATIONNELLE Il convient de noter tout d abord que la problématique de préservation n est pas purement technique. Au-delà de la pérennité des supports physiques, qui est une problématique considérée aujourd hui comme résolue par les experts du domaine, se pose le problème IRCAM 159

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE RAPPORT DÉTAILLÉ majeur de «l intelligibilité» des contenus. Par intelligibilité, nous entendons deux types d intelligibilité : l intelligibilité par les machines, et l intelligibilité par les humains. Garantir l intelligibilité des données dans le futur En matière d intelligibilité par les machines, il convient de noter qu aucune garantie de pérennité ne peut être fournie aujourd hui pour un format de donnée, aussi répandu soit-il. Quelques formats de données (tel PDF-A) offrent une garantie pour certains types de données (en l occurrence des documents destinés à être imprimés), mais pour d autres types de données, comme les formats audio numériques, ou les patchs Max/MSP utilisés pour la création musicale, il n existe aucun format pouvant offrir une forme quelconque de garantie de pérennité. Dès lors qu aucune garantie de pérennité ne peut être fournie pour les données et leur intelligibilité par les machines, il est impératif d assurer l intelligibilité des données par les humains, ce qui est la condition impérative pour toute opération permettant de pérenniser les données en leur appliquant des opérations de transformation telles que migration, émulation, ou virtualisation. Toutefois, les connaissances qui permettent l interprétation des données par les machines sont extrêmement complexes, et relèvent souvent de connaissances implicites non formalisées, qui rendent à terme impossible, ou au moins extrêmement difficile, toute opération de migration. Nécessité d un effort collaboratif La complexité des systèmes numériques et l imbrication des dépendances (dépendances au système, dépendances aux formats, dépendances aux impératifs industriels ) rendent quasiment impossible à une organisation quelle qu elle soit (y compris des organisations telles que l Agence Spatiale Européenne, partenaire dans le projet Caspar) la collecte de l ensemble des connaissances nécessaires à la préservation des données numériques. Une telle collecte ne peut être réalisée que par un effort collaboratif des organisations chargées de préserver des données. La problématique de préservation des données numériques n est de ce fait pas une problématique technique, mais au premier chef une problématique qui relève du domaine de l organisation et de la méthodologie. Une méthodologie adéquate devra comporter une analyse des risques, une analyse des solutions à apporter pour chacun des problèmes rencontrés, une prise de décision informée, la mise en place d une organisation adéquate, et enfin le développement d outils d aide à la génération des connaissances nécessaires à la compréhension future des données. 1.8.3. LE PROJET CASPAR Caspar est un projet dédié à la préservation à long terme des objets numériques. Dans ce projet, l Ircam est plus spécialement chargé des recherches et développements liés à la préservation des œuvres numériques complexes, dont font partie les œuvres de son répertoire. Ce projet a démarré en avril 2006 pour une période de trois ans et demi, et se terminera en Septembre 2009. Les problématiques abordées dans Caspar sont liées à celles de la préservation à long terme des œuvres musicales, et notamment les problèmes liés à : la pérennité des processus numériques mis en œuvre, dans la perspective de leur portage ; la pérennité des objets numériques, et la pérennité de leur stockage ; la pertinence de la documentation, et notamment en matière de droits. Le rôle de l Ircam dans ces domaines est plus spécifiquement dévolu aux points 1 et 3, pérennité des processus numériques, et pertinence de la documentation. 160 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE Le projet Caspar a été évalué par les experts de la Commission Européenne en Janvier 2009, qui ont évalué de ce fait le travail réalisé durant l année 2008. Les présentations effectuées par l équipe lors de cette réunion de révision ont été particulièrement appréciées par le comité d évaluation, dont nous transcrivons ci-dessous un extrait des commentaires effectués à la suite de cette réunion : «The presentations/demonstrations and further discussion of the test-beds at STFC and Ircam demonstrated a good to excellent degree of understanding of the user needs and of the integration of Caspar in the existing preservation processes». Participants : G. Boutard, F. Rousseaux, A. Bonardi, R. Ciavarella, K. Weissenbrunner, J. Barthélemy. Collaborations internes : N. Donin, S. Goldszmidt (équipe Analyse des pratiques musicales), S. Lemouton (département Création). Collaborations extérieures : STFC, ESA, University of Glasgow, Univesiity of Urbino, Unesco, Advanced Computer Systems, @Semantics, IBM, Consiglio Nazionale Ricerche, Metaware, INA, University of Leeds, Engineering, Foundation for Research and Technology, CNRS, Centre International pour l Art et les Nouvelles Technologies. 1.8.4. SERVICES POUR LA PRÉSERVATION DES OBJETS NUMÉRIQUES - MUSTICASPAR La préservation des oeuvres numériques nécessite le développement d un modèle formel de documentation commun, tenant compte des spécificités du domaine, mais suffisamment cohérent avec les normes de documentation internationales pour permettre son acceptation au-delà du cercle de la pratique de la musique contemporaine. En 2006-2007, nous avions étudié dans cette perspective le modèle de référence CIDOC-CRM, qui décrit les concepts et les relations dans le domaine de la documentation du patrimoine culturel. Nous nous étions également penchés sur le modèle FRBR, à l oeuvre dans le domaine des bibliothèques. Dans le domaine des arts de la performance, les deux modèles ont fusionné en 2008 et une dizaine de templates ont été définis. Pour assurer une assise solide à nos processus de préservation numérique, et permettre une certaine confiance dans l archive, nous avons contribué à une réflexion sur l authenticité à partir du travail mené par l un de nos partenaires dans le projet Caspar, l université d Urbino, qui lui-même reprend les résultats des projets INTERPARES. Nous considérons que l authenticité ne doit pas être définie comme un état binaire, mais comme un processus au travers du cycle de vie de l archive. Sa modélisation doit s appuyer sur des étapes décrites et exécutées. Cet effort aura comme résultat l incorporation de la modélisation de l authenticité dans le modèle OAIS (validation prochaine au niveau ISO). Notre travail de création de services pour la préservation des objets numériques nous a conduits à élaborer un ensemble logiciel appelé MustiCaspar, conçus à partir de la base de données actuelle Mustica consacrée aux oeuvres mixtes de l Ircam, et intégrant le modèle OAIS. Parmi les outils créés, citons : LibTOOL pour «l ingestion» de librairies, la vérification de la cohérence des librairies existantes, la vérification de la complétude de la documentation existante ; WorkTOOL, pour «l ingestion» d œuvres, la vérification de la cohérence des oeuvres existantes, la vérification de la complétude de la documentation existante ; PatchTOOL, pour «l ingestion» de patchs, la vérification de la cohérence des patchs existants, la vérification de la complétude de la documentation existante. 1.8.5. OUTILS SPÉCIFIQUES IRCAM 161

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE RAPPORT DÉTAILLÉ Parmi les différentes stratégies possibles pour faire face au défi de la préservation à long terme, nous privilégions la stratégie basée sur la virtualisation des ressources. Nous nous basons en première approche sur le principe de l UVC (Universal Virtual Computer). Celui-ci définissant une «couche virtuelle» (virtual layer) qui peut être appliquée à toute forme d architecture informatique, tout programme développé en s appuyant sur l UVC devient indépendant de toute forme d architecture informatique. Nous développons une architecture basée sur les mêmes principes, suivant le schéma ci-dessous : «Language tools» «Language tools» est un environnement graphique pour décrire, déboguer et émuler une description de langage (grammaire et syntaxe). Il comprend un éditeur de texte, plusieurs représentations graphiques d éléments de grammaire, un système de détection d erreurs, et un compilateur destiné à produire un code Java optimisé. Il permet de générer le code java d un codec permettant la traduction de données exprimées dans un langage donné. Nous développons actuellement les descriptions de langage correspondant à Max/MSP et PureData. Convertisseur (Codec) Un convertisseur (codec) est conçu pour être utilisable sur tout type de système bâti sur l UVC. Il peut être activé par l intermédiaire de procédures batch ou bien par des applications spécialisées à l aide d une API. Le résultat du convertisseur est une «application virtuelle» exprimée dans un langage de haut niveau, commun à l ensemble des applications spécifiées. Visualiseur (LDV Viewer) Le visualiseur reconstruit le processus original à partir des données stockées. 1.8.5.1.1. Reviviscence Dans le cadre du projet Caspar, nous avons plus spécifiquement étudié la reprise d une œuvre du catalogue, Diadèmes de Marc André Dalbavie, qui devait être reprise en Décembre 2008 à New York. 1.8.5.1.2. Coordination du projet 162 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE L équipe Services en Ligne coordonne pour le projet Caspar l ensemble des travaux des partenaires sur le «testbed» artistique, et a donc été amenée à effectuer plusieurs actions de coordination, telle que l animation d un séminaire dédié aux activités de préservation des arts numériques, ainsi que la planification des activités spécifiques du «testbed» artistique. 1.8.6. ECOUTE Ecoute est un projet dédié au développement d un environnement auteur pour l'écoute musicale instrumentée, la gestion des archives sonores et leur publication multi-supports. Ce projet a été présenté et accepté par le RIAM (Réseau d Innovation en Audiovisuel et Multimédia), et a démarré en 2006, pour une période de deux ans. Le rôle de l équipe Services en ligne est de mener une activité de coordination et de support technique, notamment en matière de bases de données. Ce projet s est terminé en avril 2008, et a été évalué positivement par l Agence nationale de la recherche. Les résultats du projet sont repris dans des projets tels que Quaero, ou bien dans des projets en cours de montage ou en préparation. 1.8.6.1.1. Coordination du projet Nous avons assuré le pilotage du processus exploratoire ayant abouti à un ensemble de cas d usage, de spécifications fonctionnelles, de cas de tests et de validation, ainsi que la rédaction des documents afférents. Participants : J. Barthélemy, M. Jacob. Collaborations internes : G. Peeters, N. Donin, S. Goldszmidt. Collaborations extérieures : UTC, INA, Dalet, WMI, Kelis. 1.8.7. AXE DE RECHERCHE «INGÉNIERIE DES CONNAISSANCES» Le second axe de recherche majeur pour l équipe est celui de l ingénierie des connaissances. Nous nous sommes attachés à l acquisition de compétences dans ce domaine : méthodologie d acquisition de connaissances, méthodes de formalisation (OWL/RDF). Cet axe de recherche est à l œuvre dans le projet Caspar, mais il est aussi mis en œuvre sur le projet i-maestro décrit ci-dessous. 1.8.7.1. Projet i-maestro L'objectif du projet i-maestro est le développement de nouvelles méthodes pour l'apprentissage de la musique, basées sur les innovations récentes issues du développement des technologies de l'information. Dans ce projet, l équipe Services en Ligne a été spécifiquement chargée de développer une ontologie des annotations musicales, dans le champ d application de la pédagogie et de la transmission du savoir. Participants : J. Barthélemy, M. Jacob, R. Coheur. Collaborations internes : N.Schnell, F. Bevilacqua, F. Guédy (équipe Interactions musicales temps réel). Collaborations extérieures : University of Leeds, Fundación Albéniz, Accademia Nazionale di Santa Cecilia Fondazione, Universita Degli Studi Di Firenze, Extreme Information Technology), The Dutch Federation of Libraries for the Blind (FNB), University of Reading (UR), City University London (LCU). 1.8.7.2. Annotation pédagogique de la partition musicale IRCAM 163

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE RAPPORT DÉTAILLÉ Dans le domaine de la pédagogie musicale, l annotation de la partition joue un rôle majeur. En tant que résultante d une activité d apprentissage, de répétition ou d analyse dans le champ des musiques dites «classiques» et «contemporaines», elle est la trace d un savoir implicite, qu il convient de rendre explicite afin de permettre leur utilisation dans le cadre d un outil de traitement de l information. En effet, le but poursuivi par le développement d une ontologie des annotations musicales est de permettre à terme l échange des annotations, la recherche de contenus pédagogiques sur la base de ces annotations, l adaptation du rendu graphique aux conventions locales, ou aux préférences de l utilisateur (et notamment dans le cas des utilisateurs non voyants), et de faciliter leur implémentation dans les outils informatiques. Dans le courant de l année 2007 une étude complète des usages des annotations en situation pédagogique a été menée par le musicologue Robert Coheur, qui s est lui même appuyé sur une étude pratique dans le cadre d un cours de violon mené par la violoniste Véronique Lierneux. Cette étude a fait apparaître des usages pédagogiques spécifiques des annotations, dont notamment les plus marquants sont : usage d un «schoolbook» (cahier de cours), dans lequel la sémantique des annotations ainsi que les cas dans lequel elles ont été utilisées sont enregistrés ; usage de ce même «schoolbook» pour enregistrer le contexte (provenance, auteur, lieu, moment du cours) dans lequel ces annotations ont été faites ; évolution des annotations au fur et à mesure de l évolution de niveau de l élève. L ensemble de ces éléments a été retranscrit sous forme d une ontologie exprimant ces relations. Ces éléments ont été intégrés à l ensemble des livrables qui ont été développés dans le cadre du projet i-maestro, qui s est terminé en décembre 2008. 1.8.8. MONTAGE DE PROJETS L équipe Services en ligne effectue une recherche basée sur des projets, validés par des instances telles que l Agence nationale de la recherche, ou bien les programmes communautaires pour la Recherche et le Développement. Nous avons préparé en 2008 en tant que coordinateur deux projets de recherche : le projet «ASTREE», proposé à l appel 2008 de l Agence nationale de la recherche, programme «Contenus et Interactions», a été accepté (démarrage Janvier 2009). Ce projet prolongera les travaux entrepris dans le projet Caspar dans le domaine de la préservation de données numériques, et plus particulièrement des patchs Max/MSP. Il vise à développer une base de connaissances dédiée aux processus temps réel, et à développer des stratégies de virtualisation pour faciliter leur portage ultérieur. Le projet «APEAR», présenté à l appel numéro 3 du 7e programme cadre de la Communauté Européenne, programme «Technologies de l Information» (FP7-ICT-2007-3), n a finalement pas été retenu, bien qu il ait atteint et dépassé les seuils sur tous les critères d évaluation (note globale 11.5/15). Ce projet a servi de base à la préparation d un nouveau projet pour l appel 2009 de l Agence nationale de la recherche, projet dédié à la compréhension et à la connaissance des processus de production de la musique. Responsable : Jérôme Barthélemy 1.8.9. PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS Revues [Bonardi08b] Bonardi, A. and Barthelemy, J. 2008. The preservation, emulation, migration, and virtualization of live electronics for performing arts: An overview of musical and technical issues. ACM J. Comput. Cultur. Heritage 1, 1, Article 6 (June 2008), 16 pages. [Vinet08a] Vinet, H., «Science and Technology of Music and Sound: The IRCAM Roadmap», Journal of New Music Research, 2008, vol. 36, n 3, pp. 207-226. 164 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES EN LIGNE Actes de conférences [Barthelemy08a] Barthelemy, J., Bonardi, A., Boutard, G., Ciavarella, R. 2008. Our research for lost route to root. In Proceedings of International Computer Music Conference ICMC 2008, Belfast, UK, 2008. [Bonardi08a] Bonardi, A., Barthélemy, J., Ciavarella, R., Boutard, G., First Steps in Research and Development about the Sustainability of Software Modules for Performing Arts, 13èmes Journées d'informatique Musicale (JIM'08), Groupe de Musique Expérimentale d'albi (France), 27-29 mars 2008, actes du colloque pages 105-110. [Bonardi08c] Bonardi, A., Barthélemy, J., Ciavarella, R., Boutard, G., Will Software Modules for Performing Arts be Sustainable?, 14th IEEE Mediterranean Electrotechnical Conference (MELECON'08), session spéciale "Preservation and Reconstitution of Software-Based Artistic Works",SERVICES EN LIGNE Conférences invitées [Barthelemy07b] Barthelemy, J., «Préservation de données numériques : le cas de la production artistique contemporaine», Disclosure and Preservation : Fostering the European Culture in the Digital Landscape, Lisbonne, 2007 Vinet, H., Audio Research Challenges, 1st FP7 Networked Media Concertation Meeting, Vilamoura-Algarve, Portugal 16-17 April 2008, http://cordis.europa.eu/fp7/ict/netmedia/concertation/0408_en.html Vinet, H., Audio and Music Research Challenges, Quaero project Kick-off meeting, 20 Mai 2008, Paris Vinet, H., Musique et transistors : les techniques de l Ircam, colloque D une révolution à l autre : l électronique aujourd hui, Conservatoire national des arts et métiers, 20 juin 2008, Paris Organisation de rencontres internationales Dans le cadre de la conférence MELECON 08 (the 14th IEE Mediterranean Electrotechnical Conference Ajaccio 6-7 mai 2008), organisation d une session spécifique «PReSAW : Preservation and Reconstition of Software-based Artistic Works». Docam/Caspar Le quatrième Sommet international de l alliance Docam (Documentation et Conservation des Arts Médiatiques) s est déroulé les 30 et 31 octobre 2008, à l École de musique Schulich de l université McGill sur les thématiques se rapportant aux problématiques et enjeux de l Alliance. L Ircam a organisé et modéré une session CASPAR durant la matinée du 31 octobre avec des présentations de quatre des partenaires CASPAR du banc de test art contemporain : Ircam, Ina, UTC-CNRS, Ciant. IRCAM 165

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES LOGISTIQUES 1.9. SERVICES LOGISTIQUES 1.9.1. SERVICE INFORMATIQUE Responsable : Laurent Ghys Pour le service informatique, l année 2008 a été principalement marquée par les problèmes de climatisation du Centre de calcul ainsi que par le départ de l un de ses membres qui a rejoint la régie générale du département Production le 1 e septembre 2008. Ces difficultés ont fortement ralenti l activité du service, elles ont été un frein au déploiement des nouvelles technologies, qui prennent en compte l aspect développement durable des Technologies de l Information et de la Communication (TIC). Par exemple la virtualisation des serveurs ou l évolution de nos stockages mutualisés de type SAN n ont pas pu être réalisées comme nous l avions prévu. 1.9.1.1. Problèmes de climatisation du Centre de calcul Le Centre de calcul avait déjà subi en 2007 plusieurs coupures de climatisation dont l une, fin juin, avait provoqué la plus grosse panne informatique qu ait connu l Ircam, en raison de la perte matérielle du serveur central qui hébergeait les données de la bureautique. Le service informatique a alors mis en place son propre système de suivi de températures qui enregistre en permanence quatre points de relevés : air soufflé par la climatisation ; mezzanine : entrée de serveurs ; mezzanine : sortie des serveurs ; équipements réseau (routeur Internet, CGP, BPI). Parmi les nombreuses découvertes que ce nouveau dispositif nous a permis de faire, la plus surprenante était que des coupures fréquentes de climatisation du centre de calcul avaient régulièrement lieu la nuit ou le matin très tôt (donc en dehors des heures de travail) avec des durées allant de quelques minutes à des nuits complètes. Une enquête sur l origine de ces coupures a révélé qu elles avaient la plupart du temps pour origine des travaux de maintenance électrique (essais de dispositifs de secours) au CGP, parfois précédées de coupures de l eau glacée qui alimente cette climatisation. Une première mesure a été de revoir la méthodologie du circuit d information de ces interventions depuis la DBS jusqu au service informatique de l Ircam. Si les conséquences apparentes de ces coupures de climatisation ont été nettement moins perceptibles par les usagers en 2008 que lors de la panne de 2007, c est sans aucun doute parce que suite au blocage général des utilisateurs, nous sommes revenus à la répartition de leurs données sur leurs postes de travail, au lieu de les concentrer sur des serveurs, comme cela se pratique maintenant dans la plupart des institutions. Mais cela ne change rien au problème : le Centre de calcul n est pas correctement climatisé. Le système de climatisation bâti autour de la centrale C5, qui date de l origine du bâtiment, bien qu étant indépendant, n est pas alimenté par le courant électrique ondulé, ce qui ne se pratique d ailleurs jamais sur ce type d installation. Il dépend d une alimentation en énergie non secourue. Il est alimenté par le circuit d eau glacée du Centre Pompidou dont il est tributaire. À l époque où qu il n y avait qu un seul ordinateur central, celui-ci était équipé d un système d alarme rudimentaire mais pourtant très efficace, puisqu il s agissait d un simple thermostat d ambiance (à bilame) relié à un Klaxon. Quand l alarme retentissait, on lançait manuellement l arrêt d urgence de l ordinateur. IRCAM 167

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES LOGISTIQUES RAPPORT DÉTAILLÉ Le nombre de serveurs présents dans cette salle a dépassé la cinquantaine en 2008, sans compter les baies de stockage et les équipements réseau. Un arrêt général régulier, ou même un délestage partiel des machines est toujours un remède pire que le mal. En effet, l expérience a prouvé que lors du redémarrage d une telle quantité de machines, on en perdait toujours un certain nombre, parce que les composants de leurs alimentations à découpage sont soumis à très rude épreuve au moment de la remise sous tension. Cette impossibilité d arrêt des serveurs implique une disponibilité réelle de la climatisation de 24h/24, 365 jours/an. Rappelons que pour ce qui est de la fourniture par le CGP du courant ondulé dans cette salle, nous avons toujours apprécié sa grande qualité, puisque nous avons même des machines qui n ont pas connu de redémarrage donc de rupture d alimentation électrique depuis 3 ans, ce qui est vraiment remarquable. Au mois de mai, la situation de la climatisation du centre de calcul s est encore aggravée puisqu on nous a annoncé des travaux électriques programmés ayant pour conséquence des coupures de climatisation de plusieurs heures auxquelles se sont ajoutées des pannes durant des nuits entières. Les courbes de températures ont montré que la salle avait été privée de ventilation et de refroidissement pendant des heures, avec une accumulation d air chaud autour des machines dépassant les 40. Contrairement aux Centres de calculs du CGP ou de la BPI qui ont des hauteurs sous plafond importantes ainsi que de grands volumes, qui permettent par inertie de compenser partiellement les coupures de climatisation, les serveurs de l Ircam sont situés sur une mezzanine, dans un volume relativement restreint et assez proche des plafonds. Nous reviendrons sur ce point. La démonstration était alors clairement établie que la climatisation n était plus adaptée à la salle machines de 2008, qu il fallait donc la repenser en vue d effectuer rapidement des travaux. Il n était pas raisonnable de créer une nouvelle climatisation totalement indépendante, mais il nous semblait plus judicieux d adapter la climatisation actuelle et, pour les coupures qui étaient inévitables, de la compléter avec un dispositif de secours automatique. Le 23 mai, la Régie-Bâtiment louait un climatiseur permettant «de tenir» jusqu aux travaux qui étaient demandés avant la fin du mois de juin 2008. Au cours du Conseil d administration de l Ircam du 30 mai, lors des questions diverses, la climatisation du Centre de calcul, ses dysfonctionnements, les solutions furent évoqués. Au mois de juin, les responsables de la Régie-Bâtiment et du service informatique de l Ircam ont recherché des sociétés d audit en salles informatiques. Ils ont ensuite retenu la société ECF Ingénierie. Celle-ci a effectué l audit de la salle informatique de l Ircam au cours du mois de juillet. Son rapport nous est parvenu début septembre. Deux points marquants étaient soulignés dans ce rapport : l efficacité médiocre du rafraîchissement pour la salle machines ; les coupures de climatisation qui avaient lieu sans préavis. Pour le premier point, le rapport donnait l explication suivante : «Le manque d efficacité est dû au fait que la climatisation est basée sur le principe de traitement du volume qui correspondait aux standards de l époque de sa conception, mais pas aux besoins des salles informatiques modernes.» Le positionnement des serveurs en mezzanine, bien qu étant le résultat de considérations totalement étrangères au problème de la climatisation, comme le PPRI et le manque de place, ou la facilité d accès, s avérait alors tout à fait pertinent. Il n était nullement remis en cause, puisqu il permettait au contraire de la création naturelle «d allées froides» et «allées chaudes» qui est la solution la plus efficace pour les salles à forte densité de serveur. On trouvait ensuite les propositions des modifications : des modifications mineures du soufflage de la climatisation actuelle ; 168 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES LOGISTIQUES le cloisonnement de la mezzanine ; l installation d une climatisation de secours avec diverses possibilités et options. Il est à remarquer que ce rapport reçut un accueil très favorable de la part des ingénieurs de la climatisation du CGP qui de leur côté en étaient arrivés aux mêmes préconisations. Les travaux à effectuer étaient enfin clairement définis. Le 13 Octobre, l Ircam apprit que, faute de budget, ces travaux ne pourraient être réalisés au cours de l année 2008. Pour résumer la situation, en mai 2008, le service informatique a tiré la sonnette d alarme en indiquant que le parc des serveurs avait subi des conditions qui le mettaient en péril. Malgré cela, à partir du 23 mai, ces ordinateurs ont été soumis à un cycle de quotidien de saut de température provoqué par l ajout de la climatisation de secours (6Kw) qui est trop bruyante pour fonctionner pendant les horaires de travail. Cette solution temporaire de secours était prévue à l origine pour la période de 15 jours précédant les travaux, mais à l heure de la rédaction du présent rapport, soit après plus de 10 mois, nous sommes toujours dans la même situation. 1.9.1.2. Gestion administrative du service, dématérialisation des documents Le retour de Ghislaine Montagne au poste de secrétariat a permis aux techniciens et aux ingénieurs de se consacrer à nouveau à leur métier en étant totalement déchargés des tâches purement administratives. L ensemble du personnel du service utilise pleinement la puissance du logiciel de gestion de parc informatique GLPI. C est maintenant l intégralité du suivi des postes de travail, des serveurs, des imprimantes, des stocks d encre, des consommables mais aussi des licences logicielles qui est effectué au moyen de ce système. Celui-ci étant un logiciel ouvert, nous en avons profité pour procéder à de petites modifications pour l adapter à nos besoins, en particulier par rapport au système Sirepa et à son système de documents, qui ont d ailleurs été intégrées dans les versions suivantes. Nous avons poursuivi l effort de dématérialisation des documents, en systématisant la numérisation des bons de commandes, des bons de livraison et factures, ou certificats de licences, qui sont maintenant intégrés sous forme numérique dans GLPI. Ceci contribue non seulement à préserver l environnement, mais simplifie très fortement la gestion du parc. 1.9.1.3. Évolution des robots de sauvegardes Pour ses systèmes de sauvegardes, le service informatique avait fait l acquisition en 2002 puis en 2003 de deux robots identiques de type Neo2000 du constructeur Overland. Le critère principal qui avait mené au choix de ces modèles qui sont toujours commercialisés était leur particularité de pouvoir supporter indifféremment les deux technologies concurrentes de l époque à savoir SLDT et LTO. Ces robots étaient équipés chacun d un lecteur SDLT 320, d une capacité de 160 Go (hors compression), qui à cette époque était le maximum de capacité dans cette technologie. Le promoteur du SDLT, Quantum Corporation, a abandonné le développement du SDLT 5 en février 2007 à cause de la très faible réussite commerciale du SDLT 4. Le consortium LTO devenait alors la technologie incontournable en matière de stockage linéaire sur bandes magnétiques. Entre-temps, la capacité des disques avait dépassé le téraoctet, et les coûts annuels des supports de sauvegarde devenaient chaque année de plus en plus prohibitifs. Nous avons donc pu mettre à niveau l un de nos deux robots Neo2000, en augmentant les performances SCSI de son contrôleur, le faisant évoluer vers de l Ultra-320 SCSI, et en l équipant d un lecteur LTO-4 d une capacité de 800 Go (hors compression), et d une vitesse de transfert de 120 Mo/s. Les cassettes LTO étant moins épaisses que les SDLT, la capacité du robot passait de 26 à 30 bandes ; en volume de données, l évolution était notable, IRCAM 169

