LES INVENTAIRES FORESTIERS EN SUISSE



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LES INVENTAIRES FORESTIERS EN SUISSE R. SCHLAEPFER Le but de cet article est de présenter une vue d'ensemble des principaux inventaires forestiers utilisés en Suisse et d'esquisser quelques problèmes les concernant. Avant de passer au vif du sujet, il n'est pas inutile de rappeler que l'organisation forestière suisse est le reflet du système politique fédéraliste du pays. En matière forestière, les 26 cantons et demi-cantons ont une grande autonomie de décision et disposent chacun d'un service cantonal des forêts. La Loi fédérale concernant la haute surveillance de la Confédération sur la police des forêts (du 11 octobre 1902) et son Ordonnance d'exécution (du 1 er octobre 1965) ne formulent que des principes généraux. L'article 18 de la loi de 1902 stipule, entre autres, que les forêts publiques seront aménagées et administrées conformément aux instructions cantonales et que les exploitations ne pourront dépasser le rendement soutenu sans l'agrément de l'autorité cantonale. La manière d'aménager les forêts est donc laissée aux soins des cantons, ce qui n'est pas sans importance pour comprendre certaines différences au niveau des inventaires forestiers. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES INVENTAIRES FORESTIERS L'inventaire forestier est défini (dans cet article) comme l'ensemble des activités permettant d'obtenir, pour une population forestière donnée, avec une certaine précision, une ou plusieurs informations, quantitatives ou qualitatives, sur une ou plusieurs fonctions de la forêt. La notion d'inventaire forestier n'est donc pas liée à la fonction de production ligneuse seulement. L'inventaire forestier est un des domaines fondamentaux de l'aménagement des forêts (Schlaepfer, 1984). Il fournit une partie importante des informations nécessaires à la gestion forestière. Ses résultats servent de base de décision à la sylviculture, à l'économie forestière, à la politique forestière et au génie forestier. Ils sont utilisés pour la planification des exploitations et jouent un rôle de plus en plus important en aménagement du territoire et dans la protection de l'environnement. Il y a encore une trentaine d'années, l'inventaire forestier était considéré, en Europe, comme une partie de la dendrométrie (Pardé, 1961 ; Prodan, 1965). Aujourd'hui, il est devenu un domaine à part entière (Lœtsch, Haller, 1973 ; Lœtsch, Zôhrer, Haller, 1973 ; Zôhrer, 1980 ; Duplat, Perrotte, 1982 ; Kramer, Akça, 1982). Les types d'inventaires forestiers sont nombreux. Ils se différencient par exemple par l'information recherchée, la manière de recueillir les informations, l'unité spatiale de l'interprétation, la technique d'échantillonnage utilisée. Pour prendre une décision raisonnable, il est indispensable, au niveau de la planification, de bien connaître les objectifs à atteindre. 251

R. SCHLAEPFER Les objectifs d'un inventaire forestier se formulent en décrivant, pour un coût total donné : - la ou les informations devant être obtenues, - la précision que doivent avoir les informations recherchées, - la population forestière pour laquelle les informations sont désirées. Les informations devant être fournies par un inventaire forestier peuvent concerner, par exemple, la superficie forestière, la santé de la forêt, la végétation herbacée, la production ligneuse, les caractéristiques de la station, le pouvoir de régénération des peuplements, la faune forestière, la stabilité des peuplements face à des contraintes naturelles ou humaines, les fonctions de protection, les fonctions de récréation. Quelle que soit la nature de l'information recherchée, l'inventaire forestier ne fournit que des estimations (y) des vraies valeurs (y) de la population. La précision d'une estimation y s'exprime en général par l'erreur standard de l'estimation (s;), ou par l'intervalle de confiance au niveau de probabilité l-a [ICpq(<-«)]. La population forestière étudiée est la population forestière pour laquelle les informations sont recherchées. Il est indispensable d'en définir parfaitement les caractéristiques, par exemple spatiales, stationnelles, dendrométriques ou économiques. Une fois les objectifs connus, il est possible de passer à la planification des autres éléments de l'inventaire forestier, à savoir : - la manière d effectuer les observations, - le réseau d'échantillonnage, - les analyses prévues, - l'unité d'échantillonnage (placette), - a présentation et la diffusion des résultats, - l'unité d'observation, - les préparatifs à faire en vue de la réalisa- - la densité d'échantillonnage, tion de l'inventaire (documents, matériel, - les observations à effectuer, personnel, finance, contacts à prendre etc.). Au stade de la planification, il est