Introduction. Cadre conceptuel de la Théorie Microéconomique

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Introduction Cadre conceptuel de la Théorie Microéconomique

INTRODUCTION : CADRE CONCEPTUEL DE LA THÉORIE MICROÉCONOMIQUE 1 1. OBJET DE LA THÉORIE 1.1 Définition de l économie Définition de L. Robbins : «L économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs.» Définition de O. Lange : «L économie politique, ou encore l économie sociale, est la science des lois sociales régissant la production et la distribution des moyens matériels à satisfaire les besoins humains.» Définition de E. Malivaud : «L économie est la science qui étudie comment des ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivants en société ; elle s intéresse d une part aux opérations essentielles que sont la production, la distribution et la consommation des biens, d autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations.» 1 Cette partie s inspire grandement de certaines sections du chapitre 1 des Leçons de théorie microéconomique de E. Malivaud.

1.2 Science positive vs. science normative Considérée comme science positive, l économie a une portée explicative : elle s intéresse à «ce qui est» par opposition à «ce qui devrait être.» Elle analyse les comportements des divers agents qui sont soumis à des contraintes physiques et institutionnelles. Elle fait ainsi appel aux faits dans le but d expliquer et de prévoir. Considérée comme science normative, l économie guide vers ce qui devrait être. Elle s interroge sur la meilleure façon d organiser la production, la distribution et la consommation. Elle fournit des moyens qui permettent de juger les diverses formes d organisation. Dans l une ou l autre des approches, les prix sont appelés à jouer un rôle central : ils reflètent la rareté sociale des produits que l individu achète ou vend. 1.3 Objet de la théorie microéconomique L objet principal de la théorie microéconomique est d étudier la détermination simultanée des prix et des quantités produites, échangées et consommées. On dit théorie microéconomique (par opposition à théorie macroéconomique) car elle respecte l individualité de chaque bien et de chaque agent. 2. ÉLÉMENTS D UNE THÉORIE D une façon générale, une théorie peut se concevoir de la façon suivante : 1. Dans un premier temps, on considère les éléments de base que sont les définitions (des différents termes à être utilisés) et les hypothèses, par exemple de comportement ;

2. Dans un second temps, il y a le raisonnement logique et les déductions : ce raisonnement peut se faire de façon verbale, géométrique ou mathématique ; 3. Enfin, viennent les propositions ou prédictions conditionnelles que l on peut tester. Exemple : Considérons la théorie du consommateur : 1. Les définitions portent sur l utilité, le budget,..., alors que l hypothèse principale est que l agent cherche à maximiser son utilité ; 2. Les déductions se traduisent par les fonctions de comportement que sont les fonctions de demande ; 3. On tire des propositions du genre : «le consommateur ne souffre pas d illusions monétaires.» 3. ÉLÉMENTS DE MODÈLE MICROÉCONOMIQUE : BIENS, AGENTS, ÉCONOMIE Pour le modèle traditionnel le plus simple, une économie consiste en : 1. une liste de biens ; 2. une liste d agents ; 3. un vecteur de ressources initiales. 3.1 Biens (h=1,2,...,l) Ils représentent autant de produits (physiques) que les services. On suppose une certaine homogénéité. En général, on va considérer des complexes (vecteurs) de biens dans R l, Z=(Z 1, Z 2,..., Z l ). 3.2 Agents 1) Les consommateurs (i=1, 2,..., m)

Leur activité est représentée par le vecteur x i = ( x i1, x i2,..., x ih,..., x il ) où x ih dénote la quantité de bien h consommée par le consommateur i x ih >0 est un input (bien consommé) x ih <0 est un output (bien fourni) 2) Les producteurs (j=1, 2,..., n) Leur activité est représentée par le vecteur y j = ( y j1, y j2,..., y jh,..., y jl ) où y ih dénote la production nette en bien h produite par le producteur j. Chaque composante y jh du vecteur peut se décomposer comme suit : y jh = b jh - a jh où b jh est l output, b jh, a jh 0 a jh est l input avec y jh > 0 lorsque le bien h est un output pour le producteur j avec y jh < 0 lorsque le bien h est un input pour le producteur j. 3.3 Ressources initiales w = (w 1, w 2,..., w h,..., w l ) avec w h 0 Dans une définition large de l économie, on ne spécifie pas qui possède les ressources initiales. Cela fait partie de la définition du contexte institutionnel.

3.4 État de l économie On obtient un état de l économie lorsque l on donne des valeurs particulières : aux m vecteurs x i (ou aux m x l composantes x ih ) aux n vecteurs y j (ou aux n x l composantes y jh ) Une fois que l état est déterminé, on peut se poser toute une série de questions concernant cet état : est-il réalisable? est-ce un optimum social? est-ce un état efficace (au sens de Pareto)? Si, en plus, on se donne un système de prix et de revenus à titre de référence comptable, i.e. si on associe un nombre à chaque bien et un nombre à chaque consommateur, on peut se poser la question à savoir, cet état est-il un équilibre par rapport à un système de prix et de revenus. Enfin, on peut aussi se demander quels sont les liens entre toutes ces spécifications d état. 3.5 Schéma de notre étude Selon l approche positive, on s attardera à décrire l activité des agents, par exemple : comment chaque consommateur détermine son vecteur x i ; comment chaque producteur détermine son vecteur y j (équilibre partiel) ; comment on détermine simultanément tous les x ih, y jh, p h (équilibre général). Selon l approche normative, on va chercher la meilleure organisation pour la production, la consommation et les échanges (théorie de l optimum).

4. LES OMISSIONS DU MODÈLE Il n y a pas d état. Autrement dit, les organismes publics ne participent pas ni à la consommation ni à la production des biens ; Il n y a pas de transferts (par exemple, on ne considère pas les impôts) ; Il n y a pas d opérations financières ; on considère plutôt une économie de compte ; Il n y a pas d ouvertures sur le monde extérieur ; on considère une économie fermée.