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES LOGISTIQUES RAPPORT DÉTAILLÉ puisque nous sommes passés de 4,1 à 24 To. Les bandes LTO-4 n étant pas beaucoup plus onéreuses que les SDLT de type I, le coût annuel des supports, qui est le plus gros poste en consommables du service, était proportionnellement diminué. La mise à niveau de même type pour le deuxième robot est programmée pour 2009 sous réserve que le logiciel Retrospect sache tamponner les données dans des disques intermédiaires, car la technologie LTO-4 exige un débit minimum d alimentation en données conséquent, qui ne peut être soutenu lors des sauvegardes en réseau. 1.9.1.4. Utilisation de baies de stockage à faible coût La demande en moyens de stockage est toujours plus pressante d année en année. Les recherches sur l orchestration ou sur l indexation par le contenu nécessitent des espaces importants à la fois pour héberger les corpus massifs sur lesquels elles opèrent, mais aussi pour stocker les résultats intermédiaires et les meta-données produites par les algorithmes. D autres demandes viennent également du fort développement du multimédia, en particulier des enregistrements vidéo des événements qui ont connu une forte croissance en 2008. Compte tenu des problèmes rencontrés avec la climatisation, il n était pas judicieux d installer des nouvelles baies de stockage coûteuses dans un local qui ne répondait pas aux normes environnementales des salles d hébergement. Il a été cependant possible de répondre partiellement aux besoins en investissant dans des petites baies de disques, accessibles en réseau (NAS) dont le coût n est pas très supérieur à la somme du prix de leurs disques. Les baies retenues sont équipées des 5 disques de 1To. Malgré leur prix très raisonnable, celles-ci offrent cependant de très bons services et ont des performances relativement honorables. Par contre elles ne pourront être utilisées directement pour la virtualisation des serveurs car elles ne sont pas prévues pour cet usage spécifique. 1.9.1.5. La virtualisation sur les postes de travail La virtualisation des serveurs avait été initiée depuis plusieurs années. Rappelons l objectif visé qui est de réduire drastiquement le nombre de serveurs physiques en service, en les utilisant d une manière optimale sur le plan énergétique afin d apporter la plus grande contribution possible au développement durable. La technique de virtualisation a été aussi mise en œuvre du côté des postes de travail. Il y avait secteurs d activité, par exemple la reprographie ou le service financier où, suite à des contraintes logicielles, l employé devait travailler sur deux machines complètes (en commutant clavier, souris, écran), l une sous Windows et l autre sous Mac OSX. Il a été possible au moment du renouvellement de ces machines de profiter du logiciel de virtualisation VMWare Fusion, pour n avoir plus qu une seule machine physique, sur laquelle tournent en parallèle les deux systèmes d exploitation. Le confort d utilisation a été beaucoup apprécié. L objectif de mettre un terme à la prolifération des ordinateurs était aussi atteint. La technique de la virtualisation apporte un avantage supplémentaire. Le système d exploitation «invité» est présent sous forme d une «image disque» c est-à-dire d un ensemble de quelques fichiers sur le système «hôte». En cas de problème logiciel sur ce système, par exemple en cas de contamination par un virus, ou de corruption du système de fichiers, ou de mise à jour incorrectement effectuée, il suffit simplement de restaurer cette image disque pour rétablir en quelques minutes le fonctionnement précédant l incident. 170 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT SERVICES LOGISTIQUES 1.9.1.6. Diffusions multimédias en collaboration avec le projet CO-ME-DI-A Le projet CoMeDia a été pour le service informatique l occasion idéale pour améliorer ses connaissances en matière de diffusion multimédia en réseau, grâce à la présence de l ingénieur de ce projet au sein de l équipe. La collaboration étroite entre cet ingénieur et les administrateurs système a permis de réaliser plusieurs nouveautés à l institut. Des diffusions depuis la salle Stravinsky n avaient jusqu à présent eu lieu que sur l intranet. Pour la première fois, des évènements ont été diffusés en vidéo sur Internet, enregistrés, encodés, puis mis en ligne. À l occasion de thèses et d habilitation à diriger des recherches (HDR), des liaisons vidéo ont été établies avec des membres des jurys qui ne pouvaient être présents sur place. La maîtrise des techniques de captation et de diffusion a fortement progressé, l Ircam devenant même l un des sites de référence pour des technologies de pointe de diffusion en réseau comme DVTS. 1.9.2. ATELIER MÉCANIQUE Technicien : Alain Terrier L activité de l année a été fortement perturbée par la fermeture, pendant plusieurs mois, de l atelier pour sa mise en conformité. Celle-ci a été effectuée et s est traduite par le remplacement d équipements, leur adaptation pour mise aux normes sécuritaires, ainsi que la mise en place d un nouveau circuit de ventilation et climatisation. Les travaux effectués pour le compte des différents services ont été les suivants : étude et réalisation deux vérins et de support de lèvres latex pour la bouche artificielle (projet Consonnes) R. Caussé. V. Fréour. T. Hélie (équipes Acoustique instrumentale et Analyse/ synthèse) ; réalisation d'une série de supports capteurs sur l'archet de violon. (Quatuor Danel) M. Demoucron. E. Fléty (équipe Interactions musicales temps réel et département Création) : mesures du saxophone Yamaha (projet VoxStrument) J. Bensoam, N. Ellis (équipe Acoustique instrumentale) ; réalisation de moulages internes de trois types becs de saxophone pour mesures (projet VoxStrument) J. Bensoam. N. Ellis (équipe Acoustique instrumentale) ; étude et réalisation d'un dispositif de capteur d'effort sur l'embouchure de la trompette (projet Consonnes) R. Caussé. V. Fréour (équipe Acoustique instrumentale) ; étude et réalisation de brides d'adaptations sur le banc d'impédance pour le saxophone, la clarinette, hautbois et basson J. Bensoam. R. Caussé. N. Ellis (équipe Acoustique instrumentale) ; réalisation d'une série de tubes éprouvettes (mesures d'impédance de la clarinette SIB) J. Bensoam. R. Caussé. N.Ellis (équipe Acoustique instrumentale) ; réalisation d'une section de chevalet équipé d'un accéléromètre pour le piano. - Stage Master le Mans. O. Graton (équipe Acoustique instrumentale) ; réalisation d'une série de piges (mesures lèvres) Master Atiam. G. Parseillan (équipe Acoustique instrumentale). réalisation d'un support pour trois HP Boss et maintenance sur la structure 3D. O. Warusfel (équipe Acoustique des salles) ; révision de deux bec de clarinette a volume variable. Concert M. Lanza (département Création) ; étude et réalisation d'un boîtier pour amplificateur et de trois chambres arrières pour HP. P. Clift. R.Caussé (équipe Acoustique instrumentale). IRCAM 171

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANNEXES 1.10. ANNEXES 1.10.1. MATINÉES DE LA PROSPECTIVE DE LA RECHERCHE MUSICALE Ces séances mensuelles (environ 6 par an) inaugurées cette année se veulent être un cadre d échange entre recherche et création par la présentation des chantiers actuels et prospectifs de la Recherche, des perspectives de développement et d applications concrètes pour les compositeurs, des nouveaux paradigmes qui se dessinent à moyen ou long terme. Elles prennent la forme d un échange entre les chercheurs, les compositeurs en recherche, les compositeurs s engageant aujourd hui dans une production lointaine, les réalisateurs en informatique musicale. Chaque problématique présentée est suivie d une discussion avec les participants : ces réunions permettent ainsi de repenser ou d infléchir certaines questions génériques de recherche à partir de l expérience artistique et de ses nécessités. Le site web interne fournit les éléments présentés, une synthèse des débats de chaque séance, ainsi qu'un forum de discussion permettant de poursuivre les échanges ou de proposer de nouvelles pistes de réflexion en rapport avec le thème traité. Dates et thèmes : 12 mars 2008 : Signal/Symbolique ; 2 avril 2008 : Interaction ; 14 mai 2008 : Modèles physiques ; 15 octobre 2008 : CAO ; 10 décembre 2008 : la Voix ; 1.10.2. SÉMINAIRES INVITÉS RECHERCHE ET TECHNOLOGIE : 28 mai Une méta-analyse des espaces de timbre : effets de contexte et corrélats acoustiques. Stephen McAdams, CIRMMT, École de Musique Schulich, université McGill, Canada. 6 juin Les systèmes complexes obéissent-ils à des lois? Paul Bourgine, CREA, École Polytechnique et Institut des systèmes complexes, Paris Ile-de-France. 2 juillet Recent research on Audio/music in Tampere, Finland. Anssi Klapura, université de Technologie de Ta,0mpere, Finlande. 17 octobre Using complex-plane waveshaping to process instrumental sounds. Miller Puckette. 25 novembre Le Facteur humain, sur l interaction entre le musicien et la technologie électronique pour les instruments à cordes frottées. Knut Guettler, professeur au Music Information Center Norway. IRCAM 173

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANNEXES RAPPORT DÉTAILLÉ 1.10.3. SÉMINAIRES INTERNES RECHERCHE ET TECHNOLOGIE 9 janvier Modélisation physique d instruments à vent. Rémi Mignot. 23 janvier OM chroma, synthèse et «potentiel sonore». Marco Stroppa, Jean Bresson. 30 janvier Estimation simultanée de suite d accords, tonalités et premier temps d un morceau de musique. Geoffroy Peeters, Hélène Papadopoulos. 26 mars Tracking de Fos multiples dans des enregistrements polyphoniques. Wei-Chen Chang, Chungshin Yeh, Axel Roebel. 9 avril Mesure automatique de la source glotique par vidéo-endoscopie à haute vitesse. Gilles Degottex, Xavier Rodet. 16 avril Suivi du Projet «Quatuor Augmenté» : 1) étude de l activité des interprètes. Maÿlis Dupont. 30 avril Nouveautés et applications musicales de la synthèse sonore concaténative par corpus en temps-réel. Diemo Schwarz. 21 mai Music Information Geormetry : Theory and some Applications. Arshia Cont. 30 juin Supervised Musical Source Separation from Mono and Stereo Mixtures basend on Sinusoidal Modeling. Juan Jose Burred. 10 septembre Traduction des sources Matlab en C++ en utilisant le compilateur Mat2MTL. Bernard Pratz et Axel Roebel. 17 septembre «Computing (performances) with Words» Outils de logique floue pour la représentation de données dans les arts de la scène. Alain Bonardi, Isis Truck (du Laboratoire LIASD, université Paris 8). 24 septembre La modernisation d AudioSculpt d un point de vue informatique. Niels Bogaards. 174 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANNEXES 1 er octobre Sound Field Analysis and Synthesis : a State-of-the-art in Spherical acoustics. Markus Noisternig. 8 octobre Modélisation et reconnaissance d événements musicaux. Julien Bloit. 14 octobre Digital Algorithm for Sound Synthesis, VoxStrument s Project. Joël Bensoam, Nicholas Ellis, René Caussé. 22 octobre Descripteurs de la voix chantée pour une utilisation de contrôle en temps réel. Jean-Philippe Lambert. 26 novembre MustiCaspar : des services pour la préservation des objets numériques. Jérôme Barthélémy, Alain Bonardi, Guillaume Boutard, Raffael Ciavarella. 3 décembre Influence de la structure formelle sur la sémantique musicale et perception subjective du temps. Cécile Alzina (présentation de sa soutenance de thèse). 18 décembre Exploration des possibilités et des limitations de la programmation concurrente pour l interaction multimédia et l exploration de la programmation visuelle des problèmes satisfaction des contraintes musicales. Mauricio Toro. 1.10.4. SOUTENANCES DE THÈSES ET HABILITATIONS À DIRRIGER DES RECHERCHES 10 mars Nicolas Rasamimanana Geste instrumental du violoniste en situation de jeu : analyse et modélistion, thèse de doctorat de l UPCM (université Paris 6). 26 juin Chunghsin Yeh Estimation de fréquences fondamentales multiples dans des enregistrements polyphoniques, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6). 16 octobre Arshia Cont Modeling Musical Anticipation : From the Time of Music to the Music of Time, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6) et de l UCSD (université de Californie, San Diego). 20 novembre Gilbert Nouno Suivi de tempo appliqué aux musiques improvisées, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6). IRCAM 175

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT ANNEXES RAPPORT DÉTAILLÉ 24 novembre Matthias Demoucron On the Control of Virtual Violins Physical Modelling and Control of Bowed String Instruments, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6) et du Royal Institute of Technology de Suède (KTH). 10 décembre Alain Bonardi Vers des environnements homme-machine pour ressaisir les intentions dans la création scénique, Habilitation à diriger des recherches de l université Paris 8. 15 décembre Damien Tardieu Modèles d instruments pour l aide à l orchestration, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6). 16 décembre Grégoire Carpentier Approche computationnelle de l orchestration musicale, thèse de doctorat de l UPMC (université Paris 6). Programmation et organisation : H. Vinet, Sylvie Benoit et les services transversaux de l Ircam. 176 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE 2. CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES Directeur : Frank Madlener 2.1. CRÉATION MUSICALE La Direction artistique donne l impulsion première à ces projets, en initiant et en instruisant les projets des artistes (compositeurs, mais aussi interprètes et ensembles), en en suscitant d autres, en créant un réseau de partenaires autour de ces projets, en établissant le cadre dans lequel ils seront présentés (saison musicale, festival ou autre manifestation, tournée, etc.). Le service de la Production gère et planifie la mise en œuvre de ces projets : elle table pour cela sur une solide expérience en matière d organisation et de connaissance du terrain. Le service regroupe des compétences hautement spécialisées et diversifiées : outre ses services administratifs (gestion des plannings, mise en œuvre de contrats, engagements de personnels qualifiés), il regroupe notamment les réalisateurs en informatique musicale, les ingénieurs et régisseurs du son, les régisseurs de salle. 2.1.1. SÉLECTION DES COMPOSITEURS 2.1.1.1. Comité de lecture Le Comité de lecture organisé en commun avec l Ensemble intercontemporain se réunit une année sur deux : il sélectionne des commandes attribuées par l Ircam et par l Ensemble, et les candidats pour le Cursus 1 e année de composition et d informatique musicale de l Ircam. Lorsqu il n y a pas de comité conjoint, l Ircam organise un comité restreint destiné au seul Cursus 1. En décembre 2008, ce comité s est réuni pour sélectionner 15 compositeurs pour le Cursus 1, cursus de composition et d informatique musicale 2009-2010. Le jury était composé de Jean-Luc Hervé (compositeur), Gérard Pesson (compositeur), Jean Geoffroy (percussionniste) Yan Maresz (compositeur et professeur associé au Cursus), Frank Madlener (directeur de l Ircam), et Cyril Béros (directeur du département Pédagogie et action culturelle à l Ircam). En avril 2008, 6 jeunes compositeurs retenus par le comité de lecture 2007 ont présenté des esquisses, interprétées par l Ensemble intercomtemporain et soumises au jury. Suite à cette seconde étape de sélection, 4 compositeurs ont vu leur commande se confirmer : Stefano Bulfon, Lara Morciano, Evan Gardner (3 commandes Eic pour ensemble), et Vassos Nicolaou (1 commande Ircam pour ensemble et électronique). Ces œuvres seront créées en 2009. 2.1.1.2. Sélection par cooptation En dehors des projets sélectionnés collégialement par le Comité de lecture, les autres compositeurs qui travaillent à l Ircam sont choisis par la direction artistique sur la base de propositions faites par les compositeurs eux-mêmes ou par des institutions avec lesquelles l Ircam collabore étroitement, mais aussi sur une prospective active en direction des artistes inconnus de l Ircam, ou se tenant éloignés de l institution. Les compositeurs actifs en 2008 et ayant été choisis selon ce mode sont Georges Aperghis (France), Florence Baschet (France), Gérard Buquet (France), Raphaël Cendo (France), Denis Cohen (France), Frédéric Durieux (France), Luca Francesconi (Italie), Dai Fujikura IRCAM 177

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ (Japon), Beat Furrer (Suisse), Stefano Gervasoni (Italie), Georg-Friedrich Haas (Autriche), Jonathan Harvey (Grande Bretagne), Jean-Luc Hervé (France), Pierre Jodlowski (France), Panayiotis Kokoras (Grèce), Mauro Lanza (Italie), Jacques Lenot (France), Michaël Lévinas (France), Philipp Maintz (Allemagne), Bruno Mantovani (France), Luis Naón (Argentine), Vassos Nicolaou (Chypre), Emmanuel Nunes (Portugal), Hèctor Parra (Espagne), Brice Pauset (France), Alberto Posadas (Espagne), Luis Fernando Rizo-Salom (Colombie), Philippe Schoeller (France), Marco Stroppa (Italie), Andrea Vigani (Italie), et le collectif théâtral Grand Magasin (France). 2.1.2. ŒUVRES PRÉPARÉES À L IRCAM Durant l année 2008, trente-deux compositeurs et artistes ont travaillé dans les studios de l Ircam sur la préparation de leurs pièces. Ils sont ici rassemblés par genre musical et suivant l ordre du calendrier de leur création. Les compositeurs sélectionnés pour le Cursus de composition et d informatique musicale (année 1 et année 2) relèvent du secteur de la Pédagogie. Les projets des compositeurs en recherche sont quant à eux décrits dans la partie Médiations recherche/création. 2.1.2.1. Opéra Emmanuel Nunes : Das Märchen (Le Conte, dit «du Serpent Vert») d après une nouvelle de Goethe ; Opéra et ballet ; commande du Teatro Nacional de Sao Carlos de Lisbonne et de la Fondation Gulbenkian ; réalisation informatique musicale Ircam : Éric Daubresse ; création les 25, 27, 29 janvier 2008 au Teatro Nacional de Sao Carlos à Lisbonne par l ensemble Remix et l Orchestre et le Chœur de l Opéra de Lisbonne. 2.1.2.2. Orchestre Jonathan Harvey : Speakings Œuvre pour orchestre et électronique ; commande de la BBC de Glasgow, de Radio France et de l Ircam. Réalisation informatique musicale Ircam : Gilbert Nouno ; création le 19 août 2008 à Londres par le BBC Scottish Symphony Orchestra. Michaël Lévinas : Évanoui Œuvre pour orchestre et électronique ; commande de Radio France ; réalisation informatique musicale Ircam : Benoit Meudic ; création le 6 mars 2009 à Radio France par l Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Pascal Rophé. Bruno Mantovani : Le livre des illusions (hommage à Ferran Adrià) Œuvre pour orchestre et électronique ; commande de l Ircam et de l Orchestre de Paris ; réalisation informatique musicale Ircam : Benoit Meudic ; création le 11 juin 2009 par l Orchestre de Paris à la Salle Pleyel, sous la direction de Jean Deroyer. Luca Francesconi : Sirènes Œuvre pour chœur, orchestre et électronique. Commande de l Ircam. Création à la Cité de la musique le 13 juin 2009 par l orchestre Philharmonique de Bruxelles et le chœur de la Radio Flamande sous la direction de Michel Tabachnik. 178 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE Luis Fernando Rizo-Salom : Trois Manifestes Œuvre pour orchestre et électronique ; commande de l Ircam (Comité de lecture 2006) ; réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier ; création le 9 juin 2009 par l Ensemble intercontemporain à la Cité de la musique dans le cadre du festival Agora. 2.1.2.3. Musique et scène Pôle Spectacle Georges Aperghis : Happy End Musique pour ensemble et électronique sur un film de Hans op de Beeck ; commande d Ictus ; réalisation informatique musicale Ircam : Sébastien Roux ; création le 7 décembre 2007 par Ictus à l Opéra de Lille ; reprise le 14 juin 2008 à la Cité de la musique dans le cadre du festival Agora. Georg Friedrich Haas : Les temps tiraillés Musique pour une chorégraphie de Myriam Gourfink pour basson, deux altos et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier. Création les 21, 22, 23 et 24 janvier 2009 au Centre Pompidou. Grand Magasin : Les déplacements du problème Pièce de théâtre pour 3 comédiens. Réalisation Informatique musicale Ircam : Christophe Mazella. Création les 6,7,8 et 9 juin 2009 à l ircam. Alberto Posadas : Quatro escenas negras Œuvre pour ensemble, vidéo (d après Goya) et électronique ; vidéo : Carlos Franklin ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Olivier Pasquet ; création par l ensemble Itinéraire le 19 juin 2009 au Centre Pompidou. 2.1.2.4. Ensemble vocal, voix et ensemble Philipp Maintz : Océan Œuvre pour soprano, ensemble et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier ; création le 12 janvier 2008 par Marisol Montalvo et l Ensemble intercontemporain sous la direction de Beat Furrer au Centre Pompidou. Stefano Gervasoni : Com que voz Œuvre autour du Fado, pour deux voix, grand ensemble et électronique ; commande de l Ircam, de l ensemble Modern, de la Casa da musica (Porto) et de Radio France ; réalisation informatique musicale Ircam : Thomas Goepfer ; création le 17 février 2008 par l ensemble Modern à Porto, le 20 février 2008 à Francfort, le 10 mars 2008 au festival Maerzmusik à Berlin et le 11 juin 2008 au Théâtre du Châtelet à Paris dans le cadre du festival Agora. Beat Furrer : Lotofagos II Œuvre pour deux voix, flûte contrebasse, quatuor à cordes, contrebasse, accordéon et électronique ; commande de Radio Classique/Fonds Mauricio Pollini, du Klangforum Wien et de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Éric Daubresse ; création le 20 juin 2008 par le Klangforum Wien à l Ircam dans le cadre du festival Agora. Brice Pauset : Exercices du silence Œuvre pour voix, piano et électronique ; texte : Louise du Néant ; commande de l Ircam et du Festival d Automne à Paris ; réalisation informatique musicale Ircam : Olivier Pasquet ; création le 6 décembre 2008 par Salome Kammer, soprano et Michael Wendeberg, piano à l Amphithéâtre Bastille dans le cadre du Festival d Automne à Paris. IRCAM 179

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ Andrea Vigani : Tagli Œuvre pour voix, basson, trio à cordes et électronique ; réalisation informatique musicale Ircam : Manuel Poletti ; création le 9 avril 2009 par l ensemble TM + à l Ircam, commande de l Ircam. Hector Parra : Hypermusic, Prologue Œuvre pour soprano, baryton, trio à cordes, cinq instruments et électronique en temps réel ; commande de l Ircam, Ensemble intercontemporain et Gouvernement catalan ; livret : Lisa Randall, environnement vidéo : Matthew Ritchie, réalisation informatique musicale Ircam : Thomas Goepfer ; création le 15 juin 2009 au Centre Pompidou par l Ensemble intercontemporain. Philippe Schœller : Operspective Hölderlin Œuvre pour soprano, quatuor à cordes et électronique (projection WFS), commande de l'ircam. Réalisation informatique musicale Ircam : Gilbert Nouno. Création par le quatuor Arditti et Barbara Hanningan le 19 juin 2009 au Centre Pompidou. Raphaël Cendo : Introduction aux ténèbres Œuvre pour baryton solo, contrebasse solo, ensemble de 13 musiciens et électronique ; commande de Françoise et Jean-Philippe Billarant ; réalisation en informatique musicale Ircam : Gregory Beller ; création par l ensemble Ictus le 16 octobre 2009 au festival de Donaueschingen. 2.1.2.5. Ensemble instrumental Frédéric Durieux : «Here, not there» - a tribute to Barnett Newman Œuvre pour quatuor à cordes et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Serge Lemouton ; création le 31 mars 2007 par le Quatuor Diotima à Monaco dans le cadre du festival du Printemps des arts de Monte-Carlo, création de la version longue le 5 février 2009 par le Quatuor Diotima à l Ircam. Panayiotis Kokoras : Morphallaxis Œuvre pour flûte, violoncelle, percussion et électronique ; commande de l Ircam (Comité de lecture 2004) ; réalisation informatique musicale Ircam : Olivier Pasquet ; création le 27 mars 2008 par l ensemble Alternance au musée d Orsay. Florence Baschet : StreicherKreis Œuvre pour quatuor à cordes et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Serge Lemouton ; création le 13 novembre 2008 par le Quatuor Danel à l Ircam. Denis Cohen : Erinnerung Œuvre pour quatuor à cordes et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Stefan Tiedje. Création le 19 juin 2009 par le Quatuor Arditti à l Ircam. Vassos Nicolaou : nouvelle œuvre Œuvre pour ensemble et électronique, commande de l Ircam (comité de lecture 2008) ; réalisation informatique musicale Ircam : Serge Lemouton. Création le 10 octobre 2009 par l Ensemble intercontemporain au Centre Pompidou. 180 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE 2.1.2.6. Solo Georges Aperghis : Dans le mur Œuvre pour piano et électronique ; commande de l Ircam, du musée d Orsay et de Radio France ; réalisation informatique musicale Ircam : Sébastien Roux ; création le 27 mars 2008 par Nicolas Hodges au musée d Orsay. Luis Naón : Caprices 5 et 6 Deux études pour percussions et le logiciel Modalys ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Manuel Poletti ; création le 22 octobre 2008 par Florent Jodelet à l Ircam. Marco Stroppa : hist whist Œuvre pour violon et électronique. Réalisation informatique musicale Ircam : Arshia Cont. Création au printemps des Arts de Monte-Carlo par Hae-Sun Kang le 12 avril 2009, reprise à Paris le 17 juin 2009 au musée d Orsay Dai Fujikura : Prism spectra Étude pour alto et électronique, commande de l Ircam. Réalisation informatique musicale Ircam : Manuel Poletti. Création par Odile Aubouin le 13 juin 2009 au musée d Orsay. Vassos Nicolaou : Otemo Étude pour alto et électronique, commande de l Ircam. Réalisation informatique musicale Ircam : Manuel Poletti. Création par Odile Aubouin le 13 juin 2009 au musée d Orsay. Gérard Buquet : L Écume des Forces Œuvre pour saxophone et électronique ; commande de l Ircam ; réalisation informatique musicale Ircam : Gilbert Nouno ; création le 6 novembre 2009 par Markus Weiss à l Ircam. 2.1.2.7. Installations musique électroacoustique film et musique Andrea Cera : Here they are Installation interactive. Commande de l Ircam (Comedia). Création au CENTQUATRE, pour l ouverture du lieu le 11 Octobre 2008. Mauro Lanza et Olivier Pasquet : Haxan Création musicale électronique pour le film muet Haxan de Benjamin Christensen, commande du musée du Louvre et de l Ircam. Création le 12 juin 2009 au musée du Louvre. Pierre Jodlowski : Passage Installation, dispositif sonore de déviation perceptive. Commande de Siemens France pour son siège social à Saint-Denis. Scénographie : Christophe Bergon. Présentation du 8 au 28 juin 2009. Jacques Lenot : Il y a Création électroacoustique pour l Église Saint-Eustache. Commande de l Ircam et du festival d Automne à Paris. Réalisation informatique musicale Ircam : Greg Beller. Présentée du 21 septembre au 2 octobre 2009. Jean-Luc Hervé : projet musical pour un jardin d écologie sonore dans le jardin de la Cité internationale des arts Travail en collaboration avec les paysagistes de l Agence Arpentère ; commande musicale de la direction des affaires culturelles de la ville de Paris ; réalisation informatique musicale Ircam : IRCAM 181

