ADDICTIONS COMPORTEMENTALES Dr Michel FOUILLET
Addictions comportementales, sans drogues Conduites morbides caractérisées par l assuétude à un comportement avec dommages psychologiques, financiers, familiaux, et physiques. Les principales : Jeu, achats compulsifs, addiction sexuelle, sport et travail. Risque : extension à toute conduite hédonique mal contrôlée : addiction à internet, à l amour, suicide à répétition, kleptomanie. Risque : rapport à l interdit comme dans les substances. Risque sociétal : propositions très envahissantes (crédits, produits, films) et répression permanente.
Addictions comportementales Evoquées en 1945 par Fenichel, regroupement nosographique entre addictions avec drogues et/ou sans drogues. Corrélation neurobiologique. Cliniques : symétrie avec tension avant l acte, soulagement, culpabilité après, perte de control et retentissement. Quantitatives : fréquence des poly addictions chez certains et passage d une addiction à une autre. Epidémiologiques : fréquence par exemple des addictions sexuelles chez les joueurs. Psychopathologiques : impulsivité, failles des relations affectives précoces, traits psychopathiques, recherche de sensations.
Conduites addictives Conduites addictives comportementales épidémiologie 3% jeu pathologique 1à 8% achats compulsifs (F>>H) 5à 7% addictions sexuelles (H>>F) < 1% internet
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Historique des jeux d argent Potlatch (tribus indiennes de Colombie Britannique). Rome, Moyen âge : dés. Renaissance : arrivée des cartes (en provenance de la Chine). Première machine à sous : Liberty Bell 1895. Loterie nationale : en 1933. Française des Jeux : entreprise d état.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Le jeu : activité volontaire accomplie dans la limite des règles et accompagnée d une tension et d une joie avec une conscience d être autrement que la vie courante (J. Huizinga) Bible : séparation par Moïse entre les tribus des hébreux selon le jeu de dés. Dés retrouvés dans les tombes égyptiennes. Chine : jouaient leurs doigts et leurs membres. Le jeu pathologique : dépendance comportementale Répétitions de séquence de jeu chargées de plaisir et sous tendues par un désir irrépressible.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Plusieurs figures du jeu Jeu des enfants (espace transitionnel). Distraction du sérieux de la vie. Jeux d argent. En commun la question du gain, la participation émotionnelle, le travail imaginatif de l attente.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Critères du DSM IV du jeu pathologique A - Pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes : Préoccupation par le jeu ; Besoin de jouer avec des sommes d argent croissantes pour atteindre l état d excitation désiré ; Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu ; Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d arrêt de la pratique du jeu ; Besoin de jouer pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique ; Après avoir perdu de l argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes ; Mensonges à sa famille, à son thérapeute ou à d autres pour dissimuler l ampleur réelle de ses habitudes de jeu ; Actes illégaux commis tels que des falsifications, fraudes, vols ou détournement d argent pour financer la pratique du jeu ; Mise en danger ou perte d une relation affective importante, d un emploi ou de possibilités d étude ou de carrière à cause du jeu ; Tendance à compter sur les autres pour obtenir de l argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu. B. La pratique du jeu n est pas mieux expliquée par un épisode maniaque.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Prévalence du jeu pathologique 1 à 3 % de la population adulte. Etudes américaines : de 4 à 7 % en intégrant les joueurs à problème. La prévalence augmente avec l accessibilité au jeu (Louisiane).
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Caractéristiques socio-démographiques H>F (sex ratio de 2). > 30 ans, célibataires, peu de diplômes. Machines de video-poker. Facteurs de risques : Antécédents familiaux de jeu et d alcoolisme. Célibataire. Exposition précoce au jeu. Dépendance aux toxiques et alcool. Importance de l offre de jeu.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Définition du jeu selon le gradient ordalique. Jeux d argent Jeux vidéos Recherche de stress répété: Big win : équivalent du premier flash des toxicos. Reconstruit secondairement.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Clinique Phase de gain (petite somme ou big win). Sentiment disentitle, surestimation des gains. Moments de dépersonalisation, transes et trous noirs. Perte et chasse. Alternance de moments d excitation et de dépression. Engagement de sommes importantes. Installation de la dependence. Désespoir. Risque de sanctions judiciaries et de suicide. Abandon.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Situations cliniques particulières Joueurs de machine à sous. Femmes, isolement, ennui. Joueurs de Casino. Relations entre joueurs. Jeu pathologique chez la femme. Plus d association à des troubles psychologiques.
