Économie et démographie Chapitre 1 PLAN DU CHAPITRE Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 1 2 3 Les grandes évolutions démographiques Le rôle de l épargne (économie fermée) L épargne, l investissement et le solde courant de la balance des paiements en économie ouverte Thème 1.2 Quel est l impact des variables économiques et démographiques sur le financement de la protection sociale? 1 Le système des retraites en France 2 La gestion des systèmes de santé 7
THÈME 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? Les populations d Europe ont connu une évolution structurelle similaire, dont l amplitude varie d un pays à l autre, avec des conséquences sur l épargne et la croissance économique. Ainsi, la baisse de la part des actifs et le vieillissement de la population, si on raisonne en termes de cycle de vie, devraient se traduire par une baisse du taux d épargne dans les pays riches et un transfert d épargne vers les pays pauvres. Mots-clés Mouvement naturel Mouvement migratoire Population active Épargne Accumulation du capital Cycle de vie S interroger 1 Pourquoi épargne-t-on? 2 Peut-on épargner tout au long de sa vie? Quelle est la meilleure période pour le faire? 3 Le vieillissement de la population peut-il avoir un impact sur le taux d épargne? 4 L épargne est-elle nécessaire à la croissance économique? Quelles seraient les conséquences d une baisse durable du taux d épargne en Europe? 8 Chapitre 1 Économie et démographie
1 Les grandes évolutions démographiques A Les évolutions séculaires Document 1 Évolution séculaire de la population française 9 Évolution de la population (millions d habitants) 8 7 6 5 4 3 191 1914 27 26 192 191-26 : population passée 27-26 : projection (hypothèses centrales) Les hypothèses Indice conjoncturel de fécondité 1,95 à partir de 215 Espérance de vie à la naissance en 26 Solde migratoire annuel 86, ans pour les hommes 91,1 ans pour les femmes + 1 par an www.insee.fr 1 Calculez l augmentation de la population française entre 191 et 27. 2 Comment devrait évoluer la population en 26? Cette évolution est-elle certaine? 3 Faites une phrase avec chacune des données des hypothèses. 4 Que se passerait-il si : - l indice conjoncturel de fécondité était de 2,1? - l espérance de vie des hommes était de 9 ans? - la France fermait totalement ses frontières? Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 9
Document 2 Évolution de la pyramide des âges (France métropolitaine) 191 1978 27 26 5 Donnez la signification de la ligne jaune pour 26. 6 Hommes et femmes sont-ils égaux d un point de vue démographique? 7 Commentez l évolution de la pyramide des âges entre 191 et 26. www.insee.fr Statistisches Bundesamt 29, Insee 211 Le solde naturel est la différence entre les naissances vivantes et les décès de l année en cours. Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire (immigrants) et le nombre de personnes qui en sont sorties (émigrants), calculé au cours d une année. Document 3 Mouvements de population (milliers) Accroissement annuel naturel Excédent migratoire évalué 6 4 1 9 8 2-2 191 196 1911 1916 1921 1926 1931 1936 1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981 1986 1991 1996 21 26 7 6 5 4 3-4 - 6 2 1-8 1946 1949 1952 1955 1958 1961 1964 1967 197 1973 1976 1979 1982 1985 1988 1991 1994 1997 2 23 26 29 INED, Institut national d'études démographiques, Base de données des pays développés 8 Faites une phrase avec les chiffres de 21. 9 Quel a été l accroissement total de la population en 21? 1 Quelles sont les grandes phases des mouvements de population en France métropolitaine? 11 Expliquez ces mouvements au regard des événements historiques que vous connaissez. 1 Chapitre 1 Économie et démographie
