PROGRAMME D APPUI A LA FILIERE POMME DE TERRE

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Table de matières 1. Contexte et justification 4 Page 2. Description des objectifs 13 2.1 Objectif global 13 2.2 Objectifs spécifiques 13 3. Description technique 14 4. Description des composantes 15 5. Objectifs, Résultats, Activités et Indicateurs du programme 17 6. Pérennisation du bon fonctionnement 18 7. Organisation et Gestion du Programme 11 8. Coût du programme 20 9. 3

1. Contexte et justification Historique La pomme de terre a été introduite au Cameroun au début du siècle et s est rapidement ancrée dans les habitudes alimentaires des populations tant rurales qu urbaines. Bien qu elle soit cultivée au Cameroun depuis 1940, les rendements sont restés très faibles : 1 à 2,1 t/ha en 1989 contre des moyennes africaine et mondiale de 6,44 t/ha. Cette faiblesse des rendements était causée à la fois par la dégénérescence de la plupart des variétés cultivées au Cameroun mais également par le manque de maîtrise des Itinéraires Techniques et l accessibilité réduite aux intrants et aux marchés incitatifs. En 1967, le Gouvernement camerounais marque son intérêt pour la filière par la création à Dschang du CEIPS, (Centre d'étude, d'instruction et de Production des Semences) qui influencera de façon décisive le développement de la production de la pomme de terre dans la région dite des Hauts Plateaux. Des variétés importées d Europe seront testées, sélectionnées et multipliées. Cependant, l absence de mécanismes de suivi, de monitoring et de pérennisation des actions amorcées n a pas permis de perdurer les efforts et investissements consentis. Dès 1983, le projet IRAD/CIP sélectionnera et diffusera deux variétés performantes (Cipira et Tubira); mais le manque de structures formelles de multiplication de semences constituera un autre handicap au développement d une production qualitative et quantitative de pomme de terre (AGROCOM/PDEA, 1998). Après une période d expansion dans les années 80, la production a baissé au début de la dernière décennie pour remonter légèrement après la dévaluation. Les estimations faites par le MINAGRI font état de près de 53 700 exploitations occupant environ 13 000 hectares pour une production annuelle estimée en 1998 à près de 220 000 tonnes 1. Les contraintes Dans l état actuel de la filière Pomme de terre au Cameroun (toutes provinces ou régions de production confondues), les rendements sont faibles et varient de 1 à 3 tonnes/ha pour les exploitations familiales à 18 tonnes/ha pour certaines PMEA (mécanisées ou non) utilisant les intrants appropriés. La faiblesse des rendements est essentiellement due à : o L absence de semence certifiée de pomme de terre et l utilisation par les producteurs de semences dégénérées (non renouvellement du stock de semences de base) ; o Les coûts élevés pour les semences améliorées 2 lorsque ces dernières sont disponibles ; o Le système de multiplication de semences de base non-efficient et embryonnaire ; o Les semences disponibles sont régulièrement dégénérées faute de renouvellement du stock de base. Seules les variétés Cipira et Tubira produites par l IRAD/CIP répondent aux exigences des producteurs en terme de rendement, mais les prix pratiqués par l IRAD depuis l an 2002 sont prohibitifs (1000 FCFA contre 550 FCFA /KG). D autres variétés européennes sont importées. o La culture est manuelle et réalisée sur de petites exploitations ; o Le faible recours aux intrants agricoles et à l irrigation en raison de coûts élevés o Les producteurs ne sont pas suffisamment formés et encadrés et les techniques culturales sont peu maîtrisées ; 1 Annuaire des statistiques du secteur agricole 1998/99 déc. 99. MINAGRI. 2 Les tracasseries douanières n encouragent pas les opérateurs à importer des semences de pomme de terre. 4

Les opportunités commerciales sont insuffisamment exploitées/explorées : o Un conditionnement peu approprié et une présentation non-conforme aux exigences des différentes segments de marché : l'emballage et la distribution ne sont pas professionnalisés et homogènes ; o Une importante fluctuation des prix tout au long de l année (unité de stockage inadaptée), o La non organisation/structuration des producteurs et autres acteurs et l absence de synergies et de concertations entre les différents intervenants; o Absence de financement approprié 3 pour la production et la mise en place des infrastructures de stockage, conservation, équipements de transformation, etc. La commercialisation est caractérisée par une multitude d intermédiaires générée par l atomisation de l offre et l inaccessibilité des bassins de production (pistes impraticables en saison des pluies). La conservation post-récolte n est que très peu pratiquée. Les structures de conservation de la pomme de terre (semences et tubercules de table) sont soit inexistantes, soit inadaptées ou de faible capacité dans les grands bassins de production. Ce qui conjugué aux insuffisances de moyens de production en saison sèche (nécessité d irrigation) 4, explique la grande variabilité des prix sur les marchés de consommation. Les contraintes ci-dessus mentionnées n'excluent pas pour autant l existence de potentialités importantes pouvant permettre le développement de la production dans les différentes zones propices à la culture et l essor de la commercialisation de la pomme de terre tant au niveau national qu au niveau sous-régional. Potentialités de la pomme de terre, régions de culture, organisations de producteurs Un milieu physique favorable La région la plus adaptée à la culture de la pomme de terre est celle des hauts plateaux de l Ouest (Province de l Ouest et du Nord-Ouest) en raison de l altitude moyenne élevée (de l ordre de 1400 m) qui garantit des températures assez fraîches, favorables à la culture de la pomme de terre. Les provinces de l Adamaoua, de l Extrême-Nord, du Sud-Ouest, du Littoral, du Centre et de l Est possèdent des zones écologiquement propices à la culture de la pomme de terre. L examen de la carte physique du Cameroun (Figure 1) permet d identifier les zones et régions dont l altitude est favorable à la culture de la pomme de terre eu égard aux exigences 3 Il n'existe pas actuellement d'institution bancaire camerounaise dont les conditions soient spécifiquement adaptées au secteur agricole notamment en termes de taux (rarement inférieurs à 18%), de garanties demandées et de délais. 4 Seuls quelques maraîchers disposent de motopompe permettant un second cycle en contre-saison plus rémunérateur. 5

La production et sa répartition géographique En l an 2000, il y avait environ 21 015 ha plantés en pommes de terre au Cameroun pour une production totale évaluée à 126 090 tonnes. La première région productrice est le Nord- Ouest (72,40%) devant la Province de l Ouest (24%). Ces deux (2) régions produisent 96,4% de la production Camerounaise et occupent également une place importante dans les approvisionnements destinés aux marchés de Douala, Yaoundé et de la sous-région (Gabon, Guinée Equatoriale, Congo, etc.). Les provinces de l Adamaoua et de l Extrême Nord sont les autres régions importantes de production orientée vers le marché. A ces quatre régions, il faut ajouter le couple Littoral/Sud-Ouest dans la région du Moungo et du Koupé Manengouba qui regorge une fraction non négligeable de production de pomme de terre commercialisée dans la région. Tableau 1 : Répartition de la production de pomme de terre PROVINCES Superficie (ha) Production (1999/2000) Nombre d'exploitants Adamaoua 53 276 531 Extrême-Nord 89 (3 775) 5 447 (9710 t) 1786 (10 000) Littoral 279 279 2090 Nord-Ouest 12539 91277 67085 Ouest 6416 30208 58921 Sud-Ouest 1639 3603 4009 TOTAL 21 015 126 090 134 422 Source : Annuaire des Statistiques du Secteur Agricole 1999/2000 Les acteurs de la filière et leurs organisations Plusieurs exploitants agricoles produisant la pomme de terre dans les diverses écologies adaptées (134 422 exploitations) ont été dénombrés en l an 2000, mais très peu agissent en professionnels de la production. Ceci explique les rendements bas observés dans les exploitations au Nord-Ouest (7,37t/ha), à l Ouest (4,7t/ha), dans l Adamaoua (5t/ha) et dans les Monts Mandaras (5t/ha). Deux types spécifiques de producteurs agricoles sont rencontrés dans les différentes régions de production : les agriculteurs «spécialisés» et les agriculteurs «extensifs» Entre les agriculteurs spécialisés et les agriculteurs extensifs, on rencontre, suivant les régions, divers autres types de producteurs. Certains ont accès aux intrants de qualité mais ne les utilisent pas efficacement. D autres par contre et notamment les jeunes se sont formés à la culture de la pomme de terre et innovent tant dans l utilisation des intrants que dans les techniques de production de la pomme de terre. Les femmes constituent la proportion la plus importante des agriculteurs extensifs dans les zones de production de l Ouest et du Nord-Ouest. 5 Le projet de développement de la Région des Monts Mandaras, dans son rapport d activités de l année 2000 fait état de superficies de l ordre de 3775 hectares pour une production de 9710 tonnes essentiellement l œuvre de près de 10000 producteurs. 6

