Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine

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MALI Direction Nationale de l'assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine Points-clés Un centre de stockage final des déchets : incontournable point de départ du développement d une filière de gestion des déchets. Collecter les déchets sans avoir au préalable un site de traitement final conçu en fonction de la production de déchets de la localité et des moyens financiers disponibles à cet aménagement reviendrait à déplacer la pollution. La bonne distribution des responsabilités aux acteurs de l assainissement. La Mairie doit prendre toute sa place de chef d orchestre à travers sa division dédiée à l assainissement. L implication des autorités de quartiers est essentielle afin de promouvoir la propreté auprès des habitants et de veiller au bon déroulement des collectes. Les circuits de collecte, le fruit d une concertation. Le découpage des quartiers et des circuits de collecte et de transit des déchets sont établis par les instances communales en concertation avec les collecteurs et les autorités de quartier sur la base d un recensement des abonnés. Tri et valorisation des déchets, un levier économique à mettre en avant. Le recyclage permet de réduire la quantité de déchets à transporter et à traiter par la mairie. Ces déchets recyclés extraits du circuit de collecte ont une valeur économique et permettent de générer des revenus. Une gestion intégrée et durable des déchets L Agence belge de développement (CTB) a accompagné la ville de Sikasso au Mali durant quinze années (2002-2017) dans la conception et la mise en œuvre d une gestion intégrée et durable des déchets (GIDD). Une période à la fois longue et nécessaire pour la mise en place d une collecte et d une gestion rationnelles des déchets, mettant en synergie les acteurs étatiques, communaux, privés, et les usagers, au service de la propreté urbaine. Depuis 2002, 3 interventions de la coopération belge se sont succédées, suivant une logique pyramidale du traitement des déchets, commençant par le Projet d Appui à l Assainissement de la ville de Sikasso (2002-2008) qui a conduit à la construction du premier Centre d Enfouissement Technique (CET) au Mali, ainsi qu à l aménagement de dépôts de transit des déchets et à la mise à disposition de camions et engins spécialisés liés à l activité du CET. De 2010 à 2014, la CTB est intervenue une seconde fois à travers le Programme d Appui en Expertise dans le but de pallier au manque de ressources humaines et financières nécessaires à la bonne prise en charge de l exploitation du CET. Un autre objectif était de concevoir et mettre en place un service municipal de gestion des déchets. Cet accompagnement s est finalisé avec le Projet Consolidation de la Filière de Gestion et Transformation des Déchets Solides de la Commune Urbaine de Sikasso (CONFIDES), une approche étendue à tous les quartiers de la ville afin de garantir une concertation entre les acteurs communaux et leurs partenaires pour une collecte efficace des déchets au porte à porte, et sensibiliser la population aux enjeux de l assainissement et du recyclage des déchets solides. A travers ces 3 projets échelonnés sur 15 ans, la CTB aura appuyé la gestion intégrée des déchets de la ville de Sikasso à hauteur de 3,105 milliards de FCFA, soit près de 4.734.000.

Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine. La gestion intégrée et durable des déchets (GIDD), une filière adaptable à toute localité La GIDD peut s appliquer tant au niveau d une commune que d un quartier. Celle-ci s articule en 2 phases majeures, la collecte primaire des déchets et la collecte secondaire, chacune d elles étant composées d opérations complémentaires. La collecte primaire commence par le ramassage des déchets chez les habitants. Ce service est réalisé par des Groupements d Intérêt Economique (GIE), des structures privées procédant à la collecte dans la zone qui leur a été attribuée et selon un circuit préétabli à travers un réseau d abonnés à ce service. La répartition des zones de collecte est établie en concertation entre la division dédiée à l assainissement de la commune, les autorités de quartier et les GIE eux-mêmes. Les déchets sont ensuite acheminés jusqu aux dépôts de transit et centres de valorisation de quartier où ils sont triés par les chineurs, à la recherche de déchets solides ayant une valeur économique (papier, carton, plastique, déchets organiques). La collecte primaire s autofinance grâce aux redevances mensuelles payées par les abonnés aux GIE s occupant du service de ramassage jusqu aux dépôts de transit. Ils payent un montant mensuel proportionnel à leur production de déchets, sur le principe du pollueur-payeur, soit 1.500 Fcfa (2 30) par mois et par poubelle à Sikasso. La collecte secondaire commence à partir des dépôts de transit. Sont alors acheminés par caissons les déchets qui n ont pas été sélectionnés pour le