souvent nécessaire de comparer plusieurs alternatives possibles. Pour ce faire, il est utile de se baser sur la variance de l'estimation [V(y)], donnée par chacune des alternatives pour un même coût total de l'inventaire. La solution statistiquement et économiquement la plus favorable étant bien entendu celle qui fournit, pour un coût total donné, la variance V(y) la plus petite. UNE VUE D'ENSEMBLE SUR LES INVENTAIRES FORESTIERS SUISSES II existe en Suisse toute une palette de méthodes d'inventaires forestiers aussi bien dans la catégorie des inventaires pied par pied que dans celle des inventaires par échantillonnage. Au niveau de l'unité d'interprétation, nous pouvons distinguer les inventaires nationaux, les inventaires de l'entreprise forestière et les inventaires régionaux. L'inventaire forestier national sert avant tout aux besoins de la politique forestière nationale (Kurt, 1967; Bittig, 1976). Son but est de fournir des informations au niveau du pays, dans certains cas au niveau régional. L'inventaire «Sanasilva > est un autre inventaire national en cours d'exécution. Son but est l'estimation de l'état et de l'évolution de la santé des forêts suisses. Cet inventaire a été rendu nécessaire par une dégradation subite (dès 1982) et inquiétante de la santé de nos forêts. Au niveau de l'entreprise forestière, les inventaires forestiers sont devenus, en Suisse, tradition. Les inventaires forestiers d'entreprise fournissent les informations nécessaires à la gestion de l'entreprise forestière, en particulier pour la planification des exploitations (fixation de la possibilité). Jusqu'à la fin des années cinquante, la totalité des forêts aménagées était inventoriée pied par pied. Bien que la plupart des inventaires pratiqués soient inspirés de la 252

Les inventaires forestiers en Suisse «méthode du contrôle», chaque canton avait et a encore aujoud'hui sa propre variante, se distinguant des autres par le seuil d'inventaire, les catégories de diamètre, le tarif, la technique de contrôle des exploitations et/ou par la présentation des résultats (Wullschleger, Bernadzki, Mahrer, 1975). Dans les années soixante, les lacunes de l'inventaire intégral constatées à l'étranger, et relevées en 1961 par J. Pardé dans son remarquable «Traité de dendrométrie», sont observées en Suisse également. L'Institut fédéral de recherches forestières de Birmensdorf développe une méthode de contrôle par échantillonnage (Kurt, 1965 ; Schmid-Haas, 1970). A peu près à la même époque, le Service cantonal vaudois des forêts met au point le système d'inventaire par échantillonnage vaudois (Badan, 1976). La progression en Suisse des inventaires par échantillonnage est importante: en 1977, la part des entreprises forestières publiques inventoriées par échantillonnage est de 23 %, elle est de 32 % en 1982. Entre les inventaires nationaux et les inventaires d'entreprise, se situent les inventaires à vocation régionale ou cantonale. Les techniques fournissant les informations nécessaires à ce niveau sont basées soit sur les inventaires nationaux, soit sur les inventaires d'entreprise. La solution adoptée dépend de la grandeur du canton et du système d'inventaire en place. LES INVENTAIRES AU NIVEAU NATIONAL L'inventaire forestier national (I.F.N.) Le père spirituel de l'inventaire forestier national est Alfred Kurt, professeur d'aménagement des forêts à l'e.p.f.z. ll) entre 1952 et 1982. En 1956 déjà, il a souligné la nécessité, pour la politique forestière, d'une source nationale d'informations (Kurt, 1967). Après une longue période de réflexions, de controverses politiques et de négociations, le Conseil fédéral accorda en août 1981 un crédit de 6,5 millions de francs suisses pour l'exécution de la première phase (dont!e coût total est de 7,5 millions de francs) de l'i.f.n. Ce dernier a été mis au point par l'institut fédéral de recherches forestières de Birmensdorf (ZH), après des études méthodologiques approfondies ainsi qu'un galop d'essai dans le canton de Nidwald (Zobeiry, 1972; Wullschleger, 1982; Mahrer et Vollenweider, 1983). Les premiers relevés de routine sur le terrain ont débuté en 1983 ; la fin du premier passage dans l'ensemble des forêts de la Suisse est prévu en 1985. L'objectif primaire de l'i.f.n. est de renseigner sur l'état et l'évolution des fonctions de production, de protection et de récréation des forêts du pays. L'unité d'interprétation principale est donc l'ensemble des forêts de la Suisse. Une interprétation au niveau régional est cependant possible dans certains cas. Il a été fixé que l'estimation du volume sur pied de l'ensemble de la Suisse doit être obtenue avec une précision se traduisant par un intervalle de confiance au niveau de probabilité 95 % égal à 1 % du volume sur pied estimé. L'I.F.N. est un inventaire