03 Avant la commercia l inscription au ca Pour être commercialisée en Europe, toute nouvelle variété doit avoir en poche son titre d inscription sur un catalogue de l un des pays d Europe. Elle doit donc préalablement avoir satisfait à des épreuves techniques. Regardons comme l inscription se déroule en France. Patrick Bastergue GEVES, secrétaire technique de la section «céréales à paille» du CTPS Marie-Hélène Bernicot mh.bernicot@arvalisinstitutduvegetal.fr ARVALIS Institut du végétal Deux années d essais sont nécessaires avant de proposer une variété à l inscription. P our obtenir son inscription, une variété doit passer deux types d épreuves : l examen de Distinction, Homogénéité et Stabilité (DHS) et l épreuve de Valeur Agronomique et Technologique (VAT). Une nouvelle variété doit être unique L examen DHS est conduit conformément aux protocoles d étude de l Office Communautaire des Variétés Végétales (OCVV). La nouvelle variété doit être distincte des autres variétés déjà inscrites en Europe, c està-dire qu elle se différencie nettement de toutes les variétés existantes. La distinction ne porte que sur des caractéristiques visibles au champ. 30 à 40 caractères morphologiques ou physiologiques sont observés (précocité d épiaison, longueur des barbes, couleur de feuillage, pilosité, ). Des «marqueurs» de l identité de la variété peuvent être utilisés pour conforter l observation de petites différences morphologiques ou physiologiques : par exemple diagrammes électrophorétiques des hordéines ou gliadines (protéines de réserve de l orge ou du blé). Des outils moléculaires sont à l étude et pourraient à l avenir être également mis en œuvre. Ils sont aujourd hui surtout étudiés en tant qu outil pour identifier les variétés à la collecte ou pour contrôler les productions de semences. La variété doit être homogène et stable. La variété doit être fixée. Aussi, toutes les plantes qui la composent doivent être identiques pour tous les caractères retenus pour sa description, ceci au cours des générations successives. A l issue des études de DHS, une description officielle de la variété est établie, véritable carte d identité indispensable pour certifier les semences et pour protéger efficacement le créateur de la variété (délivrance du COV - Certificat d Obtention Végétale). Et apporter un plus Pour être inscrite, la variété doit prouver qu elle apporte un progrès génétique. Ce progrès est estimé en comparaison à des variétés témoins qui sont les variétés les plus cultivées du moment (l indicateur retenu étant la surface de multiplication). L étude de la Valeur Agronomique et Technologique (VAT) est réalisée conformément à un protocole expérimental approuvé par le CTPS (encadré 1). Soixante dix-neuf variétés de blé tendre ont été déposées 34
lisation, talogue au CTPS à l automne 2003. Une commission juge si ces dépôts sont «recevables». En effet, pour déposer une variété, le déposant doit fournir un descriptif minimum de la variété et apporter la preuve qu elle a été déjà testée en France en fournissant les résultats de 6 essais minimum sur 2 années antérieures dans la zone d étude demandée (figure 1). La classe technologique doit être justifiée par la fourniture des résultats de deux analyses technologiques minimum (alvéographe Chopin, test de panification, teneur en protéines, etc.) de la variété en référence à des variétés témoins. Les obtenteurs ont la possibilité de faire étudier leur variété dans la Zone Nord ou Sud (ou les deux) de la France. À l automne 2003, il y a eu 67 demandes pour le Nord et 12 pour le Sud. L inscription, un passeport pour la commercialisation. Comme le nombre de variétés à tester dans la zone Nord est élevé, elles sont réparties en deux séries de 16 essais pour la première année d étude. Un rendement minimum est requis pour le passage en 2 è année (mêmes seuils que pour les décisions d inscription tableau 1). Trente-six Deux années d essais sont conduites pour l inscription (fig. 1) L année a une influence importante sur le rendement des variétés. Noms en rouge : BPS - Noms en vert : BAU - Noms en bleu : BP - Noms en noir : témoins PERSPECTIVES AGRICOLES N 323 MAI 2 006 35
