WALLONIE ESPACE INFOS n 69 juillet-août 2013 Coordonnées de Wallonie Espace/Skywin (membre du Pôle de compétences aérospatiales Skywin Wallonie) Wallonie Espace WSL, Liege Science Park, Rue des Chasseurs Ardennais, B-4301 Angleur-Liège, Belgique Tel. 32 (0)4 3729329 Skywin Wallonie Chemin du Stockoy, 3, B-1300 Wavre, Belgique Contact: Michel Stassart, e-mail: michel.stassart@skywin.be Le présent bulletin d infos en format pdf est disponible sur les sites de Wallonie Espace (www.wallonie-espace.be) et du pôle Skywin (http://www.skywin.be). ============================================================ SOMMAIRE : Thèmes : articles Mentions Wallonie Espace Page Actualité : Nouveau commandant de bord pour SABCA - Dites Airbus au lieu d EADS Liste des opérateurs européens de systèmes opérationnels de satellites à des fins commerciales (télécommunications, télédétection) Dernière minute : AOneSat Communications en Suisse @ Pages d histoire : L intérêt du patron d Amazon.com pour les pièces historiques du programme Apollo 0. Parfums de scandale : Bayterek, un lanceur à l avenir incertain Coups de pub avec des «tickets gagnants» sur XCOR Lynx 1. Politique spatiale/eu + ESA: La recette ESA sur d autres continents? Budget NASA en baisse Etude Euroconsult sur les nations émergentes dans l espace Une «AeroSpace City» au Qatar 2. Accès à l'espace/arianespace : Lancement réussi d Alphasat avec Ariane 5 mais impossible avec Ariane 6 Que d ambitions pour SpaceX! WSLC, nouveau centre chinois de lancements Un avenir lointain pour le Skylon de Reaction Engines? - Le Brésil aux prises avec l accès à l espace Reprise des vols Dnepr - Epsilon, le Vega nippon 3. Télédétection/GMES : La relève Végétation assurée par PROBA-V Feu vert du Parlement européen pour le système Copernicus Satellites radar japonais et vietnamien Satellites Astrium au service de la PAC (Politique Agricole Commune) Successeur chinois pour THEOS? 4. Télécommunications/télévision : Le business spatial selon SES Romain Bausch, CEO de SES jusqu en avril 2014 Planisphère SES à corriger Expansion globale d Eutelsat avec des satellites pour le marché latino-américain WEI n 69-1 SABCA, RSS (Redu Space Services), Spacebel 2 11 12 13 17 Spacebel, RSS 28 UCL 32
Offre française pour Visiona Technologia Espacial Grand Duché et Principauté sur la même orbite Candidats pour Optus Satellite de SingTel Universum Space Technologies (ISS Reshetnev + Thales Alenia Space) 5. Navigation/Galileo : Entrée en piste de l Inde avec le premier IRNSS 37 6. Sécurité/Défense : Structure Sonaca pour le bus du satellite CSO - Satellitesespions «made in France) pour les Emirats Sonaca 37 7. Science/Cosmic Vision : Les Frères Bogdanov au Centre Spatial de Liège CSL, ULg 38 8. Exploration/Aurora : Priorité à un retour sur la Lune pour l ISECG - Des privés sur la Lune? - Elucubrations privées d expéditions martiennes 38 9. Vols habités/international Space Station : Commercial Crew Transportation Capability 41 10. Débris spatiaux/ssa : Une Europe plus indépendante pour la surveillance de l espace 42 11. Tourisme spatial : Intérêt belge pour le vol suborbital (SOAR, SRA) Sonaca 43 12. Petits satellites/technologie/incubation : Planet Labs pour observer notre Terre avec des systèmes nano-optiques 44 13. Education/formation aux sciences et techniques spatiales : Belgian National Euro Space Center Trainee Programme Euro Space Center à la mode chinoise 45 14. Wallonie-Bruxelles dans l'espace SABCA, Thales Alenia Space Belgium, Techspace Aero, Rhea, 45 Spacebel, Cegelec, RSS, EHP 15. Calendrier 2013-2014 d événements spatiaux pour la Belgique Deltatec, Wallonie Espace, CSL, Amos, LMS Samtech, Thales 47 Alenia Space Belgium, Rhea Annexes-tableaux (en anglais) : Les prochaines missions de l Europe dans l espace (2013-2022) - Palmarès des succès à l exportation de l industrie spatiale européenne - Commandes à venir pour les satellites civils de télécommunications et de télévision Articles et livres concernant l actualité spatiale en Europe : China in Space, The Great Leap Forward Etude Bruspace réalisée par ESD Partners Deux livres sur l astronautisque écrits par des auteurs wallons System, Euro Space Center ULg, Spacebel, CSL, Amos, Deltatec Amos, EHP, CSL, RSS, Rhea, SABCA, Sonaca, Spacebel, Techspace Aero, Thales Alenia Space Belgium, ULg, UCL, ULB, Vitrociset Dernière info : changement à la tête de SABCA A partir du 1 er novembre prochain, SABCA - annonce faite le 29 août - aura un nouveau commandant de bord en la personne de Jean-Marie Lefèvre, l actuel directeur du site de Gosselies. Il remplace Daniel Blondeel (61 ans), administrateur délégué de la société (depuis le 1 er février 2009), qui a décidé pour des raisons personnelles et après 22 ans de collaboration dynamique au franc-parler efficace - de démissionner de toutes ses fonctions au sein de SABCA. Changement de nom : ne dites plus EADS mais Airbus! Conséquence : Airbus est aussi producteur de systèmes spatiaux Au prochain Salon du Bourget déjà au Salon de Berlin ILA 2014 -, vous ne verrez plus l appellation EADS qui ne signifiait rien pour le grand public. Mais vous aurez 50 61 WEI n 69-2
une imposante présence d Airbus pour l aviation commerciale, les avions militaires, les missiles, les lanceurs et satellites, les hélicoptères. EADS change de nom et se restructure autour de 3 pôles d activités : - Airbus Aviation Commerciale à Toulouse ; - Airbus Défense & Espace à Munich ; - Airbus Eurocopter dans le Sud de la France. En se référant à Airbus, l industrie aérospatiale européenne veut capitaliser sur un nom mondialement connu grâce à l aviation civile pour mieux affronter la concurrence de Boeing, de Lockheed et de Northrop Grumman. Il faudra désormais associer Airbus à l astronautique avec la production de systèmes spatiaux (lanceurs Ariane, satellites d Astrium). Et on peut rêver. Alors que Boeing investit dans le développement de son vaisseau spatial CST-100, pourquoi ne verrait-on pas Airbus se lancer dans la réalisation d un système habité pour l espace? Arianespace, étant donné l actionnariat d EADS - près de 31 %, après le CNES qui détient 34,68 % des parts fait en quelque sorte partie des produits et services Airbus! A noter que trois industriels belges détiennent plus de 3,1 % des actions d Arianespace : SABCA, Thales Alenia Space Belgium, Techspace Aero (Safran). Opérateurs européens de systèmes opérationnels de satellites à des fins commerciales (télécommunications, télédétection) A la fin des années 50, l aventure spatiale s est développée sous l impulsion des pouvoirs publics. Les Etats ont fait de cette nouvelle odyssée une vitrine spectaculaire pour leur expertise technologique dans le cadre de missions scientifiques et de vols habités et comme l occasion pour leurs chercheurs et industriels de se valoriser sur la scène internationale. En Europe, l astronautique a pris forme pendant les années 60 et 70, en étant dépendante du soutien financier des gouvernements ainsi que de la coopération internationale pour sa marche en avant. L ESA (Agence Spatiale Européenne) est la référence principale de l Europe dans l espace avec un budget qui dépasse les 4,28 milliards pour l année 2013. A côté d elle, la Commission européenne, avec le soutien du Conseil et du Parlement, porte un intérêt grandissant sur les applications dans l espace au service de la navigation (constellation Galileo), de la surveillance du globe pour l environnement et la sécurité (système Copernicus avec les satellites Sentinel), la société de l information et de la communication: quelque 11,436 milliards dans le Cadre Financier Pluriannuel (CFP) pour la période 2014-2020 - soit une moyenne de quelque 1,634 milliard par année - ont été approuvés par le Parlement européen au début de juillet. Le budget Espace de l Union se répartirait de la façon suivante : INFRASTRUCTURE GLOBALE GALILEO/GNSS COPERNICUS/GMES Budget CFP proposé par la Commission le 29 juin 2011 7 milliards 5.841 millions (*) Budget CFP adopté par le Conseil le 8 février 2013 6,3 milliards 3.786 millions (**) CFP = Cadre Financier Pluriannuel 2014-2020 (*) Programme non communautaire, «à la carte» WEI n 69-3
(**) Programme communautaire GNSS = Global Navigation Satellite System GMES = Global Monitoring for Environment & Security Volet Espace du Programme-cadre Horizon 2020/CFP 1,35 milliards (à confirmer) Plusieurs pays européens ont une agence spatiale nationale ou l équivalent: le CNES (Centre National d Etudes Spatiales) en France, le DLR (Deutsches Zentrum für Luftund Raumfahrt) en Allemagne, l ASI (Agenzia Spaziale Italiana) en Italie, l UK Space (British National Space Centre) au Royaume-Uni, la SSC (Swedish Space Corporation) en Suède, le CDTI (Centro para el Desarrolo Technologico Industrial) en Espagne, la NSO (Netherlands Space Office) aux Pays-Bas D après ESD (European Space Directory) édition 2013, le montant cumulé des budgets cumulés de l ESA et des agences nationales se chiffrerait à 6,361 milliards. Si on ajoute la part Espace du CFP 2014-2020 (1,634 milliard par an), l effort civil de l Europe spatiale, au niveau gouvernemental, atteint près de 8 milliards pour cette année 2013. En un demi-siècle, la dimension spatiale est devenue une affaire pour des investisseurs et entrepreneurs privés qui exploitent des satellites de télécommunications et de télévision, ainsi que des observatoires de télédétection optique et radar. L Europe affirme bel et bien sa présence dans le business de ces satellites. Elle réalise, avec SES, Eutelsat, Inmarsat, Hispasat et Telenor, près de la moitié du chiffre d affaires mondial dans la mise en œuvre de systèmes spatiaux en orbite géostationnaire pour les TIC (Technologies de l Information et de la Communication). Eutelsat vient de prendre une dimension globale avec l acquisition de l opérateur mexicain Satmex. Le schéma ci-dessus a été décrit par Romain Bausch, le président directeur-général de SES, lors de sa présentation du SES Investor Day à Londres, le 20 juin 2013. Parmi les autres opérateurs, on a en Europe Hispasat en Espagne, Telenor en Norvège, Avanti Communications au Royaume-Uni. L opérateur Hellas-Sat avec son satellite TV a été racheté par Arabsat et intégré dans ses activités. Quant à la part des autres, elle ne cesse de grandir avec l arrivée de nouveaux opérateurs dans les nations émergentes. WEI n 69-4
Cap sur les 10.000 répéteurs avec des satellites sur orbite géostationnaire pour la première fois atteinte par Syncom-2 en août 1963, il y a un demi-siècle! D une masse de 39 kg sur orbite, il n avait qu un double répéteur de faible puissance. Quel succès pour les comsats en GEO! Par ailleurs, l Europe compte plusieurs opérateurs - généralement sous la forme d un partenariat public-privé - qui mettent en œuvre des systèmes d observation de la surface terrestre pour faire de la géo-information, de la gestion des ressources, de la surveillance de l environnement, du contrôle à des fins sécuritaires La liste cidessous des opérateurs européens de satellites d applications démontre le dynamisme de l Europe pour l exploitation des systèmes spatiaux. Cette exploitation ne s arrête pas au continent européen mais concerne l ensemble du globe. C est un super résultat pour l Europe spatiale qui était encore balbutiante dans les années 70 : elle a su prendre une magnifique revanche sur les Etats-Unis et l Union Soviétique! Chaque Européen doit le savoir et être fier de l affirmer au reste du monde! Les opérateurs européens que nous avons repris dans deux listes descriptives ont constitué des groupes d'influence afin de faire mieux comprendre leurs compétences, besoins et problèmes auprès des instances politiques, au niveau de l'union européenne. Pour les satellites de télécommunications et de télévision, il y a l'esoa (European Satellite Operators Association) qui a son siège à Bruxelles. Pour les systèmes de télédétection spatiale, on a l'earsc (European Association of Remote Sensing Companies), également implantée à Bruxelles. Ces deux associations ont leurs sites : http://www.esoa.net/, http://www.earsc.org/. Les deux listes que voici ont été publiées de façon attrayante avec de nombreuses illustrations dans Espace & Exploration n 17, sous le titre de «Business des satellites européens». 1. Satellites de télécommunications et de télévision ASTRIUM SERVICES (Paris, France) http://www.astrium.eads.net/ Cette société qui fait partie du groupe aérospatial européen EADS (European Aeronautic Defence & Space) représente, aux côtés du constructeur de systèmes spatiaux Astrium Satellites, la branche des opérations dans l espace. Elle met en œuvre des systèmes gouvernementaux de télécommunications au Royaume-Uni (avec Paradigm qui exploite les satellites militaires Skynet) et en Allemagne (avec Milsat Services, chargé WEI n 69-5
de la gestion des satellites ComsatBw). Elle a conclu avec l ESA un partenariat publicprivé pour la mise en œuvre du système EDRS (European Data Relay Satellite). Dans la branche Astrium Services Geo-Information (voir les satellites d observation), elle a intégré ses compagnies Infoterra et SPOT Image de télédétection spatiale. (10 comsats en service, 2 en construction) AVANTI COMMUNICATIONS (Londres, Royaume-Uni) http://www.avanticommunications.com/ Cette entreprise britannique de multimédia a lancé une filiale spécialisée dans le haut débit par satellites avec des connexions internet à large bande. Son premier satellite, HYLAS-1, lancé en novembre 2010, a été réalisé avec le support de l ESA et de UK Space pour de la télédiffusion numérique et des connexions à très haut débit. Il a été rejoint en août 2012 par HYLAS-2 de fabrication américaine. Pour HYLAS-3/EDRS-C à lancer en 2015 (soit avec Ariane 5, soit avec Falcon 9), elle réédite un partenariat avec l ESA (2 satellites en orbite, 1 en construction, projet de système global) EUTELSAT (Paris, France) - http://www.eutelsat.com/ Créée en 1977 par les PTT en Europe comme organisation intergouvernementale, c'est depuis juillet 2001 une société privée par actions, qui exploite un système de satellites pour des services de télécommunications et la télévision en Europe (système HotBird), Afrique, Asie, Océanie, Amérique latine, jusque sur la côte Est de l'amérique du Nord. L entreprise basée à Paris a des accords de collaboration avec les opérateurs Telesat au Canada, Viasat aux Etats-Unis, ictqatar/e Shail satellite dans les Emirats Arabes Unis. Elle a établi un partenariat avec RSCC (Russian Satellite Communications Company) pour l exploitation conjointe de satellites couvrant la Russie. Elle a une participation dans l opérateur espagnol Hispasat dont le principal business est centré sur l Amérique latine. Elle a créé avec SES la société Solaris Mobile qui devait exploiter dès 2009 la charge utile en bande S du satellite W2A pour de la télédiffusion vers les mobiles et portables ; un mauvais déploiement de l antenne parabolique de 12 m empêche une utilisation correcte à des fins commerciales. Eutelsat a mis en service en 2011 un satellite en bande Ka pour des transmissions à haut débit entre des terminaux compacts Tooway. Récente expansion d envergure globale pour le système Eutelsat grâce à des acquisitions. Ce sont les marchés émergents qui justifient cette stratégie. En rachetant l opérateur GE Satellite, elle exploite son satellite qui couvre l Asie-Pacifique sous le nom d Eutelsat 172A. Décisions prises en juillet 2013 dans l optique d une plus grande globalisation de ses services avec la couverture de l Amérique latine : contrat pour Eutelsat 65 West A pour exploiter une position du Brésil et achat de l opérateur régional Satmex du Mexique (31 satellites en service, 6 en construction + Satmex : 3 en service, 2 en construction) HISPASAT (Madrid, Espagne) - http://www.hispasat.com/ Il s'agit d'une initiative publique nationale, à présent entreprise privée qui a dans son actionnariat le groupe Abertis et Eutelsat. Ses satellites Hispasat et Amazonas servent à desservir la péninsule hispanique (avec l Europe) et l'amérique latine, grâce à des liaisons WEI n 69-6
transatlantiques. Dans le cadre d un PPP (Partenariat Public-Privé), Hispasat sera la première société à utiliser la plate-forme moyenne Small GEO qui est développée par OHB-System pour l ESA. Elle est impliquée via Hisdesat dans une compagnie hispano-américaine qui met en oeuvre à des fins commerciales deux satellites de télécommunications militaires. L actionnaire majoritaire est la société espagnole de services Abertis qui détient depuis peu plus de 57 %. Son deuxième actionnaire est Eutelsat avec près de 33,7 %. (8 satellites en service, 3 satellites en construction) INMARSAT (Londres, Royaume-Uni) - http://www.inmarsat.com/ Dès février 1982, sous la forme d une organisation inter-gouvernementale, cet opérateur s est spécialisé dans les services globaux de télécommunications maritimes par satellites. Depuis mars 1999, Inmarsat est une entreprise privée pour les liaisons mobiles à haut débit (services maritimes, aéronautiques, terrestres), pour des services d'échanges de données BGAN (Broadband Global Area Network) entre de petits terminaux, sur l ensemble du globe, ainsi que des communications avec des mobilophones (IsatPhone). Elle a établi un partenariat avec l ESA pour l utilisation de la première plate-forme lourde Alphasat, avec Inmarsat-XL satellisé en juillet 2013. Avec le système Inmarsat Global Xpress en 2014-2015, elle se prépare à lancer des services mobiles à large bande avec trois puissants satellites en bande Ka, commandés à Boeing Satellite Systems. (10 satellites en service, 3 en construction) O3B (OTHER 3 BILLION) NETWORKS LTD (St John, Jersey) http://www.o3bnetworks.com/ Cet opérateur qui s est implanté dans l Ile de Jersey (Royaume-Uni) veut déployer une constellation équatoriale, à quelque 7.825 km d altitude, d une douzaine de satellites-relais pour connecter les réseaux Internet à haut débit. Ses satellites qui doivent assurer en bande Ka les connexions avec la toile globale veulent desservir les 3 milliards d habitants dans des régions très peuplées entre les tropiques. SES a investi, avec une participation majoritaire, dans le développement de ce système. Le centre de contrôle d O3b Networks se trouve chez SES au Château de Betzdorf, Grand Duché. (4 satellites en service, 8 autres en construction pour deux lancements en 2013) SES (Betzdorf, Luxembourg) - http://www.ses.com/ Cette entreprise luxembourgeoise qui est née en 1985 est à l'origine du groupe SES (Société Européenne des Satellites) qui a implanté son centre de gestion et de contrôle au Château de Betzdorf. Après le lancement en décembre 1988 d un premier satellite - Astra-1A -, le premier opérateur privé de comsats en Europe a brillamment réussi avec des satellites desservant les marchés européen et africain pour la télévision numérique (bouquets de chaînes TV et programmes radio), des services interactifs et gouvernementaux à haut débit. Elle propose le service d accès Internet à haut débit par satellite Astra2Connect avec les terminaux compacts Sat3Play de Newtec. Elle est associée à Eutelsat dans Solaris Mobile pour de la télédiffusion en bande S, avec le satellite Eutelsat W2A, vers les mobiles et portables. Elle a obtenu deux contrats de la Commission Européenne pour embarquer (à bord de et d Astra-5B) des charges additionnelles EGNOS qui améliorent la qualité des signaux de navigation par satellites. Au début de 2010, elle a absorbé l opérateur suédois SES Sirius. Elle a établi WEI n 69-7
des partenariats avec l ESA pour le développement de la plate-forme Electra (à propulsion électrique). Via sa société SES Astra Techcom et dans le cadre de Redu Space Services, elle assure les opérations de maintenance au Centre ESA de Redu, où elle a implanté son centre de secours (back-up). Coopération avec l opérateur russe JSC Gazprom Space Systems sur la position de 55 degrés Est (avec Astra-1F, puis avec Yamal-402). Partenariat commercial avec SSI-Monaco (Space Systems International Monaco) pour l exploitation de la capacité Monacosat (12 répéteurs en bande Ku) sur le satellite Turkmensat-1 à lancer fin 2014. Depuis 2000, l expansion globale de SES. L opérateur luxembourgeois de satellites TV pour une couverture européenne a acquis GE Americom en 2001, puis New Skies Satellites (formée en 1998 de la restructuration de l'organisation Intelsat - alors publique - et établie à La Haye) en 2006. Il a jumelé ces deux sociétés au sein de SES World Skies en 2008, qui est aujourd hui devenue partie intégrante de SES. Un partenariat privilégié a été établi avec l opérateur américain Echostar de satellites de télévision numérique et afin de répondre à ses besoins en capacité sur l Amérique du Nord, des filiales ont été établies au Canada avec Ciel Satellite et au Mexique avec Quetzsat. SES fait figure de belle réussite commerciale avec une flotte mondiale de satellites géostationnaires qui lui permettent de desservir une zone géographique où se concentrent les 99 % de la population terrestre. (53 satellites en service, 5 en construction, 2 en projet) TELENOR SATELLITE BROADCASTING (Oslo, Norvège) - http://www.telenorsbc.com/ Il s agit de l opérateur norvégien exploite le système de ses satellites Thor sur la position de 1 degré Ouest, ainsi que de la capacité sur Intelsat 10-02 pour des services de télévision et de transmission de données sur l'ensemble de l'europe et jusqu'au Moyen Orient. (3 satellites en service, capacité louée sur un satellite Intelsat, 1 en construction) TÜRKSAT UYDU/TÜRK TELECOM (Ankara, Turquie) - http://www.turksat.com.tr/ Le gouvernement turc a confié à cet opérateur public la propriété et le développement du système régional Türksat pour les télécommunications et la télévision en Europe de l'est, au Moyen Orient et en Asie centrale. Avec la coopération de Thales Alenia Space/Telespazio et de Mitsubishi Electric Corp, Türksat, via TAI (Turkish Aerospace Industries), est en train d acquérir les compétences technologiques et l infrastructure industrielle pour réaliser ses prochains satellites. (3 en opération, 3 en construction) Nouvel opérateur en Suisse : un acteur indien avec l industrie russe Le Salon aérospatial MAKS 2013, qui s est tenu à Moscou du 27 août au 1 er septembre, a mis en évidence AOneSat Communications AG, société créée en février 2011, basée à Wil (Suisse) et à Hyderabad (Inde). Lancé en 2009 par Dr Subba Rao Pavuluri, Directeur d ATL (Ananth Technologies Ltd), cet opérateur qui a des visées globales avec trois satellites géostationnaires - il aurait enregistré des positions et des fréquences dans les bandes C Ku et Ka - a signé avec l entreprise russe ISS WEI n 69-8