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ Terence Caulkins, Manuel Poletti ; conseillers scientifiques Ircam : Olivier Warusfel, Nicolas Misdariis ; première pierre : juin 2008. 2.1.3. COMPOSITEURS DU CURSUS DE COMPOSITION ET D INFORMATIQUE MUSICALE 1 ET 2 Les compositeurs sélectionnés par le comité de lecture pour rejoindre le Cursus de composition et d informatique musicale de l Ircam 1 et 2 relèvent d abord du secteur de la Pédagogie. Se reporter à la partie Pédagogie. 2.1.4. PARTENARIAT AVEC LE CENTQUATRE Depuis septembre 2008, l Ircam est partenaire du CENTQUATRE, (établissement artistique pluridisciplinaire de la Ville de Paris) pour l accueil de projets d expérimentation autour du spectacle vivant. Une convention cadre signée en octobre 2008 pour une durée intiale de 3 ans reprend les termes du projet «Atelier 6» initié en commun, et qui poursuit un triple objectif : Installation par l Ircam dans l atelier 6 du CENTQUATRE d un dispositif interactif et mobile Accueil dans l atelier 6 de projets de production en liaison avec les outils du Pôle spectalce Ircam (6 mois/an). Utilisation des espaces de diffusion du CENQUATRE, notamment dans le cadre du festival Agora 182 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE 2.2. DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE 2.2.1. SAISON MUSICALE PARISIENNE Appuyée par des coproductions à Paris et à l étranger, la saison musicale parisienne est rythmée par des cycles cohérents regroupant les concerts : cycle «La Poursuite» au Théâtre des Bouffes du Nord (deuxième année) : création de Philippe Manoury et de Kontakte de Karlheinz Stockhausen avec l Orchestre Poitou-Charentes ; «Horloges et nuages», récital du pianiste Winston Choi interprétant des œuvres de Marco Stroppa, Jacques Lenot, Daniel Weymouth, Conlon Nancarrow, György Ligeti et Igor Stravinsky ; et In vain de Georg Friedrich Haas avec le Klanforum Wien ; Autour de Georges Aperghis, une commande de l Ircam, du musée d Orsay et de Radio France, pour piano et électronique ; Georges Aperghis sera également présent dans le Festival Agora ; Portrait de Philippe Manoury avec l ensemble TM+ pour un récital pour flûte interprété par Gilles Burgos autour de Jupiter et un concert lecture autour de Partita I avec l altiste Christophe Desjardins ; Roméo et Juliette, opéra de Pascal Dusapin à l Opéra-Comique ; participation à l exposition «Traces du sacré» du Centre Pompidou avec deux concerts. L ensemble vocal Britannique Exaudi interprétant des œuvres de Brian Ferneyhough et Thomas Tallis ; l Ensemble intercontemporain et Barbara Hannigan dans les Quatre Chants pour franchir le Seuil de Gérard Grisey ; concerts comme aboutissement d un long projet de recherche : Les Caprices pour percussions et électronique utilisant le logiciel Modalys de Luis Naón et du projet musical que le jeune compositeur Lorenzo Pagliei va réaliser dans le cadre de sa participation au Cursus 2 ; le quatuor à cordes et électronique de Florence Baschet, utilisant la captation du geste et des modes de jeux, avec le Quatuor Diotima ; collaboration avec le Festival d Automne à Paris : concert monographique d Olga Neuwirth avec l ensemble allemand MusikFabrik ; création d une œuvre pour soprano, piano et électronique de Brice Pauset sur des textes de Louise du Néant. 2.2.1.1. Concerts 12 janvier, Centre Pompidou, Grande salle : Mots-Reflets Solistes de l Ensemble intercontemporain. Direction : Beat Furrer. Réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier. Philipp Maintz : Océan, pour soprano, ensemble et électronique, création, commande de l Ircam. Arnulf Herrmann, Terzenseel. Beat Furrer, Concert pour piano? Gérard Grisey, Partiels. 15 février, Maison de la musique Nanterre Flûte : Gilles Burgos. Heinz Holliger : (T')air(e). Kaija Saariaho : Noa Noa. Philippe Manoury : Jupiter. 18 février, Théâtre des Bouffes du Nord : Poursuite 1, Contacts Orchestre Poitou Charentes. Jean-François Heisser, piano et direction. Florent Jodelet, percussions. IRCAM 183

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ Philippe Manoury, Terra Incognita. Karheinz Stockhausen, Kontakte. 20 mars, Salle Flora Tristan, Nanterre Christophe Desjardin, alto. concert lecture autour de Partita I, Philippe Manoury. 27 mars, Musée d Orsay, Auditorium : Contre Histoire Ensemble Alternance. Nicolas Hodges, piano. Réalisation informatique musicale Ircam : Sébastien Roux, Olivier Pasquet. Georges Aperghis : Dans le mur, création pour piano et électronique, commande de Radio France, Ircam, Musée d Orsay ; Rash ; Trio. Brian Ferneyhough : Opus contra naturam. Panayiotis Kokoras : Morphollaxis, création pour flûte, percussion, violoncelle et électronique. Commande de l Ircam. 7 avril, Théâtre des Bouffes du Nord : Poursuite 2, Horloges et nuages Winston Choi, piano. Jacques Lenot Prélude No. 21 : Car l'onde s'est tue ; Étude N 1 (des Six Premières Études). Marco Stroppa : Traiettoria Contrasti (25 ). Conlon Nancarrow : Prélude et Blues (4'). György Ligeti : Automne à Varsovie et Touches bloquées (7 ). Daniel Weymouth : Nouvelle pièce pour piano et métronome (3') Igor Stravinsky : Trois mouvements pour piano de Petrouchka. 28, 29 avril, 2 et 5 mai, Opéra-Comique - Salle Favart : Romeo et Juliette Opéra en neuf numéros de Pascal Dusapin sur un livret d Olivier Cadiot Orchestre de Paris ; Chœur Accentus Direction musicale, Alain Altinoglu ; Mise en scène et scénographie, Ludovic Lagarde. Costumes, Christian Lacroix ; ingénieur du son Ircam David Poissonnier. 5 mai, Centre Pompidou, Grande salle : Mot(et)s cachés Ensemble Vocal Exaudi. Réalisation informatique musicale Ircam : Gilbert Nouno. Tallis : Gaude gloriosa Dei mater, In manus tuas, Salvator mundi, Loquebantur variis linguis. Brian Ferneyhough : Stelae for Failed Time, Missa Brevis. 1 er 2 octobre, Centre Pompidou, Grande salle : 68-2008 Concert dans le cadre de l exposition «Jacques Villeglé, la comédie urbaine». Lionel Peintre, baryton ; Séverine Ballon, violoncelle ; Daniel Ciampolini, percussion. Georges Aperghis : Jactations, pour baryton (extraits). David Coll : 68, pour baryton, percussion, violoncelle et électronique création Cursus 2. Pierre Henry : Un monde lacéré, spécialement composé pour Jacques Villeglé, création. 16 octobre, Collège de France : L Ircam au Collège de France Donatienne Michel-Dansac, soprano. Réalisation informatique musicale Ircam. Hector Parra : Strette, pour soprano et électronique. Georges Aperghis : Récitations (extraits). 22 octobre, Ircam, Espace de projection : Carnets d études : percussions Florent Jodelet, percussion ; Benjamin Huyghe, Hervé Trovel, percussions ; Jean Bollinger, trompette ; Alexis Descharmes, violoncelle. 184 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE Réalisation informatique musicale Ircam : Lorenzo Pagliei, Manuel Poletti. Elliott Carter : March des Huit pièces pour quatre timbales. Lorenzo Pagliei : L apparente, pour violoncelle, trompette, 3 percussions et électronique, création Cursus 2. Yan Maresz : Étude d impacts. Javier Alvarez : Shekeré, Estudio n 5. Elliott Carter : Adagio et Canto des Huit pièces pour quatre timbales. Luis Naón : Caprices 5 et 6, deux études pour percussions et le logiciel Modalys, commande de l Ircam-Centre Pompidou, création. 13 novembre, Ircam, Espace de projection : Quatuor I, Démanché Quatuor Danel. Réalisation informatique musicale : Serge Lemouton (Ircam), Benjamin Thigpen (Cirm). Florence Baschet : StreicherKreis, pour quatuor à cordes «augmenté» et dispositif électroacoustique live, commande de l Ircam, création. Franck Bedrossian : Tracés d ombres. Sebastian Rivas : Orbit Tertius, pour quatuor et électronique, commande du Cirm, création. Wolfgang Rihm : Neuvième quatuor à cordes. 21 novembre, Auditorium du Musée du Louvre : Pierre Boulez. Œuvre : fragment Jérôme Comte, clarinette ; Diego Tosi, violon. Réalisation informatique musicale Ircam : Andrew Gerzso, Arshia Cont. Igor Stravinsky : Trois pièces pour clarinette. Pierre Boulez : Dialogue de l ombre double, Anthèmes, Anthèmes 2. 6 décembre, Amphithéâtre Bastille : Exercices du silence Salome Kammer, soprano ; Michael Wendeberg, piano. Réalisation informatique musicale Ircam : Olivier Pasquet. Brice Pauset : Exercices du silence, pour voix, piano et électronique, commande de l Ircam- Centre Pompidou et du festival d Automne à Paris, création. 12 décembre, Ircam, Espace de projection : Double Entente Brice Pauset/Elliott Carter Winston Choi, piano. Réalisation informatique musicale Ircam : Éric Daubresse, Olivier Pasquet. Brice Pauset : Perspectivae sintagma I. Elliott Carter : Two diversions, 90+. 2.2.2. FESTIVAL AGORA : 5 AU 20 JUIN 2008 Agora 2008 retrouve l héritage du dernier Grisey, disparu il y a dix ans, dans le travail de compositeurs plus jeunes ou venus d autres horizons géographiques, comme Georg Friedrich Haas. Musique et vision, timbre et lumière, métaphores visuelles pour ce qui s enfonce dans le son, sous l intitulé l Icône, Agora articulera l écoute et le regard, du spectralisme jusqu à l œuvre emblématique de Georges Aperghis. Par ailleurs, le festival de l Ircam présente pour la première fois les premières créations du Cursus 2 dont un croisement musical et visuel réalisé en collaboration avec le Fresnoy. Deux colloques ont été organisés, l un sur l œuvre de Gérard Grisey, l autre sur la voix et l expressivité, au cœur du projet inédit de Stefano Gervasoni autour du Fado. Le festival Agora 2008 s est déroulé sur dix-sept jours et a présenté 12 spectacles et concerts, une installation, un total de 7 créations mondiales et 4 créations françaises. IRCAM 185

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ Outre à l Ircam, le festival était présent au Centre Pompidou, à la Cité de la musique, à l Opéra national de Paris, à l Église Saint-Eustache, au Théâtre des Bouffes du Nord, au Théâtre du Châtelet et à l Institut finlandais à Paris. 2.2.2.1. Concerts et spectacles 4 juin, Église Saint Eustache : Le Noir de l Étoile/Prologue du festival Les Percussions de Strasbourg. Gérard Grisey : Le Noir de l étoile. 5 juin, Cité de la musique, Salle des concerts : Le seuil du verbe/ouverture Susan Narucki, soprano ; Lani Poulson, mezzo-soprano ; Marc Coppey, violoncelle. Orchestre Philharmonique de Radio France ; Direction : Pascal Rophé. Elisabeth Balmas, violon solo. Réalisation informatique musicale Ircam : Gilbert Nouno, Arshia Cont. Gérard Grisey : L Icône paradoxale. Jonathan Harvey : Mortuos Plango, Vivos voco. Elliott Carter : Concerto pour violoncelle et orchestre. Jonathan Harvey : Madonna of Winter and Spring. Du 5 au 28 juin, Institut Finlandais : Nox Borealis/Installation Installation musicale et visuelle, création mondiale. Musique : Kaija Saariaho Image : Jean-Baptiste Barrière Réalisation : Image auditive. 7 juin, Ircam, Espace de projection : Limelight/Musique et vidéo Raphaële Kennedy, soprano ; Ensemble Les Jeunes solistes ; Direction Rachid Safir. Réalisation informatique musicale Ircam : Matteo Franceschini, Roque Rivas. Matteo Franceschini : lacuna, création vidéo de Stalkervideo, création Cursus 2. Roque Rivas (création musicale)/carlos Franklin, Le Fresnoy (création vidéo) : Mutations of matter, création Cursus 2. Kaija Saariaho Nox Borealis, création ; Nuits, adieux ; Tag des Jahrs. 7 juin, Centre Pompidou, Grande salle : Franchir Barbara Hannigan, soprano ; Alain Billard, clarinette contrebasse. Ensemble intercontemporain ; Direction Susanna Mälkki. Réalisation informatique musicale Ircam : Yann Robin. Yann Robin : Art of Metal III, création Cursus 2. Gérard Grisey : Quatre chants pour franchir le seuil. 12, 18, 24, 27, 15, 22 juin, Palais Garnier, Opéra national de Paris : Melancholia Opéra en trois actes de Georg Friedrich Haas, Livret de Jon Fosse. Création, Commande de l Opéra national de Paris. Direction musicale : Emilio Pomarico ; Mise en scène : Stanislas Nordey. Klangforum Wien ; Vokalensemble NOVA. 10 juin, Ircam, Espace de projection : De Front Alain Billard, clarinette contrebasse, Ensemble Court-circuit ; Direction : Jean Deroyer. Réalisation informatique musicale Ircam et Académie de musique de Malmö (Suède). Andrea Cera : Dueling Zombies, commande d Integra, création française. Ondrej Adamek : Ça tourne, ça bloque, commande d Integra, création. Raphaël Cendo : Décombres. Pierre Jodlowski : De front. 186 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE 11 juin, Théâtre du Châtelet : Com que voz Concert de chants, d après des sonnets de Luís Vaz de Camões et des fados interprétés par Amália Rodrigues. Cristina Branco, Fado ; Frank Wörner, baryton. Ensemble Modern ; Direction Franck Ollu. Réalisation informatique musicale Ircam : Thomas Goepfer. Stefano Gervasoni : Com que voz, commande Ircam, Casa da musica, Ensemble Modern et Radio France, création française. Vendredi 13 juin, 20h30, Ircam, Espace de projection : Dialogue de l ombre double Concert en hommage à Madame Claude Pompidou. Sophie Cherrier, flûte ; Alain Damiens, clarinette ; Paul Riveaux, fagott ; Dimitri Vassilakis, piano ; Sébastien Vichard, piano. Ensemble intercontemporain ; direction : Pierre Boulez. Réalisation informatique musicale Ircam : Ch. de Coudenhove, Andrew Gerzso, Cort Lippe. Pierre Boulez : Mémoriale, Dialogue de l ombre Double. Philippe Manoury : Toccata et Antiphonie, extraits de Pluton. Ivan Fedele : Richiamo. Roque Rivas : Conical Intersect. Vassos Nicolaou : Orbit. 14 juin, Cité de la musique : Happy End, le Petit Poucet Musique : Georges Aperghis. Film d animation de Hans op de Beeck, Bruno Hardt et Klaas Verpoest. Ictus ; Direction : Georges-Elie Octors. Réalisation informatique musicale Ircam : Sébastien Roux. 16 juin, Théâtre des Bouffes du Nord : In Vain Klangforum Wien ; Direction Emilio Pomarico. Georg Friedrich Haas : In Vain, création française. 19 et 20 juin, Centre Pompidou, Grande salle : Machinations Musique et mise en scène : Georges Aperghis. Textes : François Regnault et Georges Aperghis. Réalisation informatique musicale Ircam : Olivier Pasquet, Tom Mays. Sylvie Levesque, Donatienne Michel-Dansac, Sylvie Sacoun, Johanne Saunier, voix. 20 juin, Ircam, Espace de projection : Le tourbillon du temps Tora Augestad, Ursula Langmayr, soprano ; Uli Fussenegger, contrebasse. Klangforum Wien ; Direction Beat Furrer. Réalisation informatique musicale Ircam : Éric Daubresse, Benoit Meudic. Beat Furrer : Lotófagos I, création française. Beat Furrer : Lotófagos II, commande de Radio Classique/Fonds Mauricio Pollini, du Klangforum Wien et de l Ircam-Centre Pompidou, création. Ensemble Court-circuit ; Direction : Pierre-André Valade. Gérard Grisey : Vortex Temporum. 2.2.3. TOURNÉES Les tournées jouent un rôle essentiel dans la diffusion des œuvres réalisées à l Ircam et contribuent à faire connaître tant les compositeurs ayant travaillé dans nos studios que les technologies mises en œuvre. En France et à l étranger, il s agit également de confirmer la IRCAM 187

CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ notoriété de ce qui est accompli à l Ircam depuis sa création. Les concerts sont fréquemment accompagnés d ateliers pédagogiques. Reprise de Explosante Fixe de Pierre Boulez, Los Angeles, Walt Disney Concert Hall (12 et 13 janvier) ; Création de l opéra Das Märchen d Emmanuel Nunes Teatro nacional de Sao Carlos, Lisbonne (25, 27, 29 janvier) ; Création de Com que voz de Stefano Gervasoni Casa da musica, Porto (17 février), Francfort (20 février), Festival Maerzmusik, Berlin (10 mars), Musica Strasbourg (30 septembre) ; Académie à Glasgow dans le cadre de la résidence de Jonathan Harvey Glasgow (6 au 12 avril) ; Création de Lolita de Joshua Fineberg La Cartonnerie, Friche Belle de Mai, Festival Les Musiques-Gmem, Marseille (17 avril) ; Reprise de l opéra Adriana Mater de Kaija Saariaho Finnish National Opera, Helsinki (23, 28 février et 1, 4, 6, 12, 14, 26, 28 mars) ; Reprise de Paris qui dort de Yan Maresz Maerzmusik, Berlin (8 mars) ; Reprise de Dans le Mur de Georges Aperghis Salzbourg (11 avril) ; Reprise de Machinations de Georges Aperghis Salzbourg (12 avril) ; Bruxelles (22 avril) ; Rome (8 juin) ; Création de Speakings pour orchestre et électronique, de Jonathan Harvey Londres Royal Albert Hall (19 août) ; Reprise de Cassandre de Mickael Jarrell (version concert) Cologne (5 octobre) ; Reprise du 4 e quatuor à cordes et électronique de Jonathan Harvey Riga (2 nov) ; Reprise de StreicherKreis de Florence Baschet Festival Manca, Nice (16 novembre) ; Reprise de Dialogue de l ombre double, Anthèmes 2, Pierre Boulez Perpignan (23 novembre) 2.2.4. RÉSEAU VARÈSE Le réseau Varèse est une association qui bénéficie des subventions européennes qui lui sont confiées pour permettre la circulation et la création de projets de musique contemporaine. Les réunions qui permettent aux différents directeurs artistiques de festivals, en particulier, mais également de salles de concerts qui le constituent, se tiennent deux fois par an en France ou à l étranger. À l heure actuelle, dix-sept membres représentent onze pays européens différents. 188 IRCM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ CRÉATION ET DIFFUSION MUSICALES DIFFUSION DE LA CRÉATION MUSICALE Ce réseau fait l objet aujourd hui d un deuxième mandat triennal. Son président est Antoine Gindt, directeur de la structure parisienne T & M. Les dossiers engagés par l Ircam dans le cadre du réseau Varèse sont suivis administrativement par la Production de l Ircam. En 2008, l ircam a reçu un soutien financier pour l accueil de Com que Voz de Stefano Gervasoni. 2.2.5. LES ENREGISTREMENTS DISCOGRAPHIQUES L Ircam et l Ensemble intercontemporain se sont associés pour lancer en 2007 une collection commune de disques monographiques éditée chez Kairos. Les deux premiers disques de la collection parus en 2008 ont été consacrés à Luca Francesconi (pièces enregistrées : Etymo, A fuoco, Da Capo) et Bruno Mantovani (pièces enregistrées : Éclair de lune, Le Sette chiese, Streets). D autre part, l Ircam est associé sporadiquement à des productions de CD présentant des œuvres créées en son sein. IRCAM 189

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES 3. PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE Directeur : Cyril Béros 3.1. FORMATIONS SUPÉRIEURES 3.1.1. FORMATION À LA COMPOSITION ET À L'INFORMATIQUE MUSICALE Depuis la rentrée universitaire 2007-2008, l architecture du cursus de composition et d informatique musicale est articulée sur deux années. La capacité d accueil des jeunes compositeurs a été doublée et l encadrement renforcé (embauche d un cinquième RIMce dans l équipe). Deux nouveaux partenariats ont été signés en 2008 permettant aux étudiants de ces établissements de suivre le Cursus de l Ircam dans le cadre de leur Master de composition à partir de la rentrée 2009-2010 : la Haute école de musique (HEM) de Genève ; le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), signature officielle en juin 2009. 3.1.1.1. Cursus 1 : Formation pratique à l informatique musicale Panorama complet du poste de travail du compositeur utilisant l'informatique et les nouvelles technologies : cours théoriques, travaux pratiques en studio, rencontres avec les équipes scientifiques. Un séminaire de composition animé par Yan Maresz articule les apprentissages dans une perspective compositionnelle. Ainsi, chaque étape est ponctuée par une esquisse permettant de valider les acquis : une première purement électroacoustique, une deuxième sous la forme d un «exercice de style» à partir d une partition de référence, permet aux participants de travailler sur un premier patch de concert. La troisième, pour instrument soliste et électronique temps réel, a été présentée lors de trois ateliers les 9, 13 et 16 février 2008, en présence de professionnels invités. À l'issue de cette première année, le compositeur possède les bases nécessaires pour se forger une vision complète du domaine, poursuivre l apprentissage en auto formation et suivre l évolution technologique du secteur. 3.1.1.1.1. Calendrier du 10 septembre 2007 au 22 février 2008 MI-SEPT OCT NOV DÉC JAN MI-FÉV MODULE 1 Le poste de travail du compositeur en studio MODULE 2 La musique mixte : écriture, évaluation et mise en œuvre des interactions logicielles nécessaires, réalisations d esquisses - 120h de formation studio - 30h de séminaire de composition - 4 rencontres avec les équipes de recherche - 8 journées de suivi et réalisation de l esquisse 1-120h de pratique de l environnement logiciel - 30h de séminaires de composition - 2 rencontres avec les équipes de recherche - 10 journées pour l encadrement de la réalisation des esquisses 2 et 3 en studio et pour les répétitions avec les interprètes. IRCAM 191