combiné, constitué par un réseau d'échantillonnage terrestre et par un réseau d'échantillonnage sur photographies aériennes à l'échelle 1/25 000. Le réseau terrestre comprend 11 000 placettes disposées en carré, à raison de 1 placette par km 2 (100 hectares). Une placette est de forme circulaire, avec une surface de 2 ares pour l'observation des arbres dont le dhp l2 ' est compris entre 12 et 36 cm et une surface de 5 ares pour l'observation des arbres de dhp supérieur à 36 cm. Afin de garantir un maximum d'efficacité pour l'estimation des paramètres caractérisant l'évolution, comme l'accroissement par exemple, les placettes terres- (1) E.P.F.Z. : Ecole polytechnique fédérale de Zurich. (2) dhp : diamètre à hauteur de poitrine. 253

R. SCHLAEPFER très sont toutes du type «permanent» permettant lors du deuxième passage la répétition des observations sur les mêmes arbres. Le réseau aérien comprend 44 000 placettes disposées, en carré à raison d'une placette par 25 hectares, de telle façon qu'une placette sur quatre corresponde à une placette terrestre. La placette photographique est un carré de 50 m sur 50 m. Elle permet notamment, lorsque combinée avec les résultats terrestres, d'améliorer l'estimation du volume sur pied. Elle est également utilisée pour la détermination de l'utilisation du sol, la cartographie des peuplements ; en outre elle facilite la localisation des placettes terrestres. Ces toutes dernières années, le problème inquiétant du dépérissement de la forêt donne une nouvelle importance à l'i.f.n. En effet, ce dernier permet également une estimation de l'état et de révolution de la santé de la forêt. Une première utilisation faite récemment (Mahrer, Brassel, Stierlin, 1984) a montré que dans les régions forestières inventoriées en 1983, environ 14 % du nombre des tiges d'epicéa de dhp supérieur à 16 cm étaient maladives, malades, dépérissantes ou mortes. L'importance de l'i.f.n. ne se limite pas au niveau du pays. Grâce à un réseau d'échantillonnage judicieusement choisi, il peut facilement être densifié et devenir une source d'informations au niveau des cantons par exemple. Mentionnons encore que les résultats de l'i.f.n. sont mis en valeur par un programme FORTRAN permettant d'effectuer des analyses en fonction de besoins très variés. L'inventaire «Sanasilva» En 1982, de plus en plus nombreux furent les forestiers suisses à faire part de dégâts dans les forêts dont la, ou les causes, étaient difficiles à identifier. Devant cette situation inquiétante, la Conférence des inspecteurs forestiers cantonaux décida, en mai 1983, de procéder d'une part à une enquête d'urgence par questionnaires (enquête Sanasilva 1983) auprès des gardes de triage de l'ensemble de la Sufsse dans le but d'obtenir une première information générale sur ce que pensent les forestiers de terrain de l'état de santé des forêts suisses en 1983, d'autre part à une analyse à grande échelle de la teneur en éléments polluants des aiguilles de l'epicéa. Les résultats de l'enquête d'urgence ont montré que les 1 400 forestiers suisses contactés estimaient à 14% le nombre de tiges n'étant plus en bonne santé en 1983 (Bûcher, Kaufmann, Landolt, 1984). Ce résultat, bien qu'obtenu sur la base de méthodes très subjectives, ainsi que certaines informations alarmantes quant à l'évolution de la situation en Tchécoslovaquie et en Allemagne fédérale, ont été suffisamment évocateurs pour sensibiliser l'opinion publique et les milieux politiques. Le Conseil fédéral, en janvier 1984, accorde un crédit de 27 millions de francs suisses pour assurer entre 1984 et 1987 le contrôle objectif de l'état et de l'évolution de la santé des forêts suisses. Il en résulte le programme appelé «Sanasilva». Une part importante des crédits du programme Sanasilva est destinée aux observations sur le terrain et aux prises de photographies aériennes à l'infrarouge. Un dispositif de sondage terrestre, devant fournir une première estimation de l'état de santé de l'ensemble des forêts suisses pour fin 1984 déjà, a été mis sur pied en janvier de cette année. La contrainte du temps explique pourquoi la méthode adoptée fixe des priorités dans les objectifs, comme par exemple la limitation provisoire du sondage aux forêts publiques facilement accessibles, et ne constitue pas nécessairement la solution statistiquement et économiquement la plus efficace. En plus, de nombreuses questions méthodologiques ne sont pas encore élucidées, comme par exemple celle du dispositif d'échantillonnage le plus favorable, celle de la combinaison optimale des observations terrestres avec les résultats de l'interprétation de la photographie à l'infrarouge, ou celle des critères à observer ayant le meilleur pouvoir d'information en ce qui concerne le problème de la santé des forêts. C'est pour combler ces lacunes qu'un programme complémentaire «Optimalisation des méthodes» a été mis sur pied. Le but de ce programme est, sur la base d'une évaluation de plusieurs alternatives, de soumettre une proposition pour une solution après 1987. 254