recyclage jusqu au site de stockage final, le Centre d Enfouissement Technique (CET) dans le cas de la ville de Sikasso. Cette collecte se fait par camions qui récupèrent les caissons de déchets pour les déposer au CET. À Sikasso, la collecte secondaire est gérée par Mairie. CTB : Une expertise et un appui financier en fonction de la demande Les 3 projets successifs de la CTB ont été déployés suite à l expression claire d une demande des acteurs locaux, et dans un premier temps par la commune urbaine qui a exprimé le besoin d un site de stockage contrôlé des déchets. Ainsi la CTB a apporté son expertise pour l étude technique et financière de la création d un CET adapté au contexte de Sikasso, et en a pris en charge les coûts de construction et d aménagement, mais aussi les coûts d équipements de collecte secondaire que sont les caissons de stockage et les camions. A la demande des GIE et des ménages, la CTB a ensuite apporté son expertise à la filière avec la formation des équipes de collecte primaire des GIE tout en les équipant de charrettes tractées par des ânes, ainsi qu en finançant deux logiciels de gestion. La construction et l aménagement des dépôts de transits ont été pris en charge ainsi que les centres de valorisation de quartier. Les associations locales de chineurs ont également été recensées, regroupées, formées au tri et aux règles d hygiène afin de dynamiser l activité de recyclage qui allègent la collecte secondaire. Les usagers ont été informés et sensibilisés à la propreté urbaine, à l importance de la filière et de s y abonner, ce à travers l aura des autorités de quartier et de la commune. De manière générale, la CTB a réuni tous les acteurs pour la réalisation participative de la ligne de base de la filière de gestion intégrée et durable des déchets, pour la remettre ensuite aux bons soins de la Division Municipale de Gestion des Déchets, instance créée sous l impulsion de la coopération belge. 2

Construction et exploitation d un Centre d'enfouissement Technique modèle (CET) La construction du CET a été primordiale dans le montage de la filière de gestion des déchets à Sikasso. Le site a été choisi pour ses caractéristiques hydrogéologiques et sa proximité par rapport au centre de gravité de production des déchets, à 5km du centre- ville. Les terrains appartiennent à l Etat. Il a été conçu pour durer au moins jusqu en 2050 et pour traiter différentes catégories de déchets. La superficie totale est de 20 hectares dont 70 % prévus pour l enfouissement des déchets. Un périmètre de protection de 200 mètres a été instauré au moment des études. En plus des études techniques habituelles l étude de viabilité économique et la stratégie d exploitation du CET ont été réalisées, mettant en exergue que des installations de tri et de valorisation étaient le mieux adapté au contexte de la commune : hangar avec magasin de stockage des matières secondaires triées, plateforme de tri, fosses compostières. Ces installations permettent d augmenter la durée de vie de la cellule en exploitation et de diminuer la production de lixiviat, liquide contaminé généré par la macération des déchets ne pouvant être déversé dans l environnement. Les infrastructures générales du CET, comprenant les murs d enceinte, le pont à bascule, les bureaux, le hangar, la plateforme de déchargement/compostage, les bassins d aération des eaux contaminées, les chambres de confinement pour les résidus de l incinération et la première cellule d enfouissement ont été réalisées pour un cout de 1,3 milliard de FCFA ou 2 millions d euros. Le poste de dépenses le plus important a été l aménagement de la cellule de 24 000 m2 équipée de plusieurs systèmes sophistiqués de drainage des eaux superficielles et de protection des eaux souterraines. Ce dispositif a été choisi en référence à la réglementation environnementale européenne car il n y avait pas de standards nationaux. La capacité d enfouissement/confinement est de 210 000 m3 (6 m sous le niveau du sol et 6 m au-dessus) avec une période d exploitation jusqu en 2032. Le CET dispose aussi d engins spécialisés comme un compacteur, un chargeur à pneu avec godet, et un tracteur remorque, tous financés par la République de Chypre et le Mali. L exploitation du CET comprend les opérations de contrôle, d encodage et de pesée des camions, le déchargement des déchets, le réglage et le compactage des déchets, la pose régulière d une couche de terre et le profilage des digues intermédiaires. A l instar des autres CET de la région (Bobo Dioulasso et Ouagadougou au Burkina Faso, Lomé, Kara, Sokodé, Tsévié au Togo, St Louis au Sénégal et Noumoubougou au Mali) qui ont tous été financés par les partenaires techniques et financiers, la construction d un tel centre reste hors de portée des communes urbaines maliennes. A Sikasso, c est l Etat qui prend en charge les frais d exploitation qui s élèvent à 2,000 FCFA/tonne. Le CET est géré par la DRACPN qui prend en charge le personnel, certains entretiens