Portrait Albert Alquier > Habitant Castres dans le Tarn, l agent GDF en inactivité de service collectionne les cartes postales anciennes. page 25 Point de vue sur Yves Clot > Le professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail au Cnam a participé au premier forum social des saisonniers. page 14 Le budget 2011 page 8 Dossier www.ccas.fr mensuel d information du personnel des industries électrique et gazière. 1,50 euros n 292 318 Juillet-Août janvier 2011 2008
Portrait Albert Alquier > Habitant Castres dans le Tarn, l agent GDF en inactivité de service collectionne les cartes postales anciennes. page 25 Point de vue sur Yves Clot > Le professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail au Cnam a participé au premier forum social des saisonniers. page 14 page 8 mensuel d information du personnel des industries électrique et gazière. 1,50 euros n 292 318 Juillet-Août janvier 2011 2008 www.ccas.fr Le budget 2011 DOSSIER Photos couverture : Olivier Clément / CCAS, Didier Delaine / CCAS, Julien Millet / CCAS. Création, conception graphique et réalisation du visuel de couverture : CCAS, direction de la communication. Mensuel d information du per sonnel des Industries électrique et gazière. Immeuble René- Le Guen, 8, rue de Rosny, BP 629, 93104 Montreuil Cedex Tél. : 01 48 18 64 46 Fax : 01 48 18 66 93. Directeur de la publication : Michaël Fieschi. Rédacteur en chef : Pierre Chaillan. Assistante : Isabelle Ivart. Rédaction : Samy Archimède, Jean Santon, Marie-Line Vitu. Secrétariat de rédaction : Comtown Productions. Iconographie : Carole Lhermitte, Christine Lemore. Chef de fabrication : Dominique Brégier. Ont collaboré à ce numéro : Eric Birmingham, Nicolas Chevassus, Stéphane Gravier, Luc Mahler, Rachel Prizac. Réalisation : Comtown Productions. Photogravure, impression, expédition : Rivet, 24-27, rue Claude-Henri-Gorceix, BP 1577, 87022 Limoges Cede x 9. ISSN 0295-6365. Commission paritaire : N 1111 M 05267. Abonnement : 12,20 euros (individuel), 6,10 euros (collectif). Site internet : www.ccas.fr Richard Hannard 2011 : Pérenniser, mobiliser et consolider vos activités sociales L année 2010 s est terminée pour la CCAS par le vote d un budget responsable permettant de répondre aux ambitions politiques afin de valoriser la gestion par et pour les bénéficiaires. La démocratie, le pluralisme font vivre vos activités sociales. À la CCAS, pas de fait du prince, pas d opposition entre les populations, tout au contraire une construction commune pour répondre collectivement à des besoins individuels. Ainsi 2011 est l année de quatre chantiers de débat : Solidaires en 2011 dans l année des seniors avec la préparation d assises l action et dans des pensionnés, la gestion! l année de la jeunesse et des jeunes agents pour Plus qu un vœu, construire avec eux la réponse à leurs besoins de un engagement vacances, de loisirs et de santé, de l ensemble l année de la valorisation de notre patrimoine tant de celles et ceux il est vrai que les bénéficiaires veulent comprendre qui font vivre quelle complémentarité s opère entre la CIAT, les les activités SCI, le tourisme social et nos centres en pleine sociales. propriété, et pour finir une nouvelle tarification sera débattue et construite pour prendre en compte les nouvelles pratiques de vacances tout en gardant au cœur ce qui fait notre singularité : la solidarité. Solidaires en 2011 dans l action et dans la gestion! Plus qu un vœu, un engagement de l ensemble de celles et ceux qui font vivre les activités sociales. Que 2011 soit une année de construction collective du bonheur. Bonne année à toutes et à tous! Michaël Fieschi, président de la CCAS édito 3
Actualités Le premier forum social des saisonniers s est tenu les 3, 4 et 5 décembre derniers à Aubagne (Bouches-du-Rhône). Réunissant salariés, employeurs, associations et syndicats, il a été marqué par une plainte collective déposée auprès de la Halde et par la création d un réseau d entraide. Lire page 12 Santé Un accord cadre de branche sur la prévention des risques psychosociaux a été signé début 2010. Ce texte de portée générale, fixant des grands principes, doit maintenant être décliné à chaque entreprise des IEG où des négociations sont en cours. Lire page 16 Vos activités La CCAS propose toute l année des escapades à Paris familles et jeunes pour découvrir la ville et ses atours, mais aussi participer à de grands événements sportifs ou culturels grâce aux séjours passion, comme c était le cas en novembre pour le tennis et l escrime. Lire page 18 BERTrand de camaret / CCAS charles crié / CCAS olivier clément / CCAS L Édito de Michaël Fieschi 3 2011 : Pérenniser, mobiliser et consolider vos activités sociales Actualité en bref 6 Actualités Territoires Vous écrivez, on vous lit Clubs Solidarité Sports Vœux 2011 Avis de recherche Solution jeux n 317 Dossier budget 2011 8 Le budget de vos activités sociales Principaux investissements et moyens Vos activités dans l histoire L avenir du 1 % Actualités 12 La qualité des saisonniers point de vue sur 14 «Faire du bon boulot» Santé 15 La santé, un droit pour tous Risques psychosociaux ou souffrance au travail? vos activités 18 Ville de lumière et de passion Séjourner à Paris Faites du sport! Jardins ouvriers : un art de vivre culture 23 Livres en tête! HISTOIRE 24 Une longue vie de luttes PORTRAIT Albert Alquier 25 La mémoire en petit format SCIENCES et environnement 26 Les microbes, c est la santé! La face cachée de la biodiversité Livres Alain Serres 28 Tout un monde qui s ouvre à la jeunesse JEUX et jardin 30 Côté jardin : Le potager dort. Faites donc la fête! Jeux : Mots croisés et échecs Supplément : Guide de la protection sociale 2011 À nos lecteurs Ce journal mensuel ne vit et ne se développe que pour vous servir et donc servir vos activités sociales. Ce premier numéro de l année 2011 propose dorénavant un nombre de pages réduit avec un papier de meilleure qualité. Dans les semaines et les mois à venir, vous pourrez juger des évolutions. Notre seul objectif est de vous satisfaire davantage. En vous remerciant de votre fidélité. sommaire 5
en bref La loi Nome adoptée ÉRIC RAZ / CCAS ACTUALITéS Une majorité de parlementaires ont adopté la loi sur la nouvelle organisation du marché de l électricité (Nome) dans la nuit du 24 au 25 novembre dernier. Celle-ci comporte plusieurs mesures lourdes de conséquences pour les usagers, les collectivités et l industrie. EDF sera obligé de vendre jusqu à 100 térawatt/heures par an à ses concurrents directs, et ce durant 15 années. Cela correspond au quart de sa production nucléaire. De plus, le prix de vente sera fixé par la Commission de régulation de l énergie (Cre). Le choix s imposera donc entre un prix de vente élevé, qui sera répercuté sur les usagers et les industriels, ou bas, privant dans ce cas EDF des investissements nécessaires aux moyens de production et au réseau électrique. Par ailleurs, la loi Nome engage une suppression des tarifs réglementés à compter du 31 décembre 2015. Quant aux particuliers, ce texte qui vient au secours de l ouverture à la concurrence provoquera, selon la Cre, une hausse des tarifs de 25 % d ici à 2015. Bonjour les coûts de cette marchandise qui n est pourtant pas comme les autres! Élections IRP Les élections des instances représentatives du personnel (IRP) qui se sont déroulées du 18 au 25 novembre dernier ont confirmé le fort attachement des gaziers et électriciens au syndicalisme. Ainsi, les agents des 144 entreprises des IEG appelés aux urnes pour élire leurs représentants au sein des IRP (CE et DP) se sont massivement déplacés, avec des taux de participation entre 70 et plus de 80 %. La CGT enregistre une baisse, mais reste la première organisation syndicale, loin devant la CFDT, la CFE-CGC (en progression) et FO (en recul), la CFTC et SUD n étant pas représentatifs. TERRITOIRES VOUS ÉCRIVEZ, ON VOUS LIT Le secret d Ayorou C est suite au premier voyage solidaire Femmes bâtisseuses en 2007 avec l Afaspa et Bâtir et développer que Véronique Chapre a écrit Le secret d Ayorou. Depuis, l aventure est devenue collective puisque Joëlle Delaunay, femme d agent EDF et artiste peintre, a été mise à contribution ainsi que plusieurs membres et illustrateurs associés au projet de développement au Niger. Le secret d Ayorou paraît dans Fleuve Niger, un magnifique coffret de quatre livres destinés aux enfants. Le coffret Fleuve Niger (Le secret d Ayorou, de Véronique Chapre inclus), Éd. Ibis press, 40 euros. Le Peugeot D3 pour 2011 CLUBS Chaque année, le Rétro automobile club des électriciens et gaziers de France propose une maquette au 1/43 e. Pour 2011, il s agit du Peugeot D3 1952. Pour commander, envoyez un chèque de 28 e, accompagné de vos nom, prénom et adresse à : Christian Cayrol 222, rue de Belleville 75020 Paris. Renseignements au 01 46 36 37 79. Une nouvelle miniature VÉRONIQUE CHAPRE & JOËLLE DELAUNAY LE SECRET D AYOROU DR Tour du Médoc Le tour du Médoc des motos anciennes est organisé par la section moto de la CMCAS Gironde les 21 et 22 mai 2011. Un rallye de motos mettant en présence les grosses cylindrées des années 1960 avec leurs ancêtres vous fera découvrir le Médoc et ses châteaux, ainsi qu une partie du bassin d Arcachon. Contact : Bruno Moreau au 06 84 49 84 91 et par mail à : zrx.bruno@free.fr DR Le club Miniateg 43 des collectionneurs de véhicules EDF-GDF propose pour la nouvelle année la Renault express EDF GDF. Si vous souhaitez acquérir cette miniature vendue 35 (port compris), adressez-vous à : Miniateg 43, 235 rue de l étang, 69440 Saint-Laurent d Agny. Renseignements à : miniateg43@voila.fr DR 6
SOLIDARITÉ VœUX 2011 Le 20 e téléthon Toute l équipe de CCASinfos vous présente ses vœux pour cette nouvelle année 2011 que l on vous souhaite riche en découvertes et en émotions, grâce à vos activités sociales. À l image de cette photo où Claire, Léa et Lucie vous font partager un instantané de leur séjour jeunes printemps 2007 au centre de vacances CCAS de Saint-Barthélémy-le-pin (Ardèche). Julien Millet / CCAS Gel, neige et pluie : rien n a pu ébranler la détermination des 500 agents qui, répartis en huit groupes «flèches», ont sillonné la France à bicyclette afin de recueillir des dons pour le téléthon. L histoire commence il y a vingt ans. Jean-Pierre Sanson dit «le Bison», agent EDF, parcourt toute la Normandie et sollicite que la direction EDF GDF s engage financièrement dans la recherche contre les maladies génétiques. La CCAS devient rapidement un partenaire logistique indispensable. Tennis de table à Guérande Pour la première fois, les rencontres sportives nationales Corentin Cariou et Marceau Flandre se déroulaient simultanément les 12 et 13 novembre dernier à Guérande. Hébergés au centre de vacances de Mesquer (Loire-Atlantique), 119 bénéficiaires âgés de 9 ans à 76 ans, venus des quatre coins de la France, ont participé aux tournois individuels et par équipe de tennis de table. Les deux compétitions ont permis de confronter attaquants et défenseurs, classés au niveau national et non licenciés, chevronnés, néophytes ou encore tous ceux qui n avaient plus touché une raquette depuis le lycée. Depuis deux décennies, les «cyclos du bison» ont permis de récolter environ 9 millions d euros, 5,7 de la part des salariés et 3,3 venant de l entreprise. En 2010, ce sont 922 000 euros que les flèches du fil de l énergie ont collecté contre vents et tempêtes. Comme le dit Jean-Pierre Sanson : «Pour la vingtième, les gars se sont battus contre les intempéries, confirmant la volonté des gaziers et des électriciens à être solidaires. C est à l image du service public et des valeurs de la CCAS» Sports Une réussite à mettre au crédit des organisateurs de la CMCAS Loire-Atlantique Vendée et de ses 25 bénévoles. CHRISTAIN PETIT / CCAS didier delaine / CCAS AVIS DE RECHERCHE La centrale de La Maxe fêtera ses 40 ans en septembre 2011 et recherche pour ce faire tous les agents ayant travaillé sur le CPT depuis 1971. Contacter par courrier les agents de la centrale : EDF - CPT La Maxe - les 40 ans - BP 40647-57146 Woippy Cedex. Solutions jeux N 317 MOTS CROISÉS Horizontalement : I. Cicatrices. II. Roucoulant. III. Ramsès. IV. Soirée. Soi. V. Oiseau. VI. Erse. Sorte. VII. Moine. RER. VIII. Eut. Lit. Ou. IX. Niera. Ecus. X. Tr. Une. Ose. Verticalement : 1. Crissement. 2. Io. Rouir. 3. Curiosité. 4. Acarien. Ru. 5. Tomes. Élan. 6. Rusées. 7. Île. Aorte. 8. Cassure. Co. 9. En. Trous. 10. Striée. Usé. SUDOKU 6 4 8 2 7 9 1 3 5 9 1 5 8 3 6 2 7 4 2 3 7 1 5 4 6 8 9 1 7 6 5 4 2 8 9 3 4 8 2 9 1 3 5 6 7 5 9 3 7 6 8 4 1 2 7 6 9 4 2 1 3 5 8 3 5 4 6 8 7 9 2 1 8 2 1 3 9 5 7 4 6 7
