Génétique formelle des pigmentations humaines

Documents pareils
TESTS D HYPOTHÈSE FONDÉS SUR LE χ².

Possible contrôle de la pigmentation cutanée chez l Homme par des loci non homologues des loci de coloration classiques des Mammifères

TABLE DES MATIÈRES. Bruxelles, De Boeck, 2011, 736 p.

Exemple PLS avec SAS

Première partie. Introduction Générale

Tests de comparaison de moyennes. Dr Sahar BAYAT MASTER 1 année UE «Introduction à la biostatistique»

Exercices de génétique classique partie II

UNIVERSITY OF MALTA FACULTY OF ARTS. French as Main Area in an ordinary Bachelor s Degree

Biostatistiques Biologie- Vétérinaire FUNDP Eric Depiereux, Benoît DeHertogh, Grégoire Vincke

Bases de données des mutations

L indice de SEN, outil de mesure de l équité des systèmes éducatifs. Une comparaison à l échelle européenne

UNE REPRESENTATION GRAPHIQUE DE LA LIAISON STATISTIQUE ENTRE DEUX VARIABLES ORDONNEES. Éric TÉROUANNE 1

L homologie entre l Homme et les autres Mammifères pour les loci de coloration du pelage

VI. Tests non paramétriques sur un échantillon

Design centré sur l utilisateur et développement Agile : perspectives de réconciliation

IPL SHR MED-120C+ Super Hair Removal, dépilation permanente

UFR de Sciences Economiques Année TESTS PARAMÉTRIQUES

Commission du marché intérieur et de la protection du consommateur DOCUMENT DE TRAVAIL

Data issues in species monitoring: where are the traps?

Nombres, mesures et incertitudes en sciences physiques et chimiques. Groupe des Sciences physiques et chimiques de l IGEN

Introduction à l approche bootstrap

Principe d un test statistique

ADHEFILM : tronçonnage. ADHEFILM : cutting off. ADHECAL : fabrication. ADHECAL : manufacturing.

Chapitre 2 - Complexité des relations entre génotype et phénotype

Licence MASS (Re-)Mise à niveau en Probabilités. Feuilles de 1 à 7

Construction de bases biométriques pour l assurance dépendance. SCOR inform - Novembre 2012

Vers une approche Adaptative pour la Découverte et la Composition Dynamique des Services

TESTS PORTMANTEAU D ADÉQUATION DE MODÈLES ARMA FAIBLES : UNE APPROCHE BASÉE SUR L AUTO-NORMALISATION

Précision d un résultat et calculs d incertitudes

Arithmétique binaire. Chapitre. 5.1 Notions Bit Mot

Chapitre 3. Les distributions à deux variables

Une variable binaire prédictrice (VI) et une variable binaire observée (VD) (Comparaison de pourcentages sur 2 groupes indépendants)

Spectrophotométrie - Dilution 1 Dilution et facteur de dilution. 1.1 Mode opératoire :

Chapitre 3 : Principe des tests statistiques d hypothèse. José LABARERE

AVIS DE LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DE L AUTISME DANS LE CADRE DE LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LA LUTTE CONTRE L INTIMIDATION

4 Distributions particulières de probabilités

DIFFRACTion des ondes

Analyse de la variance Comparaison de plusieurs moyennes

CHAPITRE 3 LA SYNTHESE DES PROTEINES

REGARDS SUR L ÉDUCATION 2013 : POINTS SAILLANTS POUR LE CANADA

LE RÔLE DE LA STATISTIQUE DANS UN PROCESSUS DE PRISE DE DÉCISION

Theme Sensorial marketing, from stores to Internet : retailers and sensorial marketing integration in multichannel distribution management.

Lecture critique et pratique de la médecine

Champ électromagnétique?

