UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES DE GUINEE (UFDG)

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RESUME : Alors que tous les regards convergeaient vers la Guinée le 11 octobre dernier en raison du rendez-vous historique qui l attendait, il est regrettable que ce pays se soit vu, une fois de plus, celle de trop, fermer la porte d entrée dans le concert des nations démocratiques en s alignant sur les pays comme le Sénégal, le Ghana, ou encore le Cap-Vert. La mascarade électorale orchestrée par l administration et la CENI, digne d un véritable spectacle de cirque au cours duquel ces deux entités se muèrent pour l occasion en jongleurs, illusionnistes, comédiens et magiciens, a donné lieu à des fraudes dont l ampleur et la systématicité dépassent l entendement humain pour relever de la fiction. Il en est ainsi de la mise sous coupe réglée de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), du refus d organiser les élections communales et Communautaires depuis janvier 2011, de la manipulation du fichier électoral avec l enrôlement massif de mineurs dans les fiefs du parti au pouvoir, de la confiscation et de la rétention des cartes d électeurs de certains citoyens, de l arrestation et de la détention arbitraire des délégués de l UFDG par les agents des forces de l ordre pour procéder euxmêmes au dépouillement ; du bourrage des urnes ; du vote indécent de mineurs ; du refus délibéré de faire voter des circonscriptions entières de l étranger ; du recours abusif aux votes par procuration ; de la volatilisation de 20% des bulletins de vote; de la substitution et de la falsification des procès-verbaux ; de la mobilisation massive et illégale des moyens de l Etat soulignée par la mission d observation électorale de l UE et de l achat des consciences à coup de francs guinéens et de sacs de riz spécialement importés à cet effet. En effet, monsieur Condé a au travers de la CENI et du gouvernement Guinéen, sous le regard passif de la communauté internationale, joué sans gêne sur tous les tableaux afin de garantir sa victoire par tous les moyens et ce, au mépris de la constitution et de toutes les lois tant nationales qu internationales.

I. LA PERIODE PRE-ELECTORALE a. Mise en place et composition de la CENI : Les élections présidentielles de 2010 qui ont consacré l arrivée de Mr Alpha Condé au pouvoir ont été l une des plus chaotiques jamais organisée en Afrique. On se souviendra qu il a fallu quatre mois, au lieu de deux semaines comme le prévoit la loi, et des violents affrontements politico-ethniques pour organiser le second tour. Ces quatre mois étaient nécessaires pour permettre au candidat Condé de mettre en branle ses complices locaux et internationaux pour confisquer le pouvoir. Une fois installé et étant convaincu de ne pas bénéficier de la confiance de la majorité des guinéens, Mr Alpha Condé s est donné comme objectif de s inféoder la CENI et de se tailler un fichier électoral sur mesure pour s assurer une victoire non méritée aux présidentielles de 2015. Ainsi, après une répression sans précèdent vis-à-vis de l opposition, (plus de 70 morts, des milliers de blessés et des millions de dollars de dégâts matériels) qui a voulu s opposer par des manifestations pacifiques, Alpha Condé s est taillé sa CENI sur mesure pour l accompagner dans son objectif de se maintenir indument au pouvoir. Ainsi, au lieu d avoir une CENI paritaire entre mouvance et opposition comme le prévoit la loi, nous avons une CENI dont 20 membres sur 25 sont des dévoués de Monsieur Alpha Condé. Il a ainsi réussi à imposer à la tête de cette importante institution Monsieur Bakari Fofana qui prend ses ordres directement auprès de la Présidence de la République, au mépris de la loi et du règlement intérieur de la CENI. Il faut rappeler que Monsieur Bakari Fofana, qui est censé représenter la société civile au sein de la CENI, a été imposé par Mr Alpha Condé au grand dam de la majorité des associations de la société civile guinéenne. b. Le calendrier électoral La mise en place du calendrier électoral met en évidence le peu de souci que le régime de monsieur Condé a pour le respect de la loi. La CENI a enfreint une série de dispositions légales en passant outre les délais pourtant imposés par la Loi électorale. Plusieurs opérations électorales ont été effectuées en dehors des délais légaux et ce, à dessein dans le but d empêcher plusieurs centaines de milliers de

