DU ROLE D UN BUREAU MILITAIRE AU SEIN D UNE MISSION PERMANENTE



Documents pareils
LAURENT FABIUS, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

Normes de formation au pré-déploiement pour la Police des Nations Unies

La montagne n aura pas accouché d une souris à Bruxelles, tant étaient

Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption

à l'école des Officiers de la Gendarmerie Nationale

Centre d etudes. strategiques de l Afrique. E t a b l i r d e s p a r t e n a r i a t s p o u r l a v e n i r d e l A f r i q u e

COMPRENDRE CE QU EST L OTAN

Mémorandum d accord et Matériel appartenant aux contingents

BELGIQUE. Septième session de la Conférence des Etats Parties à la Convention relative aux Droits des Personnes handicapées

ACTEURS DE LA DÉFENSE ET FACTEURS DE SÉCURITÉ

«Femmes, paix et sécurité»

INTERVENTION DE MONSIEUR EMMANUEL RENE MOISE A LA TROISIEME REUNION BIENNALE DU PROGRAMME D ACTION DES NATIONS UNIES SUR LES ARMES LEGERES

27. Procédures de l Assemblée concernant la non-coopération (ICC-ASP/10/Res.5, annexe)

Conseil économique et social

Projet d'accord relatif à l'aide pour la défense mutuelle entre les États-Unis et la CED (Mai 1954)

ALLOCUTION DE M. BENJAMIN HOUNTON CHARGE DU BUREAU DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L HOMME POUR L AFRIQUE DE L OUEST

ASSOCIATION NATIONALE DES SOUS-OFFICIERS DE RESERVE DE L ARMÉE DE L AIR

Francais. La double filière. Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies. New York et Genève Septembre 2003 NATIONS UNIES

ORGANE INTERGOUVERNEMENTAL DE NEGOCIATION A/FCTC/INB6/DIV/4 DE LA CONVENTION-CADRE DE L OMS 28 janvier 2003 POUR LA LUTTE ANTITABAC Sixième session

Commission pour la consolidation de la paix Configuration pays République centrafricaine

AFRICAN UNION UNIÃO AFRICANA SÉCURITÉ RAPPORT CRISES» EW/rt

ASSOCIATION «HABITER ENFIN!» Loi de 1901 STATUTS

Conseil d administration Genève, novembre 2008 PFA/BS POUR DISCUSSION ET ORIENTATION

Les métiers du ministère des Affaires étrangères. m ti. é er. Direction des ressources humaines 2013

LES EMBARGOS SUR LES ARMES : MISE EN ŒUVRE, DÉFIS ET PERSPECTIVES

INVESTIR DANS LA DÉMOCRATIE LE PROGRAMME GLOBAL D APPUI AU CYCLE ÉLECTORAL DU PNUD

FACULTE DE DROIT. 1. Premier Graduat I. CYCLE DE GRADUAT. 2. Deuxième Graduat

Un partenariat renouvelé : définir un nouvel horizon. aux opérations de maintien de la paix. Nations Unies

Programme des Nations Unies pour l environnement

DECRET N fixant les attributions du Ministre de la Défense Nationale ainsi que l organisation générale de son Ministère.

PREFET DES BOUCHES-DU-RHONE

CLUB DE REFLEXION SUR LE MALI (CRM)

CORRECTION BREVET PONDICHERY 2014

Secrétariat NATIONS UNIES GÉNÉRALE. ST/SG/AC.10/C.4/15 30 juillet FRANÇAIS Original: ANGLAIS ET FRANÇAIS

1 Informations générales

RÉSIDENCE RANGUEIL MARTI CONSEIL SYNDICAL

REGLEMENT INTERIEUR TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES

Association METROPOLIS Association française Loi 1901 RÈGLEMENT INTÉRIEUR

Cadre général du Forum sur les questions relatives aux minorités

Cérémonie de clôture de la réunion débat sur le thème de la 56 e session ministérielle

VIGIPIRATE DE VIGILANCE, DE PRÉVENTION ET DE PROTECTION FACE AUX MENACES D ACTIONS TERRORISTES. Partie publique du Plan gouvernemental

Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. La Commission a entendu Mme M.R., sa fille, Mme M.K., ainsi que MM. S.A., capitaine de police, et S.C., brigadier-chef.

