Restitution Atelier : Insertion professionnelle et «culture»



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Transcription:

Restitution Atelier : Insertion professionnelle et «culture» Les organisateurs : Muriel Bétend action «cultur ailes» IFRA, Isabelle Martinelli «médiation culture» MIRLY SOLIDARITE Scripte : Myriam Albet, Mission Insertion Culture d ALLIES MDEF de Lyon Les intervenants et les participants (ouvert à tous les publics) : 2 organismes de formation : Céline Carret de COTE PROJETS, Marie-Eve Peguy du TREMPLIN ANEPA, 1 atelier d écriture AU PLURIEL antenne 7 MDEF de Lyon - Sandrine Delanoé 1 structure d insertion : Habitat et humanisme 5 structures artistiques et culturelles : Didier Richard des Célestins Théâtre de Lyon, Julien Frappa du Théâtre Nouvelle Génération, Jean-Pierre Sougy des Films de l an présent, Bénédicte Beaudot des Subsistances, Christophe Bessard de Kimel 4 habitants participants aux actions : Nicole, Christian, Léa, Nicolas 3 représentants du Conseil de Quartier Guillotière : Mme Bugny, Marie-Cécile Galland et René Marcand 1 représentant du café social «olivier des sages» : Jocelyne Ferhat 1 représentante de la Ville de Toulouse : Vanessa Chien Chow Chine 1 journaliste radiophonique : Anne-Lise Clerc de radio alliance plus 1 représentant de la Mission de Coopération Culturelle - Camille Mussillier 1 professionnelle de la médiation culturelle - Yamina Aït (chargée de Mission insertion Culture à ALLIES de 1998 à 2005) 1/ RESUME DES ECHANGES La rencontre, le débat Les principaux sujets abordés : 4 types D ACTIONS et 1 EN EXPERIMENTATION (RH & MEDIATION) Sorties culturelles, médiation culturelle Participation à des processus de création artistique (ateliers et projets) Pratiques artistiques (PPA ENSBA) Intérêt démontré de la participation aux actions culturelles et artistiques dans les parcours d accompagnement socio-professionnels Le poids grandissant de l évaluation quantitative Ce qu il faut retenir des échanges : Consensus des acteurs d insertion, culturels et des participants quant à l impact positif de ces actions : Dynamisation de parcours, lien social, création de solidarités, LCD INQUIETUDE QUANT A LA SUITE DES ACTIONS Point de vue sur les engagements proposés dans l avenant culturel du CUCS Des atouts : Forte mobilisation de l insertion sur des propositions culturelles et artistiques (charte et CUCS) Impact positif démontré par différentes approches évaluatives (qualitative, quantitative et avec les participants) Des interrogations : Les personnes vulnérables et/ou précaires ne rentrent pas toujours dans les cadres : territoires et temps. Comment faire pour ne pas exclure les plus en difficultés hors cadre?