guinéens de jouir de leur droit de vote par ce que soupçonnés être favorables à l opposition. Nous pouvons ainsi citer entre autres: L inversion du calendrier électoral. Le mandat de l ensemble des élus locaux de Guinée est expiré depuis le mois de janvier 2011. Dans le cadre des discussions politiques de juillet 2013, sous l égide de la Communauté internationale (Etats-Unis, France, Nations Unies, Union Européenne, Union Africaine, CEDEAO, OIF ) le gouvernement guinéen s est engagé à organiser les élections locales avant la fin du premier trimestre 2014. Mais Mr Alpha Condé a catégoriquement refusé de respecter cet engagement. En lieu et place il a imposé des délégations spéciales, nommée par l administration et composées de militants acquis à son système. La raison est simple, il devait utiliser ces structures pour mener les opérations électorales en sa faveur. La publication des listes définitives des électeurs par circonscription 30 jours avant la campagne ; Il n y a pas eu d affichage des listes définitives, pour permettre aux électeurs et partis politiques de vérifier que les corrections ont été effectivement faites, avant le jour des élections ; La publication de la cartographie des bureaux de vote 30 jours avant le jour des élections ; A une semaine des élections la cartographie n était pas encore prête. Dans la plupart des circonscriptions réputées favorable à l opposition, c est le jour du scrutin que les militants ont découvert que leurs bureaux de vote ont été déplacés ; L affichage des listes électorales 30 jours avant le scrutin dans chaque bureau de vote ; La livraison des bulletins de vote dans chaque centre de vote 48 heures avant le scrutin ; Le début de la distribution des cartes d électeurs au plus tard 30 jours avant le jour du scrutin. Certaines circonscriptions n ont tout simplement pas reçu de carte d électeur ce qui fait qu elles n ont pas participé au vote : Angola, Guinée Bissau, Sierra Léone c. Le fichier électoral Depuis son arrivée au pouvoir, Mr Alpha Condé s est fixé comme objectif de se tailler un fichier électoral sur mesure qui pourrait facilement servir son objectif de ne pas respecter le vote de la majorité des Guinéens. Ainsi, de 2010 à 2015 nous avons vu la population électorale des régions de la Haute Guinée

augmenter de façon exponentielle et sans raison objective (80% pour la région de Kankan et 50% pour la région de Faranah contre 30% pour Conakry principal centre d activité économique du pays). Le fichier électoral a été établi dans l opacité la plus totale par la CENI, avec plusieurs centaines de milliers de mineurs et de doublons. Il a été établi par exemple que sur environ 1.200.000 nouveaux inscrits, près 500.000 sont nés en deux jours (soit le 01/01/1997 et 01/07/1997). Bien sûr que ces 500.000 personnes sont presque toutes des mineures qui n ont pas l âge de voter. Le nombre d électeurs a été tellement gonflé dans les fiefs de Alpha Condé, qu on se retrouve aujourd hui avec une population électorale de plus de six millions d électeurs en Guinée, pour environ onze millions d habitants soit autant que pour la Côte d Ivoire, un pays dont la population est du plus du double de celle de la Guinée. Les régions de Kankan et de Faranah, réputée favorables à Alpha Condé, absorbent près de 40% des citoyens enrôlés en 2015.

La région de Kankan à elle seule, enregistre au tant de nouveaux électeurs que les régions de Conakry (Capitale et principal centre d activité économique du pays), Labé et Mamou réunies ; Cette croissance exponentielle de la population électorale dans les régions de Kankan et Faranah ne peut se justifier par aucune déperdition de croissance démographique d autres circonscriptions électorales réunies de la Guinée, comme le prétendent la mouvance et la CENI. Régions Conakry Labé Kankan Mamou Faranah Kindia Boké N'Zérékoré Corps electoral 2015 Inscrits 2015 % Inscrits 2015 % Aug. 2015 Corps electoral 2013 Aug. 2013 % Aug. 2013 Inscrits 2010 Progression de 2010 à 2015 1 371 841 219 376 16,50% 19,04% 1 152 465 222 389 19,30% 930 076 38,33% 529 025 95 908 7,21% 22,14% 433 117 56 706 15,06% 376 411 37,21% 1 160 453 382 979 28,80% 49,26% 777 474 182 654 30,71% 594 820 79,97% 393 693 65 925 4,96% 20,11% 327 768 28 180 8,60% 299 588 28,71% 549 788 113 524 8,54% 26,02% 436 264 86 646 24,78% 349 618 50,80% 834 292 151 847 11,42% 22,25% 682 445 129 642 23,45% 552 803 45,70% 539 937 77 270 5,81% 16,70% 462 667 60 264 13,03% 402 403 29,73% 1 045 391 222 947 16,77% 27,11% 822 444 185 399 22,54% 541 757 49,65% L opposition s est battue, jusqu au prix du sang de ses militants pour exiger l audit et le toilettage du fichier électoral. Mais en vain. Le Comité technique qui a été mis en place grâce à la médiation de la communauté internationale n a pas pu travailler correctement à cause de l obstruction systématique du RPG et de la passivité des partenaires étrangers de la guinée. Il faut aussi noter que lors de la révision des listes électorales, la CENI a créée toutes sortes d obstructions pour empêcher le déroulement correct des opérations dans les zones supposées favorables à l opposition. C est ainsi que dans les fiefs de l opposition, il y a eu à peine deux semaines d enrôlement contre 45 jours dans les fiefs du pouvoir.