Désignation d organisations non gouvernementales aux fins de l article 77 du Règlement intérieur du Conseil

Règlement intérieur Ville inventive Association loi 1901

NOTE DE PRESENTATION DU PROGRAMME STATISTIQUE DE L UEMOA

LES RELATIONS ENTRE LE TRESOR PUBLIC ET LA BCEAO

Pour une coopération parlementaire régionale accrue avec les organes de traités relatifs aux droits de l homme

Dépollution. Centre de Perfectionnement aux Actions post-conflictuelles de Déminage et de. Intervention. du Général de Brigade. Félix Tissou HESSOU

Génération des forces de police Standards et Procédures

Allocution de M. Hassan B. Jallow Procureur du TPIR et du MTPI, devant le Conseil de sécurité de l ONU 10 décembre 2014

ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE EURO-MÉDITERRANÉENNE GROUPE DE TRAVAIL SUR LE FINANCEMENT DE L ASSEMBLÉE ET LA RÉVISION DU RÈGLEMENT DE L APEM

Définition et exécution des mandats : analyse et recommandations aux fins de l examen des mandats

Barème des quotes-parts pour les contributions des États Membres au budget ordinaire en 2015

Le PROGRAMME ENVIRONEMENT D INTERPOL

politique de la France en matière de cybersécurité

LES ESPOIRS SONT IMMENSES

Alerte. «Les Organisations Syndicales doivent établir des comptes annuels pour 2009 ainsi que des comptes consolidés»

ARTICLE 5 : SIEGE SOCIAL Le siège social est à Nantes. Il peut être transféré sur simple décision du conseil d administration.

Conseil d administration Genève, novembre 2002 LILS

L organisation du programme «Jeunes pousses» Rapport

STATUTS Association Cantonale d Animation de la Combe de Savoie. Titre 1 : Constitution, objet, siège social, durée

S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement

Le management au Ministère de la Défense

Conseil économique et social

MODULES DE FORMATION

Étude de cas : création d une section nationale de GOPAC

COURTIERS D ASSURANCES MARITIMES & TRANSPORTS RISQUES D ENTREPRISES.

Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la Loi 1901, ayant pour titre :...

«AMICALE DES CADRES DE LA POLICE NATIONALE ET DE LA SECURITE INTERIEURE» «ACPNSI»

Nations Unies. Compétences. pour. l avenir

Sommaire RESUME LE MONITORING DES MEDIAS PAR L ONUCI DISPOSITIF MONITORING DES MEDIAS ET DEVELOPPEMENT DES MEDIAS...

Le Partenariat ECES-EFEAC dans le renforcement innovant des capacités électorales en Afrique. Plan de présentation

Conseil d administration Genève, mars 2000 ESP. Relations de l OIT avec les institutions de Bretton Woods BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL

Version consolidée AUTORITÉ DE CONTRÔLE PRUDENTIEL Règlement intérieur du Collège. Chapitre 1 er Composition des formations

GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP)

ETES-VOUS PRET.ES A ALLER MIEUX?

STATUTS «ATELIER THEATRE DE L EVEIL»

Sécurité nucléaire. Résolution adoptée le 26 septembre 2014, à la neuvième séance plénière

MINISTERE DE LA COMMUNAUTE FRANCAISE ADMINISTRATION GENERALE DE L ENSEIGNEMENT ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

OFFICE DES NATIONS UNIES CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME Vienne

BULLETIN OFFICIEL DES ARMÉES. Édition Chronologique n 49 du 3 octobre PARTIE PERMANENTE État-Major des Armées (EMA) Texte 15

Convention relative : - aux échanges de données d'exploitation et de sécurité routière - à la gestion des crises routières. pour le département de

DIRECTIVE PRATIQUE RELATIVE À LA MISE EN OEUVRE DE L ARTICLE

COURS D INSTITUTIONS EUROPEENNES Mme Catherine SCHNEIDER, Professeur, Chaire Jean Monnet. PLAN dossier 2 : LES INSTITUTIONS DE DEFENSE ET DE SECURITE

GUIDE DE CONSOLIDATION D ÉQUIPE POUR LES ÉQUIPES DE SOINS PRIMAIRES DE L ONTARIO

ASSOCIATION DES USAGERS DES BANQUES ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS DE COTE D'IVOIRE (A.U.B.E.F C.I)

Statuts et Règlement Intérieur de l Union des Associations Suisses de France

DOSSIER DE PRESSE Plan de lutte contre les cambriolages et les vols à main armée

Ces efforts ont déjà contribué significativement à l atteinte des objectifs de l OTAN depuis 2014.