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES RAPPORT DÉTAILLÉ 3.1.1.1.2. 16 participants à la promotion 2007-2008 11 participants issus du comité de lecture : David Adamcyk (Canada), Daniele Bravi (Italie), Stefano Bulfon (Italie), Paola Calderone (Italie), Hyun-Hwa Cho (Corée du Sud), Paul Clift (Australie), Fernando Fiszbein (Argentine), Sébastien Gaxie (France), Marco Momi (Italie), Kenji Sakai (Japon), Fernando Villanueva Carretero (Espagne). Auxquels s ajoutent 5 participants à l ECMCT : Savannah Agger (Suède), Aaron Einbond (États-Unis), Alireza Farhang (Iran), Chelsea Leventhal (États-Unis), Oliver Rappoport (Espagne). 3.1.1.1.3. 15 participants à la promotion 2008-2009 (rentrée le 8 septembre 2008) Pour la première fois, le département PAC a organisé le comité de lecture Ircam/EIC qui s est réuni du 18 au 21 décembre pour sélectionner les commandes EIC, Tremplin et les participants du Cursus 1. Le jury était composé des compositeurs Beat Furrer, Bruno Mantovani, Yan Maresz, de la directrice musicale de l EIC, Susanna Mälkki, du tubiste de l EIC Arnaud Boukhitine, de Frank Madlener et de Cyril Béros. Parmi les 50 candidats, 15 jeunes compositeurs ont été sélectionnés pour suivre le Cursus 1 promotion 2008-2009 : Andrea Agostini (Italie), Oscar Carmona (Chili), Ann Cleare (Irlande), Heather Frasch (États- Unis), Ashley Fure (États-Unis), Fernando Garnero (Argentine), Daniele Ghisi (Italie), Raffaele Grimaldi (Italie), Stefan Keller (Suisse), Bruno Ruviaro (Brésil), Jorge Sancho (Espagne), Christopher Trapani (États-Unis), Eneko Vadillo Perez (Espagne), Francesca Verunelli (Italie), Filippo Zapponi (Italie). 3.1.1.2. ECMCT 3.1.1.2.1. Mise en œuvre d un prototype de cursus européen Ce projet réalisé dans le cadre du programme LEONARDO DA VINCI avec le soutien de la Commission Européenne dont l Ircam est le promoteur, a débuté le 1e octobre 2006 et prit fin le 30 septembre 2008. Les cinq institutions partenaires du projet ECMCT étaient la Technische Universität Berlin, la Sibelius Akatemia Helsinki, l ESMúC Barcelone, l Académie estonienne de Musique et de Théâtre Tallinn et le Muzyka Centrum Cracovie. Du 10 septembre 2007 au 1er juillet 2008, les dix étudiants ont suivi chacun deux semestres de cours à temps plein dans deux lieux de formation distincts. À l Ircam, les étudiants du Track B du cursus européen ont été accueillis dans le cadre des enseignements du Cursus 1 avant de partir pour un deuxième semestre à Berlin au mois de février 2008. Tout au long de l année, l organisation de séminaires croisés entre les institutions partenaires a permis de mettre en commun et de croiser les expériences propres à chaque institution, de favoriser l échange de savoir-faire et de connaissances entre les équipes, et enfin d approfondir une réflexion partagée pour la mise en place d un futur partenariat européen. Une évaluation permanente du projet, ainsi que des activités de dissémination ont offert une visibilité européenne renforcée aux activités pédagogiques de l Ircam, aussi bien auprès des professionnels que des milieux institutionnels de la formation et de la culture. Le projet a été évalué comme un projet phare au niveau européen dans son domaine. (www.ecmct.eu.org/) Suite à ce test in vivo, les institutions ont décidé de poursuivre leur collaboration et de l étendre à un programme d enseignement sur deux ans au niveau Master à partir de l année scolaire 2010-2011. L Ircam y sera impliqué en tant que partenaire associé pour l expertise et des enseignements complémentaires. 192 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES 3.1.1.2.2. Calendrier du 10 septembre 2007 au 30 septembre 2008 SEP OCT NOV DÉC JAN FÉV MAR AVR MAI JUIN JUIL AOU SEP Track A : Sibelius Akatemia Helsinki 1 e semestre 700h = 30 ECTS 195h de séminaires techniques de base 20h de travaux pratiques 6h de vidéoconférences 300h de travail individuel 54h de travail en studio 7h de tutoriaux (consultations individuelles) 20h de travail de création et de concert 14h d ateliers d improvisation instrumentale avec électronique 54h d atelier «Impromasters» 30h de séminaires organisés par l Ircam Paris, l EAMT Tallinn et le Muzyka Centrum Cracovie Évaluation interne à la fin du 1 e semestre Track B : Ircam Paris 1 e semestre 700h = 30 ECTS dont 460h de face-à-face pédagogique 120h de formation studio 30h de séminaire de composition 18h de rencontres avec les équipes de recherche 15 jours de suivi et la réalisation de l esquisse1 120h de pratique de l environnement logiciel 40h de séminaires de composition encadrement de la réalisation des esquisses 2 et 3 en studio et pour les répétitions avec les interprètes 30h de séminaires organisés par la Sibelius Académie Helsinki, l EAMT Tallinn et le Muzyka Centrum Cracovie 25 jours de réalisation des mini-projets Évaluation interne à la fin du 1 e semestre Track A : ESMúC Barcelone 2 e semestre 700h = 30 ECTS 80h de composition électroacoustique 80h de Travaux Pratiques (temps réel, MIDI, synthèse et contrôle sonore) 80h de composition assistée par ordinateur 80h d atelier d interaction 80h de séminaire Procédures et analytique d écriture musicale 80h de conférences et master classes 120h de conception et suivi du projet de fin de cursus 50h de création du projet de fin de cursus 50h de séminaires organisés par la TU Berlin et le Muzyka Centrum Cracovie Évaluation permanente et finale Édition de supports de communication et d exploitation des résultats 3.1.1.2.3. Participants à la promotion 2007-2008 Track B : TU Berlin 2 e semestre 700h = 30 ECTS 75h de master classe «Sound Installation - théorie et applications» 100h de séminaire «Concepts esthétiques : Musique et Technologies» 100h de technologies de spatialisation 100h de sessions en studio 125h de travail de création, sessions individuelles avec tuteur 50h master classe «Sound in Open Space» 50h de séminaires organisés par l ESMúC Barcelone, l EAMT Tallinn et le Muzyka Centrum Cracovie Évaluation permanente et finale Édition de supports de communication et d exploitation des résultats Dix étudiants internationaux ont été sélectionnés pour suivre le cursus prototype répartis en deux Tracks pédagogiques : Track A : Ariadna Alsina Tarrés (Espagne), Luis Alejandro Olarte (Colombie), Wei Wei Jin (Chine/Suède), Malle Maltis (Estonie), Alejandro Montes De Oca Torres (Mexique). Track B : Savannah Agger (Suède), Aaron Einbond (États-Unis), Alireza Farhang (Iran), Chelsea Leventhal (États-Unis), Oliver Rappoport (Espagne). 3.1.1.3. Cursus 2 : Formation spécialisée en composition, recherche et technologies musicales Durant une année complète à temps plein la formation spécialisée permet d acquérir les connaissances, les compétences et savoir-faire pratiques nécessaires pour profiter de la richesse de l institut. L année débouche sur la réalisation et la création publique de son projet artistique par le compositeur en formation. Conçu dans un esprit d expérimentation, le projet est susceptible de faire appel à d autres domaines tels que la danse ou l image, grâce aux IRCAM 193

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES RAPPORT DÉTAILLÉ partenariats que l Ircam développe avec d autres structures de formation européennes ou des partenaires artistiques. La proximité avec les laboratoires de recherche permet à l étudiant de s initier à la collaboration avec les chercheurs, et lui offre une fenêtre sur les développements technologiques les plus récents, contribuant ainsi à l épanouissement de son projet artistique. Pendant l année, le temps est partagé entre phase de formation (1/3) et phase de réalisation du projet (2/3). À côté des cours d approfondissement informatique, et pour favoriser l interaction avec les équipes de la recherche, cinq journées d étude plus prospectives sont organisées pendant l année. En 2007-2008, elles étaient consacrées à (le détail est donné seulement pour celles de 2008, celles de 2007 pour mémoire parce qu elles n apparaissaient pas dans le Rapport d Activité 2007) : Date Thématique Intervenants Oct-07 Écriture musicale de la synthèse Marco Stroppa, Jean Bresson Nov-07 Formalisation et idée musicale : nouveaux modèles de la Gérard Assayag, Jean-Pierre complexité Boon, Fabien Lévy, Jacopo Baboni Schilingi Déc-07 Hybridation voix instrument : de la structure à l'expressivité Jan-08 Geste musical, écriture, captation Composer avec le geste instrumental : illustrations historiques & problématiques Évolution de l'écriture de l'interaction : méthodes et stratégies Son, geste et interaction : outils d'écriture et performance Xavier Rodet, Nicolas Obin, Greg Beller, Anne Lacheret-Dujours, Axel Roebel, Jean Lochard Nicolas Donin Andrew Gerzso Frédéric Bevilacqua Norbert Schnell Mars-08 Musique et image Spécificités articulées Composition filmique - Réalisation musicale Entre l'installation et la scène : convergences recherche/création & musique/image "Sérendipité" Patrice Hamel Thierry de Mey Jean-Baptiste Barrière Anne Grange Pour l année universitaire 2008-2009, les journées viendront en complément thématique des Matinées Prospectives musicales organisées pour l ensemble de l Institut par le Département R&D et le département MRC : Date Thématique Intervenants Oct-08 Écritures de l interaction Séminaire sur le quatuor augmenté avec suivi de geste Paradigmes d'interaction avec le son enregistré Écritures du temps et de l'interaction sur les données symboliques et continues Florence Baschet Norbert Schnell Frédéric Bevilacqua Arshia Cont Déc-08 Outils pour la formalisation de la pensée rythmique Quelques MathTools pour l'étude combinatoire du rythme Arbres rythmiques et Blocs Temps Quantification et génération de structures polyrythmiques à partir de l'analyse du signal Cribles et modulations métriques en CAO Moreno Andreatta Karim Haddad Benoît Meudic & Yan Maresz Gérard Assayag 194 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES Parallèlement à ces journées d étude, des séminaires collectifs et des rencontres avec les chercheurs ont été organisés pour travailler autour des projets des étudiants et définir au mieux les problématiques de chacun des projets et les voies techniques de leur réalisation. Ces dispositifs multiples permettent de renouveler en profondeur les liens entre les étudiants du Cursus et les équipes de la recherche, à travers la médiation essentielle des RIMce. Sans qu ils ne deviennent obligatoires, ou forcés, ces liens permettent d associer les compositeurs à de nombreuses problématiques de la recherche musicale actuelles, bien inscrites dans la politique générale de l Institut pilotée par le Département MRC. Pour les deux promotions 2007-2008 et 2008-2009 : Thème de recherche Projet OMax Synthèse concaténative/analyse-resynthèse en temps réel/relation à la CAO Acoustique instrumentale Contrôle de la synthèse par modèle physique Suivi de geste Spatialisation - Masquage Outils de traitement du signal pour la voix Projet orchestration Formalisation rythmique et formelle Formalisation musicale-textuelle Compositeur Yann Robin Marco Suarez Aaron Einbond Yann Robin Paul Clift Hyun-Hwa Cho Lorenzo Pagliei Lorenzo Pagliei Marco Suarez Matteo Franceschini Roque Rivas Marco Suarez Kenji Sakai Fernando Villanueva Sébastien Gaxie Fernando Villanueva 3.1.1.3.1. Calendrier du 22 octobre 2007 au 30 juin 2008 OCT NOV DÉC JAN FÉV MARS AVR MAI JUIN MODULES 1, 2, 3 & 4 L idée musicale Le son comme expérience sensible MODULE 5 Phase de réalisation du projet artistique L instrumentiste, l instrument acoustique et imaginé Les interactions arts/technologies 4 rencontres de 3 jours avec des compositeurs 5 séminaires de réflexion avec musicologues, compositeurs et chercheurs 20 jours d approfondissement logiciels 25 jours d accompagnement individualisé pour la composition et la réalisation électronique 3.1.1.3.2. Promotion 2007-2008 : participants et créations Écriture, échantillonnage, réalisation électronique, répétitions, création, avec accompagnement individualisé 20 jours pour les suivis artistique et technique Nom Titre œuvre et production Effectif RIMce David Coll (États-Unis) 1968 CGP 1er et 2 oct, saison Ircam Baryton, violoncelle, percussions et électronique E.Jourdan Matteo Franceschini (Italie) Lorenzo Pagliei (Italie) LaCuna Ircam, Espro 7 juin 2008, Festival Agora L Apparente Ircam, Espro 22 octobre, saison Ircam Voix de femme, ensemble vocal, électronique et vidéo (Stalkervideo) Trio de percussions, Violoncelle, trompette et électronique. M.Malt J.Lochard IRCAM 195

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES RAPPORT DÉTAILLÉ Roque Rivas (Chili) Yann Robin (France) Marco Suarez (Colombie) Mutations of matter Ircam, Espro 7 juin 2008, festival Agora Art of metal III CGP 7 juin 2008, festival Agora Poetry for//dark-/doll Ircam, Espro 10 janvier 2008, saison Ircam Cinq voix, électronique et vidéo (Carlos Franklin, étudiant du Fresnoy) Clarinette contrebasse métal, ensemble et électronique Soprano, flûte, clarinette basse, violon, violoncelle, contrebasse et électronique J.Lochard R. Meier R. Meier 3.1.1.3.3. 6 participants à la promotion 2008-2009 Un jury interne composé de Frank Madlener, Cyril Béros, Yan Maresz et Emmanuel Jourdan s est réuni en mars 2008 et a sélectionné 6 candidats qui ont commencé à travailler sur leur projet dès l été 2008 : Hyun-Hwa Cho (Corée du Sud), Paul Clift (Australie), Aaron Einbond (États-Unis), Sébastien Gaxie (France), Kenji Sakai (Japon), Fernando Villanueva Carretero (Espagne). 3.1.2. MASTER ATIAM 3.1.2.1. Objectifs La formation Atiam est conçue pour délivrer les bases scientifiques et la culture musicale permettant d'aborder les recherches dans les domaines de l'acoustique musicale, du traitement du signal sonore et de l'informatique musicale. Les débouchés de cette formation se trouvent principalement dans la recherche et l'enseignement mais aussi dans l'industrie, dans les domaines du son et de la musique. Le diplôme délivré est le Master Sciences et Technologies de l'upmc (Paris 6), mention Informatique ou Sciences de l'ingénieur, avec indication du parcours Atiam. Formation Dates Durée ETD hors stage Nombre h/étudiants Master Atiam 15 septembre 07-30 juin 08 500h 14 7500 3.1.2.2. Équipe enseignante Pour l année universitaire 2007-2008 les enseignants responsables d UE sont : Carlos Agon (Ircam) ; Jean-Dominique Polack (UPMC, LAM) ; Emmanuel Saint-James (UPMC) ; Georges Bloch (Université de Strasbourg) ; Marc Chemillier (EHESS) ; Bertrand David (TELECOM Paristech) ; Benoît Fabre (UPMC, LAM) ; Hugues Genevois (UPMC, LAM) ; Jean Kergomard (Université Aix-Marseille II, LMA) ; Roland Badeau (TELECOM Paristech) ; Daniel Pressnitzer (ENS, Paris Descartes, CNRS). 196 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SUPÉRIEURES 3.1.2.3. Calendrier Premier semestre (S3) SEPT OCT NOV DEC S3 = UE obligatoires Acoustique générale Traitement du signal audionumérique Paradigmes de programmation en informatique musicale Musique et science au XXe siècle S3 = UE obligatoires Acoustique musicale Traitement du signal musical Sciences et technologies de l information musicale Applications de l acoustique, du traitement du signal et de l informatique à la création musicale contemporaine UE libre Examens fin octobre Examens mi-décembre Second semestre (S4) JAN FÉV MARS AVR MAI JUIN UE d option Techniques de prise de son et électroacoustique Perception et cognition musicale Auto oscillations des instruments de musique Descripteurs audio et indexation Modèles mathématiques pour l informatique musicale Contrôle gestuel de la synthèse Examen fin février Stage de Recherche 4 à 6 mois de stage dans un laboratoire de recherche industriel ou universitaire Rédaction d un rapport de Stage Soutenances en juin et septembre 3.1.2.4. Résultats Sur les 14 étudiants de la promotion : 1 étudiant a abandonné la formation ; 1 étudiant a été admis à redoubler son S3 ; 12 étudiants ont obtenu leur Master à la session de juin ou de septembre. IRCAM 197

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS PROFESSIONNELLES RAPPORT DÉTAILLÉ 3.2. FORMATIONS PROFESSIONNELLES L'année 2008 est marquée par une stabilisation de l'activité en termes d'heures de formation et de recettes, avec toujours un bon taux de remplissage de 75 % des stages logiciels et thématiques. Cependant l offre de formation a évolué : le nombre d'heures des stages logiciels et thématiques recule mais il faut compter dorénavant sur 2 promotions du Cursus (années 1 & 2), donc plus d heures consacrées à ces 2 formations ; aucun stage à la carte n'a été demandé, mais la participation de la PAC à l'académie hors les murs de Glasgow permet de rééquilibrer les recettes. On note également que les prises en charge dans le cadre de la formation professionnelle continue ne cessent d augmenter. Dorénavant, elles font part égale avec les prises en charges à titre individuel. 3.2.1. STAGES LOGICIELS ET THÉMATIQUES À travers une palette de formations pointues se déroulant tout le long de l année, le département PAC forme des professionnels, compositeurs, musiciens, vidéastes, concepteurs sonores, ingénieurs du son, techniciens du spectacle vivant, plasticiens, aux outils et aux méthodologies liés à l utilisation de l informatique et des technologies pour la création. Il s appuie pour cela sur les plus récentes recherches et développements issus des laboratoires et studios de l Ircam. Stages logiciels : se former aux logiciels de l Ircam les week-ends ; - Interaction temps réel (Max/MSP, Jitter, Spatialisateur, FTM, Gabor) ; - Traitement du son (AudioSculpt, Modalys, Diphone) ; - Composition assistée par ordinateur (OpenMusic) ; Stage «Premiers Pas avec Max/MSP» en 6 jours ; Stages «Design sonore» : découvrir le métier de designer sonore ; Stage «Développer son projet avec Max/MSP» : évaluer et concevoir les développements informatiques nécessaires à la réalisation de son projet artistique intégrant les nouvelles technologies ; Stage «Max 5 developer» : développer des objets externes en JavaScript et C dans la dernière version de Max/MSP. Ce stage s adresse à un public de développeurs de haut niveau (session de juin organisée par les MRC). 3.2.2. FORMATIONS HORS LES MURS En 2008, le principe de systématiquement rattacher les activités pédagogiques hors les murs du département à des tournées et d autres programmations artistiques de l institut a été confirmé par l organisation d une Ircam-Academy d une semaine à Glasgow, sur l invitation du BBC Scottish Symphony Orchestra à l occasion de la résidence du compositeur Jonathan Harvey. Complétant la programmation de pièces de l Ircam par une semaine de workshops intensifs en informatique musicale et d une conférence avec la participation du soliste Alain Billard, le département a contribué à faire connaître les activités de l institut, à transmettre les savoirfaire et à diffuser les résultats de la recherche et de la création auprès d un public spécialisé au niveau international. 198 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS PROFESSIONNELLES 3.2.2.1.1. Calendrier de la BBC SSO/Ircam - Summer Academy à Glasgow : 6-12 avril 2008 quoi qui quand/quoi public Ateliers d informatique musicale Ateliers concerts Concerts Jean Lochard Mikhail Malt Ircam RIMce BBC/SSO, Quatuor Diotima, Scottish Ensemble, Solistes Ateliers de travaux pratiques Introduction à l'environnement informatique développé à l Ircam pour la composition musicale assistée par ordinateur Conférence de présentation (grand public) de l Institut & des technologies et logiciels développés et utilisés à l Ircam. Avec exemples d œuvres réalisées à l Ircam, notamment des compositeurs présents. 10/04/08, 20h Unsuk Chin Xi Jonathan Harvey String Quartet No 4 Pierre Boulez Dialogue de l'ombre double Karlheinz Stockhausen Telemusik Richard Ayres, 37b 12/04/08, 18h Karlheinz Stockhausen Gesang der Jünglinge Iannis Xenakis Aroura ; Ittidra Yan Maresz Metallics Trevor Wishart Work for tape Jonathan Harvey Two Interludes from 'Wagner Dream' 24 actifs 10 auditeurs libres 35h 70 1h30 jauge : 1000 par concert 3.2.3. 6 FORMATEURS EN CDI ET 1 CDD RATTACHÉS À LA PAC, 32 FORMATEURS OCCASIONNELS INVITÉS FORMATEURS PROFILS FORMATIONS TEMPS DE TRAVAIL FACE À FACE PÉDAGOGIE SUIVI Éric Daubresse RIMce Cursus 1 & 2, stages logiciels 218h 50h Emmanuel Jourdan RIMce Cursus 1 & 2, stages logiciels et 874h 300h thématiques Jean Lochard RIMce Cursus 1 & 2, stages logiciels et 1 383h 360h thématiques Grégoire Lorieux RIMce Cursus 1, stages logiciels et 364h 270h thématiques Mikhail Malt RIMce Cursus 1 & 2, stages logiciels et 1456h 420h thématiques Yan Maresz Compo. Cursus 1 & 2 276h 120h TOTAL CDI ET CDD 4 571 H 1 520 H FORMATEURS PROFIL S FORMATION S DURÉE Anne Grange Universitaire, chercheur en sémiotique Cursus 1 & 2 2h Patrice Hamel Artiste plasticien Cursus 1 & 2 2h Max Bonnay Artiste Cursus 1 3h Lionel Bord Artiste Cursus 1 3h Alain Damiens Artiste Cursus 1 6h Cécile Daroux Artiste Cursus 1 9h Claude Delangle Artiste Cursus 1 3h Hae-Sun Kang Artiste Cursus 1 3h Jean Sulem Artiste Cursus 1 9h Norbert Schnell Chercheur Ircam Cursus 1 4h IRCAM 199

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS PROFESSIONNELLES RAPPORT DÉTAILLÉ Moreno Andreatta Chercheur Ircam Cursus 1 & 2 2h Gérard Assayag Chercheur Ircam Cursus 1 & 2 2h Frédéric Chercheur Ircam Cursus 1 & 2 4h Bevilacqua Nicolas Donin Chercheur Ircam Cursus 1 & 2 3h Diemo Schwarz Chercheur Ircam Stage FTM 12h Nicolas Misdariis Chercheur Ircam Stages Design 18h sonore Patrick Susini Chercheur Ircam Stages Design 22h sonore Mauro Lanza Compositeur Cursus 1 3h Philippe Manoury Compositeur Cursus 1 & 2 18h Philippe Hurel Compositeur Cursus 1 & 2 30h Jean-Baptiste Compositeur Cursus 1 & 2 4h Barrière Georgia Compositrice Cursus 1 3h Spiropoulos Jeremy Bernstein Développeur Cycling 74 Stages Max 16h Developer Joshua Kit Développeur Cycling 74 Stages Max 16h Clayton Developer Karim Haddad Forum Ircam Cursus 1 & 2 2h Benoit Meudic RIM Ircam Cursus 1 2h Robin Meier RIM Cursus 2 120h Elvio Cipollone RIM Stage Design 18h sonore Thomas Goepfer RIM Stage logiciel 12h Benjamin Thigpen RIM Stage Logiciel 12h Alexis Baskind RIM Stages 90h logiciels Arshia Cont RIM Ircam Cursus 1 & 2 2h TOTAUX OCCASIONNELS 438 H STAGE S NB PERS DURÉE HEURES/STAGIAIRES RECE TTES STAGE 20 stages 154 12h 1848h/stagiaires 34 900 Logiciels 3 stages 31 36h 1116h/stagiaires 28 000 «Premiers pas avec Max/MSP» 2 stages 42 18h 756h/stagiaires 5 299 «Max 5 developer» 1 stage 5 36h 180h/stagiaires 6 500 «Développer son projet avec Max/MSP» 2 stages 13 18h 234h/stagiaires 5 400 «Design sonore» 1 Académie 24 35h 840h/stagiaires 5 711 à Glasgow Cursus 1 11 420h 4 620h/stagiaires 21 000 Cursus 2 6 720h 4 320h/stagiaires 5 400 TOTAL 290 1 631 H 13 914 H/STAGIAIRES 112 210 200 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SPÉCIALISÉES 3.3. FORMATIONS SPÉCIALISÉES 3.3.1. PARCOURS MUSIQUE MIXTE 3.3.1.1. Principe L Ircam poursuit son association avec des conservatoires, écoles de musique et ensembles instrumentaux, pour organiser ces parcours destinés aux apprentis musiciens et aux jeunes professionnels. Ils permettent de se familiariser avec les technologies, de s initier au jeu instrumental avec électronique et de travailler aussi bien des classiques contemporains que des créations récentes du répertoire pour instrument acoustique avec électronique. Ces parcours sont articulés en trois volets : découverte des outils, du dispositif et du répertoire de l œuvre mixte ; séances de travail autour du répertoire ou sur des créations ; atelier public de présentation au sein du conservatoire. L Ircam est vigilant dans le montage de ces projets au fait de développer des actions qui soient autant que possible structurantes sur le long terme. Cela passe par : la formation de personnes-ressources au sein des établissements ; le renforcement du partenariat avec le CNSMDP qui permet d articuler travail de répertoire et démarche de création pour les jeunes musiciens professionnels, à travers notamment l interaction avec les jeunes compositeurs du Cursus 1 dont ils créent les pièces finales ; la constitution d un répertoire accessible aux second cycles des conservatoires et le travail autour de dispositifs pédagogiques intégrant l improvisation. 3.3.1.2. Partenaires pour les saisons 2007-2008 et 2008-2009 le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris ; le Conservatoire à Rayonnement départemental du Blanc-Mesnil ; le Conservatoire à rayonnement Régional d'aubervilliers La Courneuve ; le Conservatoire de Danse et de musique d Aulnay-sous-Bois ; l'ensemble Transversales 20.21 ; les conservatoires municipaux d arrondissement du Centre de Paris Dans la volonté d élargir les réseaux de transmission de la musique mixte le plus possible l Ircam, en collaboration avec l ensemble Transversales 20.21 et le CRR d Aubervilliers, a également ouvert un des parcours à des professeurs de musique de la Région. 3.3.1.3. Calendrier des activités 2008 quand qui quoi public Jan 08 CRD Blanc-Mesnil, Evdokija 25/01 : atelier public de présentation 12 élèves Danajloska, Emmanuelle Lizière RIMce : Grégoire Lorieux Fév 08 CNSMD Paris, classe d alto, Jean Sulem 7-9/02 : parcours création Cursus 1 RIMce : Alexis Baskind 5 élèves Fév 08 Fév 08 Transversales20.21, multiinstruments, Alain Damiens Conserv. d arrondiss. Paris, classe de flûte, Cécile Daroux 11-13/02 : parcours création Cursus 1 RIMce : Jean Lochard, Emmanuel Jourdan 14-16/02 : parcours création Cursus 1 RIMce : Mikhail Malt 6 élèves 4 élèves IRCAM 201

