Pathologie respiratoire en élevage bovin

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Pathologie respiratoire en élevage bovin La meilleure solution pour éviter les problèmes respiratoires et leur cortège de frais de soins, de présence de non valeurs économiques, de bons d équarrissage et autres désagréments, est la prévention des troubles respiratoires. La prévention passe par quelques points essentiels : Bonne distribution du colostrum lors de la naissance du veau Bonne maitrise de l ambiance du bâtiment Bon équilibre nutritionnel, en quantité et en qualité Si ces trois points sont respectés, tout ira bien ; si un ou plusieurs de ces points ne sont pas ou ne peuvent pas être respectés, il faudra compléter les mesures mises en place par une prévention médicale, en général par la mise en place d un programme de vaccination. Dans quelques rares situations particulières, il faudra avoir recours à une antibioprévention, à raisonner avec votre vétérinaire.

PREVENTION DES TROUBLES RESPIRATOIRES EN ELEVAGE BOVIN : La protection des jeunes veaux En matière de vaccination contre les pathologies respiratoires, aucun vaccin ne protègera jamais contre toutes les maladies ; il faut donc adopter une stratégie globale basée sur le logement des animaux (ventilation, confort des animaux), la qualité de leur alimentation (qui débute dans le ventre de la mère, en fin de gestation), une vaccination avec des valences judicieusement choisies, une surveillance bi quotidienne des animaux, et une réactivité sans faille de l éleveur. Toutes ces conditions réunies doivent effacer les pertes d animaux ou les retards de croissance liés aux troubles respiratoires. Les jeunes veaux ont besoin d une protection efficace contre les maladies respiratoires durant la période de stabulation hivernale. 67% des jeunes veaux en moyenne sont touchés par une maladie respiratoire avant l âge de 3 mois (étude Pfizer). La stratégie vaccinale à adopter doit viser en priorité les pathologies respiratoires dont la cause est virale. En effet, lors d apparition de pathologie de ce type, on ne peut que limiter les dégâts, les médicaments étant peu efficaces sur les virus ; il faut donc vacciner absolument contre les maladies virales (RS - P.I.3 - formes respiratoires du BVD). On peut éventuellement compléter cette protection avec une vaccination contre les pasteurelloses. Parallèlement, il faut avoir à portée de main un antibiotique large spectre et un antiinflammatoire longue durée afin de pouvoir intervenir rapidement si nécessaire. En effet, si une vaccination efficace contre les virus est mise en place, les veaux ne peuvent plus être victimes que d affections bactériennes (pasteurellose, mycoplasmose, etc.) qui guérissent rapidement (nette amélioration en 24 heures) avec un antibiotique approprié et une intervention rapide.

Les plans de protection proposés sont les suivants : Rispoval intra nasal(vaccination contre RS et P.I.3) A utiliser en cas de troubles respiratoires apparaissant avant l âge de 6 semaines. Dès le mois de septembre, commencer à vacciner les veaux, afin d avoir un bon «tapis» immunitaire à l arrivée de la mauvaise saison. Procéder par paquet de 5 veaux, le plus jeunes ayant au moins 9 jours. Flacon de 5 doses ou 25 doses; une dose = 2 ml, à administrer par voie intra nasale dès la première semaine d âge. Rispoval IntraNasal procure aux jeunes veaux une protection PRECOCE et RAPIDE contre les virus RS et PI3. Une administration est possible dès 9 jours d âge avec une immunité qui se met en place en 5 jours contre le RS et en 10 jours contre PI3 et qui dure au minimum 12 semaines. Le protocole ci-dessous est à mettre en place lorsque les problèmes respiratoires n apparaissent que la première année de vie. En cas de problème la seconde année il est conseillé de réaliser un protocole avec le vaccin Rispoval 3. Ce protocole doit bien sûr être associé à l amélioration des conditions d ambiance et d alimentation si elles ne sont pas satisfaisantes. La mise en place de protocoles de vaccination, en plus des mesures générales préconisées plus haut, diminue très significativement l usage des antibiotiques en évitant les épisodes pathologiques souvent récurrents pendant la mauvaise saison.

