Pour une meilleure employabilité des diplômés de l enseignement supérieur à Madagascar : Sur la base d une expérience de trois décennies, quelle stratégie pour un enseignement supérieur professionnalisant? Lieu : Antananarivo, Madagascar Principales étapes : 15 16 décembre 2015 15-16 mars 2016 15-20 novembre 2016 1
Pour une meilleure employabilité des diplômés de l enseignement supérieur à Madagascar : Sur la base d une expérience de trois décennies, quelle stratégie pour un enseignement supérieur professionnalisant? TERMES DE REFERENCES DU PROCESSUS PARTICIPATIF Lieu : Antananarivo, Madagascar Principales étapes : 15 16 décembre 2015 15-16 mars 2016 15-20 novembre 2016 2
Table des matières 1. CONTEXTE ET JUSTIFICATIONS 4 2. OBJECTIFS 6 2.1. OBJECTIF GENERAL 6 2.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES 6 3. LOGIQUE DU PROCESSUS 7 3.1. REALISER UN ETAT DES LIEUX (SEPTEMBRE- DECEMBRE 2015) 7 3.2. ELABORER UNE STRATEGIE DE RENFORCEMENT DE LA PROFESSIONNALISATION DES FORMATIONS DANS L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (JANVIER- MARS 2016) 7 3.3. ENTRER DANS LA MISE EN ŒUVRE (AVRIL- DECEMBRE 2016) 8 4. RESULTATS ATTENDUS 9 5. PILOTAGE DU PROCESSUS 10 6. ANNEXE : PROJET DE DEROULEMENT DU SEMINAIRE DES 15 ET 16 DECEMBRE 2015 11 3
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATIONS La professionnalisation de l enseignement supérieur recouvre trois dimensions : - un dispositif de formation répondant aux normes LMD de qualité et de gouvernance avec l implication des parties prenantes, notamment les acteurs socio- économiques ; - la conception et le développement de formations professionnelles supérieures visant l acquisition de compétences professionnelles reconnues ; - pour faire de toutes les formations des formations professionnalisantes, l accompagnement des étudiants dans leur parcours d étude. Cet accompagnement intégrera l orientation académique et professionnelle, en vue de leur future insertion sur le marché du travail, les formations supérieures générales devant aussi développer l employabilité des étudiants. A Madagascar, il s agit d une préoccupation ancienne. Même si dans l histoire de l Université, comme dans les autres pays du monde, la composante professionnelle a toujours existé dans les facultés de Droit, de Médecine et de Pharmacie, elle restait largement dominée par une mission culturelle générale et par une mission plus spécifique de formation des chercheurs que seule l Université pouvait remplir 1. Depuis le milieu des années 80, des actions ont été engagées pour une professionnalisation de l offre d enseignement supérieur, notamment par : - la création des Instituts Supérieurs de Technologie et d autres formations professionnalisantes (par exemple, l Institut STICOM, Institut Halieutique et des Sciences Marines (IH.SM) ; - la réalisation de projets dans le cadre des appuis CRESED I et II à la réalisation des Plans Nationaux d Amélioration de l Education (PNAE) ; - l homologation de formations professionnelles d établissements privés de l enseignement supérieur. Trente ans après, la préoccupation de la professionnalisation de l enseignement supérieur à Madagascar est renforcée dans le contexte de la mise en place du système LMD (Licence- Master- Doctorat) et par la mise en œuvre de la Politique Nationale de l Emploi et de la Formation Professionnelle (PNEFP) : - La professionnalisation est ainsi l une des dimensions de la mise en place du LMD. Dans le décret de 2008, qui a initié ce processus à Madagascar, elle est présentée comme le cinquième objectif de la réforme 2, en cohérence avec les dynamiques en œuvre dans l enseignement supérieur 3. 1 Antoine Prost, Education, Société et politiques. Une histoire de l enseignement en France de 1945 à nos jours», Paris, Editions du Seuil, 1992 2 «L articulation de la réforme nationale de l enseignement supérieur au respect des normes et standards internationaux ainsi qu aux exigences du développement socio- économique et culturel du pays a pour objectifs ( ) : 5. de développer la professionnalisation des études supérieures, de répondre aux besoins de formation continue diplômante et de favoriser la validation des acquis de l expérience, en relation avec les milieux économiques et sociaux ( ).», article 3 du décret n 2008-179 portant réforme du système de l Enseignement Supérieur et de Recherche en vue de la mise en place du système «Licence, Master, Doctorat» (LMD). 3 «18. La formation assurée par les établissements d enseignement supérieur devrait à la fois répondre aux besoins de la société et les anticiper. Il faut notamment pour cela promouvoir la recherche pour développer et utiliser de nouvelles technologies et proposer une formation technique et professionnelle, une formation à l entrepreneuriat et des programmes d apprentissage tout au long de la vie.», Conférence mondiale sur l enseignement supérieur 2009 : la nouvelle dynamique de l enseignement supérieur et de la recherche au service du progrès social et du développement, UNESCO, Communiqué du 8 juillet 2009. 4