ONTARIO Court File Number. Form 17E: Trial Management Conference Brief. Date of trial management conference. Name of party filing this brief

FICHE 1 Fiche à destination des enseignants

Comment suivre l évolution d une transformation chimique? + S 2 O 8 = I SO 4

La Menace du Stéréotype

Mortalité observée et mortalité attendue au cours de la vague de chaleur de juillet 2006 en France métropolitaine

Feuille d exercices 2 : Espaces probabilisés

Pour un bronzage sage. Guide pour un utilisateur averti de banc solaire

PROGRAMME INTERNATIONAL POUR LE SUIVI DES ACQUIS DES ÉLÈVES QUESTIONS ET RÉPONSES DE L ÉVALUATION PISA 2012 DE LA CULTURE FINANCIÈRE

COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION. Brussels, 18 September 2008 (19.09) (OR. fr) 13156/08 LIMITE PI 53

Les pratiques de simulation de crise: enquête auprès de quarante-trois grands établissements financiers

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve

sur le réseau de distribution

ACIDES BASES. Chap.5 SPIESS

Filtrage stochastique non linéaire par la théorie de représentation des martingales

Économie d énergie dans les centrales frigorifiques : La haute pression flottante

par Maxime Lalonde-Filion

Nombres premiers. Comment reconnaître un nombre premier? Mais...


Introduction à la théorie des files d'attente. Claude Chaudet

MEMORANDUM POUR UNE DEMANDE DE BOURSE DE RECHERCHE DOCTORALE DE LA FONDATION MARTINE AUBLET

INSTITUT MARITIME DE PREVENTION. For improvement in health and security at work. Created in 1992 Under the aegis of State and the ENIM

pka D UN INDICATEUR COLORE

Cours d Analyse. Fonctions de plusieurs variables

CONCOURS D ENTREE A L ECOLE DE 2007 CONCOURS EXTERNE. Cinquième épreuve d admissibilité STATISTIQUE. (durée : cinq heures)

La structure de la base de données et l utilisation de PAST. Musée Royal de l Afrique Centrale (MRAC Tervuren)

Tests paramétriques de comparaison de 2 moyennes Exercices commentés José LABARERE

MEMORANDUM POUR UNE DEMANDE DE BOURSE DE RECHERCHE DOCTORALE DE LA FONDATION MARTINE AUBLET

Les tests génétiques à des fins médicales

STATISTIQUES. UE Modélisation pour la biologie

Fiche qualité relative à l enquête Santé et Itinéraire Professionnel 2010 (SIP) Carte d identité de l enquête

La Nouvelle Solution. Pour les Lésions Pigmentaires & les Tatouages. Science. Results. Trust.

1 Culture Cellulaire Microplaques 2 HTS- 3 Immunologie/ HLA 4 Microbiologie/ Bactériologie Containers 5 Tubes/ 6 Pipetage

Sur le grossissement des divers appareils pour la mesure des angles par la réflexion d un faisceau lumineux sur un miroir mobile

Evaluation générale de la qualité des données par âge et sexe

NORME INTERNATIONALE INTERNATIONAL STANDARD. Dispositifs à semiconducteurs Dispositifs discrets. Semiconductor devices Discrete devices

Meine Flüssigkeit ist gefärbt*, comme disaient August Beer ( ) et Johann Heinrich Lambert ( )

Analyses de Variance à un ou plusieurs facteurs Régressions Analyse de Covariance Modèles Linéaires Généralisés

I. Une nouvelle loi anti-discrimination

Théorie des sondages : cours 5

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Test de terrain ou test de laboratoire pour la performance en endurance?

Analyse des coûts. 1 ère année DUT GEA, 2005/2006 Analyse des coûts

Cette Leçon va remplir ces attentes spécifiques du curriculum :

SARM: Simulation of Absorption Refrigeration Machine

INFORM OBLIGATIONS DE PREMIÈRE QUALITÉ ET OBLIGATIONS À HAUT RENDEMENT: AUGMENTER LE RENDEMENT ET DIMINUER LE RISQUE GRÂCE À UNE JUSTE COMBINAISON

Stockage de chaleur solaire par sorption : Analyse et contrôle du système à partir de sa simulation dynamique

APPENDIX 6 BONUS RING FORMAT

$SSOLFDWLRQGXNULJHDJHSRXUOD FDOLEUDWLRQPRWHXU

DETERMINATION DE L INCERTITUDE DE MESURE POUR LES ANALYSES CHIMIQUES QUANTITATIVES

- MANIP 2 - APPLICATION À LA MESURE DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE

Expérience 3 Formats de signalisation binaire

La méthode de régression par discontinuité et l évaluation des politiques de l emploi