Des points à développer : Quels cadres d actions culturelles proposer aux participants «sortis» des dispositifs insertion professionnelle du fait de la crise économique et «à sortir» des actions culture? Jusqu où le politique soutiendra-t-il ce type d actions? 2/ LES ECHANGES Muriel Bétend de l IFRA : Présentation de l IFRA et de CULTUR AILES L IFRA est un organisme de formation et est aussi une structure d insertion chargée de la l accompagnement socioprofessionnel des bénéficiaires du RSA et des participants PLIE. L objectif de la réunion est de réfléchir aux actions insertion/culture dans le cadre de la prolongation des CUCS avec le nouvel avenant CUCS qui ira de 2011 à décembre 2014. La création artistique et les actions culturelles sont considérées dans notre champ d activités comme un outil pour dynamiser le parcours vers l emploi. Dans le cadre de ce travail de concertation sur le prochain avenant CUCS, l important est que l insertion «parle», que l on puisse faire entendre la parole des structures d insertion, des participants aux actions et des structures culturelles et artistiques. Depuis 7 ans, il y a à l IFRA une étape «culture», CULTUR AILES dans le cadre du parcours d insertion. Le TREMPLIN ANEPA, MIRLY SOLIDARITE animent aussi des étapes «culture» qui sont des étapes de mobilisation et qui ont pour objectif l accès à la culture, aller aux spectacles, mais aussi de participer à des processus de création, d avoir une pratique artistique. A l IFRA, on a 4 types de propositions : Les sorties culturelles. Elles ont pu se mettre en place grâce à CULTURE POUR TOUS qui propose des invitations gratuites au spectacle et permet aux bénéficiaires du dispositif d inviter quelqu un de leur entourage. On propose aussi des participations à des processus de création artistique. On a ainsi travaillé avec Le Théâtre des Célestins, les subsistances, le théâtre de l IRIS à Villeurbanne et les films de l an présent. Il y a encore la pratique artistique avec notamment 12 places proposées gratuitement par l ENSBA pour les ateliers d art plastique amateur. Enfin, il y a aussi des actions de médiation culturelle proposées par les structures culturelles. Cela peut permettre par exemple de rencontrer des artistes, des auteurs autour d une pièce. On a ainsi avec le théâtre de la Croix Rousse et les célestins créé un parcours pour mettre en regard des pièces proposées par les deux structures. L intérêt de ces actions c est que nous partageons nos objectifs. Ce qui se joue pour chacun de la place où on est. L IFRA est située sur le territoire CUCS de Moncey mais toutes les personnes en accompagnement ne sont pas CUCS. Le facteur commun ce n est pas le territoire, c est la recherche d emploi. Quand on va voir des spectacles ensemble, on partage des émotions. Cela engendre un changement de posture du référent insertion. L objectif de ces actions insertion/culture est de proposer un moment en dehors des cadres habituels pour pouvoir avancer. Ces actions permettent de se remobiliser sur un parcours d insertion car le chômage de longue durée est très difficile à vivre. Cela permet aux personnes d acquérir des compétences transférables dans la sphère professionnelle, les personnes s emparent de la parole, apprennent à analyser un spectacle. Tout ceci peut être valorisé dans un parcours professionnel.

Tour de présentation : AU PLURIEL : Sandrine DELANOE : J anime un atelier d écriture à la MDEF de Lyon antenne de Gerland. C est du lien social, un cadre sécurisant. On expérimente le plaisir de faire quelque chose ensemble. De se remettre en action. TREMPLIN ANEPA : Marie-Eve PEGUY : On défend le concept de «détour créatif» qui a du reste fait l objet d un livre en 99. On propose des ateliers, sorties et la participation à des projets artistiques. CAFE SOCIAL LYON 3 : Nous travaillons avec des personnes âgées. Notre objectif est l accès à la culture. On utilise donc le dispositif CULTURE POUR TOUS mais le problème est que leur fonctionnement est la sortie individuelle alors que nous ne faisons que des sorties collectives. On fait beaucoup de sorties, au musée, à l Opéra, au théâtre des Célestins. On a affaire à un public de passionnés, preneur de culture, principalement issu de l immigration qui participe volontiers aux sorties culturelles. Christophe Bessard de Kimel C est un projet autour de l image. On intervient au niveau du Grand Lyon dans les MJC, centres sociaux, centres de formation, structures culturelles. On travaille notamment sur des livrets ; on en a fait un notamment avec les habitants de la barre 200 à la Duchère, avec les jeunes. Une citoyenne du conseil de quartier guillotière : Marie-Cécile Galland Je suis une citoyenne profitant de la culture, une retraitée, ce qui me permet d avoir du temps pour m impliquer. Je suis aussi au Conseil de développement du Grand Lyon et à la commission culture du PS. Voir l univers des artistes, des créateurs, cela me passionne. Une journaliste radiophonique : Anne-Lise Clerc Le sujet «culture insertion» m intéresse et je souhaite faire une série d interviews sur ce sujet pour différentes radios dont radio pluriel. Participant à CULTUR AILES IFRA : Christian Je suis un usager de l IFRA. Je fais parti de ceux qu on redynamise. COTE PROJETS : Céline Carret : Je travaille dans un organisme de formation, COTE PROJETS, qui a fait de la culture sa spécificité. On a notamment des AOF, Actions d Orientation et de Formation Région, et dans ce cadre, avec l aide de Myriam Albet, on a monté un AOF «Opéra» et un avec l Institut Lumière dans le cadre du festival lumière. Ces actions s adressent à des personnes en difficultés de maitrise de la langue française dans le cadre d AOF FLE (Français Langue Etrangere) Participante à CULTUR AILES IFRA : Nicole Je suis une participante de CULTUR AILES depuis 3,5 ans. C est intéressant de pouvoir monter sur scène, de faire de l amateurisme. Mais j espère toujours trouver un emploi. Yamina Aït : Je suis une nomade de la culture. J ai travaillé dans différentes structures. Une référente insertion/culture : Isabelle Martinelli : Je travaille à MIRLYSOLIDARITE à la Duchère et depuis 3 ans je mène des actions de médiation culturelle.