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE FORMATIONS SPÉCIALISÉES Fév 08 CNSMD Paris, classe d alto, Jean Sulem 15/02 : séance de travail répertoire, RIMce Grégoire Lorieux Mar 08 CNSMD Paris, classe d alto, 7,14,18/03 : séances de travail Jean Sulem 19/03 : atelier public de présentation RIMce Grégoire Lorieux Mai 08 Transversales20.21 17+18/05 : séances d introduction RIMce Grégoire Lorieux Juin/Juillet 2008 Transversales20.21 29+30/06 ; 1 + 3/07 : séance de découverte, travail répertoire RIMce Grégoire Lorieux RAPPORT DÉTAILLÉ 4 élèves actifs, 6 auditeurs libres 4 élèves actifs, 6 auditeurs libres 9 participants actifs, dont 4 professeurs de musique 9 participants actifs, dont 4 professeurs de musique Juillet 2008 OMax 05/07 : journée d improvisation 5 improvisateurs 8 réalisateurs en informatique musicale Sept/Oct 08 Transversales20.21 23+25/09 : séances de travail 7+9/10 : séances de travail 16+17/10 : ateliers publics de présentation RIMce Grégoire Lorieux Oct 08 Nov 08 Nov 08 Nov 08 Déc 08 CNSMDP Collaborations Cursus 1 classe de basson Lionel Bord CNSMDP Collaborations Cursus 1 classe de saxophone Claude Delangle CNSMDP Collaborations Cursus 1 classe de musique de chambre (cordes) Hae-Sun Kang CNSMDP Collaborations Cursus 1 classe d accordéon Max Bonnay CNSMDP Collaborations Cursus 1 classe de basson Lionel Bord 2/10 : séance de découverte 24/10 : séance de travail 30/10 : séance de travail RIMce Grégoire Lorieux 25/11 : séance de découverte et rencontre compositeurs, RIM Grégoire Lorieux 26/11 : séance de découverte et rencontre compositeurs RIMce Grégoire Lorieux 27/11 : séance de découverte et rencontre compositeurs RIMce Grégoire Lorieux 4/12 : séance de travail répertoire 6/12 : atelier public de présentation RIMce Grégoire Lorieux 9 participants actifs, dont 3 professeurs de musique 5 élèves actifs, 3 auditeurs libres 6 élèves actifs 3 élèves actifs 6 élèves actifs 5 élèves actifs, présentation dans le cadre des Portes Ouvertes du CNSMDP Total 161 heures de face à face pédagogique 65 élèves 202 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE 3.4. ACTION CULTURELLE 3.4.1. POUR LE GRAND PUBLIC 3.4.1.1. Série «Images d une œuvre» et avant-premières Saisir quelques instantanés de la fabrication d une œuvre, voir un compositeur au travail, éclairer les sources et les enjeux de la création du soir. La série documentaire «Images d une œuvre», coproduite par l Ircam et le Centre Pompidou, porte un regard filmé sur le processus d élaboration d une œuvre musicale. La projection du film court, lors d une «Avant-Première» publique, juste avant la création de l œuvre en question, est prolongée par une rencontre entre le réalisateur, l auteur, ses invités et le public. L Ircam souhaite ainsi à renouveler la manière de s adresser au public curieux de création : documenter et valoriser les activités et créations de l Ircam ; améliorer la diffusion sur les savoirs de l Institut, aussi sur le site Internet et lorsque les créations partent en tournée ; offrir des moments privilégiés au public en lui donnant accès aux coulisses de la création et à travers la rencontre avec l artiste qui suit la projection. 3.4.1.1.1. Calendrier 2008 Date/Action Lieu Fréq u Samedi 12 janvier 2008, 19h Avant-Première Philipp Maintz océan pour ensemble et soprano et électronique (EIC, Marisol Montalvo) par Nicolas Donin et Lionel Escama Mercredi 26 mars 2008, 12h30 Avant-Première Georges Aperghis Dans le mur pour piano et électronique (Nicolas Hodge) par Nicolas Donin et Benoît Martin Mercredi 22 octobre 2008, 19h Avant-Première Luis Naón Deux Caprices pour Percussion (Florent Jodelet) par Maÿlis Dupont et Jérôme Polidor Ircam Studio 5 Musée d Orsay Ircam Studio 5 50 35 50 3.4.1.2. Conférences «Un dimanche, une œuvre» Depuis 2007, l Ircam s associe au Centre Pompidou afin de proposer des conférences musicales pour le cycle de conférences «Un dimanche, une œuvre». Tout comme un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d art adresse un regard singulier sur une œuvre des collections du musée national d Art moderne, un interprète ou un musicologue analyse une œuvre musicale, choisie parmi celles de compositeurs familiers de l Ircam. En lien avec la programmation artistique de la saison en cours et si possible avec les expositions au Centre Pompidou, ces conférences contribuent à insérer la création musicale contemporaine dans les actions du Centre Pompidou et favorisent le croisement des publics entre les deux institutions. IRCAM 203

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE RAPPORT DÉTAILLÉ 3.4.1.2.1. Calendrier 2008 Date/Action Lieu Fréquentation Dimanche 20 janvier 2008, 11h30 Brian Ferneyhough - Les Carceri d'invenzione 1987 CGP Petite Salle 80 Par Philippe Albéra, musicologue et directeur de l édition Contrechamps Dimanche 17 février 2008, 11h30 Georges Aperghis Machinations 2000 et Récitations 1978 CGP Petite Salle 90 Par François Regnault, philosophe et écrivain Dimanche 30 novembre 2008, 11h30 Brice Pauset Exercices du silence 2008 Par Laurent Feneyrou, musicologue CGP Petite Salle 85 Au sein du festival Agora 2008, dont Gérard Grisey était une figure majeure, le département Pédagogie et action culturelle a organisé une présentation/table ronde à l occasion de la publication de l ouvrage «Les écrits de Gérard Grisey» de Guy Lelong et Bastien Gallet par les éditions MF. Cette table ronde du 7 juin 2008 dans la Salle Stravinsky (70 personnes), animée par les deux auteurs, accueillait les interventions de l astrophysicien Jean-Pierre Luminet et du compositeur Gérard Zinsstag. En contrepoint des différentes sections du livre correspondant aux différents genres d écrits de Gérard Grisey (principes de composition, textes de circonstance, entretiens et lettres), les interventions de l astrophysicien Jean-Pierre Luminet et du compositeur Gérard Zinsstag ont porté témoignage de relations d amitié et de travail avec Gérard Grisey. La soirée s est poursuivie avec un concert où étaient donnés les Quatre chants pour franchir le seuil. 3.4.1.3. Colloque International Hommage à Elliott Carter À l occasion des cent ans du compositeur Elliott Carter et du concert «Double entente» Brice Pauset/Elliott Carter, l Ircam a accueilli les 11 et 12 décembre 2008 le colloque international «Hommage à Elliott Carter Des ponts vers l Amérique II» dans la Salle Stravinsky. A l initiative de Max Noubel du centre de Recherche sur les arts et le langage (EHESS-CNRS), avec un comité scientifique complété par les membres des équipes Représentations musicales (Morena Andreatta) et Analyse des pratiques musicales (Nicolas Donin) de l Ircam, le colloque était coordonné par le département Pédagogie et action culturelle et a accueilli les principaux spécialistes internationaux d Elliott Carter autour des thématiques suivantes : l écriture cartérienne ; regards de compositeurs ; espace sonore et rythme dans la musique de Carter ; Carter dans l histoire. Les interventions enregistrées donneront lieu à une diffusion sur la web radio «Les sentiers de la création» de France Culture. Intervenants : P. Albèra (Cons. de Genève), F. Baschet (Paris), G. Bloch (Univ. Marc Bloch, Strasbourg), C. Carey (Rider Univ.), F. Durieux (CNMSDP), D. Gail (Univ. Oklahoma), G. Herzfeld (Freie Univ., Berlin), A. Mead (Univ. Michigan), F. Nicolas (Paris), M. Noubel (univ. de Bourgogne/CRAL-EHESS), E. Poudrier (Univ. Yale), R. Pozzi (Univ. Rome III), D. Schiff (Reed College, Portland), D. Vermaelen (univ. François Rabelais, Tours) 204 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE 3.4.2. ACTION SCOLAIRE ET CULTURELLE 3.4.2.1. Lycées professionnels : Les Ateliers de la Création parcours croisé Ircam/Centre Pompidou 3.4.2.1.1. Principe Avec cette action innovante, le Centre Pompidou et l Ircam se sont associés tout au long de l année scolaire 2007-2008 pour piloter un projet d éducation artistique destiné aux lycées professionnels, situé à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies. Construisant des passerelles entre les approches plastiques et sonores, les lycéens ont aiguisé leur regard et leur écoute, élaboré des catégories et des correspondances esthétiques entre les domaines. Une série d ateliers pratiques à l Ircam leur a permis de fabriquer des «scènes sonores» comme autant de lectures personnelles des œuvres plastiques découvertes au musée national d Art moderne. À l issue du parcours, ces réalisations ont fait l objet d une présentation groupée dans l enceinte du musée, au contact des œuvres plastiques. 3.4.2.1.2. Enjeux et équipes Les Ateliers de la Création ont mobilisé plusieurs équipes à l Ircam, au Centre Pompidou et dans les établissements scolaires. Le projet a volontairement touché à des enjeux larges et fondamentaux de l action culturelle : ouverture sur la création contemporaine et approfondissement de l expérience esthétique, par un contact direct avec les œuvres et les artistes ; travail approfondi sur la langue et l élaboration de concepts pour s approprier les œuvres d art ; approche pratique de la création et de l expérimentation par des activités d invention de scènes sonores ; accès aux nouvelles technologies. ÉQUIPES DES ATELIERS DE LA CRÉATION 08/09 Encadrants/Académies Paris Créteil Versailles Établissement scolaire Lycée Beaugrenelle 75015 Paris Lycée polyvalent Jean Jaurès 94220 Charenton Lycée polyvalent Louis Blériot 91150 Étampes. Classe Équipe enseignante Bac Pro secrétariat (17 élèves) Isabelle de Battista Dominique Chapuis Claudine Gouin CAP vente ECM (23 élèves) Jacques Taffin Marie Aude Sicard Marion Aguilar Stéphane Chabeaud Agnès Raffard Max Blot CAP chaudronnerie (12 élèves) CAP électricité (12 élèves) Lionel Romier Pascale Schemali M. Pinault Fabrice Menne Intervenant Ircam (RIMCE) Thibault Walter Fabrice Guédy Grégoire Lorieux Intervenant CGP André Avril Danièle Fauvel Norbert Godon (conférencier) Pilotage Marie Rouhète, Emmanuelle Marquez (CGP) Cyril Béros, Fleur Gire (Ircam) IRCAM 205

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE RAPPORT DÉTAILLÉ 3.4.2.1.3. Progression pédagogique type OBJECTIFS ATELIERS séance 1 OCTOBRE Découverte croisée des institutions, de leurs activités et de l'aspect technique des bâtiments visite Centre Pompidou visite Ircam intermède n 1 OCTOBRE NOVEMBRE Exploration sonore de l'environnement scolaire Le Réalisateur en Informatique Musicale (RIMce) rend visite aux élèves dans leur établissement et réalise avec eux des enregistrements sonores dans l'environnement scolaire séance 2 NOVEMBRE Exercice du regard et de l'écoute, découverte du vocabulaire, émergence des concepts croisés Découverte du vocabulaire plastique par la confrontation avec trois œuvres contemporaines Découverte du vocabulaire sonore à partir de l'écoute et de la manipulation des enregistrements réalisés par le RIMce séance 3 DECEMBRE Elaboration d'un discours esthétique pertinent, articulation autour des concepts croisés Analyse et mise en relation de différentes œuvres contemporaines ayant une thématique commune Expérimentations autour des concepts croisés et mise en relation avec des extraits du répertoire contemporain intermède n 2 intermède n 3 JANVIER-FÉVRIER Découverte du répertoire musical contemporain JANVIER-FÉVRIER Rencontre avec des artistes contemporains Concert : écoute préparée d'une œuvre contemporaine, Poursuite I Contacts au Théâtre des Bouffes du Nord Une séance de rencontre sera organisée avec les artistes dont les œuvres ont été étudiées : Richard Deacon, Yan Pei- Ming, Jacques Monory séance 4 JANVIER-FÉVRIER Construction d'une proposition créative Approfondissement des questionnements Création de scènes sonores pour les œuvres plastiques étudiées au Centre Pompidou séance 5 MARS Présentation des scènes sonores réalisées par les élèves Restitution collective des créations sonores au contact des œuvres dans l'enceinte du musée. 206 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE 3.4.2.1.4. Calendrier des équipes PHASE D EXPLORATION Équipe Paris Charenton Étampes préparation RIMce/conférenciers préparation - RIMce/conférenciers/enseignants préparation 3 repérage RIMce au lycée séance croisée visite Ircam/CGP Intermède enregistrement au lycée séance croisée approches du vocabulaire préparation réunion de coordination RIM/conférenciers/enseignants 5-sept 5-sept 5-sept 19-sept 19-sept 19-sept 1-oct 25-sep 25-sep 8-oct 4-oct 5-oct 12-nov hors parcours 13-nov 19-nov 14-fév 23-nov 19-sept hors parcours 11-déc PHASE DE MISE EN ŒUVRE équipe Paris Charenton Étampes séance croisée articulation 10-déc 18-fév 1-fév intermède rencontre artiste 9-jan hors parcours hors parcours intermède concert 18 fév 20h 18 fév 20h 18 fév 20h séance croisée création 14-jan 21-fév 22-fév séance croisée préparation de la restitution semaine du 17 mars séance croisée restitution au Musée 25-mars 25-mars 25-mars 3.4.2.1.5. Partenaires Ce projet a bénéficié du soutien logistique et financier des partenaires suivants : Fondation Jean-Luc Lagardère ; Délégation au développement et aux affaires internationales de la DMDTS (ministère de la Culture) ; Rectorats et Délégations Académiques à l Action Culturelle de Paris, Versailles et Créteil. 3.4.2.1.6. Perspectives Suite à la réussite du dispositif, les Ateliers seront reconduits avec deux classes pour l année scolaire 2008/2009. Durant cette deuxième année sur le terrain, l accent sera mis sur la documentation systématique du projet, notamment à travers la réalisation d un documentaire vidéo, mais aussi par une documentation du projet par ses acteurs mêmes (lycéens, enseignants, conférenciers, RIMce). Cette mémoire du projet prend forme sur le blog des Ateliers de la Création : http://www.ateliers-creation.centrepompidou.fr/. Une troisième année sera consacrée à la valorisation et à la diffusion de l expérience dans la communauté éducative, à travers la construction d un outil multimédia destiné aux équipes de l Éducation nationale (méthodologie, montage et conduite, didactique de l'art et des pratiques artistiques, récits, analyses, outils numériques). IRCAM 207

PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE RAPPORT DÉTAILLÉ 3.4.2.2. Parcours découverte 3.4.2.2.1. Les ateliers scolaires en 2008 Les machineries parlantes de Georges Aperghis Public : collèges Nombre de parcours : 5 Nombre d élèves : 92 Ce parcours proposait aux participants de plonger au cœur des Machinations de Georges Aperghis, en utilisant des procédés musicaux et littéraires sous la forme de jeux vocaux, en interaction avec l'ordinateur. Du naturel au synthétique : la voix décryptée par la science Public : lycées d'enseignement général Nombre de parcours : 5 Nombre d élèves : 91 Ce parcours a permis aux élèves de découvrir le fonctionnement de la voix parlée et chantée, à partir d'expérimentations scientifiques et de traitements informatiques donnant naissance à de surprenants hybrides. Métamorphoses de la voix Public : lycées d'enseignement général, option musique, classes de culture musicale des écoles de musique. Nombre de parcours : 2 Nombre d élèves : 24 Ce parcours en deux étapes avait pour objectif de créer une lecture d'un texte contemporain, enrichie avec les moyens de l'informatique musicale. Il proposait aux élèves un travail d'interprétation, d'invention et de production sonore, accompagné par un comédien. Instrument réel/instrument virtuel Public : collèges (à partir de la 4 e ) et lycées d enseignement général Nombre de parcours : 2 Nombre d élèves : 32 Un atelier de lutherie virtuelle pour découvrir la richesse acoustique d objets simples (tubes, plaques ou cordes) et imaginer son propre instrument. Autres ateliers Sur la demande d un intervenant pédagogique à l Orchestre national de Lille, une classe en projet avec Yann Robin a pu assister à un enregistrement commenté depuis la cabine de régie de l Espace de projection. Nombre de parcours sur mesure : 1 Nombre d élèves : 30 208 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ PÉDAGOGIE ET ACTION CULTURELLE ACTION CULTURELLE 3.4.2.2.2. Tableau récapitulatif des parcours découverte de l année 2008 date parcours établissement ville section concert Nb 10/01/08 Aperghis adapté Lycée Clémenceau 34060 Montpellier Terminale technique 12/01/08 - Mots reflets - Centre Pompidou 14 29/01/08 Aperghis adapté Les Francas 75020 Paris Animateurs non réservé 12 4/02/08 Métamorphoses Conservatoire de Cognac 12/02/08 Aperghis Collège Paul Valéry (EIC) 14/02/08 Aperghis Collège Paul Valéry (EIC) 4/03/08 Sur mesure Classe en projet avec l ONL 20/03/08 Aperghis Collège Saint Joseph 16100 Cognac Terminale option musique non réservé 12 75012 Paris 6e concert indépendant (EIC) 75012 Paris 5e concert indépendant (EIC) 59000 Lille 3e concert indépendant (ONL) 35470 Bain de Bretagne 3e non réservé 7 29 30 30 28/03/08 Sciences Cité scolaire Bouchardin 52903 Chaumont 2 nde 1 re et Terminale non réservé 22 2/04/08 Sciences Lycée Courbet 90000 Belfort 2/04/08 Sciences Lycée du Sacrécœur 22003 Saint Brieuc Lycéenne option musique 2 nde et 1 re BT métiers de la musique 4/04/08 Sciences Lycée Racine 75008 Paris lycéens option musique 29/04/08 Métamorphoses Lycée Pasteur 59000 Lille lycéens option musique 19/05/08 Sciences Lycée Hugues Capet Concert indépendant (Radio France) 10 non réservé 23 07/04/08 - Poursuite II - Bouffes du Nord 12 non réservé 12 60300 Senlis 2 nde concert indépendant 24 10/10/08 Réel/Virtuel Lycée de l'assomption 75116 Paris Terminale option musique 22/10/08 - Carnet d'études - Ircam 17/11/08 Réel/Virtuel lycée Victor Duruy 75007 Paris Terminale option histoire des arts 13/11/08 - Quatuor I - Démanché - Ircam 269 élèves ont été accueillis à l Ircam en 2008 dans le cadre d un parcours découverte. 12 20 IRCAM 209

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LA RECHERCHE MUSICALE 4. MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION Directeur : Andrew Gerzso L objectif de ce département est de mettre en place des voies de médiation entre la recherche scientifique et la création musicale à l intérieur de l institut et avec les partenaires de l Ircam à l extérieur. Ces voies s articulent principalement autour de quatre activités : la recherche musicale, la diffusion des technologies musicales à travers le Forum, un projet documentaire tripartite, l organisation des manifestations et, enfin, le pilotage des projets menés avec des partenaires extérieurs. Le département gère aussi un système de ventes pour la billetterie pour tous les événements de l institut, ainsi que la vente des produits d édition (livres, disques) et technologiques (logiciels, échantillons sonores). Fidèle à l esprit de sa mission, le département collabore régulièrement avec les départements de la Pédagogie et de l'action culturelle, de la Recherche scientifique et de la Production. Globalement, l année 2008 aura été marquée par l aboutissement d un certain nombre de réformes et projets initiés déjà en 2007 : la refonte du Forum, la mise en place d un système de documentation technique et musicale, le renforcement de la recherche musicale, la rationalisation de la chaîne de gestion de ventes et, enfin, la première phase réussie du projet européen CO-ME-DI-A coordonnée par le département. 4.1. LA RECHERCHEMUSICALE La mission de l Ircam est d explorer les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour la création musicale en créant par la même occasion le vocabulaire et les concepts correspondants. Pour cela, il est nécessaire de créer un cadre d expérimentation dans lequel les compositeurs motivés par leurs idées musicales puissent engager un dialogue productif avec les équipes de recherche scientifique. Cette activité est la recherche musicale à l Ircam. Afin d éviter une dispersion trop grande, les travaux sont organisés autour d un certain nombre de thèmes qui traduisent une préoccupation permanente de la part des compositeurs avec certaines problématiques. Ainsi, les travaux s orientent vers le suivi de partition, la spatialisation, la synthèse par modèles physiques, la modélisation du geste musical, l'orchestration, l'analyse et synthèse de la voix et la synthèse sonore. Le plus souvent, ces travaux sont une étape vers une production musicale ultérieure ; parfois ils sont concrétisés dans d une étude musicale. Les compositeurs suivants ont entrepris des travaux de recherche musicale en 2008 : Florence Baschet (suivi et captation de geste) : travaux sur la reconnaissance des modes de jeux du violon (déjà initiés en 06 et 07) et élargie à tous les instruments d un quatuor à cordes. Cette recherche a donné lieu à la création de StreicherKreis (2007-2008), pièce pour quatuor à cordes «augmenté» et dispositif électroacoustique «live» crée le 13 novembre 2008 à l'ircam. Luis Naon (synthèse par modèles physiques) : travaux qui ont eu pour objet d explorer la comparaison entre un instrument réel et un modèle en synthèse par modèles physiques afin d examiner la relation musicale qui peut exister entre les deux domaines réel et synthétique. Cette recherche a donné lieu à la création des études «Caprices 5 et 6» pour percussion le 22 octobre 2008 à l Ircam. Hans-Peter Stubbe (synthèse par modèles physiques) : travaux qui ont eu pour objet d explorer la synthèse par modèles physiques utilisant le logiciel Modalys (et les logiciels IRCAM 211

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LA RECHERCHE MUSICALE RAPPORT DÉTAILLÉ associés) pour étudier particulièrement la modélisation des sons multiphoniques en prenant la clarinette basse comme modèle. Ces travaux serviront pour la création d une étude pour clarinette basse et électronique, en automne 2009. Vassos Nicolaou (suivi de partition) : travaux autour du vibraphone qui ont permis d élargir le vocabulaire musical notamment polyphonique du système de reconnaissance de partition à partir d un signal purement audio. Ces travaux serviront pour la création d une étude le 17 juin 2009, dans le cadre du festival Agora. Georgia Spiropoulos [analyse et synthèse de la voix] : sorte de prolongation du projet précèdent «Klama». Ces travaux ont eu pour but la création de masques sonores (sous forme de filtres) qui pourront être ensuite appliqués à la voix en temps réel. La première phase de travaux était fixée pour la fin janvier 2009. Marco Stroppa [synthèse sonore] : Ces travaux sont focalisés sur la synthèse «pure», c està-dire à partir de modèles abstraits à la différence de la plupart des travaux à l Ircam qui prennent comme point de départ soit l instrument réel (par l analyse et re-synthèse ou transformation), soit la forme de modèles physiques. Ces travaux sont organisés autour de l outil OMChroma (créé par le compositeur). Le 30 mai 2008, la politique de l Ircam a été présentée au conseil d administration. Parmi les directions prioritaires figurait, en première place, le renouvellement des paradigmes intériorisés à l Ircam, autour desquels s accordent la recherche scientifique et la production artistique. La mise en œuvre de cette stratégie nécessitait une réflexion commune sur la notion même de recherche musicale, qui fonde l institut. Les discussions menées au sein du département de la Recherche concernant son plan quadriennal étaient une autre motivation pour cette réflexion qui a été ouverte à partir de l été 2008. Synthétisée par le directeur des Médiations Recherche/Création, elle réunissait les contributions des directions de la Recherche, de la Création et de la Pédagogie. Ce document de travail intitulé «Recherche musicale : champs et fonctionnement» pose un double regard sur la recherche musicale. Un regard historique sur ce qui caractérise et singularise l Ircam ; un regard prospectif sur les limitations des champs parcourus et sur la nécessité de les outrepasser par l écriture de l informatique musicale. Proposé à la discussion à l automne, notamment au cours des matinées de la prospective, ce document était destiné à nourrir les perspectives de la recherche scientifique, à s incarner dans le programme des compositeurs en recherche et à stimuler les grands chantiers de la création. À partir de septembre 2008, le département dispose d un coordinateur de la recherche musicale afin de créer une synergie plus productive avec les secteurs de la création (à travers les RIM et RIMce) et la recherche scientifique. 212 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LE FORUM 4.2. LE FORUM En 2008, le Forum a achevé une série des réformes initiées fin novembre 2007 avec le passage vers la nouvelle organisation de l offre en quatre bouquets : studio, recherche libre et pédagogie la mise en place de ce dernier étant tributaire de la signature de la convention avec le ministère de l Éducation nationale (voir Musique Lab ci-dessous pour plus de précisions concernant l offre et le calendrier de mise en place de ce bouquet). Le site Forumnet a été refait entièrement, avec notamment une lisibilité plus aisée des informations concernant les logiciels. La distribution des logiciels se fait désormais par téléchargement uniquement. Le paiement se fait également en ligne utilisant Paybox intégré dans la boutique en ligne de la maison (ce qui a été à l origine de la refonte de la base contacts actuellement en cours (voir ci-dessous La Billetterie et les éditions). Le système de documentation des logiciels propose désormais quatre formes de consultation : en ligne, sur pages html autonomes, au format PDF, et intégré au logiciel lorsqu'il s agit de la partie référence. Les licences pour logiciels libres et payants ont été mises à jour. Fin 2008, le Forum comptait 503 membres repartis en 338 individus (67 %) et 165 organismes (33 %). Si on compte cinq utilisateurs par abonnement organisme, il en résulte une population d utilisateurs de 1 163 environ. Pour les individus, la répartition des bouquets payants (studio et recherche) est la suivante : pass 61 %, studio 26 % et recherche 13 %. (À noter dans l organisation précédente du Forum, 50 % des individus prenaient le pass, donc une augmentation de 11 %.) Pour les organismes, la répartition des bouquets est la suivante : pass 90 %, studio 7 % et recherche 3 %. (À noter dans l organisation précédente du Forum, 88 % des organismes prenaient le pass, donc une augmentation de 2 %). La répartition par activité des membres était la suivante : composition 39 % (en hausse de 23 %), enseignement 23 %, recherche 14 %, design sonore 11 %, installations sonores 8 %, postproduction 3 % et diverses activités 2 %. La répartition géographique : France 36 %, Europe (hors France) 44 %, USA et Canada 11 %, Asie 7 % et Amérique Latine 1 %. En 2008 le nombre de renouvellements était en hausse de 7 % augmentant ainsi le nombre d utilisateurs de 10 %. En revanche le taux de nouvelles inscriptions a baissé de 12 %. Ceci s explique par des facteurs technologiques conjoncturels : passage de Mac PPC à Intel pour OpenMusic, sortie de la nouvelle version Max 5 et l incertitude quant à la signature avec le ministère de l'éducation nationale concernant l offre pédagogique, d où un certain attentisme de la part des membres potentiels. 4.2.1. LA STRUCTURE DE L OFFRE Le modèle actuel de bouquets est défini selon le type de population d utilisateurs. Ainsi, le Forum s adresse à quatre populations différentes : Forum Studio : Ce bouquet s adresse à des professionnels de la musique attirés par l intérêt que représentent les logiciels de l Ircam pour leurs travaux et pour un usage intense et pratique dans leur travail de production musicale. Les logiciels suivants ont été proposés dans ce groupe : AudioSculpt, Spatialisateur et Najo Max Interface. Forum Recherche : Ce bouquet offre une panoplie riche d outils qui permette une large latitude d exploration et d expérimentation. Les logiciels suivants sont proposés dans ce groupe : OpenMusic, SuperVP, PM2, Diphone, OMax, Ies librairies temps réel (Analyse, Répertoire, Suivi, Transformation, Modèles Physiques) et Modalys. Forum Pédagogie : Ce bouquet s adresse au monde de l enseignement aussi bien général que spécialisé. Suite à la signature de la nouvelle convention avec le ministère de l'éducation nationale, les logiciels suivants seront proposés à partir de septembre 2009 : ML1 et ML2 «Maquette». IRCAM 213