d. La cartographie électorale Alors que la CENI avait annoncé l augmentation de bureaux de vote, on a constaté avec indignation que le même organe ne s est pas gêné de supprimer et de délocaliser certains bureaux rendant ainsi la tâche difficile aux électeurs, qui étaient dès lors obligés de parcourir des dizaines de kilomètres pour accomplir leur devoir. La publication tardive de la cartographie électorale avait une raison simple, il fallait le faire le plus tard possible pour ne pas permettre à l opposition de découvrir qu une bonne partie des électeurs qui lui sont réputés favorables ne pourront pas voter par ce que leurs bureaux de votes ont été positionnés à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de résidence. Ainsi, nous avons les cas emblématiques suivants : Dans la CRD de Diari Labé, district de Lenguehoye, 142 électeurs ont été déplacés à Kassa Yengeulen soit à 20 Km de leur lieu de résidence ; Dans la même CRD, tous les électeurs des districts de Thiankoye et de Madina Domka ont été déplacés à plus de 10 Km. Nous pouvons encore citer les cas de délocalisation suivants : De Bounméhoun (Gaoual) à Kounsitel (20km) De Bensanné (Gaoual) à Kounsitel (15km) De Parawol Diagui (Dinguiraye) à Koubi Koura (35 km) De Kaman Bantan (Dinguiraye à Bouna (20km) Le même phénomène a été remarqué pour plusieurs milliers d électeurs de Ratoma, Labé, Mamou, Lelouma, Kindia, N zérékoré, Fria. e. Le choix des membres des démembrements de la CENI (CEPI/CECI/CEAMI/CESPI) Dans le cadre de la mise en place des démembrements de la CENI, le RPG s est systématiquement attribué l essentiel des postes en vue de favoriser le candidat Alpha Condé dans la conduite des opérations électorales. L installation de ces bureaux a aussi été mise à profit pour créer toutes sortes de problèmes en vue de retarder la révision des listes électorales dans les fiefs de l opposition (Labé, Pita, Mali, Sénégal, France, Espagne, Côte d Ivoire ) f. Distribution des cartes d électeurs :

La fraude électorale qui a été mise en œuvre par la CENI consistait entre autre à empêcher à tout prix une grande partie des citoyens supposés favorables à l opposition de jouir de leur droit de vote. Alors que la loi électorale stipule que la distribution des cartes d électeurs doit débuter au plus tard 30 jours avant le début du scrutin, cette disposition a tout simplement été ignorée par la CENI. Ainsi, pour favoriser le RPG, la distribution a commencé par la Haute Guinée et dans les zones réputées favorables au RPG. Dans les fiefs de l opposition, c est à peine si cette opération a pris 10 jours. Dans certaines circonscriptions les cartes sont arrivées la veille des élections, dans d autres elles ne sont tout simplement jamais arrivées (Guinée Bissau, Angola ) privant ainsi plusieurs milliers de Guinéens de leur droit de vote. En manque d arguments pour justifier sa forfaiture, la CENI ne s est même pas gênée d accuser publiquement DHL d avoir fait perdre les colis électoraux destinés à l Angola. Aussi, plusieurs dizaines de milliers de guinéens n ont pas pu voter par ce que leur cartes d électeurs manquaient dans les lots qui ont été livrés (Labé, Mamou, Pita, Ratoma, Sénégal, N Nzérékoré ). g. Exclusion des Guinéens de l Etranger : La Sierra Leone dont la capitale Freetown est à 4h de route de Conakry n a reçu les kits électoraux incomplets qu à deux jours du scrutin empêchant du coût le déploiement du matériel électoral à l intérieur du pays privant ainsi la majorité des ressortissants guinéens de ce pays de participer au choix de leur président de la République. Au Sénégal par exemple seulement 15.000 cartes ont été livrées sur près de 27.000 électeurs. A la réception des kits électoraux, plus de 1 000 cartes électorales ont été subtilisées et dissimilées par un responsable de l Ambassade de Guinée au Sénégal. Aussi, toujours pour empêcher les citoyens de voter dans ce bastion de l UFDG, les bureaux de vote ont été déplacés à la veille du scrutin. h. Le choix des membres des bureaux de vote et des Assesseurs : La plupart des membres des bureaux de vote ont été choisis en toute opacité parmi les militants du RPG. Dans l objectif de favoriser le candidat Alpha Condé, les démembrements de la CENI ont imposé dans la plupart des circonscriptions du pays une répartition illégale des assesseurs entre les différents candidats. Alors que la loi dispose clairement que deux assesseurs sont choisis parmi les représentants des candidats pour chaque bureau de vote, la CENI a systématiquement privilégié le RPG en lui accordant