et les consommables, en attendant que la mairie de Sikasso dispose des ressources financières suffisantes. Leçons apprises L enfouissement des déchets génère des impacts négatifs sur l environnement et sur la santé des riverains. Pour les diminuer, le site doit être suffisamment éloigné des centres villes et disposer d une bonne voie d accès. En l absence de standards nationaux sur le dispositif d étanchéité du CET, la cellule sera aménagée en fonction de plusieurs critères : sa zone climatique, la taille de la population et les caractéristiques géologiques. S ils correspondent, privilégier des standards internationaux. Le choix des engins spécialisés doit se porter sur des machines polyvalentes et le moins complexes possibles afin d en faciliter l entretien et la maintenance. Elles doivent être adaptées aux voies d accès du CET. La collecte secondaire est un important poste financier. Il existe toutefois quelques leviers pour en réduire le coût. Moins de déchets, moins de frais : Développer le tri et le recyclage des déchets permettra d allonger la durée d utilisation de la cellule d enfouissement et de réduire les coûts d exploitation du CET. Rationner les passages d engins permettra également quelques économies. Recenser les ménages et les sensibiliser à l importance de la taxe d enlèvement des ordures, ainsi que la mise en place d une redevance sur les marchés contribura à financer l exploitation du CET. 3

Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine. Une collecte primaire autofinancée et des circuits de collecte performants Avec près de 230.000 habitants, Sikasso est la deuxième ville du Mali. Chaque habitant produit en moyenne 0,5 kg d ordures par jour quand les déchets des marchés atteignent environ 8 tonnes journalières. Les ordures jadis essentiellement organiques ont fait place aux conditionnements en plastique, et autres déchets issus de la consommation moderne qui s amoncelaient aux abords des routes, des champs et des marigots. Pour palier à ces problématiques contemporaines, la stratégie de la collecte primaire durable mise en place par l intervention belge a reposé sur des dispositifs d organisation modernes : Le zonage avec pour chaque quartier ou chaque secteur de quartier une délimitation spatiale des territoires à collecter, réalisé par la commission municipale en concertation avec les GIE et les autorités de quartier. Les circuits de collecte correspondant aux parcours de collecte à réaliser par jour, élaborés par les gérants des GIE et validés par les techniciens de la division municipale de gestion des déchets au moins 1 fois par an, avec un parcours d environ 45 abonnés. Un tarif de base fixé sur le cout vérité de 1500 FCFA/mois/ famille qui peut évoluer en fonction de la prestation. Une application informatique de gestion des abonnements utilisée par la mairie et actualisée régulièrement par les données des GIE, et une application informatique de gestion (personnels, clients, redevances) destinée aux GIE. Une procédure de contrôle de l efficacité des GIE suivie par une démarche d évaluation de leur performance, ces suivis étant réalisés par la mairie et renforcés d un système de surveillance de proximité pour s'assurer de la bonne exécution des collectes. L attribution d une zone de collecte à un GIE et un partenariat public-privé passé entre la mairie et l opérateur sous forme de contrat de franchise d une durée de trois ans renouvelable. Des dépôts de transit définis pour vider les déchets pré-collectés à raison d au moins un emplacement par zone de collecte et à équidistance des différents circuits de collecte de la zone, ces emplacements étant préalablement autorisés par la mairie et les chefs de quartier. Leçons apprises Le choix des équipements de pré-collecte dépend du consentement à payer des ménages ; plus le montant est élevé, plus il sera facile pour les GIE de mécaniser leurs circuits. Il existe une taille critique d organisation au-delà de laquelle il est difficile pour un gérant de GIE de bien suivre ses activités de pré-collecte (suivi personnel, suivi clients, suivi redevances), cette limite est de 7 personnes. La réalisation du zonage municipal en commençant par les quartiers centraux est l étape fondatrice de l organisation de la pré-collecte. L adhésion de la population à la collecte primaire est volontaire et le GIE a besoin de l appui des autorités de proximité (chefs de quartier et membres des comités de développement) pour asseoir sa réputation. Le GIE et le chef de quartier doivent entretenir de bonnes relations. Le contrôle de l efficacité des services de pré-collecte revient à la mairie qui doit réaliser des visites inopinées, se focaliser sur des situations faciles à mesurer et développer des réseaux d observateurs. Le suivi du taux de recouvrement des redevances est important dans la mesure où un GIE qui recouvre ses redevances est un GIE qui est viable. 4