dossier Le budget de vos activités sociales Le mouvement des activités sociales des électriciens et gaziers est depuis son origine une question de choix. L originalité de son fonctionnement consiste à prélever une part de la richesse économique créée par les salariés des entreprises de l énergie. C est le 1 % des ventes de gaz et d électricité qui permet de déployer leurs activités sociales. Ceci afin de soutenir une large palette de services et de prestations dont l importance sur le plan de la qualité de vie n est plus à démontrer. Vacances, restauration, culture, solidarité, santé, assurances en travaillant sans relâche au bien-être du personnel, les activités sociales contribuent à la réussite des entreprises de l énergie. Déclaration du président au Conseil d administration Le 9 décembre 2010, le président Michaël Fieschi a tenu à souligner devant le conseil d administration le fait qu est déjà engagé un important plan d actions, dont les effets se feront sentir sur les résultats financiers de 2011. Ce plan vise à favoriser une meilleure gouvernance et à redresser la situation financière de la CCAS. S agissant de la gouvernance, quatre actions ont d ores et déjà été entreprises. En premier lieu, un comité des engagements a été mis en place. Il permet à la direction financière d être systématiquement associée à toutes les décisions à caractère financier. Ensuite, la CCAS s est dotée d un comité d audit dont l objectif est d assister le conseil d administration sur les questions relatives à l élaboration et au contrôle des informations financières et comptables, et sur la maîtrise des risques. Dans ce cadre, les élus peuvent apprécier, notamment, la qualité des dispositifs mis en place par la nouvelle direction des risques, de l audit et du contrôle interne (DRACI). Troisièmement, un important travail de refonte du règlement intérieur de la CCAS et des délégations de pouvoir et de signature est en cours. Sa mise en œuvre est prévue pour janvier 2011. Le bureau de la CCAS pourra être mieux informé du suivi de l exploitation. Pour finir, le directeur général à mis en place un projet managérial dont l objectif est de faire que les activités sociales fonctionnent bien et durablement. Ce projet par essence évolutif doit permettre de garantir la cohérence de nos actions avec les orientations du conseil d administration. Au travers de ces outils de gouvernance, le directeur général et le comité de direction s engagent à remédier au déficit du budget d exploitation dans le cadre du budget 2011. christine lemore La répartition et les ressources Pour assurer les activités sociales, les électriciens et gaziers disposent d un certain nombre de ressources dont on peut détailler les volumes de la manière suivante : Collecte 1% : 474 M (chiffre prévisionnel) Part décentralisée : 155,5 M Part centralisée : 318,5 M Ressources de la CCAS pour 2011 : Dotation primitive 1 % : 318,5 M Recettes d exploitation : 143 M Recettes des activités sociales : 116,5 M Recettes d autres activités : 3 M Participation EDF restauration : 18 M Autres subventions : 0,2 M Participation à la gestion des assurances : 5,2 M Transferts de charges et reprises de provisions : 16 M Afin de garantir l équilibre budgétaire en 2011, le conseil d administration de la CCAS a choisi de s appuyer sur des actions simultanées et complémentaires : Garantir l utilité de chaque euro investi pour les électriciens et gaziers, Assurer les recettes permettant le développement de nos activités et l entretien de nos structures, Valoriser notre patrimoine. 8
Principaux investissements et moyens Afin de proposer aux 692 567 bénéficiaires les activités sociales dont ils ont besoin, la CCAS investit dans un certain nombre de moyens. Les principaux sont présentés ci-après. Contenu des séjours Vacances L activité majeure des activités sociales requiert toute l attention de la CCAS. Elle mobilise d importantes ressources financières de manière directe, en achat de prestations de séjour. Cependant, il faut préciser que le dimensionnement de cette activité appelle par ailleurs d autres ressources budgétaires, notamment en ce qui concerne l emploi de personnels permanents ou saisonniers et l entretien des sites et du patrimoine. Pour l année 2011, le budget d achat de prestations de séjour s élève à 56 M. ÉRIC RAZ / CCAS Singularité des séjours CCAS, leur contenu (animations, spectacles, découvertes sportives et culturelles, bibliothèques) contribue largement à la réussite des vacances et à la qualité de nos activités sociales en général. 1 700 interventions culturelles sont programmées sur les centres adultes et jeunes Le budget consacré aux événements et au contenu des séjours est estimé à 32 M. julien millet / CCAS Sport/loisirs/Culture Composante fondamentale du lien entre les personnes et les générations, outil d émancipation, la constance de notre approche culturelle dans la proximité (CMCAS, SLVie) est largement saluée par les bénéficiaires et les différents partenaires avec qui nous œuvrons. Comme la culture, les activités physiques et sportives et les loisirs font partie du projet initial des activités et contribuent au bien-être et à la santé du personnel des IEG. Les moyens sont estimés à 35 M. ÉRIC RAZ / CCAS Patrimoine et locaux La réalisation des activités sociales sur l ensemble du territoire nécessite une politique patrimoniale et immobilière d envergure. Depuis toujours, il a fallu anticiper l évolution des besoins des électriciens et gaziers en matière de vacances. Cette gestion nous donne aujourd hui un outil unique dont il faut néanmoins prévoir le vieillissement. En 2011, les moyens investis dans ce poste, pour l essentiel des locations immobilières, des frais d entretien, des charges de gardiennage et des taxes foncières, s élèvent à 45 M. 9
dossier Principaux investissements et moyens Santé et Action sanitaire et sociale Forfait hospitalier, supplément chambre particulière et au lit accompagnant : au 1 er janvier 2011, le fonds Santé va constituer l aide à l adhésion pour la couverture supplémentaire maladie des bénéficiaires exclus de l accord de branche. Le fonds Action sanitaire et sociale ouvre l accès à de nombreuses prestations : aides ménagères, auxiliaires de vie, garde d enfant, soutien scolaire, prestations familiales extra légales, indemnités de moyens d existence, aides mobilité autonomie. Les fonds Santé et ASS s élèvent respectivement à hauteur de 27 M et de 33 M. julien millet / CCAS Restauration Dans 116 points de restauration CCAS méridienne, plus de 6 millions de repas sont servis avec un coût d achats de produits de 37 M. Personnel Essentiellement centrée sur des activités de service, l organisation de l ensemble des prestations offertes par la CCAS aux bénéficiaires mobilise 3 900 salariés permanents et 3 400 saisonniers. Au quotidien, ces derniers assurent de près ou de loin la qualité des services attendus. Hors formation, le poste main d œuvre représente 265 M. Organisation logistique L organisation et le fonctionnement des activités sociales nécessitent des moyens divers qui englobent l achat de matériel, la formation du personnel, l assurance des risques inhérents aux activités de la CCAS, divers frais de transports, postaux, charges fiscales, travaux relatifs aux services informatiques, achats de fournitures administratives, prestations, services Pour 2011, le montant prévu pour ces charges est de 74 M. ÉLISE REBIFFÉ / CCAS Remarque : Dans le but de faciliter la compréhension et la lecture de ce document, la plupart des chiffres utilisés sont arrondis à la valeur la plus proche. CMCAS et activités décentralisées Les CMCAS qui gèrent les activités sociales dites décentralisées sont au nombre de 70, puisque la CMCAS Mayotte est constituée depuis le 1 er janvier 2011. S appuyant sur près de 600 SLVies, les élus et bénévoles, les CMCAS mènent l action sanitaire et sociale et développent les activités sociales dans la proximité. Pour ce faire, certaines ont mis en place un réseau solidaire. Les actions dites décentralisées sont engagées pour la promotion de la santé, des aides solidarité et intergénérationnelles, des activités sportives et de plein air, culturelles et de loisirs, pour la jeunesse, les pensionnés et les formations socio-éducatives. Les CMCAS sont également un relais dans la proximité des activités centralisées, telles que vacances, restauration méridienne. Chaque CMCAS est un organisme social bénéficiant d une autonomie de gestion à partir des fonds qui lui sont confiés. Le 1% alloué aux CMCAS, réparti entre elles par la Session du Comité de coordination au prorata du nombre de bénéficiaires, constitue la source principale du financement des activités sociales de la CMCAS. La participation financière des bénéficiaires complète les ressources des activités sociales. PHILIPPE MARINI / CCAS 10
