Intubation. après. Traumatise du

Documents pareils
Table des matières. Remerciements...v. Préface... vii. Avant-propos... xi. Mode d utilisation du manuel et du DVD... xv

Contrôle difficile non prévu des voies aériennes: photographie des pratiques

quelques points essentiels

LE RACHIS : UNE ENTITE COMPLEXE IMPORTANTE A PRESERVER

Ceinture Home Dépôt. Orthèse lombaire et abdominale. Mother-to-be (Medicus)

Vous intervenez en équipage SMUR sur un accident de la voie publique : à votre arrivée sur les lieux, vous trouvez un homme d environ 30 ans au sol à

Les fractures de l extrémité inférieure du radius (238) Professeur Dominique SARAGAGLIA Mars 2003

Claude Karger Anne Sophie Kesseler

CEPHALEES POST-BRECHE DURALE. Post Dural Puncture Headache (PDPH)

QUALITÉ DE L APPRENTISSAGE DE L INTUBATION ORO-TRACHÉALE EN LABORATOIRE DE SIMULATION, SON INTÉRÊT POUR LES PATIENTS.

Athénée Royal d Evere

PREVENTION DES TRAUMATISMES DENTAIRES LORS DE L ACCES AUX VOIES AERIENNES SUPERIEURES

OSSIFICATION DU LIGAMENT VERTEBRAL COMMUN POSTERIEUR ET DU LIGT JAUNE: MYELOPATHIE CERVICALE SUBAIGUE

Le sport canin: les revers de la médaille

Actualité sur la prise en charge de l arrêt cardiaque

Le mal de dos est décrit par de nombreux auteurs

LA HERNIE DISCALE LOMBAIRE

LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES. Le 2 décembre 2008

Consignes de remplissage - Grille de recueil - Thème DAN2

Allégez la charge! Dossier d enseignement: Soulever et porter des charges Exercices de consolidation niveau 2

Douleur au cou, au dos et hernie: solutions en physiothérapie.

SOMMAIRE LE COU P.4 L EPAULE / LE BRAS / LE POIGNET / LA MAIN P.6 LE TRONC P.12 LE GENOU P.16 LA CHEVILLE P.20 LE PIED P.22

Neurologiques gq Centrales EMPR LE NORMANDY GRANVILLE

Mal de dos et plongée sous-marine

Colette Franssen Département d Anesthésie Réanimation CHU Sart Tilman LIEGE

w w w. m e d i c u s. c a

NAVA pourquoi pas. Stéphane Delisle RRT, PhD, FCCM Mohamed Ait Si M Hamed, inh. BSc.

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales

Programme «DoSanté Lycée» Présentation et évaluation

Cancers de l hypopharynx

Les postures, l appareillage Point de vue du médecin MPR. Dr. P. LUBLIN MOREL CMPR de COUBERT 2011

La douleur induite par les soins

K I N é S I T H é R A P I E & D B C

LES COURBURES DE LA COLONNE VERTEBRALE

Allégez la charge! Prévention des lombalgies dans le secteur des Soins de santé

L indépendance à chaque pas de la vie. Groupe. Votre meilleur allié. Visitez notre site :

MONITORING PÉRI-OPÉRATOIRE DE L'ISCHÉMIE CARDIAQUE. Dary Croft 9 mai 2013

Cervicalgie, brachialgie et symptômes associés : troubles du disque cervical

dos La qualité au service de votre santé Avenue Vinet Lausanne - Suisse p r e n d r e s o i n d e s o n

La main traumatique: traumatismes ostéo- articulaires des doigts longs. DR Moughabghab

Docteur, j ai pris froid!

9e Colloque SST Sherbrooke, 14 mai ASFETM Ergonomie - TMS - Prévention des maux de dos

Veraviewepocs 3De Le Panoramique dentaire qui répond à tous vos besoins en imagerie tridimensionnelle (3D)

ANALYSE DU MOUVEMENT EXEMPLE : LE SQUAT

Dr Pascale Vergne-Salle Service de Rhumatologie, CHU de Limoges. Membre enseignant chercheur EA 4021

Prise en charge médico-technique d une hémiparesie spastique: Evaluation clinique et instrumentale

La ventilation non invasive aux soins intensifs

APONEVROTOMIE ENDOSCOPIQUE du Syndrome Compartimental d Effort à l Avant-bras

MOUVEMENTS DE BASE (global) EN MUSCULATION. bphiver2013 Hamrouni Samy 1

Appareil Thérapeutique pour le Soin du Dos

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

La Responsabilité Civile De L anesthésiste

Notions de base Gestion du patient au bloc opératoire

Quel que soit le matériel d ostéosynthèse, un certain nombre de principes permettent de bien conduire le geste chirurgical

Les PETITS ATELIERS Du DOS» avec Totor

7. Annexes. 7.1 Les différents constituants de la colonne vertébrale et leurs rôles

ERGONOMIE au bureau lutter contre les TMS

ROLE IADE EN NEUROANESTHESIE. (C.Muller 2005)

