COMPTE RENDU Journée semis direct dans le Béarn 26/07/12
1. L exploitation de Christophe Cassoulong Lieux: Lalonquette Elevage: 60 mères blondes d Aquitaine Cultures: 67ha : 2/3 Prairie 1/3 Cultures Maïs (70%), méteil, soja, millet, moha et trefle, luzerne, avoine, orge. Types de sol: - 1/3 de très bon sol: terres noires à 3,5% de mo - 2/3 de sols plus difficiles: argiles et limons durs, parcelles à galets/cailloux bas de vallée, pente de coteaux (en prairies) Abandon de la charrue en 2009 et passage au semis direct sans transition. 2. Le semis direct en quelques mots Passer au semis direct (SD) implique d utiliser tout un ensemble de techniques: - Ne plus travailler le sol, - Avoir une couverture permanente des sols, - Apporter des engrais organiques, - Chauler, - Faire attention au poids des engins, - Pratiquer des rotations. 3. Témoignage 3.1 Les déclics Ses constats: Perte de matière organique, certaines parcelles à 1.5% de matière organique (mo) malgrè les apports de fumier, un chaulage régulier... Christophe a ruminé, comme il dit, près de 3ans avant de se lancer en 2009. Lecture de la revue TCS et du site internet agriculture de conservation http://www.agriculture-de-conservation.com/ Tout commence par une observation chez lui du comportement du maïs dans un sol en friche et dans un sol labouré. L année suivante il teste le semis direct (à la main) dans une prairie et les résultats sont plus que surprenants! Rencontre de Christian Abadie, éleveur laitier dans le Gers en semis direct depuis 10 ans. Visite d une plateforme d essai dans le Nord de la France en comparaison d itinéraire en labour, travail simplifié, strip till et semis direct. Rencontre de Frédéric Thomas. 2011: intégration au groupe d Agrodoc 3.2 Le sol au coeur du système Il a fait des erreurs au fur et à mesure et perfectionne chaque année sa technique. Selon lui il ne faut pas se lancer si on n est pas convaincu car ce n est pas simplement changer d outils mais changer un ensemble de techniques. Pour moi c est le sol avant tout: Il faut nourrir en permanence le sol, donner de la nourriture en surface et se rapprocher au maximum de la couverture permanente du sol. Je crois à cette technique et les rendements sont là! Il faut essayer sur les bonnes terres avant tout, on va pas tester une nouvelle technique sur un sol fatigué qui de toute manière quoi que l on fasse donnera des mauvais résultats! En cas d échec on accusera facilement la technique alors que c est avant tout le sol et les techniques passées qui sont en causes
3.3 Anticiper Tout doit être anticipé à l avance, on doit avoir 1 an minimum de projection. Avant d implanter un maïs je dois pouvoir semer un bon couvert qui me nourrira mon sol tout l hiver et pour cela je dois obligatoirement avoir mon sol libre tôt à l automne. Ainsi, j ai réduit mes indices maïs pour réussir mes couverts. Il faut pouvoir semer maximum le 15 octobre 3.4 Réaliser un profil de sol avant tout démarrage! Les problèmes de semelles de labour et de compactage mettent plusieurs années à se résoudre. Il faut résoudre le problème de structure par un travail mécanique (fissuration ou décompactage) pour réparer le sol en profondeur avec des dents courbes ou droites avec aileron et un écartement large dans des conditions de sol ressuyé. Profil de sol en janvier 2011 chez Christophe formation avec Frédéric Thomas J ai repris cette parcelle en 2008. Sol fatigué, labouré depuis 30ans, sans aucun soin (chaux ou apports organiques). Cette parcelle n était pas prète pour le semis direct, mais j ai tenté le coup! Après un blé semé en 2009, j ai semé un couvert avoine-féverole qui est resté en place presque 9 mois, puis un maïs en 2011. C était pas mirobollant mais en 3ans de SD, j ai réussi à améliorer le fonctionnement du sol. Quand elle sera en état, j attend beaucoup de cette parcelle, elle a un très bon potentiel, un petit bijou à long terme. En effet, alors qu en 2011 les maïs à cette même période souffrait, cette année en 2012 ils se comportent mieux. Profil visible en vidéo: 2 sites possibles http://www.youtube.com/watch?v=shdkkiu8vr8&playnext=1&list=pl234a24fbab353b64&fe ature=results_main http://zomobo.net/play.php?id=shdkkiu8vr8
Profil de sol à Taron - Sol de touya brun foncé à 3.7 de mo. Plateau 3.5 Les itinéraires voir ci-dessous