Un indicateur global : la tolérance des variétés aux maladies (source GEVES) (fig. 2) Nom en minuscules = les témoins variétés ont été testées dans les 20 essais de 2 è année. Les variétés déposées en zone Sud sont testées dans 14 essais pour les deux années. Un réseau national d expérimentation Le réseau national d expérimentation est géré par le GEVES (encadré 2). Les expérimentateurs céréales à paille sont répartis parmi les trois familles professionnelles suivantes : l INRA-GEVES (20 %), ARVALIS Institut du végétal (20 %) et l AFSA, soit les obtenteurs-sélectionneurs (60 %). Les essais agronomiques sont homologués lors de visites des agents régionaux du GEVES. Une commission d experts du CTPS valide les essais avant l établissement des regroupements des résultats. En plein champ et en conditions contrôlées La répartition géographique des essais est en adéquation avec les zones de production de l espèce. Leur conduite est par ailleurs représentative des pratiques régionales, l utilisation des régulateurs de croissance est limitée. Basés sur la comparaison d une conduite traitée avec fongicides et d une conduite sans fongicides, ces essais permettent donc de juger du potentiel de rendement dans ces deux conduites (figures 2 et 3). Ils fournissent également de nombreuses informations quant aux caractéristiques variétales. Précocité à l épiaison, hauteur, verse y sont notés. Les blocs non traités permettent des notations maladies. Mais ces essais, conduits au champ en conditions naturelles sans inoculation artificielle sont soumis à de nombreux aléas. Pour être certain de pouvoir décrire les variétés, le GEVES réalise également des essais spécifiques en conditions contrôlées (dispositifs et témoins spécifiques de résistance et de sensibilité, irrigation ) et en inoculation artificielle en mélange de races ou isolats prédominants sur le territoire français ou dans la zone d essais. Pour le blé tendre, des essais sont conduits pour caractériser les variétés vis-à-vis de la rouille jaune, de la rouille brune, de la Septoriose tritici, du piétin verse et de la fusariose sur épis. Décrire les variétés visà-vis des maladies La valeur technologique est très importante. Compte tenu du niveau de seuil de rendement requis, il est relativement difficile d inscrire une variété classée en BAU. Les notations issues de ces seuls essais spécifiques sont utilisées pour décrire les variétés vis-à-vis du piétin verse et fusarioses des épis. Pour le piétin-verse, la résistance est évaluée à partir du pourcentage de section de tige envahi par le champignon à la floraison. On peut souligner les difficultés à décrire la fusariose des épis. Cette situation va évoluer car plus d essais sont mis en place à partir de la récolte 2006. Le CTPS L 1 e Comité Technique Permanent de la Sélection des plantes cultivées (CTPS) est l organisme chargé de proposer au ministère de l Agriculture pour chaque espèce de plantes cultivées, les conditions et modalités suivant lesquelles les variétés présentées pour inscription au catalogue doivent être expérimentées. Un catalogue des espèces et variétés est tenu au ministère de l Agriculture. Il comporte la liste des variétés ou types variétaux dont les semences peuvent être commercialisées en France (liste A) où dont les semences peuvent être multipliées en France en vue d être exportées (Liste B). Le CTPS compte 14 sections dont celles