Céphalées vues aux Urgences. Dominique VALADE Centre d Urgence des Céphalées Hôpital Lariboisière PARIS

Contenu de la formation PSE1et PSE2 (Horaires à titre indicatif)

Exemple 1: Entorse cheville. ÉVALUATION INITIALE: entorse cheville

Comment Ne Plus Souffrir. Du Mal Au Dos

... 5 OBJECTIF TERMINAL Objectif intermédiaire 1.1 Caractériser les quatre classes d os... 7

Trucs du métier. L arthrite psoriasique en l absence du psoriasis. clinicien@sta.ca. Avez-vous un truc? Son épidémiologie et son expression

Réduction des volumes pulmonaires après chirurgie abdominale et thoracique

LES ORTHESES DE COMPRESSION CONTENTION

Échographie normale et pathologique du grand pectoral

Quoi de neuf dans la prise en charge du psoriasis?

Les «chiros» sont-ils de vrais docteurs?

Livret participant. Prévention. Ouest. Kiné

Formation. en entretien sanitaire Risques physiques et postures non contraignantes en entretien sanitaire en entretien sanitaire

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Grégory Bruchet Clément Eveillard François Lamouret Mémostéo

Institut Régional de Réadaptation Nancy DUHAM 2010

LA BONNE PROPHYLAXIE DES DENTS SAINES, UNE VIE DURANT

Les lésions musculosquelettiques chez les éboueurs : des pistes de prévention à la gestion du retour au travail

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

PLAN RÉÉDUCATION POUR LES UTILISATEURS DE L'ARTICULATION. Contrôle de la phase pendulaire. Par Jos DECKERS

Monitoring non invasif dans l état de choc

Arrêt cardiaque : nouvelles recommandations

La simulation en pédiatrie

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) chez les technologues Derrière la prise d images Des solutions

MON DOS AU QUOTIDIEN COMPRENDRE, ÉVITER ET SOULAGER LE MAL DE DOS

TRAUMATISMES DU RACHIS

Manuel de l ergonomie au bureau

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

IFAS 11 décembre janvier M. BLOT Ergothérapeute. CHU de NIMES

Prolapsus génital et incontinence urinaire chez la femme Professeur Pierre BERNARD Septembre 2002

Prenez soin de votre dos. Informations et astuces contre les douleurs lombaires

Vertiges et étourdissements :

Les étapes de la déclaration

DENSITOMÉTRIE OSSEUSE : CE QUE LE RADIOLOGUE DOIT SAVOIR

Les formes cliniques. Maxime Breban

E-MAG Active BILATÉRAL JUSQU'À 100 KG OU UNILATÉRAL JUSQU'À 85 KG. Information produit

LE LARYNX VUE ANTERIEURE DU LARYNX : Décembre 2007 Sources Étudiantes. Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes

«Principes de gestion des situations de crise (CRM) et compétences nontechniques

Risques liés à l'activité physique au travail Hyper sollicitation articulaire

Transcription:

Intubation après Traumatise du Drs. ESNAULT Pierre et POYET Céline FARU HIA Sainte Anne

Rappels anatomiques Rachis cervical: 7 vertèbres La moelle épinière Disques intervertébraux débutant en C2C3 Appareil ligamentaire

Rappels anatomiques Articulation atlantooccipitale: 50 % des capacités de flexion et d extension du cou Articulation atlanto-axis: 50 % des capacités de rotation du cou

Rappels anatomiques Stabilité assurée par: Ligament commun vertébral ant:! hyperextension Ligament commun vertébral post:! hyperflexion Disques Facettes articulaires Ligaments jaune, interépineux et supraépineux Muscles paravertébraux

Rappels anatomiques Canal médullaire cervical: Large entre C1 et C3: 16 30 mm Etroit entre C4 et C7: 14 23 mm Hyperextension réduit le canal de 2 à 3 mm

Epidémiologie Incidence: 3 à 6% Lésion médullaire associée: 23,3% Population cible Homme (Sexe ratio 4/1) Jeune (15 35 ans dans 50 70% des cas) Mécanismes lésionnels AVP VL ou 2 roues: 40 45% Chute: 20% Sport: 15% Agression: 15% Facteurs de risque: Traumatisme crânien: OR = 8,5 [4 17] Signes de focalisation: OR = 58 [12 283] Young Am Surg 2015 Bernhard Resuscitation 2005 Hasler J Trauma 2012

Physiopathologie Lésion par compression axiale: Plongeon Burst fracture de l atlas = Fracture de Jefferson Instabilité +++ mais lésions neurologiques rares (largeur du canal médullaire)

Physiopathologie Fracture de l odontoïde: Mécanismes multiples: flexion + extension + rotation Type 1: lésion du haut de la dent Type 2: lésion de la base de la dent Type 3: association d une lésion du corps de C2

Physiopathologie Lésions en extension: Ex: fracture de Hangman (pédicule de l axis) AVP VL ou plongeon Lésions neurologiques rares