ADDICTION JEU PATHOLOGIQUE Comorbidité 76 % dépression. 38 % hypomanie. 2 % troubles schizo affectifs. 30 % troubles anxieux. 52 % abus d alcool. Achats compulsifs et comportements sexuels compulsifs.
Addiction aux jeux vidéos Univers virtuel : pas de prise de risque réelle. Prolongement et avatar de l espace transitionnel. Argent : instrument de prise de risque réelle.
Addiction aux jeux vidéos Jeux en réseaux sur Internet Adversaires réels Jeux de stratégies et de simulation Le personnage du jeu devient important Identité de substitution Fantasme de puissance Pas de but prédéfini ni de fin : le 2 ème monde continue d exister.
Addiction aux jeux vidéos Hard-core gamers : grands joueurs respectés, guildes. Arrêt des études, recherche d argent. Isolement. Importance des symptômes comme la phobie scolaire. Prévalence des dysfonctionnements familiaux. «Sorties» difficiles : ennui.
Addictions sexuelles Incapacité à contrôler son comportement sexuel, passage du désir au besoin (j ai besoin d éjaculer). Association à une détresse psychologique. Masturbation compulsive, usage répété de la pornographie, prostitution, rencontres rapides. Pensée obsédantes, culpabilité, honte et perte de l estime de soi, culture du secret. Indifférence vis çà vis du partenaire, renouvellement des objets, consommation utilitaire du partenaire. Séparation conduite et affect. Différence avec la perversion.
Addictions sexuelles Plusieurs phases : Phase d obsession, recherche de nouvelles sensations. Phase de ritualisations et comportement sexuels compulsif. Phase de prises de risques et d extension pour de nouvelles sensations pour éviter la tolérance. Phase de désespoir. Peu de risques de passages à la criminalité sexuelle. 80% des cas : abus sexuels dans l enfance.
Addictions sexuelles : Donjuanisme, séduction hystérique Perversion: Distinction du normal et pathologique : le problème n est pas le comportement moral amis de sa dépendance. DSM IV : classement des comportements sexuels excessifs. Paraphilies : impulsions sexuelles et fantaisies imaginatives déviantes pendant au moins 6 mois (exhibitionnisme, pédophilie, voyeurisme, frotteurisme, masochisme et sadisme). Les troubles du contrôle des impulsions et troubles sexuels non spécifiés (relations répétitives avec des sujets différents sans discernement sans choix objectal).
Addictions sexuelles : Dépendance sexuelle : Idées obsédantes et masturbation compulsive avec des objets. Recours fréquents aux prostituées. Relations sexuelles anonymes avec partenaires multiples. Aventures en série. Fréquentation assidues des «Sex shop» etc.
Addiction sexuelles Addictions sexuelles : Formes cliniques Addiction au corps et à la sexualité. Comportements sexuels excessif. Drague compulsive. Auto érotisme compulsif. Addiction à l autre : dépendance affective. Comorbidité : Alcool, cocaïne, poppers, ecstasy, sites pornographiques. Dépression et roubles neuropsychologiques.
Addiction au travail W Hoates : 1971 : Workalcoholism Investissement excessif dans le travail au détriment des autres aspects de la vie. Motivations essentiellement internes > aux exigences de l entreprise et de du management. 3 stades : Sujet occupé par son travail, listes de tâches, difficultés à prendre des vacances. Evitement de la vie de famille, des loisirs.
Addictions au travail Sentiment d insécurité, faiblesse de l estime de soi, recherche frénétique de la réussite professionnelle, de l approbation et du succès. Personnalités obsessionnelles. Décompensations dépressives voire suicide. 5% parmi les sujets travaillant en entreprise. Impact des stratégies modernes managériales// Harcèlement professionnel. Enjeux très individuel.
Achats compulsifs Comportements d achats inappropriés, tendance répétitive aux dépenses. Conséquences sur la vie personnelle et familiale. Pensée envahissante sur les achats et dépassement des capacités financières du sujet. Forte corrélation avec la comorbidité psychiatrique : survenue entre 18 et 30 ans. 61% de dépression, 22% dépendance aux drogues, 18% alcool, 18% troubles anxieux.
Addiction au sport Adolescents jeunes avec mise en danger du corps. Sénior : translation d une autre addiction et risque du corps vieillissant. Induction de désordre endocrinien chez les adolescents avec corrélation avec l anorexie mentale. Co dépendance avec des produits «dopants».