B Des différences dans les dynamiques démographiques européennes Document 4 Indicateurs de fécondité (nombre moyen d enfants par femme) en 29 2,5 2 1,5 1,5 Allemagne Belgique Bulgarie Danemark Espagne Finlande France métropolitaine Grèce Hongrie Irlande Italie Pays-Bas Pologne Portugal République tchèque Roumanie Royaume-Uni Slovénie Slovaquie Suède 1 Faites une phrase pour la France. 2 Quel est le seuil de renouvellement de la population? Justifiez votre réponse. 3 Quels pays européens sont les plus féconds? Les moins féconds? 4 Quels problèmes ces derniers risquent-ils de rencontrer? Existe-t-il des solutions? Eurostat et ONU, publié sur www.ined.fr, INED Document 5 Espérance de vie à la naissance en Europe en 29 5 Quel pays européen connaît l espérance de vie la plus élevée? La moins élevée? 6 Calculez l écart d espérance de vie entre les hommes et les femmes aux Pays-Bas et en Pologne. 7 Quelles hypothèses peut-on avancer pour expliquer les différences constatées à la question précédente? Hommes Femmes Allemagne 77,4 82,6 Espagne 78,3 84,7 France métropolitaine 77,8 84,5 Irlande 76,8 81,6 Italie 78,9 84,1 Pays-Bas 78,6 82,5 Pologne 71,5 8,1 Roumanie 69,7 77,1 Royaume-Uni 78,1 82,1 Suède 79,4 83,4 Eurostat et ONU, publié sur www.ined.fr INED Document 6 Taux d accroissement migratoire en 21 (pour 1 ) 1 8 6 4 8 Faites une phrase pour l Irlande et la Norvège. 9 Quels sont les pays d immigration et d émigration en 21? 2-2 - 4-6 Allemagne Autriche Bulgarie Chypre Espagne France Irlande Italie Malte Norvège Pologne Portugal Royaume-Uni République tchèque - 8-1 INED, Institut national d études démographiques, Base de données des pays développés Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 11
Document 7 Évolution de la structure de la population de quelques pays européens Allemagne France Pologne 1,7,7 8,7 1 9,7 4,5 moins de 2 ans 3,4 2-65 ans 3,2 195 65-8 ans 195 195 39,1 59,9 plus de 8 ans 58,4 55,7 2,7 5,1 18,8 16,8 5,3 24,5 13,5 3,3 21,8 21 21 21 55,4 53,4 61,4 D après les données du site www.ined.fr 1 Comment a évolué la structure de la population des trois pays ci-dessus entre 195 et 21? 11 Expliquez ces évolutions à l aide des caractéristiques démographiques que vous avez constatées précédemment. Document 8 Population en âge de travailler et population active Le taux d activité est le rapport entre le nombre d actifs et l ensemble de la population correspondante. Population (15 à 64 ans) Population active 1992 21 21 1992 21 21 Allemagne* 54 486,4 54 972,8 53 546,3 39 59,3 39 71,4 41 683,6 Espagne 25 893,7 27 741,6 31 26,7 15 133,5 18 23,3 23 89, France 36 431,1 37 681,8 39 995,8 24 412,2 25 981,8 28 539,8 Royaume-Uni 37 215,5 38 52, 4 44,6 28 458,3 29 76,2 31 381,8 * (incluant l ancienne RDA à partir de 1991) Eurostat, Population, activité et inactivité - Moyennes annuelles, 19-1-211 12 Rappelez les définitions de «population en âge de travailler» et «population active». 13 Calculez les taux de variation de ces populations entre 1992 et 21, puis entre 21 et 21 pour chacun des pays. 14 Commentez la situation de l Allemagne. 15 Population en âge de travailler et population active évoluent-elles au même rythme? Comment expliquer l écart entre les deux? 16 Calculez le taux d activité des 15-64 ans en France et en Espagne en 1992 et en 21. Qu en concluez-vous? 12 Chapitre 1 Économie et démographie
Document 9 Taux de dépendance vieillesse projeté (%) 7 6 5 4 3 2 21 26 1 UE (27 pays) Danemark Allemagne Irlande Espagne France Italie Pologne Portugal Roumanie Royaume-Uni Norvège Commission européenne, Eurostat, http://epp.eurostat.ec.europa.eu Le taux de dépendance vieillesse projeté est le rapport entre le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus et le nombre de personnes de 15 à 64 ans. 17 Comment devrait évoluer le taux de dépendance vieillesse dans l Union européenne? 18 Quels pays seront particulièrement touchés par ce phénomène? 19 À quelles contraintes les pays de l Union européenne devront-ils faire face? 2 Le rôle de l épargne (économie fermée) A Le cycle de vie Document 1 Taux d épargne net des ménages et des institutions sans but lucratif au service des ménages (%) 25 2 15 1 5-5 - 1 * Taux d épargne brut 25 26 27 28 29 21 211 212 Danemark Allemagne Irlande Perspectives Économiques N 89, 6/211, Projections annuelles pour les pays OCDE, http://stats.oecd.org Italie Norvège Pologne France* Portugal* Espagne* Royaume-Uni* 1 Comment un pays peut-il avoir un taux d épargne négatif? 2 Quel est le taux d épargne moyen en France? Que signifie ce chiffre? 3 Pourquoi les taux d épargne de certains pays augmententils brusquement en 29? 4 Comparez le comportement d épargne des ménages français et espagnols (en faisant abstraction de 29). Essayez de l expliquer à partir des caractéristiques démographiques de ces pays. 5 Faites le même travail pour l Allemagne et la Pologne. L épargne nette est égale à l épargne brute à laquelle on a retranché la consommation de capital fixe. Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 13
