Le désherbage chimique Historique

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Le désherbage chimique Historique Les applications agricoles des herbicides sont apparues à la fin de la seconde guerre mondiale : en particulier l usage les phytohormones de synthèse et des premières urées substituées s est développé en grande culture. Cependant ces premières substances actives étaient peu adaptées à la vigne par manque de sélectivité. Les sels d amines du 2,4D ont parfois été utilisés, mais avec prudence. La décennie 1950-1960 a vu naître deux herbicides foliaires non sélectifs mais intéressant la viticulture : le paraquat et l aminotriazole (ou amitrole), ainsi que des herbicides de prélevée, persistants, sur lesquels la viticulture a fondé rapidement beaucoup d espoirs: le diuron (1959), la simazine (1962) la chlorthiamide et le dichlobénil (1968). En particulier, la simazine et le diuron ont fait preuve d un champ d activité très étendu sur les dicotylédones et les graminées annuelles. Rapidement le désherbage chimique s est développé grâce aux avantages présentés par rapport au mode de culture traditionnel faisant appel à 4 à 5 passages d outils de travail du sol : réduction des risques d érosion amélioration de la portance des sols possibilité de passage en terrain pentu réduction des risques de gels de printemps réduction de la pénibilité du travail souplesse d utilisation et d époque d application gain de temps gain en coût de main d œuvre Pendant plus d une décennie le traitement de base en viticulture a été l association extemporanée de simazine et d aminotriazole. Si les herbicides de prélevée cités ci-dessus ont donné globalement satisfaction sur les adventices annuelles, pourvu que la période d application soit bien choisie pour bénéficier de suffisamment d humidité, par contre deux inconvénients sont apparus très vite : sur le plan de la sélectivité, selon les types de sols et compte tenu des doses fortes utilisées (cf. graphique) des phénomènes de phytotoxicité ont été observés avec le diuron et, dans une moindre mesure avec la simazine. Par nécessité, le raisonnement en matière de modulation de dose s est donc imposé rapidement.

sur le plan de l efficacité, les espèces vivaces, libérées de la compétition des espèces annuelles et de germination printanière, ont connu un important développement. Sur vivaces, principalement le liseron des champs et le chiendent pied de poule en climat méridional, de nombreuses tentatives de lutte ont été développées avant l arrivée du glyphosate (1970). Sur liseron des champs, la recherche en matière de triazines a conduit à l association terbuthylazine + terbumeton. D autres travaux ont permis le développement de l oxadiazon ainsi que de l aminotriazole associé à la simazine. Sur chiendent pied de poule l association dalapon+aminotriazole, bien que de sélectivité marginale, a été utilisée. Sur adventices annuelles, la terbuthylazine a connu un succès en association avec le diuron, ce qui permettait de réduire les doses des deux substances actives et de proposer une base de désherbage polyvalente à un coût modéré. Bien que la protection de l eau n ait pas été l objectif premier des stratégies de désherbage mises en oeuvre jusqu à la fin de la décennie 1980/90, la nécessité de limiter et de répartir dans le temps les doses appliquées s est toutefois fait jour progressivement dans un but d amélioration du désherbage. Ainsi, par exemple, on a obtenu de meilleurs résultats en fractionnant l apport total de diuron qu en apportant la totalité précocement: technique du fractionnement à deux époques (fin d hiver puis juin). Parallèlement, l apparition du glyphosate, herbicide systémique de post levée stricte, initialement développé contre les plantes vivaces a fortement contribué à mettre en place des programmes de désherbage complets et souples d emploi à partir de 1970. Bien entendu, la stratégie idéale de désherbage pour le viticulteur consisterait à se limiter à une intervention de fin d hiver qui couvrirait l ensemble du cycle de la vigne, jusqu aux vendanges. La simazine et le diuron ont pendant un temps permis d espérer que c était possible. Malheureusement, en fin de décennie 70, vers 1979, l apparition puis la rapide extension d espèces résistantes aux triazines a obligé la viticulture à revoir ses pratiques de désherbage. En effet les espèces présentant une résistance chloroplastique aux triazines sont nombreuses et économiquement importantes parmi les dicotylédones : composées (séneçon commun, érigérons, laiterons), amarantes, chénopode blanc, morelle noire, épilobes