des céréales à paille. Les demandes d inscription sont soumises à l examen du CTPS et la conduite de l expérimentation est assurée par le Groupe d Etude des Variétés et des Semences (GEVES). Au sein de chaque section, il existe de nombreuses commissions d experts techniques. La composition de la section et des commissions techniques est représentative des différentes familles professionnelles de la filière semences : représentants de l INRA, des obtenteurs - sélectionneurs, des producteurs de semences, des utilisateurs agriculteurs ou industriels, des instituts techniques, etc. Section et commissions techniques sont des lieux importants de concertation. 36
Les règles d inscription constituent un puissant levier d orientation de la sélection. Pour les rouilles, la «cotation» ou description réalisée par le GEVES utilise les informations issues des essais spécifiques et de ceux du Réseau National d Expérimentation. On doit souligner que depuis 2001, la description porte également sur Septoria tritici, maladie dominante en France. Des études méthodologiques sont actuellement engagées pour mettre au point des tests destinés à appréhender le comportement des variétés vis-à-vis de S. tritici. La description faite par le GEVES des variétés vis-à-vis de cette maladie devrait ainsi s améliorer. Il n y a pas d essai spécifique pour l oïdium, seules les observations en provenance du réseau sont utilisées. La résistance aux mosaïques peut également être décrite dès l inscription. Mais cette description n est pas faite en routine. Elle fait l objet d une demande spéciale de l obtenteur. Parmi les nouveautés de l année, cinq variétés sont résistantes. Un indicateur global À cette étude des résistances aux maladies réalisée caractère par caractère s ajoute une mesure de la tolérance des variétés. Elle est estimée par l écart de rendement traité-non traité pour chaque variété avec l écart moyen observé dans la série d essais. Ce dispositif a l inconvénient de ne pouvoir refléter la tolérance que vis-à-vis des seules maladies exprimées sur les lieux d essais durant la campagne. Il est supposé que la diversité des situations expérimentales et les deux années d expérimentation permettent de rencontrer l ensemble des complexes parasitaires. Les autres facteurs de régularité de rendement décrits La sensibilité au froid est appréciée dans les essais du réseau national, mais surtout dans un essai spécifique mis en place par l INRA dans le Jura. La sensibilité à la verse fait l objet d un essai spécifique réalisé par le GEVES faisant varier la densité de semis et la dose d azote. La cotation se base sur les observations de cet essai et de celles du réseau national. Le jugement de l alternativité nécessite plusieurs semis en fin d hiver et au printemps. Cet essai est lui aussi conduit par le GEVES. Décrire les qualités technologiques De nombreux tests technologiques sont réalisés sur des échantillons issus de la récolte des essais menés en 1 ère année. Ainsi, cinq essais sont choisis parmi les essais validés au niveau de l agronomie, en essayant de couvrir l ensemble des zones de production et une gamme de teneur en protéines. Plusieurs tests sont mis en œuvre sur toutes les variétés et les témoins de référence : alvéographe de Chopin, test de panification, teneur en protéines, indice de Zélény, viscosité, dureté... Ces trois derniers sont des éléments nouveaux dans la description des variétés (depuis 2005). Le PERSPECTIVES AGRICOLES N 323 MAI 2 006 37