Les inventaires forestiers en Suisse Le dispositif terrestre valable en 1984 et 1985 consiste en un réseau d'échantillonnage par grappes. Les grappes sont réparties en carré à raison d'une grappe par 16 km 2 de forêt publique facilement accessible. Chacune des grappes est formée de 8 unités secondaires circulaires de 5 ares (= placettes) disposées sur le périmètre d'un rectangle de 200 m x 300 m. Les placettes sont toutes permanentes et les arbres observés sont tous numérotés à la peinture. Les observations faites peuvent être classées en trois catégories. Les informations générales sont relevées pour toutes les placettes : coordonnées, altitude, exposition, relief et type de peuplement. Les informations globales ne sont relevées que dans les placettes dont le diamètre dominant est inférieur à 25 cm. Il s'agit de l'état de santé de la placette, l'essence principale de la placette et de la cause probable des dégâts constatés. Un certain nombre d'informations individuelles sont relevées sur chacun des arbres des placettes dont le diamètre dominant est supérieur à 25 cm : le numéro de l'arbre, l'essence, le diamètre à hauteur de poitrine (dhp), la position sociale, la cause probable d'un état de santé déficient, le pourcentage des pertes en aiguilles ou en feuilles, le pourcentage de la partie jaunie de la cime. La mesure de dhp en mm est effectuée sur 5 arbres par placette, ceci dans l'espoir d'estimer l'accroissement annuel en diamètre. En plus un sondage à la tarière est réalisé sur un résineux par placette. Le programme «Photographie à l'infrarouge» prévoit un certain nombre de vols pour des prises de vue à l'échelle 1/9 000 et 1/3 000. LES INVENTAIRES AU NIVEAU DE L'ENTREPRISE FORESTIÈRE L'inventaire intégral L'inventaire intégral est aujourd'hui encore, au niveau de l'entreprise forestière, en usage dans de nombreux cantons. Il existe presque autant de variantes que de cantons qui le pratiquent. Cependant, dans la majorité des cas, la solution adoptée s'inspire de la méthode du contrôle développée par le Français Gurnaud et reprise par le Suisse Biolley (Biolley, 1920). La méthode du contrôle, selon Biolley, est une symbiose entre une forme de traitement, le jardinage et une technique d'aménagement basée sur le contrôle du traitement au moyen du calcul de l'accroissement. Cette méthode est encore de rigueur dans sa forme originale dans le canton de Neuchàtel (Favre, 1980). L'inventaire intégral répondant aux besoins de la méthode du contrôle consiste à mesurer périodiquement par division le dhp de tous les arbres ayant dépassé le seuil d'inventaire. Le volume sur pied est obtenu en utilisant un tarif conventionnel unique à une entrée. Le contrôle des exploitations est effectué sur pied, lors du martelage, en utilisant le même tarif. Une description qualitative des peuplements complète les mesures dendrométriques. Le calcul de l'accroissement du matériel initial se fait à l'aide de la formule bien connue A = V 2 - V, + E- P, où A = accroissement périodique en volume, V 2 = volume sur pied du 2 e inventaire, E = volume des exploitations, V, = volume sur pied du 1 er inventaire, P = volume du passage à la futaie. Le problème de la précision obtenue avec l'inventaire de la méthode du contrôle a été étudié à plusieurs reprises (par exemple par Meyer en 1934 et par Speidel en 1957) et bien résumé par Prodan (1965). Meyer a montré que, pour une parcelle de 10 hectares, l'erreur moyenne de l'estimation est de l'ordre de 3 % pour l'accroissement en volume, lorsque la période entre deux inventaires est de 10 ans et l'accroissement égal à environ 2 % du volume sur pied. L'inventaire intégral de la méthode du contrôle fournit de bons résultats dans le cas de la forêt jardinée et lorsque les conditions sont remplies pour le contrôle sur pied des exploitations. 255

R. SCHLAEPFER Certaines difficultés se présentent dans les entreprises à coupes en surface, comme par exemple le problème du décalage du tarif (Speidel, 1957), ou celui de l'estimation du volume sur pied ou de l'accroissement au niveau du type de peuplement. En outre, dans les entreprises où le contrôle des exploitations se fait sur les bois abattus, une source d'erreur supplémentaire est introduite dans la conversion du volume abattu en volume sur pied. On peut encore ajouter que l'inventaire intégral est presque exclusivement orienté vers la production ligneuse. Il n'est pas conçu pour fournir des informations concernant les autres fonctions de la forêt. La méthode de contrôle par échantillonnage La méthode de contrôle par