6 Les ménages européens connaissent-ils exactement leur durée de vie et leurs revenus futurs? Peuvent-ils les estimer? 7 Expliquez le passage souligné. 8 Comment est-il possible de «lisser la consommation dans le temps»? Document 11 Revenu, consommation et patrimoine Dans sa formulation la plus simple, la théorie du cycle de vie ne prend pas en compte l incertitude ni l imperfection des marchés financiers. Les ménages connaissent leur durée de vie (finie) et leurs revenus futurs, ils peuvent emprunter et prêter à un taux unique, sans autre contrainte que leur solvabilité (c est-à-dire leur capacité de remboursement). Dans ces conditions, les propensions moyennes et marginales à consommer sont toutes deux égales à l unité. En effet, en l absence d héritage ou d incertitude sur la date de leur décès, les ménages n ont aucune raison de laisser un revenu inemployé, et ne vivent que pour consommer. [ ] L épargne permet de lisser la consommation dans le temps en reportant une partie de la consommation vers les périodes où les revenus escomptés sont plus faibles, la «jeunesse» (période de formation ou de début de la vie active) et la «retraite». P. Villieu, Macroéconomie : consommation et épargne, Éditions La Découverte, coll. Repères, 3 e édition, 28 Document 12 Le diagramme du cycle de vie Revenu Consommation Patrimoine A Jeunesse Patrimoine B Activité Consommation Revenu P. Villieu, Macroéconomie : consommation et épargne, Éditions La Découverte, coll. Repères, 3 e édition, 28 C Retraite Âge 9 Décrivez chaque phase de la vie d un individu à l aide du graphique. 1 De quel individu s agit-il? Tout le monde se comportet-il de cette façon? 11 Expliquez à nouveau, sous l angle du cycle de vie, les différences de taux d épargne de la France et de l Espagne, de l Allemagne et de la Pologne, vus dans le document 1. 12 Toujours dans le document 1, cherchez des contreexemples à cette théorie. B L évolution des structures démographiques, l accumulation patrimoniale et la croissance économique 1 Selon la théorie du cycle de vie, une croissance démographique nulle ou une économie stationnaire peut-elle entraîner un taux d épargne positif? 2 En 21, le gouvernement français a reculé l âge de la retraite à 62 ans (67 ans pour une retraite à taux plein) : quel devrait être l impact d une telle mesure sur le taux d épargne? 3 Sur quelle base est calculé le montant de la pension de retraite? Ce montant estil réévalué (et comment)? Pourquoi les revenus des actifs du moment sont-ils supérieurs à ceux de la génération antérieure? Document 13 Les déterminants du taux d épargne : croissance et démographie La croissance démographique. Elle entraîne un accroissement du nombre de «jeunes» et d «actifs» par rapport au nombre de «retraités». Puisque les premiers épargnent (globalement), tandis que les seconds désépargnent, il doit en résulter un taux d épargne positif. De même un allongement de l espérance de vie (à durée de vie active inchangée), ou une diminution de l âge de la retraite à espérance de vie inchangée, accroît le taux d épargne, chaque individu ayant besoin d accumuler un patrimoine plus élevé pour financer sa consommation durant sa retraite plus longue. À l inverse, toute modification de la répartition par âge en faveur des «retraités» exerce un effet déprimant sur l épargne, à moins que les agents n anticipent une menace sur leurs retraites futures [ ]. La croissance économique (augmentation du revenu par tête). Elle engendre une épargne positive, puisque la désépargne des «retraités», fondée sur des revenus antérieurs plus faibles, est plus que compensée par l épargne des «jeunes» et des «actifs», fondée sur les revenus récents plus élevés. Les perspectives de croissance peuvent alors expliquer une part importante des différences de taux d épargne entre les pays. P. Villieu, Macroéconomie : consommation et épargne, Éditions La Découverte, coll. Repères, 3 e édition, 28 14 Chapitre 1 Économie et démographie