Participante à «médiation culture» MIRLYSOLIDARITE: Léa Je participe à l action de la MIRLY et je suis à nouveau en recherche d emploi après 6 mois de CAE dans une Cie Artistique. Participant à «médiation culture» mirly solidarité : Nicolas Mission de Coopération Culturelle : Camille Mussillier Myriam Albet, Mission Insertion Culture d ALLIES. Je suis chargée d animer les partenariats, d aider en ingénierie de projets, de suivre, d évaluer et de valoriser les actions insertion/culture. A la demande de l IFRA et de la MIRLY, je serai la scripte de la matinée et serai chargée de la transcription de cet atelier qui sera mis en ligne sur POLVILLE. Subsistances : Bénédicte Beaudot : Je travaille aux subsistances et je m occupe des projets participatifs. On travaille avec plein de personnes différentes. Habitat et humanisme : Marie-Noelle Bliny : Je fais partie du groupe bénévole d Habitat et humanisme, du groupe culture. On travaille avec CULTURE POUR TOUS et nous avons aussi notre activité propre que nous animons pour fêter les 25 ans de l association avec des résidants : ateliers d écriture et spectacle. C est donc la culture qui se vit et pas seulement la culture qui se vit ou subit. Pour nous la culture, c est la création du lien social. Vanessa Chien Chow Chine : Mairie de Toulouse Je travaille à la Mairie de Toulouse et je suis chargée de la mise en place du projet culturel dans le cadre du CUCS sur les quartiers. Il s agit de mobiliser les services par rapport à l accès à la culture sur les quartiers et également des projets d équipement à créer sur les quartiers pour créer une plateforme. C est un projet économique et emploi ce qui est à mon sens différent de insertion et emploi. Didier Richard : Théâtre des Célestins On a monté un certain nombre d actions : Médiation découverte, médiation participation mais aussi un volet RH insertion avec l embauche de personnes en insertion au sein même de notre entreprise Mme Bugny, Membre du conseil de quartier Jean pierre Sougy : les films de l an présent On nous avait demandé un film dans le cadre de VEDUTA (biennale d art contemporain) en 2003 et on poursuit la collaboration avec l IFRA. Notre troisième film est en cours. Les objectifs des actions insertion/culture par Isabelle Martinelli MIRLY SOLIDARITE Pour nous, l objectif des actions insertion/culture, c est le lien qui se créé entre les personnes. Doit-on parler de lien social? Je ne sais pas mais il se créé des histoires, des solidarités entre les personnes. C est un plus dans leur vie et donc dans leur parcours vers l emploi. La question est que chacune des parties prenantes de ces actions (acteurs culturels, insertion et participants) donne de la place à ce type d action en fonction de la place où il est, de son objectif à lui. Se retrouve-t-on dans nos objectifs? Mme Peguy Tremplin Anepa :