LOI ORGANIQUE N DU PORTANT ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES FORCES ARMEES EXPOSE DES MOTIFS

Séminaire du 17 octobre 2014 «La gestion des milieux aquatiques dans la loi MAPTAM et le SAGE : quels enjeux pour la Baie de Saint Brieuc?

La culture du résultat au sein des systèmes statistiques nationaux des Etats membres d AFRISTAT

Mécanisme d examen de l application de la Convention des Nations Unies contre la corruption Documents de base

Chapitre III Franchises et privilèges de l'organisation des Nations Unies

REVUE DE LA DEFENSE DU BURUNDI : LEÇONS TIREES

COMMUNIQUE DE PRESSE. Remise de 6 ambulances et de matériel pour la lutte contre l épidémie Ebola

Transcription:

DU ROLE D UN BUREAU MILITAIRE AU SEIN D UNE MISSION PERMANENTE Capitaine de vaisseau Ndome Faye, Conseiller Militaire à la Mission Permanente du Sénégal auprès des Nations unies à New York Dans certains milieux militaires et diplomatiques, une question récurrente se pose encore : A quoi sert un bureau militaire au sein d une Mission Permanente? Cette question mérite une réponse appropriée au regard de l importance que revêt le bureau militaire agissant sous l autorité d un Ambassadeur Représentant Permanent d un Etat-membre auprès de Organisation internationale ou régionale. Il sera traité ici du cas d un bureau militaire en service dans une Mission Permanente auprès de l Organisation des Nations Unies (ONU). A New York, à la tête de chaque bureau militaire, se trouve un Conseiller Militaire, Officier général ou supérieur, travaillant en étroite collaboration avec le personnel diplomatique sur les questions concernant la paix et la sécurité internationales. Les activités du bureau militaire s organisent selon deux (02) axes majeurs, objet des points figurant ci-dessous. I SERVIR D INTERFACE ENTRE LA MISSION PERMANENTE ET LES AUTRES ACTEURS DANS LE DOMAINE DE LA PAIX ET DE LA SECURITE INTERNATIONALES Comme pour traduire le langage militaire en langage diplomatique et vice versa, le Conseiller Militaire et son équipe s emploient comme une interface entre : - la Mission Permanente et les Départements du Secrétariat Général (DOMP, DAM, DSS) impliqués dans la gestion de la paix et de la sécurité internationales (prévention des conflits, maintien de la paix, consolidation de la paix). - la Mission Permanente et certaines Organisations internationales ou régionales (OIF, UA, UE) lorsque les questions à traiter concerne la paix et la sécurité internationales; - la Mission Permanente et les Autorités nationales responsables des Forces Armées et de sécurité (Etats-majors des Armées, Gendarmerie et Police Nationale); - la Mission Permanente et les troupes déployées sur le terrain; - la Mission Permanente et les autres Missions Permanentes, particulièrement dans le domaine de la coopération relative à la formation, l entraînement et l acquisition d équipements nécessaires au déploiement des troupes. 1