Reshetnev de Krasnoyark le contrat pour AOneSat-1, un satellite de taille moyenne qui utilise la plate-forme Express-1000H. Son lancement est annoncé pour 2016 pour couvrir l Amérique latine (en concurrence avec les satellites du Brésil, d Hispasat et d Eutelsat). La flotte globale AOneSat devrait être opérationnelle en 2017! 2. Systèmes spatiaux d observation de la Terre On a en Europe une dizaine d opérateurs institutionnels et commerciaux - sous la forme de partenariats publics-privés - de systèmes spatiaux de télédétection (optiques et radar). Sans compter les filiales ou représentations d exploitants de satellites américains (DigitalGlobe qui a absorbé GeoEye), israélien (Imagesat) et indien (EuroMap/Antrix) qui commercialisent de l imagerie haute résolution. Voici, par ordre alphabétique, les acteurs européens qui exploitent des satellites «made in Europe». Ne sont pas repris dans cette liste les organismes militaires qui mettent en œuvre les satellites-espions Helios-2 en France, SAR-Lupe en Allemagne ou qui projettent d en avoir, comme Paz-SeoSAR en Espagne. ASTRIUM GEO-INFORMATION SERVICES (avec SPOT Image en France, InfoTerra en Allemagne et au Royaume-Uni - http://www.astrium-geo.com/ : cette société qui fait partie d'astrium Services - au sein du groupe aérospatial EADS - valorise les données de la télédétection spatiale. Sa grande originalité et sa principale innovation est de combiner l imagerie optique des SPOT et Pleïades HR (Haute Résolution) avec les observations radar à grande résolution de TerraSAR-X et TanDEM-X, qui montrent des détails jusqu à 1 m, de jour comme nuit, à travers la couverture nuageuse). Ce groupe paneuropéen développe des produits "sur mesure" destinés aux systèmes d'information géographique. Par ailleurs, il commercialise les observations faites par les satellites Formosat-2 de Taïwan et Deimos-1 d Espagne. (2 satellites optiques SPOT et 2 satellites optiques Pleïades HR en service, 2 satellites radar en service, 1 en construction, 1 à l étude) DISASTER MONITORING CONSTELLATION INTERNATIONAL IMAGING (Guildford, Royaume-Uni) - http://www.dmcii.com/ : c'est la Surrey Satellite Technology Ltd (SSTL), "spin-off" de l'université de Surrey qui a constitué cette compagnie de commercialisation des images prises par une première constellation internationale de micro-satellites de télédétection. Conçu et construit par SSTL, chaque micro-satellite est détenu et mis en oeuvre par chacun des pays qui participent à la constellation DMC (Disaster Monitoring Constellation). Y ont participé l'algérie (ALsat-1) et la Turquie (Bilsat-1, hors service depuis août 2006). En font toujours partie le Nigéria (Nigeriasat-2 et Nigeria-NX, après Nigeriasat-1), le Royaume-Uni (UK-DMC-2, après UK-DMC-1), la Chine (Beijing-1), l Espagne (Deimos-1 - voir la rubrique ci-dessous). (5 satellites en service, 3 en construction, 3 en projet) E-GEOS (Rome, Italie) http://www.e-geos.it/ : cette entreprise commune pour l exploitation commerciale de l imagerie radar (X-SAR) du programme gouvernemental Cosmo-SkyMed résulte d un partenariat public-privé entre l ASI WEI n 69-9
(Agenzia Spaziale Italiana) et Telespazio (voir ci-dessous). Un satellite optique de haute résolution est en préparation. (4 en orbite, 2 en construction, 1 à l étude) ELECNOR DEIMOS IMAGING (Boecillo/Valladolid, Espagne) http://www.deimos-space.com/ : cette entreprise, qui fait partie du groupe espagnol Elecnor, fut créée en partenariat avec le Laboratoire de Télédétection de l Université de Valladolid (LATUV) en Castille où est installée la station de réception des images du système DMC (Disaster Monitoring Constellation voir ci-dessus). Elle est dirigée par l astronaute espagnol de l ESA Pedro Duque. Deimos-1 fut réalisé par SSTL sur le modèle de UK-DMC-1. Deimos-2, qui prendra des images de 1 m de résolution en mode panchromatique et de 4 m en multispectral, est réalisé par Elecnor Deimos à Puertollano avec le partenariat technologique de la société sud-coréenne Satrec Initiative. Son lancement avec Dnepr est annoncé pour fin de l année. (1 satellite en service, 1 en construction) ESRIN/ESA (Frascati, Italie) http://www.esa.int/esami/esrin_site/index.html/: ce centre ESA pour l observation de la Terre gère la banque des images et données des satellites de télédétection de l ESA. Il est responsable, dans le cadre du Programme «The Living Planet», de l exploitation des données des observatoires Earth Explorer à des fins scientifiques, ainsi que des satellites Sentinel du système Copernicus (GMES/Global Monitoring for Environment & Security) de la Commission pour des services et produits opérationnels. Il assure la gestion du programme opérationnel EarthWatch de l ESA. (5 en service, 6 en construction, 3 à l étude) EUMETSAT (Darmstadt, Allemagne) - http://www.eumetsat.int/ : il s agit d une organisation inter-gouvernementale, opérationnelle depuis 1986 dans le but de développer et d exploiter des systèmes de satellites géostationnaires, polaires, sur orbite inclinée - pour la météorologie, la climatologie, l'étude du changement global, l'océanographie, l hydrologie Basée à Darmstadt, non loin de l ESOC (European Space Operations Center), elle comptera bientôt 28 Etats membres (30 à la fin de l année?) and 3 Etats coopérants. En plus des Meteosat en orbite géostationnaire et des Metop en orbite polaire, elle a le programme optionnel Jason de satellites d océanographie (qui mesurent le niveau des mers avec une très grande précision). Avec la mise en oeuvre de ses huit Centres d Applications Satellitaires ou SAFs (Satellite Application Facilities) qui traitent les données et images pour des applications spécifiques, elle est prête à jouer un rôle clef, avec des services et produits opérationnels, dans le programme Copernicus/GMES de veille globale pour l'environnement et la sécurité. Eumetsat a une longue coopération avec le CNES (pour les satellites Jason) et avec la NOAA (National Oceanic & Atmospheric Administration) américaine. Il échange des données avec la Russie, le Japon, l Inde et la Chine. (7 satellites en service, 9 en construction pour garantir des services opérationnels jusqu'en 2025, 6 à l étude) RAPIDEYE (Berlin, Allemagne) - http://www.rapideye.com/ : C'est dans le Land du Brandebourg que s'est formé ce partenariat public-privé, avec le DLR, WEI n 69-10
l Etablissement aérospatial allemand, pour l'exploitation d'une constellation de cinq mini-satellites d'observation multispectrale pour le suivi des cultures, l'étude du milieu, la cartographie des sols, l'évaluation des dégâts... Cette PME de télédétection spatiale a été acquise par le groupe canadien BlackBridge, spécialiste des données de géomatique. Elle coopère avec les sociétés MDA (MacDonald, Dettwiler & Associates) au Canada et SSTL (Surrey Satellite Technology Ltd) au Royaume-Uni. Ses produits qui ont une couverture globale suscitent beaucoup d intérêt afin de compléter ceux du système Landsat de la NASA. (5 satellites lancés ensemble avec une fusée Dnepr en août 2008, nouvelle constellation à l étude) TELESPAZIO (Rome, Italie) - http://www.telespazio.it/ : Cette entreprise du Groupe franco-italien Finmeccanica-Thales est spécialisée dans les services par satellites, notamment la télédétection spatiale (voir aussi sa filiale e-geos, qu elle a créée avec l ASI). Elle propose une gamme complète de solutions d'imagerie spatiale pour des applications spécifiques (via Eurimage) et elle exploite la constellation italienne de satellites radar Cosmo-Skymed. (4 en service, 2 satellites en construction, 1 à l étude) VITO (Mol, Belgique) http://www.vgt.vito.be/ : Le département de télédétection et d observation de la Terre du VITO, l Institut flamand de recherche technologique qui est implanté à Mol (Anvers), traite, archive et gère les images des instruments Végétation-1 et Végétation-2. Financés par la Commission européenne, ces spectromètres à large fauchée (1 km de résolution) se trouvaient respectivement à bord des satellites français SPOT-4 et SPOT-5 et leurs données sont captées par la station de Kiruna (Suède). Seul Végétation-2 est toujours opérationnel. La Belgique, dans le cadre du programme technologique de l ESA, assure la continuité des images avec la réalisation du micro-satellite PROBA V(égétation) : après son lancement réussi en mai 2013, il est testé sur orbite par le Centre ESA de Redu - avec le support technique de RSS (Redu Space Services) et de Spacebel - pour une mise en service en novembre prochain dans le cadre du programme EarthWatch de l ESA. (1 instrument en service, 1 micro-satellite en orbite) @. Pages d histoire (pour rappeler les exploits des «golden sixties») Jeff Bezos, un fan d Apollo-11 : récupération d un propulseur F1 et intérêt pour l acquisition du Pad 39A au Kennedy Space Center Décidément, Jeff Bezos, le créateur et patron d Amazon.com, qui est l une des plus importantes boutiques en ligne dans le monde, est un grand supporter de l odyssée spatiale. Il est particulièrement attaché au programme Apollo qui a donné à l Amérique de lettres de noblesse glorieuses dans l exploration spatiale. Avec sa société Bezos Expeditions, il a réussi en mars à récupérer par plus de 4.200 m de fond, au moyen d un robot téléguidé, deux propulseurs F1 kérozène-oxygène liquide qui ont servi sur le super-lanceur Saturn V de la mission Apollo-11. Ils sont restés dans l Océan Atlantique durant près de 44 années! On a pu identifier le numéro NASA WEI n 69-11
(2044) d un des moteurs, ce qui a permis de certifier qu il s agissait bien d un propulseur qui a servi au décollage d Apollo 11 pour son vol historique sur la Lune! Les deux propulseurs sont en cours de restauration au Kansas Cosmosphere & Space Center à Hutchinson (Kansas). Récemment, Jeff Bezos, via son autre filiale Blue Origin, s est porté candidat pour exploiter à des fins commerciales le pad 39A du NASA Kennedy Space Center. Cette infrastructure de lancements est une pièce d Histoire : elle a notamment servi aux 13 lancements de la Saturn V (de 1967 à 1973) et à 133 envols du Space Shuttle (de 1981 à 2011). Il voudrait en faire une plate-forme polyvalente pour la mettre à disposition de lanceurs lourds qui sont annoncés pour la prochaine décennie. Rappelons que Blue Origin développe un système réutilisable de transport spatial habité. Ce système qui fera appel à la propulsion cryotechnique permettra de lancer une capsule habitable d abord pour des vols suborbitaux, puis pour des missions orbitales. Aucun calendrier n est annoncé concernant la mise en œuvre du système Blue Origin. 0. Parfums de scandale 0.1. Bayterek : un lanceur russo-kazakh-ukrainien, prévu depuis une décennie et en quête d un financement stable Les agences spatiales de Russie (Roscosmos), d Ukraine (NKAU) et du Kazakhstan (KazCosmos) ont dans un protocole d accord tripartite convenu d aller de l avant pour le lanceur Bayterek qui sera exploité du cosmodrome de Baïkonour. Ce projet n est pas nouveau : depuis près de dix ans, la Russie et le Kazakhstan prévoyaient d utiliser sous l appellation Bayterek un complexe restauré de lancements pour une version du lanceur Angara, qui est développé par l entreprise russe Khrounichev. Comme on le sait, le programme Angara a pris du retard et un premier lancement depuis le cosmodrome de Plesetsk n est envisagé au mieux qu en 2014. Roscosmos prévoit d employer Angara, rebaptisé Amour, à partir du cosmodrome de Vostochny dans l Extrême-Orient. Tant la Russie que le Kazakhstan - pourtant très riche grâce aux multiples ressources de son sous-sol - n ont pas réussi à se mettre d accord sur le financement du projet Bayterek, ni sur la répartition des tâches et responsabilités. La République du Kazakhstan est consciente que les jours du cosmodrome russe de Baïkonour sont comptés. Une fois que le lanceur Angara, «écologiquement propre», deviendra opérationnel, il fera de l ombre au Proton très polluant. Or, les autorités d Astana souhaitent garder un accès indépendant à l espace. D abord pour leurs satellites (télécommunications, télédétection) qui seront réalisés dans un nouveau centre de tests et d intégration. Puis pour se positionner sur le marché des services de lancements commerciaux. D où l intérêt d Astana pour Bayterek, dont la mise en œuvre n a cessé d être reportée, année après année. Au point de voir dans Bayterek un projet mort-né. Le Kazakhstan a WEI n 69-12
trouvé en l Ukraine et son lanceur Zenit l occasion de relancer Bayterek. La NKAU et l entreprise Youchnoye étudient des propositions pour l emploi d un site de lancements à Baïkonour. Dans quelle mesure cette coopération russo-ukraino-kazakhe a-t-elle de meilleures chances d aboutir à une réalisation concrète? Jusqu où Astana peut-il aller dans le financement du lanceur Bayterek? Nous serons fixés dans les mois à venir. 0.2. Coups de pub avec le XCOR Lynx : «J ai gagné un vol dans l espace», mais est-ce bien sérieux de miser sur un avion-fusée qui n a pas volé! La société de consommation est friande d effets d annonce à coups de pub. Elle a promis de faire gagner un vol spatial En Belgique, deux firmes, liées à l audiovisuel, ont fait chacune gagner un ticket pour atteindre la lisière de l espace à plus de 100 km d altitude à bord d un avion-fusée qui n a pas encore pris l air! C est la firme américaine XCOR Aerospace qui propose son avion-fusée Lynx MkII toujours à l état de développement, qui ne manque pas d originalité! A notre connaissance, deux Belges ont ainsi gagné leur siège à bord de l appareil biplace XCOR Lynx MkII qui prend forme, mais qui ne vole pas encore. Après entraînement sur les simulateurs du Centre Desdemona du TNO à Soesterweg (entre Utrecht et Amersfoot), ils devraient effectuer leur «saut de puce» en décollant de l Ile de Curaçao (Antilles néerlandaises). A ce jour, ils seraient 200 à avoir leurs billets pour monter à plus de 100 km d altitude. Parmi ceux-ci : - Le Liégeois Antoine Lesceux suite à un concours de Mobistar TV qui n a pas fait long feu; - Le Bruxellois Julien Rateau grâce à une loterie de la chaîne de magasins Media Markt. Les deux lauréats vont devoir s armer de patience. Au mieux, ce ne sera pas avant 2016 qu ils pourront s envoler à bord du XCOR Lynx MkII. A condition que XCOR Aerospace franchisse avec succès les étapes pour que son offre de tourisme suborbital obtienne sa licence de vol avec toutes les assurances - financières et juridiques - de réussir. En attendant, on fait miroiter le rêve de pouvoir aller dans l espace. 1. Politique spatiale EU + ESA 1.1. La méthode ESA de coopération internationale WEI n 69-13
dans l espace peut-elle recette sur d autres continents? Il y a quarante ans, le 1er août 1973 au matin, l Europe décidait la création d une agence internationale de l espace. Après les déboires de son lanceur Europa et les débuts modestes mais prometteurs de ses satellites scientifiques, la Conférence Spatiale Européenne, au niveau ministérielle, faisait éclore l Agence Spatiale Européenne ou ESA. Celle-ci compte aujourd hui 20 Etats membres et fonctionne avec un budget annuel de près de 4,3 milliards. L ESA constitue une référence en matière de coopération internationale pour les systèmes spatiaux : lanceurs, missions scientifiques, satellites d applications (télécommunications, télédétection, navigation ), exploration du système solaire (Vénus, Mars, Titan, comètes, bientôt Mercure ), observations de l Univers, technologies avancées pour l espace Elle a pu s affirmer comme un partenaire idéal avec d autres agences spatiales dans le monde, notamment de la NASA, de Roscosmos, de la JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency), de la CSA (Canadian Space Agency). Elle est reconnue par l Union Européenne comme son acteur dans l espace (avec les programmes Galileo et Copernicus). D autres continents cherchent à imiter l Europe pour la mise en place d une agence spatiale internationale. - L Union Africaine a réitéré en septembre 2012 son intérêt pour la création d AfriSpace, une agence spatiale africaine. Faire coopérer les Etats d Afrique autour de réalisations concrètes - un système de comsats ou une constellation de satellites d observation (sous l impulsion de l Afrique du Sud) - constitue un pari difficile. Déjà Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), l organisation panafricaine de télécommunications par satellites, a fait naître l opérateur RascomStar- QAF qui a du mal à rentabiliser un premier satellite de télécommunications fourni par Thales Alenia Space. AfriSpace verra-t-elle le jour avant la fin de cette décennie. Bien des observateurs en doutent. - En Amérique Latine, l idée de constituer une South American Space Agency était émise à la fin de 2011 par les ministres de la défense des Etats sud-américains qui tenaient conférence à Lima dans le cadre de l UNASUR (Union the Naciones Suramericanas). Un axe argentino-brésilien servirait d arc-boutant pour cette coopération latino-américaine dans l espace. Déjà Buenos Aires et Brasilia n arrivent pas à coordonner leurs efforts en matière de lanceurs et de satellites : chaque nation fait du spatial un élément de stratégie étant donné ses implications technologiques. Il y a la grande disparité des efforts des pays dans l espace, autour de motivations différentes : le Vénézuela et la Bolivie coopèrent avec la Chine pour leurs satellites, le Chili et le Pérou qui ont des problèmes de sécurité aux frontières misent sur l aide européenne pour des satellites de télécommunications et de télédétection. La Colombie, l Equateur, l Uruguay ont manifesté de l intérêt pour un programme d activités spatiales. A l avenir, l astronautique sera de plus en plus placée sous le signe de la coopération. On est bien loin du climat de guerre froide qui, il y a cinquante ans, a provoqué la course à l espace entre Soviétiques et Américains. On assiste à une redistribution des WEI n 69-14
cartes à l échelle du monde. Des collaborations bilatérales se développent pour acquérir l accès à l espace et la technologie des systèmes spatiaux. En voici quelques exemples significatifs : - entre la Russie (Roscosmos) et l Europe (le CNES et l ESA) pour les vols, depuis la Guyane, du Soyouz, le doyen des lanceurs ; - entre Airbus (Astrium) et ATK pour le développement du lanceur américanoeuropéen Liberty II qui est proposé au Département de la Défense des Etats-Unis ; - entre la Turquie et la Corée du Sud (Satrec Initiative) pour les petits satellites d observation et le Japon (Mitsubishi Electric) pour les prochains satellites Türksat de télécommunications. - entre la Chine et les Etats avec lesquels elle a conclu des contrats «commerciaux» pour la fourniture de lancements et des satellites. C est le cas du Brésil (télédétection), du Vénézuela (télécommunications, télédétection), du Nigéria (télécommunications), du Pakistan, du Sri Lanka, du Congo, de Biélorussie (Bélarus) 1.2. Période de vaches maigres à la NASA : suite à la mise sous séquestre des ressources budgétaires de l administration fédérale La NASA doit s attendre à un budget 2014 en baisse par rapport à celui de l année en cours. Ce schéma montre, en tenant compte de l inflation, qu on retrouve le niveau d il y a 30 ans! NASA's Budget, 1982-2014, Adjusted for Inflation NASA's budget since the early '80s, adjusted for inflation to 2013 dollars. This includes the 2014 proposed House appropriation for NASA, the lowest since 1986 in terms of purchasing power. On peut se demander dès lors comme la NASA va pouvoir organiser son programme d activités à long terme, en ce qui concerne principalement : WEI n 69-15
- les vols spatiaux habités avec des systèmes privés dans le cadre du CCP (Commercial Crew Programme). La NASA doit lancer l appel d offres pour la dernière phase CCtCap (Commercial Crew Transportation Capability) qui prévoit de financer au moins deux systèmes pour un vol de démonstration dès 2017. - le destin de l ISS (International Space Station) au-delà de 2020. Il faut dès à présent envisager le remplacement de certains éléments qui ont pris de l âge et prévoir l amélioration de l infrastructure pour de nouvelles missions. - l avenir de l exploration humaine de l espace qui dépend du développement du lanceur lourd SLS (Space Launch System) qui décollera du Pad 39B du Kennedy Space Center. Boeing, ATK et Aerojet se trouvent en première ligne pour ce programme. Le premier vol de la version 70 t en orbite basse, dit Exploration Mission- 1 (EM-1), avec le vaisseau Orion inhabité, est toujours annoncé pour fin 2017. Une version plus puissante 105 t doit en 2021 faire voler un équipage à bord d Orion audelà de la Lune. Le SLS, dans sa version 130 t, constitue l élément clef pour que les astronautes voyagent dans le système solaire, aillent découvrir des astéroïdes et puissent mettre le cap, après 2030, vers Mars! 1.3. La montée en puissance de nations émergentes dans le domaine spatial Euroconsult, le spécialiste français des études de synthèse sur les activités spatiales dans le monde (gouvernementales, commerciales), vient de publier un nouveau rapport sous le titre de Trends & Prospects for Emerging Space Programs. Sur les 29 pays qui sont abordés dans cette analyse, 27 ont commencé à investir dans un programme spatial. Ce qui représente un investissement total de 1,35 milliard, dont 1,05 milliard pour l acquisition de satellites avec le segment sol associé. C est 2,4 fois plus que les chiffres de la précédente étude de 2007. Le consultant Jean-Baptiste Thépaut, qui a dirigé la réalisation du rapport, note : «Les programmes spatiaux des nations émergentes que nous avons recensées ont mis en orbite un total de 30 satellites de communications et de télédétection au cours de la décennie écoulée. Sont en construction 38 satellites pour des lancements au cours des quatre prochaines années.» 1.4. Le Qatar intéressé par le nouveau monde de l espace : investissement de 2,5 milliards pour son «AeroSpace City» Les Qatari sont-ils devenus des fans du spatial? Ils ont décidé de miser sur la dimension d un nouveau monde qui fait rêver les jeunes générations, surtout quand elles sont bien nanties. L espace constitue un «must» pour les puissances émergentes qui sont désireuses d affirmer leur puissance et leurs compétences. Les Emirats Arabes Unis, qui rivalisent entre eux, se positionnent comme hub entre l Amérique, l Asie et l Afrique, comme centre de formation en aéronautique, avec une infrastructure pour le développement de systèmes spatiaux, avec la mise en œuvre d un port spatial pour le tourisme suborbital Ainsi une «Aerospace City» va prendre forme au Qatar sur le site d Al-Khor : elle comprendra un aéroport, une université, des centres techniques, un musée des sciences et techniques Pour un investissement estimé à 2,5 milliards, cette «Aerospace City» devrait voir le jour à WEI n 69-16