La question des objectifs interroge. Est-ce une vitrine pour dire qu il n y a plus d emploi? Qu est-ce qui motive les financeurs pour financer les structures d insertion à proposer des actions culturelles et artistiques? On tricote depuis un certain nombre d années. On sent un élan plus fort concernant la mobilisation des publics. Mais quel est le projet de société par rapport aux actions insertion/culture? on tricote depuis 20 ans par rapport à la médiation artistique comme détour pour l objectif d insertion professionnelle. Il est nécessaire d avoir du temps pour que la personne trouve une place autre que demandeur d emploi, en tant que citoyen. Les intentions sont peut-être différentes que celles des financeurs. On a évalué que ce support culturel et artistique permet de se remobiliser mais c est un jargon de professionnels. La question est comment on se parle. Le participant n utilise pas ces mots. Il y a donc une différence entre la demande des financeurs «emploi» et ce qui se vit avec les gens qui sont nos semblables. Il s agit d accorder les exigences qui sont liées au temps. Le financeur attend des résultats. C est compliqué car le temps de l art, du processus créatif n est pas le temps du financeur. On parle de travail, travail de peinture. Une répétition c est du travail. Il y a donc un déplacement sémantique. Le deuxième problème est : jusqu où on va avec l art? Il faut saucissonner. On est de plus en plus dans le lien. On a une grille d évaluation à compléter pour chaque personne qui va nous mettre en porte à faux avec les participants. Par exemple, pour une exposition de peinture, le financeur demande : «à quoi ça vous sert?» Le participant va répondre : «ça me fait plaisir». Ils se sont parlé mais ils ne se sont pas du tout compris. Les institutions culturelles ont bien compris le système. Et se font plaisir en le faisant. Il y a de quoi faire. Beaucoup de propositions avec des savoirs-faire et des savoirs-être. Vraiment beaucoup de propositions. On est repéré, identifié par les institutions culturelles. Dans le secteur de l insertion socioprofessionnelle, quelle place laisse-t-on à ce type de support? Quelle place laisse-t-on à la culture par rapport à l insertion? Quelle reconnaissance aussi? COTE PROJETS : Céline Carret : Quand on met quelque chose en place avec l Opéra, on place le cadre qui est posé par le financeur. On travaille pour notre part dans le cadre des Actions d Orientation Formation Région. Le but, c est bien sûr pas d en faire des chanteurs d Opéra mais qu ils arrivent par exemple à aller seul à l Opéra. On est clair, il n y aura pas de recrutements. Je ne vois pas ce qu il y a de dérangeant là-dedans. Je ne comprends pas le malaise. C est un bienfait apporté aux bénéficiaires. Ces actions sont-elles remises en cause? Mme Peguy Tremplin Anepa : On n est pas là pour les bienfaits mais plus pour les intentions. La question se pose différemment selon la place où on est. Dans le cadre des Actions d Orientation et de Formation Région, c est un stage à temps plein. Dans ce cadre, certains organismes de formation proposent un projet artistique avec, peut-être, une restitution publique. On est dans un processus de création intégré au dispositif de formation. C est le jargon de la région. Un PAC de formation. Ce n est pas à la carte. En tant que stagiaire, tu prends tout, même un projet comme l Opéra. Au tremplin Anepa ont fait aussi ce type de projet. En ce moment, on est sur un projet danse/théâtre avec une structure allemande, «c est mieux avec les voisins». On propose de faire l expérience du processus créatif. C est dans le cadre de la formation. Les jeunes ne parlent pas de travail mais disent «j apprends», «j ai appris la valse» on est dans l apprentissage.