50% des assesseurs de la circonscription Kérouané, Siguiri, Faranah, Matam: A Beyla, dans le district de Nionsomorodou, sur les 25 bureaux de vote, la CEPI a choisi des assesseurs RPG comme étant des assesseurs désignés des autres partis politiques. Cas identiques dans les circonscriptions électorales suivantes : Ratoma, Kankan, Faranah, Siguiri, Dinguiraye, Kérouané, Mandiana. i. Le choix des Assesseurs dans les Commissions Administratives de Centralisation des Vote: En violation flagrante de l article 85 du code électoral qui stipule «les deux assesseurs sont tirés au sort parmi les représentants des candidats ou liste de candidats» les CEPI et CECI en connivence avec l administration locale ont systématiquement remplacé tous les assesseurs tirés au sort par des représentants du RPG. En dépit de la protestation de l opposition à travers des courriers adressés aux différentes CEPI et CECI la CENI a accompagné ses démembrements dans cette infraction en procédant à la formation des représentants mandatés par le RPG : Beyla, Siguiri

II. LE JOUR DES ELECTIONS a. Ouverture et démarrage tardif de certains bureaux de vote : Dans la commune de Ratoma et dans la plupart des fiefs de l opposition les électeurs n ont commencé à voter que vers 10h30 au lieu de 7h00 comme le prévoit la loi. A Symbaya Gare par exemple le vote n a commencé que vers 11h dans les 51 bureaux de vote du quartier. Enfin, toujours pour empêcher certains citoyens de voter, parfois c est tout simplement les membres des bureaux de vote qui ne se présentent pas à l heure de l ouverture. C était le cas à Dare Es salam BV18 où jusqu à 10h aucun membre du bureau de vote n était visible au grand désarroi des électeurs massivement mobilisés. Faisant semblant de vouloir corriger ce problème, que les observateurs internationaux ont appelé des «défaillances techniques», la CENI a pris un communiqué pour autoriser certains bureaux à ouvrir audelà de 18h00, heure de fermeture légale des bureaux de vote. http://www.ceniguinee.org/attachments/article/127/ceni_communique_021.jpg

Il était évident pour tout observateur averti que cette décision prise en pleine journée électorale, dans un pays où le système de communication est encore très limité, ne pouvait assurer l équité entre les citoyens. Il était quasiment impossible d informer l ensemble des plus de 14 000 bureaux de vote du pays. Bien sûr que l équité était loin d être la préoccupation de la CENI, elle cherchait juste un argument technique pour pouvoir prolonger le temps de vote dans les fiefs de Mr Alpha Condé et ainsi permettre le bourrage des urnes dans le secret de la nuit tombante. Cette mesure a été très faiblement répercutée dans les fiefs de l opposition tant dis que dans les fiefs de Alpha Condé l ensemble des bureaux de vote ont continué à ouvrir jusque tard la nuit et parfois jusqu après 23h. b. Manque de Matériel Electoral : Toujours dans le but de favoriser la victoire de M. Alpha Condé, la CENI a omis délibérément de livrer à temps les kits électoraux nécessaires au démarrage des opérations de vote dans les fiefs de l opposition. Ceci a empêché beaucoup d électeurs de voter. Nous pouvons citer par exemple le cas emblématique des bureaux de vote 19, et 21 (Petit Symbaya, Elhadj Younoussa et Dalanda Bah) qui n ont pas bien fonctionné par manque de bulletins de vote. Comment pouvons-nous comprendre que pour une élection aussi importante, la CENI oublie de livrer les bulletins de vote, les enveloppes ou les listes

