OBSERVATOIRE DE LA QUALITÉ LES OPÉRATIONS RÉNOVÉES ET CERTIFIÉES BBC-EFFINERGIE RÉNOVATION
2 SOMMAIRE INTRODUCTION 3 PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE ET ÉMISSION DE GAZ À EFFET DE SERRE 4 LA CONSOMMATION D ÉNERGIE PRIMAIRE (CEP) 4 L ÉMISSION DE GAZ À EFFET DE SERRE (GES) 5 LES PRINCIPAUX POSTES DE DÉPENSES D ÉNERGIE 6 LE CHAUFFAGE 6 L ISOLATION 7 LA PRODUCTION D EAU CHAUDE SANITAIRE (ECS) 8 LES AUXILIAIRES 9 CONCLUSION 10
3 INTRODUCTION L analyse se base sur un échantillon de 99 bâtiments rénovés et certifiés BBC-Effinergie Rénovation par CERQUAL en 2013. Les données proviennent des études thermiques collectées lors du processus de certification. L objectif de cette étude est de montrer les gains obtenus grâce à l obtention du label BBC-Effinergie Rénovation et de donner des précisions sur les équipements intervenant dans cette performance énergétique. Le gain énergétique atteint après rénovation de ces bâtiments est défini globalement en première partie de ce rapport, grâce à la Consommation d Énergie Primaire (Cep). L impact environnemental de la rénovation est également étudié grâce au niveau d émission de gaz à effet de serre (GES). La mise en place d équipements plus performants pour le chauffage, l ECS et la ventilation, participe à l économie réalisée lors de la rénovation. Cette économie est analysée en seconde partie.
4 PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE ET ÉMISSION DE GAZ À EFFET DE SERRE L ensemble des données est issu des études thermiques utilisant la méthode de calcul réglementaire Th-C-E ex. Les étiquettes Énergétiques et Émission de gaz à effet de serre ne concernent que les consommations du chauffage, d ECS et du refroidissement. LA CONSOMMATION D ÉNERGIE PRIMAIRE (CEP) Le Cep est établi avant et après rénovation pour chaque bâtiment, permettant de quantifier le gain obtenu lors de la rénovation du bâtiment. Cep (kwh ep/m².an ) 282,8 84,5 Écart = -70% Le gain moyen conventionnel engendré par les rénovations des bâtiments de notre échantillon est important et s élève à 70% de la valeur du Cep initial. Comparatif des étiquettes énergétiques des opérations en rénovation : 8% 14% 3% C D E F G 41% 10% 27% A B C 38% 59% Les étiquettes attribuées avant et après rénovation permettent de visualiser rapidement la performance énergétique atteinte grâce à la rénovation : 62% des bâtiments obtiennent une étiquette A ou B, les autres, une étiquette C. La majorité des bâtiments avant rénovation était étiquetée D ou inférieur (90%).
5 L ÉMISSION DE GAZ À EFFET DE SERRE (GES) La quantité d émission de gaz à effet de serre (exprimée en kg équivalent CO2/m².an) est influencée par le type d énergie utilisé pour le chauffage et la production d ECS, et les équipements liés au refroidissement. La diminution de la quantité de gaz à effet de serre émise par les bâtiments après rénovation est nette : 58% des bâtiments sont en classe F ou G avant rénovation, Il n y a plus d étiquette inférieure à E après rénovation, 66% des bâtiments obtiennent une étiquette A, B ou C. C 21% 5% 16% A 30% 4% 4% 7% D E F G 21% B C D E 37% 55%
6 LES PRINCIPAUX POSTES DE DÉPENSES D ÉNERGIE L ensemble des données est issu des études thermiques utilisant la méthode de calcul réglementaire Th-C-E ex. LE CHAUFFAGE Le chauffage est le poste sur lequel la rénovation a le plus d impact sur la performance énergétique. Une baisse de 80% de la consommation conventionnelle en énergie primaire est observée après rénovation sur ce poste. Cep (kwh ep/m².an ) 209,9 41,8 Écart = -80% Ce gain énergétique résulte du choix d équipements plus performants et d une isolation renforcée du bâti. 43% des opérations de notre échantillon ont eu leur système de chauffage remplacé, principalement par des chaudières individuelles ou collectives gaz. Le choix des Maîtres d Ouvrage porte sur le gaz, abandonnant les systèmes électriques et les chaudières fonctionnant au fioul. Les systèmes de chauffage connectés au réseau de chaleur ont été maintenus, les engagements contractuels incitant à rester connecté à ces réseaux. Bois Fioul Réseau de chaleur Électricité 27% 1% 8% 17% Bois Fioul Réseau de chaleur Électricité 26% 5% 1% Gaz Gaz 47% 68%
7 L ISOLATION L isolation du bâti impacte la performance énergétique des bâtiments, réduisant la consommation liée au chauffage. Une baisse de 68% de l indice Ubât est observée sur les bâtiments, après rénovation. Définition de l Ubât : Coefficient de transmission surfacique moyen de l'enveloppe séparant l'intérieur du bâtiment de l'extérieur, d'un local non chauffé ou du sol. Ubât d'exprime en W/m².K et représente les déperditions moyennes par m² de paroi pour 1 d'écart de température. Il traduit la performance de l isolation du bâtiment. Isolation (W/m².K) 2,03 0,66 Écart = -68% Précision sur le graphique «Ubât mesuré avant et après rénovation» : L Ubât (axe des ordonnées) s exprime en W/m².K, plus sa valeur est élevée, moins l isolation est performante. Ubât (W/m².K) Ubât mesuré avant et après rénovation 3,5 3 2,5 Ubât avant Rénovation Plus le Ubât est faible, meilleure est l'isolation avant Rénovation après Rénovation 2 1,5 1 0,5 Ubât après Rénovation 0 Les valeurs de l Ubât situées dans la partie bleue du graphique, ci-dessus, concernent les bâtiments avant rénovation (valeurs élevées de l Ubât). Les valeurs de l Ubât dans la partie verte du graphique se réfèrent à ces mêmes bâtiments après rénovation. Une dispersion forte est constatée pour les valeurs des Ubât avant rénovation, contrairement aux valeurs après rénovation qui se situent dans un couloir étroit, de largeur inférieure à 1 W/m².K. La performance de l isolation est nettement meilleure après rénovation avec une baisse de 68% de l indicateur Ubât. Cette performance d isolation est maîtrisée, quel que soit le bâtiment rénové, la valeur de l Ubât après rénovation est située entre 0,3 W/m².K et 1,1 W/m².K.