Organisations de producteurs et institutions On dénombre plusieurs groupements formels ou informels de producteurs à l Ouest et au Nord-Ouest dont les activités principales concernent la filière pomme de terre. Les Comités Provinciaux Pomme de terre de l Ouest (COPROPOTE) et du Nord-Ouest (NWPPC) sont des structures de concertation des différents intervenants de la filière Pomme de terre de l Ouest et au Nord-Ouest fondées en 1999 suivant une stratégie globale développée par AGROCOM. En 2000, ces structures ont acquis le statut juridique et légal d association et sont à ce jour constituées de femmes et d hommes qui se consacrent à la production, à la multiplication des semences de pomme de terre ; de représentants des importateurs de semences, des représentants des comités de zones productrices de pomme de terre, des collecteurs vendeurs, des représentants des ONG d appui et des structures d encadrement et de toute personne ayant des intérêts dans la filière. Les mécanismes de pérennisation sont recherchés pour permettre à ces structures d être véritablement les réceptacles des actions à mener au bénéfice de la filière. Les autres groupements de producteurs : On dénombre de nombreux autres groupements de producteurs qui exercent dans les filières maraîchères et qui, selon la disponibilité des semences de qualité, cultivent de la pomme de terre : BINUM, AFRISEM, GICATO, AMUSEP dans la province de l Ouest, PAIN, EIC, NMFG, MMFG, etc., dans la province du Nord-Ouest. D'autres groupements locaux existent mais sont localisés dans les régions du Sud-Ouest et de l Extrême-Nord. La Commercialisation Le marché et les débouchés de la Pomme de terre du Cameroun Le volume des ventes de pomme de terre au Cameroun varie suivant les régions de production. Dans la province du Nord-Ouest, les ventes représentent 81% de la production totale tandis que dans l Ouest, la proportion commercialisée est de l ordre de 75% et dans les Monts Mandaras, de l ordre de 95%. Les destinations des productions vendues sont très diversifiées. Pour ce qui est des ventes locales, l essentiel des productions de l Ouest et du Nord-Ouest est écoulé sur les marchés de Douala et de Yaoundé (Figure 2). Figure 2: Principales destinations de la pomme de terre en l'an 2000 Autres villes 15% Export 17% Douala 58% Yaoundé 10% 7

En l an 2000, le Cameroun aurait exporté près de 7000 tonnes 6 de pomme de terre. Les principaux clients du Cameroun sont le Gabon, la RCA, la Guinée Equatoriale, le Tchad et le Congo. Figure 3: Principales destinations des exportations par voie terrestre Tchad 41% Gabon 20% Guinée 12% Congo 3% RCA 24% Le Cameroun, importe également de la pomme de terre. Les données statistiques du commerce font état d importations de pomme de terre de France (sous diverses formes) ainsi que du Nigeria à partir de la localité de MORA dans la Province de l Extrême-Nord. LA CONSOMMATION Au Cameroun, la pomme de terre tient une place importante dans l alimentation des Camerounais notamment dans les zones de production et dans les centres urbains où les habitudes alimentaires sont très diversifiées. La consommation annuelle est de l ordre de 04 kg/habitant/an (dans les centres urbains hors des zones de production) à 10 kg/habitant/an (au sein du bassin de production). Cette consommation reste très faible, comparée à celle des grands producteurs africains et européens (80kg par personne et par an en Europe de l Ouest ; 30 kg en Afrique Australe). Potentialités actuelles de la filière Outre les aspects nutritionnels très appréciés et sa capacité à générer rapidement des revenus importants, on peut relever : L existence de plusieurs zones écologiques propices à la culture de la pomme de terre (Ouest, Nord-Ouest, Adamaoua, Littoral, Sud-Ouest, Est, Nord et Extrême-Nord,...) La diversité des variétés pouvant être exploitée ; La proximité des zones productrices des marchés national et pays frontaliers demandeurs (Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, RCA) est un avantage comparatif pouvant permettre des fréquences rapprochées d approvisionnement des marchés, la fraîcheur des produits à l'arrivée, l approvisionnement des marchés par voies terrestre, maritime et aérienne des zones de consommation. Le développement de la production dans certaines régions pourrait permettre de rapprocher le produit des consommateurs des pays frontaliers. Les ressources en eau pour l'irrigation en saison sèche existent (réseau hydrographique important à l Ouest, au Nord-Ouest, Littoral/Sud-Ouest et Adamaoua) et restent à mettre en valeur elles peuvent donc permettre une production régulière de pomme de terre durant toute l année et notamment en contre-saison et faciliter la mise en valeur des complémentarités climatiques régionales. La filière est rentable pour les principaux acteurs (producteurs) dont les marges bénéficiaires sont de l ordre de 300 000 à 800 000 F CFA à l hectare (après seulement 105 jours : durée du cycle de production de la pomme de terre) en fonction de la technicité du chef d exploitation, du type d exploitation et des rendements obtenus. 6 Les flux frontaliers de la pomme de terre représenteraient plus de 25 000 tonnes compte tenu de l existence du commerce informel dont il est difficile de saisir les statistiques fiables. 8

2. Les populations cibles ou bénéficiaires du Programme Les producteurs dans toutes les régions d intervention du programme (Sud-Ouest/Littoral, Nord-Ouest, Ouest, Adamaoua, Extrême-Nord) vivant dans les zones d altitude supérieure ou égale à 800 mètres et ayant une tradition de production de la pomme de terre seront les principales cibles directes du Programme. Les superficies devront excéder ¼ hectare pour les exploitations individuelles et 2 hectares pour les groupes organisés (GIC, Association, Groupes d entraide, GIE, ). Un appui à la formalisation et consolidation des groupements spécialisés sera mis en place en collaboration avec la Cellule PROMOPA (Promotion de l Organisation Professionnelle Agricole). Sur les 130 000 producteurs de pomme de terre dénombrés en 1999/2000 7, le programme envisage de toucher à terme directement près de 40% des producteurs ou groupes de producteurs existants sur une superficie de l ordre de 6300 hectares. Les femmes 8, premières concernées dans la production et commercialisation des plantes à racines et tubercules au Cameroun, et les jeunes constitueront les principales cibles du programme. A cet effet une synergie sera développée avec le Programme Jeunes Agriculteurs institué par le MINAGRI depuis 2001, ainsi qu avec d autres projets localisés dans les régions d intervention. Outre les problèmes liés à la production, les autres maillons de la filière (y compris la commercialisation et la transformation) seront appuyés et par effet d entraînement, les populations des autres régions du pays seront bénéficiaires des retombées positives du programme. Dans la province de l Extrême Nord, il s agira essentiellement des populations du département du Mayo Tsanaga dans la région des monts Mandaras sur le plateau Kapsiki d altitude moyenne variant entre 700 et 900 mètres. La population de la région est essentiellement agricole et près de 10 000 producteurs agricoles pratiquent la culture de la pomme de terre sur environ 3 775 hectares. Dans la province de l Adamaoua, les populations cibles sont celles des zones productrices de pomme de terre qui se trouvent essentiellement dans le Département de la Vina. Antérieurement très productrice de pomme de terre, cette région a connu une certaine baisse de la production eu égard à la mauvaise qualité des semences disponibles. Le nombre d exploitants agricoles de pomme de terre est évalué à 531 personnes sur une superficie de l ordre de 53 hectares. Ces chiffres pourraient rapidement évoluer si les rendements étaient améliorés et la disponibilité de semences de qualité assurée. Dans les provinces du Littoral et du Sud-Ouest, les populations localisées dans les zones à altitude élevée seront les principales bénéficiaires du programme notamment, pour le sud- Ouest, les départements du Lebialem et de Ndian et pour le Littoral, les départements du Moungo et de la Sanaga Maritime. Les populations cibles sont évaluées à plus de 6099 producteurs pratiquant la pomme de terre sur environ 1908 hectares. Dans la province du Nord-Ouest, les départements les plus producteurs de pomme de terre sont le Donga Mantung, la Mezam, Momo et Ngok Etunjia. Près de 70 000 producteurs agricoles sont ciblées sur une superficie devant dépasser les 15 000 hectares. 7 Annuaire des statistiques agricoles MINAGRI 1999/2000 8 Il est en effet fréquent de voir dans les régions de l Ouest, du Nord-Ouest et de l Extrême-Nord, des femmes et groupes de femmes ayant pris l initiative de production et de commercialisation de pomme de terre. Ces initiatives sont engagées sans assistance externe et ces groupements font face aux problèmes relatifs à l eau pour les cultures de contre-saison, la mauvaise qualité de semences et autres intrants agricoles. 9

Dans la province de l Ouest, tous les départements sont producteurs de pomme de terre. Toutefois les départements de la Menoua et des Hauts plateaux sont considérés comme les plus grands producteurs de l Ouest. La population cible est particulièrement celle des producteurs actuels de pomme de terre estimée à 58 921 producteurs agricoles sur une superficie de 6416 hectares. 10