échantillonnage de l'institut fédéral de recherches forestières se propose d'atteindre les objectifs de la méthode du contrôle selon Biolley, à l'aide d'un échantillonnage statistique. Son but principal est d'informer le gestionnaire sur l'accroissement, le volume sur pied et le volume des exploitations de l'entreprise forestière, stratifiée en types des peuplements, ceci sans influencer la sylviculture pratiquée et sans procéder à des sondages à la tarière, considérés comme pouvant être nuisibles. L'établissement d'une carte des peuplements, à l'aide de la photographie aérienne, précède les relevés sur le terrain. Les caractéristiques de la méthode de contrôle par échantillonnage ont été décrites entre autres par Kurt (1978). La grille d'échantillonnage utilisée, systématique, est en général carrée en plaine et triangulaire en montagne. La densité d'échantillonnage est variable ; les normes adoptées sont 1 placette/ha, ou 1/2 placette/ha, selon la précision désirée et le type de forêt étudié. La placette d'échantillonnage est circulaire, avec une surface horizontale pouvant être 3, 4 ou 6 ares, selon la structure des peuplements. La placette est permanente. Son centre est localisé par une pièce métallique enfoncée dans le sol et pouvant être retrouvée, si nécessaire, à l'aide d'un détecteur. Dans la placette, chaque arbre inventorié est identifié par ses coordonnées polaires ; cette manière de procéder permet d'estimer facilement les exploitations. Les observations faites lors de l'inventaire peuvent être classées en plusieurs groupes : les données de localisation de la placette (distance, azimuts, points de repère) ; les caractéristiques générales de la placette (code forêt, année, numéro de la placette, type de peuplements, surface et rayon effectif des placettes, équipe d'inventaire, date, heure d'arrivée, pente) ; les informations concernant les arbres inventoriés (azimut, distance par rapport au centre, essence, dhp) ; les observations faites sur les arbres-échantillons pour le calcul du tarif (diamètre à 7 m, hauteur totale) ; mesure de la hauteur du deuxième plus gros arbre (en vue du calcul de la hauteur dominante) ; détermination de l'essence, de l'âge et du diamètre d'une souche récente ; caractéristiques supplémentaires, selon les besoins, comme par exemple le dénombrement du rajeunissement, les dégâts du gibier, l'état cultural ou la qualité des fûts. La méthode prévoit, si désiré, le calcul d'un tarif de cubage à une entrée pour le peuplement inventorié. Ce calcul est effectué sur la base de mesures du dhp, du diamètre à 7 m (d z ) et de la hauteur totale h d'un certain nombre d'arbres-échantillons. La fonction de volume utilisée à cette fin, du type V - f(dhp,d z,h), a été ajustée à l'aide de mesures obtenues sur plusieurs milliers de tiges abattues. Le système de contrôle par échantillonnage, de par la permanence des placettes, est particulièrement efficace pour l'estimation d'une évolution, comme' par exemple celle de l'accroissement 256

Inventaire forestier national : mesure du diamètre à 7 m. Photo R. SCHLAEPFER. ou de l'exploitation. En exploitant la corrélation entre 2 valeurs successives d'une même placette, il garantit en effet une erreur de l'estimation d'un changement plus petite que celle obtenue par un échantillonnage à placettes temporaires. Le calcul de l'accroissement d'un peuplement se fait en additionnant les différences de volume observées d'un inventaire à l'autre sur les arbres relevés lors du second inventaire. L'accroissement ainsi calculé n'est pas tout à fait comparable à celui obtenu par l'inventaire pied par pied, car il ne contient pas l'accroissement des arbres exploités. Le volume des exploitations est obtenu grâce à l'identification des arbres de la placette, en faisant la somme des volumes des arbres qui ont été inventoriés lors du premier passage et dont il ne reste plus que la souche au moment du deuxième inventaire. Dans le cas des placettes en lisière, les corrections nécessaires sont faites selon la de la surface réfléchie» (Schmid-Haas, 1969). méthode L'analyse des données de l'inventaire se fait sur ordinateur, au moyen d'un programme FOR- TRAN nécessitant, pour l'instant, une grosse machine (C.D.C.). Les travaux de programmation sont en cours à l'i.f.r.f. (31 pour permettre l'utilisation de micro-ordinateurs. Le système d'inventaire vaudois Le système d'inventaire vaudois est le fruit d'une vingtaine d'années de recherches et d'expériences (Badan, 1975 ; service cantonal vaudois des forêts 1975 et 1982). Ses quatre caractéristiques principales sont : la mise à disposition d'une série de variantes permettant de tenir compte de différents besoins en informations ; la recommandation de baser le calcul de la possibilité de l'entreprise forestière sur une (3) I.F.R.F. : Institut fédéral de recherches forestières. 257

