John Stuart Mill: L utilitarisme Chapitre 2: Ce que c est que l utilitarisme 1 ère et 2 ème objection pages 47-58
II-1: Préjugés contre l utilitarisme, p. 47-48! Préjugé 1 : L utilité est opposée au plaisir! " Problème : plusieurs sens du mot «utile»! langue familière : utile = choses désagréables, mais nécessaires pour accomplir une tâche! sens philosophique : utile = ce qui donne du plaisir! Préjugé 2 : L utilité au sens philosophique signifie «plaisir sous sa forme la plus grossière»! " Problème : ignorance des écrits des philosophes hédonistes «d Epicure à Bentham»
II-2: La définition de la doctrine de l utilitarisme, p. 48-49! Définition de Mill " «les actions son bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur. par bonheur on entend le plaisir et l absence de douleur; par malheur, la douleur et la privation de plaisir.» " Caractéristiques de cette définition! Élément axiologique (valeur) : le bonheur (le plaisir)! Élément normatif : devoir d «accroître» le bonheur! Théorie axiologique : moniste! Une théorie axiologique qui dit que le le plaisir est la seule valeur = une théorie hédoniste " Précisions à donner ultérieurement! «le contenu des idées de douleur et de plaisir»
II-3 & 4a L utilitarisme présuppose-t-il une théorie axiologique qui ne convient qu aux porcs? p. 49-51! Objection à l utilitarisme " Si l on ne désire que le plaisir, on ne désire pas de choses nobles, mais seulement de choses «basses et viles» " Ainsi «c est une doctrine qui ne convient qu au porc»! Réfutation de cette objection " Si les hommes n avaient pas de plaisirs autres que les porcs, alors ce qui est bon pour les porcs serait aussi bon pour les hommes. " Les hommes peuvent avoir de plaisirs plus sophistiqués (tirés de l intelligence, des émotions [sensibilité] et de l imagination) " Ceux qui disent plaisir = plaisir aux choses «basses et viles» dégradent la nature humaine
II-4b La qualité des plaisirs, p. 51! Plaisirs de l esprit (intelligence, émotions, imagination) et du corps (plaisirs sensorielles) " Avantages extinsèques (dus au circonstances de la vie) des plaisirs de l esprit :! «plus stables, plus sûrs, moins coûteux»! Exemple : savoir jouer un instrument " Avantages intrinsèques (dus à la nature des plaisirs)! «certaines espèces de plaisirs sont plus désirables et plus précieuses que d autres»! Exemple : manger des éclairs au chocolat vs savoir lire
II-5: Ce qui détermine les différences de qualité parmi les plaisirs, p. 51-52! Critère de Mill " «De deux plaisirs, s il en est un auquel tous ceux ou presque tous ceux qui ont l expérience de l un et de l autre accordent une préférence bien arrêté, sans y être poussés par un sentiment d obligation morale, c est ce plaisir-là qui est le plus désirable.»! Eléments importants : jugement d expert, comparaison, quasiunanimité! Qualité vs quantité : conséquences de cette préférence " La quantité supérieure d un plaisir = plus de satisfaction " Préférence : Peu d un plaisir plus désirable > beaucoup d un plaisir moins désirable
II-6a: Considérations psychologiques concernant les plaisirs de qualité différente, p. 52-53! Pourquoi la quantité ne l emporte pas sur la qualité des plaisirs? " Observation :! «Peu de créatures humaines accepteraient d être changé en animaux inférieurs sur la promesse de la plus grande ration de plaisirs de bêtes; aucun être humain intelligent ne consentirait à être un imbécile, aucun homme instruit être un ignorant, aucun homme ayant du cœur et une conscience à être égoïste et vil» " Explication :! Les plaisirs préférables impliquent des facultés supérieures! Avoir des facultés supérieures entraîne une exigence plus élevé pour ce qui peut nous rendre heureux.! Avoir une exigence élevé nous rend vulnérable (risque d échec)! Avoir une exigence élevé nous rend fier, attaché à la liberté, à l indépendance, au pouvoir personnel, à la joie de réaliser son potentiel («vie exaltante») # céder à ces exigences revient à une perte ressentie de dignité (ou de l estime de soi-même)
II-6b : Bonheur Satisfaction, p. 53-54! Satisfaction : " Quantité d un plaisir quelconque! Bonheur : " Conception lexicographique 1. Jouir de plaisirs plus désirables 2. Jouir de la quantité plus grande de ces plaisirs " Exemple :! Classement qualitatif : A > B! Classement quantitatif : A = 5, A = 3, B = 8, B = 10! Résultat du choix : A > A > B > B " «Il vaut mieux d être un homme insatisfait qu un porc satisfait»
II-7 Pourquoi les personnes expérimentées préfèrent-ils parfois les plaisirs inférieurs aux plaisirs supérieurs? p. 54-55! La faiblesse de caractère " Myopie psychologique :! plaisir proche de moindre qualité > plaisir distant de qualité supérieure! L opportunisme " Paresse intellectuelle et émotionnelle :! plaisirs de moindre qualité faciles à obtenir > plaisirs difficiles à obtenir de qualité supérieure " Causes, souvent dues aux circonstances sociales :! manque de l exercice de sa capacité d éprouver des «sentiments nobles»! manque de temps et d occasions! résignation : ne vouloir plus que ce qui est accessible maintenant
II-8 : Récapitulation, p. 55-56! «Lorsqu il s agit de savoir lequel, de deux plaisirs donne le plus de satisfaction à la sensibilité [= est le plus approprié compte tenu de nos facultés proprement humaines intelligence, émotions, imagination] il faut bien tenir pour définitif le jugement des hommes qui sont qualifiés par la connaissance qu ils ont de l un et de l autre, ou, s ils sont en désaccord, celui de la majorité d entre eux.»
II-9 : Bonheur individuel vs. bonheur collectif, p. 56-57! Faut-il accepter la théorie de la qualité des plaisirs si l on veut adhérer à l utilitarisme? " Pas nécessairement, car l utilitarisme cherche le plus grand bonheur collectif " Mais : «si l on peut mettre en doute qu un noble caractère soit toujours plus heureux que les autres en raison de sa noblesse, on ne peut douter qu il rende les autres plus heureux, et que la société en général en retire un immense bénéfice.»
II-10 : Récapitulation & la morale selon l utilitarisme, p. 57-58! «La morale peut donc être définie comme l ensemble des règles et des préceptes qui s appliquent à la conduite humaine et par l observation desquelles une existence [ ] aussi exempte que possible de douleurs, aussi riche que possible en jouissances, envisagées du double point de vue de la quantité et de la qualité [ ] pourrait être assuré dans la plus large mesure possible, à tous les hommes ; et point seulement à eux, mais, autant que la nature des choses le comporte, à tous les êtres sentants de la création.»