la fin de la décennie. Il est vrai qu avec une telle somme, on peut réaliser un beau projet pour ou dans l espace. Au demeurant, plusieurs systèmes de satellites d applications sont déjà en service et en développement dans plusieurs des Emirats. Ceux-ci exploitent sept satellites, à savoir 6 pour les télécommunications, 1 pour la télédétection. - Abu Dhabi fut le premier à avoir des satellites géostationnaires avec l opérateur Thuraya Satellite Telecommunications qui fut le premier de communications personnelles de l Europe à l Australie, sur l Asie et l Afrique. Un autre système de satellites pour la TV numérique et le haut débit est mis en œuvre par la Mubadala Development Company avec les satellites Yahsat-1A et Yahsat-1B fournis par Astrium et Thales Alenia Space. Par ailleurs, Abu Dhabi projette de créer un «spaceport» pour Virgin Galactic dans le but de lancer des microsats avec Launcher One. Pour les Forces Armées des Emirats, Abu Dhabi a signé un contrat avec la France pour la mise en œuvre du système de satellites-espions Falcon Eye ; deux satellites de 1,5 t, basés sur la technologie des Pleïades HR, vont être réalisés par Astrium et Thales Alenia Space pour des lancements en 2017 et en 2018. - Dubaï, avec l EIAST (Emirates Institution for Advanced Science & Technology), mise sur l observation de la Terre avec des satellites de plus en plus performants, qui sont développés par la société sud-coréenne Satrec Initiative. Dubaisat-2 de 300 kg, qui doit être satellisé à la fin de l année par un lanceur Dnepr, pourra observer des détails d au moins 1 m. Dubaisat-3, dont la réalisation vient de démarrer pour un lancement en 2017, pourra prendre des vues jusqu à 70 cm de résolution. - Le Qatar, grâce à un partenariat entre Eutelsat et ictqatar, a lancé son premier satellite, Es hail-1 (alias Eutelsat-25B), avec Ariane 5-ECA ce 29 août. A noter que les Nations Unies et les Emirats organisent à Dubai un Symposium on Basic Space Technology du 20 au 23 octobre prochain. EIAST va accueillir ce Symposium. 2. Accès à l'espace/arianespace 2.1. Lancement réussi d Alphasat grâce à Ariane 5-ECA : une satellisation impossible avec la version Ariane 6 des années 2020! Alphasat, d une masse de 6650 kg, a été placé avec succès en orbite de transfert géostationnaire (GTO) par la 70 ème Ariane 5 le 25 juillet. Ce précurseur d une famille de satellites lourds de télécommunications et de télévision, basé sur la plate-forme Alphabus de Thales Alenia Space, a été construit par Astrium. Il n a pas encore décroché de contrat auprès d un opérateur de comsats. Et le seul lanceur capable de le satelliser est Ariane 5-ECA En attendant la disponibilité opérationnelle du Falcon Heavy de SpaceX. D une masse au décollage de 6.5 à plus de 8 t, Alphasat est le type de satellite qui ne pourrait pas être satellisé par la version Ariane 6, dite «Multi P Linear», telle qu elle est envisagée pour les années 2020. Le 9 juillet, Geneviève Fioraso, Ministre française de l Enseignement supérieur et de la Recherche, a dévoilé la configuration retenue WEI n 69-17
pour Ariane 6, en présence de Jean-Yves Le Gall, président du CNES, et d Antonio Fabrizi, directeur des lanceurs à l ESA. Ce lanceur aura une coiffe de 5,4 m de diamètre mais ses performances en GTO se trouvent actuellement limitées à 6.5 t! Il était initialement prévu que Ariane 6 pourrait satelliser jusqu à 8 t Et dire que l Europe spatiale, avec la France en tête, se prépare à investir de 2,5 à 3,5 milliards (estimation actuelle) dans le développement d Ariane 6. Et la Ministre d insister sur le travail de l ESA : «réaliser d un côté une optimisation technique et de l autre une optimisation financière». La recherche à tout prix de cette double optimisation passera par une restructuration des moyens industriels pour le transport spatial en Europe. L emploi intensif de la poudre sur les deux premiers étages d Ariane 6 va donner une autre impulsion au CSG (Centre Spatial Guyanais). Il va fournir du travail outre- Atlantique avec des emplois pour l UPG (Usine de Propergol de Guyane). Cette infrastructure du CSG pourra-telle absorber la production de poudre pour les propulseurs d Ariane 6? Il faudra adapter et augmenter la cadence de fabrication des propulseurs solides tant pour Ariane 5-ME, Vega et Ariane 6 qui seront exploités en parallèles pendant quelques années. Quand Ariane 6 sera en régime de croisière, il est question d un lancement par mois. Soit 48 propulseurs P135 qui seront à produire chaque année! Ce schéma du consultant américain NSR montre que la tendance des comsats de plus de 5 t (en GTO) va se maintenir jusqu à la prochaine décennie. Le prochain lanceur d Arianespace : moins performant pour effectuer des missions de grande ampleur comme le lancement du James Webb Space Telescope de la NASA -, mais surtout moins coûteux pour pouvoir affronter la concurrence! Du coup, cette Europe spatiale en faisant marche arrière dans le transport spatial se trouvera bien dépourvue dans les années 2020 quand on entreprendra, au niveau international, l exploration de l espace avec des systèmes spatiaux habités! Elle devra dépendre des moyens américain, russe, japonais et chinois Et dire que les pères du système Ariane, dans les années 70 et 80, l avaient voulu et s étaient efforcés de l améliorer pour garantir l autonomie européenne pour l accès à la dimension spatiale! Une chose est sûre : l âge d or du transport spatial européen avec des lanceurs Ariane de plus en plus performants semble révolu. Ariane 6 est conçu comme un WEI n 69-18
lanceur qui a une vocation avant tout commerciale. Pas question de lui confier des missions ambitieuses comme le ravitaillement d une station habitée ou l envoi de sondes complexes dans le système solaire A moins que ne soit entretemps envisagée une Ariane 6 Plus modulaire pour s adapter un large éventail de charges utiles, comme c était le cas avec la famille des Ariane 4 : avec deux boosters latéraux moins puissants ou avec cinq boosters P135 pour le 1 er étage? Le tableau ci-dessous donne un aperçu des caractéristique du lanceur européen qu on va mettre en chantier pour la prochaine décennie : ESA / Arianespace Ariane-6 Overall Operational from 2022 Vehicle to 2035? Planned launches per year Up to 15 1 st Orbital flight 2021 Payload mass t GTO: from 3 to 6.5 t Gross liftoff mass t 660 Gross propellant mass t 567.8 Total length m ~54 Max. diameter (span) m 5.5? Total liftoff thrust (s.l.) kn 7,356 Total impulse (vac) MN*s 1,604.8 Total length m 17.0 Fairing Diameter m 5.45 Total weight t 2.90 Stage 3 Name ESC-B+ Length m Diameter m Liftoff mass t Propellant mass t 28.22 Engines Propellant VINCI LH2/LOX Total thrust (vac) kn 180 Specific impulse (vac) N*s/kg 4560 Burn time s 715 WEI n 69-19
Total impulse (vac) MN*s 128.7 Stage 2 Name P-135 Length (+adapter) m 14.70 Diameter m 3.70 Liftoff mass t Propellant mass t 134.90 Engines Propellant MPS solid HTPB Total thrust (vac) kn 2,636 (av) Specific impulse vac) N*s/kg 2736 Burn time s 140 Total impulse (vac) MN*s 369.0 Stage 1 Name 3x P-135 Length m 16.0 Diameter m 3.70 Liftoff mass t Propellant mass t 404.70 Engines Propellant MPS solid HTPB Total thrust (s.l.) kn 7,356 (av) Specific impulse (s.l.) N*s/kg 2545 Burn time s 140 Total impulse (vac) MN*s 1107.1 1107.1 Tableau provisoire : on en saura davantage lors de la Conférence ministérielle de l ESA qui est prévue à Luxembourg fin 2014. Total development cost (estimate) 2.5-3.5 billion Target cost per launch 70 million Launch cadence for target cost 10-15 per year Target date for maiden launch 2021 2.2. Site internet rajeuni pour SpaceX : l accent est mis sur le lanceur économique, puissant et réutilisable! WEI n 69-20
La configuration 'Octaweb' des neuf propulseurs Merlin 1D kérozène-oxygène liquide rappelle celle du lanceur russe Proton. Avec cette différence qu il y a un propulseur central qui sera rallumé pour freiner l étage en vue de sa récupération et réutilisation. Ce sont plus de 3.000 personnes qui sont employées par Space Exploration Technologies Corp, alias SpaceX, principalement à Hawthorne dans la banlieue de Los Angeles, non loin de l aéroport international. Le site internet de SpaceX vient de subir une cure de jouvence : il insiste sur les objectifs de la société de transport spatial. A savoir : - la fiabilité du Falcon 9 avec des dessins illustrant la version v.1.1, également appelée 9R, mais celle-ci doit démontrer qu elle fonctionne aussi bien que la précédente (cinq tirs, cinq succès). Le Falcon 9 à 2 étages 9 Merlin 1D sur le 1 er, 1 Merlin 1D sur le 2 nd -, qui est haut de 68,5 m et a une masse de près de 506 t au décollage, doit être en mesure, à l issue d un vol propulsé de 9 minutes et demie, de placer plus de 13 t en orbite basse ou 4.850 kg en orbite de transfert géostationnaire. Le nouveau modèle doit effectuer un vol de démonstration à la mi-septembre 5à confirmer!): décollant de l ancien complexe Titan 34D modifié sur la base militaire de Vandenberg, il doit satelliser pour la société canadienne MDA le mini-satellite CASSIOPE (Cascade SmallSat and Ionospheric Polar Explorer) d une demi-tonne. Trois autres lancements sont prévus avant la fin de l année à partir du Cape Canaveral : SES-8 et Thaicom-6, ainsi qu un ravitaillement de l ISS (International Space Station) avec la capsule Dragon SpX-3. Une dizaine de vols Falcon 9 sont planifiés pour 2014! SpaceX confirme le prix de 45 à 50 millions pour tout lancement de Falcon 9. - les performances du Heavy Falcon avec ses 27 Merlin 1D sur le corps central et les deux boosters de son 1 er étage en font, d après SpaceX, «le lanceur le plus puissant au monde». Toujours d après Space X, seule la fusée Saturn V qui permit aux astronautes de la NASA d aller sur la Lune fit mieux aux Etats-Unis! D une poussée de 17.615 kn au décollage (jusqu à plus de 20.000 kn dans le vide), grâce à un 2 nd étage réallumable, il pourra satelliser 53 t en orbite basse et injecter 21,2 t en orbite de transfert géostationnaire. Son vol de démonstration depuis Vandenberg est annoncé WEI n 69-21
pour la deuxième moitié de 2014. Intelsat a déjà réservé un lancement de Heavy Falcon. Le prix d un vol Falcon Heavy est de l ordre de 60 millions pour placer jusqu à 6,4 t en orbite de transfert. L objectif est d avoir le coût du kilogramme sur orbite basse à quelque 1.000! Mission que certains qualifient d impossible dans l état actuel de la technologie des propulseurs. La particularité du Falcon Heavy concerne le fonctionnement de son 1 er étage. Le décollage se fait avec les trois modules propulsés chacun par 9 moteurs Merlin 1D. Une fois en vol, l élément central s éteint pour être remis en marche, quand les modules latéraux sont largués. Ces derniers transfèrent ce qu il leur reste de propergols dans le corps central qui prend leur relève. - les défis de la réutilisation, dont SpaceX fait une priorité pour les systèmes spatiaux, font l objet de nombreux développements. Déjà, la capsule Dragon, qui doit être amélioré et aménagé pour être dans 2 à 3 ans un véhicule habitable pour sept astronautes, peut être récupérée, mais on travaille sur sa réutilisation. Il en est de même pour le module propulsif du Falcon 9 et du Falcon Heavy. Les essais du Grasshopper VTVL (Sauterelle Vertical Takeoff Vertical Landing), qui est un étage de Falcon 9 avec un seul propulseur Merlin 1D, s efforcent de le démontrer : ils ont lieu sur le site de tests de McGregor au Texas. Ils vont s intensifier pendant trois années au Spaceport America à Las Cruces (Nouveau Mexique). Les étages de Falcon 9 commencent à se bousculer chez Space X à Hawthorne. On ne voit pas à l arrière la section avec les neuf propulseurs Merlin 1D. WEI n 69-22
En dépit des retards de son nouveau Falcon 9, SpaceX continue d engranger des contrats de lancements : le Turkmensat-1/Monacosat-1 pour Thales Alenia Space (fin 2014) et les trois satellites canadiens de la Constellation Radarsat pour MDA/MacDonald Dettwiler Aerospace (en 2018). Par ailleurs, SpaceX a confirmé un contrat gouvernemental européen pour deux Falcon 9 destinés à lancer les trois satellites-espions de la constellation SaRah du Ministère allemand de la Défense! Face à Ariane 5, Soyouz et Vega, qui constitue le trio d Arianespace, Falcon 9 marque des points sur le marché européen. Quant au lancement du satellite EDRS-C/HYLAS-3 (Partenariat Public Privé ESA, Astrium et Avanti), il est annoncé sur Ariane 5 et Falcon 9! Le rival le plus sérieux d Arianespace est bel et bien SpaceX. 2.3. Wenchang Satellite Launch Center (WSLC): 1er vol en 2014 de la nouvelle génération de lanceurs chinois écologiquement propres La Chine, avec la CASC (China Aerospace Science & Technology Corporation), prépare la nouvelle génération de ses lanceurs modulaires Longue Marche, dont les propulseurs utilisent des ergols écologiquement propres (kérozène, oxygène et hydrogène liquides). Leur mise en œuvre passe par la réalisation d un complexe dédié à leur exploitation : le Wenchang Satellite Launch Center ou WSLC (19 34 Nord, 110 52 Est) est en construction sur la côte nord-est de l Ile de Hainan, dont les plages constituent le grand atout touristique.. Non, ce n est pas l ensemble de lancements Ariane 6 déjà en construction au Centre Spatial Guyanais. Cette vue, prise en mai dernier, donne une idée de l état d avancement des travaux du complexe de lancements WSLC sur l île de Hainan. WEI n 69-23
Le WSLC, dans sa phase actuelle de développement - il s étendra sur 1.200 hectares -, représente un investissement public de plus de 615 millions (d après l estimation officielle). On voit déjà sortis de terre les deux portiques des pads de lancements, ainsi que l imposante stature du bâtiment qui servira à l assemblage vertical des Longue Marche 7/CZ 7 (13 t en LEO) et Longue Marche 5/CZ 5 (jusqu à 25 t en LEO, 14 t en GTO). Cette infrastructure est en cours d aménagement. Il s agit de faire vite, car le lancement d une première CZ 7 devrait inaugurer le complexe à la fin de 2014. Il devrait être du lancement d une première CZ 5 en 2015. Ces lancements sont prévus dans le cadre du programme des vols habités pour la prochaine station spatiale ou Tiangong-2, qui sera plus spacieuse et desservie par un ravitailleur automatique. D ores et déjà les autorités locales entendent tirer parti du centre de lancements spatiaux comme site d attraction touristique grâce à l aménagement d un musée de l astronautique. Des agences de voyage font déjà de cette région de plages une destination pour touristes. On s attend à ce que l activité de lancements sur l Ile de Hainan monte en puissance durant la seconde moitié de la décennie. Les CZ 5 et CZ 7 doivent servir à des mises sur orbite de transfert géostationnaire, pour des missions de sondes lunaires et interplanétaires. Rien n indique à ce jour qu il servira à des vols pour les taïkonautes, ni à la mise en œuvre d un lanceur géant (CZ-9?). 2.4. Ténacité récompensée pour le Skylon de Reaction Engines : l avion spatial de Bond finit par séduire UKSpace et l ESA Il est connu depuis les années 80 sous le nom de HOTOL (Horizontal Take-off & Landing). Ce projet de transporteur spatial ailé, à un seul étage qui utilise une propulsion aérobie - un moteur fusée fonctionnant au décollage avec l oxygène atmosphérique -, avait été proposé par le gouvernement britannique comme successeur de la famille des Ariane 4. Après son abandon, Alan Bond, l un des concepteurs d HOTOL, se lançait dans le développement du propulseur avec la création en 1989 de sa société Reaction Engines Ltd. L avion spatial, rebaptisé Skylon, devait être équipé du moteur SABRE (Synergistic Air-Breathing Rocket Engine), qui était étudié avec le soutien financier de la Commission européenne pour équiper un avion commercial hypersonique. Reaction Engines se concentra sur la mise au point de l élément critique «pre-cooler heat exchanger» du propulseur SABRE, avec des essais au banc qui se révèlèrent concluants. L ESA s intéressa à ces tests, concluant à la viabilité du système Skylon qui, fonctionnant à la manière d un avion, pourrait placer jusqu à 15 t sur une orbite circulaire à 300 km d altitude. Par ailleurs, la ténacité d Alan Bond, après trente années d efforts il démarra le projet HOTOL à l âge de 38 ans et il est âgé aujourd hui de 68 ans - se révéla payante grâce à des démarches soutenues auprès de l agence UKSpace. Finalement, cet été, David Willetts, le Ministre britannique en charge des Universités et de la Science, donnait son feu vert pour investir 60 millions de livres (70 millions ) dans le développement des technologies du SABRE. Pour A. Bond, il faudrait trois fois cet investissement (210 millions ) pour mettre au point un prototype à l horizon 2017 On peut toujours rêver. WEI n 69-24
Jusqu ici, Reaction Engines a reçu 85 % de ses fonds notamment de l ESA - pour ses activités de recherche sur la propulsion. L ESA vient de confier à un consortium dirigé par Reaction Engines une étude de 1 million de livres sur la faisabilité économique sur la mise en œuvre technique du Skylon. A cette étude SELSO (Skylon-based European Launch Service Operator), qui envisage l exploitation de deux Skylon et d étages supérieurs - sous la forme de modules propulsifs réutilisables qui sont étudiés par Thales Alenia Space -, participent QinetiQ Space en Belgique et 42 Technology Ltd au Royaume-Uni. Le nouvel intérêt apporté par le gouvernement britannique et l ESA pour le propulseur SABRE et le transporteur spatial Skylon va inciter des partenaires à contribuer à cet effort technologique en vue d un système qui ne verra pas le jour avant 2030! 2.4. Le Brésil spatial en pleine crise : pourra-t-il un jour lancer un satellite? WEI n 69-25
Parmi les puissances «émergentes» dites BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le Brésil est la 6 ème au monde pour sa croissance économique. A la traîne dans la maîtrise des systèmes pour l espace, il accuse un retard technologique pour les systèmes de lancements de satellites. Et ce, malgré les efforts de coopération internationale, entrepris notamment avec la Chine et l Ukraine. Il continue d accumuler les retards dans la mise en œuvre de lanceurs spatiaux depuis son centre d Alcantara, près de l équateur. On annonce qu une première satellisation sera tentée en 2015. Soit avec leur lanceur national VLS 1 en développement depuis les années 90. Soit avec le lanceur ukrainien Cyclone 4 dans le cadre d un programme bilatéral, à des fins commerciales, qui a démarré en 2003. A noter que les fusées-sondes brésiliennes sont couramment utilisées en Europe de Kiruna (Suède) et d Andoya (Norvège). Depuis décembre 1997 - il y a une quinzaine d années -, Brasilia cherche à placer un engin sur orbite avec son lanceur national à 4 étages solides, le VLS 1. La première phase de développement s est soldée par trois échecs. Le dernier prit, le 22 août 2003 - le Brésil a célébré le 10 ème anniversaire de cette tragédie - une tournure tragique avec l explosion de la fusée qui provoqua la mort de 21 ingénieurs et techniciens sur l ensemble de lancements. Celui-ci a été reconstruit pour servir aux versions VLS 1 (300 kg en orbite basse équatoriale) et VLS M (150 kg) en cours de développement. Comme l annonce le PNAE (Programa Nacional de Atividades Espaciais) 2012-2021, document de référence qui fut rendu officiel en décembre dernier. Les premiers tests en vol du VLS 1 avec les deux premiers étages actifs - les 3 ème et 4 ème étages seront des maquettes pressurisées doivent débuter en 2014. Une tentative de mise en orbite est planifiée pour 2016... A condition que les ressources budgétaires soient allouées de façon suffisante. Le VLS 1 aurait reçu 5,6 millions au lieu des 16 prévus, tandis que le VLM obtiendrait 3,5 millions, même pas la moitié de ce qui était demandé (8,7 millions ). D aucuns doutent que le VLS 1 puisse être prêt dans les deux années à venir. En fait, le gouvernement brésilien a d autres priorités. Sa politique d investissements publics concerne les grands événements sportifs de 2014 (Coupe du Monde de football) et de 2016 (Jeux Olympiques de Rio). Les retards en succession du programme spatial non seulement alourdissent l ardoise des dépenses d avenir, mais surtout ralentissent l enthousiasme des jeunes générations de Brésiliens pour leur rôle dans les technologies nouvelles à l échelle mondiale. Le 29 mai, le Ministre Marco Antonio Raupp responsable des Sciences, de la Technologie et de l Innovation a fait état de l augmentation attendue de 146,5 millions des avoirs de la société binationale ACS (Alcantara Cyclone Space). Celle-ci, avec un capital qui se chiffre à 320 millions - réparti en parts égales entre les gouvernements de Brasilia et de Kiev - est chargée d assurer l exploitation commerciale du lanceur Cyclone 4 produit en Ukraine. Le complexe de lancements Cyclone 4 à Alcantara, qui a fort progressé en 2012, est terminé à 40 %, mais les travaux se poursuivent par à-coups en fonction des disponibilités financières Surtout que les entreprises de construction sont très sollicitées par les stades de la Coupe du Monde de football et par les infrastructures des Jeux Olympiques de 2016. L objectif est de réaliser des lancements de 3 à 4 satellites par année. ACS compte effectuer un premier vol de démonstration à la fin de WEI n 69-26
2014, mais il pourrait être reporté à 2015. Le problème est le financement de l infrastructure, dont la construction est à l arrêt d après de récentes prises de vues sur le site. Le gouvernement ukrainien a rappelé à l ordre les autorités de Brasilia concernant les fonds à libérer pour que le programme Cyclone 4 puisse poursuivre Un premier contrat pour ACS est en cours de négociations : il s agit de déployer la constellation QB50 d une cinquantaine de Cubesats pour la Commission européenne et le VKI (Von Karman Institute). 2.5. Reprise des lancements du lanceur russo-ukrainien Dnepr : lancement réussi du satellite radar Arirang-5 pour la Corée du Sud Le 22 août, l opérateur commercial Kosmotras a repris ses vols avec le lanceur russoukrainien Dnepr depuis l ancienne base militaire de Dombarovsky/Yasny. Dérivé du missile intercontinental SS-18/R-36 alias «Satan», qui s éjecte d un silo sous la pression d un gaz chaud pour s allumer à quelque 20 m d altitude, c est un produit de la guerre froide. Kosmotras semble avoir obtenu l accord du Ministère russe de la Défense pour deux lancements Dnepr. Le prochain est prévu en novembre avec le satellite d observation Dubaisat-2 (pour les Emirats) ainsi que 26 micro- et nanosatellites. Pour l heure, aucun autre vol du Dnepr n est annoncé, notamment pour le satellite espagnol Deimos-2. 2.6. Epsilon, le Vega nippon : le vol inaugural victime de l informatique de ce nouveau lanceur «intelligent» Le 27 août, la JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency) prévoyait de remettre à l honneur son centre spatial d Uchinoura (alias le Kagoshima Space Center) avec le vol inaugural de son petit lanceur Epsilon. Ce Vega nippon, qui présente la caractéristique d avoir une mise en œuvre intelligente, c est-à-dire très automatisée, devait mettre sur orbite le satellite scientifique SPRINT-A (Spectroscopic Planet observatory for Recognition of Interaction of Atmosphere) de 320 kg pour des observations de Jupiter dans l extrême UV. Reste à voir dans quelle mesure l Epsilon nippon développé par IHI (Ishikawajima-Harima Heavy Industries Co.), via sa Division Nissan, s avère plus économique que le Vega européen qui est commercialisé par Arianespace. Mais à H-19 secondes, l ordinateur a stoppé la séquence de WEI n 69-27