R. SCHLAEPFER estimation de l'état présent à l'aide d'un inventaire à placettes temporaires d'une part, sur une prévision de l'évolution à l'aide des tables de production d'autre part ; le souci de minimaliser les coûts (réalisation pratique de l'inventaire par une seule personne seulement) ; la saisie des données sur bande perforée au moyen du bastringue enregistreur. Les différentes variantes du système vaudois se distinguent par le réseau d'échantillonnage et/ ou la nature de la placette utilisée. L'inventaire pied par pied reste possible. Dans le cas de l'inventaire par échantillonnage, l'aménagiste peut choisir entre deux réseaux, l'un carré et l'autre rectangulaire, et pour chacun de ces réseaux, entre cinq grilles de densités différentes (1 placette pour 2, 1, 1/2, 1/4 et 1/8 ha). Il peut adopter la placette à rayon variable (Bitterlich) ou la placette à rayon fixe. Dans ce dernier cas, il peut adapter le rayon de la placette à la nature du peuplement étudié de manière à obtenir 12 à 18 tiges par placette. Enfin, l'aménagiste peut se décider soit pour la placette temporaire, soit pour la placette permanente ou encore pour une combinaison entre les deux. En ce qui concerne les variables à observer, leur nombre et leur nature sont fonction des questions posées et des buts à atteindre. La sélection et le contenu de ces variables sont laissés, dans une certaine mesure, aux soins de l'aménagiste. Les variables dénombrées se répartissent en 6 ou 7 classes : les informations d'identification et de localisation de la placette ; les informations d'affectation (appartenance, parcellaire, unité sylvicole) ; les caractéristiques d'inventorisation (méthode, densité, pente, rayon, constante Bitterlich) ; les informations descriptives, respectivement prescriptives relatives à la sylve et au milieu (nombre des tiges dont le dhp est inférieur au seuil d'inventaire fixé, proportion des tiges résineuses, nature principale de la placette, la proportion de la surface de la placette occupée par l'essence principale, l'intervention sylvicole à prescrire, l'urgence des interventions sylvicoles prescrites, l'intensité des interventions sylvicoles écoulées, la distance de vidange dans la pente) ; les observations concernant les dégâts du gibier (le nombre total des épicéas, d'autres résineux et de feuillus à disposition du gibier, la proportion des épicéas, autres résineux et feuillus frottés et abroutis) ; les informations individuelles de tiges (coordonnées polaires pour les placettes permanentes, essence, qualité, diamètre) ; les caractéristiques spécifiques d'arbreséchantillons (hauteur, accroissement radial, forme, position sociale etc.). Inventaire vaudois à un seul opérateur. Photo R. SCHLAEPFER.

Les inventaires forestiers en Suisse L'analyse des données d'inventaire se fait sur ordinateur, à l'aide d'un programme FORTRAN. Comme pour la méthode de contrôle par échantillonnage de l'i.f.r.f., il est prévu de programmer le système pour des micro-ordinateurs. Actuellement, le calcul de la possibilité selon le système vaudois se fait sur la base de l'état observé sur le terrain à l'aide de placettes temporaires et de l'évolution probable fournie par la table de production. Cette manière de procéder peut donner satisfaction lorsque la dynamique réelle des peuplements correspond au modèle de la table. La validité du modèle est plus ou moins assurée lorsque l'état de santé des forêts est bon ; elle risque cependant d'être mise en défaut en cas d'une diminution de la vitalité de la sylve. CONSIDÉRATIONS FINALES Les méthodes d'inventaire forestier utilisées en Suisse sont très diverses. Elles se différencient par les objectifs poursuivis, par le réseau d'échantillonnage, par la nature de la placette, par les informations relevées et par des technologies utilisées au niveau de la saisie des données et de la mise en valeur des données. Les lacunes et les problèmes encore à résoudre restent nombreux. Je n'en présente que quelques-uns. Le problème numéro un de l'inventaire forestier est la prise de conscience et la formulation des objectifs qu'il doit atteindre. Dans une discussion concernant les inventaires forestiers suisses, il faut tenir compte d'une réalité fondamentale : la diversité des informations nécessaires. En effet, les objectifs de l'inventaire varient en fonction du niveau spatial considéré (pays, région, canton, entreprise, peuplement) et des particularités de la gestion forestière (intensité de la gestion, caractéristiques stationnelles, topographie, sylviculture pratiquée, etc.). Il est important de relever ici que la fixation des objectifs de l'inventaire forestier est de la responsabilité primaire de l'utilisateur des résultats, à savoir le gestionnaire et le politicien, non