Dans les actions insertion/culture type sortie culturelle, la personne n est pas obligée d aller au spectacle. L approche du sensible est autre. Ces temps de travail sont hors du temps de travail. Les financeurs ne financent pas tout. La question est : quelle place on laisse au travail d accompagnement? N est-ce pas une compétence professionnelle d accompagner des sorties le soir? Au TREMPLIN ANEPA, on a aussi un atelier financé par le PLIE (Plan Local d Insertion par l Emploi). L objectif souterrain de pédago est que le détour créatif fait du bien. Comment on le traduit pour les financeurs? Pour le projet AOF franco/allemand, le problème est que tout le monde trouve notre projet super mais personne n a financé. Ni la Ville de Lyon, ni le Grand Lyon. C est un problème de financement. Parlonsen franchement. Ces projets sont portés par des structures qui y croient. Bénédicte Beaudot des Subsistances Existe-t-il un espace de réflexion avec les financeurs? Mme Peguy Tremplin Anepa Ca réunionite donc ça creuse. Mais jusqu où peut on saucissonner? On va faire de l autopsy par rapport à la démarche créative. Didier Richard des Célestins Théâtre de Lyon Je voulais parler des expériences réalisées et des résultats. De médiation et d insertion. Pour nous, l intérêt, pour un théâtre de centre ville avec 110000 spectateurs par an qui propose entre 25 et 40 spectacles par an, est d ouvrir nos portes aux personnes les plus exclues. Pour le commun des mortels, ce n est pas facile de franchir la porte. On a travaillé avec «culture pour tous» et on a ouvert nos portes. Puis, on a voulu aller plus loin. Permettre aux personnes de participer au processus de création artistique. On a essayé d ouvrir les temps de travail des artistes et des répétitions comme des temps de partage collectif. On a fait des propositions avec des publics mixés. Ce public est fait de plein de personnes différentes mais tous ensemble, pendant une heure où deux, partagent quelque chose de collectif. On n a pas voulu créer de temps que pour certains. On a créé de la médiation participative par rapport à ces ateliers de pratique artistique. On le faisait pour les scolaires et on a décidé de l ouvrir aux adultes car la prise de parole n est pas simple aujourd hui. Récemment, on a monté un atelier avec 5 rendez-vous, des temps d expérimentation de la scène, de l écriture. Cela participe au VIVRE ENSEMBLE. L important était qu il y avait des gens en insertion, des amateurs de théâtre, des personnes de la Guillotière, du 9 ème mais tous ensemble on a construit un spectacle. La seconde expérience emblématique a eu lieu pour «Lorenzaccio» présenté en juin 2010 sous chapiteau installé dans le parc des cités sociales de Gerland et en même temps aux Célestins. Une trentaine de jeunes devaient travailler à l accueil. On a voulu travailler avec les acteurs locaux du 7 ème et on a rencontré les équipes. On a ainsi pu embaucher 6 personnes qui ont renforcé notre équipe et qui ont travaillé avec nous. Les postes d agent d accueil ne demandent pas beaucoup de compétences techniques mais par contre du savoir-être. Ces 6 jeunes sont rentrés dans le processus de l entreprise. En plus, ils ont découvert Musset et on pu développer un regard critique car ils ont vu la pièce 6 fois. C est pour moi une valorisation de l individu. On essaie de faire envie et de créer le désir chez l autre. Grâce à ces processus de création et ces embauches, on va vers un engagement encore plus fort en direction des plus en difficultés. Ca va dans le sens de ce que vous cherchez dans l insertion. Que l autre aille plus loin, ose aller à la rencontre car la recherche d emploi, c est aller à la rencontre.