ITINERAIRE TECHNIQUE EN SEMIS DIRECT 2011/2012 - Christophe Cassoulong Maïs - couvert - maïs Indice 500/520. Variété V52, 5190 K67 78 d écartement Densité 77000 pieds Maïs cruiser 200kg chaux humide Couvert 15 oct: -avoine 100kg -feverole 80kg -pois 20kg 30t fumier bovin 1an/2 début fevrier Starter: 84kg de 10/34/0 150kg d ammonitre sous la pluie 320kg de perlurée coulé sur la ligne de semis sous la pluie à 6/8 feuille Désherbage couvert à bas volume : 70L/ha d eau - 2,5L Glyphostae - 0,14% Sulfate d ammonium (corrige acidité de l eau) - 0,2% Héliosol (mouillant) Antilimace (metarex) 3kg/ha Désherbage en 2 fois à bas volume (70L/ha d eau + 0,8% sulfate d ammonium) - 4/5 feuille Auxo/ Pampa/ Opal dicamba 0.4/0.25/0.15 L/ha - 6/7 feuille Auxo/ Pampa/ Opal dicamba 0.3/0.2/0.1 L/ha
Euskal Herriko Laborantza Ganbara Meteil maïs Indice < 400 Même conduite que maïs couvert maïs (mais semence non cruiser) Semis 15oct : - pois fourrager et vesce 35kg - triticale 100kg Ensilage le 17mai - Zéro azote (ou 30U en fonction des sols) - Zéro herbicide Prairie maïs Indice 500 Même conduite que maïs couvert maïs (mais moins d antilimace : «derrière prairie, il y a tous les prédateurs des limaces qui sont présents donc il y a moins de risque») Destruction de la prairie en mars 4L glyphosate
Orge soja Précédent maïs Orge: Mélange de 2 variétés (effet réduction de maladies), semis à 140kg/ha Soja: 17,4 d écartement, variété très précoce triple zéro 50U Ammonitre 20 fevrier 70U perlurée ssu 4 avril Désherbage : Alkera à bas volume 0,8L/ha 23 avril récolte orge 24 avril pressage 25 avril semis soja Désherbage : - Targa D+ : 0,25 L/ha - Pulsar 40 en 2 fois : 0,6 L/ha Avoine Luzerne en double culture Semis ensemble de Avoine 90kg + Luzerne 25kg Fauche avoine : fin mai Floraison puis fauche - 30U d azote en mars - Zéro phyto
3. 6 Une des clés : réussir ses couverts hivernaux. Un bon couvert est l équivalent d un travail du sol par les outils. Ils augmentent la porosité du sol, assainissent le sol d un excès d eau et recycle les éléments fertilisants du sol. Plus on joue sur les mélanges, plus on met des chances de son côté : plantes grimpantes, couvre sol, croissance rapide, croissance lente, racine pivot, racine fasciculée L association d espèces permet un meilleur développement et chaque espèce a une capacité différente à mobiliser les éléments. Exemple : restitution des couverts sur le Béarn hiver 2011/2012 Source : E. Bonus Essai 2011 2012 - Seulement 40% des quantités indiquées seront restituées à la culture suivante la première année, le reste sera diffusé dans le temps. - Importance de la variété : chaque espèce restitue plus ou moins les éléments - Importance de la date de semis pour laisser le temps au couvert de s implanter quand les conditions sont favorables - Importance du rappuyage pour améliorer le contact sol/graine Chez Christophe Cassoulong : tout est axé sur les légumineuses - Couvert en 2009 : avoine vesce trèfle 3,3t de MS, 120U d azote restitué (40% la 1 ère année) - Couvert en 2010 : avoine féverole 4t de MS, 65U d azote restitué (40% la 1 ère année) - Couvert en 2011 : avoine féverole pois 60U d azote restitué (40% la 1 ère année) L objectif pour Christophe est d être autonome en semence de couverts. - en 2010: semis de févrole en pure - en 2011: semis pois/féverole - chaque année semis d avoine en double culture
Couvert avoine féverole m e Nodosité de la féverole (symbiose entre le microorganisme rhizobium, qui fixe l azote de l air et la légumineuse). La légumineuse va réinjecter de l azote dans le système, dynamiser la vie du sol et accroître l autofertilité du sol 3.7 Les vers de terre pour remplacer les outils Les vers de terre brassent la matière organique et la matière minérale du sol. Une prairie permanente non traitée abrite 150 à 300 individus au mètre carré, soit 1 à 2,5t/ha. Dans un champ de céréales, soumis de longue date à une pratique agricole intensive, on compte 1 à 3 vers de terre au mètre carré, soit 50 kg/ha. - Les épigés, de moins de 5 cm, vivent à la surface et oeuvrent à la fragmentation du couvert végétal. - Les endogés mesurent jusqu'à 20cm. Ils restent sous terre, se nourrissent de matière organique déjà dégradée et creusent un réseau de galeries horizontales petites et ramifiées. - Les anéciques, les plus grands vers de terre, de 10 à 110 cm, qui forent des galeries verticales, jusqu'à trois mètres de profondeur, et remonte la matière organique en surface. Les vers de terre mettent 2 ans à devenir un adulte capable de se reproduire. Si tous les ans ont détruits les individus et leurs galeries avec le labour, les vers de terre ne peuvent pas se multiplier. Lorsqu on passe au SD, il faut donc plusieurs années pour observer une recolonisation.