De plus, l usage des antibiotiques en cas de pathologie respiratoire, n est pas toujours d un effet spectaculaire et bien souvent laissera quelques cadavres et quelques animaux qualifiés de «non-valeur économique» sur son passage. Les protocoles de vaccination possibles sont les suivants : Veaux nés en début d hiver : Vaccination dès le mois de septembre Protection jusqu à la mise à l herbe Une administration dès 9 jours Rappel à 3 mois Veaux nés en fin d hiver : A partir de janvier Protection jusqu à la mise à l herbe Une administration unique dès 9 jours D autres protocoles sont possibles et d autres vaccins sont disponibles ; consulter votre vétérinaire.

Rispoval III (prévention contre RS, P.I.3 et valences respiratoires BVD) A utiliser si on ne constate pas de troubles respiratoires avant l âge de 6 semaines. Flacon de 5 doses ; une dose = 4 ml, à injecter par voie intramusculaire à partir de l âge de 3 semaines. Procéder à une injection de rappel un mois après la première administration. Bovilis Bovigrip (prévention contre RS, P.I.3 et Mannheimia haemolytica) A utiliser si on ne constate pas de troubles respiratoires avant l âge de 6 semaines. Flacon de 10 doses ; une dose = 5 ml, à injecter par voie sous cutanée à partir de l âge de 3 semaines. Procéder à une injection de rappel un mois après la première administration. Surveiller les animaux matin et soir et prendre immédiatement la température de tout animal suspect. En cas d échec de ce plan de prévention, avertir rapidement le vétérinaire ; en cas de mort d un ou plusieurs animaux, faire procéder impérativement à l autopsie d au moins un cadavre.

PREVENTION DES TROUBLES RESPIRATOIRES EN ELEVAGE BOVIN : La protection des broutards à l entrée en atelier d engraissement Les généralités sont les mêmes que celles indiquées pour les veaux (voir le chapitre précédent) Plan de protection proposé : Dès l entrée en atelier d engraissement (avant si possible), procéder à un déparasitage des broutards En principe, la vaccination ne doit être faite que 8 jours après le déparasitage, un parasitisme trop important empêche le système immunitaire d élaborer la protection initiée par la vaccination. Pendant la mauvaise saison ou en cas de transport long et stressant, distribuer dès l arrivée et pendant à jours un aliment appétant, suffisamment riche en fibres, auquel on mélange aspirine et propylène glycol en proportion adaptée au poids des broutards. On peut remplacer ou compléter cette cure par une injection d antibiotique longue durée à titre préventif, effectuée dès l arrivée des animaux ; le choix de cet antibiotique est à déterminer avec votre vétérinaire. Toutes ces conditions étant respectées, on peut alors procéder à la vaccination : RISPOVAL III : (vaccination contre RS, P.I.3 et valences respiratoires de BVD) Flacon de 5 doses ; une dose = 4 ml, à injecter par voie intramusculaire. Procéder à une injection de rappel un mois après la première injection. Mise en place de l immunité (=protection) environ 4 semaines après la première injection.

Ou : Bovilis Bovigrip (prévention contre RS, P.I.3 et Mannheimia haemolytica) Flacon de 10 doses ; une dose = 5 ml, à injecter par voie sous cutanée à partir de l âge de 3 semaines. Procéder à une injection de rappel un mois après la première injection. Mise en place de l immunité (=protection) environ 4 semaines après la première injection. Ou : RISPOVAL INTRA NASAL : (vaccination d urgence contre RS et P.I.3) Flacon de 5 doses ou 25 doses ; une dose = 2 ml à administrer par voie intra nasale. En cas d arrivée de broutards en mauvaise saison après un transport stressant, l administration intra nasale d une dose de RISPOVAL INTRA NASAL le jour de l arrivée offre une protection environ 6 jours après l administration (protection limitée à quelques semaines et qui ne dispense pas du protocole injectable) En cas d atelier recevant des animaux non indemnes en IBR, une vaccination IBR est indispensable. On peut éventuellement compléter cette protection avec une vaccination contre les pasteurelloses. Plan de protection «express» : Ce plan est réservé aux ateliers d engraissement ne disposant pas d une main d œuvre suffisante pour procéder à la mise en place d une prévention comme indiqué précédemment. On commettra donc quelques entorses aux bonnes pratiques, mais le résultat sera nettement meilleur que si l on applique un plan de prévention que partiellement par manque de temps ou de bras (ce qui revient à peu près au même!) Dans le plan précédent, il y a une manipulation des animaux à l arrivée (déparasitage, antibio prévention éventuelle), puis 8 jours plus tard (vaccination) puis 4 semaines plus tard (rappel).