Document 14 Taux de détention de patrimoine par les ménages selon l âge en 23-24 (%) 35 3 25 2 15 1 5 Patrimoine immobilier Épargne salariale Ass-vie, PEP, ép. Retraite Valeurs mobilières Épargne-logement Livrets d épargne Moins de De 3 à De 4 à De 5 à De 6 à 7 ans 3 ans 39 ans 49 ans 59 ans 7 ans et plus www.insee.fr 4 En moyenne, quelle est la part des ménages qui possèdent (au moins) un livret d épargne? 5 Comment évolue le taux de détention d un patrimoine selon l âge? Comment pouvez-vous l expliquer? 6 Quels patrimoines s accroissent avec l âge? Lesquels diminuent? Expliquez ces évolutions. 7 Ce graphique vous semble-t-il confirmer l hypothèse du cycle de vie? Document 15 Le patrimoine et ses logiques d accumulation Les quatre modèles d épargne qui sont proposés se différencient principalement par la longueur de l horizon temporel invoquée. Le modèle de comportement myope se caractérise par un horizon temporel court, borné, qui pourrait rendre compte de l existence des patrimoines modestes épousant les fluctuations du revenu courant. Le modèle de cycle de vie suppose que les consommateurs ont pour horizon temporel la durée de leur existence. Selon le modèle dynastique ou hypermétrope, les préférences intègrent le bien-être des générations suivantes. Alors que le ménage de cycle de vie cherche à consommer à terme la totalité des ressources perçues, le ménage dynastique transmet des ressources à ses enfants. Enfin, la constitution des grandes fortunes semble répondre à d autres besoins : volonté de puissance, pouvoir économique, prestige social, passion ou même désir d éternité. Parallèlement, pour prendre en compte ces dimensions hétérogènes de l accumulation, on distingue deux formes d épargne : l épargne pour soi, dont le processus d accumulation serait bien expliqué par l hypothèse du cycle de vie ; l épargne en soi ou pour autrui dont les déterminants seraient étrangers à cette hypothèse et répondraient soit au désir de transmission, soit aux autres motifs de détention patrimoniale. L. Arrondel et A. Masson, Les avatars du lien social, Alain Supiot, 24 8 Classez les comportements des ménages suivants en fonction du modèle d épargne : - le ménage vit au jour le jour et ne prend pas en compte les événements ultérieurs ; - il diminue son épargne car il va toucher une pension de retraite ; - il achète une résidence secondaire pour accroître son prestige social ; - il laisse un héritage plus important à l enfant qui a le moins bien réussi scolairement que ses frères ; - il accumule pendant sa durée d activité un patrimoine qu il consommera par la suite ; - il fonde une famille pour transmettre la fortune qu il a accumulée ; - il constitue une épargne supplémentaire par crainte du chômage ; - il décède «plus tôt que prévu», et laisse un héritage «involontaire»; - il veut contrôler le comportement de ses enfants et acheter leur reconnaissance ; - il veut procurer à ses enfants un niveau de vie comparable au sien. 9 Tous les ménages ont-ils un comportement d épargne en terme de cycle de vie? 1 À quelle classe sociale (populaire, moyenne, dominante) les comportements décrits ci-dessus semblent-ils correspondre? Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 15