IPSAS 32 «Service concession arrangements» (SCA) Marie-Pierre Cordier Baudouin Griton, IPSAS Board

Objectifs du cours d aujourd hui. Informatique II : Cours d introduction à l informatique et à la programmation objet. Complexité d un problème (2)

Rédiger et administrer un questionnaire

AVOB sélectionné par Ovum

Transcription:

Génétique formelle des pigmentations humaines à variations continues : beaucoup d hypothèses, peu de conclusions Catherine BONAITI A. LANGANEY U. 155, LN.S.E.R.M., Château de Longchamps, 75016 Paris Laboratoire d Anthropologie, Musée de l Homme, 75116 Paris Résumé Beaucoup de données ont été examinées dans le monde entier concernant la couleur de la peau et du poil, la possible adaptation, la physiologie, ainsi que d éventuelles mutations suppresseuses. Dans la plupart des cas le caractère à étudier pour cette approche génétique est assez difficile à définir. La génétique formelle de la variation quantitative de la couleur de la peau a été envisagée ici de deux manières : 1) avec des modèles mendéliens de 2 à 4 loci qui donnent en général un assez mauvais ajustement ; 2) avec des modèles quantitatifs qui débouchent sur un nombre de loci impliqués variant de 4 à 6, ce qui est contraire à l hypothèse de départ. Dans ces conditions, il ne serait pas raisonnable d accepter un modèle particulier malgré le fait qu il y a bien un contrôle génétique de la couleur de la peau et du poil. Beaucoup de connaissances et de mesures sont actuellement disponibles concernant la biochimie des pigments humains, leur génétique physiologique, les répartitions mondiales des pigmentations de la peau et des cheveux. La génétique formelle des déficiences en enzymes des chaînes de biosynthèse est aussi connue. Des relations indiscutables sont établies entre l environnement et les pigmentations. Toutefois ces corrélations restent au niveau de l évidence statistique et aucune des hypothèses, souvent très ingénieuses, qui ont été proposées pour les expliquer par des modèles sélectifs, n a encore fait l objet d une démonstration véritable. Toute assertion dans ce domaine doit donc faire l objet de réserves clairement exprimées. La pigmentation de la peau ou des phanères, hormis les supprimant le pigment, est affaire de quantité et non de présence ou absence. L objet de la mesure doit être clairement défini et répétable pour permettre la comparaison d un individu à l autre ou d une population à l autre. Dans le cas de la pigmentation des cheveux, l intensité de la pigmentation varie considérablement avec cas de mutations