Vos activités dans l histoire Archives historiques / CCAS Les agents des IEG et leur famille bénéficient des activités sociales dont le financement est garanti en grande partie par le 1 % des recettes de la vente d énergie. L existence des activités sociales du personnel des IEG est intimement liée aux valeurs inscrites dans le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) pour une société «plus juste et plus humaine, une véritable démocratie sociale». La nationalisation du 8 avril 1946 et son corollaire, un statut du personnel très progressiste adopté par décret le 22 juin suivant, afin que les salariés des IEG soient «l âme et le moteur» de la nationalisation et du service public, devenaient les gages d un avenir meilleur. D un côté, le statut national prévoyait la création d œuvres sociales gérées par les représentants actifs et inactifs, élus des salariés, et financées par les ventes d énergie à hauteur de 1 %. De l autre, les anciens actionnaires des entreprises récupéraient 1 %... L avenir du 1 % Au début de l été 2010, la CCAS et le Comité de coordination des CMCAS ont lancé une campagne de débats et d actions, avec la pétition nationale «Le 1 % c est le lien social» (cf. CCASinfos n 314). Depuis, face aux attaques en règle contre les activités sociales (lettre du ministre de l Écologie et de l Énergie, loi Nome, tarif agent, campagne médiatique, etc.), plus de 70 000 bénéficiaires ont exprimé leur attachement profond à une forme originale et unique de gestion et de financement. Pour comprendre ce formidable lien qui unit aujourd hui les salariés de la branche des IEG, il y a bien sûr l histoire. Il y a aussi leur vécu dans les centres de vacances, les restaurants, lors d activités de loisirs, sportives ou culturelles, où ils se retrouvent ensemble, quelles que soient leur Cela explique le mode de calcul singulier dans les IEG de la part octroyée aux activités sociales et de santé à partir des recettes et non, comme pour les autres comités d entreprise, à partir des cotisations de la masse salariale. Depuis près d un demi-siècle, les activités sociales jouent un rôle important dans la société. Elles ont contribué au départ en vacances de plusieurs générations d électriciens et de gaziers, à la prévoyance, à la restauration, à la découverte culturelle, sportive et de loisirs, à l action sanitaire et sociale, au soutien à l enfance et aux personnes âgées. Toujours à l écoute des bénéficiaires par l intermédiaire de consultations régulièrement organisées, elles ont su se transformer et évoluer afin de entreprise de rattachement et leur situation. Cette dimension fédératrice des activités sociales est d autant plus cruciale que l ouverture à la concurrence du secteur de l énergie a créé des ruptures et généré des conflits de valeurs consécutifs au passage d une culture de service public à une culture de rentabilité à court terme, fragilisant ainsi les rapports sociaux. L évolution vers le morcèlement renforce encore ce rôle de lien social dans la proximité, contre les inégalités et pour la solidarité intergénérationnelle. C est cette mission de proximité que poursuivent actuellement vos SLVies et vos CMCAS. Le financement assuré par le 1 %, géré par et pour les salariés, est la meilleure garantie d un retour vers les électriciens, gaziers et leur famille du salaire socialisé qui est Archives historiques / CCAS christine lemore répondre à leurs attentes. Aujourd hui, plus de 690 000 personnes en bénéficient. En fait, le financement des activités sociales par le prélèvement du 1 % sur les ventes d électricité et de gaz n a cessé depuis ses origines d être au centre des batailles revendicatives. le leur et qu ils ont décidé de mettre en commun. En une phrase : le 1 % est une réponse collective et solidaire aux attentes et besoins des bénéficiaires. La répartition opérée début novembre en session du Comité de coordination a pris en compte cet enjeu puis, avec le vote du budget le 9 décembre dernier, le CA de la CCAS a eu pour seul objectif de pérenniser et de développer vos activités. Textes : Pierre Chaillan 11
La qualité des saison actualités Le forum social des saisonniers a posé en décembre le premier pilier du réseau d entraide pour combattre l isolement et pour que saisonnalité ne rime plus avec précarité. «Pour être connu, il faut être reconnu», explique Annette, saisonnière depuis onze ans. Micro en main, elle ouvre ce 3 décembre dans l agora d Aubagne (Bouches-du- Rhône) le premier forum social des saisonniers. Durant trois jours, plus de 300 femmes et hommes de tout âge vont échanger, ouvrir des pistes, chercher des solutions, entendre des idées nouvelles. Les mains qui tendent le plateau repas ont serré celles de l universitaire ou du syndicaliste. Les mains qui tendent la perche des remontées mécaniques tiendront celles des petits chefs d entreprises du loisir, de militants associatifs, ceux de la JOC, de Léo Lagrange, de l Unef, de Jmra ou de Christophe Gaston, administrateur de la CCAS en charge des questions liées aux saisonniers. Avec près de 3 000 saisonniers employés régulièrement, la CCAS, qui assurait la logistique de la manifestation, rappelait par la bouche de son élu la mise en place des groupes d expression, la fidélisation, les aides au logement, primes et autres conditions de travail élaborées avec les saisonniers. Le président de l organisme, Michaël Fieschi, leur a adressé un message de soutien. Durant les multiples débats, bien conduits par le sociologue Richard Dethyre et son complice Antoine Fatiga, ancien du Conseil national de la montagne, les politiques menées par l Unedic furent fustigées. Une plainte en ce sens a été déposée par des participants auprès de la Halde (voir ci-contre). Si les questions de logement et de salaire, les relations avec les banques, les syndicats, les élus en France et en Europe, ou encore le secteur mutualiste furent abordées, les participants ont aussi pu discuter en direct avec maintes personnalités (voir ci-après). Entre 400 000 et 800 000 saisonniers précaires génèrent en France 146 millions d euros de chiffre d affaires dans le tourisme. Cette saisonnalité se répand aussi dans l agriculture, le commerce et les services. Les participants ont décidé, après une déclaration finale, la mise en place d un réseau permanent d entraide, d information et de solidarité, à contacter via le site www.forumsocialsaisonniers.com Rendez-vous a été pris pour se revoir dans deux ans car ce qui est valable dans un sens l est aussi dans l autre : pour être reconnu, il faut être connu! Textes : Jean Santon Photos : Olivier Clément / CCAS Déclaration finale (extraits) «Les saisonniers ne choisissent pas leur intermittence. Elle est imposée par la saison. Par contre la précarité n est pas fatale Il est urgent de travailler à une sécurisation des parcours professionnels qui garantisse des périodes de travail, de formations d indemnisation de pluriactivité Vers un nouveau statut pour ces salariés. L isolement est une des raisons des difficultés des saisonniers. Avec ce forum social, nous créons le premier réseau d entraide, d information et de solidarité qui brise cet isolement. Pour disposer de liens nécessaires avec les organisations du travail, les syndicats, les maisons des saisonniers. Pour aider à la mobilisation immédiate en vue de peser sur les négociations de l assurance chômage qui s ouvrent bientôt. Nous allons demander à être reçus par la Halde, le médiateur de la République et les gestionnaires de l Unedic pour porter nos propositions.» Plainte contre l Unedic Cinq saisonniers ont décidé de porter plainte contre l Unedic auprès de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l égalité (Halde), au moment où l organisme paritaire s apprête à ouvrir de nouvelles négociations sur l assurance chômage. 12
niers ILS ONT DIT Thierry Doll, président du syndicat national des entreprises de plongée loisir. «Dans ce secteur d activité saisonnière, la partie loisir touristique et activité de pleine nature est en train de se construire. Attention à ce que le tourisme dit social ne concurrence pas inégalement le tourisme marchand en employant des bénévoles pas forcément formés ou payés, ne réglant pas certains impôts, etc. Ce forum va, je l espère, faire bouger les frontières du dialogue.» Paulette Garcia, hôtesse d accueil à la maison familiale CCAS de Saint-Brevin-les-Pins en Loire Atlantique, l une des cinq à porter plainte contre l Unedic. «Je suis saisonnière depuis sept ans. Le contact avec les gens me plaît. Le problème réside dans le fait que je ne travaille que six mois par an. Durant les six autres mois, je suis au chômage. Avec le coefficient de minoration qui s applique aux chômeurs saisonniers, puisqu au bout de trois ans nous sommes considérés comme tel, je perçois 600 euros par mois. C est la raison qui me pousse à porter plainte auprès de la Halde. Je refuse cette minoration des allocations car je n ai pas choisi d être saisonnière. Je veux être reconnue comme chômeur à part entière, rémunérée à 75 % du salaire et non à 50 %, d autant que mes cotisations durant six mois, elles, ne sont pas minorées. Par contre lorsque je travaille, j ai de bonnes conditions. Il y a le respect de certaines valeurs et la prime EDF. J ai eu des emplois saisonniers dans d autres entreprises. J y allais à reculons. C était du 18 heures par jour, sans heures supplémentaires.» Pierre-Yves Manfredi, chargé de mission à la chambre syndicale des opérateurs de remontées mécaniques et de domaines skiables. «Les saisonniers sont obligés chaque année de se réadapter à l entreprise. Les domaines skiables de France préconisent de mettre l accent sur l accueil des saisonniers. Ils reviennent pour une saison d environ quatre mois et durant leur absence, beaucoup de choses se sont passées dans les entreprises. Il faut expliquer les évolutions. C est pourquoi, chez nous, les saisonniers sont fidélisés. C est un investissement dans le salarié. Nous représentons 18 000 salariés, dont 15 000 saisonniers. Quant à la loi Montagne, elle nous oblige à payer une partie de notre chiffre d affaires aux communes. Elle n est pas dépassée mais il y a des projets de révision.» Robert de Caumont, ancien député, maire de Briançon de 1981 à 1986 et rapporteur de la loi Montagne en 1985. «Cette loi Montagne était une première. Nous y avons traité le problème de la pluriactivité en cinq articles sur une centaine. C était encore assez timide. Nous nous sommes aperçus qu il y avait des saisonniers partout : en montagne, sur le littoral, en campagne comme à Paris. Nous avons donc fait en sorte que ces cinq articles s appliquent à l échelle nationale en créant notamment une association de réseaux, A latras, dont c était récemment la onzième rencontre nationale. Contrairement au forum d Aubagne, ces rencontres ne font parler que les gens qui aident les saisonniers. Nous avons fait des propositions pour faire progresser le dossier, comme celle faite par exemple en 1985 de reconduire les contrats d une saison sur l autre. C était déjà d une grande hardiesse. À l époque, certains trouvaient cela trop dirigiste. Des progrès ont heureusement été faits depuis sur le logement, les maisons des s aisonniers.» 13
«Faire du bon boulot» point de vue sur Entretien avec Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers. Dernier ouvrage paru : Le travail à cœur, Éd. La Découverte. Saisonnalité et qualité sont-ils antinomiques? Au contraire, les saisonniers transportent avec eux des expériences différentes et peuvent faire bénéficier une entreprise d une expérience acquise dans une autre. Ils concentrent de la qualité du travail, de la qualification. Pour les entreprises, il est intéressant de voir ceci plutôt que de n y percevoir qu une seule question d organisation du travail. La fidélisation des saisonniers est d ailleurs un vrai problème pour elles. Quel intérêt pour les employeurs mais aussi pour les salariés statutaires ou en CDI d entendre les saisonniers? Dans les organisations du travail dominantes, qui poussent beaucoup de salariés à se taire sur leur lieu de travail, il y a un vrai risque de silence. Ce n est pas la faute des salariés euxmêmes. Mais il est parfois tellement compliqué de faire vivre des collectifs contre des organisations du travail délétères que des salariés préfèrent se replier sur eux. Ils renoncent à se sentir comptables de la qualité du travail dans l entreprise. Pour beaucoup de travailleurs, il devient parfois maladif de ne pas pouvoir apporter une contribution à la vie de leur entreprise qui les considère, uniquement, comme interchangeable. C est la négation de l histoire collective, comme si cette dernière était un obstacle au travail ou à la satisfaction du client. Mais la qualité du travail prend sa Lors du forum social des saisonniers, Yves Clot et Richard Dethyre à sa gauche source et s enracine dans cette histoire collective et controversée, justement, sur les critères de la qualité. Dans ce contexte, les saisonniers qui viennent de l extérieur et de temps en temps constituent