Tri et recyclage : Des leviers essentiels de réduction des déchets Le tri et la valorisation des déchets sur les lieux de production des déchets et dans les centres de valorisation de quartier sont les éléments clés de la GIDD. L objectif est de minimiser les quantités de déchets à évacuer dans le CET. A Sikasso, la gestion intégrée des déchets s est focalisée sur les fractions de déchets organiques, papiers et plastiques, ces matières ayant une valeur marchande reconnue et un réseau d achat et de vente au poids ou au volume. Le tri a réellement pris de l importance lorsque les actions suivantes ont été conçues puis mises en œuvre : - Un inventaire des différents groupes de chineurs et leur mise en relation avec les autres acteurs - La formation aux gestes d hygiène et de sécurité pour un tri efficace - Les échanges d expertise grâce à deux voyages d études à Bamako et Ouagadougou - Le don de petits équipements (matériels de protection individuelle, pousse- pousse, tamis, poubelles de tri sélectif) - La construction d un hangar de tri, de fosses compostières et de trois centres de valorisation de quartier. Tout confondu, la revente des déchets recyclables génère 17 millions de FCFA (259.000 ) de chiffre d affaires annuel et ce montant va augmenter au fur et à mesure que les chineurs seront de mieux en mieux intégrés et formés. Le chiffre d affaires global a été réalisé par un groupe d environ 120 personnes constitué de chineurs à temps partiel. Les autres bénéfices économiques mesurables sont les économies de transport et de traitement réalisées par la réduction de 1,719 tonnes/an de la quantité de déchets envoyés vers le CET. Les économies réalisées s élèvent à 14,6 millions de FCFA par an. 5

Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine. Les déchets organiques provenant des restes de cuisine Très prisée par les agriculteurs, mélangée avec le sable, les cendres, les feuilles mortes et les déchets du balayage, cette matière constitue une sorte d amendement pour les sols plus connu sous l appellation de «terreau». L épandage des terreaux sur les terres agricoles, qui est une pratique ancestrale, reste complètement intégrée au système de gestion de la terre. Le terreau brut peut contenir des pièces métalliques et des piles, qui présentent des risques pour l environnement et pour la santé des consommateurs. Pour atténuer ces risques, les producteurs de terreau se sont lancés dans la production d un terreau propre. Les agriculteurs ont également accepté de payer cet amendement 30% plus cher. La qualité des terreaux propres est contrôlée de visu à la fois par les clients et la Mairie qui délivre une autorisation d exercer la production de terreau sur les emplacements spécifiques dédiés. Les déchets papier et carton Les circuits de tri-valorisation des papiers-cartons se sont développés grâce à l implication d une dizaine d associations féminines, l installation d une unité de production d alvéoles pour le transport des œufs à partir de pâte à papier pouvant utiliser jusqu à 5 tonnes de papier/jour et la sensibilisation au tri des grands producteurs de papier-cartons (établissements, pharmacies, bureaux, banques). Avant cela, les papiers étaient brulés sur place. Le dispositif consiste à récupérer périodiquement les papiers déposés dans des poubelles de tri sélectif. Plus de 100 poubelles ont été réparties sur 10 circuits de tri. Les déchets plastiques Les pièces rigides en plastique sont le plus souvent lavées et réutilisées par les ménages, tandis que les plastiques souples sont généralement jetés, en particulier les sacs plastiques et les sachets d eau. Les fractions plastiques souples représentent un gisement pour l industrie nationale. Ces plastiques sont collectés par les associations féminines et deux groupes de chiffonniers coordonnés par des intermédiaires, qui lavent et emballent les produits avant l acheminement vers Bamako. Ces plastiques recyclés sont utilisés pour produire des contenants comme de nouvelles bassines par exemple. 6

Les acteurs de la filière de gestion intégrée et durable des déchets La mairie, un maître d œuvre à la hauteur, proche de ses riverains. La commune assure la maîtrise d ouvrage du service public d assainissement, contre les pollutions et les nuisances provoquées par l accumulation des déchets sur la voie publique. A Sikasso, le transfert des compétences du service déconcentré vers la mairie s est concrétisé par la création de la division municipale de gestion des déchets et l inventaire des ménages à partir de l adressage des quartiers, deux importants leviers de succès de la filière. La mairie a mis en avant les bénéfices pour la communauté de vivre dans un environnement plus salubre et fait campagne pour une meilleure organisation possible autour d un GIE franchisé et pour le paiement de la redevance directement à l opérateur. La Division Municipale de Gestion des Déchets. Créée sur décision municipale, elle est constituée d un chef de division et de trois chargés d activités spécifiques à la gestion des déchets : le suivi des