8 LA PRODUCTION D EAU CHAUDE SANITAIRE (ECS) ECS (kwh ep/m².an ) 38,2 27,6 Écart = -28% La performance énergétique est améliorée avec la rénovation grâce au changement de l équipement ECS, souvent associé au chauffage, entraînant une baisse de 28% de la consommation conventionnelle en énergie primaire pour ce poste. L énergie utilisée pour chauffer l eau est le gaz dans la moitié des bâtiments non rénovés. Leur rénovation renforce ce choix d énergie. Les systèmes sont très majoritairement collectifs avant comme après travaux (plus de 65% dans les 2 cas). A noter l apparition de l ECS solaire et bois, pour 19% des bâtiments. Fioul Réseau de chaleur Électricité Gaz 27% 17% 11% Bois Réseau de chaleur Électricité Gaz Solaire + autre énergie 23% 15% 4%1% 57% 45%
9 LES AUXILIAIRES Auxiliaires (kwh ep/m².an ) 11,3 7,4 Écart = -35% 35% d économie d énergie conventionnelle sur le poste des équipements auxiliaires est atteint suite à la rénovation des bâtiments, et notamment les changements des chaudières entrainant une optimisation des auxiliaires de distribution. La ventilation a également été optimisée, avec des systèmes de VMC plus performants, compensant la disparition de la ventilation naturelle. Ainsi, la VMC simple flux (le plus souvent Hygro B) est présente dans 83% des bâtiments après rénovation alors qu auparavant les bâtiments non rénovés étaient équipés de VMC auto-réglable (57%) ou utilisaient la ventilation naturelle (41% des bâtiments). 2% 6% 9% 2% Autoréglabe Ventilation naturelle Hygroréglabe Autoréglabe 41% Ventilation naturelle 57% Hygroréglabe Double flux 83%
10 CONCLUSION Près de 34% des opérations certifiées Patrimoine Habitat ou Patrimoine Habitat & Environnement sont labellisées BBC-Effinergie Rénovation (label thermique pour les bâtiments mis en service après le 1 er janvier 1948) ou Effinergie Rénovation (option thermique pour les bâtiments mis en service avant le 1 er janvier 1948). La rénovation des opérations, dans le respect de ces labels, permet un gain de performance énergétique très important (70% de gain obtenu en moyenne dans les bâtiments constituant notre échantillon). Ce résultat est obtenu principalement grâce à une amélioration de l isolation et au changement de système de chauffage. Ces résultats vont dans le sens des ambitions du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte. Après la rénovation effectuée, l enjeu est de réussir à assurer réellement ce gain de performance. Le comportement des résidents dans leur logement et l utilisation qu ils font des équipements interviennent sensiblement dans la performance énergétique réelle. Afin de mieux évaluer ces usages et aller au-delà d une estimation théorique, une étude sur le sujet, intitulée «Vivre dans un logement BBC Rénovation», sera publiée au 2 e trimestre 2015 par QUALITEL. Le second critère de réussite est une exploitation optimisée des bâtiments après rénovation. Pour répondre à cet objectif, CERQUAL a lancé la certification Exploitation. Cette certification permet aux gestionnaires de : Harmoniser et identifier les outils et pratiques qui permettent une maintenance et un entretien efficace, Évaluer la pertinence économique des investissements immobiliers par une approche en coût global, Suivre la performance énergétique et environnementale du patrimoine grâce à la mise en place d indicateurs essentiels (Énergie, Émission de Gaz à effet de serre, consommation d eau et dépenses d exploitation), Sensibiliser les locataires aux comportements et bonnes pratiques à adopter, Suivre la satisfaction des occupants. 4 bailleurs sociaux sont déjà porteurs de la certification (pour environ 1500 logements certifiés).
Retrouvez tous nos dossiers sur : www.qualite-logement.org Whoswho Place de la République à LILLE (59), certification Patrimoine Habitat & Environnement Effinergie Rénovation, pour CIRMAD, architecte AGENCE MAES. Photo : Laurent Ghesquière www.jeconnaisunphotographe.com