une étrangeté. Ils arrivent dans l entreprise avec leur indépendance paradoxale, qui est aussi une dépendance. Cette extériorité leur permet de voir des choses que l on ne voit plus de l intérieur. Elle peut être un véritable atout pour les entreprises et leurs salariés permanents, à condition qu on se saisisse de la qualité de leur travail dans un statut d emploi qui leur permette une sécurité suffisante les autorisant à parler. La précarité du travail n est pas celle de l emploi? On peut être dans des formes d emploi stables, par exemple dans la fonction publique où la stabilité de l emploi est forte, mais dans une situation où le travail est tellement fragilisé, tellement maltraité du point de vue des produits, mais aussi des relations professionnelles et du travail collectif, qu au fond le travail est précaire. Même s il est protégé par un statut. Nous l avons vu à France Telecom. En fait c est l impossibilité de faire du bon boulot qui rend le travail fragile. C est en ce sens qu on peut parler de travail précaire. Même dans un emploi stable. Il existe aussi les formes inverses dont les saisonniers peuvent être des exemples. Il y a précarité de l emploi en terme de statut et de droits, alors que la précarité au travail est moins grande au sens où le travail est moins fragile, car il y a des expériences professionnelles solides qui s accumulent en dehors et entre plusieurs entreprises. Il est aussi dangereux d avoir de bons emplois et un mauvais travail que l inverse. L essentiel est que, par delà les statuts et pour les faire changer, les permanents et les saisonniers puissent se rencontrer autour du travail bien fait. C est en soignant le travail qu on pourra éviter d avoir à soigner de plus en plus de personnes. S oigner le boulot comme on dit. Dès qu on ne peut plus faire cela, c est le salarié qui est vite en situation de «se faire soigner». Il y a donc deux types de prise en charge : soit les salariés sont capables de prendre en charge le développement de leur métier, soit ils sont pris en charge par des psychologues. Attention à la prise en compte de ce problème sous la seule forme de la souffrance au travail. L hygiénisme et son flot de contrôles sanitaires arrivent juste après la compassion. J estime que chez les salariés qui ont vu leur travail maltraité il y a d abord eu de la colère. Et c est parce qu ils n ont pas trouvé les moyens de faire quelque chose de cette colère qu il y a eu développement de la souffrance. Cette colère doit pouvoir se reconvertir en actions sur la qualité du travail. Propos recueillis par Jean Santon olivier clément / CCAS 14
La santé, un droit pour tous Le Centre national de santé de Paris-Richerand accueille près de 60 000 personnes 1 par an. Situé dans le X e arrondissement, il permet à tous de bénéficier de soins médicaux et dentaires de qualité, remboursés sur la base des tarifs conventionnés du secteur I. santé Après avoir fait peau neuve, le Centre national de santé (CNS) de la CCAS organisait le 8 octobre 2009 une journée portes ouvertes. L occasion pour le public de venir découvrir des locaux rénovés et des installations médicales modernisées comme ce nouvel appareil d ostéodensitométrie. Deux ans après, une autre tranche de travaux s achève avec l agrandissement et la rénovation du service d ophtalmologie ainsi que l acquisition de nouveaux matériels permettant la réalisation d examens de pointe. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les carences alimentaires liées aux restrictions imposées sous l Occupation continuent à se faire sentir sur la santé des plus jeunes. Préoccupé par les besoins des familles, l ancêtre de la CCAS, le Conseil central des œuvres sociales (CCOS) mène un effort pour y répondre. Durant l été 1947, les aériums de Megève (Haute-Savoie) et de Buressur-Yvette (Essonne) accueillent plus de 120 gamins à la santé fragile. Dans le contexte de la crise économique qui pousse au renoncement de certains soins, le CNS constitue un outil de lutte contre des inégalités sociales criantes. En 1950, la CMCAS Toulouse ouvre le premier centre de diagnostics de soins, suivi par Bordeaux et Marseille. L objectif est de permettre l accès aux soins des électriciens et gaziers au plus près des sites de production et de leur lieu de vie. La création en 1974 du CNS avenue Richerand à Paris s inscrit dans cette politique. Aujourd hui, la CCAS est aussi partenaire et propriétaire, selon les cas, de centres de santé à Nice et à Manosque. Près de quarante ans plus tard, les attaques gouvernementales contre la Sécurité sociale et le système de santé ont conduit le conseil d administration de la CCAS à repenser sa politique en la matière. Une baisse de la fréquentation et un équilibre budgétaire précaire ont amené les élus des organismes sociaux des IEG à nouer de nouveaux partenariats. En 2007, la direction du Centre national de santé CCAS est ainsi confiée à l union des mutuelles de l Île-de-France (Umif) qui en assure la gestion «selon les doctrines de la CCAS», pour une durée de cinq ans. Un comité de pilotage CCAS/Umif assure le suivi et les évolutions de l établissement. Selon les résultats du dernier baromètre paneuropéen du Cercle Santé Société publiés dans le Journal international de médecine 2, 23 % des Français affirment avoir dû renoncer temporairement ou définitivement à des soins en raison de la crise économique. À titre d exemple, la Cour des comptes s intéresse aux soins dentaires dans son dernier rapport consacré à la Sécurité sociale : «Les soins dentaires représentent 63 % des cas de renoncement aux soins.» Un chiffre à préciser : «45 % des ouvriers non qualifiés déclarent au moins une dent non remplacée, contre 29 % des cadres.» Dans ce contexte, le CNS avec ses 15 chirurgiens-dentistes constitue un outil de lutte contre des inégalités sociales criantes. «Aujourd hui, explique Martine Mayeur, sa directrice, on redécouvre le centre et nous accueillons de nouveaux patients.» I nscrit dans le schéma sanitaire et social du pays, cet établissement de pointe œuvre dans une démarche à but non lucratif, intervenant au niveau du secteur I des remboursements de la Sécurité sociale. Une chance dans une ville comme Paris, où les professionnels de santé pratiquent allègrement des tarifs de secteur II, voire non conventionnés. Un acquis qu il faut préserver. Texte : Stéphane Gravier Photos : Olivier Clément / CCAS 1 chiffres datant de 2008. 2 www.jim.fr du 23/09/2010. Centre National de Santé, 4 avenue Richerand, 75010 Paris 01 40 03 38 40 15
Risques psychosociaux Charles crié / CCAS santé Un accord cadre de branche sur les risques psychosociaux a été signé début 2010. S il va dans le bon sens, il est loin de prendre en compte les causes de la souffrance au travail. Des discussions sont engagées dans les entreprises «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d infirmité.» Cette définition est celle donnée en 1946 dans le préambule à la constitution de l Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle est reprise au début du texte de l accord de branche signé début 2010 par les organisations syndicales et les fédérations d employeurs du secteur de l énergie, l Unemig (Union nationale des employeurs des industries gazières) et l Ufe (Union française de l électricité). Son titre : «Accord relatif aux principes de prévention des risques psychosociaux» Ce texte, qui pourrait faire croire que les employeurs comptent enfin sortir du déni de leurs responsabilités en matière de santé, comporte en fait certains dangers pour les salariés et leurs représentants syndicaux. L accord vise la «prévention primaire des risques», donc la lutte contre l apparition des difficultés. Objectif affiché : «adapter le travail à l homme». Pour y parvenir, trois grands principes : «mise en œuvre d une démarche pluridisciplinaire, partage des expériences et permanence du dialogue social». Ce texte de portée générale, fixant de grands principes, doit maintenant être décliné dans chaque entreprise de la branche. GDF Suez France a ouvert le bal par un accord ratifié le 18 février 2010. Il devra être appliqué dans tous les sites du groupe. Ces accords visent à «fédérer les compétences de préventeurs, travailleurs sociaux, médecins, auprès des CHSCT, représentants des salariés, etc.». En octobre 2009, alors que la Cohorte Gazel (étude épidémiologique), dont la CCAS est le principal partenaire, marquait son 20 e anniversaire à Paris devant un parterre de chercheurs, médecins et acteurs de la santé publique, Michel Yahiel, président de l Association nationale des DRH (direction des ressources humaines) déclarait à la tribune : «La composante santé au travail est proche du zéro dans la formation des DRH.» (voir CCASinfos de novembre 2009). Aujourd hui, ce qui pourrait devenir une sortie du déni patronal découle aussi d une dramatique réalité de plus en plus délicate à masquer. Les suicides survenus en 2002-2003 à la centrale nucléaire de Chinon puis à Besançon, dont celui d un directeur adjoint à la distribution d EDF, ont marqué les personnels. Puis la longue et lugubre série venue de France T elecom Autant de faits qui obligèrent le ministre du Travail, Xavier Darcos, à imposer aux entreprises de plus de 1 000 salariés de trouver des accords sur les risques psychosociaux. Globalement, des mesures avaient déjà été prises sous la férule de Pierre Gadonneix, alors président d EDF. Elles consistaient en la mise en place d un Observatoire de la qualité de vie 16
ou souffrance au travail? POINT DE VUE TETRA / BSIP B. BOISSONNET / BSIP DR au travail, l installation d un numéro vert afin que les salariés en souffrance puissent discuter avec des psychologues et l alerte du management sur d éventuels dangers. Ces suicides ne sont que la partie émergée de l iceberg. Construire sa santé reste avant tout une question de moyens et dépend donc de la marge de manœuvre donnée aux salariés pour le faire. «Il ne peut y avoir d état d équilibre : soit on construit sa santé au travail, soit on la détruit. Il faut donc que le travail ait un sens partagé avec le collectif de travail, qui permette de construire un système de valeur sur le comment faire et le comment faire ensemble ainsi que sur le résultat du travail», explique Alain Carré, médecin du travail d EDF-GDF retraité (voir ci-contre). «Pour juger de la pénibilité d un métier, comment mesure-t-on les gestes devenus impossibles, les mouvements limités par la douleur?», demandait Noëlle Lasne, médecin du travail, dans une tribune publiée par le journal Le Monde dans son édition du 13 octobre dernier. L analyse est complexe certes. Mais les maux physiques demeurent la facette probablement la plus facile Parler de «souffrance au travail» comme le font les syndicats ne relève pas que de la sémantique : ces mots constituent l exact reflet de ce que vivent les salariés. à prendre en charge. Elle ne saurait en aucun cas masquer le reste. Même si c est sur cette part d invisibilité, cette proportion de données inconnues, difficilement mesurables et quantifiables, que les employeurs s appuient encore pour refuser toute reconnaissance de la «souffrance au travail». Pour ces raisons, encore, qu ils préfèrent utiliser le terme de «risques psychosociaux» à celui de «risques organisationnels» en prônant des accords d entreprises qui, sous un discours séduisant, pourraient individualiser encore plus les problèmes et les situations. Dans ces conditions, les accords en cours de négociation à erdf, GrDF, EDF et pour certains, comme à RTE, déjà soumis à signature des syndicats et employeurs, ont du mal à recueillir l adhésion de toutes les organisations syndicales. Que les syndicalistes préfèrent parler de «souffrance au travail» ne relève pas que de la sémantique, mais du fait que ces mots constituent l exact reflet de ce que vivent les salariés. Et si aujourd hui les risques ne peuvent plus être niés par les employeurs, «l état de complet bien-être physique, mental et social» est loin d être au rendez-vous. Texte : Jean Santon Alain Carré, médecin du travail d EDF-GDF, retraité et responsable de la consultation de surveillance médicale post professionnelle du Centre national de santé (CNS) à Paris. «L organisation moderne du travail s oppose aux conditions qui permettent de construire sa santé au travail et empêche la qualité de vie au travail. Les employeurs, plutôt que de traiter ces questions dans le cadre réglementaire imposé en évitant le risque, en révisant l organisation du travail pour lui retirer son caractère délétère, proposent des accords sociaux, hors du cadre de cette responsabilité essentielle. En n envisageant que de façon subsidiaire la question première de l organisation du travail, en manageant la souffrance, ces accords renforcent la culpabilité des victimes. Ils placent la représentation du personnel en situation de coresponsabilité sans qu elle ait les moyens réels d agir sur l organisation. Le pouvoir des responsables d entreprise sur ces démarches les incitent à les privilégier au détriment des actions autonomes et efficaces que pourraient mener, dans le cadre réglementaire, les CHSCT, du côté du travail réel et du vécu des travailleurs.» 17