lancement, à cause d une «mésentente informatique» entre la centrale inertielle et les systèmes au sol. Le vol inaugural d Epsilon est reporté à la mi-septembre. 3. Télédétection/GMES 3.1. Végétation globale suivie depuis l espace : relève assurée par le mini-satellite PROBA-V Végétation est une mission spatiale qui fut initiée par le CNES dans les années 90 pour la Commission Européenne. Végétation-1 et -2, senseurs multispectraux à fauchée large (2250 km) étaient «charges hôtes» à bord des satellites d observation Spot-4 et Spot-5, respectivement lancés en mars 1998 et en mai 2002. Grâce à leurs observations en continu, cette mission est devenue une référence pour la vision globale, en permanence, de l occupation et l évolution des sols sur notre planète. La relève s appelle PROBA-V, alias Végétation-3, un mini-satellite «made in Belgium» de 138 kg, qui fut parfaitement mis sur orbite le 7 mai par le deuxième lanceur Vega. WEI n 69-28
A l occasion des 15 ans de Végétation, BELSPO (Service public fédéral de la Politique scientifique en Belgique) a organisé les 4 et 5 juillet à Anvers la conférence «Probing Vegetation». Inaugurée par le prince Philippe, qui allait devenir roi des Belges deux semaines plus tard, elle fut l occasion pour quelque 220 participants de faire le point sur l impact opérationnel de Végétation qui a permis à des équipes de chercheurs et utilisateurs dans les pays africains, latino-américains et asiatiques de se familiariser à la télédétection par satellites. Sous la forme d applications innovantes pour le suivi des changements de la biosphère, l évaluation des zones de sècheresse et des dommages (inondations, feux de forêts) à la biodiversité, l analyse des neiges, glaciers et ressources en eau Ils sont dans le monde près de 9.500 utilisateurs à recourir systématiquement à l imagerie Végétation qui est traitée, calibrée et archivée au Service de télédétection du VITO (Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek), l institution flamande pour le développement technologique, qui est implanté à Mol (province d Anvers). Les données Végétation - 15 Gbytes produites tous les dix jours - sont distribuées par satellite via le système GeonetCast d Eumetsat. C est à l ingénieur agronome belge Jean-Paul Malingreau que revient l idée du programme Végétation à la Commission européenne. Pour concrétiser ce projet, il obtenait le soutien de Monique Wagner, qui dirigeait alors le Service Recherche & Applications Spatiales de BELSPO. Après avoir pu compter sur la longévité exceptionnelle des deux senseurs français - Végétation-2 toujours en service - à bord des Spot, il a convaincu la Belgique de la nécessité de garantir la continuité des images avec le développement d un nouveau senseur à bord d un petit satellite. C est dans le cadre des activités GSTP (General Support Technology Programme) de l ESA que BELSPO a largement financé la réalisation de PROBA-V. Aujourd hui président de l International Vegetation Users Committee, J.P. Malingreau désire vivement que la continuité de l imagerie Végétation se trouve garantie - notamment dans le cadre de Copernicus - par une filière de satellites miniaturisés pour des prises à large fauchée de vues jusqu à 100 m de résolution : pour lui, ce doit être l objectif Végétation pour 2020. L industrie belge des systèmes spatiaux, avec QinetiQ Space et Spacebel, doit être considérée comme la spécialiste européenne des petits satellites PROBA. OIP Sensor Systems, filiale de la société israélienne Elbit Systems, a relevé le défi technologique de réaliser un senseur Végétation qui est un télescope à trois miroirs anastigmats, très miniaturisé et ultra-compact : 25 kg (comparé aux 152 kg des Végétation-Spot), 30 W au lieu de 200 W, trois fois moins volumineux. Il est plus performant avec des images de 300 m (en plus de 1 km). PROBA-V est en cours de recette sous le contrôle du Centre ESA de Redu, avec Spacebel et RSS (Redu Space Services). Sa mise en service opérationnelle en novembre en fera une mission EarthWatch de l ESRIN. Ses images de résolution moyenne permettront d améliorer le suivi des écosystèmes agricoles, d apprécier les récoltes dans les étendues cultivées. PROBA-V, le premier satellite du programme Copernicus (GMES), servira dès lors à "faire le pont" (servir de «gapfiller») avec la WEI n 69-29
mission Sentinel-3, qui aura son premier satellite d'observation multispectrale avec un lancement Rokot prévu à la fin de 2014. 3.2. Feu vert du Parlement européen pour le financement du système Copernicus Le Parlement européen à Strasbourg a le 3 juillet approuvé dans le CPF (Cadre Financier Pluriannuel) 2014-2020 le budget de 3.786 millions (aux conditions économiques 2011 - ce qui équivaudrait à quelque 4,2 milliards aux conditions actuelles) alloué au programme Copernicus de 2014 à 2020. Feu vert est dès lors donné, avec un financement moindre que prévu mais suffisant, pour que le système Copernicus soit un outil opérationnel pour des services, à l échelle globale, de surveillance environnementale et sécuritaire. Copernicus va trouver sa place aux côtés de Galileo. La Commission, dans les mois à venir, doit établir la réglementation pour les contrats et les budgets. Ce règlement concerne l ESA (European Space Agency) et l EEA (European Environment Agency), qui sont partenaires dans le programme Copernicus, la première pour le segment spatial, la seconde pour l infrastructure terrestre. Il devrait être prêt en décembre pour une mise en application en 2014, lorsque seront lancés les premiers Sentinel. 3.3. Satellites radar japonais pour le Vietnam : basés sur le concept ASNARO (bus Nextar) Cap sur Nextar (NX-300) pour l entreprise japonaise NEC qui développe des solutions «sur mesure» avec un bus standardisé de 200 à 300 kg qui peut accueillir une charge utile de 200 kg pour le programme ASNARO (Advanced Satellite with New system Architecture for Observation) du Japon. C est l USEF (Institute for UNmanned Space Experiment Free Flyer), avec un budget du METI (Ministry of Economy, Trade & Industry), qui finance des missions d observation depuis l espace. L observatoire Sprint-A (Spectroscopic Planet observatory for Recognition of Interaction of Atmosphere) de 320 kg, à satelliser par le premier lanceur Epsilon, fut le premier à mettre en œuvre le bus Nextar. Il y aura ASNARO-2 de 550 kg, en développement, qui est un satellite équipé d un SAR en bande X de Mitsubishi Electric. Satellisé en 2015 par le lanceur Epsilon, il pourra observer des détails de 1 m (10 km de fauchée), de 2 m (12 km) et 16 m (50 km). C est cette version qui fait l objet d un contrat (négociations en cours) avec le Vietnam pour deux satellites radar Lotusat à lancer en 2018 et en 2020. 3.4. Les satellites d Astrium qualifiés par l Union européenne dans le cadre de la PAC (Politique Agricole Commune) Spot-6 a passé avec succès tous les tests du Joint Research Center (JRC), le service de science intégré de la Commission européenne, et participe depuis le 1 er juillet au programme MARS-CAP. Il a rejoint ainsi trois autres satellites opérés par Astrium Services, déjà qualifiés pour ce même programme : Spot-5, Pléiades HR-1A et WEI n 69-30
Pléiades HR-1B. MARS-CAP est le programme européen de contrôle des surfaces agricoles par satellite mené dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC). Le satellite d observation de la Terre haute résolution Spot-6, conçu, réalisé et opéré par Astrium, numéro un européen des technologies spatiales, vient d être qualifié par le JRC pour participer au programme MARS-CAP. MARS-CAP est le programme européen de contrôle des surfaces agricoles par satellite conduit par la Commission européenne dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC). Grâce à cette qualification, Spot-6 participe depuis le 1 er juillet, aux côtés des satellites Spot-5, Pléiades-1A et Pléiades-1B (également opérés par Astrium Services) à la campagne 2013 du programme MARS-CAP. Initiées par l Union européenne en 1993, les campagnes MARS-CAP consistent à cartographier, dans toute l Europe, les surfaces agricoles pour vérifier les déclarations relatives aux surfaces cultivées et aux mises en jachère faites par les agriculteurs. Les subventions attribuées aux agriculteurs par l Europe dépendent de ces déclarations et de leur vérification. «Depuis 20 ans, Astrium Services aide la Commission européenne dans la mise en œuvre de la politique agricole commune», a précisé Evert Dudok, CEO d Astrium Services. «Grâce à la qualification de ces nouveaux satellites, la constellation opérée par Astrium Services va fournir beaucoup plus d images qu auparavant. Pléiades, Spot-6 et, bientôt, Spot-7 vont couvrir, chaque jour, une surface allant jusqu à sept millions de km², soit presque l équivalent de deux fois la superficie de l Union européenne!» En moins d un an, le JRC a qualifié les trois nouveaux satellites opérés par Astrium Services pour MARS-CAP. Spot-6, Pléiades HR-1A et Pléiades HR-1B participent désormais aux campagnes de ce programme. Cette nouvelle génération de satellites opérés en constellation augmente considérablement le taux d acquisition des images, malgré les besoins particuliers des clients du secteur agricole (les dates d acquisition des images sont planifiées de manière très précise mais doivent parfois être ajustées au dernier moment, notamment en fonction des conditions météorologiques). L agilité des satellites et l actualisation, plusieurs fois par jour, des plans de programmation en fonction des prévisions météorologiques offrent flexibilité et réactivité, qui expliquent cette performance inégalée. Spot-6 apporte au programme MARS-CAP de nouvelles performances parmi lesquelles une résolution accrue (1,5 mètre), l apport de la bande spectrale bleue (qui permet d acquérir des images directement en couleurs naturelles), une meilleure localisation des images et une agilité inégalée, qui lui permet de cartographier de larges zones en un temps record. Pléiades HR-1A est utilisé depuis novembre 2012 et Pléiades HR-1B depuis mai 2013. Les acquisitions en très haute résolution sont particulièrement utiles pour les parcelles les plus petites et les plus denses. Fin juin 2013, 94 % des surfaces demandées ont déjà été acquises. Historiquement, les satellites Spot-4 et Spot-5 fournissaient, chaque année, la quasi-totalité des images commandées par l Union européenne. WEI n 69-31
3.5. Successeur chinois pour le satellite thailandais THEOS? THEOS (Thai Earth Observation System) est détenu et mis en œuvre par le GISTDA (Geo-Informatics & Space Technology Development Agency).Son premier satellite, réalisé par Astrium avec le bus Leostar 500, est en orbite depuis le 1 er octobre 2006, lancé par un Dnepr russo-ukrainien. Il faut planifier son remplacement. La CGWIC (China Great Wall Industry Corp) serait bien positionnée pour décrocher le contrat du successeur de THEOS. 4. Télécommunications/télévision 4.1. Selon SES : la chaîne des valeurs ajoutées dans le business spatial grâce à l innovation Chaque année, SES tient à Londres son Investor Day. Le 20 juin dernier, il a eu lieu au Mandarin Oriental, Hyde Park Hotel. Cette journée est l occasion pour les directeurs de SES de faire le point sur la stratégie et l évolution de l opérateur global qui affiche une belle santé financière. On peut assurément affirmer qu il est le n 1 au monde, car Intelsat est aux prises avec un sérieux endettement qui le conduit dans une impasse! La priorité est de mettre le cap sur les marchés émergents d Asie, d Afrique et d Amérique Latine. Le rôle d O3b Networks, dont la constellation sera contrôlée depuis Château de Betzdorf, apparaît comme primordial dans le futur de SES. Les présentations qui furent faites lors du SES Investor Day de juin ne manquent pas d intérêt. Elles peuvent être téléchargées à partir de http://www.ses.com/3929508/investor-days WEI n 69-32
Martin Halliwell, Chief Technical Officer (Directeur technique) de SES, a levé le voile sur les critères dans les choix de SES, qui en font l opérateur le plus exigeant pour ses systèmes dans l espace: haute qualité, longue durée de vie, fiabilité. SES est attentif aux innovations technologiques, en les adoptant avec quelque prudence pour leur rentabilité. A noter que l UCL (Université Catholique de Louvain), qui coopère avec l Uni.lu (Université du Luxembourg) est reprise parmi les acteurs de la recherche dans le développement de l opérateur global basé au Grand Duché. Ce schéma de SES nous dévoile comment se répartit un investissement de $ 170 à 400 millions (130 à 300 millions ) pour la mise en œuvre d un satellite de télécommunications et de télévision. On peut ainsi comprendre ce qui influence sur son coût. Le satellite est l élément le plus coûteux, mais aussi un élément clef. - La compétition lors des appels d offres se révèle déterminante dans le choix du contractant, surtout qu il existe plusieurs constructeurs de satellites qui entrent en jeu: Boeing, Lockheed Martin, Orbital, Space Systems/Loral + MDA en Amérique du Nord ; Astrium/Airbus, Thales Alenia Space, OHB en Europe ; MELCO au Japon ; KARI en Corée du Sud). - Quant aux services de lancements, la compétition se limite à quatre fournisseurs commerciaux: Arianespace en Europe, ILS en Russie (avec Lockheed Martin), SpaceX aux Etats-Unis, Sea Launch en Russie. Romain Bausch, CEO de SES jusqu en avril 2014 : remplacé par un businessman des applications spatiales En juillet, Romain Bausch, l acteur président directeur général de SES, a fêté ses 60 ans. Depuis 1995, cet économiste doué est le brillant chef d orchestre d un opérateur européen (4 satellites) qu il a amené à la dimension globale (plus de 50 satellites)! Il a décidé de préparer sa succession qui a été confiée par le Conseil directeur de SES à WEI n 69-33
Karim Michel Sabbagh, un spécialiste des médias chez Booz & Company. Né en septembre 1963, il a la nationalité libanaise et canadienne, a beaucoup oeuvré au Moyen Orient et connaît particulièrement les marchés émergents en matière de télécommunications. Il prendra ses fonctions comme CEO de SES le 3 avril 2014. 4.2. Le planisphère des concurrents nationaux et régionaux de SES : des correctifs à apporter Dans sa présentation au SES Investor Day en juin dernier, Romain Bausch, le CEO de SES a décrit ce planisphère des systèmes nationaux à vocation régionale qui se mettent en place dans les pays émergents. Ce sont 43 nouveaux opérateurs qui constituent une concurrence pour l opérateur global basé au Grand Duché : 8 (?) nouveaux en service depuis 2005 (Kazakhstan, Vénézuela, Nigéria, Pakistan, Vietnam - Mexique?) 12 (?) en développement (Bolivie, Congo, Bélarus/Biélorussie, Ukraine, Azerbaidjan, Turkmenistan, Laos, Angola, Argentine - Australie? (avec les opérateurs NBN et Newsat)), 23 (?) en gestation (Chili, Pérou, Nigéria, Algérie, Maroc, Soudan, Arabie Séoudite, Oman, Iran, Afghanistan, Irak, Sri Lanka, Bangladesh, Myanmar/Birmanie, Mongolie, Papouasie-Nouvelle Guinée, Arménie - Brésil?). Mais ce planisphère présente des erreurs : l Argentine (Nahuelsat/Arsat), le Brésil (Star One), l Australie (Optus), l Arabie Séoudite (Arabsat), le Mexique (Satmex qui vient d être acquis par Eutelsat, bientôt l arrivée de Mexsat) ont déjà des systèmes en place et en service! Si on cite l Arabie Séoudite, il faut parler des Emirats avec Dubai (Thuraya), Abou Dhabi (Yahsat) et Qatar (E Shail). 4.3. Etape importante d Eutelsat dans la globalisation avec l élargissement des services de ses satellites sur le continent latino-américain : WEI n 69-34
- exploitation d une position brésilienne via Eutelsat do Brasil - acquisition de l opérateur mexicain Satmex avec ses 3 satellites «Notre objectif est de rester un opérateur international avec des spécificités régionales. Nous ne cherchons pas à devenir un opérateur d envergure globale», nous confiait Michel de Rosen, Directeur général d Eutelsat, lors de la World Satellite Business Week 2012 qu organise chaque année Euroconsult à Paris. Il semble que le vent ait tourné chez les stratèges d Eutelsat. A la fin de juillet, l opérateur européen qui a des satellites qui couvrent le Moyen-Orient, la Russie, l Asie jusqu au Pacifique, l Afrique a annoncé sa volonté d élargissement de ses services sur l Amérique latine avec un satellite sur une position brésilienne et avec le rachat de l opérateur Satmex du Mexique avec sa flotte de satellites. Du coup, Eutelsat démontre sa volonté de miser sur la globalisation pour rencontrer les besoins des marchés émergents. Cette présence sur le continent latino-américain la met aux prises avec l opérateur espagnol Hispasat où Eutelsat a une participation de 33 % (aux côtés de la société espagnole de services Abertis qui détient 57 %). Eutelsat développe Amérique latine : deux ancrages pour développer ses services par satellites en - via sa filiale Eutelsat do Brasil Ltda, qui va exploiter le satellite Eutelsat 65 West A (10 répéteurs en bande C, 24 répéteurs en bande Ku, 24 faisceaux en bande Ka), sur la position brésilienne de 65 degrés Ouest. Celui-ci vient d être commandé à Space Systems/Loral pour un lancement au début de 2016, afin qu il soit opérationnel pour les Jeux Olympiques de Rio. Eutelsat 3B (à lancer en 2014) et Eutelsat 9 West B (en 2015) assureront les connexions avec l Europe et le Moyen-Orient. - grâce à l acquisition de Satmex, l opérateur mexicain, qui couvre déjà l Amérique latine avec trois satellites géostationnaires et qui en prépare deux autres à propulsion électrique. Le prix à payer pour ce rachat s élève à $ 1,142 milliard ou 864 millions. Avec cette importante transaction, Eutelsat n est plus candidat à une autre acquisition. 4.4. Choix français de Visiona Technologia Espacial: Thales Alenia Space et Arianespace vont coopérer avec le Brésil pour le 1 er satellite du système SGDC (Satelite Geostacionario de Defensa y Comunicaciones estrategicas) Le gouvernement du Brésil a décidé de coopérer avec des partenaires français pour le développement de son système SGDC (Satelite Geostacionario de Defensa y Comunicaciones estrategicas) de satellites pour les communications de sa Défense (bandes X) et des transmissions à haut débit (bandes Ka). Ce sont Thales Alenia Space pour le satellite (Spacebus 4000) et Arianespace pour son lancement (Ariane 5) qui ont été sélectionnés par Visiona Technologia Espacial, l entreprise conjointe d Embraer et de Telebras. L offre de la France pour réaliser et satelliser SGDC-1 - lancement prévu en 2016 pour être positionné à 75 degrés Ouest - se trouvait en compétition avec des propositions du Japon (Mitsubishi Electric) et du Canada/USA (MDA/Space Systems Loral). Il est question de contrats pour 300 millions, avec transfert technologique à la clef. Visiona a pour objectif de devenir un fabricant de systèmes d applications spatiales. WEI n 69-35
4.5. Grand Duché et Principauté sur la même orbite : accord de collaboration pour exploiter de la capacité de Turkmensat-1/Monacosat-1 A la fin de 2014, pour Thales Alenia Space, un lanceur Falcon 9 doit placer en orbite de transfert géostationnaire Turkmensat-1/Monacosat-1 avec de puissants répéteurs en bande Ku. Il sera exploité sur la position de 52 degrés Est qui appartient à la Principauté de Monaco, via SSI-Monaco (Space Systems International-Monaco). Celle-ci dispose de 12 répéteurs sur le satellite. Elle a fait appel à SES pour leur commercialisation dans le cadre du projet Monacosat. Ainsi Grand Duché et Principauté ont décidé de coopérer dans la mise en œuvre de l anneau géostationnaire. 4.6. Projet avorté de vente d Optus Satellite par SingTel : Intelsat et Measat candidats au rachat de l opérateur australien SingTel (Singapore Telecommunications Ltd) projetait de vendre sa filiale Optus Satellite qui assure des services sur l Australie et les régions limitrophes. La société de Singapour vise d autres opportunités pour les télécommunications en Asie-Pacifique. Elle se montre fort intéressée par la mise en œuvre du système Myanmar Sat que la Birmanie projette de développer. Le prix demandé par SingTel pour Optus Satellite - 5 satellites en service, 1 en construction pour être lancé au début de 2014 - est de 2 milliards de dollars australiens, soit 1,38 milliard. L opérateur australien va être concurrencé dès 2015 par NewSat avec son système Jabiru et par l entreprise publique NBN (National Broadband Network) avec deux satellites bande Ka à haute capacité. Etaient en lice pour acquérir Optus Satellite : l opérateur global Intelsat et un groupe dirigé par Measat en Malaisie. On peut se demander comment Intelsat, fort endetté, pouvait s autoriser une nouvelle dépense, surtout qu il risque prochainement de devoir céder une partie de sa flotte pour résorber une partie de ses dettes Measat faisait pressions pour que SingTel revoie son prix à la baisse. Devant les offres peu élevées faites par les deux candidats, Singtel envisage de mettre en bourse Optus Satellite pour obtenir son refinancement avec la vente d actions. 4.7. Universum Space Technologies (UST) : une entreprise franco-russe pour produire des composants de charges utiles pour satellites ISS (Information Satellite Systems) Reshetnev et Thales Alenia Space coopèrent depuis une vingtaine d années dans la réalisation de satellites géostationnaires de télévision et de télécommunications. Les deux partenaires viennent de consolider leurs relations industrielles en créant le 5 août la «joint venture» Universum Space Technologies. L objet de cette entreprise high-tech franco-russe implantée à Krasnoyark (au sein d ISS Reshetnev) est de développer et produire des composants pour les charges utiles de satellites. Elle doit démarrer ses activités en 2014. 5. Navigation/Galileo WEI n 69-36