- - - Cet objectif se trouve aujourd hui renforcé dans le contexte de mise en œuvre de la PNEFP dans le cadre, plus global du Plan National de Développement (PND), en particulier dans son axe stratégique 4 4. Dans son document- cadre, validé le 1 er juin 2015, il ainsi noté qu il est nécessaire d intégrer «la nécessaire professionnalisation des formations de l enseignement supérieur vu que les métiers porteurs d un certain nombre de domaines d activités et de secteurs professionnels vont exiger des qualifications de haut niveau du type «techniciens supérieurs», mais également du type «ingénieurs et cadres supérieurs».» La mise en œuvre de la PNEFP repose notamment sur la notion de «formation tout au long de la vie». Les dispositifs d enseignement supérieur vont donc être amenés à s ouvrir davantage vers les publics adultes (salariés ou non) pour des formations certifiantes. Les formations professionnelles diplômantes pourraient ainsi être accessibles à d autres publics, soit sur le cycle entier de formation, soit sur certains modules spécifiques et capitalisables. De nombreux acteurs sont engagés auprès du Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESupRes) pour contribuer, à différents degrés, à la professionnalisation des formations dans l enseignement supérieur. Les présents termes de référence visent à présenter un processus participatif visant à intégrer leurs actions afin d appliquer des synergies face à l enjeu de l insertion socio- professionnelle des sortants de l enseignement supérieur à Madagascar au moment d entrer dans une période de forte augmentation de la population de jeunes (15-24 ans) : 2,4 % par an entre 2015 et 2025 pour atteindre 6 millions de personnes. 4 L axe stratégique n 4 du Plan National de Développement 2015, à savoir «Le Capital Humain est développé pour être adéquat et intégré au processus de développement», prévoit un «système éducatif performant et l enseignement technique et professionnel valorisé, l amélioration de la formation universitaire et de la recherche scientifique concourt fortement au développement du capital humain». 5
2. OBJECTIFS 2.1. OBJECTIF GENERAL Ø Renforcer la prise en compte de l insertion professionnelle et de l employabilité dans la stratégie de l enseignement supérieur dans le contexte de la mise en œuvre du LMD et de la Politique Nationale de l Emploi et de la Formation Professionnelle 2.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES Ø Rassembler les Partenaires Techniques et Financiers du Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et de ses établissements pour une meilleure coordination des actions en faveur de la professionnalisation de l offre de formation ; Ø Analyser une stratégie de l enseignement supérieur à la lumière des six axes de mise en œuvre de la Politique Nationale de l Emploi et de la Formation Professionnelle à savoir : - Promotion de dispositifs de gouvernance partenariale ; - Mise en place d un fonds national pour l emploi et le développement des compétences pour tous les niveaux de qualification, intégrant le financement des entreprises et des Partenaires Techniques et Financiers ; - Mise en place d un système d information sur le marché du travail ; - Mise en place d un cadre national de certification des qualifications professionnelles ; - Adaptation des dispositifs de formation, dans une logique de formation tout au long de la vie ; - Mise en place de dispositifs accompagnant l insertion. Ø Concevoir deux dispositifs opérationnels qui permettront d améliorer la professionnalisation des formations de l enseignement supérieur en appuyant notamment l ingénierie de la formation professionnelle supérieure et la formation d une «masse critique» de personnes en mesure de concevoir et de développer des curricula de formation professionnelle dans le cycle universitaire. 6