3. Objectifs 3.1 OBJECTIF GLOBAL 9 Le Programme National d Appui à la Filière Pomme de terre a pour objectif global, dans un contexte de lutte contre la pauvreté rurale, d améliorer le revenu des producteurs de pomme de terre, et par ricochet de leur niveau de vie par le renforcement des capacités managériales (gestion efficiente des activités de production et de commercialisation) et leur participation active à la gestion de leur terroir. 3.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES Les objectifs spécifiques sont de consolider la filière sur les plans technique, organisationnel et commercial, dans la perspective d accroissement des revenus des paysans, la pérennisation des organisations paysannes de base et de porter la production totale de pomme de terre de 126 000 tonnes 10 à 250 000 tonnes en 2007. Il s agira : d'intensifier les modes d'exploitation et améliorer la productivité des systèmes culturaux ; d organiser la production via le soutien à la structuration et au renforcement des capacités managériales des ruraux producteurs ; d appuyer la production des semences de base par l IRAD ou toute autre structure agréée et leur multiplication subséquente via les réseaux privés de multiplicateurs de semences afin de réduire les coûts relatifs à l acquisition des semences de qualité par les producteurs de tubercules de table. d'augmenter les surfaces plantées et les volumes commercialisés à l interne et les quantités exportées dans la sous-région ; d améliorer l efficience et la transparence de la commercialisation de la pomme de terre dans les différents segments de marché identifiés (approvisionnement régulier des marchés tout au long de l année, stabilisation des prix à la consommation, ) ; de contribuer à la création des emplois, à l augmentation des revenus des ruraux et à la pérennité des producteurs professionnels ; de contribuer à la sécurité alimentaire des populations rurales et urbaines ; de favoriser les productions locales à haute valeur ajoutée (appui au secteur de la transformation de la pomme de terre et le développement des sous-produits chips, farine, surgelés, etc.). Les principaux enjeux de la filière pomme de terre au Cameroun (eu égard aux disparités régionales présentant des différents niveaux de performance et aux complémentarités potentielles) concernent l amélioration de la productivité tant au niveau des systèmes de culture que des opérations commerciales afin d utiliser au mieux les opportunités offertes par le marché national et sous-régional. 9 Un programme d appui à la Filière Pomme de terre est proposé sur une période de cinq ans pour remédier (i) au manque de semences de qualité, (ii) à l absence de financement approprié de la production pour la rendre plus compétitive et contribuer à la professionnalisation des opérateurs, tant au stade de la production (augmentation des rendements en champs, itinéraires techniques et programmation des récoltes et des expéditions, traçabilité des origines) qu'à celui de l'exportation (tri, conditionnement, établissement et respect des plannings d'expéditions, emballages, etc.). 10 Statistiques agricoles du MINAGRI, décembre 2000 11

4. Description technique Sur une durée de cinq ans, le programme d appui à la filière Pomme de terre envisage la mise en œuvre des activités suivant les thèmes ci-dessous : 4.1. Appui à la production et à l amélioration de la productivité - Relance de la production de semences sélectionnées dont les performances constituent un atout essentiel pour l amélioration de la productivité (améliorer l accès aux semences améliorées) et consolidation des réseaux de multiplicateurs de semences. - Recherche, adaptation et diffusion des différents systèmes de production ; analyse du fonctionnement et suivi des différents modes de production villageois (amélioration de l itinéraire technique de production de pomme de terre). - Développement de cadres contractuels d appui scientifique et technique aux projets de développement et aux organisations de producteurs de pomme de terre. - Améliorer l accès aux intrants agricoles, équipements et autres moyens de production. 4.2. Renforcement des capacités managériales des producteurs et autres intervenants - Professionnalisation des organisations de producteurs de base (GIC, ), à travers le renforcement de leurs capacités internes de gestion des fonctions d approvisionnement, de commercialisation primaire de la pomme de terre, d information technique, de gestion financière ; Appui à la mise sur pied d Organisations de base régionales ; - Promotion d un cadre interprofessionnel de concertation associant les organisations représentatives des différentes catégories d opérateurs. - Formation des différents groupements professionnels dans les domaines spécifiques et variés de la production à la commercialisation ; 4.3. Amélioration de l accès aux marchés national et sous-régional - Mise en place d un système d information sectoriel sur les prix et sur les marchés par la mise en place d observatoires régionaux tenant compte de la segmentation des marchés et des préférences des consommateurs ; - Intégration des normes qualitatives de la pomme de terre destinée au marché pour une plus grande compétitivité et promotion de la pomme de terre et sous-produits bénéficiant d avantages comparatifs via la participation aux manifestations commerciales nationales, sous-régionales et internationales ; - Appui à la commercialisation groupée (base contractuelle) en l adaptant aux spécificités régionales de la filière pomme de terre et en fonction de la structuration des organisations paysannes de base. - Appui au désenclavement des zones à fort potentiel de production de la pomme de terre et la mise en place des infrastructures de base (stockage, conservation, transformation) nécessaires à l amélioration de la commercialisation 4.4. Facilitation de l accès aux financements agricoles appropriés - Appui à la mise en place des mécanismes favorisant l épargne au sein des groupements professionnels structurés ; - Recherche des partenariats avec les structures de microfinance en vue de l adaptation des produits aux besoins et contraintes de la filière pomme de terre. - Appui à la mise en place des structures de microfinance adaptées à la filière Pomme de terre dans les régions de production de concert avec le Programme National de Microfinance. 12

5. Description des composantes et moyens Les principales composantes du Programme National d Appui à la Filière Pomme de terre et les moyens à mettre en œuvre sont identifiées ci-dessous : Composante 1 : Mise en place, structuration du programme Un appui à la mise en place et structuration du Programme tel qu envisagé dans les organigrammes présentés en annexe 4. Le programme national d appui à la filière sera doté d une Cellule d appui technique et stratégique (organisationnelle, technique et commerciale..) dans chacune des régions productrices de Pomme de terre. Cette cellule sera entièrement au service des agriculteurs placés en situation de responsabilité. La mise en place et la structuration du programme représentent un montant de F CFA 1 427 920 665 Composante 2 : - Amélioration de la production quantitative et qualitative de la Pomme de terre Chaque Cellule d Appui sera dotée d un cadre de haut niveau de la culture de pomme de terre qui devra élaborer en liaison avec l IRAD, le PNVRA et autres partenaires du terrain, des stratégies en vue de la résolution des problèmes biotiques et abiotiques relevant de la mise en œuvre des techniques et technologies de production de pomme de terre de table et de semences ainsi que les mécanismes de leur multiplication subséquente par le réseau de paysans multiplicateurs, de conservation et de transformation de la Pomme de terre de concert avec les agriculteurs. La composante d appui à la production qualitative et quantitative et à l adaptation des technologies de production et de transformation de la pomme de terre représente un montant de F CFA 300 000 000. - Mise en place des services collectifs locaux La mise en place des services collectifs en vue de l accroissement des superficies, la réduction de la pénibilité du travail de préparation du terrain, l acquisition du matériel agricole adapté afin de limiter les phénomènes d érosion et de rupture de l équilibre environnemental constituent une des composantes du programme. Des plans incitatifs seront mis en place de concert avec le MINAGRI et les autres partenaires afin de permettre un appui au démarrage et l incitation à l épargne en vue de l acquisition des moyens de production collectifs (achats groupé d intrants, acquisition des équipements d irrigation, de labours et de préparation du sol, équipements de transformation de la pomme de terre, ). Les modèles de coopératives d utilisation de Matériels agricoles seront élaborés et adaptés aux diverses spécificités régionales. Le volet relatif à l appui à la mise en place des services communs représente un montant estimatif de 1 890 000 000 FCFA. Composante 3 : Renforcement des capacités managériales des populations Le renforcement des capacités managériales des ruraux via la formation théorique et pratique et le renforcement de leurs organisations de base est la troisième composante du programme. En effet, il est nécessaire, dans le processus de lutte contre la pauvreté rurale de mettre en place des mécanismes permettant aux ruraux de prendre en main la gestion de leur terroir par la conception, la planification et la supervision des initiatives de développement. Il s agira (i) de prendre en compte les jeunes et les femmes dans les groupes cibles en favorisant leur accès à une qualification professionnelle durable afin de préparer la relève ; (ii) de mettre en place des mécanismes durables d accès à l information pour les ruraux ; (iii) d intégrer le savoir-faire des agriculteurs dans les stratégies de formation, etc. La composante relative au renforcement des capacités managériales des ruraux et de leurs organisations de base représente un montant de FCFA 992 000 000. 13