d émargements nécessaires pour les opérations de vote? A l opposé, dans les fiefs du pouvoir, le matériel électoral a été surestimé à dessein car la plupart des administrateurs territoriaux ou fonctionnaires d origine de la région disposaient de bulletins de vote pré-cochés et de Procès-Verbaux parallèles. c. Cas de bureau de vote n ayant pas fonctionné Des bureaux de vote de circonscriptions entières n ont pas été ouverts. C était le cas de l Angola, la Guinée Bissau, la Sierra Leone C était le cas aussi plusieurs bureaux de vote de l intérieur de la Guinée comme le BV16 de Sonfonia, certains Bureaux de Vote de Coyah Maneah secteur Fassia, école Boussedou, Bureau de vote 003 Ainsi, plusieurs milliers de citoyens n ont pas pu voter par ce que tout simplement la CENI a décidé de les exclure du processus de choix du Président de la République. d. Cas des électeurs non répertoriés sur la liste d émargement. Des électeurs, dûment inscrits et possédant la carte d électeur ont eu la surprise de découvrir que leurs noms ne figurent pas sur les listes d émargement. Ce phénomène était savamment orchestré par la CENI pour empêcher plusieurs autres milliers de citoyens guinéens de jouir de leur droit de vote. Dans la journée, la CENI faisant semblant de vouloir corriger cette faute a autorisé à la surprise générale les membres des bureaux de vote de laisser ces électeurs-là voter malgré tout. Cette décision n a non seulement pas été correctement relayée dans les fiefs de l opposition, mais elle a surtout servi de prétexte pour bourrer les urnes en Haute Guinée en permettant les votes multiples des électeurs ayant plus d une carte (doublon, triplons ). http://guineenews.org/communiques-de-la-ceni-sur-la-fermeture-des-bureaux-de-vote-et-sur-larecherche-des-electeurs-sur-les-listes-demargement/

Cette décision combinée à celle prise, en pleine journée électorale, de prolonger l ouverture des bureaux de vote jusqu à 20h00 au lieu de 18h00 a permis aux démembrements de la CENI et aux administrateurs territoriaux de bourrer les urnes en Haute Guinée et dans certaines zones de la Guinée forestière pour obtenir des taux de participation hallucinants d une moyenne de 95% dans ces contrées (plus de 98% à Mandiana). Dans certains bureaux le nombre de votants est largement supérieur au nombre d inscrits. Il faut noter que les bureaux de vote dans la plupart des fiefs de l opposition ont non seulement fermé à 18h00 (pour rappel le vote y a commencé vers 10h30 compte tenu des problèmes logistiques sciemment crées par la CENI) mais aussi il y a été refusé aux électeurs dont les noms ont été sciemment omis sur les listes d émargement de voter, et ce malgré le communiqué de la CENI. Les présidents des bureaux de vote dont la plupart sont militants du RPG disaient ne pas être au courant de ces dernières décisions de la CENI. e. Opérations de dépouillement Toujours dans la logique de ne pas respecter la volonté populaire, les autorités administratives et militaires ont systématiquement chassé des bureaux de vote, les représentants de l UFDG en particulier et ceux de l opposition en général, en Haute Guinée et en Guinée Forestière. Ainsi, des bandes armées habillées en gendarmes et policiers ont dès 19h30 été déployées dans la plupart des bureaux de vote de Kissidougou (Centre urbain et sous-préfectures) pour intimider et chasser les représentants de l opposition des bureaux de vote. Nous avons remarqué le même phénomène à Siguiri, Kankan,