La taille de l équipe du bureau militaire varie selon les pays. En prenant l exemple du Sénégal, l équipe est composée : - d un officier supérieur Conseiller Militaire dont les activités quotidiennes se résument comme suit : Représenter la Mission Permanente dans les réunions concernant le maintien de la paix, la consolidation de la paix ou toute autre question relative à la paix et la sécurité internationales, au SG, à l AG, au Conseil de Sécurité de l ONU, au sein d autres organisations et Missions Permanentes de New York; Participer aux réunions de coordination au niveau de la Mission Permanente durant lesquelles il informe des situations concernant les crises qui sont en cours et pouvant affecter les intérêts du Sénégal; Rédiger les comptes-rendus et rapports destinés à la capitale dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales; Assister les délégations nationales pour les activités relatives à la contribution aux OMP (négociation MOU); Gérer quotidiennement en liaison avec les Etats-majors de la Capitale et du Terrain, les activités concernant le déploiement, la relève des contingents et des experts en mission des Armée, de la Gendarmerie et de la Police; Représenter parfois le Sénégal dans des réunions et conférences organisées en dehors de New York et concernant le maintien de la paix; Participer aux briefings organisés par la Mission Permanente au profit de groupes qui s intéressent aux activités diplomatiques du Sénégal. d un sous-officier supérieur chargé de la gestion du budget et de l exploitation du courrier du bureau militaire d un homme de troupe chargé de la conduite et de l entretien du véhicule du bureau militaire. Dans certaines Missions Permanentes de New York, le Conseiller Militaire peut se retrouver avec un ou plusieurs adjoints pour les volets terrestre, maritime, aérien ou de police du maintien de la paix. Dans ce cas il est en général appelé Conseiller de Défense. En ce qui concerne les pays en développement désireux de s engager dans les opérations de maintien de la paix (OMP), le bureau militaire est l outil par excellence pour le renforcement des capacités. II RENFORCER LES CAPACITES POUR UN PLUS GRAND ENGAGEMENT DANS LES OMP 2

Comme dans tous les domaines d activité, une bonne gestion de l information peut amener facilement les autorités nationales à accorder plus d intérêt aux OMP. Pour capter à temps la bonne information émanant des services du Secrétariat Général, qu il s agisse des vacances de poste, des appels à contribution pour les OMP ou des offres faites par les pays contributeurs financiers, il faut que le pays soit représenté à New York par du personnel militaire ou de police, qui puisse assister à toutes les réunions concernant ces questions. Toutes les informations collectées au niveau de New York, acheminées à temps vers la capitale, peuvent permettre à l Etat désireux de prendre part aux OMP, de créer un engouement au niveau militaire et politique, engouement qui va générer des réactions appropriées pour prendre le train en marche. En effet, pour tirer profit des séances de briefings organisées par le Secrétariat Général de l ONU, il me parait important que le représentant de la Mission Permanente à ces réunions puisse saisir la portée des questions soulevées, la nature des offres faites aux pays contributeurs de troupes et surtout qu il soit du métier pour bien saisir l importance des engagements à faire prendre au pays ainsi que leur impact sur les forces armées et de sécurité et sur la diplomatie nationale. Pour les pays qui ne disposent pas encore de bureau militaire a New York, je voudrais saluer ici le travail remarquable fait par nos collègues diplomates qui les représentent à nos réunions et qui gèrent ces questions avec beaucoup d attention en plus d autres dossiers qu ils suivent également pour leur Mission Permanente. Ce travail de suivi quotidien des réunions traitant des opérations des questions de paix et de sécurité, demandent beaucoup de temps supplémentaire à nos collègues diplomatiques engagés dans d autres tâches (développement, droits de l homme, environnement, élections, etc.). Un bureau militaire bien armé en personnel militaire et de police, peut aider la Mission Permanente à mieux équilibrer la charge de travail et amener plus aisément les autorités militaires et politiques à relever les défis de la formation, de l entraînement et de l équipement des troupes à engager dans les OMP. Mais pour plus de cohérence, cette masse d informations collectées par la Mission Permanente doit être mise à profit au niveau de la capitale pour mettre en place des structures assurant non seulement la génération des Forces, ce qui est bien maîtrisé en général par les Etats Majors des Forces Armées et de Sécurité, mais aussi une véritable politique nationale du maintien de la paix. 3