les l échelle il toutes soit l âge, rendant difficiles l interprétation de la plupart des enquêtes anthropologiques disponibles (1! IEYERI!ONIG, 1977 ; REUER & SEIDLER, 1978). Dans le cas de la pigmentation de la peau, sa mesure varie beaucoup avec les parties du corps et leur éventuelle exposition au soleil. La facilité et la tradition veulent que l on utilise désormais la spectrophotométrie, à une longueur d onde de 685 mit, et en un point bien précis du corps, aussi peu exposé que possible aux influences environnementales diverses (W EINER, 1951 ; HARRISON & OWEN, 1956, 1957 ; BARNICOT, 1958 ; LEGUEBE, 1976). Toutefois, il est bien évident que la réalisation du caractère, au niveau microscopique, détient la clé des mécanismes génétiques. Celleci est malheureusement peu accessible et les rares enquêtes (S ZABO, 1967) qui ont cherché à mettre en évidence des différences raciales dans les comptages de cellules et l étude des formes et dimensions des mélanosomes sont trop partielles et peu significatives pour beaucoup nous avancer. Il semble, néanmoins, que la densité de mélanosomes épidermiques cellules comprises l une des variables les plus pertinentes dans cette étude, et aussi, malheureusement, la plus délicate à mesurer. Une fois soulignée la difficulté de définir le caractère intensité de pigmentation, il reste à étudier les modèles de transmission qui ont été proposés. Nous nous limiterons ici à la pigmentation de la peau, celles de l oeil ou des cheveux posant des problèmes spécifiques du fait d une discontinuité partielle dans le premier cas et des variations avec l âge dans le second. Il n est pas inutile de rappeler que la génétique des caractères à variation continue reste au niveau de l analyse statistique et se relie mal aux données de la génétique moléculaire. Les premières études sont dues à G.C. et C.B. DAVENPORT (1910, 1913) qui ont étudié les croisements entre Noirs et Blancs aux Bermudes et à la Jamaïque. Par comparaisons avec une toupie colorée dont la surface relative du secteur noir variait de 0 à 78 p. 100, ils ont séparé les différents types de pigmentation en 5 classes. Les hybrides F, présentaient un degré de pigmentation intermédiaire entre Noirs et Blancs et les individus F2 (issus d un croisement F, X Fi) se répartissaient dans les 5 classes de pigmentation avec un maximum dans la classe 2. Les auteurs concluaient que les données étaient compatibles avec l hypothèse de deux locus indépendants comportant chacun des allèles ayant des effets additifs, chacun des locus ayant un effet équivalent sur le degré de pigmentation. Ceuxci devaient néanmoins faire l hypothèse que d autres facteurs génétiques pouvaient avoir un rôle puisque les individus FI ne se trouvaient pas tous dans la classe 2, mais qu un nombre non négligeable d entre eux (24 p. 100) se trouvaient dans les classes 1 et 3. La principale critique que l on peut faire au modèle de DAVENPORT est d avoir choisi arbitrairement 5 classes pour un caractère dont la distribution est manifestement continue. En 1953, STERN a abordé le problème en utilisant les données que HERSHOVITZ, avait rassemblées en 1930 sur les Noirs américains. En faisant les hypothèses suivantes : gènes jouant un rôle dans la pigmentation ont des effets égaux et additifs compte tenu de la mesure utilisée (pourcentage de secteur noir sur une toupie colorée) ; utilisée est liée linéairement au nombre de gènes ; y a panmixie et équilibre génétique, STERN a calculé les distributions théoriques des fréquences avec des modèles à respectivement 2, 3, 4, 5, 6, 7, 10

les qu il auraient et 20 couples de gènes et comparé ces données théoriques aux résultats observés par HERSKOVITZ : il a trouvé que les meilleures estimations étaient données par les modèles à 4, 5 et 6 couples de gènes mais devait néanmoins admettre que la concordance était loin d être totale entre ces modèles théoriques et les observations. Il suggérait alors que les hypothèse de bases n étaient sans doute pas exactea. Nous ne le contredirons certes pas sur ce dernier point, d autant que BARNES (1929) avait bien montré qu il existait une homogamie phénotypique positive partielle pour le degré de pigmentation chez les Noirs américains. A la même époque (1953) GATES proposait à son tour un modèle en se référant à d autres observations. L originalité de son modèle résidait dans le fait que les 3 locus supposait être impliqués des effets inégaux sur le degré de pigmentation. En 1964, HARRISON & OwEtv publiaient les résultats de leur étude sur une communauté de Liverpool où vivaient des Blancs britanniques et des Noirs d Afrique de l Ouest. Ils ont mesuré la moyenne et la variance du pourcentage de réflexion au spectrophomètre chez 5 types d individus : les Blancs ; Noirs ; les hybrides Fi (Blancs X Noirs) ; les backcross (FI X Blancs et Fi X Noirs) ; la F2 (F, X Fi). Ainsi que l on pouvait s y attendre dans le cas d un caractère quantitatif, au moins en partie génétiquement déterminé, la moyenne pour la Fi était intermédiaire entre celle des Blancs et celle des Noirs et les moyennes des backcross se trouvaient entre ces dernières et celle de la FI. En supposant un modèle multifactoriel (existence de nombreux gènes ayant des effets égaux et de facteurs environnementaux) et en utilisant les techniques de la génétique quantitative, ils ont conclu que la variance génétique additive était du même ordre de grandeur que la variance de l environnement et que la variance de dominance était très faible. Ils ont également estimé que le nombre de locus dans la pigmentation de la peau était compris entre 3 et 4. Cette estimation semble contradictoire avec l hypothèse de base (grand nombre de locus) et aurait dû amener les auteurs, sinon à rejeter leurs résultats, au moins à mettre en doute la validité de l analyse. A la lumière de ces résultats, STERN (1970) reprenait ses modèles théoriques et se félicitait de trouver que les modèles qui s accordaient le mieux avec les données étaient ceux où 3 ou 4 locus sont impliqués, et que cette fois l écart entre la théorie et les observations était beaucoup moins important que dans son étude de 1953. Dans l ensemble, la difficulté de ce genre d étude, lorsque les observations arrivent à rejeter un modèle mendelien simple, est que la discrimination entre toutes les combinaisons possibles selon le nombre de locus, le nombre d allèles à chaque locus, l importance des interactions entre allèles au niveau d un locus et entre locus, et l existence de facteurs d environnement, devient impossible, les tests ne permettant de discriminer qu entre des modèles extrêmes. Co rte!tnrr (1953) avait montré que pour un seul locus, le nombre de phénogrammes augmentait considérablement selon que 2, 3 ou 4 allèles ségrégeaient à ce locus. La tentation est grande pour