Jean-Pierre Sougy les films de l an présent Je suis ici le seul représentant des artistes. Ce travail est assez complexe. Par moment, on pourrait se dire qu on n est pas loin de l escroquerie. On travaille à faire des films. L escroquerie, c est une source de financement, de revenu, comme pour les institutions culturelles. Il y a quelque chose d un certain utilitarisme. Ces personnes en insertion sont utilisées pour toucher des subventions, faire vitrine par rapport à la Mairie. Il y a une question qui se pose. Les raisons pour lesquelles je suis là, à l IFRA, depuis le premier film «La méduse et l araignée». Pourquoi je mets à travailler là? Maintenant, je ne peux plus travailler ailleurs. Le cinéma ne veut plus de moi. Pour un artiste, cela devient complexe de travailler dans certains milieux formatés, comme la télé. Difficulté de proposer quelque chose hors des cadres de la Télé. Dans le cinéma, on passe 90% de notre temps à chercher des financements. Mon souci en tête est celui de l expérimentation. Ici, je peux expérimenter. Quand j étais aux «inattendus», tous les 4 mois, la Ville demandait un bilan. Or, je ne peux pas pour une démarche expérimentale. On avance pas à pas et on ne peut faire des bilans sans arrêt. Je suis en doute permanent. A l IFRA, je bénéficie d un «endroit utopique». On ne me paie pas beaucoup, uniquement la DRAC et la région, mais on ne me demande pas beaucoup de comptes. La DRAC vient voir ce qu on fait. On est vraiment dans l expérimentation, un chemin qu on essaie de tracer. J ai le sentiment d une escroquerie en écho par rapport au participant. Quel retour on a de ça? Les participants, je les considère comment? Ils font du théâtre mais ne sont pas payés. Je fais un travail de professionnel avec eux qui ne sont pas payés. Cela pose question. Je considère maintenant que chacun des participants est un auteur au même titre que moi. J ai donc mis en place un contrat d auteur. Si le projet trouve un écho favorable, toutes les sommes seront distribuées de façon équitable avec les participants. Mes références, c est notamment Jean Rouch, «cocorico monsieur poulet», les films participatifs. C est une nouvelle façon d aborder le documentaire et la fiction et de créer un pont entre les deux. Yamina Aït La question est la place du politique. Répondre à une commande. Les choses ont évolué, ce sont durcies. La question du sens de ces actions. Si ces questions ont été inscrites dans l insertion, c est grâce à l histoire, ce qui existait déjà. L insertion par l économique pataugeait et il fallait inventer. C était beaucoup lié à des personnalités qui voulaient tenter des choses. Il n y avait pas d objectif. En 1998, la Mission Insertion Culture est née en expérimental pour une étude par rapport au Défilé de la biennale de la Danse. On s est dit, y-a un vrai truc. Et il y a eu la première Mission insertion Culture. Avant il y avait une phrase : testez. Ne peut-on réinterroger le politique pour savoir ce qu il attend de nous? On a essayé de porter le message aux institutionnels. Là, maintenant, il est où le sens? Qu est-ce qu on attend de lui? On nous demandait de développer des aventures au départ en politique de la ville. En 2005, on me demandait des chiffres. Je me suis sentie manipulée. On sort du cadre professionnel. L institution, le financeur, qu est-ce qu on lui raconte? Depuis 2000, on revient en arrière. Jean-Pierre Sougy les films de l an présent Mes financeurs sont la région, la ville de Lyon et la DRAC dans le cadre de l action culturelle. Les relations changent en fonction des financeurs. Quand on va voir la ville de Lyon, ils ne viennent jamais nous voir. Pendant 10 ans, avec les inattendus, aucun responsable de la ville de Lyon n est venu au festival. Yamina Aït