Composante 4 : Meilleure organisation de la commercialisation sur les marchés L augmentation de la production ne peut se faire efficacement sans un meilleur accès des agriculteurs aux capitaux et aux marchés. Les efforts déployés pour une amélioration de la productivité des terres et du travail ne pourront être efficients que s ils sont liés à une meilleure appréciation des débouchés commerciaux traditionnels et des productions à haute valeur ajoutée. Des études en vue de la recherche et de la promotion de la pomme de terre et de ses diverses utilisations (transformation, insertion dans les farines pour enfants, ) seront menées par le programme par contractualisation. Le volet relatif à une meilleure organisation de la commercialisation tant au niveau informationnel, relationnel que de la consolidation des marchés et de nouveaux débouchés représente un montant global de FCFA 727 000 000 En marge des composantes ci-dessus identifiées, le programme National d appui à la filière Pomme de terre forgera de solides partenariats avec les autres programmes existants en vue de la mise en œuvre des actions transversales destinées à : limiter l enclavement des zones de productions et faciliter l accès des producteurs aux marchés ; assainir l environnement économique en vue de susciter l intérêt des élites à l investissement rural ; faciliter l accès des ruraux et autres agriculteurs aux intrants agricoles ; faciliter la mise en place des infrastructures collectives ; faciliter l accès des producteurs (et notamment les femmes et les jeunes) et autres acteurs aux moyens financiers appropriés notamment en suscitant la mise en place des caisses d épargne locales, des caisses mutuelles de caution et de garanties et en forgeant de solides partenariats avec le Programme National de Microfinance. Partenariats envisagés avec projets/programmes existants Quelques projets en cours PNVRA, PADC PRSSE, CENEEMA ESEPA, PPDR Projet Moungo-Nkam Programme appui Jeunes Agriculteurs Projet Stocks de sécurité PPMF Etc. Domaines Rendre accessible et disponibles les facteurs de production Promouvoir des systèmes de production intégrée Promouvoir l innovation technique Promouvoir la transformation des produits Promouvoir la compétitivité des filières Appuyer le développement des OP et interprofessions Rendre accessible les moyens financiers Le coût total du programme sur une période de cinq années est entièrement financé dans le cadre de l initiative PPTE et servira à exécuter les composantes ci-dessus identifiées. 14

6. Objectifs, résultats, activités et indicateurs du programme Composante 1 : Appui à la production et à l amélioration de la productivité Objectifs Résultats attendus Activités Indicateurs objectivement vérifiables et moyens de vérification Faire le diagnostic des besoins en semences ; finaliser et mettre en œuvre Besoins identifiés et statistiques Améliorer Semences de qualité disponibles au meilleur prix les mécanismes de production durable des semences de base par l IRAD- disponibles ; rapport disponible - l accès, la disponibilité et Bambui Appuyer l unité de production de semences de base de l IRAD-Bambui ; Mécanismes fonctionnels - Semences disponibles; Statistiques diffusées la production des semences Mettre en place un système d autofinancement de la production et de la multiplication des semences. Appuyer la mise en place d infrastructures d irrigation Nombre d infrastructures mises en place ; Former des multiplicateurs de semences Nbre de participants, sessions réalisées Améliorer les conditions de production de pomme de terre Augmentation de la production de pomme de terre de 126000 t à 250 000 tonnes Les producteurs accèdent aux intrants agricoles à moindre coût, à temps et au moment opportun Les services collectifs sont mis en place suivant le modèle des CUMA (Coopérative d Utilisation de Matériels Agricoles) Adapter les itinéraires techniques Encadrer les producteurs - Rechercher et diffuser les connaissances, techniques et technologies sur la production de la pomme de terre Mettre en place les mécanismes d achats groupés d intrants Appuyer la mise en place des mécanismes appropriés d acquisition et d utilisation du matériel et des équipements agricole- promotion et appui aux achats groupés d intrants Composante 2: Renforcement des capacités techniques et managériales des producteurs supports diffusés Nombre de guides diffusés ; Niveau de satisfaction des producteurs encadrés ; Volumes des achats groupés ; statistiques sur volumes et commandes exécutées Matériel et équipements agricoles disponibles et utilisés volumes d intrants acquis via les achats groupés Structuration Les différents acteurs/maillons de la filière sont organisés Appuyer la structuration des acteurs de la filière en groupes Groupements mis sur pied et fonctionnels de la filière Cinq organisations de base régionales mises sur pied Appuyer à la mise en place d organisation régionale faîtière Organisations fonctionnelles Formation des producteurs et Les acteurs de la filière participent activement à la résolution de leurs problèmes Diagnostiquer les besoins en formation Elaborer et mettre en œuvre des plans de formation Besoins identifiés, plans de formation élaborés ; formations dispensées autres acteurs de la filière Les connaissances des producteurs et autres acteurs sont accrues Former les différents acteurs de la filière dans la production et la commercialisation Les producteurs défendent leurs options du développement et participent à l élaboration des stratégies de développement Renforcer la participation active des producteurs à l élaboration des stratégies de production de commercialisation et de gestion de leurs terroirs Degré de participation des collectivités 15

Capacités de gestion et d autofinancem ent des ODB renforcées Les organisations de base sont dotées de capacités de gestion et de mécanismes d autofinancement Mettre en place les outils de gestion et former les acteurs en gestion matérielle, financière et organisationnelle ; Encourager l épargne et inciter les ODB à adhérer aux caisses locales d épargne et de crédits Outils en place ; formations dispensées ; Épargne mobilisée ; Adhésion aux caisses d épargne et de crédits Financer les projets de développement des PMEA dans la filière Composante 3 : Améliorer l accès aux financements de la production, de la commercialisation et de la transformation Des financements adaptés sont mis en place et les projets des acteurs financés Négocier avec les partenaires et bailleurs de fonds Réaliser des campagnes d information, de sensibilisation et de formation des opérateurs sur les différents types de crédits ainsi que les modalités d accès Appuyer le montage des dossiers de financement, suivre les dossiers et appuyer la réalisation des projets financés Elaborer des stratégies et mécanismes de financement des projets de PMEA dans la filière ; Mettre en place un partenariat avec le Programme National de Microfinance Partenariats mis en place Nombre de sessions de campagnes, de formations et d informations réalisées Nombre de dossiers montés et financés ; Nbre de dossiers financés et de projets réalisés Composante 4 : Améliorer la mise en marché de la pomme de terre Transparence de la commercialisation de la pomme de terre Pérennité des actions entreprises Système d information sur les marchés mis en place et fonctionnel Les volumes commercialisés sont augmentés Rechercher et diffuser l information commerciale sur les prix, sur les infrastructures et sur la logistique Améliorer les conditions d entreposage dans les marchés de gros (Sandaga, etc.) Appuyer la construction des magasins de stockage et de commercialisation dans les centres de transit Améliorer les conditions de transport des produits Rechercher de nouveaux marchés et débouchés ; Promouvoir les produits et la participation des acteurs aux manifestations commerciales Collecter et diffuser des informations de mise en marché Composante 5 : Suivi évaluation et monitoring de la mise en œuvre du programme Meilleure connaissance de l état des lieux, des réalisations et recadrage des interventions Suivre la mise en œuvre de l ensemble des activités Statistiques et information diffusées réduction des pertes (taux) Nombre de magasins financés Efficience du transport Nbre de marchés conquis ; recettes diffusées ; et de participation aux manifestations commerciales Informations disponibles sur prix, volumes etc. Rapports de suivi-évaluation périodiques 16

7. Organisation et gestion du Programme Le Programme d Appui à la filière Pomme de Terre a vocation à renforcer la tendance naturelle constatée au niveau de tous les exploitants agricoles qui manifestent un souci d'organisation, de professionnalisation et de pérennisation en vue de la production et de la commercialisation de la pomme de terre. Il s'adressera donc d'abord, mais de façon non exclusive, à cette catégorie de producteurs auxquels il faudra associer progressivement tous ceux qui ont l ambition de faire partie de la filière. ORGANES DE COORDINATION ET DE GESTION DU PROGRAMME Le programme d appui à la filière Pomme de terre disposera d un Comité de Pilotage présidé par le Ministre de l Agriculture (ou son représentant) qui sera composé des représentants du MINAGRI (maître d ouvrage), des représentants officiels du gouvernement du Cameroun (Ministère de l Investissement Public, MINEFIB, MINPAT, ), du Secrétariat Permanent du CTS, d AGROCOM (maître d œuvre), du Coordonnateur National du Programme, des Agences d exécution (prestataires de services), des représentants de la filière (bénéficiaires) et autres institutions impliquées. Le comité de pilotage a comme mandat spécifique : (i) d approuver le plan de gestion et les plans de mise en oeuvre présentés par la Coordination ; (ii) de réorienter les interventions du projet afin d en assurer la réussite en tenant compte de son environnement; (iii) d analyser et commenter les différents rapports soumis par la Coordination nationale; (iv) d harmoniser le point de vue des différents partenaires du programme ; (v) de l appui à la solution des conflits pouvant survenir lors de l exécution du programme. La tutelle du Programme sera assurée par le MINAGRI (maîtrise d ouvrage) via la Direction des Etudes et Projets Agricoles (DEPA) et par AGROCOM (maître d œuvre) qui abritera la Coordination nationale du Programme. Le MINAGRI assurera (i) la coordination et le suivi des financements issus des fonds PPTE (ii) approuvera les conventions et les contrats passés avec les opérateurs et les sous-traitants du programme ; (iii)- donnera sa nonobjection sur les programmes et rapports d exécution annuels préparés par la coordination nationale et approuvés par le Comité d orientation et de pilotage ; (iv)- approuvera les demandes de paiement du programme et les transmettra au Ministère de l économie et des finances. La tutelle sera également en charge du suivi et de l évaluation externe du programme. A ce titre, elle facilitera la tenue d ateliers de planification et de programmation du programme. La Coordination Nationale du Programme (CNP) basée à Douala sera l entité en charge de la programmation, du suivi technique et financier du programme, par délégation du MINAGRI. La CNP bénéficiera de l autonomie de gestion technique et financière dans le cadre de la réglementation en vigueur. Elle sera notamment chargée des aspects suivants : élaboration de la stratégie, du ciblage détaillé et de la programmation générale du projet; préparation des appels d offres et des contrats passés avec les opérateurs principaux; recrutement de consultants pour appuis et études ponctuelles; coordination et préparation des programmes annuels d activité (sur la base des propositions des opérateurs); supervision des activités des opérateurs spécialisés; approbation des contrats passés avec les opérateurs secondaires; vérification et transmission des factures et décomptes présentés par les prestataires de services; comptabilité financière générale et analytique du projet; suivi interne; et production de rapports annuels d exécution du projet. Le rôle de la coordination nationale se concentrera sur la conception, la programmation et le suivi technique, socioéconomique et financier des composantes, en laissant l exécution sur 17