Bien sûr, un pays qui ne maîtrise ni le suivi quotidien du niveau opérationnel de ses troupes sur le terrain, ni le recouvrement des remboursements faits par l ONU pour le personnel et les équipements engagés, ou le paiement des contributions statutaires au budget des OMP, parviendra difficilement à atteindre la vitesse de croisière nécessaire pour s engager résolument dans le Maintien de la Paix. Pour le cas particulier de la constitution des contingents nationaux, le bureau militaire peut être appelé à effectuer les tâches ci-après. Assister aux réunions de briefing au SG de l ONU à l issue des missions d évaluation effectuée sur le terrain ; Rédiger les comptes-rendus à soumettre à la Mission Permanente pour la capitale ; Assister les missions de la capitale pour négocier les MOU ; Exploiter les documents de la capitale relatifs aux instructions sur la contribution nationale ; Rédiger les notes verbales destinées au SG de l ONU pour les offres de contribution ; Organiser les missions de reconnaissance sur le terrain pour les équipes de la capitale ; Organiser le déploiement des unités en liaison avec le Service de la Constitution des Forces (FGS), la Division de la Police, le Service du Contrôle des Mouvements (MOUVCON) et les Etats-majors de la capitale ; Suivre les recouvrements des remboursements ONU pour le contingent ; Organiser la relève des unités déployées ; Suivre toutes les questions relatives aux contingents déployés en particulier, les contentieux concernant le personnel et les équipements. Au deux points traités ci-dessus, il conviendrait d ajouter un troisième point relatif à la création du bureau militaire au sein d une Mission Permanente. III DE LA CREATION D UN BUREAU MILITAIRE Depuis la création des Nations Unies en 1945, un grand nombre de pays fondateurs de l Organisation ont créé au sein de leur Mission Permanente, un bureau militaire, chargé des tâches mentionnés ci-dessus. D autres pays membres de l Organisation ont également choisi cette option dès leur adhésion à l Organisation afin de faire face aux besoins relatifs à la gestion du volet «paix et sécurité internationales». En 2009, les éléments relatifs au nombre de bureau militaire ouvert à New York s établissent comme suit : 4

- sur 192 Etats membres de l ONU, 75 disposent d un bureau militaire au sein de leur Mission Permanente; - parmi ces 75 pays, 25 sont des pays africains parmi lesquels 10 seulement sont des pays membres ou observateurs de l OIF; la liste des 25 pays africains est ci - jointe. Le nombre réduit de bureau militaire ouvert à New York par les pays francophones serait un des éléments expliquant le faible niveau d engagement de ces pays dans le maintien de la paix. A cause de ce faible engagement, les effectifs francophones dans les OMP de l ONU ne représentent que 24.8% (tous pays membres et observateurs confondus) et 15% (si on ne prend en compte que les pays ou le français est la langue officielle ou parle couramment) du personnel alors que 60% des effectifs des OMP sont déployés dans les pays francophones (voir travaux du forum de Bamako de juin 2009); ceci a pour conséquence un déficit au niveau de la communication au sein des Missions francophones. Pour inverser cette tendance, l ouverture de bureau militaire à NY pourrait représenter une des voies à emprunter par la communauté francophone. Pour ce faire, il suffit simplement de : - nommer un Conseiller militaire (un Officier général ou supérieur) assisté par un ou plusieurs officiers et du personnel de soutien selon le pays; le Conseiller Militaire n a pas besoin d être accrédité auprès du SG de l ONU; - mettre en place un budget de fonctionnement généralement moins important que celui de la Mission Permanente; les charges concernant le personnel du bureau militaire pouvant être supportées par le budget de la Mission Permanente; - réaliser des moyens roulant pour les besoins du bureau; ces moyens à intégrer dans le parc de la Mission Permanente, ont un coût de fonctionnement et d entretien peu élevé; - implanter le bureau militaire au sein de la Mission Permanente ou louer des locaux en dehors de la Mission; le coût de location d un bureau convenable à NY peut être estimé entre 8 000 et 10 000 $ US par mois. Pour conclure, on peut affirmer que les moyens à mobiliser pour l ouverture d un bureau militaire sont à portée de tous les pays qui entretiennent une Mission Permanente à New York. Cette initiative mériterait d être tentée car les effets positifs sur les Forces Armées et de Sécurité et sur la diplomatie nationale vont être perceptibles dans des délais relativement courts. Aussi, multiplier les bureaux militaires à New York pourrait d une part aider à accroître la contribution des pays francophones en effectif sur le terrain et d autre part permettre à la famille francophone d être plus visible aussi bien au siège de l ONU que dans les théâtres d opérations. CV Ndome Faye REPSEN/NY Novembre 2009 5