Plusieurs types de résistance à différentes familles d herbicides (triazines, «fops», «dims») sont également apparus chez les graminées estivales annuelles. Suite au phénomène de résistance aux triazines on a assisté à un renouveau du diuron et au développement de plusieurs herbicides de prélevée, souvent issus du désherbage des grandes cultures : l oryzalin, graminicide actif sur certaines dicotylédones associée à la simazine vers 1984, puis développé seul plus tardivement. l isoxaben, herbicide anti-dicotylédones strict vers 1990 la napropamide (vers 1985) et la butraline (vers 1974), sélectives mais d efficacité limitée. le norflurazon, graminicide actif sur certaines dicotylédones en 1985 Notons que les quatre première substances actives précédemment citées, herbicides sélectifs de prélevée, sont homologuées sur pépinières viticoles. citons enfin l oxadiazon, herbicide foliaire actif sur de nombreuses espèces, y compris le liseron, mais d emploi limité. Ces matières actives, intéressantes dans des programmes ne présentent pas toutefois un champ d activité complet. Compte tenu des difficultés rencontrées avec les herbicides de prélevée et d un certain enherbement difficile à maîtriser à certaines époques de l année, on s est tourné vers une nouvelle technique de désherbage fondée sur l utilisation répétée de glyphosate : l enherbement naturel maîtrisé (ENM). Cette technique consiste à intervenir chaque fois que les adventices atteignent un seuil de développement jugé inacceptable. Selon les conditions climatiques on interviendra généralement deux ou trois fois dans l année. L apport complémentaire d un herbicide de prélevée (diuron par exemple) lors du traitement de fin d hiver («désherbage mixte») ou lors du traitement de Juin («désherbage mixte inversé»), permet d assurer une persistance d action herbicide. Cependant, comme toutes les techniques, l ENM uniquement fondé sur l utilisation du glyphosate ou du sulfosate (autre sel de phosphonométhyl glycine apparu en 1989) présente quelques inconvénients : - sélection d espèces telles que les géraniums, les épilobes ou les érigérons - limitation des doses annuelles dans un souci de préservation des eaux.

Une bonne gestion de l arsenal herbicide nécessite une rotation des substances actives de mode d action différent afin d éviter l apparition de résistances ou la sélection de certaines espèces : ainsi en post levée on introduira l amitrole, le glufosinate ammonium et le paraquat, les deux dernières substances actives citées étant des herbicides de contact, non systémiques. Le raisonnement de la technique ENM a fait l objet d un document paru en 2003 qui figure également sur le site AFPP. Récemment, pour des raisons de protection des eaux, toutes les triazines utilisables en viticulture ont été interdites en France (fin 2004) après avoir vu leur dose passer de 3000 g/ha en 1962 (simazine) à 1500 g/ha en 1990 et 1000 g/ha en 1997 (cf. graphique). Notons que la terbuthylazine est toujours largement utilisée dans les autres pays européens (Italie, Allemagne ) De même, des restrictions ont été apportées au diuron dont la dose est passée de 2500 g/ha (1959) à 1500 g/ha (2003) (cf.graphique). Afin d en limiter les doses, le diuron entre préférentiellement dans des formulations associant d autres substances actives et les applications sont limitées à la ligne de plantation, ce qui revient à ne désherber que 25 à 50 % de la surface totale, selon l écartement des rangs. La pharmacopée herbicide s est encore réduite par le retrait volontaire du norflurazon par la firme détentrice des droits et dont les utilisations se sont terminées fin 2003. Cet appauvrissement a été très partiellement compensé par le développement d herbicides anciens jusque là utilisés dans d autres cultures : - la pendiméthaline, seule ou en association avec le diuron (1994-95) - l aclonifen associé à l amitrole (1997) - l oxyfluorfène seul (1999) ou associé à la propyzamide, limité aux traitements hivernaux par suite du risque de brûlures foliaires - des graminicides spécifiques tels que la propyzamide, la carbétamide,le fluazifop-p-butyl, l haloxyfop r, le quizalofop-éthyl D, la cycloxydime fortement concurrencés par le glyphosate ou le sulfosate Par ailleurs, deux substances actives récentes ont été développées spécialement pour la viticulture, ce qui mérite d être souligné, le marché des herbicides viticoles étant trop limité au niveau mondial (France, Suisse, partiellement Italie du Nord ) pour intéresser les grandes firmes multinationales, compte tenu des coûts de développement de telles molécules en matière de toxicologie et d écotoxicologie, de