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LE FORUM RAPPORT DÉTAILLÉ Forum Libre : Ce bouquet est couvert par la licence LGPL qui s'applique souvent aux bibliothèques et qui permet de lier un programme tiers non GPL à une bibliothèque LGPL. Il s agit de proposer des librairies qui viennent en appui des logiciels plus applicatifs. Les logiciels proposés sont : FTM & CO (incluant Gabor et MnM), Ejies et Catart. 4.2.2. LES ATELIERS DU FORUM En 2008 le Forum a organisé deux ateliers : Ceux du 11 au 13 juin ont attiré 101 participants. Ces ateliers comportaient une série de conférences sur les actualités, les produits commerciaux (MESI, Notion, Wallender, Cycling74), l utilisation des réseaux à haut débit dans la création musicale, la création musicale (Le Talec, Cera, Lindborg), l utilisation des logiciels par les membres. Cinq séances de travaux pratiques (limités à 22 participants chacune) ont été également organisées : Max 5 (2 séances), Eobody 2, OMax et Najo Max Interface. Ceux du 12 au 14 novembre ont attiré 86 participants. Ces ateliers comportaient une série de conférences sur les actualités, les produits commerciaux (Univers-sons, SAE, Yamaha, Akoustic Arts, MXP4), l utilisation des réseaux à haut débit dans les ensembles constitués d ordinateurs portables, la création musicale (Baschet, Bedrossian), l utilisation des logiciels par les membres. Cinq séances de travaux pratiques (limités à 22 participants chacune) ont été également organisées : Max 5, AudioSculpt, Catart, FTM & Co, OpenMusic. 4.2.3. DOCUMENTATION DES LOGICIELS L année 2008 a été l occasion de généraliser l usage de l outil Dokiel Ircam. Plusieurs documentations se sont ajoutées à celle d Audiosculpt : exemples sonores pour AudioSculpt en anglais et français, Najo Max Interface, Spatialisateur et la première moitié de la documentation en anglais de OpenMusic 6. Au cours de l année 2008 de nouvelles versions de Dokiel Ircam ont été régulièrement mises en place, corrigeant les «bogues» des premières éditions, améliorant ainsi l ergonomie de la partie auteur et utilisateur, et apportant de nouvelles fonctionnalités demandées par les auteurs des différentes documentations. Fin 2008, un contrat a été passé auprès de la société Kelis afin de développer un moteur de recherche ainsi qu un traducteur vers des versions PDF plus satisfaisant. 214 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LE PROJET DOCUMENTAIRE 4.3. LE PROJET DOCUMENTAIRE Ce projet est motivé par le souhait de rendre disponible des informations à jour concernant les compositeurs de musique contemporaine ainsi que des présentations et analyses de certaines œuvres créées à l Ircam avec les technologies et informations nécessaires pour l exécution de ces œuvres. Ce projet est constitué de trois entités indépendantes, complémentaires et interconnectées : les bases de données documentaires Brahms, Sidney (ex-mustica) et Répertoire Ircam. Les priorités fixées pour la réalisation de ces projets sont 1) Brahms, 2) Sidney et 3) Répertoire Ircam. 4.3.1. BRAHMS 4.3.1.1. Développement L année 2008 a vu la mise en ligne de la version 2 de la Base Brahms comportant une structure des données plus cohérente et plus stable, ainsi qu'une optimisation de l interface d'administration de la base. Basée sur le «framework» de développement web Django, elle intègre notamment : la possibilité de travail en multi-administrateurs hiérarchisés ; une administration entièrement nouvelle des nomenclatures détaillées, plus ergonomique ; une meilleure ergonomie générale de l administration permettant un gain de productivité d environ 25 % ; la possibilité de dupliquer des modèles de nomenclature de pièces types ; la possibilité de dupliquer des modèles de nomenclatures standards (type quatuor, orchestre etc.) ; un éditeur textuel conservant les styles ; un éditeur textuel permettant de faire des liens permanents et actualisés entre les différentes ressources de la base ; un éditeur photo, son, vidéo ; un protocole de communication OAI avec le Portail de la MC basé sur le format MODS ; potentiellement, la possibilité de développer des services client personnalisés, des flux RSS etc. Pour l utilisateur, cette version 2 comporte quelques nouveautés : nouveau moteur d'interrogation à partir de l effectif détaillé, très simple et intuitif pour les professionnels ; une fonction de localisation de partitions et d'écoute en ligne d extraits sonores des archives des partenaires participant au projet de Portail de la musique contemporaine ; une galerie photo. Un système de suivi de version de développement et de rapport de bogue et améliorations a été mis en place. Cela permet de concentrer les phases de développement. D autre part, l évolution du Framework Django a été suivie, ce qui permet à Brahms de bénéficier des dernières améliorations de ce système, tant du point de vue de l ergonomie des interfaces (utilisateur et administrateur) que de l efficacité, de la stabilité et de la robustesse du système. 4.3.1.2. Mises à jour Les objectifs de mise à jour 2008 étaient de 200 dossiers, 5000 fiches œuvres, 30 parcours à se partager avec le Centre de Documentation de la Musique Contemporaine dans le cadre d'un partenariat en discussion entre octobre 2007 et mars 2008. Malgré la convergence d'intérêt des IRCAM 215

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LE PROJET DOCUMENTAIRE RAPPORT DÉTAILLÉ deux institutions pour ce rapprochement, et la levée de tout obstacle technique, le Conseil d'administration du CDMC (Centre de documentation de la musique contemporaine) n'a pas souhaité s'engager dans ce partenariat. Suite à cet échec, les objectifs ont été réduits de moitié. 4.3.2. RÉALISÉS : 62 dossiers sur 100 prévus (62 %) [total 2007-2008 = 102 dossiers], 4 239 fiches œuvres pour 2 500 prévues (169 %) - [total 2007-2008 = 7 067 fiches], 19 parcours pour 15 prévus (127 %) [total 2007-2008 = 41 parcours]. Deux raisons pour expliquer ces résultats contrastés : Les objectifs de départ sous-estimaient grandement le nombre d œuvres par compositeur. Le nombre de dossiers traités est donc inférieur aux prévisions quand le nombre de fiches œuvre effectivement créé les dépasse largement (169 %). Ce rendement exceptionnel, dû pour partie au gain de productivité (nouvelle administration) et pour partie à l affectation de ressources supplémentaire (1/10 e de temps), ne permet toutefois pas de rattraper l objectif de départ établi avec l hypothèse d un partage des tâches avec le CDMC. 62 dossiers de compositeurs/4 239 fiches œuvre/19 parcours (indiqué par *) Adámek Ondrej Adès Thomas Alvarez Javier Amaral Pedro Baba Noriko Baschet Florence Benjamin George * Britten Benjamin * Carter Elliott * Cendo Raphaël Cera Andrea Chin Unsuk D'Adamo Daniel Dayer Xavier De Mey Thierry Donatoni Franco * Dufourt Hugues * Eckardt Jason Eötvös Peter Fedele Ivan Feldman Morton * Ferneyhough Brian * Filidei Francesco Florentz Jean-Louis Franceschini Matteo Fujikura Dai Haas Georg-Friedrich Henry Pierre * Hermann Arnulf Hervé Jean-Luc Höller York Hurel Philippe * Lachenmann Helmut * Lang Bernhard Lenot Jacques Jodlowski Pierre Kagel Mauricio * Kurtág György Leroux Philippe Ligeti György Mantovani Bruno Marcland Patrick Matalon Martin Mundry Isabel Murail Tristan * Naón Luis Nicolaou Vassos Pagliei Lorenzo Reich Steve * Rihm Wolfgang * Risset Jean-Claude * Pauset Brice * Pesson Gérard * Poppe Enno Rivas Roque Rivas Sebastian Robin Yann Romitelli Fausto Saariaho Kaija * Saunders Rebecca Stroppa Marco * Suárez-Cifuentes 4.3.3. MUSTICA/SIDNEY Devant les problèmes soulevés régulièrement sur l utilisation de Mustica comme outil de documentation technique des œuvres créées à l Ircam, une approche plus opérationnelle a été prise. Une première phase d analyse des besoins réels a permis de spécifier les avancées nécessaires du système. Rappelons que l actuel système Mustica possède deux problèmes majeurs : télé-déversement de fichier très difficile, impossibilité de dupliquer des versions. À cela viennent s ajouter de nombreuses questions ergonomiques et une modélisation de la documentation technique d une pièce trop complexe. L usage de Mustica a donc été très détourné de son orientation initiale, et les stratégies d ajout d œuvres sur le système sont nombreuses et variées ; depuis un renseignement méthodique des pièces dans l interface (avec la possibilité à chaque instant de perdre ses données), en passant par l ajout de documents PDF attachés à une version «vide», jusqu au court-circuitage du système pour déposer des documents word sur le serveur. L année 2008 a été l occasion de revoir le modèle Mustica et de faire le début des procédures de transfert des données vers un nouveau système : Sidney. 216 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LE PROJET DOCUMENTAIRE Ce système a été conçu avec les réalisateurs en informatique musicale. Il s appuie sur des données issues de Brahms. Ainsi, il n est plus nécessaire de rentrer dans Sidney les effectifs détaillés et toutes les informations qui étaient redondantes entre les deux systèmes. L interface a été simplifiée pour n avoir plus qu une seule page de saisie pour une version d une oeuvre. Pendant cette période, l outil MustiCaspar développé par l équipe Service En Ligne a été étudié dans le cadre du projet Caspar et les outils d analyse automatique que ce système propose. Le développement de Sidney a anticipé les communications futures avec ces outils d analyse automatique. 4.3.4. RÉPERTOIRE IRCAM Le Répertoire Ircam sera, à terme, une base de données en ligne d analyse d environ 70 œuvres créées à l Ircam et considérées comme exemplaires de la culture de l institut. C est un sousensemble des œuvres contenues dans Mustica. Chaque analyse sera structurée en trois parties : 1) description générale de l œuvre, 2) analyse des extraits de l œuvre avec mise en relation de l idée musicale et l écriture électronique, 3) liste de ressources spécifiques (type de problème musical abordé, les technologies utilisées, œuvres abordant le même type de problématique) et générales (biographique, historique, technique). La production d analyses en 2008 a été suspendue de mieux gérer les ressources limitées de développement (déjà très mobilisés sur Brahms et Sidney) et de bénéficier du travail accompli sur Dokiel dans le cadre des documentations pour le Forum (voir Forum ci-dessus). Dokiel permettra à partir de 2009 de répondre aux besoins du projet Répertoire. IRCAM 217

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LA PROGRAMMATION DES ÉVÉNEMENTS RAPPORT DÉTAILLÉ 4.4. LA PROGRAMMATION DES ÉVÉNEMENTS 4.4.1. SALONS Afin de présenter ses travaux, prendre contact avec les acteurs principaux de l industrie musicale, et se tenir au courant des évolutions de cette industrie, le département Médiations participe à un certain nombre de manifestations touchant les domaines de la recherche scientifique et musicale en France et à l étranger. En 2008, l Ircam a été présent dans les salons MusikMesse (en Allemagne, 12-15 mars), Salon de la Musique et du son à Paris (12-15 septembre), ICMC (International Computer Music Conference, Belfast 24-29 août). 4.4.2. SÉMINAIRES En 2008, l'ircam a continué à tenir son Séminaire recherche-création, organisé par le département Médiations. Destiné à la communauté de la recherche musicale de l'ircam, ce séminaire propose, chaque saison, plusieurs séances d'une durée d'une heure. L'objectif des présentations est d'offrir une passerelle entre les compositeurs, les chercheurs et les réalisateurs en informatique musicale, afin de maintenir un dialogue et de mettre à profit les expériences et réalisations réciproques, sous forme de présentation d'une œuvre récemment créée suivie d'un moment d'échange avec l'auditoire. Chaque séminaire donne donc lieu à la présentation d'une œuvre en cours de création ou récemment créée par son compositeur, avec le réalisateur en informatique musicale ayant travaillé à sa production. Le Séminaire recherche-création est inscrit au programme des formations Atiam et Cursus 1 et 2 de l'ircam. Il est également ouvert, sur inscription, aux personnes de l'extérieur intéressées par ces présentations. En 2008 les séminaires suivants ont eu lieu : 14 janvier 2008 Luis Naon, compositeur, a présenté avec Manuel Poletti, réalisateur en informatique musicale, Caprices 1 et 2, deux pièces pour violon et électronique ; Caprices 3 et 4, deux pièces pour clarinette basse et électronique. (création le 14 juin 2007, Ircam, Festival Agora). 18 février 2008 Panayiotis Kokoras, compositeur, a présenté avec Olivier Pasquet, réalisateur en informatique musicale Morphallaxis, pièce pour flûte amplifiée, tambour violoncelle, électronique (création le 27 mars 2008 au musée d'orsay). 17 mars 2008 Georges Aperghis, compositeur, a présenté avec Sébastien Roux, réalisateur en informatique musicale, Dans le Mur, pièce pour piano et électronique (création mondiale le 27 mars 2008, musée d Orsay). 13 octobre 08 Yann Robin, compositeur, a présenté Art of Metal III, pièce pour clarinette contrebasse métal, 18 instruments et dispositif électronique en temps réel. Commande Ircam Cursus 2 (création le 7 juin 2008, Centre Pompidou, Festival Agora 2008). 17 novembre 08 Lorenzo Pagliei, compositeur, a présenté avec Jean Lochard, réalisateur en informatique musicale L Apparente, pièce pour 1 percussionniste/mime, 2 percussionnistes d'objets, violoncelle, trompette et dispositif électronique en temps réel. Commande Ircam, projet Cursus 2 (création 22 octobre 2008, Paris, Ircam, Espace de Projection). 15 décembre 08 Florence Baschet, compositrice a présenté avec Serge Lemouton, réalisateur en informatique musicale StreicherKreis (2007-2008), pièce pour quatuor à 218 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LA PROGRAMMATION DES ÉVÉNEMENTS cordes «augmenté» et dispositif électroacoustique live (créée le 13 novembre 2008 à l'ircam). En 2008, il y a eu donc 6 présentations totalisant 223 entrées au Studio 5 de l'ircam (dont la jauge maximum est de 50 places). 4.4.3. COLLOQUES Les départements des Médiations et de la Recherche ont, en collaboration, organisé un colloque dans le cadre du festival Agora 2008 : 4.4.3.1. 17 au 17 juin : Colloque «Expressivité dans la musique et la parole» Argument : L analyse de l expressivité dans la parole et dans la performance musicale représente deux champs de recherche scientifique émergents et fortement pluridisciplinaires. Le récent parallélisme de ces recherches sur le rôle de la prosodie (verbale et/ou instrumentale) dans l expressivité fait naître de nouvelles questions à la frontière des deux médiums. Ces questions sont sans cesse posées, de manière plus ou moins directe, par une communauté artistique qui «manipule», depuis longtemps, le geste expressif. Afin de réunir les nombreux acteurs de ces domaines artistiques et scientifiques, cette conférence est axée sur deux questions majeures : comment définir les expressivités communes à la parole et à la musique (quel champ sémantique, catégorisation)? Quels sont les éléments acoustiques communs à la musique et à la parole qui permettent la description de ces expressivités? Ce colloque faisait partie intégrante du cycle «Expressivity in Music and Speech» (Emus) qui a lieu à Lyon, Paris et Campinas (Brésil) et a accueilli 65 personnes en moyenne aux présentations qui se sont tenues en salle Igor-Stravinsky à l'ircam le 17 et 18 juin, et 103 personnes pour la soirée «Rencontre avec la machinerie vocale», dans la Petite salle du Centre Pompidou le 18 juin. Intervenants pour les conférences du colloque Ircam, salle Igor-Stravinsky Artistes : Marcel Bozonnet (acteur, metteur en scène), Evdokija Danajloska (compositrice et interprète), Stefano Gervasoni (compositeur), Jonathan Harvey (compositeur), Marco Stroppa (compositeur). Scientifiques : Grégory Beller et Nicolas Obin (équipe Analyse-synthèse de l Ircam), des sons), Bruno Bossis (OMF-université de Paris-4, Sorbonne), Roberto Bresin (KTH - Royal Institute of Technology, Suède), Christophe d'alessandro (LIMSI, CNRS, Paris, France), Patrik N. Juslin (université d Uppsala, Suède), Klaus R. Scherer (université de Genève, «Émotion Research Group»), Jacqueline Vaissière (phonétique, université de Paris-3/CNRS). Intervenants pour la soirée Grand public "Rencontre avec la machinerie vocale" Centre Pompidou, Petite salle Artistes : Georges Aperghis (compositeur), Stefano Gervasoni (compositeur), Jonathan Harvey (compositeur). Scientifiques : Xavier Rodet (équipe Analyse-synthèse de l Ircam). Conférence poster (Ircam, niveau -2) IRCAM 219

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LA PROGRAMMATION DES ÉVÉNEMENTS RAPPORT DÉTAILLÉ Plusieurs scientifiques ont exposé leurs travaux sous forme de posters affichés et libres d'accès pendant la durée du colloque. Certains auteurs étant présents pour apporter des commentaires aux visiteurs. 4.4.4. STAGES 14-16 juin : Stage Max/Msp pour développeurs Dans la foulée des ateliers du Forum de juin, ce stage réservé aux informaticiens confirmés a abordé le développement des objets Max/MSP, Jitter et FTM en Javascript, C, et C++. Intervenants Ircam : Emmanuel Jourdan. Intervenants Cycling74 : Jeremy Bernstein, David Zicarrelli. Fréquentation : 21 stagiaires dont 11 payants. 220 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LES PROJETS AVEC DESPARTENAIRES EXTÉRIEURS 4.5. LES PROJETS AVEC DES PARTENAIRES EXTÉRIEURS 4.5.1. COLLABORATION AVEC LA SOCIÉTÉ CYCLING74 Bien que l Ircam soit à l origine de Max/MSP (création du logiciel Patcher par Miller Puckette) et que l institut continue aujourd'hui à recevoir des royalties liées aux ventes, les liens relatifs au développement, à proprement parler, se sont distendus depuis quelques années entre l institut et Cycling74. Constatant que la grande majorité des créations faites à l Ircam se base sur Max/MSP d une part, et que les travaux récents sur FTM (une librairie Max) font de la mutualisation des efforts de développement une priorité, le département des Médiations recherche/création a entrepris de renouer le dialogue avec Cyling74 autour d une collaboration plus étroite lors du stage Max/MSP pour développeurs mentionné ci-dessus. Depuis, l Ircam et Cycling74 se sont engagés à travailler ensemble sur les questions suivantes : création des structures de données dans Max afin de pouvoir créer des applications plus sophistiquées, création d une version modulaire de SuperVP, algorithmes de synchronisation et multi-tâches, assistance sur le développement des éditeurs FTM dans Max 5. 4.5.2. LE PROJET EUROPÉEN CO-ME-DI-A Depuis novembre 2007, l Ircam, par l intermédiaire du département Médiations recherche/création, est devenu coordinateur du projet Européen CO-ME-DI-A (COoperation and MEdiation in DIgital Arts) destiné à l utilisation des réseaux à haut débit dans le cadre des activités culturelles. Son champ d application touche : la recherche musicale (pour les créations multi-site), le Forum (pour la diffusion des ateliers interactifs), la pédagogie (pour la formation à distance interactive), et enfin les événements (pour la transmission des colloques et conférences). Ce projet, d une durée de trois ans, se fera en collaboration avec six pays et bénéficie d un soutien de Renater. Les sept partenaires du projet sont : IRCAM (F) - Institut de recherche et coordination acoustique musique, Paris, France ; KUG/IEM (A) - University of Music and Dramatic Arts Graz, Autriche ; CIANT (CZ) - Center for Art and New Technologies, Prague, République Tchéque ; HFMT (DE) - Hochschule für Musik und Theater, Hambourg, Allemagne ; HCMF (HU) - Hungarian Computer Music Foundation, Budapest, Hongrie ; UGDIST (IT) - Università degli Studi di Genova, Italie ; SARC (UK) - Queen's University, Belfast, Royaume Uni. En 2008, les partenaires ont d abord défini un ensemble de cas d usage («use cases») sur lesquels baser les activités : conférences à distance, œuvres interactives (incluant la captation du geste et la détection du mouvement, la spatialisation, ensembles de robots musicaux. Un ensemble de technologies a été identifié pour l implémentation de ces activités : DVTS, Access Grid, Ethersound, Jack Sound (de CCRMA Stanford), EyesWeb (d UGDIST à Gênes). Les partenaires ont collaboré sur les réalisations suivantes : IRCAM : «streaming» des conférences sur les reseaux à haut débit dans le cadre des ateliers du Forum, réalisation de l œuvre They are here d Andrea Cera dans le cadre de l ouverture du studio CENTQUATRE à Paris et en collaboration avec le partenaire UGDIST ; IEM : organisation des séances de travail sur l utilisation d un format audio de spatialisation en Ambisonics transmissible par Internet ; CIANT : collaboration sur la mise en place des outils Access Grid ; HFMT : organisation du festival Contemptronix en novembre 2008 dans laquelle des outils de composition en réseau (Quintet.net) ont été utilisés pour des créations ; HCMF : organisation du festival Making New Waves à Budapest dans laquelle plusieurs œuvres faisant appel à des «laptop orchestras» (orchestres avec ordinateurs portables) IRCAM 221

MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION LES PROJETS AVEC DES PARTENAIRES EXTÉRIEURS RAPPORT DÉTAILLÉ reliés en réseau, première phase du projet Provokalia Choirs (projet animé par le chanteur David Moss) qui consiste à mettre trois chœurs en interaction à travers un réseau ; UGDIST : organisation du colloque NIME à Gênes à l intérieur de laquelle l œuvre en réseau Lo specchio confuso dall ombra de Roberto Girolin a été créée ; SARC : organisation d un panel de discussion sur l utilisation de réseaux à haut débit dans le cadre de l ICMC 2008 à Belfast ainsi que d une œuvre Telemorphosis reliant Stanford, Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) et SARC ; plusieurs exécutions de l œuvre Disparate Bodies 2 et 3 sur trois lieux Hambourg, Belfast et Graz. 4.5.3. LE PROJET MUSIQUE LAB Après six mois de discussions, une nouvelle convention pluriannuelle de trois ans a été signée en septembre 2008 avec le ministère de l Éducation nationale. Cette convention définit les objectifs suivants : le premier objectif, permanent, vise l accompagnement des écoles et établissements scolaires pour faciliter des usages efficaces, productifs et créatifs de ces nouveaux outils ; le second objectif vise le bon fonctionnement technique des logiciels Musique Lab (1 et 2). Il s appuie sur les demandes des utilisateurs et sur les adaptations indispensables des logiciels aux évolutions technologiques. Les priorités affichées pour la première année d activité sont les suivantes : portage des Musique Lab 1 sous Mac OS X et Windows XP/Vista ; finalisation et portage de Musique Lab 2 «Maquette» sous Mac OS X et Windows XP/Vista ; production de supports pédagogiques utilisant les deux logiciels pour faciliter leur prise en main par la communauté éducative ; mise en œuvre d un espace numérique pour le téléchargement, l information et l échange de supports pédagogiques. Le dernier trimestre 2008 a été consacré à : l organisation des équipes du projet (correspondant ministère de l'éducation nationale, correspondant Ircam, cellule de coordination, recrutement des développeurs) ; l évaluation précise de l état actuel des logiciels (rédaction de cahier des charges) ; la définition et au lancement du travail pédagogique entre les deux correspondants des deux institutions (recensement des supports existants, programme d élaboration de supports pédagogiques, organisation d un groupe experts de professeurs). La première phase du projet aboutira en septembre 2009 avec la diffusion sur un site dédié, des logiciels ML1 et ML2 «Maquette», accompagnés de tous les supports nécessaires (faq, documentation, prise en main) auprès de l ensemble de la communauté éducative du ministère de l'éducation nationale. Fin 2008, après avoir obtenu la signature de la convention, le département Médiations recherche/création a passé la gestion de ce projet, à cause du caractère pédagogique, au département Pédagogie et action culturelle. 222 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS ADMINISTRATION DES VENTES 4.6. ADMINISTRATION DES VENTES L objectif de rationaliser la vente en ligne des logiciels du Forum a eu comme effet de modifier profondément l organisation et la gestion de ventes des produits éditoriaux (livres, CD, DVD) et technologiques (Max/MSP/Jitter, DVD Ircam Solos) en 2008. En collaboration avec la société Ressources-SI et PayBox, une chaîne de vente complète et intégrée avec les autres services de la maison est maintenant en place : vente en ligne à partir du site de l institut pour la billetterie, l abonnement au Forum, l accès à certaines formations, les produits éditoriaux et technologiques, la gestion des stocks, et la coordination avec la comptabilité. Ce changement a provoqué aussi une réflexion sur la fusion des bases de données, jusqu ici organisé service par service, contenant les informations sur des individus et organismes. Ainsi un travail à été initié par le département Médiations recherche/création et est actuellement mené conjointement avec la direction générale pour le fusionnement des bases de l ancien département Valorisation, de la Communication et de la Pédagogie. La fusion avec les bases du département Recherche suivra une fois cette première phase achevée. L offre des produits éditoriaux est structurée de la façon suivante : le projet Ircam, les compositeurs, les enjeux de la recherche scientifique et les technologies. La vente des livres en 2008 a augmenté de 20 %, celle des disques et des CD-ROM ont reculé de 28 %. Le palmarès des meilleures ventes de livres va à l OM Composer s Book vol. 2 suivi de près du OM Composer s Book vol I, et parmi les disques les meilleures ventes concernent Machinations de Georges Aperghis. Une fois Max/MSP/Jitter 5 disponible sur le marché (automne 2008), ce logiciel s est vendu principalement aux universités. Depuis l automne 2008, le DVD Ircam Solos édité par Univers Son en collaboration avec l Ircam a été mis en vente aussi. Dans les deux cas, un premier stock a été rapidement épuisé. IRCAM 223