Document 16 Taux d épargne des ménages en % 25 2 Taux d épargne 15 Taux d investissement immobilier (1) 1 5 Taux d épargne financière Taux d investissement des entreprises 1959 1964 1969 1974 1979 1984 1989 1994 1999 24 29 (1) Rapport de la formation brute de capital fixe des ménages (hors entrepreneurs individuels) au revenu disponible brut. Champ : France Insee, comptes nationaux base 2 11 Quelles sont les utilisations possibles de l épargne des ménages? Déduisez-en le lien entre les différentes courbes. 12 Dans quelle mesure le taux d investissement des ménages (immobilier et entrepreneurs individuels) est-il facteur de croissance économique? 13 À quoi sert l épargne financière? Peut-elle aussi favoriser la croissance? Document 17 Taux de détention de patrimoine par les ménages selon la catégorie socioprofessionnelle (%) Livrets d'épargne Épargnelogement Valeurs mobilières Ass-vie, PEP, ép. Retraite Épargne salariale Patrimoine Immobilier Agriculteur 91,6 72,7 42,3 65,3 7,7 88,9 Artisan, commerçant, industriel 74,7 5,5 42, 6,9 12,8 71,4 Profession libérale 82,9 67,9 61,2 82, 14,8 81,8 Cadre 9,6 65,7 5,3 58,2 39,2 73,8 Profession intermédiaire 88,2 53,2 25,2 48,5 31,5 64,1 Employé 84,7 38,6 14,4 39,5 16,7 41,7 Ouvrier qualifié 81,7 4,3 12,4 38, 27, 54, Ouvrier non qualifié 78,3 28, 7,4 34,6 14,4 34,9 Agriculteur retraité 85,9 34,9 26,4 39,8 1,1 71,8 Indépendant retraité 81,4 31,1 4,4 49,7 1,2 8,5 Salarié retraité 83,1 32,9 23,8 42,3 3,9 68,8 Autre inactif 7,1 19,6 8,8 17, 2,7 32,4 Champ : France métropolitaine www.insee.fr Enquêtes patrimoines 14 Faites une phrase avec les données en rouge. 15 À quelle classe sociale appartiennent les professions libérales et les cadres? Comparez la structure de leur patrimoine et justifiez les écarts constatés. 16 Quelle est la CSP qui détient le moins de patrimoine? De quel modèle de comportement d épargne décrit dans le document précédent se rapproche-t-on? 17 Selon la théorie du cycle de vie, comment devrait être le taux de détention d épargne des retraités? Le document confirme-t-il la théorie? 16 Chapitre 1 Économie et démographie
3 L épargne, l investissement et le solde courant de la balance des paiements en économie ouverte Document 18 Facteurs démographiques, taux d épargne, et mondialisation À partir de simulations opérées dans un modèle de cycle de vie, le [ ] CEPII [ ] explique ainsi l évolution des taux d épargne au sein des grandes zones mondiales par des modifications de la structure de la pyramide des âges. D après ces travaux, la part de la population à forte épargne (4-65 ans) devrait diminuer dans les régions développées jusqu en 235, mais augmenter dans les régions en développement. Durant la transition, la globalisation financière pourrait donc favoriser le transfert d épargne des pays riches vers les pays pauvres, pour financer leur développement, et, à partir de 235, l épargne dégagée par ces derniers pourrait servir au remboursement. Ce scénario global mutuellement avantageux peut néanmoins masquer des évolutions nationales insoutenables (en Europe notamment) et se heurte au constat que, dans les faits, les capitaux ne se déplacent pas des pays riches vers les pays pauvres [ ]. De surcroît, il convient de souligner les limites de ce genre d exercice. Outre le fait que les projections démographiques à long terme ne sont pas toujours fiables, les prévisions reposent sur l hypothèse de désépargne des ménages âgés, que les faits ne vérifient pas autant que le voudrait la théorie du cycle de vie. De plus, les facteurs conjoncturels dominent largement les facteurs démographiques dans l évolution du taux d épargne. P. Villieu, Macroéconomie : consommation et épargne, Éditions La Découverte, coll. Repères, 3 e édition, 28 1 Comment doit évoluer la démographie des pays riches et des pays en développement? 2 D après les simulations, à quel moment l épargne des pays pauvres doit-elle excéder celle des pays riches? Cette évolution est-elle certaine? 3 D ici cette date, comment doit se déplacer l épargne dans le monde? Document 19 Origines et emplois de l épargne mondiale (en % du PIB, données PPA) 1989-96 1997-24 25 26 27 28 29 21 211 Pays avancés Épargne 21,9 2,8 2,1 2,9 2,7 19,8 17,2 18,2 18,6 Investissement 22,5 21,2 21,2 21,7 21,7 21 17,8 18,6 19,1 Prêts nets -,6 -,4-1 -,7-1 - 1,2 -,5 -,4 -,5 Transferts courants -,4 -,6 -,7 -,7 -,8 -,8 -,8 -,9 -,8 Revenu des facteurs -,5,3,7 1,1,5,5,3,7,5 Solde des ressources,4 -,1 -,9-1 -,5 -,7,1 Pays émergents et en développement Épargne 23,5 25,5 3,7 32,8 33 33,6 31,9 33 34 Investissement 26 25 26,9 27,9 29,1 3,1 3,4 31,1 31,7 Prêts nets - 1,9,5 3,8 4,9 3,9 3,4 1,6 1,9 2,3 Transferts courants,6 1,2 1,7 1,7 1,6 1,5 1,4 1,2 1,2 Revenu des facteurs - 1,6-1,9-2,1-1,8-1,7-1,7-1,5-1,6-1,6 Solde des ressources -,9 1,2 4,2 5,1 4 3,7 1,7 2,2 2,8 Lecture : il s agit de l épargne nationale et de l investissement intérieur brut. L investissement extérieur net est égal au solde des transactions courantes, divisé en trois composantes : les transferts courants, le revenu des facteurs (net) et le solde des ressources. «Perspectives de l économie mondiale», FMI, 9/211, www.imf.org 4 Qu est-ce qu une capacité de financement? Un besoin de financement? 