Ville de lumière vos activités Sous les ponts de Paris Le concept n est pas nouveau, mais la formule plaît. Autour d un salon, d une rencontre sportive ou d une manifestation culturelle, la CCAS propose aux bénéficiaires de toute la France de venir découvrir Paris, ville de lumière. Accueillis en pension complète, les vacanciers débarquent au cœur de la capitale l espace d un week-end prolongé, pendant lequel ils seront hébergés dans les résidences hôtelières CCAS d Opéra ou de R icherand. Du 12 au 15 novembre 2010, se déroulait le Master 1000 de tennis de Paris- Bercy. Ils étaient 38 bénéficiaires venus vivre pleinement l événement... À 25 ans, Laura découvre «Paname» pour la première fois. Des étoiles dans les yeux, la jeune Alsacienne s offre la tour Eiffel en cadeau d anniversaire. Accompagnée de ses parents, elle a choisi de partager ces quatre jours en famille. «Paris? C est magnifique», témoigne-t-elle. À pied, en bateau, en bus et en métro, les vacanciers sillonnent la capitale au gré d un programme riche et intense. La réunion d accueil passée, direction la station de métro Bir-Hakeim et les quais de la Seine. «Ah Je ne ferais pas ça tous les jours!», s exclame une vacancière du Limousin dans la rame de la RATP. olivier clément / CCAS La découverte de Paris et de deux grands événements sportifs, les Masters 1000 de tennis de Bercy et le championnat du monde d escrime, était inscrite au programme de plusieurs des séjours Passion CCAS du mois de novembre. Transformé en accompagnateur, Alain Candas, agent EDF à la retraite, compte ses «ouailles» pour ne perdre personne. Sur une chanson d Yves M ontand, le petit groupe embarque à bord d une péniche amarrée à quai. Là, une guide touristique récite en français, anglais, italien et espagnol «que nous allons passer sous 24 ponts de la Seine», etc etc. Originaires de Montpellier, Philippe Sous les ponts de Paris Autour d un salon, d une rencontre sportive ou d une manifestation culturelle, la CCAS propose aux bénéficiaires de découvrir Paris, ville de lumière. et Jannick découvrent en couple le Paris romantique. Ne leur demandez pas le vœu qu ils ont prononcé sous le pont Marie, il ne se réaliserait pas Dans les enceintes, la voix d Édith Piaf qui chante : «Sous le ciel de Paris / Marchent les amoureux» Le dîner est à peine avalé que déjà le bus attend pour un tour nocturne dans Paris : le Champ-de-Mars, le Trocadéro, la statue du Maréchal Foch tête nue la place de L Étoile, le Louvre, la cathédrale Notre-Dame, le Panthéon, le quartier du Marais. 23 h 30 : retour à la résidence Richerand située à proximité du canal Saint-Martin. Demain sera un autre jour. Au petit déjeuner, les discussions vont bon train. Arbitre de la Fédération française de tennis (FFT), Alain Candas explique les enjeux du tournoi des Masters 1000 de Bercy, ses expériences sur les cours de Roland Garros, sa passion pour ce sport. «450 000, c est la somme que remportera le vainqueur de cette compétition.» Cela en laisse pensifs de nombreux dans l assemblée qui calculent le nombre d années qu il leur faudra pour gagner une telle somme. La jeune Laura nous glisse en aparté : «C est exagéré et cela dénature le sport.» Agent GrDF à Lyon, Y annick, 23 ans, n en est pas à son premier tournoi ATP, mais c est son premier Bercy. «J apprécie Federer, explique-t-il, il a la classe. Et à ce prix, c aurait été dommage de ne pas participer à ce séjour. Pour trois jours de festivités en pension complète, le billet de train A/R depuis Lyon me coûte plus cher.» Agent à la sécurité sociale de S élestat, Daniel est venu avec son épouse. «En 2007, nous avions déjà participé au séjour CCAS organisé autour du tournoi de Roland Garros. Nous avions vu 20 minutes de tennis car le match avait été interrompu par la pluie.» olivier clément / CCAS L escrime à l honneur Du 4 au 13 novembre 2010, Paris accueillait le championnat du monde d escrime sous la verrière du Grand Palais. La CCAS proposait trois séjours Passion autour de ce rendez-vous international des fines lames. Fils d agent, Clément Corli, 23 ans, «rêvait depuis toujours de participer à une telle rencontre internationale». Escrimeur depuis l âge de 6 ans, ce qui passionne cet épéiste dans la pratique de l escrime c est le sens de l honneur, le respect de l adversaire et de l effort physique. Clou de son séjour parisien : une discussion tout en simplicité avec Jérôme Jeannet, vainqueur finaliste en équipe face aux États-Unis. Un pur moment de bonheur! 18
et de passion Cette fois-ci pas de risque, les rencontres se passent à l intérieur du POPB, le palais omnisports de Paris-Bercy. Ce samedi matin, la demi-finale double oppose Cermak-Mertinak à Bhupathi- Mirnyi. «On les voit tout petits, mais on les voit quand même», entend-t-on dans les travées. Sur les écrans géants, l arbitre de chaise inscrit les scores ; dans les enceintes, les sonorités électro retentissent à chaque pause. La surface de jeu est rapide, le public So british est attentif. Au service, la balle du Suédois Söderling fuse à 235 km/h. Une demifinale en chasse une autre : voici que le Français Gaël Monfils se qualifie en finale, battant le Suisse Roger Federer, n 3 mondial. Le cœur des vacanciers de la CCAS bat à l unisson de ceux des 12 000 spectateurs du palais de Bercy. «C étaient deux magnifiques demifinales!», s exclame Alain, l arbitreaccompagnateur. Mais déjà il faut repartir. Direction le César palace pour une folle nuit parisienne. Texte : Stéphane Gravier bertrand de camaret / CCAS 19
Seul, en famille ou en groupe, la CCAS vous propose trois lieux d hébergement à Paris intra muros. Ouvertes toute l année, les résidences hôtelières d Opéra et de Richerand ont un taux d occupation de 95 à 97 %. Le conseil d administration de la CCAS a pris une série de mesures en 2008 pour en faciliter l accès : réservation possible six mois à l avance, possibilité pour chaque bénéficiaire et ayant droit de réserver jusqu à six nuitées par an quinze pour ceux venant d outre-mer et pour les ayants droit âgés de 18 à 26 ans, il est désormais possible de le faire sans la présence de l ouvrant droit dans le cas d entretiens d embauche ou d examens. Dans le cadre des séjours «Les régions proposent»,«passion» et «Événements», vous disposez de plus de 40 manières de découvrir Paris, depuis les rendez-vous sportifs, comme le tournoi de Roland G arros ou celui des 10 nations, jusqu au Salon de l auto ou du chocolat. Enfin, ces structures organisent des visites culturelles, comme «Les coulisses de la tour Eiffel» ou «Sur les traces de M arcel Paul», guidées par un agent des IEG La résidence CCAS de Paris Opéra Le Louvre, le jardin des Tuileries et le quartier des grands magasins de l Opéra à pied Cette résidence est située au cœur du 1 er arrondissement de Paris. Elle dispose de 37 chambres colorées de 2, 3 et 4 lits, dont 2 équipées pour les personnes à mobilité réduite. Le petit déjeuner servi en salle de 7 h 45 à 9 h 30 est inclus dans le prix de la chambre. vos activités Séjourner à Paris La résidence CCAS de Paris Richerand À proximité de la gare de l Est, la résidence Richerand est située dans une rue perpendiculaire au canal Saint- Martin, à deux pas du quartier animé olivier clément / CCAS de la B astille et à proximité de l hôpital Saint-Louis (possibilité d accueil Santé via sa CMCAS). Elle dispose de 49 chambres de 1 à 4 lits. Possibilité de prendre son petit déjeuner à un tarif négocié au café Séraphin, situé à proximité du centre. Réservation pour ces deux résidences : 0810 228 225 (prix d un appel local) du lundi au dimanche de 9 h à 17 h, sauf jours fériés. Éthic-étapes, résidence internationale de Paris D une capacité d accueil de 102 chambres, ce centre est entièrement accessible aux personnes handicapées. Par les transports en commun, il faut 30 minutes pour rejoindre la station RER Châtelet-Les Halles. www.ethic-etapes.fr Texte : Stéphane Gravier Christian Voulgaropoulos / CCAS Différents séjours de découverte de la capitale sont proposés aux jeunes par la CCAS en 2011. olivier clément / CCAS Les 12/14 ans sont invités à sillonner la capitale en février, dans le cadre d un jeu de rôle dont les énigmes à résoudre les entraîneront hors des sentiers battus par les touristes (séjour de proximité réservé aux Franciliens et aux jeunes des régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Champagne-Ardenne). Le séjour Paris aux 1 001 saveurs, organisé au printemps, propose aux 15/17 ans d associer la pratique gastronomique à la découverte des marchés et des quartiers populaires. Mode, rock, chants et musiques seront inscrits au catalogue des vacances d été, toujours pour les 15/17 ans. Chaque année, plus de 450 jeunes visitent la capitale dans le respect de la Convention des droits des jeunes. Renseignements www.ccas.fr Bertrand de Camaret / CCAS 20
Faites du sport! À la plaine Saint-Denis, la CMCAS Paris gère le complexe sportif Nelson Mandela, un espace arboré dédié aux pratiques sportives, ouvert à tous les bénéficiaires et à de nombreux clubs et partenaires. Un lieu historique. En 1929, les premiers gaziers de Paris y faisaient déjà du sport. En 2010, cet ancien terrain de trois hectares sur lequel se trouvait précédemment une usine à gaz attise toutes les convoitises. À l origine friche industrielle, l espace Nelson Mandela inauguré le 14 octobre 1989 a été construit de toutes pièces par les agents EDF-GDF parisiens. Face au stade de France, il abrite un terrain de football synthétique, des cours de tennis, une salle de musculation, une autre pour la pratique du grappling (l anglais pour lutte) et différents espaces de réunion et d animation. Réservé en priorité aux 400 familles d électriciens et gaziers, le complexe demeure ouvert aux écoles, associations, comités d entreprise et clubs extérieurs. «Notre objectif, explique P hilippe G arnier de la CMCAS Paris, est de développer la pratique du sport pour tous mais aussi de l ouvrir à tous les publics.» Parfaitement desservi par les transports en commun, l espace N elson Mandela est un lieu à découvrir ou à redécouvrir. Textes : Stéphane Gravier Photos : Olivier Clément / CCAS Thierry Martin, archer De 18 à 70 mètres, il touche toujours sa cible. Le mouvement est ample, le geste précis et la concentration à son maximum. Plusieurs fois par semaine, Thierry Martin se rend au complexe Nelson Mandela, où il a créé en 2001 la section tir à l arc. Président de l US Gazelec IDF, il pratique cette discipline olympique en passionné, depuis l âge de 17 ans. «En salle ou à l extérieur, ce sport est accessible à tous», explique l entraîneur, diplômé d un brevet d État. Persévérance, pugnacité et engagement en sont les valeurs essentielles. www.arc-gazelec.org vos activités Complexe sportif Nelson Mandela 6, avenue Francis de Pressensé La plaine Saint-Denis. Tél. : 01 42 43 81 00. 21