le terrain aux prestataires de services. La gestion du programme sera confiée au Coordonnateur National qu assiste un personnel administratif d appui ainsi que des cadres ayant de bonnes connaissances dans le développement rural (sociologie, agronomie, économie rurale, génie rural, etc.). En conséquence, l équipe de la coordination nationale sera de taille réduite, composée de 04 cadres. La Coordination Régionale du Programme (CRP). Cinq unités d appui et de gestion régionale (Extrême Nord, Adamaoua, Ouest, Nord-ouest, et Littoral/Sud-ouest) seront mises en place dans les régions d intervention du Programme sous la responsabilité du Coordonnateur National. Chaque «coordination régionale» aura à sa tête un coordonnateur Régional (Ingénieur agronome ou agroéconomiste spécialisé en recherche-développement rural), une secrétaire/comptable et un chauffeur. Par délégation de la coordination nationale, les CRP seront en charge du suivi des prestataires locaux. Agences d'exécution Les activités du Programme seront exécutées dans les régions par des prestataires de services publics et privés répondant à des offres qui suivront la procédure des marchés publics et seront rémunérés en fonction des services rendus ou biens livrés; à l'exception du premier décaissement du programme. La Coordination nationale devra produire des justificatifs de ces services pour obtenir la réalimentation du compte ouvert à cet effet. Il faudra également que les activités prévues dans chaque région soient convenablement exécutées et les objectifs généraux atteints (rapports de suivi-évaluation, évaluations externes). En marge des évaluations continues (chaque année et ou par semestre), une revue à miparcours (3 ème année du Programme) sera faite par une expertise indépendante et qualifiée qui évaluera en particulier les résultats des principaux prestataires de service. Les opérations de sensibilisation et de planification participative seront conduites par les équipes pluridisciplinaires de petites entreprises, centres de recherche ou ONG de service. Dans le domaine des infrastructures collectives, un appui technique de maîtrise d'œuvre (documents techniques, appels d'offre, suivi des travaux, réception) sera assuré, sous contrat avec la coordination nationale, en fonction des disponibilités locales, par des prestataires privés, des centres de recherche, des universités, des agents des services techniques mis à disposition sur contrats passés entre la coordination nationale et l'établissement public; les entreprises du bâtiment et les artisans auront des contrats directs de réalisation avec les comités de coordination au niveau des régions. Le soutien aux entreprises productives et organisations de base. Cette composante nécessitera l'utilisation des caisses locales de micro finances existantes ou à créer. Une convention avec le Programme de microfinance, financé par le FIDA, déterminera la participation du Programme en cas de création de caisses et les modalités de mise en place du fonds des cautions financières réutilisables au niveau régional ou local dont le mécanisme est à préciser suivant les spécificités régionales. Le spécialiste de l appui aux petites entreprises de production et de services au sein de la coordination nationale utilisera comme relais sur le terrain des conseillers d entreprises rurales. Des programmes de formation et de recyclage seront mis en œuvre au profit des cadres d'appui techniques et des élus par les prestataires des services et des associations et ONG reconnues comme l'inades, APICA, etc. Des conventions avec avenants annuels seront passées avec ces professionnels par la coordination nationale. Les études techniques (comme la réalisation du manuel de procédures opérationnelles et comptables), la rédaction des conventions et contrats types, le traitement du contentieux et autres problèmes juridiques, les recrutements des prestataires de services et les audits comptables seront confiés sur appels d'offres nationaux à des cabinets spécialisés de la place. 18

8. Impact du programme L objectif attendu du programme est l amélioration du revenu des producteurs de pomme de terre et par ricochet de tous les intervenants dans la filière grâce aux actions envisagées par le programme (renforcement des capacités managériales, participation à la gestion du terroir, intensification des systèmes de production de pomme de terre et accessoirement des autres cultures du système cultural (rotations, cultures mixtes, etc.)). L impact attendu devrait être perceptible sur : l ensemble de la chaîne de production et de commercialisation de la pomme de terre, le développement des régions d implantation du projet (effet d entraînement), etc. Le programme apparaît comme un prolongement des mesures mises en œuvre par le Gouvernement pour accroître l efficacité de l appareil productif, créer les conditions favorables à la reprise de l investissement privé dans le secteur agricole, contribuer à la diversification des exportations camerounaises, créer des emplois, réduire la pauvreté et poser les fondations d un développement véritablement durable, etc. Impact du Programme sur la chaîne de production et de commercialisation Développement de la production et de la multiplication des semences. L appui du programme au processus de multiplication de semences de pomme de terre permettra : (i) d accroître les quantités de semences de qualité utilisées dans les exploitations : (ii) de contribuer à travers l appui aux multiplicateurs à pérenniser la production de semences de base par l IRAD (voir stratégie de production et de multiplication de semence en annexe) suivant les quantités prévisionnelles cidessous (iii) de réduire le coût d acquisition des semences de qualité par les producteurs ; etc. Période Quantités de semences pouvant être produites (en tonnes) Superficies pouvant être mises en place par les producteurs de pomme de terre de table IRAD Multiplicateurs avec des semences de qualité (1,5t/ha) An 1 34 11 300 200 An 2 68 600 400 An 3 136 1200 800 An 4 272 2400 1600 An 5 544 4800 3200 TOTAL 1054 9300 6200 Regain d intérêt pour la filière Pomme de terre et les voies de transformation subséquente. Cet engouement sera manifesté par l arrivée de nouveaux opérateurs dans la production de la pomme de terre, du fait de l existence de structures d encadrement et de soutien aux différentes composantes de la filière (des producteurs aux consommateurs en passant par la création d unités de transformation de pomme de terre) aussi bien pour le marché local que pour le marché sous-régional où la demande est loin d être satisfaite. Les opportunités de transformation de la pomme de terre seront explorées et les atouts publicisés, permettant ainsi aux opérateurs économiques camerounais d investir dans ce créneau porteur de plus-value intéressante. 11 Ces quantités sont minimisées à dessein la capacité de l IRAD pour la fourniture de semences de base en 2000 et 2001 étant de l ordre de 60 tonnes de plants de base (Communication personnelle, 2002). 19

Au niveau de la main-d œuvre agricole directe. Les normes de travail dans la filière établissent à trois (3) ouvriers agricoles employés à plein temps, l effectif nécessaire pour conduire un hectare de pomme de terre en culture moderne, hormis l encadreur technique et la main d œuvre de récolte recrutés à temps partiel. Ce qui porte l effectif à 4 personne/ha et par campagne. Bien que plusieurs cycles de culture de Pomme de terre soient possibles, l hypothèse de rentabilité minimale ne considère qu une à deux campagnes par an (avec et sans irrigation). Période Superficies (ha) à mettre en place avec des semences de qualité Nombre d emplois directs par cycle de 105 jours Fin An 1 200 800 Fin An 2 400 1 600 Fin An 3 800 3 200 Fin An 4 1600 6 400 Fin An 5 3200 12 800 Total 6200 24 800 Observations En milieu rural, les rotations culturales et la pratique des cultures mixtes devraient permettre des emplois directs au-delà de 6 mois/an Mobilisation et accroissement des revenus pour les ruraux. Près de 24 800 emplois agricoles directs et permanents seront crées au cours des cinq années par la mise en culture de 6200 hectares utilisant des semences de qualité. Ce qui représenterait une masse salariale globale d une valeur de FCFA 1 860 000 000 repartie ainsi qu il suit : Superficies (ha) prises en compte Nombre d emplois directs Salaire moyen annuel (FCFA) Masse salariale annuelle An 1 (2003) 200 800 300 000 60 000 000 An 2 (2004) 400 1 600 300 000 120 000 000 An 3 (2005) 800 3 200 300 000 240 000 000 An 4 (2006) 1 600 6 400 300 000 480 000 000 An 5 (2007) 3 200 12 800 300 000 960 000 000 Total 1 860 000 000 Economies d échelle sur les intrants acquis via les achats groupés. Le coût d achat des intrants (semences, engrais et pesticides) influe de manière significative sur le coût de production de la pomme de terre d autant qu il représente un montant estimé à plus de 75% des coûts de production à l hectare. Le programme d appui à la filière Pomme de terre ne subventionnera pas les intrants agricoles tels que les pesticides et les engrais. Il appuiera la mise en place des mécanismes souples et appropriés favorisant l achat groupé des intrants au sein des groupements de producteurs, générateurs d économies importantes de ressources (cf. tableau ci-dessous) tant au niveau du coût du transport des intrants qu au niveau du prix d acquisition. Au niveau de la distribution des intrants (engrais et pesticides à usage agricole), les volumes requis pour les superficies prises en compte et la contribution financière nécessaire se présentent ainsi qu il suit : Superficies (ha) sous encadrement Coût de revient des intrants Economies d échelle direct du programme à l hectare (en FCFA) possibles 12 (en FCFA) Fin An 1 200 113 170 000 7 921 900 Fin An 2 400 226 340 000 15 843 800 Fin An 3 800 452 680 000 31 687 600 Fin An 4 1 600 905 360 000 63 375 200 Fin An 5 3 200 1 810 720 000 126 750 400 Total 3 508 270 000 245 578 900 Retombées économiques dans le secteur de l aviculture. Les fientes bien décomposées issues de l aviculture constituent un excellent apport organique pour la production de la pomme de terre. En termes de coûts, elles représentent 35% du coût des intrants (soit FCFA 1 227 894 500). La mise en place des superficies ci-dessus évoquées et l accroissement des 12 Estimations réalisées suivant l hypothèse de 7% de rabais obtenu des fournisseurs suivant le principe des achats groupés d intrants par les producteurs organisés en groupes. 20