which les auteurs de compliquer leur modèle en ajoutant des paramètres supplémentaires jusqu à ce que celuici soit conforme aux observations. Cela ne prouve en aucun cas que ce modèle est effectivement le bon, d autant que l analyse permettant la confrontation entre le modèle et les données doit toujours s appuyer sur un nombre important d hypothèses qu il est généralement impossible de tester. On ne peut donc pas dire que l on dispose d une hypothèse satisfaisante concernant l hérédité de l intensité des pigmentations à variations continues. Reçu pour publication en mars 1981. Summary Formal genetics of human pigmentation with continuous variation : many hypothesis, a few conclusions Considerable data has been provided about skin or hair colour throughout the world, possible adaptations, physiology and some suppressor mutations. In most cases the character to study in a genetic approach is quite difficult to define. Formal genetics of quantitative variation of skin colour has been considered from two points of view : 1) Mendelian models dealing with 2 to 4 loci generally give a bad fit. 2) Quantitative models estimate to 4 to 6 the number of involved loci is contradictory to their hypotheses. It should be quite unreasonnable, in such condition to believe in any particular model, despite concording evidences of a genetic control of skin and hair colours. Références bibliographiques BARNES L, 1929. The inheritance of pigmentation in the American Negro. Hum. Biol., 1. 321381. BARNICOT N.A., 1958. Reflectometry of the skin in Southern Nigerians and in some Mulattoes. Hum. Biol., 30, 150. CoTTExtvtnrr C.W., 1953. Regular two allele and three allele phenotype systems. Am. J. Hum. Genet., 8 (5), 193235. DAVENPORT G.C. and C.B., 1910. Heredity of skin pigmentation in Man. Amer. Naturalist., 44, 641. DAVENP ORT C.B., 1913. Heredity of skin color in negro white crosses. Carnegie prest. Washington. Publ. 188. HARRISON G.A. et OwErr J.J.T., 1956. The application of spectrophotometry to the study of skin colour inheritance. Acta Genet., 6, 481. HARRISON G.A. et OWEN I.J.T., 1957. The measurement and inheritance of skin colour in Man. Eug. Rev., 49, 7376. HARRISON G.A. et OwErr J.J.T., 1964. Studies on the inheritance of skin colour. Ann. Hum. Genet. Lond., 28, 2737.

HERSKOVITZ M.J., 1930. The anthropometry of the American Negro. Coloitinbia Univ. Contr. Anthrop., Il, 1283. LEGUEBE A., 1976. Catnfogue of spectroplzotornetric data on skin pigmentation. Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Document 9, Bruxelles. MEYER Kë NiG L., 1977. Age specify change in the colour of hair and eyes. A longitudinal study. J. of Hum. Evol., 6, 711713. REUER E. et SEIDLER H., 1978. Statistical progress in the change in hair colour from infancy to adult life. J. Hum. Evol., 7, 529533. STERN C., 1953. Model estimates of the frequency of white and near white segregants in the american Negro. Acta Genet., 4, 281. STERN C., 1970. Model estimates of the number of gene pairs involved in pigmentation variability of the Negro American. Hurn. Hercd. (Basel), 20, 165168. SZABO, 1967. Phil. Trans. R. Soc. B, 252447. WEirrEa J.S., 1951. A spectrophotometer to measurement of skin colour. Man, 51, 253.