Kouroussa, Mandiana, Kérouané, Beyla, Faranah... Dans ces différentes préfectures l opposition n a pas pu assister aux opérations de dépouillement dans plus de 70% des bureaux de vote. Leurs représentants ont été remplacés par des militaires et des militants du RPG. Même les citoyens qui souhaitaient observer le dépouillement en ont été empêchés. C est tout sauf une élection démocratique qui s est opérée en Haute Guinée et dans une partie de la Guinée Forestière. Dans plusieurs fiefs de l opposition les présidents de bureaux de vote qui ont été nommés à la veille du scrutin et n ayant reçu aucune formation ont systématiquement raturé les PV de résultats entrainant ainsi leur rejet à la CACV par manque de cohérence dans le calcul des suffrages. f. Acheminement des procès-verbaux avec l USEP Dans les fiefs de l opposition comme le quartier Symbaya Gare renfermant plus 51 BV, Nasroulaye, arrivés aux différents points de ralliement, les présidents de BV sont restés sans répondant pour l acheminement des PV car l USEP ne s y était pas présentée. A Koundara, le commandant de la gendarmerie et les autorités administratives ont profité de l acheminement des PV pour s adonner à la falsification des résultats. Idem en Forêt et dans certaines localités de la Basse Côte. g. Utilisation des moyens de l Etat et implication des cadres de l administration Jamais la Guinée n a connu, et ce, même au pire moment des régimes précédents, une implication aussi forte des cadres de l Etat pour faire gagner à tout prix un camp. Ils ont utilisé la violence, l intimidation, les achats de conscience pour impacter les résultats du vote. Plusieurs milliers de Hauts cadres de l administration et des officiers de l armée, la police et la gendarmerie ont été déployés partout dans le pays, avec des moyens financiers et matériels colossaux, avec la consigne faire élire à tout prix le candidat Alpha Condé dès le premier tour. Les véhicules de l Etat et même ceux qui ont été gracieusement offerts par la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre EBOLA, ont été utilisés sans gêne pour la campagne du RPG. L une des toutes nouvelles innovations a consisté à remplacer les plaques d immatriculation des véhicules administratifs VA par des plaques communes RC.

Les acteurs suivants ont pleinement agi le jour du vote : Malick Sankon Directeur Général de la CNSS qui distribuait de l argent et des bulletins pré-cochés à Matoto le jour du vote; Des enregistrements sonores d un Ministre de la République qui propose de l argent à un représentant de l opposition à Nzérékoré pour falsifier les résultats en faveur du Rpg ; La femme du Ministre des Finances se promenait avec une cinquantaine de loubards pour bourrer des bureaux de vote à Pita ; Le Chef de Quartier de Lansanaya qui part avec les urnes et falsifie, avec des complices, des PV ; Le commissaire FABOU présent dans la CACV de Beyla qui est sa préfecture d origine ; La distribution de cartes d électeurs et de procuration le jour du vote au Tribunal de Mafanco à Conakry ; 800 militaires du camp de Samoraya qui font le tour des bureaux de vote de Kindia pour bourrer les urnes soit disant qu ils votent pour leurs collègues parti combattre à Kidal au Mali ; Des militaires du camp de Maneya faire le tour des bureaux de vote de Coyah à Km36 pour voter sans cartes ; Le Sous-Préfet de Madina Oula qui violente, avec des hommes en tenue militaires, des citoyens qui voulaient s opposer au bourrage des urnes ; Le montage d un centre de falsification de PV chez Elh Sekhouna à Tanéné ; Le président de la CEPI de Dabola qui crée un centre opérationnel de falsification de PVs ; Le Ministre Marc Yombouno qui violente des représentants de l opposition à Guéckédou ; Dalybi Dabo directeur de campagne du RPG à Kankan qui déclare à la radio Baobab FM et Fasso TV que les anciennes cartes d électeurs (celles de 2010 et 2013) peuvent voter et qui explique comment voter pour le candidat Alpha Condé en pleine journée électorale. Dans la Sous-préfecture de Saladou (Mandiana), Le Maire de la Commune qui récupère toutes les cartes des électeurs pour voter à la place de tout le monde. Le représentant de l opposition qui a voulu s opposer a été mis aux arrêts et n a été libéré que vers minuit. Toutes les autorités administratives et locales (Maires, Chefs de quartier, chefs secteurs ) ont été mises à profit pour la mise en œuvre de la mascarade électorale. Dans certains bureaux il n y a tout simplement pas eu de vote. Les membres du bureau de vote et les autorités administratives ont voté, rempli les PV et tous les documents électoraux.