5 À quoi correspondent les «prêts nets»? 6 Illustrez chaque composante de la balance courante par un exemple concret. 7 L évolution de l épargne dans les pays développés et dans les pays en développement confirme-t-elle la théorie du cycle de vie? Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 17
Conclusion Les grandes évolutions démographiques Nous assistons à une augmentation séculaire de la population française, liée à des soldes naturel et migratoire positifs, à une baisse de la fécondité depuis la fin des années 196 et à un allongement de l espérance de vie. Il en découle un vieillissement de la population, phénomène plus ou moins marqué au niveau européen, posant un problème de dépendance des inactifs. Le rôle de l épargne en économie fermée Selon la théorie du cycle de vie, l allongement de l espérance de vie devrait se traduire par une hausse de l épargne dans les pays européens : chaque individu, anticipant une retraite plus longue, a tendance à accumuler un patrimoine plus élevé durant sa période d activité, en prévision de la hausse de ses futurs besoins de consommation. La logique d accumulation patrimoniale varie en fonction de l âge, mais aussi en fonction du groupe socioprofessionnel. Épargne, investissement et balance courante en économie ouverte Selon la théorie du cycle de vie, l épargne des pays riches devrait se diriger vers les pays en développement, dont les structures démographiques sont beaucoup plus «jeunes». Ce transfert d épargne ne semble pas pour l instant validé par les faits. Franco Modigliani (1918-23), économiste italo-américain, a formulé la théorie du cycle de vie en 1954 et 1963. Il a obtenu le prix Nobel d économie en 1985. Questions de réflexion Comment peut-on analyser le phénomène de vieillissement de la population au niveau européen? Quel est l impact de la dynamique démographique sur les comportements d épargne en économie fermée? La logique d accumulation patrimoniale est-elle déterminée uniquement par la structure démographique? Quels sont les liens entre la dynamique démographique et la croissance économique? Comment expliquer le solde courant de la balance des paiements à partir des comportements d épargne et d investissement? P. Villieu, Macroéconomie : consommation et épargne, Éditions La Découverte, coll. Repères, 3 e édition, 28. INED, Bulletin d informations Population et sociétés. Institut national d études démographiques : www.ined.fr Statistiques européennes : http://epp.eurostat.ec.europa.eu Statistiques de l Organisation de coopération et de développement économiques : http://stats.oecd.org 18 Chapitre 1 Économie et démographie
Autoévaluation 1 Vrai ou faux? Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? 1 L augmentation de la population française est un phénomène inéluctable. 2 Depuis 1974, le solde migratoire ne cesse de se restreindre. 3 La France a une fécondité plutôt élevée par rapport à la moyenne européenne. 4 La France a l espérance de vie la plus élevée d Europe. 5 Le taux de dépendance vieillesse devrait augmenter dans tous les pays européens. 6 On peut expliquer les comportements d épargne européens seulement à partir de critères démographiques. 7 Selon la théorie du cycle de vie, l augmentation du poids des retraités, toutes choses égales par ailleurs, entraîne une hausse de la consommation. 8 Selon la théorie du cycle de vie, le vieillissement de la population entraîne une hausse de la consommation des actifs. 