Poids Spécifique est introduit pour les variétés déposées en 2005 (décision d inscription en 2007), les variétés à faible PS (en année moyenne inférieure à 75) seront pénalisées par un malus. Le test européen de machinabilité n est réalisé que sur les variétés à très faible W, afin de vérifier l éventuel caractère collant des pâtes. Des tests pour juger la valeur améliorante sont nécessaires pour les variétés de blé déposées en classe A (blé améliorant ou de force). L effet améliorant est jugé à partir de panifications réalisées en mélange et en mesurant l augmentation de la qualité d une farine témoin par addition progressive de farine (+ 10 %, + 20 %) de la variété à étudier. Les résultats sont comparés avec ceux obtenus avec une farine améliorante connue. À partir de 2006, des tests complémentaires de farinographe seront réalisés pour apprécier le caractère améliorant. Un test spécifique est également réalisé pour les blés biscuitiers. Une commission d experts du CTPS, réunissant des obtenteurs, des représentants des utilisateurs industriels (meunier, biscuitier, amidonnier ), l ONIC et ARVALIS Institut du végétal, définit la classe technologique de chaque variété au vu des résultats des analyses officielles (cf nom des classes dans le tableau 1). Après la description, la décision d inscription Les écarts entre les rendements traités et non traités témoignent de la tolérance des variétés aux maladies (fig. 3) Arack est sensible aux maladies et en particulier à la septoriose. Si elle est première en situtation traitée, elle arrive en 7 è position dans les essais non traités. À l opposé, les variétés comme Inspiration, Battant, Nuage, Manager et Azzuro sont mieux positionnées dans les essais non protégés. Les points sans nom indiquent la position des variétés refusées VAT. Les variétés en attente de DHS ne sont pas mentionnées sur le tableau. Noms en rouge : BPS - Noms en vert : BAU - Noms en bleu : BP - Noms en noir : témoins Seuil de rendement requis pour l inscription, exprimé en % des témoins (tab. 1) Classe technologique Seuil À : Blé améliorant ou de force 80 BPS : Blé Panifiable Supérieur 100 BP : Blé Panifiable (il s agit de l ancienne classe BPC) 103 BB : Blé Biscuitier 103 BAU : Blé à Autres Usages 106 BAU imp : Blé à Autres Usages impanifiables 108 Le GEVES 2 Le GEVES, ancien département de l INRA, est depuis 1989 un Groupement d Intérêt Public (GIP) ayant pour partenaires l INRA, le GNIS et le ministère de l Agriculture. Il compte un effectif de 260 personnes et une implantation nationale. Ses missions sont de conduire les études nécessaires à l homologation et à la protection des variétés nouvelles de plantes, et à la certification des lots de semences commerciaux. Il est structuré en deux secteurs : la Station Nationale d Essais de Semences (SNES) laboratoire officiel d analyses de la qualité des semences pour la certification et le commerce international. le Secteur Etude des Variétés (SEV) chargé de l expertise des nouvelles variétés pour le CTPS pour la protection des obtentions végétales et pour certaines espèces du contrôle variétal. Sa mission d expertise s étend au niveau international par une participation dans les instances de l Union Européenne, de l UPOV et de l OCVV. Les propositions d inscription au catalogue français se font en application d un règlement technique défini par la section «céréales à paille» du CTPS et validé par le ministère de l Agriculture. Ces règles d inscription sont régulièrement modifiées et améliorées, afin de prendre en compte les attentes des utilisateurs d aujourd hui et de demain. Nous avons mentionné dans cet article plusieurs changements récents applicables pour les nouvelles variétés déposées en 2005 et donc mis en œuvre pour les décisions de l automne 2007. Le règlement technique prévoit une cotation synthétisant en un seul indice toutes les caractéristiques attendues vis-à-vis d une nouvelle variété. Ainsi, une variété de blé tendre est jugée sur son rendement en situation traitée et non traitée fongicide, sa qualité technologique ses facteurs de