vos activités «Il faut profiter de cette belle journée d automne! C est le moment d arracher les légumes qui craignent le gel, de bêcher la terre, puis de faire ses plantations «Rares, aujourd hui, sont les choses que l on fabrique soi-même! J associe le jardin au don. La terre nous donne quelque chose que l on transmet à d autres.» Jardins ouvriers : un art de vivre Une même passion les réunit. Valérie, Baptiste, Paul et Bernard partagent l amour de la terre et le plaisir de cultiver leur potager. Ces agents en service ou en inactivité perpétuent une tradition chère à la CMCAS Berry-Nivernais, celle des jardins ouvriers qui a débuté à la fin des années 1960. d hiver», conseille Baptiste Fortat, doyen des jardiniers de la CMCAS Berry-Nivernais. Une encyclopédie à lui tout seul et des dizaines d années d expérience en la matière. À 83 ans, cet ancien gazier continue de cultiver son potager sur l une des 25 parcelles mises à la disposition des agents par la CMCAS. Situés dans le lieu-dit de Vauvert, non loin du centreville de Bourges (Cher), ces jardins ouvriers constituent un «havre de paix dédié aux amoureux de la nature», tels que les qualifie B ernard G orgeon, président de la section Jardins ouvriers au sein de la commission Plein air de la CMCAS. Tout près du canal du Berry, poireaux, choux verts, betteraves et potirons aux dimensions parfois imposantes sortent de terre. «Mon chasselas était délicieux, cet été. Et j ai récolté 50 kg de tomates que j ai distribués à ma famille, mes amis et voisins», glisse Baptiste en montrant ses derniers cœurs-de-bœuf*. «Cela reste une distraction, une saine activité pour se maintenir en forme. Et surtout le moyen de garder le contact avec les collègues», poursuit-il. Et même d en lier de nouveaux Avec V alérie Trouvé, 44 ans, qui savoure depuis deux ans le bonheur d avoir un potager, tous deux discutent plantations, échangent conseils et graines. «Cette année, ma récolte est plutôt faible», s amuse-t-elle. Peu importe, l essentiel n est pas là pour cette assistante médicale du centre erdf GrDF de Bourges. «Le jardinage apprend la patience et l humilité. Il véhicule des valeurs humaines essentielles. Il ne suffit pas de planter pour que ça pousse!», p récise-t-elle. Pas de doute, pour V alérie, le jardin ouvrier s apparente à un mode de vie centré sur la convivialité, le sens du partage, le respect de l individu et de l environnement : «des notions que les gens ont tendance à oublier dans notre société». Selon l ancien président de la CMCAS Bourges, Paul Voisin, cette activité de plein air contribue à tisser des relations. Le fameux lien social entre les générations et au-delà des classes sociales. «Les gens se retrouvent là, bavardent, passent un bon moment. C est une histoire de camaraderie», observe-t-il. Outre cet agréable passe-temps propice aux rencontres, le plaisir de déguster des légumes sains, goûteux et produits de ses propres mains s avère également motivant. «Quelle fierté et quel régal de manger ses légumes et de les offrir. Rares, aujourd hui, sont les choses que l on fabrique soi-même! J associe le jardin au don. La terre nous donne quelque chose, que l on transmet à d autres», confie Valérie. Comme une invitation au partage. Texte : Marie-Line Vitu Photos : Christine Lemore * variété de tomate 22
Livres en tête! C est sous les bons auspices du récent partenariat entre la CCAS et le service culturel de l université Panthéon-Sorbonne l organisateur qu était placée la deuxième édition du festival Livres en tête entre le 17 et le 21 novembre dernier. culture Permettre un échange entre le monde salarial et universitaire par le biais de la lecture était l ambition à l origine du partenariat conclu par notre organisme avec la célèbre université parisienne. Cet objectif s est concrétisé notamment par l ouverture aux bénéficiaires du festival Livres en tête et de sa riche programmation. Durant cinq jours, près d un millier de personnes, parmi lesquelles des agents et leurs familles, se sont laissé porter par de superbes textes lus à voix haute, mais aussi par la musique associée aux mots, à l occasion de soirées spécialement dédiées à cet exercice. Ainsi, la soirée du mercredi soir intitulée «Le vêtement s honore» a donné à entendre, à travers l interprétation de textes, ce que l on a plutôt l habitude de voir ou de toucher : le vêtement. Des femmes, des hommes vêtus, sapés, ont défilé sous la plume d auteurs illustres : Balzac, Andersen, Schuhl et bien d autres encore. La soirée du jeudi sous le thème «PANTHEON», dont les lettres étaient en capitales en l'honneur des monuments des lettres classiques, a rendu grâce à la déclamation des grands auteurs de l Antiquité : Homère, Sophocle, Virgile, Sénèque, etc. Concert littéraire, c est ainsi que l on pourrait qualifier la soirée «Ta page nocturne» du vendredi, où Près d un millier de personnes, parmi lesquelles des agents et leurs familles, se sont laissé porter par de superbes textes lus à voix haute, mais aussi par la musique associée aux mots. les lecteurs ont transporté leur auditoire à la fin du XIX e siècle, florilège d une époque d intense créativité faisant se côtoyer parmi d autres Les Jumelles de Pierre Louÿs avec Parquons les bigorneaux d Octave Mirbeau, deux textes férocement plaisants. Pour la partie concert, deux sonates, l une de Prokofiev et l autre de Schumann, ont prouvé que le bonheur existe! Tout cela servi sur un plateau dont l humour grinçant tranchait avec l architecture gothique des lieux choisis pour la soirée, à savoir le réfectoire des C ordeliers. Le festival a pris fin avec le week-end qui a tenu lieu de dégustation littéraire pour le plus grand plaisir du public, par la succession d extraits sonores des livres audio publiés en France ou à l étranger. Enfin, un «bal à la page» au cours duquel parents et enfants dansaient sur des textes dits par des étudiants de la Sorbonne (Jack L ondon, Lewis Carroll, etc.). Souhaitons longue vie au festival Livres en tête désigné par ses organisateurs de : «réponse décalée et engagée aux oripeaux d une culture dominante qui cherche à faire table rase du passé pour mieux occuper notre temps de cerveau disponible». Texte : Pierre Chaillan Photos : Yann Étienne / CCAS 23
histoire le fac-similé du décret de ratification du statut national. Reprenant Victor Hugo : «Ceux qui vivent sont ceux qui luttent, ceux dont un dessein ferme emplit l âme et le front», l association Mémoire pour l Avenir constituée de 160 anciens gaziers vient de publier début novembre une Histoire de l usine à gaz de Montpellier 1. Bien plus qu une usine, ces agents ont tenu à raconter le parcours débuté en 1838 d un «site» à la fois «industriel et social». Le côté industriel réside d abord dans la construction de l usine à l écart de Montpellier, mais destiné à éclairer cette ville. Aux 470 réverbères à huile portant 1 265 becs de lumière succède donc l arrivée du gaz en 1867. Ce dernier est produit par une décomposition de vapeur d eau par du coke ou de la houille portée à haute température. Vingt ans plus tard, l électricité apparaît et concurrence le gaz. En 1898, les conseils d administration des compagnies du gaz et d électricité fusionnent dans la société du gaz et d électricité du Sud-Est. Sur le plan social, les employeurs s aperçoivent rapidement que des mineurs sous-payés et surexploités peuvent leur interdire toute la production par leurs grèves. Dans le même temps, en 1902 les travailleurs et employés du gaz s unissent et s organisent au sein du syndicalisme naissant. Autour de l usine, un quartier prend son essor. Rails de chemins de fer et routes pour acheminer le combustible, logements des ouvriers, écoles et commerces accompagnent les infrastructures et le développement de l éclairage urbain. 1919, 1920, 1923, 1925, mais aussi 1930-32 sont marquées par des grèves pour archives historiques / CCAS Une longue vie de luttes Ouvrage conçu et réalisé par une association regroupant d anciens gaziers, Histoire de l usine à gaz de Montpellier illustre l apport de l installation du gaz et de l électricité à l histoire sociale du XX e siècle. les salaires, la protection sociale, le droit syndical, contre la répression de la police et de la gendarmerie. Puis 1935, 1936 et le Front populaire avec, entre autres, les congés payés Le 22 juin 1946, peu après la fin de la guerre, et suite aux orientations prises par le Conseil national de la Résistance (CNR) mis en place le 27 mai 1943, un décret ratifie le statut national du personnel des industries électrique et gazière. Il suit de peu la loi de nationalisation de l électricité et du gaz votée le 8 avril 1946. Deux faits majeurs impulsés par un ministre communiste du nom de M arcel Paul. Le statut prévoit une grille de salaire unique, un régime original de retraite, une complémentaire maladie, la création d œuvres sociales par le prélèvement de 1 % minimum des recettes provenant des ventes de gaz et d électricité, etc. Si les années qui suivirent furent riches d acquis sociaux, le travail se modifia peu à peu. À compter de 1975, la production de gaz en ellemême laissa la place à la distribution de gaz naturel. Les métiers changent. M ultiplication des entités de proximité, construction et exploitation du réseau, relation aux abonnés remplacent alors un site industriel de 140 ans d âge. Cette Histoire de l usine à gaz de Montpellier donne aussi à lire plusieurs témoignages d anciens salariés. Rôle des activités sociales auprès de la jeunesse, élargissement de la protection sociale, acquisition de temps libre, obtention de formations pour des salariés dont le nombre monta jusqu à 250 se sont conjugués avec l arrivée de l éclairage, du chauffage, de l énergie pour le plus grand nombre d usagers. Autant de mesures qui permettront à Louis Aragon d écrire : «Les Hommes et les Femmes ne sont pas que les porteurs de leur passé, ils sont aussi les graines de l avenir.» Montrant l importance de la nationalisation dans le développement de notre pays, cet ouvrage qui transmet la mémoire des gaziers renvoie à l actualité. Après avoir changé le statut des entreprises historiques EDF et GDF puis privatisé GDF, l Assemblée nationale vient d adopter la loi Nome. En catimini, la majorité du palais Bourbon vient d imposer plusieurs mesures (voir page 6) qui vont permettre à certains financiers de se partager un gâteau qui coûtera de plus en plus cher aux usagers Le combat continue! 1 Pour tout renseignement écrire à : usinagaz.montpellier@voila.fr ou à Mémoire pour l Avenir erdf-grdf, 382 rue de Trencavel - 34926 Montpellier Cedex 9. DR 24