pas celle du spécialiste en inventaire. Ce dernier, une fois les objectifs connus, doit mettre sur pied le système d'inventaire permettant d'atteindre les objectifs avec le rapport coût/performance le plus favorable. C'est ainsi par exemple que la décision concernant la permanence des placettes dépend de l'objectif. Il est bien connu qu'un inventaire à placettes temporaires est le plus efficace pour une estimation de l'état et qu'un échantillonnage à placettes permanentes est le plus rationnel pour l'estimation d'un changement. On ignore parfois qu'un inventaire combinant les placettes permanentes et temporaires est préférable lorsqu'une importance égale est accordée à l'estimation de l'état et à celle de l'évolution de la forêt (Lœtsch et Haller, 1973 ; Ware, 1977 ; Cochran, 1977 ; Zôhrer, 1980; Houiller, 1983). Un autre problème de taille est l'exploitation pour les inventaires des technologies à la disposition de l'inventoriste. En effet, les progrès récents de l'informatique et de la télédétection sont tels que les bases de réflexion pour l'élaboration d'un inventaire forestier ne sont plus comparables à celles qui existaient il y a une dizaine d'années seulement. La mise en œuvre de programmes interactifs de grande souplesse et de grande performance est actuellement possible sur des ordinateurs dont le prix est relativement modeste. Les techniques de la télédétection, lorsque utilisées adéquatement, permettent à la fois d'élargir le spectre des informations obtenues, comme par exemple dans l'évaluation des dégâts aux forêts, et de rationaliser les inventaires en combinant statistiquement les observations terrestres et aériennes. Les progrès technologiques mentionnés rendent possible l'élaboration d'un système d'inventaire offrant à la pratique forestière une gamme de variantes suffisamment souple pour couvrir une grande partie des besoins. Un tel système devrait prévoir, en fonction des objectifs à atteindre, l'utilisation de différents réseaux d'échantillonnages, de différents types de placettes, en particulier les placettes temporaires et les placettes permanentes, et laisser une grande liberté dans les informa- 259

R. SCHLAEPFER tions à traiter. Le système devrait également permettre de combiner les observations terrestres et aériennes et bien entendu, offrir un certain choix dans l'analyse et la présentation des résultats. Il existe encore d'autres problèmes dont la solution pratique laisse parfois à désirer. Je pense par exemple aux problèmes de l'estimation de l'état et l'évolution des dégâts aux forêts, du décalage du tarif, de l'estimation rationnelle du volume des exploitations, des informations nécessaires aux prises de décisions sylvicoles dans les peuplements à régénérer, de la description des fonctions de protection ou de récréation, de l'estimation de l'erreur dans le cas d'un échantillonnage systématique ou dans le cas de variables qualitatives, au problème de la cartographie de l'évolution de surfaces forestières ou à celui de la combinaison statistique optimale des informations terrestres et aériennes. Tous ces problèmes, et bien d'autres encore, à cause de leur portée pratique considérable, méritent d'être l'objet de nos réflexions et d'occuper une place de choix dans la recherche en aménagement des forêts. Certains d'entre eux sont à l'étude à la Chaire d'aménagement des forêts de l'ecole polytechnique fédérale de Zurich, à l'institut fédéral de recherches forestières de Birmensdorf, ou dans le cadre de projets de recherches, comme le programme < Sanasilva» et le programme 12 du Fonds national suisse de la recherche scientifique. R. SCHLAEPFER Professeur d'aménagement des Forêts INSTITUT POUR LA RECHERCHE SUR LA FORÊT ET LE BOIS DE L'ECOLE POLYTECHNIQUE FEDERALE DE ZURICH CH - 8092 ZURICH BIBLIOGRAPHIE BADAN (R.). A propos de l'inventaire forestier. Supplément n" 57 aux organes de la Société forestière suisse, 1976, pp. 171-177. BIOLLEY (H.). L'aménagement des forêts par la méthode expérimentale et spécialement la méthode du contrôle. Dans Œuvre écrite, 1920. Supplément aux organes de la Société forestière suisse, n 66, 1982. BITTIG (B.). Forstpolitische Bedeutung eines schweizerischen Landesforstinventars. Supplément n 57 aux organes de la Société forestière suisse, 1976, pp. 224-230. BUCHER (J.B.), KAUFMANN (E.), LANDOLT (W.). Waldschaden in der Schweiz 1983. (I. Teil). Schweizerische Zeitschrift fur Forstwesen, vol. 135, n"4, 1984, pp. 271-287. COCHRAN (W.G.). Sannpling Techniques. New York: Wiley, 1977. DUPLAT (P.), PERROTTE (G.). Inventaire et estimation de l'accroissement des peuplements forestiers. Paris: Office national des Forêts, 1983. FAVRE (L.A.). 