IRNSS : l Inde marque un premier point dans le développement de son système régional de navigation par satellites Le 1 er juillet, le lanceur indien PSLV C22 a injecté sur une orbite de transfert géostationnaire le satellite de navigation IRNSS-1A (1.425 kg au décollage) du programme IRNSS (Indian Regional Navigation Satellite System). Après deux semaines de manœuvres (5 au total) grâce à son propulseur LAM (Liquid Apogee Motor), il s est positionné à 55 degrés Est avec une inclinaison de 29 degrés sur l équateur. C est le premier d une constellation de sept satellites de navigation que l ISRO (Indian Space Research Organisation) prévoit de mettre en service à quelque 35.800 km d altitude pour des applications régionales à l horizon 2016. Après les Etats-Unis (GPS), la Russie (Glonass), la Chine (Beidou-Compass), l Europe (Galileo/GNSS), l Inde deviendra le 5 ème Etat à disposer d un système opérationnel de satellites de navigation. Et ce, avant le Japon. 6. Sécurité & Espace/Défense spatiale 6.1. Plate-forme Sonaca pour les satellites CSO (Composante Spatiale Optique) d observation militaires de la France Le 26 juin dernier, Sonaca a livré à Astrium-France le premier exemplaire de la plateforme du satellite CSO, d un volume d environ 45 m³ et d une masse de 600kg. Pour mémoire, ce satellite d observation militaire est appelé à assurer, avec des performances et une résolution accrues, la continuité du service Hélios-2 au profit de la DGA (Direction Générale à l Armement) française, que la Défense belge utilise par ailleurs depuis de nombreuses années. Deux satellites sont en construction chez Astrium, avec leur charge utile développée par Thales Alenia Space. Un troisième en option serait réalisé avec un soutien et dans le cadre de l Union Européenne. Cette première livraison fait suite à une coopération de Sonaca à la conception et au développement de la plate-forme depuis juin 2009, qui a donné lieu à une volumineuse campagne d essais de qualification. Celle-ci a été qualifiée de «magistrale» par Astrium, qui a souligné par ailleurs le professionnalisme, «la très grande maitrise et la volonté sans faille de Sonaca pour livrer dans les temps cette structure, dont l intégration avec l instrument a dès à présent commencé». 6.2. Deux satellites-espions pour les Emirats Arabes Unis contrat pour Astrium Satellites et Thales Alenia Space Les Forces Armées des Emirats Arabes Unis viennent de décider un investissement de quelque 700 millions pour deux satellites-espions réalisés par l industrie française, avec station de contrôle et formation d ingénieurs. Les Falcon Eye de 1,5 t, à lancer en 2017 et en 2018, sont des modèles améliorés des satellites français Pleïades HR qui sont opérationnels depuis 2012 pour la DGA (Direction Générale à l Armement) et pour Astrium Geo-Information Services. Comme pour Pleïades HR, ils seront l oeuvre WEI n 69-37 :
d Astrium comme maître d œuvre et de Thales Alenia Space pour le télescope optique. Lockheed Martin était candidat pour ce marché avec le satellite GeoEye-2 qui est en cours de finition. Mais le Département d Etat n a pu donner son accord à la vente d un satellite qui peut observer des détails de 10 cm. DigitalGlobe, le concurrent d Astrium Geo-Information Services, fait actuellement pression sur l administration fédérale - via la NOAA pour que soit autorisée la vente d images ayant une résolution de 25 cm. 7. Science/Cosmic Vision Mission Planck de l ESA : elle a mis «en vedette» les frères Bogdanov au CSL (Centre Spatial de Liège) On sait le rôle que le simulateur FOCAL-5 du CSL a joué dans la calibration et la qualification de l observatoire Planck de l ESA. Ce satellite positionné sur la point de Lagrange L2 à 1,5 millions de km de la Terre a rempli avec brio sa mission d écoute fine du bruit de fond cosmique, qui a permis de remonter jusqu à 380.000 années après les origines de l Univers. Durant trente mois, de juillet 2009 à janvier 2012 soit deux fois plus que ce qui était prévu! - il a réalisé près de cinq balayages complets de la voûte céleste. Au début de cette année, l ESA a fait connaître les résultats d une première analyse des données du satellite Planck. Les cosmologistes français Igor et Grichka Bogdanov viennent de publier un premier livre de vulgarisation sur ce qu a mesuré à une température proche du zéro absolu l observatoire de l ESA sous le titre «Le Mystère du satellite Planck Qu y avait-il avant le Big Bang?». A l occasion de cette parution, ceux que des scientifiques accusent de faire du marketing scientifique sont venus au CSL voir où le satellite Planck a vu le jour. L hebdomadaire Paris-Match a consacré six pages à cette visite des frères Bogdanov, avec une longue interview et de nombreuses photos dans FOCAL-5. Après avoir rendu hommage aux chercheurs belges, spécialement au chanoine Georges Lemaître (1894-1966) ainsi qu au professeur Jacques Demaret (1943-1999) de l Institut d Astrophysique de Liège, ils ont résumé la mission de Planck comme étant «à la fois de l ordre de la révélation et de la révolution». Ainsi on peut mieux situer à 12 milliards 820 millions d années l âge de l Univers et mieux connaître la répartition de sa matière. C est une révolution dans la mesure où Planck dévoile l existence de ce qu on appelle des «anomalies». Notamment une dissymétrie entre les températures des pôles Nord et Sud de l Univers. «L une des façons d expliquer ces anomalies serait de situer leur origine avant le Big Bang!». Pour eux, «il existe une information originelle, structurée sous la forme d une sorte de code cosmologique, qui serait pour l Univers ce que le code génétique est pour les êtres vivants.» 8. Exploration/Aurora 8.1. Priorité à la Lune, plutôt qu à un astéroïde, avant d aller sur Mars : c est la feuille de route du groupe consultatif de 12 agences spatiales WEI n 69-38
Le 20 août, l ISECG (International Space Exploration Coordination Group) a mis à jour sa feuille de route pour l exploration de l espace avec des systèmes habités. Ce Groupe consiste en des représentants de 12 agences spatiales : ASI (Italie), CNES (France), CSA (Canada), DLR (Allemagne), ESA (Europe), ISRO (Inde), JAXA (Japon), KAR (Corée du Sud), NASA (Etats-Unis), NKAU (Ukraine), Roscosmos (Russie), UK Space (Royaume-Uni). A noter que la CASC (Chine) ne participe pas aux activités d ISECG pour l échange d idées et dans la rédaction du rapport. En 2011, l ISECG a établi une première feuille de route internationale pour l après- ISS : quid des missions d astronautes et de cosmonautes dans le système solaire. La nouvelle mouture donne la priorité à un retour sur la Lune plutôt qu à une expédition sur un astéroïde. Ce qui n est pas tout à fait du goût de l administrateur de la NASA, Charlie Bolden. Celle-ci a d ailleurs diffusé des images et une vidéo pour promouvoir la réalisation d une mission d astronautes sur un astéroïde. Nous reviendrons plus en détail sur le contenu de ce rapport dans le n 70 de Wallonie Espace Infos. Vous pouvez en prendre connaissance en le téléchargeant à partir du site de la NASA : http://www.nasa.gov/content/just-released-updates-to-the-global-exploration- roadmap/#.uhohljlvbao 8.2. Initiative privée fort audacieuse pour le retour d astronautes sur la Lune La Golden Spike Company pour des services commerciaux d expéditions lunaires est une «start-up» née de la volonté de deux anciens de la NASA, Alan Stern (administrateur associé pour la science) et Gerry Griffin (directeur du Johnson Space Center), qui ont notamment reçu l appui de membres du Congrès américain. Son objectif pour les années 2020 est de réamorcer, sur une base économique, l exploration humaine de la Lune, qui est délaissée par les astronautes depuis la mission Apollo-17 de décembre 1972! Le budget pour un système de missions lunaires habitées serait de 6 à 7 milliards pour la phase de développement et de 1,2 milliards par an pour deux vols sur notre satellite naturel. Un appel est lancé par les promoteurs de Golden Spike en vue d une réalisation d envergure internationale : une quinzaine de pays se montreraient intéressés En janvier dernier, Golden Spike a signé un contrat avec Northrop Grumman pour la définition d un véhicule d «alunissage». Rappelons que Grumman fut, dans les années 60, l industriel qui conçut et réalisa de main de maître le «lunar lander» du programme Apollo. Ce vaisseau spatial eut un comportement magistral lors de ses neuf missions : Apollo-9 autour de la Terre, Apollo-10 près de la Lune, Apollo-13 pour le sauvetage de l équipage en perdition entre Terre et Lune, puis les six expéditions à la surface lunaire entre 1969 et 1972. 8.3. Elucubrations privées d expéditions martiennes avec équipages : de quoi mettre en péril l astronautique qui fait preuve de sérieux! WEI n 69-39
Ces derniers mois, l actualité de l exploration spatiale a été marquée par deux annonces à sensations concernant la conquête de la Planète Rouge. Deux projets, que nous considérons comme farfelus, d expéditions habitées vers et sur Mars font fi des exigences de cette sécurité qui a guidé l odyssée de l espace depuis les débuts des vols habités dans les années 60. Y compris quand il y eut cette épique course entre Soviétiques et Américains pour inscrire les premiers pas de l humanité sur la Lune. L hebdomadaire New Scientist qui est considéré comme un média sérieux a consacré un long article sur la fascination martienne. Il a publié ce tableau qui compare les deux initiatives privées de missions martiennes avec des hommes et de femmes dans les années à venir. Ayant fait l objet de beaucoup (trop) de publicité, elles ont suscité un grand intérêt dans le monde. Les candidats, le plus souvent mal informés sur les risques qu ils encourent, se sont manifestés, principalement en Chine! - Inspiration Mars, que l on doit au millionnaire californien Dennis Tito, le premier touriste de l espace, est juste un aller-retour entre la Terre et Mars, pour un survol de la Planète Rouge à 150 km d altitude. Prévu pour 2018-2019 à cause d un alignement fort intéressant des deux planètes, c est un voyage pour un couple d une durée de 501 jours et d un coût estimé à quelque 800 millions. On n a aucune indication précise concernant le nombre de couples intéressés par ce grand saut interplanétaire. Le financement des travaux de faisabilité et de conception pour l année 2014 est assuré par Dennis Tito, mais il lui faudra trouver des investisseurs intéressés par cette occasion d aller-retour exprès qui ne se reproduira pas avant 2033! - Mars One, projet de «téléréalité» qu a lancé un «entrepreneur» néerlandais, Bas Lansdorp (né le 5 mars 1977), est un voyage sans retour pour un programme de colonisation de la Planète Rouge. Le premier vaisseau habité avec quatre volontaires ce devrait un Dragon modifié de SpaceX! serait lancé dès septembre 2022 pour un atterrissage sur Mars en 2023. A une semaine de la date limite pour s inscrire le 31 août -, ils étaient quelque 165.000 (de 140 pays - 23 % des USA : on reconnaît bien là le caractère intrépide américain) à avoir (sans le moindre paiement) présenté leur candidature pour ce périple quelque peu «suicidaire». Parmi eux, quatre Belges qui n ont pas froid aux yeux. En fait, tous ces candidats sont de grands insouciants qui ignorent les dangers importants d une odyssée sans issue sur une autre planète! Les deux initiatives n ont pas encore de financement pour prendre réellement forme. Et le temps presse Elles négligent les défis qu il faut absolument relever afin de garantir un périple martien en toute sécurité, sans prendre trop de risques : un habitacle WEI n 69-40
offrant des conditions de vie supportables pour plusieurs mois dans l espace (sans le moindre ravitaillement en oxygène, eau et vivres), une protection des équipages contre le niveau élevé des radiations provenant du Soleil (risques importants de cancer), un vaisseau d une grande autonomie avec une fiabilité élevée pour de longs séjours en impesanteur Exposer des êtres humains à une mort certaine ne va pas contribuer à considérer l astronautique comme une odyssée sérieusement pensée, dès lors soumise à toutes les critiques. Non seulement pour le coût élevé mais également pour la part sous-estimée des dangers auxquels s expose aujourd hui un équipage d un voyage au long cours et surtout sans retour. Il est dans l intérêt des Etats de s opposer à ce type d aventures insensées! Le spatial va y perdre tout crédit pour son avenir. 9. Vols habités/international Space Station/Microgravité Commercial Crew Transportation Capability (CCtCap) : jusqu à deux systèmes subsidiés par la NASA pour les vols privés? Avant la fin de 2017, la NASA compte bien retrouver le chemin de l espace pour ses astronautes. En passant par un partenariat public-privé avec le Commercial Crew Program (CCP). Ce programme, qui est confronté aux restrictions budgétaires, doit dans les mois à venir franchir une nouvelle étape avec le CCtCap (Commercial Crew Transportation Capability) qui fera suite à l actuelle phase du CCiCap (Commercial Crew Integrated Capability). Pour des travaux de développement - d une durée de 21 mois, jusqu en mai 2014 - sur des systèmes de conception privée pour des équipages de 7 personnes, la NASA avait retenu en août 2012 The Boeing Company (Houston, Texas), Sierra Nevada/SNC (Louisville, Colorado), Space Exploration Technologies alias SpaceX (Hawthorne, Californie). Alors que Boeing et SpaceX proposent des capsules de type Apollo - le CST-100 pour un retour en mer, le Dragon habité pour revenir en mer et au sol -, SNC travaille sur une petite navette baptisée Dream Chaser avec une structure «lifting body» (aile porteuse) qui revient comme un planeur. Le CST-100 et le Dream Chaser seront lancés par des Atlas 5, tandis que le Dragon sera satellisé au moyen d un Falcon 9. WEI n 69-41
Un appel d offres pour le CCtCap est en préparation pour être diffusé en octobre. Avec l objectif de sélectionner un, voire deux systèmes privés pour démarrer des vols habités vers l ISS (International Space Station) à la fin de 2017. En lieu et place des missions Soyouz TMA depuis le cosmodrome de Baïkonour. Les propositions industrielles de développement privé doivent être faites pour décembre. La NASA prévoit de les passer en revue durant la première moitié de 2014. Elle annoncera en juillet prochain le(s) système(s) qu elle a retenu(s) pour des subsides gouvernementaux pour leur développement - activités DDTE/Design, Development, Test & Evaluation -, avec des essais en mode inhabité, puis avec un équipage en 2016-2017. A noter que la compétition pour le CCtCap est ouverte à d autres candidats que ceux qui sont en train de mûrir leur projet dans le cadre du CCiCap. Il sera intéressant de voir si Blue Origin, l entreprise de Jeff Bezos (Amazon.com) va se positionner pour cette ultime phase. De toute manière, la NASA ne pourra - au mieux - financer que deux systèmes. 10. Débris spatiaux/space Situational Awareness (SSA) La Commission Européenne : en faveur d une Europe plus indépendante en matière de systèmes pour la surveillance de l environnement de l espace La mise en œuvre de systèmes de satellites d applications qui sont devenus des outils clefs pour le fonctionnement et la sécurité de la société à l échelle globale oblige à donner la priorité à un environnement spatial qui soit fiable et protégé. Les constellations Galileo de navigation et Sentinel pour Copernicus, qui vont devenir cruciales pour le rôle de l Europe dans l espace, obligent à avoir une surveillance de tous les phénomènes qui peuvent perturber, voire endommager les satellites sur orbite. La Commission européenne vient de rappeler dans une proposition récente, avec insistance, que l Europe doit se doter d une capacité SSA (Space Situational Awareness) sans trop dépendre des Etats-Unis pour sa surveillance de l espace : rayonnements dus à l activité solaire, mouvements des astéroïdes près de la Terre, trafic des débris spatiaux au-dessus de nos têtes. L Union Européenne a, dans ses prérogatives, la stratégie pour la sécurité de l Europe. Elle entend faire pression sur ses Etats membres - notamment les membres de l ESA qui finance des activités SSA de surveillance spatiale - pour qu ils coordonnent et harmonisent leurs actions et systèmes pour cette surveillance de l environnement où évoluent les satellites et qui peut influer sur leurs opérations. La Commission a prévu d allouer 70 millions pour les 7 ans - de 2014 à 2029 - du CPF (Cadre Financier Pluriannuel). Cet investissement plutôt modeste sera prélevé dans le volet Horizon 2020 du CPF, voire dans les programmes Galileo et Copernicus. On peut se demander ce qu il sera raisonnablement possible de réaliser avec cette enveloppe budgétaire. N empêche que la Commission demande à ses Etats membres de se concerter pour ne plus dépendre des moyens américains de surveillance, notamment en ce qui concerne le trafic orbital et les débris spatiaux. Note : il existe un site dédié au développement des activités SSA http://www.onorbitwatch.com/ WEI n 69-42
Voici un planisphère montrant les moyens que le Département de la Défense des Etats- Unis a déployés pour assurer la surveillance américaine de l espace extra-terrestre. Lire l intéressant article que vient de publier The Space Review sur le «Space Fence» : http://www.thespacereview.com/article/2357/1 11. Tourisme spatial/véhicules suborbitaux Intérêt belge pour la microgravité lors de vols suborbitaux : - avec le SOAR (Sub-Orbital Aircraft Reusable) - avec la SRA (Suborbital Research Association) Chercheurs et industriels belges entendent jouer un rôle dans la mise en œuvre de systèmes de vol suborbital pour des expériences en microgravité. Les vols paraboliques avec l Airbus Zero G de Novespace ne donnent lieu qu à une vingtaine de tranches de 20 à 25 secondes de cette précieuse microgravité pour étudier des phénomènes physiques, des processus chimiques, des comportements biologiques C est l occasion de stimuler la recherche sur des thèmes inédits, dans de nouvelles disciplines. - L entreprise helvétique S3 (Swiss Space Systems) a signé avec trois partenaires belges un préaccord sur la répartition des travaux sur le planeur-fusée SOAR (Sub- Orbital Aircraft Reusable) qui sera largué du dos d un Airbus: la Sonaca (conception de la structure), Space Applications Services (systèmes de bord), le VKI/Von Karman Institute (tests d aérodynamisme). Par ailleurs, S3 a établi une coopération avec Thales Alenia Space Italia (Turin) qui est le spécialiste européen des engins de rentrée pour l ESA. En ce qui concerne Sonaca, la participation à SOAR valorisera son WEI n 69-43
expertise industrielle, ses outils d usinage et les compétences de son personnel pour produire des éléments de tôle ayant des formes complexes. - En voie de création à Bruxelles, la SRA (Suborbital Science Association) veut sensibiliser l Europe à la mise en œuvre de vols suborbitaux à des fins scientifiques et technologiques. Sous l impulsion de Vladimir Pletser - le «Monsieur Microgravité» à l ESA avec un nombre record de vols paraboliques avec différents types d avions -, qui a obtenu le support de professeurs et d un juriste. L association a pour objet de favoriser, aider, faciliter et promouvoir la recherche à bord d avions suborbitaux qui, en volant à plus de 100 km d altitude, permettent des minutes de microgravité. Elle a établi des contacts avec les protagonistes américains du tourisme spatial : XCOR Aerospace et Virgin Galactic. En mettant en évidence les initiatives SOAR et SRA avec leurs missions et applications, les acteurs du spatial belge entendent susciter l intérêt de BELSPO, le Service Public Fédéral de Programmation Politique scientifique, pour que des moyens financiers favorisent leur développement. Il s agit que la Belgique, pionnière de l Europe dans l espace - elle contribua à la naissance de l ESA -, se trouve en première ligne pour cette course tant technologique que scientifiques aux retombées de la microgravité à la lisière du domaine spatial. 12. Petits satellites/technologie/incubation Planet Labs Inc. : révolution nano-optique à bord de Triple Cubesats Planet Labs Inc., anciennement Cosmogia Inc., est une petite société californienne qui fut créée en 2010 par de jeunes ex-chercheurs de la NASA pour des activités dans l espace et en méthodes d analyse. Elle vient de surprendre le monde du spatial en annonçant son projet de déployer en 2014, sur une orbite circulaire à quelque 400 km, sa constellation Flock-1 de 28 nano-satellites (Triple Cubesats) de 5 à 6 kg pour des WEI n 69-44
prises de vues régulières avec une résolution de 3 à 5 m. Ces «yeux» miniaturisés, baptisés Dove (colombe), seront satellisés depuis Wallops Island par un lanceur Antares d Orbital Sciences lors de la mission Cygnus-2 (CRS-1) de ravitaillement de l ISS (International Space Station) qui est prévue en décembre 2013 ou janvier 2014. Pour démontrer la faisabilité d une telle constellation pour l observation permanente de l environnement terrestre, Planet Labs révèle, avec des photos à l appui, avoir mis en œuvre les Dove-1 et Dove-2, lancés respectivement le 21 avril dernier par la première fusée Antares et le 19 avril par un Soyuz 2-1b (avec Bion-M) le 19 avril. Deux autres Dove sont en préparation pour des lancements avec Dnepr avant la fin de l année. Flock-1 - d autres constellations sont d ores et déjà prévues marque les débuts de l ultra-miniaturisation pour des systèmes spatiaux de télédétection globale. Par contre, aucune information n a filtré sur la composante sol pour la collecte en continu des images prises par les Dove. 13. Education/formation aux sciences et techniques spatiales 13.1. Lancement par BELSPO du Belgian National Trainee Programme à l ESA Une passion pour l'espace, un diplôme de niveau master, de la curiosité, de la créativité, un esprit d'équipe et de l intérêt à travailler dans un environnement multiculturel, telles sont les qualités dont doivent disposer les jeunes ingénieurs et scientifiques qui souhaitent participer au Belgian National Trainee Programme du Service Public Fédéral de Programmation Politique scientifique (BELSPO) et l ESA. Le premier appel à candidatures pour ce programme vient d être lancé, les candidatures devant être déposées pour le 31 août. Ce programme offre aux jeunes diplômés belges ingénieurs et scientifiques la possibilité d effectuer un stage dans un service opérationnel de l'esa, sous la direction d'experts expérimentés de l Agence. 13.2. Euro Space Center à l heure chinoise : de futurs taïkonautes sont venus à Transinne prendre un avant-goût de l odyssée spatiale Décidément, l Euro Space Center mûrit chaque année avec une dimension de plus en plus globale. Avec cette «première» : le mandarin y a été à l honneur avec 485 jeunes Chinois et Chinoises, âgés de 13 à 16 ans, qui ont vécu - en anglais une journée de stage d astronaute entre le 22 juillet et le 6 août. Des diplômes et brochures en chinois ont été spécialement imprimés à l occasion de cette présence de la Chine à la Barrière de Transinne. L occasion de mettre en valeur sciences et tourisme de la province du Luxembourg aux quatre coins du monde. Après la venue de Nigérians en avril, c est un groupe des Emirats (Oman) qui va en septembre découvrir le chemin des étoiles via l Ardenne. Grâce à l ESC qui a reçu des stagiaires d Amérique du Nord, d Inde, de Taïwan, la Belgique apparaît moins petite à l échelle de la planète Terre. WEI n 69-45