3. LOGIQUE DU PROCESSUS 3.1. REALISER UN ETAT DES LIEUX (SEPTEMBRE- DECEMBRE 2015) La première phase du processus consiste dans la réalisation d un état des lieux de l expérience acquise depuis le milieu des années 80 dans la professionnalisation de la formation dans l enseignement supérieur, à Madagascar, dans la région Océan Indien et dans d autres pays africains : - formations professionnelles supérieures, initiales et continues, mises en place depuis 1992, en particulier dans les secteurs économiques prioritaires (BTP (IST, ESP), Agriculture (ESSA, IH.SM), TIC (ENI, MISA), Tourisme (INTH)) mais aussi en management (INSCAE, ISCAM, IMGAM), en médecine (Faculté de Médecine d Antananarivo) et en communication (STICOM) et au sein des établissements supérieurs privés homologués. - partage de l expérience de projets d appui à la professionnalisation, en particulier dans le domaine de l information sur le marché du travail et de l ingénierie de la formation, notamment l expérience : des associations des DRH dans l élaboration des référentiels de métiers et de compétences et dans la prospective ; des formations proposées par les entreprises comme l Orange School ; des projets d appui à la professionnalisation de l offre d enseignement supérieur, comme le projet PAPESAC 5. - présentation des spécificités de l ingénierie de la formation à mettre en œuvre pour concevoir et développer des curricula de formation dans l enseignement supérieur. On pourra s appuyer sur l expérience acquise par : la chaire UNESCO RIIFADEL 6, l Organisation Internationale de la Francophonie, qui organise à partir d octobre 2015 une formation de méthodologues. Ce sont les trois thèmes qui structureront la première journée du séminaire organisé les 9 et 10 décembre 2015 dans les locaux de la Chambre de Commerce et d Industrie d Antananarivo. Après des séances en ateliers, la deuxième journée débouchera sur une vision partagée des composantes nécessaires à la mise œuvre de la PNEFP pour la professionnalisation de l enseignement supérieur à Madagascar. 3.2. ELABORER UNE STRATEGIE DE RENFORCEMENT DE LA PROFESSIONNALISATION DES FORMATIONS DANS L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (JANVIER- MARS 2016) La deuxième phase du processus consiste dans la déclinaison de la vision partagée lors du séminaire de décembre 2015 par l élaboration d une stratégie de mise en œuvre de la PNEFP dans l enseignement supérieur. Les grands axes de cette stratégie pourront être présentés officiellement lors du colloque organisé les 15 et 16 mars 2016, à l occasion des 20 ans de la Chaire UNESCO RIIFADEL. Le contenu de ce deuxième temps fort sera élaboré en collaboration avec RIIFADEL. 5 PAPESAC est le Pôle d Appui à la Professionnalisation de l Enseignement Supérieur en Afrique Centrale. Il s agit d une cellule d appui technique proposant une expertise régionale au service de l emploi et de la formation dans le cadre de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, Tchad). Depuis 2010, elle offre ses services en renforcement des capacités et appuis conseils dans les domaines d expertise suivants : ingénierie de la formation, professionnalisation des enseignants- chercheurs, structuration de la recherche, innovation et entrepreneuriat, ingénierie de projet et démarche qualité. 6 Le réseau Chaire UNESCO «Réseau international d ingénierie de la formation appliquée au développement local» (RIIFADEL) traite des relations entre systèmes de formation et marché du travail dans une perspective de recherche de développement économique et social durable. 7
3.3. ENTRER DANS LA MISE EN ŒUVRE (AVRIL- DECEMBRE 2016) Les objectifs de la troisième phase sont : - d élaborer un cadre national de certification - d identifier les partenariats qui permettront d accompagner la mise en œuvre de la stratégie. Les actions pourront être réalisées avant le mois de novembre 2016, mais le Sommet de la Francophonie est une opportunité pour présenter : - ce que la francophonie universitaire peut réaliser en matière de professionnalisation ; - les réalisations pour Madagascar (par exemple, présentation de la formation en ingénierie de la formation, d un partenariat pour la mise en place d une cellule de veille économique). Les éléments présentés lors de cette troisième et dernière étape du processus (voir le schéma ci- dessous) dépendront de ceux qui auront été identifiés après l état de lieux réalisés lors du séminaire. Etat des lieux Séminaire (décembre 2015) Etat des lieux et vision partagée des actions à mettre en oeuvre Prospective