9 Le poids du patrimoine financier augmente avec l âge. 1 C est l excès d épargne des pays européens qui finance les investissements des pays en développement. Autoévaluation 2 Compréhension d un graphique 13 125 12 115 11 15 1 95 9 85 Évolution du ratio de dépendance économique 8 196 197 198 199 2 21 22 23 24 25 26 Champ : France métropolitaine Ratio observé Projection Espérance de vie haute Migration basse Fécondité haute Scénario central Fécondité basse Migration haute Espérance de vie basse Estimations de population et projection de population 27-26, www.insee.fr 1 On voit bien sur ce graphique que : A - En 27, il y a 86 personnes d âge «inactif» (plus de 6 ans et moins de 2 ans) pour 1 personnes d âge «actif» (2 à 59 ans). B - En 27, il y a 86 personnes d âge «inactif» (plus de 6 ans) pour 1 personnes d âge «actif» (moins de 59 ans). C - En 27, il y a 86 inactifs pour 1 actifs. 2 Les données de ce graphique permettent de conclure que : A - La dépendance des inactifs devrait augmenter quel que soit le scénario retenu. B - Une migration haute devrait augmenter le taux de dépendance. C - Une espérance de vie haute devrait augmenter le taux de dépendance. Thème 1.1 Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique? 19
Vers le Bac... Chapitre 1 Économie et démographie Sujet La régulation marchande du système de santé garantit-elle une meilleure efficacité de celui-ci? Document 1 Consommation de soins et de biens médicaux Base 1 1995 2 25 25* 28 29 21 Soins hospitaliers 1995 2 25 25* 28 29 21 Soins ambulatoires ou de ville (1) 1 111 142 144 16 166 17,6 Médecins 1 116 153 14 157 161 164,2 Auxiliaires médicaux 1 117 147 127 14 142 141,5 Dentistes 1 121 171 156 19 2 211,5 Analyses 1 112 145 145 16 162 165 Cures thermales 1 117 167 158 171 175 179,2 Transports de malades 1 1 1 1 1 1 1 Médicaments 1 127 187 187 227 24 253,3 Autres biens médicaux 1 128 17 166 181 184 185,9 Consommation de soins et de biens médicaux 1 154 227 238 289 297 313,5 (1) Soins ambulatoires en base 2, soins de ville en bas 25. Champ : France. Drees, comptes de la santé (base 2 jusqu en 25) Document 2 La santé : au cœur du débat présidentiel En 2, le système de santé français était classé premier par l OMS. Depuis, il a reculé à la septième place, notamment en raison du développement des inégalités d accès aux soins. Ces inégalités ont plusieurs déterminants dont deux essentiels : financier et territorial. Ainsi 15 % des Français renoncent à des soins pour des raisons financières. C est 3 % pour ceux qui ne peuvent pas souscrire à une assurance «complémentaire». [ ] L extension du rôle des mutuelles et des assurances privées est le résultat du désengagement de la Sécurité sociale voulu par le gouvernement. [ ] Elles sont aussi plus coûteuses : leurs frais de gestion et de communication tapageuses dépassent 2 % du chiffre d affaires alors que les frais de gestion de la Sécurité sociale sont inférieurs à 5 %. À cela s ajoutent bien sûr pour les assurances privées les dividendes versés aux actionnaires. Le gouvernement a tiré argument du développement de ces assurances «complémentaires» pour laisser filer les dépassements d honoraires des médecins du secteur 2 et renoncer à revaloriser les tarifs du secteur 1. [ ]. Ainsi le recours aux mécanismes du marché pour réguler les coûts de santé induit une augmentation des inégalités avec au final un coût plus élevé pour notre société. Le marché s avère tout aussi incapable d assurer une répartition équilibrée des médecins sur le territoire. Les médecins autorisés à s installer en secteur 2 ne se répartissent pas sur le territoire en fonction des besoins des patients ; ils s installent en fonction des revenus de la population environnante. Il est donc justifié de limiter la liberté d installation en secteur 2 [ ]. Cependant, cette mesure ne suffira pas. Il faudra demander à des médecins hospitaliers d assurer des «consultations avancées» un ou deux jours par semaine au sein des déserts médicaux, si besoin avec l aide d autres professionnels de santé. Pour améliorer à moyen terme la répartition régionale des médecins, il faudra aussi modifier l examen qui permet l admission à l internat de spécialité.[ ] A. Grimaldi, O. Lyon-Caen, J.-P. Vernant, www.lemonde.fr (abonnés), 1/212 2