Le calcul au cycle 2

Documents pareils
Temps forts départementaux. Le calcul au cycle 2 Technique opératoire La soustraction

LES CARTES À POINTS : POUR UNE MEILLEURE PERCEPTION

La construction du nombre en petite section

S entraîner au calcul mental

Situations pédagogiques Outils pour les différents profils

Arithmétique binaire. Chapitre. 5.1 Notions Bit Mot

Indications pour une progression au CM1 et au CM2

5.3. Bande numérique cartes numération et cartes à points pour apprendre les nombres de 0 à 99

LES REPRESENTATIONS DES NOMBRES

Compétence 2 : Comparer, ranger, encadrer des nombres, les placer sur une droite graduée

Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007

Apprendre à résoudre des problèmes numériques. Utiliser le nombre pour résoudre des problèmes

EVALUATIONS MI-PARCOURS CM2

Attestation de maîtrise des connaissances et compétences au cours moyen deuxième année

CORRIGE LES NOMBRES DECIMAUX RELATIFS. «Réfléchir avant d agir!»

Organiser des séquences pédagogiques différenciées. Exemples produits en stage Besançon, Juillet 2002.

Informatique Générale

Partie 1 : la construction du nombre chez l'enfant. Page 2. Partie 2 : Des jeux et des nombres Page 8

Technique opératoire de la division (1)

Le 13 e RMT, première édition en Communauté française de Belgique. PHILIPPE SKILBECQ, Responsable de l organisation du RMT pour la SBPMef

EXERCICES DE REVISIONS MATHEMATIQUES CM2

Les opérations binaires

NOM : Prénom : Date de naissance : Ecole : CM2 Palier 2

Jeux mathématiques en maternelle. Activités clés. Jeu des maisons et des jardins (Yvette Denny PEMF)

Synthèse «Le Plus Grand Produit»

LA BATTERIE DU PORTABLE

V- Manipulations de nombres en binaire

Découvrir le nombre à l école maternelle : Préparer au calcul réfléchi.

Document d aide au suivi scolaire

INITIATION AU LANGAGE C SUR PIC DE MICROSHIP

Manuel d utilisation 26 juin Tâche à effectuer : écrire un algorithme 2

Le menu du jour, un outil au service de la mise en mémoire

Liste des applications suggérées aux parents Tablettes tactiles Android et ipad

ATTENTION AU DÉPART! GUIDE DE QUESTIONS DU MENEUR DE JEU.

2. CONSTRUIRE LE CONCEPT DE. la dialectique enseigner / apprendre

Mémoire de CAFIPEMF La division au cycle 3 : Comment gérer les difficultés liées à l articulation du sens et de la technique opératoire?

Plan. 5 Actualisation. 7 Investissement. 2 Calcul du taux d intérêt 3 Taux équivalent 4 Placement à versements fixes.

Les nombres entiers. Durée suggérée: 3 semaines

Représentation d un entier en base b

Nouveau Barème W.B.F. de points de victoire 4 à 48 donnes

Le chiffre est le signe, le nombre est la valeur.

L addition mentale. Entrée en matière. À ton tour. Évaluation : Question 4. Évaluation continue : Observer et écouter

Proposition de programmes de calculs en mise en train

Théories comptables. Théories normatives

ASR1 TD7 : Un microprocesseur RISC 16 bits

La mémoire. Un ordinateur. L'octet. Le bit

1/24. I passer d un problème exprimé en français à la réalisation d un. I expressions arithmétiques. I structures de contrôle (tests, boucles)

RESSOURCES POUR FAIRE LA CLASSE. Le nombre au cycle 2. mathématiques

UEO11 COURS/TD 1. nombres entiers et réels codés en mémoire centrale. Caractères alphabétiques et caractères spéciaux.

Les nouveaux programmes de l él. école primaire. Projet soumis à consultation

Mathématiques financières

Sites web éducatifs et ressources en mathématiques

Probabilités et Statistiques. Feuille 2 : variables aléatoires discrètes

Comparer l intérêt simple et l intérêt composé

Les fonction affines

Quelques matériels numériques

Carré parfait et son côté

TP Service HTTP Serveur Apache Linux Debian

IN Cours 1. 1 Informatique, calculateurs. 2 Un premier programme en C

Programmation C. Apprendre à développer des programmes simples dans le langage C

ELP 304 : Électronique Numérique. Cours 1 Introduction

Codage d information. Codage d information : -Définition-

Exo7. Probabilité conditionnelle. Exercices : Martine Quinio

Représentation des Nombres

Guide No.2 de la Recommandation Rec (2009).. du Comité des Ministres aux États membres sur la démocratie électronique