la brièveté de validité des brevets, du nombre d années d expérimentation nécessaires en culture pérenne et des risques encourus (phytotoxicité, résistance). Ces deux substances herbicides présentent un champ d activité plus large sur dicotylédones que sur graminées, en particulier en ce qui concerne les germinations tardives de graminées estivales annuelles : - la flumioxazine (1997) seule ou associée au diuron (1998) substance active au spectre large à l exception de quelques dicotylédones (érigéron, renouée des oiseaux, laiterons) et dont l usage n est pas recommandé sur vigne basses pour des raisons de sélectivité (brûlures par projection de terre sur les feuilles basses) - le flazasulfuron (1999) première sulfonylurée utilisable sur vigne à large champ d activité (à l exception de la morelle noire, des véroniques et du pâturin annuel, graminée peu compétitive dont le développement est recherché par ailleurs). Efficace à la faible dose de 50g s.a./ha. Son utilisation est déconseillée en zones chlorosantes. Situation actuelle de l utilisation des herbicides en viticulture : En 2004 la préservation de la qualité des eaux et de l environnement et les contraintes administratives européennes et nationales d homologation ont réduit fortement la gamme d herbicides à la disposition des viticulteurs ainsi que leurs conditions d utilisation. De même les mélanges extemporanés d herbicides doivent être agréés préalablement et peuvent être soumis à des contrôles administratifs sur le terrain. Par ailleurs, compte tenu des contraintes nouvelles qui leur sont imposées, les firmes à l origine de brevets ou détentrices de droits sur des substances actives herbicides concentrent plus leur travail de recherche sur la défense des substances actives existantes que sur le développement de substances actives nouvelles. Une conséquence immédiate de l ensemble de ces mesures contraignantes réside dans une augmentation du poids financier du «poste désherbage» dans l ensemble du budget des fournitures d entretien viticole. Par ailleurs la mentalité viticole a évolué : la présence d une certaine couverture végétale est acceptée à certaines époques de l année sans nuire à l image de qualité recherchée par les viticulteurs. De ce fait des techniques d entretien des sols viticoles alternatives au désherbage chimique se développent :

- retour au désherbage mécanique à l aide d outils adaptés (cf. chapitre concerné), - tentatives de désherbage thermique (cf. chapitre concerné) Cependant la technique qui se développe le plus actuellement consiste à limiter, l emploi des herbicides sous le rang et de favoriser dans l inter rang l enherbement spontané ou l engazonnement, principalement à partir de semis d espèces de graminées adaptées sur le plan de la compétitivité avec la vigne. Pour conclure, il faut reconnaître que l introduction des herbicides a apporté un progrès et de grandes facilités en matière d entretien des sols viticoles. Si la recherche de substances actives nouvelles dans ce domaine est limitée, la tendance à une réduction des doses utilisées avec les herbicides anciens et surtout avec quelques substances actives nouvelles est réelle au cours des dernières années (cf. graphique) et irréversible, même si le niveau d efficience de quelques dizaines de grammes atteint par les sulfonylurées soit exceptionnellement bas. Les herbicides chimiques sont et resteront indispensables en production viticole mais une plus grande technicité dans ce domaine est demandée aux utilisateurs : le désherbage chimique doit être raisonné pour pouvoir subsister dans un contexte difficile et contribuer ainsi à perpétuer une viticulture durable et rentable. Graphique Texte rédigé par Jean-Marc Béraud.