Le plan «express» appliqué à son niveau de protection le plus élevé, pour les ateliers à haut risque respiratoire, ne comporte qu une prise en main des broutards le jour de l arrivée puis une deuxième manipulation un mois plus tard, pour une protection valable de 6 mois. A l arrivée : Déparasitage. Vaccin Rispoval intra nasal : protection acquise en 8 jours, efficace 3 mois. Vaccin Rispoval 3 : protection acquise en 3 à 4 semaines ; rappel nécessaire pour obtenir une protection de 6 mois. Vaccin IBR (intra nasal possible : protection acquise 4 jours après administration, pour une durée de 6 mois) pour les broutards d origine non indemnes. Antibioprévention avec une molécule longue durée. Trois à quatre semaines plus tard : Vaccin Rispoval 3 : rappel pour une protection de 6 mois. Vaccin IBR : rappel si le premier vaccin était fait par voie injectable. J0 J1 J2 (= arrivée des broutards) J21àJ30 Injection AB longue action Rispoval Intra Nasal Rispoval 3 IBR Marker Live Intra Nasal Aspirine dans la ration Déparasitage interne/externe Aspirine Aspirine Rappel RISPOVAL 3

Détail des durées de protection couvertes par le programme : J0 J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J14 J21 J90 J200 IBR intra nasal ANTIBIOTIQUE LONGUE ACTION Rispoval intra nasal Rispoval 3 aspirine Rappel Le coût du programme complet, déparasitage inclus, est estimé entre 50 et 60 HT par broutard, c'est-à-dire environ 3% du prix de vente du taurillon fini. Un épisode respiratoire sévère en atelier d engraissement fait régulièrement 4 à 5 % de morts, auxquels on ajoute ceux qui végèterons jusqu à l abattage, à l occasion duquel ils ont une forte probabilité d être saisis. Le coût des soins lors d un épisode pathologique est au moins égal à celui de la prévention qu on aurait dû mettre en place.. Faites vos calculs. Rouler en voiture sans assurance peut bien se passer pendant plusieurs années, mais le jour où l accident arrive, ça fait très mal! La surveillance en atelier d engraissement. En période à risque de troubles respiratoires (saison, météo, transport, stress divers, etc.), l observation scrupuleuse des animaux en atelier d engraissement est indispensable matin et soir. En effet, lors d apparition de certaines pathologies (mycoplasmose par exemple), l évolution de la maladie est tellement rapide qu une seule observation par jour ne suffit pas : si l animal malade est repéré et soigné rapidement, il a toutes les chances de guérir ; sinon, c est l issue fatale ou l évolution vers la non-valeur économique.

Premier exemple : Observation des animaux le matin à 8 heures Début de la maladie (premiers signes visibles) vers 10 h le matin Repérage et soins le lendemain vers 8 heures Résultat : 22 heures de passées depuis le début de la maladie! Deuxième exemple : Observation des animaux le matin à 8 heures et le soir à 18 heures Début de la maladie (premiers signes visibles) vers 10 h le matin Repérage et soins le soir vers 18 heures Résultat : 8 heures de passées depuis le début de la maladie! Différence entre les deux exemples : 14 heures pendant lesquelles la maladie progresse et provoque des dégâts irréversibles ; en effet, les médicaments stoppent la maladie mais ne réparent pas les dégâts bien installés, et en 14 heures de temps, ils ont tout loisir de s installer, ou de provoquer la mort. Un doute sur un animal? Prise de température! Perte de temps? Oui, parfois, mais combien d animaux sauvés! Posologies et délais d attente des produits vétérinaires cités : consulter l ordonnance accompagnant la délivrance du produit.