100 ans de jardinage cultural contrôlé. Journal forestier suisse, vol. 131, n 8, 1980, pp. 651-674. HOUILLER (F.). Etude théorique et expérimentale de l'échantillonnage à remplacement partiel (SPR). Eléments pour sa mise en œuvre. Rapport technique de D.E.A. INRA ; Université de Lyon, 1983. KRAMER (H.), AKCA (A.). Leitfaden fur Dendrometrie und Bestandesinventur. Frankfurt am Main : Sauerlànder, 1982. KURT (A.). Neue Wege zur Verwirklichung des Kontrollgedankens in der Forsteinrichtung. Allgemeine Forstzeitung, vol. 76, n 1, 1965. KURT (A.). Ein forstliches Landesinventar als Grundlage schweizerischer Forstpolitik. Wald und Holz, vol. 49, n 4, 1967, pp. 94-99. LŒSTSCH (F.), ZÔHRER (F.), HALLER (K.E.). Forest Inventory. Vol. II. Mùnchen, Bern, Wien : BLV Verlag, 1973. LŒTSCH (F.), HALLER (K.E.). Forest Inventory. Vol. I. Mùnchen, Bern, Wien: BLV Verlag, 1973. MAHRER (F.), BRASSEL (P.). STIERLIN (H.R.). Erste Ergebnisse zum Waldsterben aus dem Schweizerischen Landesforstinventar. Schweizerische Zeitschrift fur Forstwesen, vol. 135, n 4, 1984, pp. 289-306. 2fi0

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Au niveau de l'entreprise forestière, les solutions s'adaptent à la méthode du contrôle : l'inventaire total, pied par pied est encore en usage dans de nombreux cantons ; la méthode de contrôle par échantillonnage se propose d'atteindre les objectifs de la méthode du contrôle a laide d'un échantillonnage statistique Elle a été développée par l'institut fédéral de recherches forestières, et utilise des placettes permanentes. Il existe enfin un système vaudois d'inventaires, a différentes variantes, et utilisant, lui. des placettes temporaires lorsqu'il abandonne l'inventaire pied par pied. FOREST INVENTORIES IN SWITZERLAND (Summary) In Switzerland there is a wide range of forest inventory methods, both for 100% inventory and for sampling. At the national level. the National Forest Inventory will complète its first passage m 1983-1985, combining a network of sampling on aerial photographs and a network ol ground samples. The " Sanasilva " inventory, 1984-1987. will supply an objective check on the health ot the Swiss forests and how it is changmg. At forest level, the solutions adopted are those suited to the Check Method : total inventory, stem by stem, is still used m many cantons The Sampling Check Method proposes to satisfy the objectives of the Check Method by means of statistical sampling It has been developed by the Fédéral Foresl Research Institute, and makes use ot permanent plots. Lastly, there is a System of inventory in the Vaud, with différent parameters, which uses temporary plots wherever 100% inventory is given up DIE WALDINVENTUREN IN DER SCHWEIZ (Zusammeiitassungl Es gibt in der Schweiz eine ganze Reihe von Waldinventurmethoden : sowohl fur die Erfassungen Baum fur Baum als auch tur Bestandsaulnahmen durch Stichprobennahme. Auf nationaler Ebene wird die erste Phase der nationalen Forstbestandsaufnahme von 1983 bis 1985 durchgefurht, die ein mit Hilfe von Luftaufnahmen gewonnenes Stichprobennetz mit einem an Ort und Stelle erstellten Stichprobennetz kombiniert : und zwischen 1984 und 1987 sorgt die Inventur > Sanasilva» fur die objekfive Kontrolle der Gesundheit und der Entwickiung der schweizer Wàlder. Auf der Ebene der Forstbetriebe passen sich die Lôsungen den Kontrollmethoden an : die Totalbestandsaufnahme. Baum fur Baum. wird noch in zahlreichen Kantonen verwendet. Die Kontrollmethode auf Grund von Stichproben hat sich vorgenommen die Zeile mit Hilte einer statistischen Stichprobennahme zu erreichen Sie wurde von dem Eigenôssischen Anstalt fur das forstliche Versuchswesen entwickelt und verwendet permanente Probeflàchen. Zuletzt gibt es noch ein Waadtlander Ertassungssystem mit verschiedenen Varianten. das zeitweilige Proheflàchen benutzt. wenn es die Inventur Baum fur Baum aufgibt LOS INVENTARIOS FORESTALES EN SUIZA (Resumen) Existe en Suiza una gama compléta de mëtodos de inventarios torestales, tanto para los inventanos pië a pié, como para los inventarios con muestrario Al nivel nacional, el Inventario forestal, que combina el muestrario connsu red de totografias aéreas y terrestres, verà su primera etapa realizada de 1983 a 1985 ; y el inventario «Sanaselva» asegurarâ entre 1984 y 1987 el control objetivo del estado y de la evoluciôn de la salud de los bosques suizos. Al nivel de la empresa forestal. las soluciones se adaptan al método de control : el inventario total, pié a pié, esta aûn en uso en numerosos cantones : el método de control por muestrario se propone lograr los objetivos del método de control con ayuda de un muestrario estadistico. Ha sido desarrollado por el Instituto Fédéral de Investigaciones Forestales y utiliza ubicaciones permanentes. Existe en tin un sistema «vaudois - de inventarios, con diversas variantes, que utiliza ubicaciones temporales cuando abandona el inventario pié a pié. 26 1