14. Missions spatiales avec du "made in Wallonie-Bruxelles" Il ne se passe pas une semaine sans qu'une mission spatiale dans le monde n'implique un centre de recherches ou une entreprise en Wallonie et à Bruxelles. Ce résultat est rendu possible grâce aux efforts consentis via BELSPO par l'etat belge, depuis quatre décennies, dans les programmes de l'europe dans l'espace. Sources recommandées: http://www.skyrocket.de/space/ http://www.spacetoday.net/ http://www.spacedaily.com/ http://www.satlaunch.net/ Evénement spatial Lancement V213, le 5 juin, d une Ariane 5-ES avec le cargo ATV-4 Albert Einstein (EADS Astrium) de l ESA pour le ravitaillement et la maintenance de l ISS (International Space Station). Lancement VS05 du Soyouz ST guyanais, le 25 juin, avec les quatre premiers O3b (Thales Alenia Space) pour le déploiement d une constellation de satellites haut débit en orbite moyenne (O3b Networks) Lancement V214, le 25 juillet, d Ariane 5-ECA (70 ème Ariane 5) avec le satellite de télécommunications Alphasat-IXL/Inmarsat XL (Astrium + Thales Alenia Space) et le satellite de télécommunications Insat-3D (ISRO) pour l Inde. Participation wallonne de chercheurs et d industriels Contribution industrielle belge à la réalisation du ravitailleur européen ATV : Thales Alenia Space Belgium (alimentation électrique, dont une PCU/Power Conditioning Unit), Space Applications Services (management des opérations), EHP (caloducs pour le contrôle thermique de l avionique), Spacebel et Rhea (logiciels de bord et au sol), RSS (Redu Space Services) et la station ESA de Redu (relais de données via le satellite européen Artemis). Participation au lanceur Ariane 5 de SABCA (servocommandes, structures), de Thales Alenia Space Belgium (nombreux éléments et composants d avionique pour la case à équipements), Techspace Aero (vannes et organes de commande). Centre de Contrôle n 3 (pour les opérations du compte à rebours) équipé et mis en œuvre par Thales Alenia Space Belgium. Implication de Cegelec dans le fonctionnement du Centre Spatial Guyanais. Participation de Thales Alenia Space Belgium pour la PCDU de chaque satellite O3b. Thales Alenia Space Belgium à bord du Soyouz ST guyanais avec le système KSE (Kit Sauvegarde Européen). A noter que le centre de contrôle d O3b Networks se trouve chez SES au Château de Betzdorf. Il s agit des premiers satellites mis en œuvre depuis l Ile de Jersey. Participation de Thales Alenia Space à l alimentation électrique à la plate-forme Alphabus. Participation au lanceur Ariane 5 de SABCA (servocommandes, structures), de Thales Alenia Space Belgium (nombreux éléments et composants d avionique pour la case à équipements), Techspace Aero (vannes et organes de commande). Centre de Contrôle n 3 (pour les opérations du compte à rebours) équipé et mis en œuvre par Thales Alenia Space Belgium.Implication de Cegelec dans le fonctionnement du Centre Spatial Guyanais. WEI n 69-46
Lancement V215, le 29 août, d Ariane 5-ECA avec le satellite de télécommunications Eutelsat 25B/Es Hail-1(Space Systems/Loral) et le satellite de télécommunications militaires Gsat-7 (ISRO) pour l Inde. Lancement ILS du Proton, prévu pour le 15 septembre, du satellite TV Astra-2E (Astrium) pour opérateur luxembourgeois SES. Lancement VS06 du Soyouz ST guyanais, prévu le 30 septembre, avec quatre O3b (Thales Alenia Space) pour le déploiement d une constellation de satellites haut débit en orbite moyenne (O3b Networks) Lancement VS07 du Soyouz ST guyanais, prévu le 20 novembre, avec le satellite d astrométrie Gaia (Astrium) pour le programme scientifique de l ESA. Lancement V216, prévu en décembre, d Ariane 5-ECA avec le satellite de télécommunications Astra-5B (Astrium) pour SES et le satellite de télécommunications Amazonas-4A (Orbital Sciences) pour Hispasat. Participation au lanceur Ariane 5 de SABCA (servocommandes, structures), de Thales Alenia Space Belgium (nombreux éléments et composants d avionique pour la case à équipements), Techspace Aero (vannes et organes de commande). Centre de Contrôle n 3 (pour les opérations du compte à rebours) équipé et mis en œuvre par Thales Alenia Space Belgium. Implication de Cegelec dans le fonctionnement du Centre Spatial Guyanais. RSS (Redu Space Services) chargé du centre de contrôle (back-up) de SES au Centre ESA de Redu. Prochain satellite de SES Astra en décembre avec Ariane 5-ECA. Participation de Thales Alenia Space Belgium pour la PCDU de chaque satellite O3b. Thales Alenia Space Belgium à bord du Soyouz ST guyanais avec le système KSE (Kit Sauvegarde Européen). A noter que le centre de contrôle d O3b se trouve chez SES au Château de Betzdorf. Participation de Thales Alenia Space Belgium pour la PCDU de chaque satellite O3b. Thales Alenia Space Belgium à bord du Soyouz ST guyanais avec le système KSE (Kit Sauvegarde Européen). POur la charge utile, implication du CSL (tests de calibration et de qualification) et d Amos, ainsi que de Spacebel comme responsable du développement du logiciel bord de gestion de la mémoire de masse. Participation au lanceur Ariane 5 de SABCA (servocommandes, structures), de Thales Alenia Space Belgium (nombreux éléments et composants d avionique pour la case à équipements), Techspace Aero (vannes et organes de commande). Centre de Contrôle n 3 (pour les opérations du compte à rebours) équipé et mis en œuvre par Thales Alenia Space Belgium. Implication de Cegelec dans le fonctionnement du Centre Spatial Guyanais. RSS (Redu Space Services) chargé du centre de contrôle (back-up) de SES à Redu. 12. CALENDRIER 2011-2013 D'"EVENEMENTS SPATIAUX" POUR LA BELGIQUE (*) Théo Pirard prévoit de participer à ces événements. Note : si vous avez des conférences qui peuvent intéresser des chercheurs et ingénieurs du domaine spatial, n hésitez pas à les communiquer pour les inclure dans cet agenda. (*) 5 septembre: European Satellite Day 2013 «Global Risks Satellite Answers», à Bruxelles au Bâtiment Berlaymont (Salle Robert Schumann). Cette deuxième journée de conférences, qui est organisée par Secure World Foundation, veut sensibiliser les acteurs socio-économiques sur le rôle des systèmes spatiaux (applications intégrées) en Europe pour améliorer la sécurité et la stabilité au niveau global. 9-13 septembre: Living Planet Symposium 2013, organisé par l ESA et l UK Space Agency à Edimbourg (Royaume-Uni). On y fera le point sur le programme GMES, les missions Earth Explorer et Sentinel, l observation de la Terre avec des satellites européens de télédétection, notamment après la fin de la mission Envisat. (*) 9-13 septembre (avant IBC 2013 qui le complète de façon pertinente): World Satellite Business Week, dans le cadre prestigieux de l Hôtel The Westin (Tuileries), Paris, organisé WEI n 69-47
par Euroconsult, le spécialiste des études du marché spatial. C est l incontournable Rendez- Vous de la rentrée de septembre sous le signe du business spatial qui connaît un bel essor dans le monde pour les télécommunications, la télévision, la télédétection, la géo-information Cette semaine de présentations, d échanges de vues, de rencontres avec les opérateurs, constructeurs, investisseurs, assureurs, transporteurs de systèmes spatiaux - avec des représentants de haut niveau - est devenue un «must» incontournable pour les acteurs des systèmes d applications spatiales. En fait, deux grandes conférences sur le business des applications spatiales sont organisées par Euroconsult : - 17th World Summit for Satellite Financing, du 9 au 11 septembre, axé sur le développement commercial des systèmes spatiaux de télécommunications fixes et mobiles, de services haut débit, au niveau global et à l échelle régionale ; - NOUVEAU : 1st Symposium on Prospects for TV distribution, le 11 septembre, sur les aspects et applications de la TV numérique par des satellites de plus en plus performants. - 5th Symposium on Earth Observation Business (sur le thème de «Sustained expansion in the EO Business»), les 12 et 13 septembre, une rare occasion d aborder les questions du marché (fournisseurs et utilisateurs de l imagerie satellitaire) de la télédétection spatiale. 12-17 septembre : IBC 2013, à Amsterdam, avec une exposition sur les multimédias, où se donnent rendez-vous les opérateurs de satellites qui couvrent l Europe, le Moyen-Orient, l Afrique et l Amérique latine. Deltatec y présente en «première» européenne ses nouveaux produits multimédia. 16-20 septembre : 2013 Eumetsat Meteorological Satellite Conference & 19 th AMS (American Meteorological Society) Satellite Meteorology, Oceanography and Climatology Conference, à Vienne (dans le Palais de la Hofburg). Cette conférence annuelle d Eumetsat est l occasion de dresser la situation de la météorologie spatiale non seulement en Europe et aux Etats-Unis, mais également dans le monde. 18-20 septembre : Space Economy in the Multipolar World 2013 (SEMWO 2013), à Vilnius (Lithuanie), sur le thème Earth, our home planet. Cette conférence dressera un bilan de tous les sujets d actualité concernant l espace dans le monde, depuis l exploration à la protection en passant par la télédétection, l innovation, les nano-satellites, le tourisme... Il y sera question de la place des activités spatiales dans le 8 ème programme-cadre de l Union, alias Horizon 2020. 21 septembre : Fête à Mulhouse pour les 15 ans de la CVA (Communauté Villes Ariane). (*) 23-27 septembre 2013 : IAC 2013/64 ème IAC à Beijing (Chine). L occasion de faire mieux connaissance avec la stratégie spatiale chinoise jusqu à la fin de cette décennie. Le thème de la conférence : «Promouvoir le développement spatial au bénéfice de l humanité» (Promoting Space Development for the Benefits of Mankind). Ne perdez pas de vue qu il vous faut, pour vous rendre en Chine, une lettre d invitation pour l obtention du visa. Une «première» à l IAC 2013 : des Wallons à l heure pékinoise. Sur un stand de 46 m², grâce à l AWEX, on aura la présence de Wallonie Espace du Pôle Skywin. Seront représentés le CSL, Amos, Thales Alenia Space Belgium mais d autres pourraient faire le déplacement jusqu à Beijing. Les prochains IAC se tiendront à Toronto (Canada) en 2014 et à Jerusalem (Israel) en 2015. L IAC, qui est devenu un événement «mammouth» d une semaine, est inconstestablement le WEI n 69-48
rendez-vous annuel de la famille mondiale de l astronautique. Kiev (Ukraine) est candidat pour l IAC 2016. 25 septembre : Séminaire sur la coopération spatiale Canada-Europe-Belgique, à l Hôtel Omni, Montréal. Cet événement, destiné à renforcer les actions conjointes entre le Canada et la Belgique dans le domaine spatiale, est organisé par le Groupe ADGA, Rhea System, CORIM, la CSA (Canadian Space Agency) et l ESA. 29 septembre : le 25 ème anniversaire de Spacebel qui est devenu en Europe un spécialiste de renom dans le développement de logiciels «sur mesure» pour les systèmes spatiaux. Voir sur le site de Spacebel (www.spacebel.be) la vidéo réalisée pour cette occasion (*) 3 octobre, de 16 h à 19 h, à Mont-sur-Marchienne : célébration des 50 ans d activités spatiales à Charleroi, avec Thales Alenia Space Belgium, alias ETCA, devenu le spécialiste européen du conditionnement d énergie (alimentation électrique) des systèmes dans l espace. 3-4 octobre : 2013 LMS European Aerospace Conference, au Radisson Blu Hotel, Aéroport de Toulouse. Cette conférence des utilisateurs des logiciels de modélisation numérique permet de mieux connaître les nouveaux produits de LMS Samtech - fort appréciés dans le domaine aérospatial - au sein du Groupe Siemens. 7 octobre : CE 7PC Workshop sur l implication du citoyen dans la gouvernance environnementale, organisé par le consortium de projet Omiscientis (7 ème programme-cadre de l Union), à Arlon. Il s agit de faire le point sur les systèmes mis en œuvre pour la gouvernance environnementale dans l objectif du développement durable. Il concerne les acteurs qui sont concernés par la protection de l environnement. Spacebel est chef de file du Consortium Omniscientis. (*) 14-15 octobre : Session plénière au Sénat de Belgique de la Conférence interparlementaire européenne de l Espace, qui est en 2013 présidée par la Belgique. C est Dominique Tilmans, sénatrice du Luxembourg et chef du Groupe de Travail Espace au Parlement belge, qui organise les événements belges de cette Conférence, dite EISC (European Interparlementary Space Conference), qui réunit les parlementaires de l Union sur le thème de l Union dans l espace. Le thème portera sur «Space & Education» avec un accent particulier sur le développement de missions sur orbite avec de petits et très petits satellites. 19 octobre : Mission Apollo-11 analysée par Pierre-Emmanuel Paulis lors d une conférence à Louvain-la-Neuve, Auditoire Science 01, Place des Sciences. P-E Paulis est un passionné des vols spatiaux et un fan des astronautes et cosmonautes. Il est l auteur de plusieurs BD sur le thème de l astronautique et il est enseignant de l Euro Space Society qui propose des stages d astronaute à l Euro Space Center de Transinne-Libin. Après avoir relaté son entraînement de «Belge sur Mars», il vient de publier un livre de souvenirs personnels sur l épopée lunaire d Apollo 11 en juillet 1969. 24 octobre, 14 h : Séminaire au CSL sur le thème «Recettes pour un Univers chaud», par Christian Barbier et Nicolas Grevesse qui feront le point sur les résultats de la mission Planck. WEI n 69-49
29-30 octobre : International Space Commerce 2013 Summit (ISC 2013), organisé par IRN (International Research Networks) à Londres, avec l accent mis sur le «tourisme» de l espace. 5-7 novembre : SMI s 15th Annual Global MilSatCom, au Park Plaza Riverbank Hotel, à Londres. Les programmes nationaux d activités spatiales militaires - notamment dans le domaine des télécommunications - seront présentés par l Allemagne, la France, le Royaume- Uni, les Pays-Bas, les Etats-Unis, le Canada, le Brésil, l Ukraine, l Australie, les Philippines, au Moyen-Orient, ainsi que par l EDA (European Defence Agency) et l OTAN. A noter que le Vietnam fera le point sur les derniers développements de sa technologie spatiale. Des exposés sur le rôle des opérateurs commerciaux seront faits par Inmarsat, Intelsat, SES, Eutelsat, Hughes Network Systems, O3b Networks, ViaSat Le point de vue des industriels sera abordé par Northrop Grumman, Lockheed Martin, Astrium, Harris Caprock, Newtec, Thales Alenia Space, Thales Communications & Security 5-7 novembre : 4th International Space World Conference & Exhibition, à Frankfurt/Main. Cette manifestation entend privilégier les contacts B2B pour les systèmes spatiaux et leurs applications. (*) 18-22 novembre : 10th European Space Weather Week, à Anvers, organisé par le STCE (Solar Terrestrial Centre of Excellence/Observatoire Royal de Belgique). Cette semaine placée sous le signe de la «météo de l espace» est devenue une référence internationale qui attire de plus en plus de chercheurs et d acteurs du spatial (quelque 300 lors de la 9 ème édition à Bruxelles). 3-6 décembre : 20th APRSAF (Asia-Pacific Regional Space Agency Forum), à Hanoï (Vietnam) organisé par le VAST (Vietnam Academy of Science & Technology) pour faire le point sur la coopération internationale pour les activités spatiales en Asie-Pacifique (en dehors de la Chine). Décembre : les 30 ans d Amos, entreprise liégeoise d opto-mécanique, aujourd hui renommée dans le monde - notamment en Inde et aux Etats-Unis pour ses produits «sur mesure» de télescopes à hautes performances et de simulateurs du vide spatial. (*) 25-27 mars 2014 : Munich Satellite Navigation Summit 2014, au Residenz Muenchen. L événement qui fait le point sur les systèmes de satellites de navigation et leur champ d applications est d autant plus attendu qu il n a pu avoir lieu après un report en juin 2013. (*) 20-25 mai : ILA 2014 ou Berlin Air Show, sur un nouveau site près de l aéroport BBI (Berlin Brandenburg International (en espérant qu il sera ouvert pour les vols internationaux!). L occasion de mieux connaître les compétences de l industrie allemande des systèmes spatiaux. 26-30 mai : The 4S Symposium (Small Satellites Systems & Services), à Porto Petro, sur l Ile de Majorque (Espagne), Cette conférence, organisée par l ESA et le CNES en alternance avec le Symposium IAA-DLR on Small Satellites for Earth Observations à Berlin, permet de prendre connaissance de l évolution des technologies pour les satellites de télédétection en Europe et dans le monde. Une session Cubesats Workshop est consacrée aux nano-satellites d observation. WEI n 69-50
(*) 2-4 juin : GLAC (Global Space Applications Conference) à l UNESCO, Paris, organisé par l IAF (International Astronautical Federation). 9-15 juillet : Farnborough International Airshow, le salon aérospatial du Royaume-Uni. L occasion de mieux connaître les compétences de l industrie britannique des systèmes spatiaux. 2-10 août : COSMOS (COSPAR MOSCOW) - 40th COSPAR Scientific Assembly, sur le campus de l Université d Etat Lomonosov à Moscou. Durant une semaine, des chercheurs du monde entier viennent présenter les résultats et perspectives de missions d exploration du système solaire (Lune, planètes, astéroïdes ) et d observation de l Univers (astrophysique, astrobioilogie), des mesures de l environnement spatial et des relations Terre-Soleil (météo de l espace, rayonnements), d expériences en microgravité (sciences de la vie et des matériaux avec capsules, à bord de stations spatiales ), des connaissances sur l atmosphère Il s agit d un sommet mondial de haut niveau sur les retombées scientifiques de l astronautique. (*) 13-17 octobre 2014 : Climate Research & Earth Observations from Space Climate information for decision making, à Darmstadt. Ce symposium international, qui fera le point sur nos connaissances de la machine du climat, grâce aux observations des satellites, est organisé par l organisation Eumetsat. Annexes-tableaux (publiés désormais en anglais) A.1. Calendrier des prochaines missions de l Europe dans l espace (2013-2022) Cette liste, qui veut montrer que la technologie spatiale est une réalité bien vivante dans l Union européenne, s efforce d être la plus complète possible mais elle ne prétend pas être exhaustive. La difficulté réside dans la mise à jour de ce calendrier, car le planning des missions surtout d ordre scientifique et technologique - n est guère respecté. On s efforce, dans la mesure du possible et sans être certain des dates de lancement, d inclure les pico- et nano-satellites (Cubesat) qui est réalisés par des teams d étudiants comme outils d éducation et de recherche S il manque l une ou l autre mission, pouvez-vous le signaler (theopirard@yahoo.fr)? Surlignés en bleu : les missions ESA, Eumetsat et Union Surlignés en rouge : les missions ESA vers l ISS Surlignés en vert : les satellites d opérateurs commerciaux NAME Launch Launcher Mission (agency/operator) Prime contractor SES-6 2013 June 3 Proton-Breeze Communications (SES) Astrium Satellites ATV-4 Albert Einstein 2013 June 5 Ariane 5 Maintenance ISS (ESA) Astrium Space O3B 1-4 2013 June 25 Soyuz CSG Constellation Communications (03b) Thales Alenia Space (F) ALPHASAT/INMARSAT-I XL 2013 July 25 Ariane 5 Communications (Inmarsat + ESA) Astrium + Thales Alenia EUTELSAT-25B/ES HAIL-1 29 August Ariane 5 Communications (Eutelsat + ictqatar) Space Systems/Loral O3B 5-8 2013 Sep 5 Soyuz CSG Constellation Communications (03b) Thales Alenia Space (F) ASTRA-2E 2013 Sep 15 Proton-Breeze Communications (SES Astra) Astrium Satellites CYGNUS COTS DEMO 2013 Sep 17 Taurus 2 COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia SES-8 2013 Oct or Nov Falcon 9 v.1.1 Communications (SES) Orbital Sciences Corp WEI n 69-51
SWARM A/B/C 2013 Nov Rockot-Breeze Constellation Earth Explorers (ESA) Astrium Satellites TECHDEMOSAT-1 2013 Soyuz Technological demonstrator (UKSA) SSTL +? VENTA-1 2013 Soyuz AIS Quadsat (Ventspils + Un. Bremen) Ventspils + Augstkola + OHB AISSAT-2 2013 Soyuz AIS Cubesat (UTIAS + Kongsberg) Kongsberg Seatex (Norway) UKUBE-1 2013 Soyuz Cubesat techno (UKSA + Clyde) Clyde Space UWE-3 2013 Dnepr Techno Cubesat (Un. Würzburg) Univ. Würzburg +? GOMX-1 2013 Dnepr Earth observation 2-Cubesat (GomSpace) GomSpace(Denmark) E-ST@R-2 2013 Dnepr Technology (Polytechnics Turin) ESA + Polytechnics Turin FUNCUBE-1 2013 Dnepr Radio-amateur Cubesat (Amsat-UK) Amsat-UK UNISAT-5 + 2 PocketQub 2013 Dnepr? Student microsat (GAUSS/Un. Roma) University La Sapienza GAUSS CUBESAT DEPLOYER 2013 Dnepr? Demonstrator with PUCPSat-1 (GAUSS) University La Sapienza DELFI-n3Xt 2013 Dnepr? Triple Cubesat (Delft Un) Delft University BRITE-PL-2 HEWELIUSZ 2013 Long March 4 Astro-seismology (Polytech Univ Warzaw) Space Research Inst + Un Toronto DEIMOS-2 2013 late? Dnepr High-resolution EO (Deimos Space) Deimos Castilla + Satrec Initiative GAIA 2013 Nov Soyuz CSG Astrometry (ESA) Astrium Satellites CYGNUS CRS-1 2013 Dec 8 Antares COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia SPOT-7 2013 late PSLV High resolution (SPOT Image) Astrium Satellites AMAZONAS-4A 2013 late Ariane 5 Communications (Hispasat) Orbital Sciences ASTRA-5B + EGNOS-2 2013 Ariane 5 Communications (SES) + navigation (EC) Astrium + Thales Alenia Space GALILEO FOC 1-2 2014 early Soyuz CSG Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL LITUANICASAT-1 2014 Falcon 9/ISS Technology cubesat (Vilnius University) Vilnius & Kaunas Universities TURKSAT-4A 2014 Proton-Breeze Communications (Türksat) MELCO + TAI + Türksat ERA/ISS NAUKA MODULE 2014 Proton ISS remote manipulator (ESA) EADS Dutch Space IMSAT? 2014 PSLV or Vega Remote sensing microsat (ASI) Carlo Gavazzi Space? ADM-AEOLUS 2014 Vega Earth Explorer (ESA) Astrium Satellites JASON-3 2014 Falcon 9 v.1.1 Oceanography (Eumetsat + NOAA) Thales Alenia Space + CNES (F) PILSENCUBE 2014 TBD Communications (Un. West Bohemia) Un. West Bohemia OUFTI-1/LEODIUM 2014 TBD Télécom D-Star (Amsat?) Univ. Liège + CSL POLYTEC-1/NAOSAT 2014 TBD Earth observations (Un. Pol. Valencia) Naosat + Un. Pol. Valencia AAUSAT-4 2014 TBD AIS demonstration (Un. Aalborg) Un. Aalborg ROBUSTA-1B 2014 TBD Radiation testing (Un. Montpellier) ESA + Un. Montpellier INGENIO-SEOSAT 2014 Vega or? Observations (CDTI + ESA) EADS CASA SICRAL-2 2014 Ariane 5 Milsatcom (Defence It/Fr) Thales Alenia Space (I)? GALILEO FOC 3-4 2014 Soyuz CSG Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL CYGNUS CRS-2 2014 May Taurus 2 COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia SENTINEL-1A 2014 Soyuz CSG Radar observations GMES (ESA) Thales Alenia Space (I) DMC-3 CONSTELLATION 2014 Dnepr or? High Res 3-satellite Constellation (DMCII) SSTL PAZ/SEOSAR 2014 Dnepr or? Military radar (CDTI) CDTI + EADS CASA + INTA UPMSAT-2 UNION 2014? Dnepr or? Earth environment monitoring (UPM) UPM + INTA OPTOS-II 2014 Dnepr or? Triple Cubesat Earth Observation (INTA) INTA THOR-7 2014 Ariane 5 Communications (Telenor Satellite Broadcast) Space Systems Loral AALTO-1 2014 TBD Earth Observation (VTT Finland) VTT Finland MAX VALIER SATELLITE 2014 PSLV Astronomy Quadsat (Inst Bozen) Inst Bozen + MPE Garching AYSEM-1 2014 PSLV? Türkish Cubesat (Bahcesehir Un) Bahcesehir University/ CalPoly BEOSAT? 2014 PSLV? Space environment (ERIG) Univ. Braunschweig DTUSAT-2? 2014 PSLV? Cubesat science (Oersted DTU) Oersted DTU ALBERT? 2014 TBD Cubesat science (Imperial College) Imperial College London MOVE? 2014 TBD Cubesat techno (TU Munich) TU Munich SALLESAT-1? 2014 TBD Cubesat techno (Un. La Salle) Un La Salle - Barcelona CZCUBE-1? 2014 TBD Techno Cubesat (Czech amateurs) Czech amateur club UPCSAT-1? 2014 TBD Cubesat techno catalan (UPC) Univ. Polytech. Catalonia MICROPPTSAT? 2014 Vega? Cubesat micropropulseurs (ARC) Austrian Research Centers ATMOCUBE 2014 Vega? Cubesat scientifique (Un. Trieste) Un. Trieste HINCUBE/ANSAT? 2014 Vega? Cubesat (Univ. College Narvik) Univ. College Narvik GALILEO FOC 5-6 2014 Soyuz CSG Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL SENTINEL-3A 2014 Vega Oceanography GMES (ESA) Thales Alenia Space (F) EUTELSAT-3B 2014 TBD Communications & broadcasts (Eutelsat) Astrium Satellites WEI n 69-52