h. Achat de conscience et utilisation de bulletins pré-cochés Les autorités guinéennes n ont reculé devant rien dans leur quête de faire élire à tout prix le candidat Alpha Condé dès le premier tour. A la veille des élections, les observateurs avertis n ont pas été surpris de constater des opérations de distribution de riz au centre-ville de Kaloum (les images circulent encore sur les réseaux sociaux). Un bateau entier de riz avait été commandé à cet effet. Le scenario était bien ficelé: Contre un sac de riz, on te remet un bulletin pré-coché à mettre dans l urne une fois dans l isoloir ; et après avoir voté, si tu reviens avec le bulletin vierge qui t a été remis au bureau de vote, ce qui signifie que tu as mis dans l urne le bulletin pré-coché, on te remet encore 50.000 GNF. Le phénomène d achat de conscience n a épargné aucune contrée de la Guinée et plusieurs milliers de cadres de l administration, des forces de défense et de sécurité, et des administrateurs locaux ont été mis à contribution dans cette basse besogne. Il a été clairement constaté : Le candidat Alpha Condé qui se promène avec des sacs d argent qu il distribue lors de ses meetings. Tout le monde se souvient de cette vidéo hilarante diffusée dans l émission «les observateurs de France24 montrant le candidat Alpha Condé sortir des liasses de billets d un sac plastique pour donner aux courtisans ; Le député Bah Fisher qui s adonne à des achats de conscience et intimidation à Télimélé ; Le Ministre de la Pêche qui distribue Poisson et argent contre des bulletins pré-cochés à Boké; Le Président de l Assemblée Nationale qui distribue de l argent contre des bulletins pré-cochés à Kondiadou dans Kissidougou Joseph Haba, administrateur du marché de la ville qui distribue du riz aux électeurs en échange de la preuve de leur vote pour le RPG Le Ministre du tourisme, Tatavieu, qui distribue les procurations et de l argent à l'entrée d un bureau de vote à Faranah ; Samba Heri, Bah Ousmane, Boubacar Barry qui s adonnent à des achats de conscience au Foutah Mis en forme : Français (France) i. Intimidation et violence envers les délégués de l opposition

Pour réussir le «coup KO» les obligés du candidat Alpha Condé n ont reculé devant rien. Ils n ont pas attendu le jour des élections pour intimider violenter et emprisonner les responsables et les militants de l opposition en général et ceux de l UFDG en particulier. Ainsi nous pouvons citer les faits emblématiques suivants : Agression physique et arrestation, pendant la campagne électorale, de l ensemble des responsables de la fédération UFDG de Koundara (une trentaine de personnes). Ils sont toujours détenus à la prison «pont de fer» de Boké Agression physique, arrestation et destruction des biens des militants et responsables de l UFDG le 03/10/2015. Leur tord fut le refus d abandonner leurs activités pour aller recevoir le candidat Alpha Condé venu battre campagne à Nzérékoré ; Violence contre les militants et responsables de l UFDG, par des milices à la solde du RPG, à Banankoro deux jours avant la date des élections : Cinq morts, plusieurs maisons incendiées dont celle du principal responsable de l UFDG à Banankoro et le siège du parti, des boutiques calcinées et une véritable chasse à l homme organisée contre les supposés militants de l UFDG. http://guineenews.org/des-affrontements-politiques-a-banankoro-font-5-morts-des-blesses-etdes-degats-materiels-importants/ Agression physique le jour des élections contre les délégués de l UFDG à Faranah, Siguiri, Kankan, Kérouané, Kouroussa, Mandiana, Beyla, N zérékoré, Kissidougou, Guékédou, Macenta. Les bureaux de vote de Kérouané envahis par des hommes armés et en tenue militaire pour violenter, chasser les représentants de l opposition et faire le dépouillement des votes. Idem partout en Haute Guinée et dans certaines préfectures de la Forêt ; Arrestation des superviseurs de l UFDG à Kérouané, Beyla (Sinko), Kouroussa, Mandiana, Faranah (Banian) La plupart ont été libérés à 23h et d autres le lendemain matin. Arrestation des délégués de L'UFDG et du PEDN (Lansana Kouyaté) parfois même dans les bureaux des administrations officielles, bureau du préfet (comme à Coyah) ou du maire avec la gendarmerie. Ces délégués sont remplacés par des individus pris au hasard, partisans du RPG, qui siègent et signent au nom des partis d'opposition, l'ufdg et la PEDN.