S3CP. Socle commun de connaissances et de compétences professionnelles

12 Tableaux croisés dynamiques

SOCLE COMMUN - La Compétence 3 Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

Rappel sur les bases de données

UNE EXPERIENCE, EN COURS PREPARATOIRE, POUR FAIRE ORGANISER DE L INFORMATION EN TABLEAU

Spécialité auxiliaire en prothèse dentaire du brevet d études professionnelles. ANNEXE IIb DEFINITION DES EPREUVES

L'identité de l'entreprise

Bases de programmation. Cours 5. Structurer les données

Logiciel de Base. I. Représentation des nombres

Plus petit, plus grand, ranger et comparer

QUI VEUT JOUER AVEC MOI?

Leçon 1 : Les principaux composants d un ordinateur

Calculer avec Sage. Revision : 417 du 1 er juillet 2010

Cours 1 : Introduction Ordinateurs - Langages de haut niveau - Application

Bibliothèque des Compétences clés

CONSTRUCTION DU NOMBRE EN MATERNELLE

Mise en place de groupes de besoin à l école maternelle

Les titres en gras correspondent à de nouveaux manuels

a) b)

ALGORITHMIQUE ET PROGRAMMATION En C

2. RAPPEL DES TECHNIQUES DE CALCUL DANS R

B = A = B = A = B = A = B = A = Recopier sur la copie chaque expression numérique et la réponse exacte. Réponse A Réponse B Réponse C Solution

Conversion d un entier. Méthode par soustraction

LIVRET PERSONNEL DE COMPÉTENCES

Algorithme. Table des matières

Chapitre 10 Arithmétique réelle

Définition de la dyspraxie

GUIDE Gestion en ligne de votre compte pour la phytolicence (18/05/2015; v.4)

Machines virtuelles Cours 1 : Introduction

Probabilités (méthodes et objectifs)

Cours Numération Mathématique de base 1 MAT-B Alphabétisation

Les mathématiques à l'école? Plus complexe qu'il n'y paraît! Le cas de l'énumération de la maternelle... au lycée

TP 1. Prise en main du langage Python

Choisir son logiciel de caisse

Transcription:

Le calcul au cycle 2 Une technique opératoire :la soustraction Dossier largement inspiré des travaux de : - Roland Charnay, formateur à l IUFM de Lyon, co-fondateur du groupe Ermel - Jean Luc Brégeon, formateur à l IUFM d Auvergne - Dominique Pernoux, formateur à l IUFM d Alsace - Pierre Eysseric, IUFM d'aix-marseille - Rémi Brissiaud, IUFM de Versailles - de l étude de plusieurs manuels

Le calcul au cycle 2 Une technique opératoire :la soustraction 1. Pourquoi s attarder sur la soustraction? 2. Pourquoi travailler les différentes formes de problèmes soustractifs? 3. Quels sont les préalables à la technique de la soustraction? 4. Quels sont les techniques opératoires? 5. Quels grands principes?

Le calcul au cycle 2 Une technique opératoire :la soustraction 1- Pourquoi s'attarder sur la soustraction? a) L apprentissage d une technique usuelle de la soustraction est plus difficile que celui de l addition, pour plusieurs raisons : - il existe plusieurs techniques possibles dont les fondements ne reposent pas sur les mêmes principes ni, par conséquent, sur les mêmes connaissances ; - les différences ou les compléments élémentaires (relevant des tables) sont souvent moins disponibles que les sommes. b)les élèves doivent apprendre à : -reconnaitre les différentes situations soustractives -résoudre un problème relevant d une situation soustractive par la technique de leur choix (dessin, schéma, utilisation du matériel, de la droite numérique, surcomptage en avançant ou en reculant, retour à la table d addition, calcul mental) -effectuer une soustraction selon une méthode imposée par l enseignant.

2-Pourquoi travailler ces 3 problèmes? Parce que la soustraction a 3 sens et qu'il est important de les aborder simultanément : -le sens «enlever» : j utilise la soustraction pour calculer le reste d une quantité d objets. -le sens «pour aller à» : j utilise la soustraction pour calculer un complément ou ce qui manque -le sens «écart» : j utilise la soustraction pour calculer un écart ou une différence.