LISA PATHFINDER 2014 Vega Technological demonstrator (ESA) Astrium Satellites HISPASAT AG-1/REDSAT 2014 Ariane 5? Communications (ESA + Hispasat) OHB + Thales Alenia ADM-AEOLUS 2014 Vega Earth Explorer (ESA) Astrium Satellites NEMO-HD 2014 Dnepr? Earth observations (SFL + Space-SI) + Space-SI (Slovenia) ALMASAT-EO 2014 Vega? Earth Observations (Min Univ & Res) AlmaSpace BIROS 2014 Soyuz Infrared earth observations (DLR) DLR for Firebird constellation LAPAN-TUBSAT A2 2014 PSLV Earth observations (LAPAN) LAPAN + TU Berlin LAPAN TUBSAT A3 2014 PSLV HDTV Earth imagery (TU Berlin) TU Berlin + LAPAN FLYING LAPTOP 2014 Soyuz Technology (IRS Un.Stuttgart) IRS Un.Stuttgart NOVASAT 2013? 2014 TBD Solar sail Triple Cubesat (NovaNano) NovaNano +? HEIDELSAT 2014 PSLV? Triple Cubesat (FH Heidelberg) FH Heidelberg + DLR GALILEO FOC 7-8 2014 Soyuz CSG Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL ATHENA-FIDUS 2014 Ariane 5/ Soyuz Communications (CNES + ASI) Thales Alenia Space F/I EXPERT 2014 TBD Re-entry test (ESA) Thales Alenia Space Italia O3B 9-12 2014 Soyuz CSG Constellation Communications (03b) Thales Alenia Space (F) ESTCUBE-2 2014 TBD Micro-propulsion (Un. Tartu) Un. Tartu, Estonia GAMASAT-1 2014 TBD Reentry test (Un. Porto) Un. Porto + Tekever) IXV 2014 Vega Re-entry test (ESA) Thales Alenia Space Italia VENµS 2014 Dnepr or Vega? Observations (CNES + ISA) ISA + French & Israeli industry NUTS 2014 TBD Gravity waves (NTNU) NTNU, Norway OPTOS-2G 2014 TBD Astrophysics (INTA +?) INTA CYGNUS CRS-3 2014 Antares COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia NANOSAT-2A 2014 TBD Technology (INTA +?) INTA TURKSAT-4B 2014 Proton-Breeze Communications (Türksat) MELCO + TAI + Türksat? DELFFI/DELTA + PHI 2014 TBD Formation flight (TU Delft) TU Delft + ISIS PICASSO 2014 TBD Aeronomy (BISA) BISA, Belgium +? VKI RE-ENTSAT 2014 TBD Re-entry experiment (VKI) VKI, Belgium +? INFLATESAIL 2014 TBD Solar sail demonstrator (SSC) Surrey Space Center GOSSAMER-1 2014 TBD Solar sail demonstrator (DLR + ESA) DLR/Kayser Threde EUTELSAT-9B + EDRS-A 2014 TBD Communications (Eutelsat + Astrium) Eutelsat + Astrium + ESA EUTELSAT-36A/RSCC 2015 TBD Communications (Eutelsat + RSCC) ISS Reshetnev or Astrium? GÖKTÜRK-1 2014 Vega Military observations (Turkey/TAI) Telespazio + Thales Alenia Space ASTRA-2G 2014 TBD Communications (SES Astra) Astrium Satellites O3B 9-12 2015 Soyuz CSG Constellation Communications (03b) Thales Alenia Space (F) GALILEO FOC 9-10 2015 Soyuz CSG Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL GALILEO FOC 11-14 2015 Ariane 5 ES Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL ESEO? 2015? Vega Student earth observation microsat (ESA) Carlo Gavazzi OPSAT ITALY 2015? Vega? Military high res EO (Min Def Italy) IAI + Italian Min Defence BEAGLESAT 2015? TBD Technology (Istanbul University) TAI + Istanbul University PRISMA ITALIA 2015 Vega? Security monitoring (ASI) Carlo Gavazzi Space CYGNUS CRS-4 2015 Antares COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia GALILEO FOC 15-18 2015 Ariane 5 ES Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL SENTINEL-2A 2015 Soyuz 2 Observations GMES (ESA) Astrium Satellites AMAZONAS-4B 2015 Ariane 5? Communications (Hispasat) Orbital Sciences SES-9 2015 Ariane 5? Communications (SES) Boeing GALILEO FOC 19-22 2015 Ariane 5 ES Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL AMSAT P3 EXPRESS 2015 Ariane 5/ Soyuz Technology (Amsat DL) Amsat DL TUBIN-TUBIX20 2015 TBD Technology Nanosat (TUB) TU Berlin TURKMENSAT/MONACOSAT 2015 Falcon 9 v1.1 Communications & broadcasts (Turkmenistan) Thales Alenia Space (F) CYGNUS CRS-5 2015 Antares COTS module to ISS (Orbital Sciences) + Thales Alenia Space Italia IONOSAT-1 2015? Cyclone 4? Space Weather (NSAU/Ukraine) Youchnoye + ESA + EC QB50 CONSTELLATION 2015 TBD Thermosphere study (VKI) Team of universities SIMBA 2015 TBD Sun-earth Imbalance (RMI) RMI Belgium +? Q-RED? 2015 TBD Cubesat reentry test (Tekever) Tekever (Portugal) OTB-1 2015 TBD Orbital Test Bed (SSTL) SSTL EARTHCARE 2015 Vega? Earth Explorer (ESA + JAXA) TBD GALILEO FOC 15-18 2015 Ariane 5 ES Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL WEI n 69-53
GALILEO FOC 19-22 2015 Ariane 5 ES Navigation (Commission + ESA) OHB-System + SSTL BEPICOLOMBO 2015 Ariane 5 Mercury orbiters (ESA + JAXA) Astrium + JAXA MICROCARB 2015? TBD Chemistry of atmosphere (CNES) CNES +? EDRS-C/HYLAS-3 2015 TBD Communications (ESA + Avanti) OHB + Astrium TURKSAT-5A/PEYKOM-1 2015 TBD Communications (Türksat) TUSAS/ TAI + MELCO CFOSAT 2015 Long March 2C Oceanography (CNES + CNSA) CNSA + Thales Alenia Space SENTINEL-1B 2016 Soyuz 2 Radar observations GMES (ESA) Thales Alenia Space (I) EUTELSAT-65 WEST A 2016 TBD Communications (Eutelsat do Brasil) Space Systems/Loral PROBA-ALTIUS 2016 TBD Atmosphere chemistry (ESA + BISA) QinetiQ Space PROBA-3A 2016 Vega Formation flight (ESA) QinetiQ Space PROBA-3B 2016 Vega Formation flight target (ESA) EADS CASA + Sener EXOMARS 2016 2016 March Proton-Breeze Mars lander (ESA + NASA + Roscosmos?) Thales Alenia Space + Astrium EXOMARS/TGO 2016 March Proton-Breeze Mars orbiter (ESA + NASA + Roscosmos?) Thales Alenia Space Italia HEINRICH HERTZ 2016 TBD Communications (DLR +?) OHB-System + Astrium? GÖKTÜRK-3 2016 TBD SAR Earth Obs (TAI + Tübitak) TAI +? SHALOM 2016 TBD Hyperspectral EO (ISA + ASI) Israeli + Italian industry SENTINEL-5 PRECURSOR 2016 Vega? Atmosphere chemistry (ESA + TNO) Astrium UK + TNO PERSEUS? 2016 PSLV? Astrophysics + Techno (IRS) IRS/Univ. Stuttgart MERLIN 2016 Vega Methane observations (CNES + DLR) CNES + DLR +? OPS-SAT 2016 Vega? Technology (ESTEC) ESA MUSIS CSO-1 2016 Vega? Spy satellite (DGA) Astrium + Thales Alenia Space CRYOSAT-2/JASON-4 2016 Vega? Oceanography (ESA + Eumetsat) TBD TARANIS 2016 Vega Analysis of lightning & stripes (CNES) CNES + CNRS OPSIS 2016 Vega High-Resolution EO (ASI) Italian industry + OHB? NORSAT-1 2016 TBD Sat-AIS & security (Norsk Romsenter)? + Kongsberg GOSSAMER-3 2016 TBD Large solar sail demonstrator (DLR) DLR /? AMSAT P5A? 2016? Ariane 5 Mars orbiter (Amsat DL) Amsat Deutschland METOP-C 2016 late Soyuz 2 CSG Polar meteo (Eumetsat +NOAA) Astrium Satellites SENTINEL-3B 2017 Soyouz 2? Oceanography GMES (ESA) Thales Alenia Space (F) MEGASAT? 2017 TBD Communications (CNES + Eutelsat?) Astrium/Thales Alenia Space? SIGMA/MARCONI-1 2017 TBD Broadband communications (ASI + PPP) Italian industry +? MTG-I-1 (METEOSAT) 2017 TBD GEO meteo imager (ESA/Eumetsat) TBD MPCV ORION 2017 SLS Block1 Manned spacecraft (NASA + ESA) Lockheed + Astrium Space ENMAP 2017 PSLV Hyperspectral imagery (DLR) Kayser-Threde SENTINEL-2B 2017 Soyuz 2 Observations GMES (ESA) Astrium Satellites MUSIS CSO-2 2017 Vega? Spy satellite (DGA) Astrium + Thales Alenia Space CHEOPS 2017 Vega? Exoplanets monitoring (ESA) TBD MICROSCOPE 2017 Vega? Technology (CNES + ESA) CNES + ONERA COSMIC VISION M1 2017 TBD Science (ESA) TBD SIGMA/MARCONI-2 2017 or 2018? TBD Broadband communications (ASI + PPP) Italian industry +? ESMO? 2018 TBD Student moon orbiter (ESA) SSTL + ESA SOLAR ORBITER 2018 TBD Solar exploration (ESA) Astrium +? PROBA-4 IMP? 2018 Vega? Asteroid mission (ESA) TBD JAMES WEBB ST 2018 Ariane 5? Astronomy/Astrophysics (NASA) Northrop Grumman + ESA EXOMARS-2 Rover 2018 Proton-Breeze Mars rover (ESA + NASA)? Thales Alenia + Astrium MTG-S-1 (METEOSAT) 2019 TBD GEO meteo sounder (ESA/Eumetsat) TBD COSMO SG-1 & SG-2 2019 TBD Dual-use radar satellites (Defensa/ASI) Thales Alenia Space Italia SARAH AKTIV-1 2019 Falcon 9 v.1.1 Satellite émetteur radar (Bundeswehr) OHB + Astrium SARAH PASSIV-1 & -2 2019 Falcon 9 v.1.1 Satellite récepteur radar (Bundeswehr) OHB LUNAR BW-1? 2019 PSLV? Moon orbiter (IRS Stuttgart) IRS Stuttgart COSMIC VISION M2 2019 TBD Science (ESA) TBD EUCLID 2019 TBD Cosmology (ESA) TBD SWOT 2019 TBD Ocean topography (CNES + NASA) TBD + NASA/JPL CERES-1, -2, -3 2020 Soyouz or? Electronic intelligence (DGA + CNES) Astrium + Thales Alenia Space? MTG-I-2 (METEOSAT) 2020 TBD GEO meteo imager (ESA/Eumetsat) TBD COSMIC VISION L1 2020 TBD Science (ESA) TBD EPS SG-1 2020 TBD Polar Meteo (ESA + Eumetsat) TBD LUNAR LANDER 2020? Soyuz 2 CSG Moon lander (DLR) DLR + European partners? WEI n 69-54
EXOMARS-3? 2020? TBD Mars Science (ESA + NASA) TBD COMSAT NG 2020? TBD Military Satcom (DGA + CNES) Astrium or Thales Alenia Space JUICE + GANYMEDE 2022 Proton-Breeze Jupiter Moon exploration (ESA + NASA?) TBD + Russian industry EPS SG-2 2022 TBD Polar Meteo (ESA + Eumetsat) TBD Space Information Center/Belgium August 2013 4. Export contrats for the satellite industry in Europe This alphabetical list review the known contracts signed by the European industry of space systems for spacecraft outside Europe to be launched during the period 2013-2018. It also includes the major contracts for payloads or platforms. NAME Contractor (Country) Mission (launch schedule) Prime contractor (State) ALSAT-2A/2B ASAL/CNTS (Algeria) Remote sensing micro-satellites (2010) Astrium (France) AMOS-4 Spacecom (Israel) GEO telecommunications (2013) * Thales Alenia Space (France) APSTAR-7B/CHINASAT-12 APT Satellite Cy (Hong Kong) GEO telecommunications (2012) Thales Alenia Space (France) ARABSAT-6B Arabsat (Saudi Arabia) GEO telecom/broadcasts (2014) Astrium (France) + *Thales Alenia Space (France) ARSAT-1/-2 & /-3? ArSat (Argentina) GEO telecommunications (2013-17) * Thales Alenia Space + Astrium BADR-7 Arabsat (Saudi Arabia) GEO telecom/broadcasts (2015) Astrium (France) + *Thales Alenia Space (France) DMC-3 CONSTELLATION DMCII (United Kingdom) High-resolution satellites (2014) SSTL + DMCII (+ China) DIRECTV-15 DirecTV (USA) GEO broadcasts (2014) Astrium Satellites (France) EUROBIRD-2A/ES HAIL-1 Eutelsat/ictQatar (France/EAU) GEO telecom/broadcasts (2013) Thales Alenia Space EXPRESS AM-4R RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2014) Astrium (France) EXPRESS AM-7 RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2014) Astrium (France) EXPRESS AM-8 RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2013) *Thales Alenia Space (France) EXPRESS AMU-1 RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2015) Astrium (France) EXPRESS AT-1 RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2013) *Thales Alenia Space (France) EXPRESS AT-2 RSCC (Russia) GEO telecom/broadcasts (2014) *Thales Alenia Space (France) FALCON EYE-1 & -2 UAE Armed Forces (UAE) Very high-resolution observations (2016, 2017) Astrium + Thales Alenia Space (France) GEO-KOMPSAT-2B KARI (South Korea) GEO meteorological observations (2019) *Astrium (France) GLOBALSTAR II Globalstar (USA) Mobile comsat constellation (2010-13) Thales Alenia Space (France) GÖKTURK-1 Min Defence (Turkey) High-resolution observations (2015) Telespazio + Thales Alenia Space IRIDIUM NEXT Iridium Satellite (USA) Mobile comsat constellation (2015-2017) Thales Alenia Space (France) KANOPUS-1,-2,-3 NPP VNIIEM (Russia) Space environment (2012-2013) NPP VNIIEM + SSTL (UK) KAZSAT-3 JSC Kazsat (Kazakhstan) GEO telecom (2013) *Thales Alenia Space (Italy) KGS-HRES Kazcosmos (Kazakhstan) Remote sensing mini-satellite (2013) Astrium Satellites (France) KGS-MRES Kazcosmos (Kazakhstan) Remote sensing micro-satellite (2014) SSTL (United Kingdom) KOMPSAT-5 KARI (South Korea) Radar remote sensing (2013) *Thales Alenia Space (Italy) LAPANSAT-A2 LAPAN (Indonesia) Remote sensing micro-satellite (2013) *TU Berlin (Germany) LAPANSAT-A3 LAPAN (Indonesia) Remote sensing micro-satellite (2013) *TU Berlin (Germany) LISAT-ADISTAR? LAPAN (Indonesia) Earth Observations (2015) TU Berlin + LAPAN MEASAT-3B MEASAT (Malaysia) GEO Telecommunications (2013) Astrium Satellites (France) O3B (12 satellites) O3b Networks (Jersey) Broadband constellation (2013-2015) Thales Alenia Space (France) SAPPHIRE CSA (Canada) Space Surveillance (2013) SSTL (United Kingdom) SGDC-1 Visiona Technologia (Brazil) Governmental communications (2016) Thales Alenia Space (France) TELSTAR-12R Telesat (Canada) GEO telecom (2015) Astrium Satellites (France) TURKMENSAT-1 Turkmenian Space Agency GEO telecommunications (2014) Thales Alenia Space (France)? (Turkmenistan) + SSI (Monaco) /MONACOSAT VNREDSAT-1B VAST/Institute Science & Remote sensing micro-satellite (2017) Spacebel + QinetiQ Space + Amos + Technology (Vietnam) CSL + Deltatec + VITO YAMAL-401 Gazprom Space Systems (Russia) GEO communications (2013) *Thales Alenia Space (France) * Payload contractor SS/L = Space Systems Loral WEI n 69-55
SSTL = Surrey Satellite Technology Ltd Space Information Center/Belgium August 2013 A.3. Table of planned/expected contrats related to civilian satellites for communications and broadcasts The most profit-making space business concerns the satellite systems for communications and broadcasts (see in this Directory the table reviewing all the spacecraft in operational service and in preparatory status). This new and original table summarizes the known/announced satellites for which a RFP is in progress or in project. European satellite industry has to play a significantly promising role, in spite of the high value of the euro. Space Systems/Loral as One of the main aggressive contenders for comsat contracts was acquired by Canada s MDA (McDonald Dettwiler & Associates). SATELLITE (Operator/country) Position (frequencies) Status (launch/particular aspects) ABS-2/ST-3/KOREASAT-8 (Asia Broadcast Satellite/Hong Kong) 75 East (C- & Ku- bands) Contact with Space Systems Loral Ariane 5 launch (2013/complement to ABS-1, alias LMI-1). ABS-3A/KOREASAT-9? (Asia Broadcast Satellite/Hong Kong) 3 West (C- & Ku-bands) Replacement of ABS-3/Agila-2 at 3 West since November 2011, used by Intersputnik. All-electric medium-size comsat or BSS 702SP of Boeing Satellite System. To be launched by Falcon 9 of SpaceX with Satmex-7. Market prospects studied by ABS- 1A/Koreasat-2 in inclined orbit (early 2015: for a coverage of AFGHAN-SAT (MCIT-Ministry of Communications and Information Technology/Afghanistan) AFRICASAT-2A (Measat Satellite Systems/Malaysia) 50 East (C- & Ku-bands) 5.7 East (C-, Ku & Kabands) Europe, Middle East, Asia and Africa) International call, conducted by ATRA (Afghan Telecom Regulatory Authority) for Expressions of Interest for the geosynchronous position allocated to Afghanistan, to lead to the issuance of a license with an international partner. (2016?) RFP in progress for satellite to be launched in 2015. Measat looking for a partner such as Eutelsat or Arabsat (replacements of Africasat-1/Measat-1 positioned at 46 East, of Africasat-2/Measat- 2 positioned at 5.7 East) ALCOMSAT-1 (ASAL/Algeria) 24.5 East (C- & Ku-band Northern beams) RFP in preparation for a SmallGEO-type contract during 2013? proposal made by CGWIC/China Great Wall Industry Corp (2016: for a coverage of Maghreb countries). AMAZONAS-3 (Hispasat/Spain) 61 West (C- & Ku-band) 5-t satellite contract to Space Systems/Loral. Launch with Ariane 5 AMAZONAS-4A & -4B (Hispasat/Spain) AMOS-4 (Spacecom/Israel) 61 West (C-, Ku- & Kaband) 65 East (Ku- & Kabands) (early 2013) After international RFP, Orbital Sciences selected as prime contractor for two satellites (2014, 2015-2016) Israel Aerospace Industries (IAI) selected as prime contractor and for the bus; Thales Alenia Space for the complex payload consisting of multiple antennas for various beams. Launched with Zenit-3SLB from Baykonur on 1 st September 2013. Capacity to be reserved to governmental communications) AMOS-6 (Spacecom/Israel) 4 West (Ku- & Ka-bands) After international RFP, Israel Aerospace Industries (IAI) selected as prime contractor, with Canadian MDA as payload contractor. Satellite to be launched by Falcon 9 (2015, to replace Amos-2 and to add Ka-band capacity to the hot bird position of Spacecom). AMOS-7 (Spacecom/Israel) 17 West (Ku- & Kabands) 24.5 East (C- & Ku-band Southern beams) Specifications under study for international RFP in 2013 (2016) ANGOSAT-1 (Ministry Telecoms/Angola) In-orbit delivery contract with Russian RKK Energia and Rosoboronexport. Negotiations finalized in May 2011. Total cost: around 245 million euros (2016, with a full coverage of Southern Africa). ANIK G-1 (Telesat/Canada) 107.3 East (Ku-band & X- Space Systems/Loral selected to build this multipurpose WEI n 69-56
ANIK G-2 (Telesat/Canada) AONESAT-1 (AOneSat Communications/Suisse + Inde) APSTAR-7A & -7B (APT Satellite Holdings/Hong Kong) band) 107.3 East (Ku- & Kabands?) TBD (C- & Ku-bands) 76.5 East (C- & Ku-) bands broadcasting & communications satellite to cover North America. To be launched by ILS Proton, but delays due to Breeze-M problem. (2013) Multipurpose broadcasting & communications satellite. Planned contract in 2013. (2015) New operator created by Indian family Pavuluri (Hyderabad) with global views. First medium-size comsat contracted to ISS Reshetnev in order to cover Latin America. Plan for further two comsats. (2016) Thales Alenia Space as prime contractor for a ITAR-free satellite Apstar-7B to be transferred to China Satcom as Chinasat- 12/Supremesat-1. Launch with Long March 3B (APstar-7A launched on 31 March 2012 to replace APstar-2R; Apstar- 7B/Chinasat-12 launched in November 2012) Plan to expand coverage and services. RFP in preparation for contract in 2013. (2016) APSTAR-8 (APT Satellite Holdings/Hong Kong) TBD (Ku-band, Ka-band?) ARMSAT-1 (Armcosmos, Armenia) 71.4 East (Ku-band) National comsat, for coverage of Eastern Europe and Central Asia, to be developed with the assistance of Roscosmos or CGWIC? (2017?) ARSAT-1/-2/-3 (ArSat/Argentina) ASIASAT-6/THAICOM-7 and ASIASAT-8 (AsiaSat/Hong Kong + Thaicom/ Thailand) AZERSPACE-2 (Azercosmos/Azerbaidjan) BANGABANDHU-1 (Post & Telecommunications/Bangladesh) 71,8 West, 81 West (Kuband) 120 East and 105.5 East (C-band for Asiasat-6, Ku- & Ka-bands for Asiasat-8) Part of SSGAT (Sistema Satelital Geoestacionario Argentino de Telecomunicaciones). Invap SA as prime contractor, with Thales Alenia Space (+ Astrium) selected for the payload after an international RFP. Both satellites to be launched by Arianespace. (2013, 2014?) Space Systems Loral as prime contractor - Asiasat-6 as back-up for AsiaSat-5 and Asiasat-8 to be launched by Falcon 9. Asiasat-6 used by Thaicom as Thaicom-7 to retain Thailand s regulatory rights to 120 East (2014-2015) 62 East (Ku- & Ka-bands) 2 nd comsat to be contracted in 2013 with international partners and domestic involvement for its development. To be used jointly with Azerspace-1 in GEO since February 2013. (2015) 102 East (C- and Kuband International. Plan for in-orbit delivery contract and Preparation of RFP with American consultant Space Partnership turnkey system to be decided in 2013? (2016?) BELARUS SAT-1? (Defense Industries Committee/Belarus) TBD (40 transponders in C- and Ku-bands) After international RFP launched in 2010, CGWIC (China Great Wall Industry Corp) selected for in-orbit delivery contract DFH- 4 type comsat for services in Central Asia and in Europe Financial support of Chinese Ex-Im, but contract still to be finalized (2015) CONGOSAT-1 (Congo) TBD (C- & Ku-bands) Announcement of a contract for in-orbit delivery with China DIRECTV-15 (DirecTV/USA) From 99 to 119 West (Ku- & Ka-bands) Telecom and CGWIC (China Great Wall Industry Corp). (2015) 6.3-t broadcasting satellite to cover North America. Astrium Satellites selected as prime contractor To be launched by Ariane 5. (2014) DPRK COMSAT-1? (KCST/North Korea) TBD (C-band) Development of a geosynchronous satellite in the Space Plan 2012-2017 of DPRK. To be launched by a national system. (2017?) ECHOSTAR-18 (Echostar/USA) TBD (Ku-band) Direct broadcasting satellite for the Dish Network Corp. Space Systems/Loral as prime contractor. (2015?) ECHOSTAR-19/JUPITER-2 (Hughes Network Systems/USA) TBD (Ka-band) Space Systems Loral as prime contractor for interactive broadband satellite with very heavy and powerful spacecraft to cover North ECHOSTAR T2/TERRESTAR-2 (Echostar Satellite Services/USA) ES HAIL-1/EUROBIRD-2A or EUTELSAT 25B (ICTQatar + Eutelsat/Qatar) ES HAIL-2 (ES HAISAT/Qatar) (S-band) 25.4 East (Ku- & Kabands) Close to Badr position of Arabsat 26 East (Ku- & Kabands) WEI n 69-57 America. Ariane 5-ECA selected as launch vehicle (2016) 6.9-t broadcasting satellite for mobile applications. Space Systems/Loral as prime contractor. To be launched by Proton. (2015-2016) Joint venture between ICTQatar and Eutelsat Space Systems Loral selected as prime contractor Partnership with Arabsat - To be launched by Ariane 5 (2013) International RFP in progress Contract to be announced in 2013. (2016?)