Albert Alquier La mémoire en petit format Depuis 38 ans, Albert Alquier collectionne des cartes postales qui racontent notamment le passé industriel et ouvrier du Tarn, son département natal. Bien plus qu un passe-temps, c est une véritable œuvre de transmission que poursuit ce gazier en inactivité. DIDIER DELAINE / CCAS Albert Alquier montre sa collection à un jeune collègue de sa CMCAS portrait Les trésors sont souvent bien cachés. Ils dorment dans des coffres-forts, sous des planchers, dans des greniers. Celui d Albert Alquier est à portée de main, déposé sous les toits d une belle maison de maître située au centre de Castres. Il suffit juste de grimper deux étages pour accéder à cette pièce exiguë, où repose une formidable collection de cartes postales anciennes : entre 30 et 40 000 spécimens datant, pour la plupart, de la première moitié du XX e siècle. C est en 1962, à son retour de la guerre d Algérie que «Bébert» (ne l appelez pas autrement, vous risqueriez de le vexer) se lance dans l aventure de la mémoire. «J ai eu envie de transmettre mon vécu», explique-t-il. À ce pays, dans lequel il fut mobilisé pendant deux ans, il consacre un album mêlant les photos de bâtiments administratifs et religieux (Poste, amirauté, mosquée, etc.) aux clichés de visites ministérielles françaises et aux dessins humoristiques. Ce que racontent ces cartes? «La conquête de l Algérie par le capital», répond immédiatement notre collectionneur. Albert (pardon, Bébert) s intéresse surtout aux cartes descriptives, C est en 1962, à son retour de la guerre d Algérie que «Bébert» se lance dans l aventure de la mémoire. «J ai eu envie de transmettre mon vécu», explique-t-il. «celles qui donnent une vision, une traduction complète de la société de l époque». Et en priorité au passé industriel et ouvrier français. Dans la famille Alquier, on est plombiers de père en fils. Entré à GDF en 1962, Bébert a «travaillé dans l amiante» pendant trente ans, avant de prendre sa retraite anticipée pour raisons de santé. «Je viens de passer ma première visite, relève-t-il, celle que j aurais dû passer en 1992!» Les conditions de travail et les combats ouvriers, voilà des thèmes qui lui sont chers. Dans un album, il a réuni toute une série de cartes témoignant des grandes grèves du siècle passé dans le Tarn. Notamment celles de 1908 et 1909 à Cagnacles-Mines, Graulhet et Mazamet. «À Graulhet, les ouvriers ont obtenu une augmentation de salaire de 28 %», commente-t-il. C est là qu étaient fabriquées les vestes en cuir portées par les agents EDF-GDF. Quant à la ville de Mazamet, elle fût pendant longtemps la capitale française du délainage. Sans oublier Carmaux et sa verrerie créée avec le soutien du député Jean Jaurès. Ou Saint-Juéry et ses hauts-fourneaux. Grâce à ces cartes postales montrant les ouvriers en train de poser devant leur usine, c est toute l histoire industrielle de la région qui prend vie. L utter contre l oubli, transmettre, telle est la motivation qui porte cet ancien gazier depuis près de quatre décennies. Transmettre cette mémoire à ses copains, à ses enfants et un jour, espère-t-il, à ses petits-enfants quand ils auront grandi. Bébert a connu les premières colos CCAS en 1946. Il a été responsable principal du centre de vacances de Sète pendant quatre ans. Depuis quelques années, il dévoile aux bénéficiaires en vacances à La Raviège son étonnante collection sous forme de projection commentée. Une collection qui continue de s enrichir : «Il m en reste encore 5 à 6 000 à trier!» Nous voilà rassurés! Texte : Samy Archimède En quelques dates 1939 : naissance à Mazamet 1946 : premières vacances avec la CCAS 1960 : mobilisé en Algérie 1962 : embauche à GDF et début de la collection 1992 : retraite anticipée 25
Les microbes, c est la santé! sciences & environnement Les bactéries qui peuplent le corps humain en sont un élément constitutif. Elles participent à son bon fonctionnement et fournissent à chacun son identité bactérienne! BSIP / mike agliolo La constitution en octobre 2008, à Heidelberg, d un consortium i nternational du microbiome humain avec pour mission de séquencer la t otalité des bactéries du corps humain est passée tout à fait inaperçue des médias. Ses enjeux scientifiques sont pourtant de premier plan, tant il est reconnu à présent que les bactéries sont des composants essentiels du corps humain. En effet, on les trouve partout : dans le tube digestif, depuis la bouche jusqu au côlon en passant par l estomac et l œsophage, mais aussi sur la peau, dans le vagin, la vessie ou encore dans les glandes qui sécrètent les hormones. Seuls le squelette et le système nerveux central en sont exempts. À quoi servent-elles? Elles contribuent tout d abord à éliminer les déchets que nous produisons. Elles limitent par ailleurs l arrivée d organismes pathogènes. Comme pour tout écosystème, il est plus difficile de coloniser une peau déjà fortement o ccupée. Le corps humain entretient ainsi des relations symbiotiques avec les bactéries. Ces dernières trouvent un milieu riche en nutriments. Et en retour, elles participent aux fonctions physiologiques de l organe qu elles colonisent. Par exemple, une des espèces vivant dans l intestin, Bacteroides thetaiotaomicron, est capable de digérer les polysaccharides des plantes, ce que ne peuvent faire les cellules intestinales, et contribue également à la bonne vascularisation de la muqueuse intestinale tout au long du développement, permettant au sang de s y charger en nutriments. La flore intestinale est étonnante de diversité. Une vingtaine d espèces sont présentes chez tous les individus sans exception et une soixantaine chez plus de 90 %. Mais leur abondance est très variable, même pour les espèces les plus ubiquitaires d entre elles, puisque leur nombre peut varier du simple au double (de 1 000 à 2 000) d un individu à l autre. En d autres termes, nous avons tous un socle commun d espèces bactériennes, ce qui n est pas étonnant puisque l intestin assure toujours les mêmes fonctions chez tous les individus. Mais nous avons aussi une identité bactériologique qui nous rend unique, même si elle évolue au cours du temps. Le nourrisson naît avec les bactéries transmises par sa mère au moment de l accouchement. À l âge de six semaines, on observe déjà des différences importantes dans la flore bactérienne des enfants suédois, français et espagnols, liées sans doute à des habitudes alimentaires différentes. En revanche, à l âge de onze mois, chaque bébé a définitivement sa propre flore, entièrement différente de celle de la mère, acquérant ainsi une des composantes de son identité en propre, au même titre que son ADN. EN BREF Les bactéries intestinales influent sur le stockage des graisses et seraient impliquées dans l obésité. D où l idée de traiter cette maladie en modifiant la flore intestinale des patients. BSIP / Raguet H. 26
La face cachée de la biodiversité Les bactéries forment l essentiel des espèces vivantes et donc de la biodiversité. L étude de leur réaction face à la dégradation de l environnement pourrait se révéler décisive. Proclamée année de la biodiversité, 2010 a vu se multiplier les constats alarmistes concernant les risques de disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Mais on oublie le plus souvent que l essentiel de la biodiversité sur Terre est le fait des bactéries. Il existerait entre 600 000 et 6 milliards d espèces au total, à comparer aux 5 400 espèces de mammifères ou aux quelque 450 000 espèces de végétaux. Jusqu au début des années 2000, les scientifiques ne pouvaient décrire une espèce de bactérie que s ils savaient la cultiver en laboratoire... ce qui s avérait impossible pour 99 % d entre elles qui mourraient quelques minutes après leur mise en culture. Cet obstacle a été contourné grâce aux progrès des techniques de séquençage génétique qui permettent de décrire la séquence des lettres chimiques les nucléotides composant l ADN. Séquencer le génome d une bactérie relevait de l exploit il y a encore dix ans. C est une tâche de routine à présent. En effet, le procédé n est plus appliqué au seul génome de l être humain, mais à la totalité des espèces de micro-organismes vivant dans un milieu donné. La technique dite de métagénomique a révolutionné la microbiologie, permettant d étudier des bactéries impossibles à cultiver. Des dizaines de projets ont été lancés dans le monde pour séquencer le génome des bactéries vivant dans l air, les océans, le corps humain ou encore le sol. Ces études ont dévoilé une richesse insoupçonnée du monde bactérien. Un gramme de terre contient ainsi au moins 10 000 espèces différentes. De plus, alors que la biodiversité animale et végétale est actuellement en pleine érosion, celle des bactéries semble au contraire en plein essor. Les espèces supérieures, confrontées aux changements rapides de l environnement, qu ils soient naturels ou c ausés par l homme, ne s y adaptent que lentement, ce qui rend souvent leur disparition inéluctable. La clé du succès évolutif des bactéries réside dans leur rapidité à se reproduire (une bactérie se divise en deux en à peine une heure) et à s adapter. Pour exemple, des chercheurs de l université de Chicago ont cultivé ensemble une vingtaine de souches bactériennes capables de dégrader le toluène ou le camphre, mais initialement impuissantes face au 2,4,5-T, un composé très toxique utilisé par l armée américaine au Vietnam comme défoliant. Après seulement huit mois de culture, ils ont observé qu une des souches bactériennes avait acquis la faculté de dégrader le 2,4,5-T en «récupérant» certains des gènes de bactéries voisines et en les recombinant. De même, les bactéries du sol peuvent dégrader des métaux lourds comme le plomb ou le zinc, et celle des océans finissent toujours par venir à bout des hydrocarbures. Seule la radioactivité et le mercure semblent leur résister. Ces découvertes et la poursuite des études dans ce domaine sont donc prometteuses : les capacités dépolluantes des bactéries pourraient être utilisées pour remédier aux dégradations de l environnement. Textes : Nicolas Chevassus Une richesse vivante Défi scientifique, l exploration du monde microbien est aussi un enjeu économique. Les enzymes et les composés produits par les bactéries ont en effet un intérêt industriel et pharmaceutique considérable. «Actuellement, 70 % des antibiotiques présents sur le marché sont issus de bactéries du sol, explique Pascal Simonet, du laboratoire d écologie microbienne de l université Lyon 1. Mais ils proviennent d une infime fraction de la biodiversité bactérienne totale! Le reste, encore inexploré, constitue un réservoir quasi inépuisable de nouvelles molécules bioactives, dépassant largement ce qui pourra jamais être synthétisé.» BSIP / Last refuge / Spears 27