besoins en fientes de poules devrait générer un surplus de revenus au niveau des aviculteurs des régions concernées et même des autres régions. De nouveaux emplois pourraient donc voir le jour notamment dans le processus d accélération du compostage. Parallèlement, l achat groupé de fientes devrait permettre une économie substantielle de l ordre de FCFA 85 952 615. Economies d échelle dans le processus d agréage des produits et de développement des circuits de commercialisation via le regroupement de l offre, les capacités d atteinte des marchés plus rémunérateurs dans les pays voisins peuvent être facilités avec des retombées bénéfiques sur les prix. Impact sur l aspect genre et développement Il est attendu que les femmes bénéficient des retombées du programme, comme productrices agricoles mais également comme commerçantes, distributrices, semi-grossistes et grossistes. L appui à la transformation et à la commercialisation qui leur sera spécifiquement dédié devrait permettre de toucher directement près de 10 000 femmes. Impact du programme sur les régions d implantation du Programme Effet structurant sur le développement économique des régions d implantation Le besoin en main-d œuvre consécutif à la mise en place du Programme favorisera la création d emplois durables dans les régions concernées et contribuera ainsi à réduire l exode rural. Avec l accroissement des surfaces cultivées, l afflux de main-d œuvre en provenance des localités ou des régions avoisinantes, transformera progressivement les zones d implantation, en véritables bassins d emplois. Sur la durée, on peut légitimement s attendre à ce que les revenus distribués par le biais du Programme soient à l origine d une dynamique économique qui se caractérisera par la multiplication d un essaim d activités économiques (petits commerces, marchés de proximité etc.), qui contribueront à faire des régions d implantation des pôles de développement économique. Des institutions de Micro finance seront encouragées à s installer dans les régions concernées et permettront de financer des initiatives économiques au niveau local, notamment celles engagées par les femmes, ce qui permettra de lutter contre l exode rural vers les grands centres urbains et contre la pauvreté. De concert avec les autres programmes, il sera envisagé, la mise sur pied, par les collectivités concernées des infrastructures de base nécessaires telles que les Centres de Santé, les écoles, etc. Accroissement des ressources des populations bénéficiaires Dans les zones à cultures orientées vers le marché, la qualité de l encadrement, la densité, la régularité du suivi, des conseils et avis donnés aux paysans favorisent l adoption de bonnes pratiques agricoles, permettant de préserver la qualité et la fertilité des sols, d obtenir d année en année de bonnes récoltes de produits vivriers dont la vente couplée à celle des produits écoulés sur le marché local donnera à l agriculteur la possibilité de disposer de ressources financières permettant d acheter des engrais et autres produits phytosanitaires pour ses cultures vivrières. 21

Juste paiement du travail de production agricole L amélioration des rendements à l hectare et de la productivité du travail se traduira par une baisse du coût de revient du kilogramme de pomme de terre (cf. stratégie de production des semences en annexe). Dès lors, cela permettra au producteur de vendre son produit bord champ avec une marge améliorée. Une meilleure maîtrise de la programmation des mises en place alliée à une plus grande maîtrise de la chaîne logistique permettra d écouler la pomme de terre à un prix à la fois compétitif et plus rémunérateur, ce qui se traduira par une contribution positive de la pomme de terre à notre balance extérieure, puisqu il s agira d exportations nettes vers la sous région. Croissance du PIB L amélioration de la productivité se traduira par un accroissement de l offre de biens et une plus grande contribution de la pomme de terre à la valeur ajoutée globale, le développement de la culture de pomme de terre, parce qu elle contribue à la fois à satisfaire la demande intérieure donc à maintenir le niveau des prix relatifs locaux- et celle exprimée par les marchés extérieurs - contribuera largement à l accroissement du Produit Intérieur brut et, de manière oblique, à la stabilité macroéconomique. Meilleure gestion des ressources disponibles La progression des rendements agricoles, et, à travers elle, l élévation progressive du niveau de vie des populations, favorisera une limitation progressive des interventions de l Etat dans le domaine des prix notamment le système de subvention des engrais. Cela sera rendu possible par le fait que les paysans qui, auront au préalable assimilé les enseignements qui leur ont été prodigué, auront réussi avec le temps par une meilleure prise en compte des circonstances de sols, de climats et des façons culturales les plus en rapport avec leur milieu, à trouver un juste équilibre entre fumure animale et végétale d une part, et engrais minéraux d autre part. Dès lors, la réussite du programme se traduira à terme par une meilleure allocation des ressources financières publiques. 22

9. Pérennisation du bon fonctionnement Renforcement de la participation des bénéficiaires et mécanismes de pérennisation La pérennisation du bon fonctionnement du programme et celle des actions envisagées passe par le renforcement de la participation des bénéficiaires et leur implication à toutes les phases du programme. Tout en respectant la diversité des approches, le Programme mettra l accent sur certains principes essentiels notamment (i) respect des diversités des régions et zones; (ii) écoute des paysans, dialogue; (iii) encouragement de la participation de tous (Femmes, jeunes, groupes marginalisés); (iv) conciliation des différents intérêts; (v) examen de la situation à partir des différents points de vue; (vi) adaptation de la méthode à la situation locale; (vii) responsabilisation des acteurs et des opérateurs dans le processus de développement de la filière. Pour l atteinte des objectifs la situation de référence de chaque région, zone ou localité sera obtenue via : (i) diagnostic/connaissance du milieu pour identifier les problèmes, les besoins, les potentialités et les contraintes au développement; (ii) analyse des problèmes et des besoins; (iii) recherche de solutions et identification des actions à mener; (iv) planification des actions de développement; (v) organisation du milieu permettant la réalisation du plan; (vi) suivi et évaluation participatif des activités. Ces étapes seront modifiées ou complétées selon la réalité locale. Toutes les phases seront respectées dans les régions où les actions de développement de la filière sont peu étendues. Le programme privilégiera l approche régionalisée voire locale. La méthode de diagnostic participatif sera approfondie par des outils tels que les cartes de terroirs, les cartes d assolement/ rotation, les calendriers d activités agricoles, les calendriers journaliers de travail réalisés par les communautés. Ces outils permettront aux acteurs de la filière de comprendre et de partager ensemble leurs pratiques agricoles, les systèmes de cultures, la gestion des ressources naturelles et de rechercher ensemble les solutions pour une meilleure gestion de l espace et des conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que des solutions et des pratiques pour une gestion durable des sols et des ressources naturelles. Des comités de coordination au niveau des Provinces seront constitués par les différents acteurs (producteurs, transporteurs, commerçants, prestataires de services, Institutions partenaires, organisations de base, etc.) à la suite des travaux de sensibilisation et de planification participatives soutenus par le Programme qui aboutissent à l'élaboration d'un plan de développement; ils auront le caractère juridique d'une association déclarée d'intérêt provincial ou zonal composée de représentants des différentes composantes de la filière. Les représentantes des groupements féminins devraient y figurer en bonne place (50% des membres seront des femmes) et les statuts de ce type d'association devront prévoir leur place dans les organes de décision et de gestion (Président(e), trésorier(e)) de façon qu'elles soient obligatoirement associées aux choix du comité et à leur réalisation. La durabilité financière. Il s agit de développer les stratégies permettant de poursuivre les activités du programme au-delà du financement disponible. Les principaux bénéficiaires seront mis à contribution dans l élaboration des stratégies d autofinancement des activités et les négociations avec les pouvoirs publics notamment en ce qui concerne : le renforcement de l épargne, l adhésion aux organisations professionnelles, etc. La durabilité institutionnelle constitue un risque moindre l organisation générale du programme reposant sur les organisations professionnelles agricoles et sur le développement de l initiative privée. Le schéma organisationnel en annexe prévoit le désengagement des ressources professionnelles et la poursuite des activités par les collectivités et autres maillons de la chaîne, bénéficiaires des retombées du programme. 23