Physiopathologie

Contrôle des voies aériennes supérieures IOT que si nécessaire Indications: SpO2 < 90%, bradypnée et GCS < 9 Fréquent: Lésions associées Traumatisme crânien grave: 5-10% Trauma facial: 7% Lésion médullaire: Dysfonction diaphragmatique ( > C3C5) Dysfonction muscles abdominaux et intercostaux (> T4) Ghafoor J. Clin Anesth 2005 Bernhard Resuscitation 2005

Contrôle des voies aériennes supérieures Avec un double risque: Mobilisation cervicale avec aggravation des lésions neurologiques Hypoxique par retard ou échec d IOT avec aggravation des lésions neurologiques Standard de soins depuis les années 1980 1990 Immobilisation rachidienne précoce et systématique Avant 1980: lésions secondaires dans 10 à 25% des cas Maroach Ann Emer Med 2007 Bernhard Resuscitation 2005 Jung Korean J Anesthesio 2015

Mobilité cervicale Crosby Anesthesiology 2006

Mobilité cervicale Hindman Anesthesiology 2014

Mobilité cervicale Maximale durant laryngoscopie? NON Mouvements cervicaux maximaux chez sujet sain: Subluxation mandibulaire et traction mentonnière 2,93 mm Intubation orotrachéale 1,51 mm Model de lésion C1 C2 Espace autour de la moelle après lésion: 6,06 mm Subluxation: " 1 à 2,5 mm IOT: " 1,6 mm Crosby Anesthesiology 2006

Intubation difficile Intubation par laryngoscopie directe: Alignement des axes bucco-pharyngo-laryngés avec l œil Vazel EMC ORL 2004

Intubation difficile

Contrôle des voies aériennes supérieures Balance entre une immobilisation optimale et une intubation réussie

Immobilisation durant IOT Différentes possibilités: Rien Collier cervical Traction isolée Stabilisation manuelle en ligne («MILS») Bien étudiée dans la littérature

Collier cervical semi rigide

Goutcher Br J Anaesth 2005

Goutcher Br J Anaesth 2005

Goutcher Br J Anaesth 2005

Collier cervical semi-rigide Réduction significatif de l ouverture de la bouche Ablation partie antérieure du collier avant intubation Goutcher Br J Anaesth 2005

Traction seule A ne pas faire Distraction excessive ++++ Lennarson J Neurosurg 2001 Bivins Ann Emerg Med 1988

MILS

MILS MILS vs. Laryngoscopie directe " Mouvements de flexion extension " Rotation " mouvements articulation atlanto-occipitale Ghafoor J Clin Anesth 2005

MILS MILS vs. Collier cervical: " Déplacement antéropostérieur! " subluxation dans canal médullaire 7,5 vs. 13,7%; p = 0,03 Meilleur visualisation glottique Cormack = 1,4 vs. 2,3; p < 0,05 Cormack 3 ou 4: 22 vs. 64% Gerling Ann Emerg Med 2000 Crosby Anesthesiology 2006

MILS Mais, par rapport laryngoscopie directe Altération visualisation glottique Augmentation force sur laryngoscope 717 vs. 363 mmhg; p = 0,02 Pourrait être transmis à la colonne cervicale avec risque de déplacement secondaire Manoach Ann Emerg Med 2007 Santoni Anesthesiology 2009

Technique recommandée MILS avec maintien partie postérieure du collier

Techniques d intubation Type de lame: Mac vs. Miller: Extension occiput C1: 12,1 vs. 9,5 ; p = 0,01 Extension craniocervicale totale: 28,1 vs. 23,2 ; p = 0,008 Significatif mais cliniquement peu pertinent LeGrand Anesthesiology 2007

Techniques d intubation Sonde mandrinée +++

Techniques d intubation Place des vidéolaryngoscopes?

Vidéolaryngoscopes Groupe 1: lame non anatomique Glidescope Cmac McGrath

Vidéolaryngoscopes Groupe 2: lame anatomique Airtraq Pentax AWS

Vidéolaryngoscopes Suppan BJA 2015

Suppan BJA 2015

Suppan BJA 2015

Suppan BJA 2015

Suppan BJA 2015

Vidéolaryngoscopes Durée de la procédure: Amor Ann Fr Anesth 2013

Vidéolaryngoscopes Mobilisation cervicale diminuée Turkstra Anesthesiology 2009

Vidéolaryngoscopes Force nécessaire pour visualisation glottique Hindman Anesthesiology 2014

Mesures associées Manœuvre de Sellick Contre indiquée en France Autorisée aux USA Subluxation postérieure cervicale d environ 5mm Utilité débattue actuellement Crosby Anesthesiology 2006

Induction Induction séquence rapide Hypnotiques: Ketamine +++ ou Etomidate Curares dépolarisants possibles jusqu à H+48 Attention aux conséquences hémodynamiques: Fibres à destinées cardiaques niveau T1 à T4 Bradycardie +++ Absence de tachycardie compensatrice Hypovolémie relative par bloc sympathique! Atropine prête à l emploi Ghafoor J Clin Anesth 2005

Conclusion Toujours immobiliser un traumatisé sévère Intubation que si nécessaire MILS durant la procédure Avenir: vidéolaryngoscopes +++++