livres Alain Serres, Tout un monde qui s ouvre à la jeunesse Dans le paysage plus florissant que jamais de la littérature de jeunesse, Alain Serres a imposé sa Rue du monde, faisant le pari de titiller l intelligence, l esprit critique et la sensibilité artistique des enfants. Un chemin singulier dans l édition, qui conjugue imaginaire et conscience du monde. RDM Ce pourrait être une histoire dans l histoire. Ou comment naît en 1996, de la seule volonté d un instituteur de maternelle, l une des maisons d édition jeunesse les plus ambitieuses, imposant son savoir-faire et une ligne éditoriale exigeante. Le «papa» des éditions Rue du monde, c est Alain Serres. Issu d une famille de cheminots, il est l un des rares instituteurs masculins à pousser les portes de l école maternelle. Il commence à écrire au contact des enfants, au moment où la littérature de jeunesse se réinvente, dans les années 1980. Séduit par l effervescence qui agite le secteur, il recherche dans les pages jaunes des éditeurs susceptibles de s intéresser à son travail. Parmi eux, La farandole, chef de file du courant novateur, se laisse tenter par Pain, beurre et chocolat, dans lequel M argaux s amuse à chercher combien de personnes ont participé à la fabrication de son goûter. Elle prend ainsi conscience du travail de millions d êtres humains partout dans le monde, entre ceux qui sèment le blé, ceux qui récoltent le cacao ou encore ceux qui transportent les tablettes. Imaginaire, poésie et conscience du monde, le ton est donné et restera le leitmotiv d Alain Serres : «Titiller l intelligence des enfants, leur esprit critique et leur sensibilité artistique.» Alors l auteur va plus loin. En 1996, après treize années de cohabitation entre le métier d enseignant et celui d écrivain, il sent que le moment est venu de monter la maison d édition dont il rêve. Avec la création de Rue du monde, il donne naissance à un espace éditorial original, «pôle indépendant, s adressant avant tout à l intelligence et à la sensibilité des enfants, histoire de les aider à grandir malin». Comme il n a pas un sou en poche pour en assurer le lancement, l idée lui vient d un appel à souscription afin de financer les premières publications. Plus de 1 000 souscripteurs, dont beaucoup de bibliothèques, d écoles, d associations et d organismes (la CCAS en fait partie), répondent présents. Rue du Monde est lancée sur une voie dont elle ne s est jamais écartée depuis, pariant sur l intelligence et la force de l imaginaire. Près de quinze ans après sa création, la maison est devenue incontournable dans le paysage de la littérature de jeunesse. Avec plus de 250 titres inscrits à son catalogue, dont 80 traduits à l étranger, Alain Serres et sa petite équipe continuent de bousculer l édition jeunesse, secteur en pleine expansion qui assure au livre plus de 40 % de sa croissance. De quoi attiser l appétit financier des grands groupes d édition pris dans la logique de concentration. Car l une des particularités de cette littérature est que le lecteur n en est pas l acheteur, d où l importance des divers médiateurs entre le livre et l enfant. Là aussi, Alain Serres suit une politique ambitieuse. Il prend le temps de se rendre régulièrement dans les écoles pour rencontrer ses jeunes lecteurs et inventer avec eux des suites à ses histoires. Des rencontres précieuses qui enrichissent la ligne éditoriale de Rue du monde toujours en prise avec l actualité sociale et politique. Ainsi l an passé, la maison a édité de véritables perles, encourageant les enfants à s ouvrir au monde et aux autres cultures, à se débarrasser des clichés, à appréhender des repèresclés dans l Histoire et à aiguiser leur esprit c ritique. Jamais didactiques ou naïfs, des titres comme Quand nous aurons mangé la planète, Mandela l Africain multicolore ou Je suis un humain qui peint sont autant de petites merveilles de littérature et de graphisme qui ne négligent jamais les chemins de la fantaisie et de l imaginaire. Une Rue du monde où l on aimerait bien s installer 28
Le choix d Alain Serres Œuvre poétique I et II Abdellatif Laâbi Édition La différence Deux gros pavés de poésie dans la marre de ceux qui manquent de courage ou de détermination. Voilà enfin réunis tous les poèmes du grand poète marocain enfermé huit ans durant dans les prisons d Hassan II. Amour, espoir, révolte, douceur de la vie aussi, avec une écriture limpide comme une voix sûre de ses choix. Correspondance des routes croisées Nicolas Bouvier et Thierry Vernet Édition Zoé Une amitié entre l écrivain-voyageur et le peintre genevois, faite de connivences autour de l art, de la littérature et des ailleurs (Inde, Japon, Afghanistan). L aventure humaine loin des petites consommations et des arrangements médiocres. Un échange épistolaire lumineux qui déborde de fraternité et d ailleurs. 50 ans avant les emails et les SMS Les sorties «Je suis un humain qui peint» Comment devient-on peintre? D où naît l inspiration et comment s opère le processus de création d un tableau? Le peintre et illustrateur Laurent C orvaisier ouvre grand les portes de son atelier et fait découvrir aux lecteurs les coulisses de la création dans un tourbillon de couleurs, en retraçant les influences de Gauguin à Basquiat! Trois questions à l ÉDITeur Quel est le sens de l initiative «l été des bouquins solidaires»? En juin, nous offrons un livre à un enfant privé de vacances chaque fois que deux de nos nouveautés sont achetées en librairie. 30 % des enfants ne partent pas en vacances et nous pensons avec notre partenaire le Secours populaire français qu une bonne bouffée de plein air complétée par la découverte d un livre de qualité constitue un voyage solidaire qui peut compter pour l enfant 5 000 jeunes en ont bénéficié en 2010. L opération existe depuis sept ans déjà. Vous avez publié Mandela, l Africain multicolore à l occasion du 20 e anniversaire de sa libération. Quelle place tient l actualité politique ou sociale au sein de la démarche éditoriale de Rue du Monde? Une place naturelle! L enjeu des livres que nous éditons, c est d ouvrir les enfants à tout ce qui fait la vie, depuis les moments très personnels jusqu aux défis majeurs pour l humanité. Cela passe par des instants simples comme un poème sur l ombre du chat ou par des questionnements sur notre manière de vivre ensemble. Je pense qu il ne faut pas garder l enfant sous cloche à l abri du monde, mais plutôt lui en confier les clés. Sûrement pas pour en faire le perroquet d un quelconque prêt-à-penser! Pour l aider à devenir libre La richesse du secteur jeunesse de la littérature est-elle pour vous une exception française? L histoire de la pédagogie en France, le tissu associatif qui existe autour de l enfance et le dense réseau des médiathèques ont permis une vraie remise en cause du livre infantilisant. Alors depuis trente ans, de nombreux talents ont pu émerger. Oui, la production française est riche et diverse, unique. Il faut malgré tout se méfier de cette abondance (8 000 titres par an) et ne pas hésiter à se faire conseiller par un bon libraire spécialisé. Textes : Rachel Prizac Alain Serres est né en 1956 à Biarritz. Enseignant en maternelle, il écrit ses premiers livres pour enfants dans les années 1980. Il fonde les éditions Rue du monde en 1996 en démarrant par un inédit : Le grand livre des droits de l enfant, illustré par Pef. Il est l auteur d une vingtaine d ouvrages pour enfants et sa maison d édition, devenue une référence en matière de littérature jeunesse, compte plus de 200 titres à son catalogue. Une plongée originale dans l art, décryptant avec délicatesse les différentes étapes de la création jusqu à la réception des œuvres. Un livre qui invite à voir l humain qui se cache derrière l œuvre d art. À partir de 7 ans et pour tous. Textes d Alain Serres, illustrations et peintures de Laurent Corvaisier. Album 48 pages. 22,50 euros. «Le petit Oulipo» Il y a tout juste 50 ans un collectif d écrivains, Perec et Queneau en tête, donnait naissance à l Oulipo, Ouvroir de Littérature Potentielle, laboratoire littéraire explosif dont la seule contrainte est le plaisir de travailler sur les possibilités de l écriture et de la langue. Les mêmes ont été sollicités par l éditeur Rue du monde donnant la matière d un florilège réuni par Paul Fournel et mis en image par Lucile Placin. Un tourbillon d imagination linguistique à la portée des enfants. À partir de 8 ans. Anthologie de textes de l Oulipo réunis par Paul Fournel, illustrés par Lucile Placin. Album de 64 pages. 16,50 euros. 29
jeux et jardin Côté jardin Le potager dort. Faites donc la fête! Avec l allongement des jours, nous pouvons désormais profiter de plus d ensoleillement sans que cela signifie plus de travail. Enfin les jours rallongent. Le solstice d hiver a eu lieu en France le 22 décembre à 0h38. À 23h38 en temps universel. En France métropolitaine, les jours ont donc commencé à s allonger pour le plus grand bonheur des amoureux du jardinage. Paysans, gens de la terre ou dont les occupations y sont liées, soit presque tout le monde il y a un certain temps, ont toujours marqué d une fête païenne ce début d allongement de la durée d ensoleillement. Ce n est que bien plus tard qu une Église affirmera qu un dénommé Jésus venait de naître un 25 décembre et qu il fallait alors fêter ce Noël. Si la date de cette cérémonie religieuse n a pas changé, celle du solstice varie, elle, de peu mais chaque année. Le soleil se lève plus tôt donc, mais le jardinier peut encore rester dans sa torpeur. Laissez votre potager se reposer aussi. Rabattez vos feuilles extérieures des choux sur le cœur pour adoucir les effets du gel. Inutile de protéger vos poireaux. Ils sont suffisamment forts. Salsifis, oseille et mâche peuvent être récoltés. Assurez-vous de la bonne hygiène des locaux où vous avez entreposé vos récoltes passées. Et puis allez toujours au potager, mais pour y regarder les jours s allonger. À la maison Un maximum de lumière sans courant d air rendra vos plantes heureuses. Faites en sorte que vos végétaux ne se touchent pas et supprimez toutes les feuilles mortes ou abîmées. LE JOLI MOT Protocorme : stade entre l embryon et la plantule. LE DICTON Garde-toi du printemps de janvier. Élise Rebiffé /ccas jeux MOTS CROISÉS Horizontalement : I. Guet-apens. II. Ça coule de source. III. Port antique. Tête d œuf. IV. Bien fatiguée. Franchit le pas. V. Mouvement tourbillonnant. Interpellation. VI. Grands raccourcis. C est la fin de tout. VII. Demi-droite. Idée sans queue ni tête. VIII. Bord coloré. On l a vue venir avec ses sabots. IX. Finit la finale. Petite tête. X. Ferons comme le goupil. Verticalement : 1. Elle n est pas perdue pour tout le monde. 2. Réapparue. 3. Étoiles de mer. 4. En repos. Il a failli reprendre du galon à la place de l euro. 5. En pleine purée. Fis durer. 6. Un peu léger. Dispensé. 7. Gaz lumineux. Science fiction. Symbole. 8. Plante aromatique. Demi-fond. 9. Registre du commerce. Rassemblement. 10. Désappointements. I II III IV V VI VII VIII IX X 1 2 3 4 5 6 7 8 échecs Élection à la présidence de la Fide Malgré le soutien des Occidentaux et de Garry Kasparov, son éternel rival, Anatoly Karpov s incline face à Kirsan Ilioumjinov. Pendant 17 ans, la Kalmoukie a eu pour président Ilioumjinov, homme d affaire et personnalité politique. À coups de dizaines de millions de dollars, on peut dire que ce dernier s est offert le poste de président de la Fédération internationale des échecs (Fide). Notre ami et parrain des rencontres du Cap d Agde, Anatoly Karpov, champion du monde de 1975 à 1985, a lui aussi fait campagne, mais en vain, les bonnes relations entre Moscou et l ancien président kalmouke l emportant finalement sur le soutien des Russes à leur champion. Fin d une partie : Chekhover - Cherepkov, URSS, 1952. Les Noirs jouent et gagnent. Solution : 9 10 Proposé par Luc Mahler 1...Cb3+!! (spectaculaire! inférieur est : 1...Db3? 2.Fxc5 Dxa2 3.Db4 et les Blancs peuvent encore lutter.) 2.axb3 (sinon la Dame est perdue.) 2...Da6 (menace mat en a1) 3.Db4 Da1+ 4.Rd2 Dxb2+ 5.Re1 Fc3+ (gagne la Dame et la partie.) 0 1 Jean Santon Proposé par Éric Birmingham, maître de la FIDE. 30