3.8 Info à savoir - Le labour et tout travail du sol accélèrent la décomposition et la minéralisation de la matière organique du sol. En SD, la minéralisation au départ est donc ralentie et le manque d azote se fait sentir dans les 1ères années. Il faut sécuriser le démarrage au semis : implanter des légumineuses, apporter de la fumure organique et aider au démarrage par un apport d azote au semis. - On observe plus de limace les premières années. Le couvert leur assure un abri et de la nourriture. Christophe surveille en permanence et utilise un anti limace. Le produit bio est encore un peu cher pour lui donc il choisi un produit granulé à base de métaldéhyde (équivalent du métarex) «j ai banni le mesurol qui tue tout y compris les vers de terre» 3. 9 Nouveaux challenges de Christophe Voir jusqu où on peut aller avec cette technique. Jusqu ici tout le système de desherbage à été revu (desherbage en post levée en 2 fois à bas volume et faible dose) et l azote aussi (tout est mis sur le rang sous la pluie). La réduction de l azote sera envisagée avec le temps: je ne veux pas prendre tous les risques d un coup, je me pencherai sur ma réduction d azote quand je maitriserai complètement ma technique Casser la monoculture: Tests : Orge puis soja en dérobé; Méteil puis soja en dérobé Autonomie fourragère Tests: méteil, sorgho fourrager, moha et trefle d alexandrie, millet 3. 10 Quelques photos: Juin 2010 Juillet 2012: 30t de fumier 1 an/ 2 et couvert hivernal en place jusqu à la fin mars et pourtant très peu de résidus! La vie biologique du sol à tout dégradé!
Soja semé en direct le 25 juin derrière la récolte de l orge le 23 juin Sorgho fourrager semé en direct derrière orge 4. Les outils SOLA Semoir argentin. Outil trainé. Semis avec un 90 chevaux suffisant (plus si pente) Peut semer des cultures de printemps (en SD ou non) et les couverts Coût: ~25 000 1- disque trancheur 2- chasses mottes/résidus 3- disque ouvreur avec un angle de 9 (la plupart des semoirs en semis direct ont un angle de 13 à 15 ) 4- roues plombeuses en V. 5- Roues pour fermer le sillon et contrôler la profondeur (ouverture maximale pour les terres noires pour ne pas que ça colle; ouverture minimal en argile ou prairie pour bien refermer le sillon) Gasoil: 8L/ha Temps passé: Sur prairie: 3km/h - Sur couvert: 4-5km/h c est peut etre lent mais il n y a que ça à passer!
SEMEATO Semoir Bésilien. Largeur: 3m. Outil trainé. Semis avec un 90 chevaux suffisant (plus si pente) Peut semer toutes les cultures et tous les couverts (sauf maïs) Coût: ~35 000 Ecartement : 17, 6 2 caisses: une pour les petites graines ou starter ou antilimace; l autre pour les grosses graines 1) Disque ouvreur 2) Mono roue plombeuse en biais
Euskal Herriko Laborantza Ganbara Extrait de la revue TCS Comparaison de semoirs SD