Cancer de l oesophage. Pr M.B.BENKADA

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Transcription:

Cancer de l oesophage Pr M.B.BENKADA

Introduction 5 000 nouveaux cas/an (France) Prédominance masculine Age moyen est de 55 et 69 ans Le traitement curateur est la chirurgie Radiochimiothérapie est périopératoire

Rappel anatomique Segment l hypopharynx à l estomac. 25 cm de longueur (de C6 à D11), de 15 à 40 cm des arcades dentaires. 3 régions anatomiques : cervicale, thoracique et abdominale. Drainage lymphatique : Cervical : chaînes jugulaires internes et récurrentielles Thoracique : ganglions latéro-trachéaux, inter-trachéobronchiques et médiastinaux postérieurs sous-diaphragmatique : ganglions du cardia, chaîne coronaire stomachique

Etiopathogénie Facteurs favorisants Conditions précancéreuses: -œsophagite chronique: tabac Lésions précancéreuses : alcool peptique(rgo) caustique Mégaœsophage diverticule métaplasie gastrique et ou intestinale secondaire à une œsophagite peptique : c est l endobrachyœsophage ou muqueuse de Barrett.

ANATOMOPATHOLOGIE MACROSCOPIE sièges préférentiels: par ordre décroissant tiers inférieur, moyen, supérieur. ulcéro-bourgeonnante et infiltrante, superficielle (plaque, dépression) MICROSCOPIE Les carcinomes épidermoïdes Les adénocarcinomes AUTRES Extension L extension locale se fait de proche en proche L extension régionale concerne la plèvre, la trachée, les bronches et les poumons, l aorte, le péricarde L extension ganglionnaire Les métastases viscérales

Circonstances DE DECOUVERTE Homme d âge moyen 65 ans alcoolique et tabagique La dysphagie est le maître symptôme Gêne à la progression de la bouchée alimentaire avec sensation d'arrêt dans l'œsophage CERVICALE ŒSOPHAGE EPIGASTRIQUE

Circonstances DE DECOUVERTE incomplète ou totale La dysphagie progressive apparaissant d'abord pour les aliments solides, puis pâteux, puis liquides Permanente La dysphagie Distinguée Anorexie sujets anxieux(boule dans la gorge) un état de dénutrition.

autres symptômes, rarement isolés et plus tardifs douleur thoracique infection broncho-pulmonaire: fausses routes fistule Dyspnée Dysphonie compression cave ou péricardique hémorragie massive anémie d origine inflammatoire /occulte

Quelles que soient les circonstances de découverte, endoscopie /biopsie ulcération entourée d un bourrelet irrégulier dur diagnostic lésion végétante irrégulière friable et hémorragique obstructive infranchissable la distance entre le pôle supérieur de la lésion néoplasique et la bouche de Killian Les lésions limitées :muqueuse discrètement surélevée /érodée/dépoli avec changement de coloration et de brillance ou d un petit nodule.

Bilan d extension extension loco-régionale l examen ORL: complication ou lésion concomitante endoscopie trachéo-bronchique (envahissement) Tomodensitométrie: extension pariétale et médiastinale L écho-endoscopie:meilleure précision de l extension dans les différentes couches pariétales et les gonglions Les métastases viscérale: echographie/scanner TAP

AU TERME DU BILAN D EXTENSION La synthèse du bilan d extension est faite actuellement dans le cadre de la classification TNM. Il s agit d une classification anatomopathologique Tis : Carcinome in situ = intra-muqueux T1 : Envahissement de la lamina propria ou sous muqueuse T2 : Envahissement la musculeuse T3 : Envahissement de l adventice T4 : Envahissement des structures adjacentes ou organes de voisinage Tx : La tumeur primitive ne peut être évaluée. N0 : Pas de signe d atteinte ganglionnaire N1 : Métastases ganglionnaires régionales Pour les tumeurs intrathoraciques, les ganglions sus-claviculaires et cœliaques sont considérés comme des métastases (M1) Pour les tumeurs de l œsophage cervical, les ganglions sus-claviculaires sont considérés comme des ganglions régionaux (N1) NX : renseignements insuffisants. M0 : Pas de métastase à distance M1 : Métastase à distance.

bilan d opérabilité e retentissement nutritionnel, jugé surtout sur l amaigrissement ; l âge ; la fonction hépatique (TP) ; la fonction respiratoire (EFR, gazométrie) ; la fonction cardiaque.

Traitement du cancer de l œsophage Chirurgie Le traitement à visée curative est basé classiquement sur l exérèse chirurgicale. La technique standard est l œsophagectomie transthoracique subtotale avec curage ganglionnaire et plastie gastrique si possible : L exérèse complète de la tumeur doit passer 5 cm au-dessus du pôle supérieur de la tumeur

CONCLUSION Pronostic du cancer de l œsophage en fonction de son extension Toutes formes confondues, la survie des patients atteints d un cancer de l œsophage est inférieure à 10 % à 5 ans Prévention endoscopie