régularité de rendement. Selon la classe technologique, le niveau de rendement exigé est différent (tableau 1). Plus la qualité technologique est intéressante, plus le seuil de rendement minimum requis pour l inscription est bas. À l opposé, quand la valeur technologique est faible, le seuil de rendement requis est plus élevé. Le travail du GEVES permet d apprécier les valeurs agronomiques et technologiques des nouvelles variétés. Des bonus et malus en plus Les variétés présentant un haut niveau de résistance ou tolérance aux maladies (bonne note de résistance, faible écart T-NT), un haut niveau de résistance vis-à-vis de la verse, germination sur pied, froid seront favorisées par l attribution de bonus. Chaque bonus attribué pour un caractère favorable correspond à une diminution de 1 % du seuil de rendement requis. À l opposé, les variétés ayant des caractères défavorables seront pénalisées par l attribution de malus augmentant de 1 % le seuil minimum de rendement requis (tableau 2). La teneur en protéines n était pas, jusqu à présent, prise en compte dans les décisions d inscription. À partir de l automne 2007, des bonus seront attribués aux variétés 38
Description des variétés de blé tendre d hiver proposées à l inscription en octobre 2005 : attribution des bonus et des malus (tab.2) Nom Rendement % des témoins Nord Sud Classe Alternativité Préc. épiaison Hauteur ANTONIUS 83,7 A 3 5,5 6 7 4,5 8 6 8 1 6-71 2 ARACK 105,9 BPS 4 6 2,5 7 7 5 6 8 3 4-126 0 AROBASE 102,8 BP 2 6,5 3 5 5,5 8 8 6 3 5-100 1 AZZURO 102,9 BPS 2 6 3,5 6 7 8 9 6 2 6-79 2 BATTANT 105,8 BAU 3 5 4 5 5 7 8 8 6 5-68 4 CAMPERO 103,2 BP 3 6,5 3 7 7 6 8 4 3 5 R 100 2 CARIBOU 101,4 BPS 1 6 3 5 7 6 9 7 3 5-99 1 EPIDOC 105,4 BPS 3 7 3 7 - - 9 8 2 6-85 1 GARCIA 109,6 BP 3 7,5 3 7,5 - - 8 6 1 5 R 119 0 GRAINDOR 102,0 BPS 4 7 4,5 7,5 - - 9 6 3 6-91 0 HAUSSMANN 103,1 BPS 2 5 3 6 5,5 5 7 6 3 5-106 0 INSPIRATION 106,6 BP 1 5 4 8 5 6 4 7 2 6-78 1 INSTINCT 102,3 BPS 2 6 2,5 6 7 5 4 7 3 5 R 104 1 MANAGER 103,9 BP 3 5 4,5 6 6,5 6 5 5 6 6-71 1 NUAGE 104,7 BPS 2 5,5 3 6,5 6 7 9 7 1 7-73 2 PALADAIN 103,2 BPS 3 6 3 6 6 6 9 6 1 5 R 100 1 PICADOR 103,4 BP 3 6,5 3 6 - - 8 5 3 6-84 1 RAISON 105,2 BP 3 5 3 5 7 5 9 8 5 4-103 2 RICHEPAIN 102,5 BPS 6 6,5 3 5 5,5 5 4 7 4 4-99 0 SEYRAC 103,6 BP 3 5 3 5 4,5 4 9 6 8 6-105 2 SOGOOD 104,8 BPS 2 5,5 3 6 4,5 7 9 6 2 4 R 108 1 Les bonus (malus) attribués sont indiqués par un code couleur : = 2 bonus = 1 bonus = 1 malus = 2 malus Froid Verse Rouille Brune Rouille Jaune Oïdium Piétin verse Septo tritici Mosaïques T-NT % série Nbre total de bonus Piétin verse et froid ne sont pris en compte qu en zone Nord, il n y a pas de bonus rouille jaune dans le Sud. Les règles d attribution de bonus seront modifiées pour les décisions d octobre 2007. Les résistances vis-à-vis de rouilles et de l oïdium ne seront plus bonifiées. Des hauts niveaux de résistance ne sont pas forcément intéressants, permis par de gênes majeurs, ils ne sont guère durables. Doussinault dans cette revue en 1992. L objectif du règlement technique est de proposer à l inscription des nouvelles variétés apportant un progrès génétique en adéquation aux attentes des utilisateurs et n ayant pas de défaut majeur. La sélection pour la résistance aux maladies n a jamais été abandonnée, même au temps des traitements systématiques, car il était fort improbable d inscrire une variété sensible aux maladies (faible rendement en condition non traitée, attribution de malus). Quand une variété est inscrite au catalogue français, l ensemble des utilisateurs dispose d informations techniques fiables et adaptées aux conditions de notre pays. Certaines données devront être précisées lors d études de post-inscription (la classe technologique par exemple, car elle est appréciée sur peu d échantillons