EUTELSAT-3B (Eutelsat) 3 East (C-, Ku-, Kabands) Coverage, with new services, of the Middle East, Central Asia, Africa and Latin America. Satellite contract to Astrium (2014) EUTELSAT-9B + EDRS-A (Eutelsat + Astrium Services) 9 East (Ku- & Ka-bands + optical relay) Astrium as prime contractor. Hosted payload for Astrium Services/PPP with ESA. Launcher not yet selected (2014). EUTELSAT-8 WestB (Eutelsat + Thales 8 West (C- & Ku-bands) Thales Alenia space selected as prime contractor with Spacebus Alenia Space) 4000C3-type spacecraft. Launcher not yet selected (2015) EUTELSAT-65 WestA (Eutelsat + Anatel/Brésil) 65 West (C-, Ku- & Kabands) Eutelsat offer selected by Anatel for the use of Brazilian position to cover Latin America. Contract with Space Systems/Loral. Availability of services for the Olympic Games (2016). EXPRESS AM-4R (RSCC) 80 East (L-, C-, Ku- & Ka-bands) 6 t satellite contract with Astrium to replace AM-4 put into wrong transfer orbit: Eurostar 3000 bus with 16 kw payload (2014) EXPRESS AM-7 (RSCC) 40 East (L-, C- & Kubands) 5.7 t satellite contract with Astrium: Eurostar 3000 bus with 16 kw payload (2014) EXPRESS AM-8 (RSCC) 14 West (C- & Ku-bands) AM-8 to be built by ISS Reshetnev and Thales Alenia Space. To be launched by Proton. AM-7 (2014) EXPRESS AM-9 (RSCC) 36 East? (C-, Ku- & Kabands?) RFP in progress for a possible contract in late 2012. (2015) EXPRESS AMU-1/EUTELSAT-36C (RSCC) 36 East (70 repeaters in Ku- & Ka-bands) Astrium selected with Eurostar-3000 spacecraft. Proton launch to be confirmed. (2015) EXPRESS AT-1 & AT-2 (RSCC/Russia) 50 East (to replace Bonum-1) & 36 East Broadcasting satellites to be built by ISS Reshetnev and Thales Alenia Space. To be launched by Proton. (2013, 2014) GLOBALSTAR 25-30 (Globalstar/USA) HEINRICH HERTZ (DLR + OHB + ESA? ) HELLASAT-3 (Arabsat/Greece + Saudi Arabia) HISPASAT AG1 (ESA + Hispasat /Spain) (Ku-band) LEO Constellation (Lband) TBD (Ka-band) Additional six satellites to be ordered to Thales Alenia Space. Globalstar 19-24 to be launched by Soyuz from Baikonur in September 2012 (2015?) OHB as prime contractor with SmallGEO bus. Broadband services with advanced Ka-band payload for dual use (2016) 39 East (Ku- & Ka-bands) Powerful broadcasting satellite. Selection, to be made by Arabsat, of contractors (satellite, launcher) in a few months. (2016) 36 West? (Ku-band) Luxor/SmallGEO bus (ARTES 11 programme) with payload developed by TESAT and Thales Alenia Space. Contract signed with OHB System. PPP between ESA and Hispasat. To be launched by Arianespace. Final position still to be finalized. (2014) HISPASAT-1F (Hispasat/Spain) 30 W (Ku-band) High-capacity communications satellite. Prime contractor not yet selected. Uncertain future after Amazonas-4 contract. To be launched by Ariane 5? (2016?) HYLAS-3/EDRS-C (Avanti Communications, United Kingdom + ESA) INMARSAT GLOBAL EXPRESS (Inmarsat/United Kingdom) INMARSAT XL/ALPHASAT (ESA + Inmarsat/United Kingdom) 0? (S- & Ka-band) Small GEO platform of OHB carrying EDRS-C of Astrium Services/Tesat + Avanti payload for broadband Ka communications following PPP agreement with ESA. Launch contract with Arianespace? (2015) Atlantic, Pacific & Indian Oceans (89 Ka-band transponders on each satellite) Contract for up to 4 powerful spacecraft for mobile broadband services: Boeing Satellite Systems as prime contractor with BSS- 702HP bus - Proton launch contract with ILS (1 st launch in 2014) 25 East (L-band) Heavy geosynchronous satellite with 12-m aperture antenna for mobile services in Europe, the Middle East and Africa. Satellite jointly developed by Astrium (prime contractor) and Thales Alenia Space (Alphabus) to test a new large platform. PPP between ESA and Inmarsat. Launched by Ariane 5 on 25 August 2013. INSAT K (ISRO/India) Indian Ocean (Ka-band) 6-t class spacecraft for Ka-band communications (broadband links), to be purchased from abroad; 2 nd satellite to be indigenously developed (2015?) INTELSAT-22 (Intelsat/Luxembourg) INTELSAT-23 (Intelsat/Luxembourg) 72 East (C- and Ku-bands + UHF military payload for Australian Defence Force) 53 West (C- and Kubands) WEI n 69-58 Boeing Satellite Systems as prime contractor with the new 702B platform for GEO missions Hosted payload for Australian Defence Forces - Proton launch contract with ILS. (2013 to cover Asia, Africa and Australia) Medium-class communications and broadcasting satellite. Orbital Sciences as prime contractor with Star-2 bus. Proton launch contract with ILS (2013)
INTELSAT-27R/-34 (Intelsat/Luxembourg) INTELSAT-30 DLA-1 & -31 DLA-2 (Intelsat/Luxembourg DirecTV Latin America) INTELSAT EPIC-1 or Intelsat 29E & -2 or INTELSAT-33E/NEXT GENERATION (Intelsat/Luxembourg) INTELSAT-34 (Intelsat/Luxembourg) INTERSPUTNIK 16W (Russia) INTERSPUTNIK 78E (Russia) IRANSAT-1, -2 & -3 (SRI-Space Research Institute & ISA/Iranian Space Agency/Iran) IRIDIUM NEXT (Iridium/USA) 55.5 East/Atlantic Ocean (C- and Ku-bands + UHF military payload for US Navy) 95 West (C- & mainly Ku-bands) 29 East, 33 East (C-, Kuand Ka-bands, with broadband spotbeams/high throughput technology) 55.5 West (C- and Kubands) 16 West (C-, Ku- & Kabands) 78 East (C-, Ku- & Kabands?) 47 East, 34 East (Kubands) LEO constellation (Lband, with interlinks) Loss at launch with Zenit 3SL, on 31 January 2013, of the mediumpower HS702 satellite developed by Boeing Satellite Systems, carrying a hosted payload for military purposes. Specific covberage of Latin America. Replacement to be ordered in 2013. (2016) High-power LS-1300 satellites of Space Systems/Loral, for DTH broadcasts in Latin America (DLA: DTH Latin America). Ariane 5 launch for Intelsat-30 DLA-1 (2014 & 2015) Versatile high-power satellites, using an innovative heavy platform, for mobile broadband applications: after international RFP, first contract to Boeing. Second EPIC oto be ordered in 2013. Ariane 5, Proton or Heavy Falcon as candidates for the launches (2015 & 2016) Powerful heavy comsat to replace Intelsat-27 lost during Zenit 3SL failure. Space Systems/Loral as prime contractor. Launcher not yet selected. (2015) To replace an operational satellite (unidentified) which will moved to the new position in mid-2013. International RFP in progress for the acquisition of a medium-class satellite for joint global operations with many countries. (2015) International RFP in preparation for the acquisition of a mediumclass satellite for joint global operations with many countries. (2015) Civilian project of small geosynchronous satellites to carry 2 Kuband transponders for digital broadcasts. Indigenous development in progress with North Korea? See also the military Qaem project. (2015 or 2016) Thales Alenia Space selected as prime contractor for the space segment (72 satellites in orbit + 9 ground spare). Launch services with nine Falcon 9 rockets of SpaceX from Vandenberg AFB and Dnepr fromyazny. International call for 50-kg hosted payload. To collect ADS-B signals for aeronautical traffic monitoring (2015-2017/replacement of the existing and operational 66-satellite constellation) JABIRU-1 (NewSat/Australia) 90 East (Ka-bands) Australian private project of an international broadband satellite covering Oceania, Asia, Middle-East and Easter Africa, for defence and enterprise links. Agreements with Lockheed Martin for the space segment and Arianespace for the launch. (2015) JABIRU-2/MEASAT-3B (NewSat/Australia) JABIRU-3 (NewSat/Australia) Indian Ocean, close to Jabiru-1 (Ku- & Ka-band) Indian Ocean, close to Africa (Ka-band) Specific small Ku-/Ka-band comsat to cover Oceania. Joint partnership with Malayasian Measat operator to exploit Measat-3B Ku-band capacity for Australia. No further plan for a full satellite. (2014: launch of Measat-3B) High-power satellite for broadband connections in Africa, the Middle East, Europe, India, South-East Asia and Indonesia. Need for an international partner. Plans for Jabiru-4 and -5 satellites over Pacific and Atlantic Oceans to create a global system. (2017?) JCSAT-13 (Sky Perfect JSAT/Japan) 124 East (high-power transponders in Ku-band) Lockheed Martin as prime contractor. To be launched by Ariane 5. (2013) JCSAT-14 (Sky Perfect JSAT/Japan) 154 East (C- & Ku-band) Replacement of JCSAT-2A with Space Systems/Loral as prime contractor. Launcher not yet selected. (2015) JUPITER-2/ECHOSTAR-19 (Hughes Network Systems/USA) TBD (Ka-band) Space Systems Loral as prime contractor for interactive broadband satellite with very heavy and powerful spacecraft to cover North America. Ariane 5-ECA selected as launch vehicle (2016) KAZSAT-3 (Kazcosmos/Kazakhstan) 58.5 East (Ku- bands) Contract of JSC Kazsat with ISS Reshetnev satellite (Ekspress- 1000N bus). Payload of Thales Alenia Space to provide communications & broadcasts in Central Asia. Proton launch. (2013) LAOSAT-1 (Min. Telecommunications/Laos) 128.5 East (C- & Kubands) WEI n 69-59 In-orbit delivery contract with CGWIC (China Great Wall Industry Corp), in order to cover South East Asia, from Pakistan to Papua New Guinea. Satellite made by CAST (Chinese Academy of Space
Technology) with Long March 3B launch (2015) LYBID-1/UKRCOMSAT-1 (NSAU- UkrCosmos/Ukraine) 48 East (Ku-band & Kaband) High-power satellite (transponders of 120 W) built by MDA (McDonald Dettwiler & Associates ex-spar Aerospace) as prime contractor with ISS Reshetnev platform (Ekspress 1000H). Canadian funding of the system. Development still pending because of coordination for frequencies. Launch with made in Ukraine Zenit 3LB (announced for September 2011, now planned in late 2013 or early 2014) MEASAT-3B (Measat Satellite Systems/Malaysia) 91.5 East (Ku-band) High-power satellite to be collocated with Measat-3 and Measat- 3A. Astrium as prime contractor. To be launched by Ariane 5. To be exploited as Jabiru-2 in partnership with NewSat in Australia (2013) MEASAT-3C/AFRICASAT-2a (Measat Satellite Systems/Malaysia) (C-, Ku- and Ka-bands) Negotiations in progress for a partnership with another comsat operator, to cover Europe, Africa,the Middle East. RFP for contract in 2012 (2014-2015) MEXSAT-1 & -2 (Mexico) 113 West (L- & Kubands) Governmental contract for 3 satellites with Boeing Satellite Systems, including 2 Boeing 702HP geomobile satellites equipped with 22-m L-band antenna. (2013) MEXSAT-3 (Mexico) 114.9 West (C- & Kubands) Contract of Boeing with Orbital Sciences: geosynchronous spacecraft for fixed satellite services. Launch ed by Arianespace (2012). MYANMAR-SAT? (M-Tel/Myanmar or TBD (C- & Ku-band) Negotiations with satellite operators for the use of orbital slot and Birmania) frequencies. Singtel and CGWIC well positioned for development contract? (2016?) NBN CO-1A & -1B (NBN/Australia) 137.9 or 154 East (Kaband) High-power satellite system for NBN (National Broadband Network). Space Systems/Loral as prime contractor for the two colocated spacecraft. Launcher not yet selected (2015) NICASAT-1 (TBD/Nicaragua) TBD (Ku-band) Communication & broadcasting satellite, based on DHF-4 bus, to be developed and delivered in orbit by CGWIC (2016 or 2017?) NIGCOMSAT-2 & -3 (Nigcomsat/Nigeria) 42.5 East (L-, C-, Kuand Ka-bands) International RFP to be issued after the launch of Nigcomsat-1R (2014?) O3b/12 (O3b Networks/Jersey) Equatorial MEO constellation (Ka-band) Development in progress with the strong support of SES for funding resources and control facilities. 16 satellites in construction, with 12 to be launched by Soyuz from French Guyana. First 4 satellites launched on 25 June. Up to 20 satellites for 2020? (2013-2014) OPTUS-10 (SingTel Optus/Australia) TBD (Ku-band) LS-1300 spacecraft of Space Systems/Loral. To be launched by Arianespace. (2013) QAEM (Defense Ministry/Iran) TBD (C- & Ku-bands) National comsat for governmental services in Iran, with C-band and Ku-band transponders. To be indigenously developed and launched (2017?) PALAPA-E1 (PT Indosat Tbk) /Indonesia) SATMEX-7A (Mexico) 146 East (Ku-band) 114,9 West (C- & Kubands) High-power communications satellite contracted to Orbital Sciences, in order to replace Palapa-C2. Preceded since June 2012 by PSN-V, the Chinasat-5B, in inclined orbit, sold by Chinasatcom (2015?) Regional operator acquired by Eutelsat. Contract with Boeing Satellite Systems for an all-electric medium-size comsat. To be launched by Falcon 9 of SpaceX with ABS-3A (early 2015) SATMEX-9 (Mexico) TBD (C- & Ku-band) Regional operator acquired by Eutelsat. Contract with Boeing Satellite Systems. To be launched by Falcon 9 of SpaceX (2015 or 2016) SES-8 (Luxemburg) 95 East (Ku-band) DTH satellite with medium-sized platform to cover South Asia and Indochina: contract with Orbital Sciences Corp. To be launched by Falcon-9. (2013) SES-9 & SES-10? (Luxemburg) Indian Ocean (Ku-band) High-power SES-9 satellite contracted with Boeing. Launch not yet selected (2015) SGDC BRSat (AEB + Visiona Technologia Espacial/Brazil) 68 West &? (C-, X-, Kubands? + meteo payload) WEI n 69-60 Satélite Geoestacionário de Defesa e Comunicações Estratégicas (SGDC) or Multi-purpose satellites to be used for governmental Commun ications, broadband links, air traffic management. Joint
SICRAL-2 (Italian MOD-ASI + DGA- CNES/Italy + France) 37 East (UHF and SHF bands) STAR ONE-C4 (Star One/Brazil) 75 West (L-, C-, S- bands) venture Embraer+Telebras, under the name of VisionaTechnologia Espacial, to manufacture the satellites with foreign support. Possibility to include a meteorological payload on the 2 nd spacecraft After international RFP, selection of Thales Alenia Space and Arianespace for SGDC-1 (2016) Italian-French military comsat to upgrade the Sicral and Syracuse 3 systems. Thales Alenia Space Italia (with Telespazio) selected as prime contractor. To be launched by Ariane 5. (2014) Civilian comsat, colocated with Star One C-3, to carry digital and mobile TV services during the World Cup 2014. Space Systems Loral as prime contractor (early 2014) STAR ONE-C5 (Star One/Brazil) 68 West (C- & Ku-bands) Civilian comsat to cover Latin America. RFP to be issued in 2013 (2015 or 2016) STAR ONE-C6 (Star One/Brazil) 84 West (Ku-band) Civilian comsat for Latin America. RFP in 2013 (2016) STAR ONE-D1 (Star One/Brazil) SUPREMESAT-3(Supremesat/Sri Lanka) 85 West (C-, Ku- & Kaband) 50 East (C- & Ku-bands) Civilian comsat for broadband services in Latin America. Space Systems Loral as contractor. (2016) Contracts with CGWIC (China Great Wall Industry Corp) for inorbit delivery of DFH-4 type comsat and with China Satellite Communications Corp. Supremesat-1 launched in November 2012 with leased capacity onboard Chinasat-12 (2015) TELESPAZIO BRASIL-1 (Telespazio/Brésil) TBD (Ku- & Ka-bands) Using Brazilian licence to deploy a geosynchronous comsat to cover Latin Americ. RFP in progress. (2015) TELSTAR-12R (Telesat/Canada) 15 West (Ku-band) High-power broadcasting satellite with beams on Europe, Larin America, South Africa, in order to replace Telstar-12. Astrium selected as contractor. (2015) THAICOM-6/AFRICOM-1 (Thaicom/Thailand) THAICOM-8/IPSTAR-2 (Thaicom/Thailand) THAICOM-9 (Thaicom/Thailand) THOR-7 (Telenor Satellite Broadcasting/Norway) THURAYA-4/Thuraya/United Arab Emirates)? TKSAT-1/TUPAC KATARI SATELLITE (Bolivian Space Agency /Bolivia) TURKMENSAT-1/MONACOSAT (Turkmenian Space Agency?/Türkmenistan + Space Systems International/Monaco) TURKSAT-4A/-4B (Türksat/Turkey) TURKSAT-5A (Türksat/Turkey) 78.5 East (C- & Kubands) 119.5 East (Ku- & Kabands) 50.5 East (Ku-band) Medium-size comsat approved by government. Orbital Sciences as prime contractor. C-band coverage of Africa. Contract with SpaceX for Falcon 9 launch. To be co-located with Thaicom-5. (2013) See Asiasat-6/Thaicom-7. High-power broadband satellite to be acquired through partnership with another operator. Enhancement of IPSTAR-1 capacity in South-East Asia and Oceania. (2016) Broadcasting satellite for expansion of the Thaicom system to the Middle East, Europe and Africa. Possible acquisition of a 2 nd hand comsat already in orbit. (2016) 1 West (Ku- & Ka-bands Contracts to Space Systems Loral (satellite) and Arianespace (launcher). Ehancing Telenor Satellite Broadcasting fleet and offering mobile services. (2013) Over the Atlantic? (L- & S-bands) TBD (C- and Ku-bands) RFP not yet finalized, in order to achieve a global coverage for personal communications. Go-ahead decision related to financial results. (2014) Turnkey system proposed by CGWIC (China Great Wall Industry Corp). Coordination of frequencies still to be achieved with Chinese assistance. (late 2013) 52 East (Ku-band) After international RFP, Thales Alenia Space selected as prime contractor. To be launched by Falcon 9 (instead of Long March 3C). Lease of a GEO position owned by Monaco through Space Systems International. Monacosat-1 capacity marketed by SES (2014) 42 & 50 East (C-, Ku- & Ka-bands?) 31 East? (C- & Kubands?) Envisioning international partnership for the development of the two Türksat-4 satellites. Contract with Mitsubishi Electric (MELCO) for the satellites and with ILS for the launches. (2013 & 2014/broadcasts and broadband services in the rural areas of the Middle East and Central Asia; African coverage with Türksat-4A) Medium-size comsat to be developed in Turkey. TAI as prime contractor with Japanese technology transfer from MELCO (2018-2019) VIASAT-2 (Viasat/USA) 111.1 West (Ka-band) Powerful broadband satellite for North American broadband service. Contract for satellite to be announced in early 2013. WEI n 69-61
(2015/in order to face the growing demand for broadband connections) VINASAT-3 & -4 (VNPT/Vietnam) TBD (Ku-band) Preparation of international RFP. Possible partnership with another operator. (2015, 2017) YAMAL-401 (Gazprom Space Systems/Russia) YAMAL-601 (Gazprom Space Systems/Russia YAHSAT-3? (Yahsat/United Arab Emirates) 55 E (Ku-band) for -402, 90 E (C- and Ku-bands) for -401. Spacebus-4000C3 spacecraft to modernize Gazprom satellite fleet. Contract with Thales Alenia Space. To be launched by Proton- Breeze M (2014) 49 E (C- & Ku-bands) Replacement of Yamal-202. International RFP in progress for a planned contract in 2013. (2016) TBD (Ku- & Ka-bands) Interest of the first private comsat operator in the Middle East. RFP to be issued for a possible contract in 2013 (2016?) Space Information Center/Belgium August 2013 In italics: project in study phase or with unclear status Lecture Livres et Sites internet concernant la Belgique dans l espace China in Space The Great Leap Forward, par Brian Harvey, aux Editions Springer-Praxis, 2013. Il s agit du troisième livre que ce spécialiste irlandais de l astronautique dans le monde consacre au programme chinois d activités spatiales. Il est vrai que l activité de la Chine dans l espace se développe à un rythme soutenu et tous azimuts. Après la Russie et les Etats-Unis, c est la puissance spatiale la plus complète : famille de lanceurs, missions habitées, satellites récupérables, satellites de télécommunications et d observation, observatoires scientifiques, sondes lunaires et interplanétaires Ce guide bien utile de 400 pages, abondamment illustrées, fait le point, avec une multitude de références et tableaux, sur les réalisations et les ambitions de l Empire du Milieu dans l espace. Brian Harvey met l accent sur les progrès de la technologie spatiale chinoise et s interroge sur ce que Beijing nous réserve pour les dix années à venir. Peu d infos sur les perspectives d une coopération internationale, qui soit fiable et durable, avec la Chine de l espace. C est par petites touches et par à coups que la puissante CASC (China Aerospace Corp) pratique une ouverture au monde. Sauf quand il s agit de business spatial avec sa filiale CGWIC (China Great Wall Industry Corp), de plus en plus partie prenante au développement des nations émergentes. Bruspace Etude sur les capacités de l industrie spatiale de la Région Bruxelles Capitale, réalisée par ESD Partners et publiée le 17 mai 2013 (brochure de 40 pages). Il est parfois bon de faire le point sur ses capacités et d analyser des scénarios stratégiques. C est l objectif de cette étude fouillée qu a demandé l association Bruspace au consultant français ESD Partners (François Louisin). Elle monte la croissance continue de l effort spatial belge (budget de 203 millions en 2013, 1.500 personnes dont 30 % pour les lanceurs, 48 % pour les satellites, 22 % pour le segment sol, 220 millions de chiffre d affaires). On y note que 119 entités belges (sociétés, WEI n 69-62
universités, instituts ) ont obtenu des contrats de l ESA pour la période 2006-2012, mais 80 % de ces contrats se concentraient sur 28 entités (dont la moitié en Wallonie et à Bruxelles) : Amos, EHP, CSL, RSS, Rhea, SABCA, Sonaca, Spacebel, Techspace Aero, Thales Alenia Space Belgium (ETCA), Université de Liège, Université Catholique de Louvain, Université Libre de Bruxelles, Vitrociset pour ne citer que les membres de Wallonie Espace. Bruspace réunit 7 entités spatiales bruxelloises (6 instituts/centres de recherches universitaires, SABCA) qui représentent un chiffre d affaires moyen annuel de 58 millions pour la période 2009-2011 (26 % du chiffre d affaires spatial belge). L étude identifie 2 entités, non membres de Bruspace, comme «actives» dans le secteur spatial : Dassault Systems Belgium avec le logiciel ELECTRE d Elsys, ENE (Energies Nouvelles de l Environnement) pour des cellules photovoltaïques à hautes performances. L étude d ESD Partners met l accent sur le secteur Lanceurs qui constitue chez SABCA le principal effort de Bruxelles-Capitale dans les systèmes spatiaux. Elle fait référence aux deux axes stratégiques qui avaient été retenus au niveau fédéral en 2009 : consolidation des acquis, participation aux programmes orientés «utilisateurs». Elle propose un scénario qui renforce l effort de Bruxelles- Capitale pour la microgravité (2 %), les télécommunications (2 %), les lanceurs (1,5 %). Tout en privilégiant ces trois secteurs, ESD Partners recommande que soit préservée l activité Recherche/Technologie et que soit développée à terme une stratégie des services «avals» liés aux applications spatiales. Ecrits par des auteurs wallons (province de Liège), deux livres, abondamment illustrés, sur l astronautique : - Apollo-11 : à la rencontre d un rêve, par Pierre-Emmanuel Paulis, Ed2A, Collection Histoire, septembre 2013, 205 pages. - Voyager dans l espace, par Yaël Nazé, CRS Editions, août 2013, 145 pages. Dans le prochain Wallonie Espace Infos, nous reviendrons de façon détaillée et critique sur ces deux ouvrages fort différents : l un est anecdotique et historique, tandis que l autre est à vocation éducative et pédagogique. ============================================================= Si vous avez des suggestions à faire, des modifications à apporter, n'hésitez pas à le faire: elles seront les bienvenues. Courriel : theopirard@yahoo.fr ou (nouvelle adresse) space.info.theo@gmail.com WEI n 69-63