Colloque (mars 2016, IFM) Présentation des axes stratégiques 20 ans de la c h a i r e RIIFADEL Réalisation Ofjicialisation (novembre 2016, Sommet de l'oif) Présentation de la stratégie et du Cadre Ofjicialisation des partenariats Ce sont là les principales étapes d un processus ouvert, qui pourrait intégrer d autres manifestations relevant de la même thématique. On peut ainsi anticiper l organisation d ateliers : - dans le cadre de la première année de mise en œuvre de la Politique Nationale de l Emploi et de la Formation Professionnelle ; - dans le cadre de l Association des pays de l Océan Indien (IORA, Indian Ocean Rim Association). En 2016 est ainsi prévu un atelier «Enhancing Vocational Training Programmes to increase Youth Employability in IOR Countries» («améliorer la formation professionnelle pour augmenter l employabilité des jeunes dans les pays du pourtour de l Océan Indien»). 8
4. RÉSULTATS ATTENDUS Ø A la suite du séminaire des 15 et 16 décembre 2015 : o un état des lieux des actions menées en faveur de la professionnalisation des formations de l enseignement supérieur, pour la période 1985-2015, est disponible ; o une vision partagée et un engagement pour le renforcement de la professionnalisation des formations dans l enseignement supérieur à la lumière de la mise en œuvre du LMD et de la PNEFP sont élaborés. Ø A la suite du colloque des 15 et 16 mars 2016 : o Des éléments et des outils conceptuels pouvant servir à la mise en œuvre d une stratégie pour le renforcement de la professionnalisation des formations dans l enseignement supérieur sont recueillis ; o Des réseaux de relations entre les experts internationaux et les participants malgaches dans les domaines de l ingénierie de la formation sont établis ; o Un groupe de pilotage de l élaboration du Cadre Malgache de Certification est officiellement mis en place. Il réunit les représentants du secteur public (Ministères de l éducation et de la formation, autres Ministères concernés) et les représentants des partenaires sociaux. Ø Lors du Sommet de l OIF (15-20 novembre 2016) : o Présentation de la stratégie pour le renforcement de la professionnalisation des formations dans l enseignement supérieur ; o Présentation du Cadre Malgache de Qualification ; o Signature d accords de partenariat 9
5. PILOTAGE DU PROCESSUS Le processus est participatif : il doit en ce sens rassembler les acteurs de la professionnalisation des formations dans l enseignement supérieur. A ce titre, le comité de pilotage sera composé de : - de 4 représentants du secteur public : du Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, qui pilotera le processus ; du Ministère de l Emploi, de l Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, qui pilote la mise en œuvre de la Politique Nationale de l Emploi et de la Formation Professionnelle ; du Ministère de l Education Nationale ; du Ministère de l industrie et du développement du secteur privé. - de 4 représentants des partenaires sociaux, à savoir des représentants : du Groupement des Entrepreneurs Malgaches (GEM) ; du FIVMPAMA ; de la Chambre de Commerce et d Industrie d Antananarivo ; - - du CTM. de 4 représentants des établissements de formation professionnelle supérieure, à savoir des représentants : d établissements publics (Université d Antananarivo, IST d Antananarivo, INSCAE) ; d un établissement privé (ISCAM) ; de 4 représentants des Partenaires Techniques et Financiers, par exemple : le Service de Coopération et d Action Culturelle de l Ambassade de France ; l Agence Universitaire de la Francophonie ; le PNUD pour le Système des Nations Unies ; la Banque Mondiale. Ø On informera aussi : l Organisation Internationale de la Francophonie, les autres agences des Nations Unies engagées dans le secteur (BIT, ONUDI, UNESCO notamment), la Banque Africaine de Développement, la Délégation de l Union Européenne, l Agence Française de Développement, la Commission de l Océan Indien, la Coopération belge. La communication des TDR du présent processus se fera à partir du mois de novembre 2015 afin de rendre possible une première réunion du comité de pilotage à la fin du mois de novembre. Ses réunions seront mensuelles. Un comité technique sera mis en place dès le mois de septembre pour accompagner la mise en œuvre de l ensemble du processus. Les documents produits par le comité (mise à jour des TDR, proposition de budget et de déroulement, etc.) seront soumis au comité de pilotage. Ses réunions seront hebdomadaires. 10