et sur une seule année). D autres seront mises à jour (résistances aux maladies pouvant évoluer au cours du temps). qui s écartent de manière favorable de la régression négative entre le rendement et la teneur en protéines. Pour être proposée à l inscription, une nouvelle variété doit non seulement être supérieure aux témoins de référence, mais également supérieure à la moyenne des variétés testées. Cette double exigence fait qu il est difficile aux obtenteurs de prévoir si une variété sera inscrite ou non. En effet, si un obtenteur peut positionner sa variété par rapport à des témoins, il ne lui est pas possible de le faire par rapport à l ensemble des nouveautés de l année. Comme les décisions d inscription sont finalisées autour du 20 octobre, soit après les semis, cette incertitude est pénalisante pour lancer le développement des multiplications des nouveautés. Cette double exigence sera donc prochainement supprimée. En contrepartie, les seuils de rendements requis pour l inscription seront relevés (mise en œuvre en octobre 2007). Les notations peuvent évoluer «Les règles d inscription constituent un puissant levier d orientation de la sélection», écrivait Gérard C est grâce à l important travail d expérimentation, coordonné et réalisé par le GEVES, qu il est possible de présenter les caractéristiques des variétés dernièrement proposées à l inscription. 40
Les dernières inscrites Les variétés sont présentées de la plus précoce à la plus tardive. Une précision : dans cette présentation, le potentiel de rendement est apprécié en situations protégées des maladies. Inscription Sud (fig. 1) Garcia (15137BT22), de Secobra, est la plus précoce des variétés inscrites (note 7,5 à l épiaison). Cette variété a un potentiel élevé de productivité, largement première à l inscription. Les pertes de rendement en l absence de traitements fongicides sont les plus importantes de la série (au niveau de celles d Apache et de Trémie), forte sensibilité au piétin verse. Garcia est résistante aux mosaïques. Inscription BP, sa valeur technologique est moyenne, la teneur en protéines un peu faible. Sensible au chlortoluron. Les deux nouveautés sont un peu moins précoces (7). Epidoc (SA 285), de Serasem, variété barbue, aurait une bonne valeur technologique. Elle a été repérée par l ANMF pour son W élevé et sa valeur en panification. Au niveau valeur agronomique, Epidoc est peu sensible aux maladies qui se sont exprimées pendant les essais d inscription. Elle est résistante à la rouille jaune et à l oïdium. Son potentiel de rendement dans les essais traités est supérieur aux témoins (104 %). Inscrite Sud, elle doit également pouvoir être cultivée dans le Centre de la France. Sensibilité au chlortoluron à préciser. Marie-Hélène Bernicot mh.bernicot@arvalisinstitutduvegetal.fr ARVALIS Institut du végétal Graindor (UN 263), d Unisigma, inscrite en BPS, a un potentiel de rendement un peu moins élevé (102 % des témoins). Son poids spécifique est élevé, plus élevé que celui de Soissons l an dernier. Cette variété aurait un bon niveau de résistance à la fusariose (ceci devra être confirmé). Ces deux points sont des atouts pour le développement de la variété. Les deux suivantes sont un peu plus tardives, notées 6,5 en précocité épiaison comme Caphorn. Arobase (LD 114), de Lemaire Deffontaines, est un blé panifiable (BP) avec un W moyen inférieur à 160 à 11 % de protéines. Son potentiel de rendement est correct (103 % des témoins soit au niveau de Caphorn). PS et teneur en protéines moyens à faibles, une certaine sensibilité à la verse, un bon niveau de résistance aux rouilles. Picador (UN 313) développé par Innoseeds (anciennement Cebeco) est également un blé panifiable (BP). Si le W est assez bon (> 160 à 11 %) les P/ L sont très élevés et la