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION 5. COMMUNICATION ET ÉDITIONS Responsable : Claire Marquet Le service Communication a poursuivi en 2008 son action en direction des publics et de la presse en s appuyant sur les deux temps forts que représentent la saison musicale et le festival Agora, et en apportant son soutien au volet communication des différents départements de l institut. Deux chantiers prioritaires ont accompagné notre activité : la constitution d une base de données commune à l ensemble des départements et la refonte intégrale du site institutionnel. Les actions ont été renforcées en direction de la presse, par un nouveau dispositif visant à faire du lobbying institutionnel d une part : l organisation de visites de l Ircam pour une sélection de journalistes culturels et musicaux de choix, leaders d opinion chacun dans leur domaine (agence Opus 64). D autre part, en nous associant le concours de l agence Eracom pour la promotion d événements scientifiques. 5.1. RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION Une attention particulière a été portée à l image et à l identité des documents de communication ainsi qu à leur diffusion. Nous avons poursuivi notre collaboration avec l agence Belleville qui conçoit et réalise la majorité des documents édités par l institut, et à laquelle nous avons également confié la conception graphique du site institutionnel. Nous nous sommes appuyés sur le réseau Polyférence pour la diffusion des affiches et l agence AGIR pour l achat d espaces publicitaires, qui renforcent le travail entrepris par nos attachées de presse pour la couverture artistique. 5.1.1. BASE DE CONTACT 4D La constitution d une base de contacts commune aux différents services s est avérée indispensable afin d unifier l ensemble des fichiers et éviter ainsi les multiples saisies d un même contact, qui étaient source d erreur en termes de données et engendraient de nombreux dysfonctionnements. La définition de la grille de classement des fiches achevée, une nouvelle étape a consisté à vérifier et saisir les fiches, indexer les contacts, constituer des listes (VIP, mécènes, compositeurs, etc.), et traiter les fiches erronées (NPAI). Nous avons saisi à ce jour 2 000 contacts (mécènes, VIP, points relais, compositeurs, prospects et festivals), et actualisé 1 000 NPAI. Ce nouvel outil constitue un atout énorme pour l Institut et permettra à long terme de mettre en place une communication efficace grâce à une meilleure connaissance et identification des publics de l institut. Les nouvelles fonctionnalités de la base 4D comme la traçabilité des achats, l extraction du public d un spectacle ou d une saison, et l arborescence même de la base de données amélioreront considérablement la pertinence des cibles de nos actions de communication. Son efficacité a déjà pu être vérifiée lors de l envoi de la brochure de saison : le routage en a été sensiblement réduit (2 000 ex). IRCAM 225

COMMUNICATION ET ÉDITIONS RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION RAPPORT DÉTAILLÉ 5.1.2. CRÉATION MUSICALE Le festival Agora 2008 * 1 kakémono * 150 pré-dossiers de presse * 500 dossiers de presse * 30 000 brochures Agora * 20 000 cartes postales par événement * 1 500 affiches * 7 encarts presse * 3 communiqués spécifiques (500 contacts presse) * 3 000 flyers par événement * 2 cartons d invitations (concert d ouverture 500 ex ; Com que voz 800ex) * 6 057 programmes de concerts, conférences et colloques * le festival en ligne sur www.ircam.fr * etincelle.ircam.fr * Newsletter (6 200 contacts FR 1 800 contacts étrangers) La saison musicale 08-09 * 1 kakémono * 20 000 brochures * 20 000 cartes postales * 300 affiches * 7 communiqués mensuels (250 contacts presse culturelle et musicale, 150 contact presse scientifique) * 1 communiqué spécifique «L Ircam au 104» (500 contacts presse) * 1 carton d invitation (concert hommage à Mme Pompidou 500 ex) * 1 encart presse * 3 000 flyers par événement * 4 539 programmes de concerts, conférences et colloques * la saison en ligne sur www.ircam.fr * etincelle.ircam.fr * Newsletter (6 200 contacts FR 1 800 contacts étrangers) L Étincelle, journal de la création à l Ircam * L Étincelle # 4 : L icône, la voix (36 p., juin 2008, 10 000 ex.) Avec les contributions de Jakuta Alikavazovic, Franck Bedrossian, Raphaël Cendo, Alain Fleisher, Carlos Franklin, Bastien Gallet, Jean-Luc Hervé, Renaud Leblond, Jean-Pierre Luminet, Marie-José Mondzain, François Regnault, Roque Rivas, Eric Rochmer, Hugues Vinet. Collaboration : Gabriel Leroux (Syracuse & co) La collection Sirènes (Ensemble intercontemporain, Ircam, Kairos) «Luca Francesconi», Etymo, Da Capo, A fuoco, Animus ( mars 2008, 1 500 ex) «Bruno Mantovani», Le Sette Chiese, Streets, Eclair de Lune (mars 2008, 1 500 ex) * 1 dossier de presse * publicité en 4e couverture des programmes saison * Newsletter (6 200 contacts FR, 1 800 contacts étrangers) * www.ircam.fr 5.1.2.1. Visibilité des productions en tournées Trente-deux pièces impliquant la technologie Ircam ont été présentées hors les murs : Walt Disney Concert Hall à Los Angeles, Festival du Printemps des arts de Monaco, Dialoge festival de Salzbourg, Maerzmusik (Berlin), Proms de Londres, Philharmonie de Cologne, etc. Le service Communication a veillé à ce que les mentions obligatoires concernant l Ircam soient indiquées dans tous les supports de communication publiés à cette occasion. Il a également garanti la visibilité de l institut par la mise en place de cartes postales et de brochures de saison à destination du public sur les différents lieux. 226 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION 5.1.3. RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT La réalisation et la mise en page des programmes du département scientifique sont désormais assurées par un graphiste indépendant. Ils adoptent les principes graphiques de notre identité visuelle. Le service Communication a apporté un soutien particulier dans l élaboration des supports de communication du colloque ICAD et dans la communication autour de l inauguration du nouveau système Wave Field Synthesis (WFS). Recherche & développement * brochure R & D, bilingue français/anglais (64 p., 3 000 ex) * 2 communiqués de presse WFS * 1 carton d invitation «Inauguration de la WFS» (500 ex)) * 520 programmes «Collège de France» * 130 programmes «Genèses musicales» * 280 programmes «Inauguration du système WFS» * 150 couvertures et programmes, 1 rondelle CD-Rom, 20 affiches «ICAD 08» * The OM Composer s Book 2, coll. Musique/Sciences, fév. 2008 * Autour de la Set Theory, coll. Musique/Sciences, avril 2008 * Around Set Theory, coll. Musique/Sciences, avril 2008 * Vers une sémiotique du temps général dans les arts, coll. Musique/Sciences, oct. 2008 * publicité en 4e couverture des programmes saison * www.ircam.fr * autres sites (voir Internet) * newsletter (6 200 contacts FR, 1 800 contacts étrangers) Médiations recherche & création * 220 programmes «Ateliers du Forum» * 360 programmes «Colloque Expressivité dans la musique et la parole» * forumnet.ircam.fr Pédagogie et action culturelle Pédagogie & action culturelle * fiche Formations professionnelles, 15 000 ex * fiche Scolaires et jeunes musiciens, 3 000 ex * fiche Comité de lecture, 3 000 ex * 180 programmes «Colloque Elliott Carter» * 80 programmes «Journée Grisey» * 3 500 flyers * www.ircam.fr * Newsletter (6 200 contacts FR, 1 800 contacts étrangers) 5.1.4. INTERNET 5.1.4.1. Refonte du site institutionnel de l Ircam www.ircam.fr Le service Communication a conduit en 2008 la refonte intégrale du site institutionnel de l Ircam : refonte éditoriale, fonctionnelle, ergonomique et graphique. Structuré autour de trois grandes sections Recherche, Création, Transmission associées chacune à un code couleur, le nouveau site reflète désormais le tryptique sur lequel repose l'institut : le scientifique, l'artistique, le pédagogique. La conception graphique générale du site et ses principes de navigation ont été confiés à l agence Belleville. L intégration des contenus a été réalisée par After. Le site est géré avec le CMS Typo3, outil de gestion de contenus (Content Management System). Collaboration pour l intégration et le développement : Vincent Gourson IRCAM 227

COMMUNICATION ET ÉDITIONS RÉALISATION ET DIFFUSION DES SUPPORTS DE COMMUNICATION RAPPORT DÉTAILLÉ Sites Internet * www.ircam.fr Maintenance/développement éditorial et graphique du site bilingue * forumnet.ircam.fr Maintenance/développement éditorial et graphique du site bilingue * ecmt.eu.org/ Maintenance/développement éditorial et graphique du site * agora2008.ircam.fr Création et mise en ligne du site bilingue consacré au festival Agora 08 * etincelle.ircam.fr Maintenance/développement éditorial et graphique du site (numéro 4) * Newsletter (6 200 contacts FR, 1 800 contacts étrangers) Collaboration technique pour les sites web : Vincent Gourson 5.1.5. LA LETTRE Le nombre d abonnés reste stable : 7 900. Depuis septembre 2008 nous avons ouvert les offres partenaires aux destinataires de la lettre électronique. Ainsi nous proposons chaque mois des offres exclusivement réservées aux abonnés et une proposition pour tous les destinataires de la lettre. 5.1.6. CENTRE POMPIDOU Les liens avec le Centre Pompidou se sont affirmés et se déploient autour des axes suivants : élaboration des pages Ircam (recherche de visuels, validation des textes, relectures minutieuses ) de la brochure trimestrielle Code couleur qui regroupe l ensemble de la programmation des départements Centre Pompidou ; participation au comité de rédaction de Coursives. Notre rôle consiste à réfléchir et à soumettre un ou deux articles au comité et de rédaction, voire écrire une brève pour le journal interne ; veille active sur les supports de communication (invitation, dossier de presse) élaborés par le Centre sur les projets transversaux qui impliquent l Ircam, par exemple le concert 68-2008 programmé dans la Grande salle du Centre Pompidou en relation avec l exposition Jacques Villeglé en octobre 2008 ; transmission des informations sur les concerts de l Ircam à la personne en charge du site Internet du Centre Pompidou pour s assurer de la mise en ligne des concerts. Le concert «Hommage à Mme Pompidou» a été l objet d une communication croisée avec le Centre Pompidou. 228 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS RELATIONS AVEC LA PRESSE 5.2. RELATIONS AVEC LA PRESSE 5.2.1. BILAN DE L AGENCE OPUS 64 Nous avons reconduit la stratégie de communication à deux vitesses mise en œuvre depuis plusieurs saisons et qui avait déjà fait ses preuves en s articulant d une part autour d une promotion renforcée pour les événements identifiés comme «temps forts» et d autre part d un suivi de promotion régulier pour les autres manifestations programmées. La richesse de la saison de l Ircam implique une communication à deux vitesses : 5.2.1.1. Promotion Une promotion renforcée auprès de la presse musicale et élargie auprès de la presse généraliste et/ou spécialisée dans différents domaines pour les événements identifiés comme «temps forts» : le festival Agora ; les créations mondiales, en particulier celles commandées par l Ircam et le Centre Pompidou (ex. Georges Aperghis, Florence Baschet, Brice Pauset) ; les concerts construits autour de têtes d affiche (ex. hommage de Philippe Manoury à Karlheinz Stockhausen, le fado de Stefano Gervasoni avec Cristina Branco, le 100 e anniversaire d Elliott Carter) ; les jeunes compositeurs soutenus par l Ircam à découvrir (ex. Philipp Maintz, David Coll) les manifestations organisées en liaison avec celles du Centre Pompidou (ex. concert Mot(et)s cachés) ; le lancement de la nouvelle collection discographique «Sirènes». L objectif étant de créer l événement. 5.2.1.2. Suivi de promotion Un suivi de promotion régulier pour les autres manifestations, afin d obtenir un maximum d annonces et de faire venir les journalistes musicaux. Avec : un soutien particulier pour : - le lancement de la saison artistique, pédagogique et institutionnelle ; - les concerts se déroulant dans les murs (Ircam et Centre Pompidou) afin de soutenir les ventes ; - les productions emblématiques du nouvel Ircam (ex. Com que voz) ; - le lancement de nouveaux cycles (ex. le quatuor à cordes) ; - les collaborations extérieures à fort potentiel pour l image de l Ircam (ex. L Ircam au CENTQUATRE, Pierre Boulez Grand Invité du Louvre) ; une contribution à la promotion des événements scientifiques lorsqu ils présentent également un intérêt artistique (ex. inauguration publique du nouveau système WFS) ; une coordination avec les autres services de presse pour les coproductions et coréalisations hors les murs et une relance systématique des critiques présents afin qu ils citent l Ircam dans leurs papiers ; une aide accordée aux partenaires désirant obtenir des contacts privilégiés avec la presse contemporaine (ex. le ministère de l Éducation nationale pour la signature de Musique Lab). Les visites de l Ircam ont permis aux journalistes d approfondir la connaissance qu ils pouvaient avoir de l Institut à travers les différentes productions, en leur faisant découvrir la réalité des travaux de recherche et de création en studio et l effervescence artistique et intellectuelle qui anime au quotidien les équipes de l Ircam. IRCAM 229

COMMUNICATION ET ÉDITIONS RELATIONS AVEC LA PRESSE RAPPORT DÉTAILLÉ Construites autour de 3 à 4 projets, ces visites ont pris la forme de rencontres réunissant en général le compositeur, son réalisateur en informatique musical et le scientifique collaborant au même projet. Elles manifestaient ainsi la synergie qui anime les départements du nouvel Ircam, depuis que la direction artistique est devenue la direction générale. Elles étaient suivies d un point presse avec la direction de l Ircam, lors d un déjeuner. Organisées de janvier à mars lors de la préparation du festival Agora, elles ont offert aux journalistes une occasion évidente pour la parution de leurs papiers (le festival étant le moment de rencontre avec un public élargi) et de les enrichir par des reportages en coulisse et/ou une vision plus institutionnelle sur l Ircam. Devant leur succès, les conférences de presse organisées en mai pour Agora, se sont prolongées également par des rencontres en studio pour découvrir les travaux effectués autour du thème du festival : la Voix. Opus 64 * 90 journalistes ont assisté au moins à l une des manifestations artistiques de l Ircam dont 69 présents lors du festival Agora * 26 événements médiatisés * 2 dossiers de presse * 10 communiqués de presse * 3 cartons d invitation (150 contacts) * 3 visites collectives * 2 conférences de presse * 2 voyages de presse * 2 sujets télévisé * 1 émission télévisée * 2 séries d annonce télévisée * 1 reportage télévisé * 35 émissions de radio (dont 2 rediffusions) * 15 sujets de radio * 21 séries d annonces radio * 91 articles dans la presse nationale * 37 articles dans la presse étrangère * 28 articles sur Internet 5.2.2. BILAN DE L AGENCE ERACOM Les journalistes de la presse scientifique et technologies ont plutôt bien réagi à l effort de communication fait par l Ircam dans leur direction, (par exemple, en répondant présents pour les rencontres). Un travail sur le long terme est véritablement important concernant la presse scientifique et technologique car elle traite souvent de sujets plus délicats et plus longs à mettre en œuvre que le seul relais d information. Une information régulière, diffusée tout au long de l année au-delà du sujet d actualité dont elle est porteuse, également une preuve d un certain dynamisme de la recherche à l institut peut permettre de systématiser le réflexe Ircam dans l esprit des journalistes dès qu il s agit de domaines connexes à l activité de la recherche à l Ircam. Elle permettra également d anticiper la sensibilisation de la presse sur les événements incontournables de l Ircam. Eracom * 25 journalistes étaient présents à l inauguration de la WFS * 1 dossier de presse * 2 communiqués de presse * 2 invitations (90 contacts) * 1 visite collective * 1 conférence de presse * 20 rencontres 230 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS RELATIONS AVEC LA PRESSE * 8 interviews * 5 émissions de radio * 17 articles dans la presse nationale * 3 articles dans la presse étrangère * 11 articles sur Internet IRCAM 231

COMMUNICATION ET ÉDITIONS ACCUEIL DU PUBLIC RAPPORT DÉTAILLÉ 5.3. ACCUEIL DU PUBLIC 5.3.1. 4816 Le service Communication renseigne quotidiennement le public sur tous les événements et activités de l Ircam au poste 4816. Ce numéro est mentionné sur tous les supports de communication pour garder la proximité avec le public. 5.3.2. AFFICHES Un modèle graphique pour les affiches de l accueil a été adopté depuis deux ans. Ces affiches sont installées en début de saison et présentent brièvement au public les activités de concerts, conférences et stages proposés sur toute l année. 5.3.3. SIGNALÉTIQUE Les événements internes sont signalés de manière personnalisée (avec les logos des partenaires). 5.3.4. VISITES Le format des visites et leur tarif sont restés inchangés : 50 euros pour les groupes (20 à 25 personnes) ; 5 euros pour les individuels. Nous avons constaté une augmentation sensible de la fréquentation des visiteurs : 968 en 2007, 1431 en 2008. Cette augmentation s explique par la réouverture de l Espace de projection (fermé en 2007 pour travaux) et, peut-être, par la présence du Centre Pompidou et de l Ircam au programme des épreuves du baccalauréat 2009. Nos visiteurs sont pour la plupart issus de collèges, de lycées, d universités, de grandes écoles et d établissements scolaires étrangers. 232 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS DÉVELOPPEMENT DES PUBLICS 5.4. DÉVELOPPEMENT DES PUBLICS 5.4.1. PARTENAIRES CULTURELS Depuis plusieurs années nous avons tissé des liens privilégiés avec divers théâtres et structures de diffusion de la création contemporaine comme la Cité de la musique, la MC93 Bobigny, le Théâtre2Gennevilliers, le Théâtre national de la Colline, l Odéon-Théâtre de l Europe, l Opéra comique, l Opéra de Paris, le Centre national de la danse, le festival d Ile-de- France La collaboration avec ces structures (mise en avant d un concert dans la newsletter, courriers adressés aux abonnés, mise à disposition de tracts à l accueil des théâtres, échange ponctuel de fichier) permet d accroître la visibilité de l Ircam auprès d un public potentiel nouveau. Diverses opérations ont ainsi été réalisées autour de la saison et du festival Agora avec, notamment, l Orchestre de Paris, le festival Paris quartier d été, la Fondation des États-Unis, les Amis du Mnam, le Barbican Center, la Caisse des dépôts, Caixa geral de Depositos, la Cité de la musique, le CND, le Comité régional du tourisme Paris Ile-de-France, le CNR, le CNSMD Paris, les conservatoires de Paris, l Église Saint-Eustache, l Ensemble intercontemporain, le Forum culturel autrichien, l Istituto italiano di Cultura, Italie à Paris, Le Fresnoy Studio national des arts, la Maison de la musique de Nanterre, Musikfest Berlin, l Opéra comique, l Opéra de Paris, le Théâtre de l Aquarium, le Théâtre de l Odéon, le Théâtre de Malakoff, la Sacem, la SACD, l université Paris 3, l université Paris 8. En échange, l Ircam offre à ses partenaires la possibilité de valoriser un événement artistique dans sa lettre électronique mensuelle à tarif réduit pour les abonnés de l Ircam. Ce travail de fond, sur la durée, permet de placer l Ircam au cœur de l offre artistique contemporaine et d encourager les passerelles de public entre l Ircam et les salles de spectacles sollicitées. Il est très difficile de mesurer les retombées directes en termes de public. La certitude que nous avons est que ces actions contribuent, dans le cadre d une communication globale, à valoriser la programmation artistique de l Ircam auprès d un public captif et curieux. Enfin, ponctuellement, nous pointons quelques concerts qui nous semblent pertinents pour organiser une distribution de tracts. Ce fut le cas pour le festival Agora (tractage de la carte com) mais également pour certains concerts de l automne à la Maison de l architecture (concert 68-2008) au Théâtre de la Ville, à l amphithéâtre de l Opéra Bastille, au Théâtre du Châtelet (concert Quatuor I) Une vingtaine de dates de concerts ont été retenues. 5.4.2. RATP/ CARTE INTÉGRALE La convention de partenariat avec la RATP a été renouvelée. Des invitations ont été offertes aux détenteurs de la carte Intégrale en échange d une visibilité du festival sur le site de la carte intégrale et dans la newsletter. Vingt places ont été ainsi offertes pour les concerts In Vain et Com que voz. 5.4.3. PARTENAIRES MÉDIAS Deux partenariats médias ont été conclus cette année pour accompagner la promotion des événements artistiques : Télérama couvre la saison et le festival Agora ; les accords ont été identiques à ceux de l année dernière. Ils offrent un achat d espaces à des conditions privilégiées dans le supplément «Sortir», annoncent nos concerts dans la lettre électronique du journal, IRCAM 233

COMMUNICATION ET ÉDITIONS DÉVELOPPEMENT DES PUBLICS RAPPORT DÉTAILLÉ proposent des offres à tarifs préférentiels aux abonnés et des invitations aux lecteurs. Un échange de fichier de 1 000 adresses «prospects» a été négocié. France Musique : la couverture du festival Agora a été assurée par la diffusion de messages ciblés, la retransmission de cinq concerts enregistrés durant la manifestation et une visibilité sur leur site Internet. Des invitations ont été proposées en ligne sur le site de France Musique. 5.4.4. RELATIONS PUBLIQUES Le service Communication a apporté son soutien aux actions menées par la mission Mécénat, confiée à Éric Denut, qui s attache à susciter l intérêt et l adhésion de mécènes particuliers aux projets développés par l institut. La Fondation Lagardère, mécène principal pour l innovation à l Ircam, a apporté son soutien en cofinançant Mutations of matter (projet Cursus 2) ainsi que les «Ateliers de la création» et, dans le cadre du festival Agora, Com que Voz de Stefano Gervasoni. Des opérations de relations publiques ont été organisées dans le cadre du festival Agora (Com que Voz) et de la saison (concert Mot(et) cachés) pour les partenaires qui ont apporté un soutien financier. Des invitations ont été offertes à la Caisse des dépôts ainsi qu à la Caixa Geral de Depositos, l Institut Camoes et le Centre culturel Gulbenkian ; un tarif préférentiel a été proposé aux membres de la société des Amis du Centre Pompidou. 5.4.5. COCKTAILS ET RÉCEPTIONS D ARTISTES Nous avons volontairement réduit le nombre de cocktails et «pots artistes». Dix moments de convivialité ont donc été organisés cette année. 234 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

RAPPORT DÉTAILLÉ COMMUNICATIONS ET ÉDITIONS COMMUNICATION INTERNE 5.5. COMMUNICATION INTERNE 5.5.1. INFOKOM L information interne a été diffusée via la liste de diffusion Infokom qui compte aujourd hui 263 adhérents dont 51 nouveaux abonnés en 2008. Le personnel est ainsi avisé de la vie de l institut, des émissions, des tournages, des articles de presse, des générales, des invitations aux spectacles et des informations diffusés par le Centre Pompidou. 5.5.2. RÉUNIONS DU GROUPE DE TRAVAIL COMMUNICATION Les réunions mensuelles visant à valider et rendre compte de l actualité de chaque direction ont été maintenues. Un agenda bimestriel est alors diffusé à l ensemble du personnel ainsi qu à la direction du Centre Pompidou et aux deux agences de presse. Il sert de support à la réalisation de la lettre électronique. 5.5.3. COMMUNICATION GRAPHIQUE Le service Communication a veillé au bon usage des principes de la charte graphique de l Ircam sur les documents édités par les autres départements. Chaque document est validé par le service avant de partir en reprographie. IRCAM 235

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES MÉDIATHÈQUE 6. MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES Directeur : Michel Fingerhut Depuis son ouverture en 1996, la Médiathèque développe et offre non seulement un fonds documentaire sur la musique contemporaine et les domaines connexes comme le faisait la bibliothèque qui l a précédée, mais aussi le fonds patrimonial culturel et scientifique de l institut : archives de la création musicale (enregistrements sonores, notes de programmes) et scientifique (articles des chercheurs). Elle continue à voir son public croître d année en année. En 2008, la Médiathèque a élaboré le cahier de charges pour l évolution de son logiciel bibliothéconomique (permettant de gérer le fonds catalogage, prêts ) et a choisi Flora d Ever Team pour remplacer le système actuel. Son étroite implication dans le projet de Portail de la musique contemporaine (cf. Bureau Études et méthodes) qui s est ouvert fin 2007 a permis de numériser et de mettre en ligne un nombre conséquent de documents sur l internet (extraits du fonds d archives sonores et notes de programme) et en interne (films documentaires), et contribuera à la valorisation de l ensemble de ces fonds en leur donnant une visibilité accrue via le Portail, la base culture.fr du Ministère de la culture et de la communication et du portail Europeana, ainsi que les principaux moteurs de recherche mondiaux. L accès à ces contenus s en trouve grandement facilité, sur place et en ligne. Enfin, cette année a vu la poursuite de l indexation rétrospective des événements de l Ircam (concerts, conférences) depuis la création de l institut et celles des archives correspondantes, auxquelles se rattachent, au fur et à mesure de la numérisation, les enregistrements sonores et notes de programme. Ce processus se fait dans Archiprod, système de gestion de contenus développé à la Médiathèque et mis en œuvre en 2007, qui se charge aussi de la mise en ligne des informations (métadonnées) et des contenus. 6.1. LA MÉDIATHÈQUE 6.1.1. PUBLICS Le public de la Médiathèque continue de croître : le nombre total d entrées comptabilisées cette année s élève à 1 863 (1 797 en 2007), pour une moyenne de 10,5 personnes par jour (9,91 en 2007), dont 1/3 de personnel Ircam et 2/3 externe. Les rentrées financières dues aux inscriptions et aux reprographies s élèvent à 4 848,80 (4 281 en 2007), auxquelles se rajoutent les ressources exceptionnelles dues à la participation active de son personnel dans le projet de Portail de la musique contemporaine. 6.1.2. ACQUISITIONS, CATALOGAGE, MISE EN LIGNE Le nombre de nouveaux documents entrés au catalogue de la Médiathèque en 2008 s élève à 1 129 (1 225 en 2007, baisse résultant de ponctions sur le budget d acquisition pour compenser la nouvelle réglementation sur les gratifications de stagiaires longue durée), et comprend notamment : 171 monographies (dont 29 à destination des équipes Recherche et développement), 206 numéros de revues, 212 partitions, 88 notes de programme, 13 mémoires et thèses, 87 disques du commerce (87+348 notices de dépouillement interne) et 4 films. La base de données des articles scientifiques de l Ircam s est enrichie de 113 nouvelles références (dont 51 disponibles en ligne). La Médiathèque gère actuellement l abonnement à 60 titres de périodiques papier, dont 9 sont payés par le CNRS, au titre de l UMR. Une partie de ces titres est déposée chez les équipes les IRCAM 237

MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES MÉDIATHÈQUE RAPPORT DÉTAILLÉ plus concernées (et cataloguée centralement), le reste est disponible à la Médiathèque pour tous ; une quinzaine des titres de ces dernières est envoyée dans les différents services via le dispositif «circulation de revues», et revient à la Médiathèque ou au département qui en a demandé l abonnement. Enfin, la Médiathèque a acquis 20 articles auprès de l Inist, à la demande de chercheurs de l Ircam. En ce qui concerne les fonds numériques, 443 notes de programme ont été mises en ligne (représentant environ 8 000 pages), et 345 événements (concerts et conférences de l Ircam) ont été saisis dans Archiprod (290 reprises de l ancien système en cours de migration, description et contenus sonores y compris, et 55 nouvelles mises en ligne). D autre part, dans le cadre du projet de Portail, 2 867 pages de 129 notes de programme de concert et de documents connexes (à l instar de l ouvrage en deux volumes Passage du XX e siècle comprenant le programme de cet événement fondateur et des textes associés) ont été envoyées à la numérisation ainsi que 285 anciennes bandes d archives sonores analogiques dont la conservation est fort problématique. Le retour de ces documents et leur mise en ligne sont prévus pour début 2009. 6.1.3. ÉVOLUTION DU CATALOGUE ET DU SITE DE LA MÉDIATHÈQUE Un cahier des charges concernant l évolution du catalogue actuel a été rédigé en 2008 et transmis aux éditeurs de logiciel bibliothéconomiques contactés en 2008. Après les avoir rencontrés, la Médiathèque a choisi la solution Flora d Ever Team, qui correspond aux spécifications et au budget. La migration se fera en 2009 dans le cadre d un mécénat qui permettra à l Ircam d engager une personne compétente chargée de l effectuer en interne, après formation chez Ever et avec la fourniture des outils nécessaires pour effectuer cette migration. C est en parallèle à ce processus que se poursuivra la refonte du site de la Médiathèque qui a débuté en 2007 : une version des logiciels du Portail a été développée, qui permettra de l adapter aux bases Ircam et au futur catalogue (Flora), et qui sera mise en place dans le cadre de la migration du catalogue. 6.1.4. BASES DE DONNÉES EXTERNES La Médiathèque fournit à l ensemble du personnel Ircam des accès aux bases de données suivantes : RILM (répertoire international de la littérature musicale), BiblioST21 (portail de l Inist pour les sciences et les technologies de l information et de l ingénierie) et BiblioSHS (portail d information scientifique en sciences humaines et sociales, également de l Inist). Les bases de données suivantes sont accessibles en Médiathèque : Oxford Music Online (comprenant le dictionnaire de la musique Grove, racheté par Oxford University Press, ainsi qui l ont adjoint à deux autres de leurs dictionnaires), ainsi que IIMP (international index to music periodicals) et IIPA (international index to performing arts), ces deux derniers abonnements étant fournis par la Bpi en échange de bons services. 238 IRCAM

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES 6.2. BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES L activité du Bureau a principalement concerné la poursuite du projet interinstitutionnel de Portail de la musique contemporaine, qui s est ouvert fin 2007 : l événement le plus marquant en 2008 aura été l ouverture de l accès à tous les internautes à près de 5 000 extraits des archives sonores de l Ircam et à ses notes de programme, mais aussi le développement des interfaces (y compris le multilinguisme), des fonctionnalités et des accès aux sites référents (culture.fr et Europeana, principalement). En outre, le projet a permis de poursuivre la numérisation des fonds sonores de l Ircam, et notamment des anciennes bandes analogiques Ampex dont la pérennité est compromise, ainsi que la numérisation de ses notes de programme et brochures de saison. Courant 2008, on a élaboré une nouvelle demande pour la poursuite des numérisations et du développement en 2009, qui a été acceptée par le Ministère à hauteur de 32%. En outre, le Bureau a continué à maintenir et à développer l infrastructure des sites Web, pour refléter les nouvelles activités (festival, projets) de l institut. L opération la plus lourde a concerné la migration de Typo3, le système de gestion des contenus sous-jacent au site institutionnel et à ses satellites de la version 3.7 à la version 4.2. Enfin, son personnel a participé à des conférences et des colloques nationaux et internationaux, souvent à l invitation des organisateurs. Depuis la mi-2008, l Ircam, représenté par Michel Fingerhut, est partenaire du projet Europeana dans le groupe de travail consacré aux métadonnées du système futur. 6.2.1. LE PROJET DE PORTAIL DE LA MUSIQUE CONTEMPORAINE 6.2.1.1. Le projet 2008 Le Portail de la musique contemporaine s est ouvert fin 2007 sur l Internet avec quelque 100 000 ressources documents et événements provenant de ses partenaires. Début 2008, on notait un référencement à hauteur de 60-80 % des contenus individuels (selon les jours ) dans Google. Un projet de poursuite de son développement, déposé en 2007 par Michel Fingerhut en étroite collaboration avec le CDMC (Centre de documentation de la musique contemporaine), a été accepté dans le cadre de l appel à projets de numérisation 2007 du programme national de numérisation et financé à 60% de la demande. Aux six organismes fondateurs (CDMC - coordinateur, Cité de la musique, Conservatoire de Paris, Ensemble intercontemporain, Ircam direction scientifique et Médiathèque musicale Mahler) se sont rajoutés huit partenaires : ACDA-Centre Acanthes, le Conservatoire de musique et danse Lyon et six des sept centres nationaux de création musicale (Césaré, CIRM, GMEA, GMEM, Grame, Muse en circuit). Cette étape a concerné la mise en ligne de contenus sonores, la numérisation de nouveaux fonds chez les partenaires, la poursuite du développement des fonctionnalités et des interfaces du Portail par l Ircam. 6.2.1.1.1. Mises en ligne de contenus La négociation concernant la mise en ligne par les partenaires du projet de leurs archives sonores s était en gagée en 2007 avec Sesam et la Spedidam. Elle s est conclue avec Sesam en 2007 et avec la Spedidam en 2008, les accords permettant la mise en ligne, sur l internet, d extraits d enregistrements d archives d une durée maximale de trois minutes (ou de 25% de la durée de l enregistrement d origine, si celui-ci fait moins de douze minutes). L Ircam, qui disposait déjà de ses archives numérisées et de la capacité à en produire les extraits au format adéquat (flux Flash de mp3 avec métadonnées incrustées), les a mis en ligne en septembre 2007, acceptant de payer à lui seul le pro rata de la redevance annuelle due à ces deux sociétés, IRCAM 239

MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES RAPPORT DÉTAILLÉ et étant entendu que les deux autres partenaires principaux, le Cdmc et l Ensemble intercontemporain, participeront à ces frais dès début 2009. Les contenus numériques mis en ligne par l Ircam incluent : 5659 archives sonores (accessibles intégralement dans la Médiathèque et en extrait sur l internet) et 7761 pages (PDF) de notes de programme ; 213 films documentaires accessibles intégralement dans la Médiathèque et signalés dans le Portail) ; 761 biographies et 668 notices d œuvres ; 291 articles scientifiques au format HTML et 12 295 pages d articles au format PDF. Le Portail propose aussi un dictionnaire thématique d une quarantaine des principaux concepts de la musique contemporaine établi par Chloé Breillot et en cours de validation par un musicologue au Cdmc. Il servira aussi de point d entrée pour une «navigation thématique» dans le Portail, à l aide d un logiciel de cartographie interactive (cf. image). 6.2.1.1.2. Numérisation 285 bandes analogiques contenant des archives sonores de l Ircam ont été choisies par Alain Jacquinot et Michel Fingerhut dans le fonds existant (critères de fragilité et d intérêt) pour être numérisées par Memnon et après un geste commercial du prestataire qui a permis d envoyer un nombre plus important de bandes ; 2 867 pages de 129 notes de programme de concert ont été envoyées à la numérisation chez e-critur. 6.2.1.1.3. Poursuite du développement 240 IRCAM

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES Les principaux développements effectués en 2008 incluent : l intégration du Portail dans un système de gestion de contenus (Drupal, celui utilisé par ailleurs par le Cdmc qui en sera l opérateur) et développement d une version indépendante destinée à être utilisée par la Médiathèque pour fédérer ses bases dans son nouveau site ; le développement de connecteurs externes : un web service permettant à la base Brahms de vérifier si des ressources sont disponibles dans le Portail, et dans l affirmative de les référencer dans ses propres pages ; des entrepôts OAI, destinés à permettre à Europeana et à la base «culture» du ministère de la Culture et de la communication de moissonner (indépendamment) le Portail. Ceci aura pour effet d accroitre la visibilité des ressources qui y sont signalées. Il est regrettable qu Europeana n ait pas été en mesure d effectuer cette moisson avant son inauguration en novembre 2008 (du fait d autres priorités chez eux) comme elle s y était engagée, ni en décembre ; cette moisson devrait avoir lieu en 2009 ; le multilinguisme : toute l interface et les notices sont bilingues (français-anglais) ; un lecteur audio «flottant» a été développé, qui facilite la lecture des extraits diffusés par les partenaires (s ils se conforment au format mp3 diffusé en flux Flash). Il pourra être utilisé dans d autres contextes (par exemple : le site institutionnel de l Ircam) ; diverses améliorations des interfaces : tri des réponses, compatibilité accrue avec d anciens navigateurs (tel Internet Explorer 6, encore en usage chez un des principaux partenaires) ; la mise en place d une documentation détaillée des formats et des protocoles dans un wiki (www.musiquecontemporaine.fr/doc), et d une ébauche de la documentation de l infrastructure. Le départ imprévu de Jean-Pierre Vitulli fin août n a pas permis de continuer le développement de l interface de gestion du Portail («back office»). Celle-ci aura lieu en 2009, dans la mesure des budgets qui seront disponibles pour cette nouvelle étape. La réalisation de l entrepôt OAI et de la documentation a été possible grâce à une vacation du Ministère de la culture et de la communication, qui a permis d employer Benoît Montigné jusqu à fin 2008. IRCAM 241

MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES RAPPORT DÉTAILLÉ Des rapports d étape du projet ont été produits par Michel Fingerhut dans la foulée des réunions périodiques de suivi du projet entre tous les partenaires et transmis au Ministère. Collaborations extérieures : K. Vayne (CDMC, coordination), M.-H. Serra (Cité de la musique), D. Hausfater (CNSMDP), S. Quéré (EIC), A. Galliari (Médiathèque musicale Mahler), P. Giraudo (GRAME et relais des centres nationaux) et leurs équipes. 6.2.1.2. Préparation du projet 2009 En automne 2008, une proposition de la poursuite du développement du Portail a été élaborée, puis déposée dans le cadre de l appel à projets de numérisation 2009. Elle concerne : le rajout de partenaires (référencement dans le Portail, numérisation des fonds) : ensembles de musique contemporaine (Chœur Britten, 2e2m, Aleph, Alternance, Ars Nova, Court Circuit, Sillages, Violoncelles de Beauvais, l Itinéraire, Percussions de Strasbourg, Proxima Centauri), Voix nouvelles à Royaumont, Musique française d aujourd hui (catalogue uniquement) ; le développement d une plate-forme d hébergement mutualisée, qui permettra aux partenaires ne possédant pas d infrastructure adéquate d y déposer leurs métadonnées (qui seront mis à disposition du Portail via des entrepôts OAI statique) et les extraits de leurs archives sonores (qui seront diffusées par un serveur audio adéquat). Elle a été acceptée à hauteur de 32 % de la demande, ce qui nécessitera de revoir son envergure début 2009. 6.2.2. SYSTÈMES D INFORMATION ET INFRASTRUCTURE INFORMATIQUE Vincent Gourson a effectué la migration de Typo3, le système de gestion des contenus du site institutionnel et de ses satellites, de la version 3.7 vers la version 4.2. Cette opération a inclus étude et validation, le paramétrage du nouveau serveur, la mise en conformité des développements internes, des patrons («templates») et des feuilles de style avec sa nouvelle interface d accès informatique (API) et son nouveau moteur de rendu des extensions. Il assure l administration de ce système (maintenance évolutive, aide à l intégration de contenus multimédia, support utilisateurs). En outre, il a assuré la mise en place du site Agora 2008 et la maintenance évolutive et le support aux utilisateurs des bases Archiprod (gestion des archives de l institut) et Articles (publications scientifiques). Il administre aussi les serveurs de développement, de test et de production du Portail de la musique contemporaine, la mise en place et la maintenance du serveur audio externe, la production des extraits en MP3 et la maintenance évolutive des entrepôts OAI de l Ircam. Enfin, il a continué à assurer la gestion régulière de l infrastructure informatique de la Médiathèque et du Bureau Études et méthodes (sauvegardes, mises à jour, installations, dépannages, assistance à l acquisition et aux spécifications ). Participant : Vincent Gourson. Collaborations intérieures : Michel Fingerhut (spécifications), Sandra El-Fakhouri (entrepôt «catalogue»), Delphine Oster (service Communication et éditions) 6.2.3. RELATIONS EXTÉRIEURES Le personnel de la Médiathèque et du Bureau Études et méthodes a participé aux principaux événements extérieurs suivants : conférence Topic Maps 2008 : 2-4 avril 2008, Oslo (Norvège) (Michel Fingerhut) ; réunions du groupe de travail «virtualité» du projet Centre Pompidou Virtuel : 24 avril, 14 mai, 10 juin 2008, Centre Pompidou. Michel Fingerhut a fourni à ses membres un enregistrement en ligne de ses discussions ; 242 IRCAM

RAPPORT DÉTAILLÉ MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES journées d étude AFAS (association française des détenteurs de documents audiovisuels) AIBM (groupe français de l association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation) : 26-27 mai 2008, Paris (Sandra El Fakhouri) ; réunion du The European Library Users Advisory Board : 20 mai 2008, La Haye (Pays Bas) (Michel Fingerhut) réunion plénière du EDLnet Thematic Network (projet European Digital Library) : 23-24 juin, La Haye (Pays Bas) (Michel Fingerhut) ; réunion du groupe de travail WG2.1 (cf. ci-dessous) le 19 septembre 2008 à Århus (Danemark) ; conférence IAML (association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux) : 21 25 juillet 2008, Naples (Italie) (Michel Fingerhut). Lors de cette conférence, il a été décidé la reprise des activités du groupe de travail consacré aux ontologies musicales. Michel Fingerhut a proposé que la première réunion se tienne à l Ircam (le 14 décembre 2008) ; à cette occasion, il a mis en place un wiki et une liste de diffusion pour les membres de ce groupe ; conférence Opera vs. Fonte : 24 octobre 2008, Turin (Italie) (Michel Fingerhut) ; conférence Music in the Digital Era : 3 octobre 2008, Athènes (Grèce) (Michel Fingerhut) ; conseil scientifique de l enssib. 6 novembre 2008, Lyon (Michel Fingerhut) ; conférence Eva/Minerva : 11-13 novembre 2008, Jérusalem (Israël) (Michel Fingerhut) ; conférence Numérisation du patrimoine culturel : 27-28 novembre, Paris (Michel Fingerhut). En mars 2007, Michel Fingerhut a été invité à se joindre au conseil consultatif («advisory board») de la European Library (portail des bibliothèques nationales européennes). En juin 2008, il a été invité à représenter l Ircam en tant que partenaire du European Library Thematic Network of Partners et en juillet à participer au groupe de travail WG2.1 «Standards & Interoperability of Standards». Michel Fingerhut est toujours l éditeur de la lettre d information électronique de IAML. Michel Fingerhut est toujours membre du comité de pilotage des conférences annuelles ISMIR («International conferences on music information retrieval»), et gestionnaire de leur site collectif (disponible en ligne à l adresse http://www.ismir.net/). Ce dernier comprend notamment les actes cumulés des articles présentés aux conférences depuis 2000. Michel Fingerhut a participé à la préparation d une proposition de projet européen dans le cadre de l appel econtentplus 2008 : «marsel» (music access, retrieval and navigation services for the European digital Library). Le coordinateur en était Josh Reiss de l université Queen Mary de Londres, et il comprenait 19 partenaires de 13 pays européens différents. Ce projet n a pas été retenu par ses évaluateurs pour la seule raison de «manque de dimension européenne» (sans autre explication et avant examen sur le fond). 6.2.4. PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS PUBLIQUES 6.2.4.1. Publications Michel Fingerhut : IAML Electronic Newsletter n 28 (mai 2008), n 29 (août 2008), n 30 (décembre 2008). Michel Fingerhut : «Le Portail de la musique contemporaine. http://www.musiquecontemporaine.fr», texte présenté à la conférence internationale Numérisation du patrimoine culturel en Europe, Musée du Quai Branly, 28 novembre 2008. Texte disponible en ligne <http://mediatheque.ircam.fr/articles/textes/fingerhut08e/>. Résumé paru dans Culture et recherche 118-119, automne-hiver 2008-2009, p. 27. 6.2.4.2. Communications publiques Michael Fingerhut: A portal for contemporary music resources in France. IAML 2008. Naples (Italie), 21 juillet 2008. Michael Fingerhut: Online preservation and access to the records of past musical events. IAML 2008. Naples (Italie), 23 juillet 2008. Michael Fingerhut: Complex Digital Objects in Real Life, Europeana WG2 meeting, 19 Septembre 2008, Århus, Danemark. Michael Fingerhut: Interoperability, conference Music in the Digital Era, IEMA. Athènes (Grèce), 3 octobre 2008. IRCAM 243

MÉDIATHÈQUE ET BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES BUREAU ÉTUDES ET MÉTHODES RAPPORT DÉTAILLÉ Michael Fingerhut: The IRCAM Médiathèque: a physico-digital music archive and library, conference Music in the Digital Era, IEMA. Athènes (Grèce), 3 octobre 2008. Michael Fingerhut: Preserving, organizing and accessing records of past musical events: two projects of the IRCAM Multimedia Library, conférence Opera vs. Fonte, Université de Turin. Turin (Italie), 24 octobre 2008. Michael Fingerhut: Preservation and online access to archives of music events, Eva/MINERVA Conference, 12 novembre 2008, Jérusalem, Israël. Michael Fingerhut: An integrated management system for music archives: digitization, preservation and online publication, Eva/MINERVA Round Table, 13 novembre 2008, Jérusalem, Israël. Michel Fingerhut : «Le Portail de la musique contemporaine. http://www.musiquecontemporaine.fr», conférence internationale Numérisation du patrimoine culturel en Europe, Musée du Quai Branly, 28 novembre 2008. 244 IRCAM

L'ÉQUIPE IRCAM DIRECTION Directeur : Frank Madlener Administrateur : Michel Muckensturm Olivia Despointes SERVICES TRANSVERSAUX Finances Directeur : Norddine Belal Sylvie Parolari, Cristina Ramos da Silva Ressources Humaines Responsable : Alexandra Magne Céline Bonnier, Patricia Martins Communication et Éditions Responsable : Claire Marquet Felicia Atkinson, Danièle Baudouin, Amélie Desnoyers, Caroline Drancourt, Murielle Ducas, Sylvia Gomes, Deborah Lopatin, Elsa Marc, Arthur Negrine, Delphine Oster, Siem Pessin, Clara Sgard Stagiaires : Mariane Begnon, Marine Zurfluh Médiathèque / Bureau Études et Méthodes Directeur : Michel Fingerhut Sandra El Fakhouri, Vincent Gourson, Benoit Montigné, Jean-Paul Rodrigues, Jean-Pierre Vitulli Stagiaires : Elena Ambrosi, Chloé Breillot, Alice Salvagni Régie-Bâtiment Responsable : Georges-Elie Giscard Bruno Belfiore, Sophie Besnard, Jean-François Laloge/Izem Layachi, Alain Nicolas, Michel Pillet/Seare Mullai, Jean-Paul Rodrigues, Chantal Vogel/Samia Mekki RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT Directeur : Hugues Vinet, directeur de l UMR STMS Ircam-CNRS Responsables d'équipe Acoustique instrumentale : René Caussé Acoustique des salles : Olivier Warusfel Perception et design sonores : Patrick Susini Analyse et synthèse des sons : Xavier Rodet Représentations musicales : Gérard Assayag Analyse des pratiques musicales : Nicolas Donin Interactions musicales temps réel : Frédéric Bevilacqua IRCAM 245

L ÉQUIPE IRCAM Services en ligne : Jérôme Barthélemy Service informatique : Laurent Ghys Valorisation scientifique et industrielle : Frederick Rousseau Administration Sylvie Benoit, Ghislaine Montagne, Didier Perini, Carole Tan Chercheurs et ingénieurs Carlos Agon-Amado, Moreno Andreatta, Joël Bensoam, Niels Bogaards, Alain Bonardi, Riccardo Borghesi, Guillaume Boutard, Jean Bresson, Juan-José Burred, Laétitia Carrive, Carmine Emanuele Cella, Raffaele Ciavarella, Arshia Cont, Frédéric Cornu, David Doukhan, Maÿlis Dupont, Nicholas Ellis, Snorre Farner, Aymeric Faye, David Fenech-St-Genieys, Laurent Feneyrou, Emmanuel Fléty, Vincent Fréour, Samuel Goldszmidt, Arnaud Gomes Do Vale, Tobias Grosshauer, Fabrice Guédy, Thomas Hélie, Olivier Houix, Olivier Labat, Jean-Philippe Lambert, Pierre Lanchantin, Guillaume Lemaitre, Grace Leslie, Aurélien Marty, Antoine Minard, Nicolas Misdariis, Markus Noisternig, Geoffroy Peeters, Nicolas Rasamimanana, Axel Roebel, Emmanuel Rio, Francis Rousseaux, Diemo Schwarz, Leigh Smith, Norbert Schnell, Jacques Theureau, Christophe Veaux Techniciens Youcef Bensaid, Gérard Bertrand, Philippe Chen, Emmanuel Deruty, Maxence Riffault, Jean- François Rousse, Sassé Séri, Alain Terrier Doctorants Antoine Allombert, Cécile Alzina, Yun-Kang Ahn, Grégory Beller, Stéphanie Bertet, Tommaso Bianco, Julien Bloit, Baptiste Caramiaux, Grégoire Carpentier, Ivan Cohen, Gilles Degottex, Matthias Demoucron, Maël Derio, Marcelo Freitas-Gaetano, Aurélie Frère, Marco Liuni, Vassilios-Fivos Maniatakos, Rémi Mignot, Khoa-Van Nguyen, Nicolas Obin, Hélène Papadopoulos, Lise Régnier, David Roze, Joseph Sanson, Stephan Schaub, Damien Tardieu, Fernando Villavicencio, Chunghsin Yeh Chercheurs invités Mondher Ayari, Chantal Buteau, Georges Bloch, Wei Chen Chang, Chris Dobrian, Bruno Friedman, Jonathan Goldman, Suguru Goto, Hans Hansen, Matthias Rath, Clara Suied, Isabelle Viaud-Delmon, Feyrel Znaidi-Le Bastard Stagiaires Grégoire Bachman, Guillaume Dechambenoit, Pierre-Damien Dekoninck, Flora Dellinger, Arnaud Dessein, Olivier Graton, Julien Junod, Hélori Lanos, Vicky Ludlow, Simon Maller, Fiona Mc Adams, Simon Mitchell, Dimitri Mouret, Marc-Antoine Novel, Gaetan Perseihian, Bernard Pratz, Norman Sabbah, Michael Sweeton, Mauricio Toro Bermudes, Jonathan Unger, Jérémie Viennot, Eugénie Vinet, Karin Weissenbrunn, Bruno Zamborlin CRÉATION ARTISTIQUE Direction Artistique Directeur : Frank Madlener Suzanne Berthy/Céline Chouffot, Aude Grandveau 246 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008

L ÉQUIPE IRCAM PÉDAGOGIE ET COORDINATION Direction Pédagogique Directeur : Cyril Béros Anne Becker, Chloé Breillot, Marie Demeilliers, Fleur Gire, Natacha Moënne-Loccoz Encadrement Artistique : Yann Maresz Réalisateurs en informatique musicale chargés de l enseignement Éric Daubresse, Emmanuel Jourdan, Jean Lochard, Grégoire Lorieux, Mikhail Malt. CRÉATION ET PRODUCTION Direction de la Production Directeur : Alain Jacquinot Agnès Fin, Anne Guyonnet/Stéphanie Racco, Alexandra Guzik, Laetitia Scalliet. Réalisateurs en informatique musicale Production Gregory Beller, Thomas Goepfer, Serge Lemouton, Benoît Meudic, Gilbert Nouno (permanents) ; Olivier Pasquet, Manuel Poletti, Robin Meier (intermittents) Son Responsable : David Poissonnier Christophe Egea, Jérémie Henrot, Maxim Le Saux. Joachim Olaya Régie générale Pascale Bondu, Marie Clément, Thomas Leblanc/Frédéric Vandromme Moyens techniques Coordinateur : Daniel Raguin François Gibouin Intermittents du spectacle Gael Barbieri, Thomas Bringuier, Guillaume Colin, Sam Dineen, Adrian Riffot, Marc Richaud, Jérôme Tuncer, Joel Xapelli De Matos Stagiaires Martin Antiphon, Renaud Bajeux, Louise Bourgeois, Simon Fogielman, Benjamin Fournier, Lucie Laricq, Enora Le Gall, Charlie Senecaut, Balthazar Serna, Alverede Simon Dujat MÉDIATIONS RECHERCHE/CRÉATION Direction des Médiations Recherche/Création Directeur : Andrew Gerzso Coordination Recherche/Création : Arshia Cont Béatrice Monfort, Florence Quilliard IRCAM 247

L ÉQUIPE IRCAM Valorisation/Forum Cyrille Brissot, Rémi Desmonet, Samuel Goldszmidt, Alexandra Guzik, Karim Haddad, Stéphanie Leroy, Paola Palumbo, Stéphanie Racco Stagiaires Aissata Ly Fondateur Directeur honoraire : Pierre Boulez. 248 IRCAM RAPPORT D'ACTIVITÉ 2008