GIE en charge de la collecte primaire, la coordination du tri et de la valorisation des déchets, et la coordination de la collecte secondaire. Un comité Ad Hoc de zonage se réunit chaque mois, rassemblant la division municipale de gestion des déchets, les représentants des GIE, la Direction régionale de l assainissement et les autorités de quartier afin de statuer sur la répartition des zones de pré-collecte, le montant de la redevance mensuelle, et veille au bon déroulement de cette collecte. Les chefs de quartiers sont les acteurs clés du développement et des actions menées dans le cadre de l amélioration de la salubrité et du cadre de vie dans les quartiers. Garants de la bonne cohésion sociale entre voisins et porte-voix des ménages, ils participent aux évènements d information sur le thème de l adhésion aux abonnements de pré-collecte et à la surveillance de l état de propreté des espaces publics. Les Groupements d Intérêt Economique (GIE) de la pré-collecte, acteurs incontournables de la collecte au porte-à-porte, sont des micro-entreprises de l économie sociale qui ont pour objectif d exercer leurs activités avec un bilan financier équilibré. La réalisation d un bénéfice n est pas recherchée en priorité mais toutes les dépenses doivent être recouvertes. Les GIE ont été formés à la GIDD et à l entreprenariat dans le secteur de l assainissement. Fort de ces expertises, ils ont obtenus la reconnaissance sociale dans leur quartier. Ils sont aussi regroupés sous la coordination des organismes travaillant dans l assainissement et la protection de l environnement (COTAPE). Le nombre de GIE a augmenté de 142 % au fur et à mesure que le zonage municipal évoluait, passant de 7 en 2010 à 17 en 2017. Cette évolution a ainsi influencé le taux de collecte qui est passé de 7,5 % à 36 % sur l ensemble du territoire avec un nombre d abonnés par GIE compris entre 150 et 300 abonnés. Les acteurs du tri-valorisation des déchets que sont les producteurs de terreaux, les association de collecte de papier, carton, et plastiques ont récemment intégré la GIDD de Sikasso. Regroupés en associations, formés aux gestes de tri, d hygiène et de sécurité, ils sont devenus des interlocuteurs incontournables dans la mesure où ils permettent de diminuer la quantité de déchets vers le CET, une économie pour la mairie estimée à 7 millions de FCFA en 2016 (environ 300 chargements). Longtemps stigmatisés, ils ont obtenus une certaine reconnaissance sociale au travail et ont signé une charte de bonnes pratiques avec la mairie. 7

Sikasso, une ville malienne en marche vers la propreté urbaine. Une stratégie d intervention adaptée La création d une filière de gestion des déchets prend beaucoup de temps, entre 8 et 15 ans selon la taille de la collectivité territoriale, et doit se développer de manière participative avec tous les acteurs locaux et principalement la commune afin qu elle intègre rapidement toutes ses fonctions de maître d ouvrage. Celle-ci doit également se baser sur les dispositifs et les acteurs existants en s appuyant sur un incontournable inventaire préalable à l échelle communautaire puis communale. Ces acteurs, une fois formés seront des leaders en matière de gestion intégrée des déchets. Le premier échelon de la création d une filière est la mise en place d un site de stockage final et l organisation de l acheminement des déchets jusqu à celui-ci. Le premier facteur de durabilité de la filière étant celui de la durabilité économique, cette phase doit être mise en œuvre suite à une étude technique et financière afin d adapter le projet au budget local disponible. En effet, contrairement à la collecte primaire des déchets, la collecte secondaire n a pas l avantage de s autofinancer. Informer, éduquer, communiquer La GIDD dans une collectivité territoriale urbaine est une problématique moderne et nouvelle pour la majorité des personnes. Certains consommateurs continuent de traiter leurs déchets avec des habitudes ancestrales alors que leur composition a drastiquement évolué, avec une majorité de fractions potentiellement dangereuses, et d autres qui ont une valeur marchande. Une stratégie d information, d éducation et de communication efficace est primordiale pour tenir en haleine l ensemble des acteurs avec le déploiement de moyens de communication pour présenter la filière et les avantages d y adhérer (bulletins, médias, évènements, création d une mascotte). La participation des acteurs communaux et communautaires à ces activités est incontournable afin de donner poids et crédibilité aux messages véhiculés. Ont participé et contribué à cette note de capitalisation, d après la publication intitulée " Vers une Ville Propre " les personnes suivantes : La CTB, l agence belge de développement, appuie et encadre des programmes de développement pour le compte de l État belge et d autres donneurs d'ordre. Gérard Baltissen, Nadine Dulac, Claude Croizer, Julie Leduc, Marion Bargès, Muriel Lambert de Rouvroit, Pacale Caes. 8