teneur en panification moyenne. Bon poids spécifique. Potentiel de rendement correct (103 %) avec un bon comportement vis-à-vis des maladies foliaires. Sensible au chlortoluron. Inscriptions Nord (fig. 2) Deux variétés de même précocité (précocité épiaison note 6,5) ont été inscrites sur la base d essais conduits dans la moitié Nord. L année 2005 a été plus favorable que 2004 à ces deux variétés assez précoces. Campero (3729 CT 22), de Secobra, est un blé panifiable (BP), avec un W et un P/ L faible, en rapport avec son caractère médium soft. Ce blé a plusieurs atouts, sa résistance à la mosaïque, à la rouille jaune (9), un PS satisfaisant. Il est par contre sensible à l oïdium (4). Le potentiel de rendement est bon : 102 % des témoins en situations traitées. Richepain (S 9741), de Serasem, développée par Actisem, a été inscrite en BPS. Elle semble intéressante pour son W, sa panification et son PS. Au niveau agronomique, sa spécificité est son caractère ½ alternatif (note 6). Elle a une petite sensibilité à la verse (5,5) et à la rouille jaune (4). Un peu tardives, les variétés notées 6 à l épiaison comme Charger. Ces variétés ½ tardives à ½ précoces sont en général des variétés réservées au Nord de la Loire. Rendement moyen en situation traitée à l inscription Zone Sud (fig. 1) Noms en rouge : BPS Noms en noir : témoins Noms en bleu : BPC Arack (MH01-02 C), de Momont, blé très court (2,5) est à l inscription, le plus productif dans les situations traitées fongicides (107 % des témoins). Ce n est pas le cas dans les essais NT car cette variété est sensible aux maladies foliaires et en particulier à la Septoria tritici. Il convient toutefois de signaler son bon niveau de résistance à l oïdium. Côté valeur technologique, Arack a un BPS correct en panification, mais un W moyen inférieur à 160 à 11 % à teneur en protéines et un PS assez faible en 2005. Azzuro (NSA 01-0235), de Nickerson, présente plusieurs caractéristiques intéressantes : une classe BPS avec un niveau de W élevé, une teneur en protéines supérieure à la moyenne des nouveautés, une faible sensibilité aux maladies foliaires (T-NT = 79 % qui peuvent largement compenser un potentiel de productivité moyen, 100,2 % des témoins en situation traitée). Azzuro est résistant à la rouille brune (8) à la rouille jaune (9) à la septoriose (6) et apporterait un certain niveau de résistance aux fusarioses. Il a cependant une petite faiblesse vis-à-vis du piétin verse (2). Caribou (03 ST 2023), de RAGT, est un blé très hiver (note 1 en alternativité). Potentiel de rendement moyen (100,7 % des témoins) au seuil des deux années d inscription. Tolérance aux maladies dans la moyenne des variétés de l année, bien en rouille jaune. Variété BPS, avec une bonne panification, mais un PS peu élevé mais supérieur à celui de Charger. Cette variété n est pas adaptée à l alimentation des jeunes volailles du fait de sa viscosité élevée. Instinct (H012391), de Benoist, est une des variétés BPS repérées par la Meunerie. Sa valeur agronomique est bonne, potentiel de rendement assez bon (101,4 % des témoins)s résistance à la mosaïque, un peu sensible aux 42
Rendement moyen en situation traitée à l inscription Zone Nord (fig. 2) maladies foliaires, le niveau de résistance aux rouilles n est pas élevé. PS et teneur en protéines corrects. Paladain (03 ST 2021), de RAGT, est également une variété repérée par la Meunerie pour sa valeur d utilisation. Elle a un bon niveau de W. Au niveau de sa valeur agronomique, Paladain est intéressante, assez bon potentiel de rendement (102,3 % des témoins), résistance aux mosaïques, moyennement sensible aux maladies foliaires. Attention cependant à sa forte sensibilité au piétin verse (1). Poids spécifique peu élevé, mais supérieur à celui de Charger. Sensible au