On est dans la commande. Nicole, participante CULTUR AILES Escroquerie? Moi je pensais que ça pouvait m apporter quelque chose. J ai pas le sentiment d être escroquée. C est la participation à «cultur ailes» qui m a fait un tel bien. Je ne cherche pas de récompense mais moi, je cherche de la participation, le plaisir de faire. Je parle beaucoup mieux qu avant. Je peux m exprimer alors qu avant je n y arrivais pas. J espère de tout mon cœur que je vais trouver un emploi. Moi, je m y retrouve. C est un bien être que j ai pris. Bénédicte Beaudot des Subsistances Il y a deux choses. L insertion culture c est une mission de service public. On doit en tant qu institution culturelle s adresser à tous. C est important de se le redire. L important, c est de mettre en valeur ce qui est fait par rapport aux partenaires financiers ; Montrer la différence entre un rendez-vous chez le coiffeur et la culture. Comment peut-on mettre en valeur le rapport à l art? Comment on participe à la construction, reconstruction d une identité. Il faut résister face au financeur. Ne pas saucissonner. Il y a de plus en plus de demande par rapport à la Charte de Coopération culturelle. Et l évaluation va prendre de la place sur le temps de faire. Il y a une vrai réflexion à avoir par rapport à ce pourquoi on fait les choses. Travailler plus le fond que l enveloppe. Julien Frappa du TNG On a un budget de structure, des financements publics mais pas par rapport au CUCS. On est signataire de la Charte de Coopération Culturelle. On s est peut-être sentis obligés de signer. Mais il y a une liberté. Sandrine Delanoé Au pluriel J anime un atelier écriture à la maison de l emploi sur l antenne du 7 ème. Je suis financée 4000 par an. Cet atelier est menacé car j ai un financement CUCS Gerland et j ai dans mon atelier un très faible pourcentage de gens de Gerland. Le problème est la territorialité. J ai peu de monde, une trentaine de personnes en 2011 avec un noyau de personnes qui viennent beaucoup. Il n y a pas assez de turn over. Le temps le plus long, c est celui à remplir les tableaux devant l ordinateur. Conseil de quartier La notion de quartier ne semble pas essentielle à vos prestations. La prise en compte du quartier est-il une contrainte? Muriel Bétend de l IFRA Le problème qui nous a amené à monter cet atelier est celui des parcours longs. Que faire après? on nous dit : «besoin de turn over sur les actions». Que fait-on avec les obligations des financeurs? On a produit ensemble. Le gros problème est que le temps de l évolution des personnes est long. Conseil de quartier La politique de la Ville n a pas forcément du sens par rapport à un mode d approche de territorialisation. Le droit commun aurait toute sa place. L argent du CUCS pourrait être affecté dans du droit commun. Saucissonner, cibler, c est un choix politique. Ville de Toulouse : Vanessa Chien Chow Chine

Les fonds européens financent beaucoup de projets mais c est très long. Sur Toulouse, on a deux expérimentations. Les résultats attendus sont : être dans une recherche d emploi et rencontrer l entreprise. L autre cible ce sont les jeunes déscolarisés. Il y a donc deux expériences avec deux méthodes. La première c est l intermédiation. Faire découvrir des métiers, travailler sur les habiletés sociales. La seconde, c est aller chercher les jeunes, leur faire rencontrer la maison de l emploi ou la mission locale. Par le cinéma, on veut montrer à l entreprise qu ils peuvent être une valeur ajoutée à l entreprise. Muriel Bétend de l IFRA Il y a des critères CUCS. Par exemple, à moncey voltaire, les gens déménagent tous les 5 ans. Dans ce contexte, comment inscrire les personnes sur des projets longs quand les publics sont mouvants, déménagent parfois tous les deux ans? C est la crise et la crise n est pas prête de s arrêter. On manifeste contre l austérité. Il n y a pas d emploi. Myriam Albet Mission Insertion Culture Désolée d intervenir mais l heure tourne et nous arrivons au terme de cette matinée. Il serait intéressant de parler maintenant de la restitution de ce qui c est dit ce matin pour la clôture des journées «nos cultures de la Ville». Vous avez abordé un grand nombre de problématiques mais je rappelle que cet atelier est le seul parlant de l insertion socioprofessionnelle et il me semble important de bien centrer l intervention lors de ces journées sur les questions de la prise en compte par le secteur de l insertion socioprofessionnelle de la culture et des arts. Je rappelle aussi que Muriel Bétend et marie-eve Peguy qui seront les portes paroles de cet atelier n auront que 3 minutes d intervention lors de cette restitution en présence des politiques. Etes-vous tous d accord pour recentrer la restitution sur uniquement les problématiques vécues par l insertion, d autres ateliers traitant de la place des artistes, du rôle des institutions Tour de table validant à l unanimité cette proposition.