Le sens «enlever» est rapidement compris des élèves, et permet d introduire facilement le signe -. Pour obtenir le résultat, l élève peut: -dessiner des images et en barrer -décompter (52,51, ). Il y est d autant plus invité qu on trouve dans l énoncé la présence de mots inducteurs «donne» «perd». Ce sens est particulièrement adapté lorsqu on enlève peu. Le sens «pour aller à» est bien adapté à la compréhension des problèmes arithmétiques nécessitant de chercher ce qu on a ajouté ou de chercher une partie connaissant le tout et l autre partie. Du point de vue du calcul, ce sens facilite la recherche du résultat d une soustraction dans le cas où on enlève beaucoup. Une recherche sur bande numérique est adaptée. Le sens différence ou écart intervient dans des problèmes de comparaison. Rien, dans ce type d énoncé n invite à la soustraction. On peut transformer le problème en une situation d égalisation : ex : combien faut-il donner d images à Antoine pour qu il en ait autant que Lucas? On se rapproche alors de la situation «pour aller à»

3-Quels sont les préalables à la technique de la soustraction? - Un travail sur le sens dès la GS : -manipulation sur de petites quantités (J'ai 6 billes, j'en retire 4) -calcul de complétion (6+?=8) -des jeux d'échanges (jeu de la caissière) -utilisation des boîtes de Bregeon (présents/absents) Attention : L'utilisation des signes mathématiques ne doit être introduite de façon formelle qu'au CP après que les élèves aient résolu de nombreux problèmes. «La résolution de problème donne du sens aux écritures symboliques et non l'inverse»

- A partir du CP : -Utilisation de la piste numérique dans le sens «avancer» et «reculer» Ex: Pour calculer 54 42 je peux compter en avançant à partir de 42 compter en reculant à partir de 54 -Usage régulier d un matériel de numération adapté (centaines, dizaines, unités) et le codage des résultats

-La représentation des nombres (en utilisant le codage de la numération décimale et pas seulement le dénombrement de collections)

-La résolution de problèmes soustractifs simples liant les écritures schématiques et chiffrées Exemple : Julie a 27 bonbons. Elle en mange 4. Combien lui restet-il de bonbons?

4-Quelles sont les techniques possibles?

a) «Méthode par cassage ou emprunt» -Exemple : Vive les maths Nathan CE1 On transforme l opération. Cette technique est la plus simple à comprendre, car elle est fondée sur la seule connaissance des principes de la numération décimale, élaborée dès le CP. Elle présente l inconvénient de nombreuses surcharges pour des calculs du type 4 003 1 897

b) «équivalence entre soustraction et recherche du complément» Le calcul de 753 85 est équivalent à celui de 85 + = 753. C est donc le calcul de cette addition lacunaire qui va être réalisé. Exemple : A nous les maths Sedrap CE1 Cette technique présente l avantage de n être qu une adaptation d une technique connue (celle de l addition), La difficulté réside dans le fait que le lien entre addition à trous et soustraction est loin d être évident pour l élève. Un préalable est d avoir compris que des problèmes qui parlent d ajouter, de gagner, de mettre ensemble deux collections, peuvent être résolus à l aide d une soustraction. Sinon le passage de l une à l autre risque d être un jeu d écriture sans justification.

c) «Méthode par compensation» -Exemple : J'apprends les maths Retz CE1

-Méthode qui repose sur la propriété (peu évidente en cycle 2) a b = (a + c) (b + c) C est la plus utilisée en France et pourtant c est la plus difficile, car elle repose sur une propriété que les élèves maîtrisent tardivement (conservation de l écart entre deux nombres). Elle pose le problème récurrent de la confusion entre la «retenue» affectée aux unités et celle affectée aux dizaines, avec des positions différentes. De plus les échanges ne sont pas visibles. Un fois maîtrisée, c est la plus rapide.

3 Types de pb: En résumé -le sens «enlever» -le sens «pour aller à» -le sens «écart» 3 Techniques: «Méthode par cassage ou emprunt» «équivalence entre soustraction et recherche du complément» «Méthode par compensation»

5-Quelques principes: -L apprentissage de la technique opératoire ne peut être dissocié de la résolution de problèmes additifs et/ou soustractifs, qui donnent du sens aux techniques de calcul. -Comme pour l addition, il est important de ne pas dissocier dans le temps l étude des cas «sans retenue» et des cas «avec retenue», afin de ne pas générer l idée qu un traitement séparé des chiffres de même valeur suffit toujours. -Quels que soient les choix effectués, dans une école donnée, il n y aura qu une seule technique opératoire de référence ; en proposer une autre comme outil de différenciation ne sera pas en général pertinent. Car c'est dans le registre du calcul réfléchi qu on insistera sur la variété des procédures pour calculer (sans la poser) le résultat d une soustraction.