chlortoluron. Les variétés plus tardives que Charger notées 5,5 à l épiaison. Antonius est un blé améliorant. Cette variété est déjà inscrite en Autriche dans la catégorie «blé de qualité». Son potentiel de rendement n est pas élevé, 82 % des témoins, comme de nombreuses variétés de ce type de valeur technologique. Mais Antonius a un bon niveau de tolérance aux maladies foliaires, un bon PS et une teneur en protéines intéressante. Antonius est un Noms en rouge : BPS - Noms en vert : BAU - Noms en bleu : BP - Noms en noir : témoins blé très haut, donné assez résistant aux fusarioses en Autriche. Assez sensible à la verse (4,5). C est une variété à suivre pour sa valeur améliorante, actuellement étudiée par l ANMF, ou pour sa rusticité qui peut être intéressante dans des systèmes d agriculture à intrants réduits voire en agriculture biologique. Nuage (03 ST 2017), développée par Desprez, est également une variété qui a des caractéristiques intéressantes pour des itinéraires techniques économes en intrants. Nuage est peu sensible aux maladies foliaires, écart T-NT faible, bonne note de résistance aux rouilles et à la septoriose. Attention cependant à sa sensibilité au piétin verse (1). Elle a également un bon niveau de teneur en protéines. Son potentiel de rendement en situation traitée est correct (101,3 %). Nuage est inscrit BPS avec des bons W. Sogood (S0 312) variété développée par Actisem est, elle aussi, inscrite en BPS. Cette variété a un potentiel de rendement élevé (104,3 % des témoins). Très sensible à la Septoria tritici, sensible au piétin verse (2) les écarts T-NT sont élevés. Bon niveau de résistance aux rouilles. Attention, la verse est à surveiller (4,5). Les PS semblent peu élevés. Sogood est résistant aux mosaïques. Variétés les plus tardives (épiaison 5). Elles sont au nombre de 6. Battant (DSV125-02), développée par Sem Partners, est un BAU. Un bon niveau de résistance vis-à-vis des maladies foliaires et du piétin verse qui a permis en cumulant des bonus, son inscription. Inspiration (BR 4738 A8,) également développée par Sem Partners, est productive (103,5 %), peu sensible aux septorioses (écart N-NT = 78 %). La verse est à surveiller (5). Inscrite en BP. Haussmann (FD 02078), de Desprez, est une variété BPS repérée par la Meunerie pour son bon niveau de W et sa valeur en panification. Cette bonne valeur d utilisation est le créneau de cette variété. Au niveau agronomique, Haussmann a un assez bon potentiel de rendement (102,4 %), une certaine sensibilité aux maladies, mais sans faiblesse grave. Elle est notée avec une certaine sensibilité à la verse. PS un peu faible, supérieur à Charger de plus. Manager (SCH140-94-4), développée par Lemaire- Deffontaines, a été inscrite en blé panifiable. Cette variété tardive fait partie des variétés affectées par les conditions climatiques de 2005. Très bon niveau de tolérance aux maladies, nuisibilité faible, bonne note de résistance y compris au piétin verse (6). Manager est une variété haute (4,5). À regarder en conduites à intrants réduits. Raison (RABT 0231), de RAGT, est un blé panifiable à faible W, forte viscosité, PS faible. Bon potentiel de rendement (104,3 %), assez sensible à la septoriose, mais un niveau de résistance au piétin verse (5) et à l oïdium (8) intéressant. Seyrac (S 5663-13), de Serasem, a été inscrit en blé panifiable, son niveau de W est faible, le poids spécifique est également peu élevé (effet 2005?). Bon potentiel de rendement (102,7 %), une certaine sensibilité aux maladies foliaires (RB = 4), mais un bon niveau de résistance à la rouille jaune et au piétin verse (8). Attention à la verse (4,5). Les modalités d inscription vont évoluer en 2007 pour s adapter au contexte actuel de production. PERSPECTIVES AGRICOLES N 323 MAI 2 006 43