Les organisations de producteurs et autres regroupements étant appelés à devenir membres d AGROCOM ou d organisation professionnelles similaires devront progressivement prendre la relève sur la gestion du programme dès la 3 ème année du programme. La durabilité environnementale sera acquise au travers de la gestion des ressources naturelles, l accroissement de la productivité des terres arables et la réduction de la pression de l agriculture itinérante sur les écologies fragiles. Il s agira de promouvoir des techniques endogènes respectueuses de l environnement notamment en matière de protection intégrée des cultures et de nutrition végétale. Contractualisation Pour s assurer de l atteinte des objectifs fixés par le programme, l hypothèse de mise en œuvre - la plus économique, et la plus opérationnelle envisagée, qui lui donne à la fois plus d'autonomie et qui assure d une plus grande implication des bénéficiaires réside dans la passation de conventions entre les agences d exécution de ce programme identifiés sur le terrain, le maître d œuvre et les bénéficiaires. Ce dispositif institutionnel, permettra : 1. de mieux identifier «les pôles de développement paysans» en fonction de leur vocation condition de leur durabilité qui contribueront à mesurer l impact du programme. A cet effet un cadre logique, des indicateurs et des «systèmes d information» du programme seront élaborés et validés par les bénéficiaires, pour favoriser le suivi évaluation du programme ; 2. de renforcer les capacités locales de maîtrise d ouvrage des bénéficiaires à travers leur responsabilisation dans l identification de la stratégie du programme, dans l énoncé des moyens et des ressources mis à disposition ; 3. de contractualiser les dispositifs d intervention ; 4. de veiller au suivi et à l évaluation des activités, à la traçabilité et au contrôle des financements mis à la disposition du programme. Coordination Nationale du Programme Coordination Nationale du Programme Coordinations Régionales (CRP) Organisation Régionale Faîtière (animé par le regroupement Régional) PRESTATAIRES DE SERVICE Prestataires de service Secrétariat assuré par le CNR BENEFICIAIRES Acteurs principaux de la filière (bénéficiaires) Au début du programme Dès la 3 ème année Trois ans après le début de la mise en œuvre du programme, il est attendu que les actions menées par la coordination nationale du programme, les coordinations régionales, les prestataires de service et les Bénéficiaires sur le plan structurel et organisationnel permettent la mise en place et la consolidation des organisations de base et l émergence d une organisation régionale faîtière (regroupant tous les intervenants de la filière). Cette organisation faîtière est appelée à prendre la place de la Coordination régionale suivant le processus d appropriation et de pérennité du programme. 24

10. Suivi / Evaluation Le programme National d Appui à la Filière Pomme de terre mettra l accent sur l amélioration de la capacité de gestion à tous les niveaux de l organisation. La fonction de suivi et évaluation sera donc intégrée aux fonctions des centres de décision du Programme, c est à dire au premier chef les bénéficiaires directs à travers les comités Régionaux et locaux, les comités de sous-zones, les responsables de composante, le coordonnateur du Programme et le comité de pilotage. Le processus d appropriation des approches au niveau du pays sera renforcé par l utilisation d universités et de centre de recherche nationale. Le Comité Technique national jouera un rôle clé dans le renforcement des capacités de gestion. Il servira à promouvoir les échanges et le travail en réseau. Les évaluations externes permettront de générer des connaissances complémentaires sur les impacts. L évaluation externe sera confiée à un réseau national d experts nationaux appartenant aux Universités et autres organismes spécialisés dans la recherche/action. Pour assurer un maximum de participation des différents acteurs tant au niveau régional qu au niveau national, des ateliers régionaux et nationaux, des réunions techniques et périodiques regroupant les différents acteurs seront organisées au moins tous les six mois Chaque année les membres de la filière se chargeront d identifier des actions particulièrement significatives (en matière de ciblage de groupes défavorisés, d innovations techniques et méthodologiques, etc.) qui seront encouragées par l octroi de primes destinées à des communautés pauvres. Le réseau devra aussi établir des contacts avec des réseaux similaires à l étranger. Pour la création du réseau, le Programme financera l appui logistique devant permettre la participation des différents acteurs aux ateliers (deux par an). En prenant en compte ces différentes données, un rapport mensuel de gestion sera conçu au niveau provincial sous la responsabilité des coordonnateurs régionaux. Le coordonnateur national présentera son rapport semestriel de gestion au comité de pilotage. Il est à relever que l implication des partenaires et des bénéficiaires à toutes les phases de la conception et de la mise en œuvre du programme étant les principes directeurs qui soustendent la réussite de présent programme d appui à la filière pomme de terre, les mécanismes de suivi/évaluation seront finalisés avec les bénéficiaires. Ces derniers devront donc participer à la préparation du programme de travail et du calendrier d exécution devant servir de base à la planification et au processus de suivi/évaluation pendant la mise en œuvre. Les responsables du Programme et de toutes les institutions collaboratrices devront de préférence participer à ce processus. Le programme de travail et le calendrier d'exécution indiquent, sous forme de tableaux et de graphiques, la teneur, l'organisation et la gestion du programme. Ils devront donc être conformes à tous égards à son cadre logique. Le programme de travail et le calendrier d'exécution pourront être préparés sur une base trimestrielle ou semestrielle. Le programme de travail sera d'abord préparé par élément et ensuite consolidé dans le programme de travail d'ensemble du programme. Le calendrier d'exécution (habituellement un graphique en barres) indiquera la séquence dans le temps de la mise en oeuvre des principales activités du programme de travail. Pour assurer la cohérence entre les deux, il ne peut être préparé que lorsque ce dernier est terminé. Les formats ci-dessous pourront être utilisés : 25

Risques et contraintes Les risques identifiés dans la mise en oeuvre du présent programme concernent essentiellement les aspects relatifs à: Retards dans la mise en œuvre de la composante de développement des capacités organisations et managériales des bénéficiaires. L allocation des bénéfices du programme par des personnes non ciblées Les retards dans la mise en œuvre de la composante semencière, clé de voûte du succès du programme. Le manque d infrastructures et d organisation des marchés Le désenclavement des zones de production Suppression des tracasseries policières L amélioration des moyens de communication Renforcement des capacités du MINAGRI en accompagnement au développement ; Etc. 26

ANNEXE II Coûts de production de la pomme de terre à l hectare Coûts Quantités/ha Coût unitaire Coût total en FCFA Semence 1500 2000 kg 550 1 825 000 Engrais 390 000 NPK + MgO(s) 500 Kg 220 Nitrate de calcium 260 Kg 310 Fumier (fientes de poules) 100 sacs 2000 Pesticides 175 250 Fongicide 1 170 sachets 650 Fongicide 2 15 kg 2 500 Insecticides 2 litres 12 000 Petit matériel agricole (houe, daba, ) 50 000 Opérations culturales 300 000 Défrichement 20 H/j 1 000 20 000 Labour 4 heures 20 000 80 000 Piquetage 10 HJ 1 000 10 000 Epandage de fumier 10 HJ 1 000 10 000 Application d engrais 10 HJ 1 000 10 000 Mise en place 20 HJ 1 000 20 000 Sarclo-buttage 40 HJ 1 000 40 000 Traitement phytosanitaire 5 HJ 2 000 10 000 Récoltes 50HJ 1 000 50 000 Transport à la ferme Forfait 50 000 Stockage forfait 100 000 Total des coûts 1 840 000 1 avec le nouveau coût des semences de base (1000 F CFA/KG) 2 515 850 En fonction du rendement, le coût du kilogramme de pomme de terre bord champ a été estimé ci-dessous : Tableau 2 Rendement (tonnes/hectare) 15 20 25 30 40 Coût de production (FCFA/Kg) 123 92 74 61 46 Coût de production suivant nouveaux prix de semences de pomme de terre 168 126 101 84 63 1 (L IRAD, depuis l an 2002 a augmenté le prix de la semence de base le faisant passer de 550 FCFA/KG à 1000 FCFA/KG). Dans le cadre des actions du programme d appui à la filière pomme de terre, l amélioration du rendement par l utilisation des meilleures semences devrait avoir pour conséquence la réduction des coûts de production du kilogramme de pomme de terre. En outre, l organisation rationnelle de la multiplication des semences en privilégiant l accès aux semences de base aux multiplicateurs devrait contribuer à abaisser le coût d acquisition de semences de qualité, et par effet d entraînement abaisser les coûts de production au niveau des opérateurs commerciaux. 27