Pour la vaccination, prendre les précautions habituelles : - respecter la chaîne du froid - utiliser impérativement un vaccin entamé au plus tard dans les 4 heures - utiliser des seringues et aiguilles à usage unique. - ne vacciner que des animaux en bonne santé. - En cas d utilisation de pistolets automatiques, il est interdit de les rincer avec un produit désinfectant ; il faut utiliser de l eau chaude, puis de l eau minérale (absence de produits désinfectants) pour rincer abondamment le matériel avant de le laisser sécher.

TROUBLES RESPIRATOIRES EN ELEVAGE BOVIN : conduite à tenir Avant toute chose, il est impératif de prendre la température du bovin présentant des troubles respiratoires. Moins de 39 : il ne s agit pas d une pneumonie, consulter un vétérinaire. Plus de 39 : il s agit fort probablement d une pneumonie Traitement à mettre en œuvre sur l animal présentant des signes de pneumonie : Utiliser de préférence des médicaments «longue action» car un bovin atteint de pneumonie doit être stressé et manipulé le moins possible sous peine d aggraver sa détresse respiratoire. Injection d un antibiotique longue action : Le choix de l antibiotique se fera en concertation avec le vétérinaire

Injection d un anti-inflammatoire longue action : Associer systématiquement un anti-inflammatoire afin de faire baisser la température le plus vite possible et de limiter les séquelles (hépatisation des lobes pulmonaires, adhérences à la plèvre, etc.). - TOLFINE : durée d action de 48 heures suite à une injection sous cutanée. Ou - FINADYNE injectable: durée d action de 30 à 48 heures suite à une injection intra musculaire. Ou - RIMADYL : durée d action d environ 70 heures suite à une injection sous cutanée. Ou - METACAM : durée d action d environ 70 heures suite à une injection sous cutanée. Plusieurs autres anti-inflammatoires sont efficaces sur les problèmes pulmonaires d origine bactérienne. Il existe à présent une forme «Pour On» de FINADYNE : il s agit de FINADYNE Trans Dermal : application sans stress par épandage cutané sur le dos de l animal. Injection d un diurétique associé à la cortisone: En cas de détresse respiratoire importante (œdème du poumon, animaux gardant la gueule ouverte, tirant la langue et «cherchant l air»), associer en plus une injection de DIURIZONE (à éviter sur femelles gestantes de plus de 4 mois) Conduite à tenir sur le restant du lot : Prendre la température des autres animaux ; si plus de 10% du reste du lot monte à plus de 39 5, procéder à la mise sous antibiotique de l ensemble du lot. Dans ce cas, l injection d anti-inflammatoires n est pas forcément nécessaire si les animaux ne présentent pas de symptômes trop graves (appétit conservé). Si la température du reste du lot est inférieure à 39 5, on se contente de surveiller les animaux deux fois par jour et éventuellement on distribuera de l ASPIRINE en mélange sur la nourriture.

Evolution de la maladie : BOVILAB Laboratoire d analyses Si le malade va nettement mieux le lendemain, l agent responsable de la pneumonie est probablement une bactérie (pasteurelles, mycoplasmes, etc.). Si l amélioration n est pas nette en 24 heures, l agent responsable de la pneumonie est probablement un virus (RS, P.I.3, I.B.R. etc.) et il sera plus prudent à l avenir de vacciner les animaux avant l apparition de la maladie (voir les différents protocoles de vaccination contre les maladies respiratoires). Avertissement L information contenue dans ce texte est uniquement éditée dans un but d information générale ; l auteur a pris toutes les mesures disponibles pour vérifier la précision et l exactitude de ces informations. Avant d utiliser les informations contenues dans ce texte, il est de votre responsabilité de faire vérifier par un professionnel compétent l adéquation entre la situation se présentant à vous et le conseil indiqué. L auteur ne pourra pas être tenu pour responsable de l utilisation ni de l usage de ces informations. Toutes les marques déposées ou noms de produits cités dans cet ouvrage appartiennent à leurs propriétaires respectifs ; nous ne sommes en aucun cas les représentants de ces marques, ni de leur produits. Alors que certaines recommandations peuvent être faites ou sont faites, il appartient au lecteur de se faire sa propre opinion sur les produits évoqués. L auteur ne peut être tenu pour responsable par rapport à l usage des produits cités dans ce document.