L'ensemble de l'administration décentralisée nommée par le gouvernement, 304 communes rurales et 38 communes urbaines, dont l'élection a été repoussée depuis par le gouvernement Condé, a activement participé à cette fraude massive. Les organisations nationales et internationales ont été témoins de la violence criminelle qui a été administrée aux militants de l opposition tout au long du processus électoral. http://m.amnesty.fr/nos-campagnes/crises-et-conflits-armes/actualites/guinee-srois-tues-par-lesforces-de-securite-conakry-16533 III. PERIODE POST ELECTORALE La période qui a suivi la fermeture des bureaux de vote n a pas échappé à la mise en œuvre de la fraude pour la réalisation du fameux «coup KO». Pour éviter les approximations et les mauvaises initiatives au niveau local, l opposition a demandé, en vain, dans le cadre du Comité de suivi qui a été mis en place pour «encadrer» la CENI, la publication de directives claires pour expliquer comment doit se faire la collecte et la transmission des PV au niveau des Commissions Administratives de Centralisation des Votes (CACV). C était sans compter sur la volonté absolue de Bakari Fofana, Président de la CENI de profiter de cette étape pour finaliser le plan de vol des élections.

Pour la remontée des résultats la CENI a par endroit (Surtout en Haute Guinée et en Guinée Forestière) organisée chez les maires locaux et les sous-préfets des centres de collecte des PV. En fait ces centres n étaient rien d autre que des laboratoires de substitution et de remplacement de PV en faveur du candidat du RPG. Les procès-verbaux sortis des bureaux de vote ont été transportés uniquement par les présidents des bureaux de votes accompagnés par les agents de forces de l ordre. Ce qui a permis de falsifier la majorité des PVs entre, soit le bureau de vote et le centre de regroupement, soit le centre de regroupement et la CACV. Il est important de préciser que dans les fiefs du pouvoir, les enveloppes contenant les PV qui partaient des bureaux de vote n étaient pas scellés, ce qui rendait la substitution des PVs facile. Dans les CACV, les protestations des délégués de l opposition n étaient pas prises en compte. On les reléguait à un rôle de simples observateurs. Cette situation a poussé finalement l UFDG de demander à ses représentants de quitter les CACV pour marquer le début du refus du parti de reconnaitre ce simulacre d élection. IV. CONCLUSION: Les élections présidentielles du 11 octobre 2015 ont été l occasion pour l opinion tant nationale qu internationale de se rendre compte de la détermination du régime de monsieur Alpha Condé et ses alliés de l intérieur comme de l extérieur, de confisquer, les votes des Guinéens et ainsi perpétuer la misère du peuple par un système caractérisé par la corruption et la violation des droits des citoyens sans commune mesure. Le présent rapport démontre ainsi, indéniablement, que la victoire déclarée du candidat Condé est le résultat d un système criminel de fraude monté de fil en aiguille depuis 2011.

Afin de garantir la fraude électorale, les élections communales qui devaient avoir lieu depuis cinq ans n ont jamais été organisées, au contraire, monsieur Condé a eu contrairement au prescrit de la loi, à nommer des bourgmestres sur toute l étendue de la République. Les forces de défense et de sécurité étant quant à elles utilisées pour bastonner, tuer et intimider la population au lieu de la sécuriser, ou encore défendre le territoire national. La nouvelle cour constitutionnelle, en refusant d exiger le report des élections, conformément à la saisine de l opposition, pour permettre une élection plus inclusive, libre et transparente, s est rendue complice de l organisation d une mascarade électorale sans précédent en Guinée. Dès lors, il était devenu clair qu elle était là pour jouer sa partition dans le plan savamment orchestré par M. Alpha Condé pour se maintenir au pouvoir. En agissant ainsi, elle n a pas permis de lever le doute sur sa crédibilité, né de la façon scandaleuse dont elle avait été mise en place. Croire que tout ce qui est expliqué ici ne remet pas en cause la sincérité du scrutin relèverait dans le meilleur des cas de la mauvaise foi. L histoire nous a appris que le manque de recours face à la violation des droits et libertés légitimes du peuple constitue les germes des graves crises sociales et politiques et elles même prétextes des guerres civiles. En fermant les yeux et en cherchant à couvrir ce flagrant délit de violation des droits légitimes du peuple de Guinée, la communauté internationale se ferait complice de la propagation des germes d une guerre civile que personne ne souhaite en Guinée.