Annexe III Evolution des prix de vente de pomme de terre 250 Figure 2 : Prix de la pomme de terre 2000-2001 sur les marchés de Douala Prix (FCFA/Kg) 200 150 100 50 0 24/04/2000 15/05/2000 05/06/2000 29/06/2000 20/07/2000 12/08/2000 04/09/2000 25/09/2000 16/10/2000 06/11/2000 26/11/2000 Date de collecte des données 04/01/2001 25/01/2001 15-fev-01 12/03/2001 02/04/2001 23/04/2001 L analyse des données graphiques ci-dessus fait état d une baisse des prix sur les marchés Douala en 2000 et 2001. Les conséquences de la baisse des prix et les causes possibles L analyse des données graphiques ci-dessus fait état d une baisse des prix sur les marchés tant à l Ouest que dans les marchés urbains de Douala de 2000 à 2001 dont les causes possibles et les conséquences sont examinées ci dessous. Causes de la baisse des prix L augmentation des disponibilités de pommes de terre sur les marchés, résultant des actions de vulgarisation et d appui menées par AGROCOM et les cellules d exécution via la mise en place des crédits de campagne dans la filière au Nord-Ouest et à l Ouest ont eu pour effet de faire passer la production de 2,5 t /ha à près de 7t/ha. Il en a résulté une augmentation de la production de 70 000 tonnes à près de 126 000 tonnes en 2001. L utilisation de meilleures semences par les producteurs encadrés par AGROCOM, l utilisation accrue des intrants via l achat groupé d intrants facilité par les crédits de campagne ; le respect des itinéraires techniques ont eu un effet positif sur la production, ce qui a propulsé l accroissement des quantités dans une proportion plus grande que le seul accroissement des superficies mises en culture. La commercialisation désordonnée résultant du manque de communication et de coordination entre les différents groupes de producteurs ; il peut en résulter une impression d abondance (réelle ou perçue) de produits, amenant de fortes réductions de prix. 1. L absence de planification concernant les dates de semis et de récolte causant des arrivages inégaux sur les marchés, avec les conséquences au niveau des prix offerts aux producteurs 2. La rétention des stocks de certains producteurs dans l espoir de bénéficier de hausses éventuelles de prix. Le résultat est souvent l opposé car vu les faibles capacités de conservation, les stocks retenus doivent vite être remis sur le marché où ils arrivent en même temps que de nouvelles récoltes, ce qui déprime les prix encore plus. Dans les cas de mauvaise conservation, les pommes de terre se dégradent avant d atteindre le marché et il en résulte une perte importante, voire même totale pour le producteur qui les 28

conservait en attendant une hausse de prix. Les caractéristiques climatiques du Cameroun permettent d étaler la culture de pomme de terre et les différences agro écologiques ou régionales sont des potentialités pouvant permettre une complémentarité entre les différentes régions. 3. La faible connaissance et le peu d exploration des marchés nouveaux et potentiellement porteurs. La plupart des producteurs et exportateurs, lorsqu ils pensent exportation semble encore se tourner quasi exclusivement vers le petit marché gabonais (marché de 800 000 consommateurs) et ignorer le géant nigérian (120 000 000 de consommateurs). Les dernières statistiques de commercialisation font état de flux en direction du Tchad, de la RCA, de la Guinée Equatoriale et du Congo. Il faudrait donc rechercher d autres avenues vers les marchés de la sous-région afin d éviter un effondrement des prix en période de récolte abondantes. Conséquences de la diminution des prix sur les marchés La baisse des prix a entraîné une réduction des mises en culture lors de la campagne 2000-2001 perceptible au niveau des organisations encadrées ou non par AGROCOM. Cette réduction des mises en place a également résulté en de nouvelles hausses de prix, suivies à leur tour d augmentations des superficies entraînant à leur tour de nouvelles baisses de prix. Si l on ne parvient pas à apporter une certaine forme de stabilité à ce marché, il continuera à évoluer en dents de scies, ce qui aura pour but de fragiliser davantage la filière tant pour les producteurs, les fournisseurs d intrants, les multiplicateurs de semences, les producteurs commerciaux, les commerçants et les consommateurs. La tendance à la baisse des prix aura pour conséquence le retrait des producteurs les moins efficaces car ces derniers compensant la faible productivité par des prix élevés sur les marchés ne pourraient pas survivre dans un marché où les prix amorcent une tendance durable à la baisse. Toutefois dans le cadre de l amélioration du niveau de vie des populations rurales, il est nécessaire de mettre en œuvre des stratégies permettant une meilleure organisation des petits producteurs très nombreux dans la filière Pomme de terre, et qui désirent, autant que les producteurs moyens, accroître leur productivité par l utilisation de bonnes semences et des intrants de qualité, Au-delà donc des acquis de la filière, à la lumière des récentes évolutions dans cette filière, l on note qu un travail important reste à faire pour consolider certains des acquis et développer des mécanismes de production de semence de base et leur multiplication subséquente afin de lever l une des principales contraintes au développement de cette filière. 29

Annexe IV Rentabilité et les marges des opérateurs (suivant les marchés ciblés) sans le programme I. Revenu de l exploitation Commercialisation à Douala Commercialisation dans la sous région Ferme Douala Ferme Total Sous-région Douala Ferme Total Ferme Rendement escompté (t/ha) 25 000 25 000,00 25 000,00 25 000 25 000 Production commercialisable 18 000 4500 22 500 14 400 3 600 4500 22 500 22 500 Pertes 0 2500 2 500 0 2 500 2 500 2 500 Prix (FCFA/kg) 150 100 300 150 100 100 Revenu total 2 700 000 450 000 3 150 000 4 320 000 540 000 450 000 5 310 000 2 250 000 II. Charges Coût de production 1 840 000 1 840 000 1 840 000 1 840 000 1 840 000 Coûts de commercialisation tri et calibrage 0 125 000 125 000 0 0 125 000 125 000 0 emballage 90 000 0 90 000 100 800 18 000 0 118 800 0 manutention 180 000 0 180 000 144 000 36 000 0 180 000 0 transport 216 000 0 216 000 216 000 54 000 0 270 000 0 douanes 0 0 0 216 000 0 0 216 000 0 control phytosanitaire 0 0 0 144 000 0 0 144 000 0 fret 0 0 0 1 152 000 0 0 1 152 000 0 mise en marché 0 0 0 72 000 0 0 72 000 0 imprévus et divers 24 300 6 250 30 550 102 240 5 400 6 250 113 890 0 Charges totales 2 350 300 131 250 2 481 550 3 987 040 113 400 131 250 4 231 690 1 840 000 Marge 349 700 318 750 668 450 332 960 426 600 318 750 1 078 310 410 000 1 er cas. Vente préférentiellement de la production à la ferme. Dans le cas d espèce, les coûts de commercialisation sont minimalisés et au regard sur les prix moyens de la zone de production enregistrés en 2000-2001, la marge bénéficiaire nette est de l ordre de 410 000 FCFA. 2 ème cas : Vente préférentiellement de la production sur les marchés de Douala Yaoundé. Les marchés urbains étant exigeant en matière de qualité minimale, le producteur doit effectuer un tri au niveau de la ferme (pertes estimées suivant des coefficients précis) et une partie de sa production sera vendue bord-champ (au niveau de la ferme) et l autre partie, ayant fait l objet de tri et d emballage sera vendue sur les marchés ciblés de Douala et de Yaoundé. Dans le cas d espèce le prix de vente du kilo a été fixé à 150 FCFA. La marge globale nette du producteur est de l ordre de 349 700 FCFA pour les marchés de Douala et de Yaoundé et 318 750 FCFA pour la proportion commercialisée bord-champ, soit 668 450 FCFA/ha. 3 ème cas : Vente préférentielle sur les marchés de la sous-région Le marché sous-régional est plus exigeant. A ce titre, une proportion de la production sera commercialisée à la ferme, une partie sur les marchés de Douala ou Yaoundé et près de 80% de la production commercialisable sur les marchés de Douala sera exportée. Les prix dans la sous-région sont généralement plus intéressants que les prix locaux. Mais le producteur qui choisi l exportation doit également s acquitter des modalités pratiques liées à l exportation. Au terme de toutes ses transactions, sa marge nette s établit comme suit : - vente bord champ de la proportion issue du tri = 318 750 FCFA - vente sur les marchés de Douala et de Yaoundé : 426 600 F CFA - vente sur les marchés de la sous-région : 332 960 FCFA 30

- total : 1 078 310 FCFA En réduisant les pertes dues aux facteurs biotiques et abiotiques, le producteur, le transporteur et le commerçant de pomme de terre sont capables à terme d améliorer la proportion commercialisable du rendement de la ferme et rehausser ainsi les marges bénéficiaires. La rentabilité de la pomme de terre devrait donc, via l utilisation d une semence de qualité être acquise et conduire à une baisse des coûts de production. Etant donné que la pomme de terre est une culture de haute valeur commerciale, les agriculteurs dont les capacités de gestion technique et managériales seront affûtées continueront d augmenter leur production. Les rendements pourront donc très rapidement passer du simple au double voir même quadrupler dans les zones de production. Les populations urbaines nanties ou non demanderont la pomme de terre compte tenu des orientations de leur vie sur le mode occidental et les coûts élevés des autres productions vivrières ne bénéficiant pas du même environnement. Bien que la pomme de terre soit encore consommée au Cameroun à l état de tubercules frais, il existe un potentiel important de transformation en aliments forts attractifs pouvant être exploité en cas d accroissement de la production nationale. Tous ces facteurs indiquent que la pomme de terre est susceptible, en cas de soutien judicieux, de représenter un élément de lutte contre la pauvreté rurale (création d emplois) pour les producteurs des régions de production, mais également pour les commerçants et transformateurs des centres urbains. 31